‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 104 sur 257 · EVI · texte numérisé non relu

EVI

« Le gros Thomas aime à batifoler, et moi je batifole itou. » (3Iol., Festin de Pierre.)

ETRAMER. Etramiller, v. act. — Eparpiller, laisser en désordre : « Il a* étramé ses babils par la chambre. » Ce mot a la même origine que éternir; il est formé d'un dérivé de steniere, comme stramen ou stramentum, litière ou paille qu'on éparpille sous les chevaux. On a du reste le vieux mot estram, estrain, litière, couverture de paille.

« Si prinst après une poignée à'estrain, et en boute le feu en la maisonnette. » (C. N. N., 85«me.)

D''estrain et de chenevotte Se chautfoyt tous les hyvers.

Le Houx.

ETRANGE, adj. — Exotique, étranger : « Un arbre, une plante étrange. » — C'est un étrange, pour dire un étranger.

France, tu as commei^ce aux nations étranges.

D'AuBiGNÉ, trag.

ETRIQUER (S'), v. réfl. — Se raidir, s'appuyer solidement, employer toutes ses forces à faire une chose.

Je l'oidis mes deux bras,

Vestriqiie mes deux pieds, puis me renversant bas,

' Je tire le cordeau.

Gauchet.

ETRUQUE, n. f. — Eteule ; on a vu qu'on dit aussi étau. •

EVANGILE, n. f. — « h' Evangile du dimanche des Rameaux est bien longue. — Là où YEoangile est prôchée et reçue, le traître pillard (le diable) n'a garde s'y trouver et faire des siennes. » (Noël du Fail, Contes rust.) Boileau a employé ce mot au féminin ; M'"^ de Sévigné le fait tantôt masculin, tantôt féminin.

EVILLÉ, Évilloté, adj. — Espiègle.

EVITER, V. act. — Epargner : « Evitez-moi la peine de faire ce voyage.»

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