‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 120 sur 257 · GIG · texte numérisé non relu

GIG

Il eut un oncle Lymosin, Qui fut frère de sa belle ante :

C'est ce qui le fait, je me vante, Geryonner en lymosinois.

Pathelin.

GERNE, n. m. -— Germe : « Un biau gerne, » un homme laid, par ironie.

GERNER, V. n. — Germer. Laisser gerner,id\VQ attendre longtemps quelqu'un ; en d'autres termes, lui donner le temps de prendre racine .

GESTES, n. m. plur. — Faux semblants, ^prétentions ridicules : « Quelle brimbelle ! fait-elle assez de gestes ? »

« Sa mère, en haussant les épaules, prétendait que tout cela c'était des gestes. » (Flaubert, il/^e Bovary.)

GIBONNER, V. n. — S'agiter, remuer sans cesse : « Quel enfant I il gibonne tellement la nuit, que son lit est tout défait. » Dériv. gibonnier, ère, adj, de gibo)i, jambe, usité jadis.

J'ai les ffibons si bien harquebutais.

Muse normande.

Le poitevin a giber, ruer.

GIBOYEUX, adj. — Se dit d'un homme qui court les femmes ; « Le père Martin commence à vieillir, mais il est encore giboyeux. »

GIGNIAU, n. m. — Genêt. On dit aussi baliot, parce que l'on fait des balais avec les branches de cet arbuste. En breton, balan signifie genêt .

Le bois du genêt est très -recherché pour faire des faussets ; d'où cette locution : « Tirer à ch'foncet à'gigniau, » tirer au meilleur cidre.

GIGUE, n. f. — Longue jambe, dans le fr. populaire. En patois, grande-gigue, grande-giguasse sont des épithètes qui qualifient une personne de haute-taille, dont lee jambes sont aussi longues que celles des chevaux des ballades allemandes. Dans nos vieux auteurs, gigue, comme grande-gigue, désigne une grande fille maigre,

GIGUER, V. n. — Ruer; de gigue, jambe.

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GÎTE, n. m. — Lit; d'où giter, coucher : « Il est l'heure àe gîter ou de mener au gîte tous ces cnfants-là . » Se giter, se coucher.

GLACHE, n. f. — Glace; dériv. glacher, glachon.

GLAINE, n. f. — Poule ; du latin gcdlina, usité particulièrement en Picardie.

GLAINE, n. f. — Glane; dériv. glainer, glaineux, glainage. Par eux est perpétré le monstrueux carnage Qui, de quinze ans entiers aiant fait les moissons Des Français, fflote encor le r^ste en cent façons.

D'AuBKiNÉ, Trac/.

« Le premier jour de la moisson, on forme une ^/«/«e d'épis choisis, artistement disposés et ornés de lleurs et de rubans de soie. Les moissonneurs se réunissent en corps pour offrir cette glaine ii la fermière ; celui ou celle qui la présente débite un petit compliment; après ([uoi, on arrose la fête avecqueKjues pots de gros cidre. » (Decorde, Ouv. cite.)

GLAGEUX. n. m. — Glaïeul : «Le loutre gist en fort pays de glageiix.)^ (Cité par Littré, XlVeme siècle.)

Cliil furent enbusquict en ros et en glacheus.

HuG. Capkt, 8.

GLEUMER, V. act. — Humer; glnimerun œuf, l'avaler tout cru.

GLORIEUSETÉ. n. f. — Gloriole, vamté, amour de la toilette.

GLORIEUX, euse, adj. — Celui, celle qui aime la iiarure ; se prend toujours en bonne part. On dit aussi qu'un ouvrier est glorieux de son ouvrage, quand il le fait avec soin.

GLOUT, Glot, adj, — Avare : « Pierre n'est pas gloiit d'une bêtise, » Pierre aime à dire des bêtises, il n'en est pas avare. Dans l'ancienne langue, gloid était un terme injurieux qui n'avait pas de signilication bien précise :

Tais, fflos, (li.st Karles, tu .soies maléois !

Gaydon, V. 492.

Mais on le trouve cependant avec le sens d'avare:

Gloits nicvt jti saous, plus a plus veut.

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