‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 140 sur 257 · HUS · texte numérisé non relu

HUS

HOUSSER, V. actif. — Mulierem comprimer e : « Hausser une fille. — Elle s'est laissé hausser. » Ce mot est particulièrement usité dans la Somme.

HOUSTABAS, n. f. — Femme malpropre, de mauvaise vie, qui est toujours prête à jeter ses housses à bas.

HOVELER, V. act. — Mettre en haviaux.

ÏÏOVIAU, n. m. — Petit tas de blé, d'orge ou d'avoine qu'on fait à l'aide d'un râteau avant de bolteler. Dans certains endroits de la Basse-Normandie on dit haviau, de havet, crochet.

Il existait sur le blé un droit de havage' : « Item lehavage de la ville de Vernon.» (Aveu du XV^^o siècle, cité par Le Héricher.)

HTJCHER, V. act. — Placer en haut.

HUQUER, V. act. — Hucher : « Tli m'hiiqueras, si t'as besoin de mai. »

HURLÉE, n. f. — Hurlement : « Les chiens ont cette nuit poussé des hurlées du diable. »

Sous l'effroyable bruit de ses fortes hurlées On oit gémir de loin les l'ives reculées.

Gilles Durand, dans Jaubert.

HURU, adj. — Mal peigné, hérissé; v. fr. huré de hure. Si deux coqs se battent en hérissant leurs plumes, on dit qu'ils sont hurus de colère.

« Il estoit bossu et contrefait, et s'il avoit la teste hurée et cntremeslée de cheveux chenus. » (Perceforest.) On trouve encore héru, hurepé :

Orible gens estoit et moult laide et hérne.

Ch. e'Antioche, II, p. 254.

Braies et noires, cemise deslavée, Et si avoit la teste hurepée.

Aliscans, V. 2739.

HUSTUBERLU, n. m. — Hurluberlu. Ce mot, dit Littré, est d'origine inconnue. Du Méril le dérive de l'arabe hoiirloubourlou, ahuri, littéralement troublé-perdu.

Nom de saint inventé par Rabelais. (Pant., v. 15.)

lAU 191

I. — Va, marche ; selon Du Méril, cette seconde per>onnc du verbe latin ire s'est conservée dans le patois du Jura.

I, pron. masc. — //. La lettre l ne se fait pas sentir devant une consonne. On dit : 1 vient, i court; de même au [ilur. : /viendront, î courront.

Au pluriel, ils devant une voyelle se prononce il : « // arriveront lard. »

Dans certains cas, au singulier comme au pluriel, la lettre / ne sonne pas, même devant une voyelle : A-t-i arrivé à temps? — A-t-i eu du bonheur ?

En France fu li rois, qui fu viez et chenus ; A Laon tint sa cort, molt i ot de ses drus.

Ayé d'Avig., V. 47.

I, pronom. — Cas indirect : A lui, à elle : « Quand tu le voirras, tu i parleras de not' affaire. — J'ai rencontré t'mère, j'i ai parlé. »

lAU, n. f. — Eau. On a dit autrefois aiguë, aiijhe, aiye, âge, aiwe, ewe, ieive, iave, etc.

AignG coïe ne la croye.

Il m'est si perillouse yaue que la coyc.

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