‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 12 sur 257 · Scène IV · texte numérisé non relu

Scène IV

ALSOUPIER, n. m. — Polisson, vaurien.

AM, pr. possessif. — A ma : « Viens am maison. — Parle am femme. Amii devant une voyelle : a Mène tes chevaux awm' écurie.»

Il Amn, à mon, devant une voyelle ou un h muet : «Adressezvous amn homme.»

Ces agrégations de mots sont fréquentes dans notre patois. On a déjà vu a/ mis pour à la. De même les composés del, jel, nel, usités dans la vieille langue ont été conservés par nos campagnards.

AMANCHER, v. act. — Maltraiter, faire des reproches : « Qu'il vienne, je Yamancherai joliment. »

AMARRER, v. act. — Attacher. Ce mot a un sens heaucoup plus large que le terme maritime amarrer, qui signifiait d'abord préparer un navire à prendre la mer : Teneatur prompta dicta navis parata et amarrata. (Document de 1341, cité par Du Cange.)

AMASSER, V. act. — Ramasser les gerbes et les mettre en diziaux. (V. ce mot.) S'emploie absolument : « Il va pleuvoir, dépêchez-vous à^ amasser. »

AMASSEUX, adj. — Celui qui amasse, qui thésaurise; v. fr. amasseres, amasseor, avare.

Ne fu d'avoir amaséor,

Nus u'ert plus large donéor.

B. DE Sainte-More.

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