‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 162 sur 257 · MEK · texte numérisé non relu

MEK

MAUREPAS, n. m. — Nom de localité ; hameau voisin de Grandcourt. Etym iiuni = mal, et repas.

MAUVAIS, adj. — Enragé, en parlant d'un chien : « Un chien mauvais, » l'adjectif, en ce sens, se place toujours après le nom : « Quant on crient que son chien ne soit mors de chien mauvais, hntQ& le mengier parmy un trépié et boire, et il sera pour cette fois asseuré de mal avoir. » (Ev. des Quenouilles, p. 122.)

MAUVAISETÉ, n. f. — Méchanceté.

Celc nuit fist li rois toute sa volonté

De la très fausse serve, plaine de mauvaisté.

Berte, V. 403.

« Or vois-je bien que la mauvaiseté des femmes surpassera celle des hommes. » (Bon. des Périers, Cynibalum mundi.)

« Cette mauvaiseté d'enfant chagrina beaucoup Landry. » (G. Sand, Fadette.)

Mauvaistié était un de ces vieux mots que regrettait La Bruyère.

MAUVIARD, Mouviard, n. m. — Espèce de grive selon les uns, d'alouette selon les autres. D'après Littré, c'est le merle mauvis, lléau de la vigne, maluin vitis ?

MECANIQUE, n. f. — Machine ({ui, au moyen d'uue vis, ralentit dans les descentes la marche des voitures.

MECHANT, adj.— Pauvre, misérable : « Un méchant fermier, un méchant porte-balle. «

Il Mauvais, sale, boueux : « Voilà un chemin bien méchant. »

MÈCHE (Il n'y a pas), loc. — « Cette locution pourrait venir de l'italien : non ce mezzo, il n'y a pas moyen « (Jaubert).

MÉD'ÇAINE, n. fém. — Médecine; remède : «Quelle drôle ed méd'çaine que cha? »

MÉKAINE, quelquefois Mekine, n. f. — Meschine, mot qui dans l'ancienne langue voulait dire d'abord jeune lille, plus tard servante: iWmhmûi mescinete. (Auc. et Nicol, p. 260.)

Iluec se lieberga une franche meschine, Fille Yon de Gascoigne, de devers la marine.

Gui de Naxteuil, v. 421.

MÉN i^l'.i

Bei'te se fait ainci' conic celc qui ne fine De servir plus ii gré e\ine povre moscltine.

BllKTE, V. 371.

En Picardie, dans le canton de Gamaclies, on a[)|)ellc encore mékdinc, une servante. Dans noire vallée on désigne sous ce nom iiii instrument de cuisine, cercle en fer ((u'on suspend à la crémaillère pour supporter une poëlc ou une chaudière.

MEL. — Agrégation des mots me, elle, la; comp. avec del,jel, nel, tel, etc. : « Tu m'as promis uncoutiau, il faut que liimel donnes. — Ej veux bien louer vo ferme, mais il faut nid fair vir, (voir.) »

MÉLAN, n. m. — Merlan.

MÊLI-MÊLO. n. m. — Mélange confus.

MELON, n. m. — Niais, nigaud, propre à rien. De tout temps on a pris le mot meloii dans cette acception burlescjne. Tliersite, par raillerie, appelle les grecs wînrwveç, melons (Iliade .11. 235) et TertuUien reproche à Marcion d'avoir un melon à la place du cœur : Pupunem loco cordis habere.

MÊME CHOSE (La), loc. adv. — Tout de même, pareillement : « Jai intention daller chez vous dimanche. — Je n'y serai peut-être pas. — Eh bien, j irai l'i même chose. »

MÉMÈRE, n. f. — Grand'mère, terme enfantin. Femme qui a de remiionpoint : « Une bonne grosse méinère. « On dit de même avec redoublement de la première syllabe : Tantante, pépère, ftflh. sens<eu)', bébête. (V. Eni/uiquiner.)

No premerain pepèi-e Adam. (Sermon de Maurice de Sully, cité par Le Héricher.)

« Pas vrai, fi/iUe ? [)lus de pain sec, tu mangeras tout ce (pie tu voudras. »

« Ab ! elle ouvre les yeux : Eh bien! la mère, mémcre , timère. allons donc. » (Balzac, E. Grandet.)

MÉNAGER, n. m. — Fermier, petit cuUixaleur. C'est le sens ([uc It; poète Racan a donné ;i ce mol dans ces vers : Oubliez, oubliez raniour de ce berger, Et prenez en son lieu (quelque bon mâmycr.

Bkkg., I.

Page 1