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DAGUE, n. m. — Mauvais couteau ; d'où daguer qui a le môme sens que haguillonner. (V. ce mot.) — Du celt. dag, pointe.
DAMAGE, n. m. — Dommage : du bas-lat. damngium. Damage, damagie, damagier sont très-usités dans la vieille langue.
Fils à putain, dient auquant.
Pur kei nus Icissum damagier f
Rou, V. 6024.
De nostre gent éust molt damagie^
Aliscans, V. 5084.
Mors me r^a fait de granz damages.
RUTEBŒUF.
A donc 11 meschéans li conte,
Son grant damage et sa grant honte.
Rose, v. 17479.
Le fr. dam, qui tombe en désuétude est une abréviation du b. latin damagium, ou du latin damnum.
DARTE, n. m. — Dartre ; comp. avec le grec «Japtèv, écorché.
DADBÉE, n. f. — Grêle de coups.
DE, préûxe augmentatif. — (v. Détrier.)
DE, prép. — Les rapports de possession s'indiquent souvent sans la particule 'de ; ex. : « La ferme Delahaye, Tauberge Lefrançois, etc. » On dit de même : « La femme Langlois, la fille Lenoble, etc. » Cette ellipse a lieu toutes les» fois que les paysans parlent d'une personne qui est d'une condition égale à la leur.
Cette suppression de la prép. de est, du reste, fréquente en français. On dit Hôtel-Dieu, place Louis XV ^ imprimerie DiéÉ. .Une
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foule de noms de mes, de places, de faubourgs, d'églises, sont ainsi composés de deux substantifs dont le second est au cas régime sans être lié au premier par la particule de. C'est un souvenir de l'époque où la langue française commençait à se former. Du XI«"« au XIV»"* siècle, les constructions de ce genre abondent :
« Mais les fiz Hély furent fiz Bélial, ubiièrent Deu é lur mes^er. • . (Les Rois).
Chil AuberouB, que tant ot segnoraige, Sachiés kUl fu ficus Juliien Gesare.
HuoN, V. 8.
Nous créon en chéli qui fix Marie fu.
Gui de Nantkuil, 72.
Son seignor lige tint tant chier • QuUl alla avoec II vengier, La honte Dieu outre la mer.
RUTEBŒUF.
Virgine la pucelle.
Qui fu fille Virginius.
Rose. v. 6328.
De s'emploie pour un, quelque; ex.: a Tu ne trouveras pas</*ouvrier comme celui-là. »
Et ne permettez pas que cette illusion Aux mutins contre nous prête cToccasion.
Corneille.
Il A la place : « Si j'étais de toi, je m'y prendrais autrement. »
DÉBAOOULER, v. n.— Dire des sottises ; vomir des injures contre quelqu'un. (V. Bagou,)
DÉBÂQUSR, V. act. — Démolir : « D.*jd<^iier une armoire, une voiture, une maison, etc. — Voilà une grange qui commence à se débâquer, » c'esl-à-diri\ ii toinbo:* on ruine.
Le part, dêbâqué s'applique aux personnes aussi bien qu'aux animaux : t Cette vache est toute déhâquée, » c est-à-dire très maigre. Vix ossibus kœret.
Il Le temps va se débâquer, il va faire mauvais temps.
DÉBARBOUILLÉE (Se), v. réfl. — S'éclaircir en parlant du temps.
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DÉBAUCHER, v. act. — Distraire de ; faire interrompre une chose à quelqu'un : a C'est un bon ouvrier, mais un rien le débauche de son ouTrage.»
Il Loc. part.: a Le temps va se débaucher, devenir mauvais.»
DÉBSRNAQUER, Déberniqner, v. act.— Dépêtrer. Ces mots sont surtout employés comme verbes réfl. : o Vous vous êtes mêlé de cette affaire, débemiqueZ'f)ous eomme vous pourrez.» Seloïi Du Méril, c'est se tirer d'une position qui faisait berner , qui rendait ridicule. Je crois plutôt que bren est l'étym. de ce mot^ et que l'on dit débemiquer pour débreniquer, comme berneux pour breneux, ^'6^/ï^r pourébrener.
DÉBILE, adj. — Affamé: « Faites- vite le diner, car je suis débile. ït
DÉBILLER, V. act.— Déshabiller.
DÉBISTRAG (En), loc. — En mauvais état^ en ruine : a Tout est en débistrac dans cette ferme.»
DÉBLATÉRER, v. n. — Parler à tort et à travers, dire ce qu'on sait et ce qu'on ne sait pas, comme deblakrare en latin :
Ubi tu 68, quœ deblaterasti jam vicinis omnibus, Meœ me filiœ daturum dotem.
Plaute, AuLy II, 3.
Le Thésaurus nom^s latinitatis donne blatera, sonus ranœ, mot qui est probablement la racine de déblatérer,
DÉBLOUQUER, v. act.— Déboucler, délacer. (V. Bhuque).
DÉBOQUER, V. n. — Autre forme du fr. Débucher, terme de vénerie. De bosc, bois ; bas lat. deboscare.
Il Dépasser, sortir de l'alignement : a Ces arbres sont plantés en droite ligne, pas un ne déboque. »
DÉBOULER, V. n. — Se dit d'un lièvre qui part aux pieds du chasseur, en se roulant d'abord comme une boule.
DÉBOURSIS, n. m. — Argent déboursé, c Si j'réussis dans cette affaire, j'rentrerai dans mes déboursis, n
DÉBRÊLER, v. act. — Déshabiller : « Débrêlez cet enfant. » Etre tout débrêléy être mal babillé, porter des guenilles. Rac. Braies.