‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 116 sur 257 · G AN · texte numérisé non relu

G AN

ou des poux, Galonnier, ère, adj., enfant qui ne cesse pas de se gratter la tète.

GALVAUDER, v. act. — Menacer, presser vivement : « Ils ne travaillent pas vos gens, il faut les galvauder . n

Il Frapper, battre : n Galvaudez-moi ce galihier là. y>

GAMBE, n. f. — Jambe. Nous avons en fr. gambader, ingambe ; étym., gamba, jarret : « Post quod admonitus injuria, tollit altius crura, et in flexione geniculorum aùj ue gumbàrmu molliter vehit. » (Vegetius, lib. \, de equo.)

Li destres est e curanz et aates :

Piez ad copiez e les gambes ad plates.

Ch. de Roland.

a Biax estoit et gens et grans et bien tailliés de gaabesct de pies et de cors et de bras. » (Auc. et Nicol.)

«Nous aurons des pieds de cbapon à la fricassée, gésiers du civé, gambes de cabre à la sauce verte.» (Noël du Fail.)

Robert, duc de Normandie, dit Courte-Heuse, avait encore le sobriquet de Gambaron ; enfin les noms de famille Gambier, Legambier, Gambet sont assez communs cbez nous.

En V. fr.^ on appelait ^awiisow un vêtement ou espèce d'armure qui protégeait les jambes :

A ces paroles, li vavassors s'arma D'un gambîson viex, enfumé qu'il a.

Gaydon, V. 2.386.

GAMBETTE, n. f. -— Soutien du linteau d'une cheminée.

GAMBIER, n. m. — Traverse de bois où le boucher suspend par les pattes les betes qu'il a tuées, et le chasseur son gibier : « Je ne suis pas content, médisait un braconnier, lorsque je n'ai pas un lièvre à mon gatnbier. »

GAMBILLONNER, v. n. — Remuer les jambes continuellement. Gambillard, gambillionnier , adj. Celui qui ne peut pas tenir en place, etc.

GANCIR, V. réfl. — Se dit du bois qui se pourrit par l'humidité.

GANNE, adj.— Jaune. On dit en parlant d'une vieille fille : «Elle

GAR IQg

commence à avoir les pieds garnies ; elle restera pour coiiïer sainte Catherine.»

GAQUIERE. n. i". — Jachère; du has-latin gascaria (Xlleme siècle), ou de jacere, jacitura, selon Du Méril.

Mort l'abaty a tiere delez une guesquière.

HiG. Capet, p. 151.

GARCHON, n. m. — Garçon. Dériv. garchonnière , fille qui fréquente les garçons ; coureuse.

Il Garchonnaille, n. f. Les garçons, en mauvaise part : « Et s'en allans dormir les satrapes, il (Jésus) demeura entre les mains de leurs garsonnailles (valets.)» (Oliv. Maillard, Passion de N. -S - J.-C.)

GARDE-MAHONS, n. m. — Gardc-messier ; s'emploie ironiquement. (V. Mahoïi.)

GARDIN, n. m. — Jardin ; bas-lat. gardiiium ; angl. garden ; ail. garten. On comprend difficilement aujourd'hui qu'un savant tel que Henri Estienne ait été chercher l'origine de ce mol dans le verbe àp(ÎEûêiv, arroser.

Fols est ki sour chcmiu Comence soun gardin.

Page 1