ETE
Ce mot est une corruption du v. fr. estoc, souche qui, dans unsens métaphorique voulait dire ancêtres, rejeton, lignée :
Estoc d'honneur, et arbres de vaillance.
Eust. Desch., sur la Mort de Duguesclin.
Je suis un étranger
Comme ont jadis été les étocs de ma race.
Baïf.
0 mes chers fils, l'espoir de votre mère. Le seul estoc de Saùl, votre père.
Duquel en tout vous retenez l'image....
J. DE LA Taille, les Gabaonites.
Dieu vous garde de malencontre Gentille butte Saint-Roch !
Montagne de célèbre estoc Comme votre croupe se montre !
Claude Le Petit, Paris i-idicule.
ET, pron. poss. — Ta, devant une consonne : « Et femme est invitée al fête.»
ETAMPIR, V. act. — Dresser, mettre debout : « Rester là comme un étampi, » se tenir immobile, sans rien faire.
ETE, V. subbt. — Etre. Le r ne se fait pas entendre dans certaines fmales muettes, comme on le verra par plusieurs exemples. (Voir R.)
Nous allons donner la conjugaison de ce verbe aux personnes et aux temps irréguliers.
Ind.jjesM; imp., l''^ et 2^ personne du ]Au.r., éteimes, éteites; condit., l^e et 2™° personne du plur., sereinws, sereltes.
Subj. présent, l^e et 2™« personne du pluriel., soyonckes, soyèches.
Imp, du subj . , fuche, fuches, fuche, fucMoiis, fuchlez, fuchent.
Ex. ; « y su malade. — 0 n'éteimes mie prêts pour la guerre. — I faut qu'o soyèches bien bon pour souffrir cha. »
Au lieu de sereimes, on dit encore seriomes, forme de la première personne du pluriel du futur dans l'ancien dialecte picard.
Le lecteur, curieux de rapprochements, pourra comparer ces formes de patois moderne à la 'conjugaison du verbe être, au XIl^™^ et XlII^me siècle. (V. Burguy, Grammaire de la langue d'Oil, t. I^r, p. 258 et suiv.)
ETO 147
ETEINDRE, v. act.— Prêt., ]éteindis; suijj. prés., (\\\t']cteiade; part, passé, éteinda ; fut. et cond., ]étcignerai, ais. Cette dernii^re forme rappelle l'orlhograplie primitive de nos verbes en ndre, c.-k-d. cjnre, en Bourgogne et en Picardie ; estignre {Q^iixwq^MQvo), ulignre (attingere), etc.
« Et si fîst encores plus, car elle estaindit le feu de léens, tant à la cuisine comme à la chambre.» (C. N. N., 38em^)
ETERNIR, V. act. — Etendre la litière des bestiaux: « Ydiéternir les vaches. » C'est le lat. sternere.
il Eterni, part, passé; dispersé, en désordre : « C'est une femme négligente, elle laisse tout éterni dans sa maison. »
Steniir, épandre le fumier, était une corvée qu'on exigeait des tenanciers. (V. Etat des droits qui appartenaient au comte de Provence, Bibl. nat., n^ 9889, f. fr.)
ETERNITE, n. f, — Un long temps : « Il a été uns éternité a. revenir. — Elle met une éternité à s'habiller. » On dit au plur., dans le même sens, des éternités : « Quand il va au café, il y reste des éternités. » Corneille a employé ce mot au pkir., Hèraclius^ III, 1.
ETIMER, V. act. — Etamer; étimeux, étameur.
ETONNE, part, passé. — Frappé par le tonnerre; du latin extonare. Dans cette phrase de Bossuct, étonner a une acception qui rappelle son origine : « On le vit étonner de ses regards étincelants ceux qui échappaient à ses coups. » [Or. fun. de Louis de Bourbon.)
Il On dit que les œufs couvés par une poule sont étonnés par la foudre (c'est-à-dire rendus stériles), si l'on n'a pas eu la précaution de mettre un morceau de fer dans le nid de la couveuse.
ETOQUER (S'), V. rêfl. — S'appuyer contre : aS'éloquer contre un arbre, un mur, etc.» Du fr. estoc.
ETOU, Itou. adv. — Aussi, du latin etiam. Çomp. avec le v. fr. itel, |)areil, semblable, qui devant les consonnes faisait iteu, itou.
Quand la chèvre saute au chou, Le chevreau y saute itou.