‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 79 sur 278 · ENT · texte numérisé non relu

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ENLICOTSR, Y. act. — Mettre an licoa.

ENQUIQUINER, v. act. — Importuner, ennuyer ; probablemen du vieux français quine, grimace, d'où quiner, faire mauvaise mine. La Fontaine a créé le verbe enquinauder que n'admet point l'Académie. Ilot formé avec redoublement comme ces termes enfantins : Bébête, fifUs, tnémère, pépère, etc.

ENRAQUER (S*), v. réfl.— S'enfoncer dans la boue : « Demeurer mraqué. » ÇV, Raque,)

ENRBUILLÉ (Être, Rester).— Se dit d'un chariot dont les roues sont enfoncées dans une ornière. (V. Reue, reuillère,)

ENRHEUHER, v. act. — Enrhumer.

ENRETOURNER, v. n. — S'en aller, repartir : « Voilà le soir, il est temps de nous enretoumer. » Le préfixe en n'ajoute rien au sens. (V. Engeler.)

ENRONGHER (S'), v. réfl.— Tomber, être pris dans une touffe de ronces. Ronce se dit ronche, d'où enrancher,

ENROYER, V. act. — Tracer un premier sillon dans un champ qu'on veut labourer. (V. Roie.)

ENSAQUER, Ensaqneter, v. act. — Mettre dans un sac. D'une personne mal habillée on dit ironiquement qu'elle est bien ensaguetée. Etym. sac,

ENTERTENIR, v. act. — Entretenir. Nous avons déjà eu l'occasion de faire remarquer que de toutes les consonnes, ïr était la plus mobile. Les consonnes initiales, surtout t eX f aiment à l'attirer à elles, et cette attraction peut aussi être exercée par une consonne médiale. Ce phénomène, habituel dans les patois est commun à la plupart des langues anciennes et modernes. Comme exemples dans le français, Diez cite Fréjtis (forum Jul.), fromage (pour formage), tremper, treuil, troubler (turbulare), et dans la vieille langue, estreper (extirpare), fremer, hebregier. Il nous serait facile d'allonger cette liste. (V. Apprindre, berbis.)

ENTIQUER, V. act. — Enfoncer : « Entiquer un pieu dans la terre. » Au fig. : t Cet enfant n'apprend rien à l'école, le maître ne )ui peut rien entiquer dans la tête,»

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ENTORTILLER, v. act. — Indisposer, faire mal au cœur : t Celle liqueur m'a entortillé. »

ENTRAITER, v. act. ^ Atteler à une voiture ou mettre à la charrue pour la première fois un jeune poulain. Etym. en, et trait. Mot excellent, nécessaire à la langue française.

ENVOTER, V. act. — Fut. et coud., jenvoierai, envoierais, formes bourguignonnes qu'on rencontre dans beaucoup de nos vieux auteurs, et jusque dans Corneille, Molière, La Fontaine.

Et Tybert leur cousin avec envoierai.

Bbrte.

Envoierejf-yoXLB encor, Monsieur aux blonds cheveux. Avec des boites d^or des billets amoureux ?

Mol. ^ Ecole des Maris ^ II, 9.

Subj.^ que je renvoiche, que tu renvoiches^ qu'il renvoiche ; le plur. est régulier.

ENVRIMER, V. act. — Envenimer.

EPAILLER, V. act. — Faire sortir du lit, du paillot : « Ne vous couchez pas trop tard, car je vous épaillerai de bonne heure. » Au fig., chasser : a Si j'étais maître, jépaillerais tous ces paresseux-là.» Etym. e, préfixe, et paille.

EPAINE, n. f. — Epine : « Epaine blanke, aubépine ; épaine noire, prunellier.» Le nom de famille DeUpine se prononce toujours Delépaine. (V. Bahaine.)

EPANIR» V. act.— Epanouir.

La rose espanisoit.

Ren.,9664.

Je vous envoyé un bouquet que ma main Vient de trier de ces fleurs épanies.

ROUSARD.

EPARGNER, v. n. — Manquer à faire une chose ; plus souvent s'épargner : « Je ne m épargnerai pas de lui dire ses vérités, ■ je ne serai pas avare de, etc. C'est un des sens du latin parcere.

EPARTILLER, v. act. — Eparpiller : « Le vent a épartiUé les

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javelles. — Il faut épartiller le fumier. » Corraption du vieux mot épartir, très-po6tique dans ce passage de Théophile :

Lorsque Taubc, en suivant la nuit qu^elle a chassée,

Espart SCS tresses d'or.

Le premier mouvement qui vient à ma pensée.

C'est Tamour d'Alidor.

ÉPAULÉE, n. f.— Charge de bois qu'on porte sur Y épaule : « D est revenu du bois avec une bonne épaulée.^

EPERCIN6LER, v. act.— Frapper dans l'eau pour la faire rejaillir sur quelqu'un : amusement cher aux enfants.

EPEUTER, V. act. — Faire peur ; quelquefois épeurer. S'emploie surtout dans c«ttc locution : « N'être pas épeuté, » être hardi, ettronté.

Du faict il se repent, désirant espeuté, Qu'avecq'Ie reste il fust au chariot monté.

Gauchet.

EPITAPHE, n. m.— Comme au XVIe«»« siècle, et jusqu'au temps de Corneille : « On commence à débiter icy des épitaphes (libelles, placards) contre Mazarin : (juand il y en aura quelques bons, nous vous en ferons part.» (Lettres de Guy Patin, 15 mars 1661.)

Je n^ai plus qu^à mourir, mon épitaphe est fait.

Corn., Suite du Meut.

Il Inscription quelconque, enseigne.

EPLUQUER, V. act. — Eplucher ; d'où éplukures,

EPOUFFETER (S'), v. réfl. — S'essoufller, perdre haleine : « Je me suis épouffeté à courir.» Fr. pouffer, ïépouffer,

EPOUSTER, V. act. — Epousscter, la transformation en e muet ou la suppression de Vè grave a lieu dans la plupart des verbes en eter. Les paysans disent : \'épouste, je cachte, je me colte^ je feùilte, etc. Plusieurs de ces formes sont même usitées à la ville, et dans une grammaire destinée aux jeunes lycéens, on lit : « Un usage assez répandu aujourd'hui laisse toujours muet le dernier e du radical dans les verbes décolleter, becqueter. (Gramm. fr., par Guérard.)

Il faut, dit Littré, se garder de cette prononciation très-répandae

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