‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 171 sur 257 · MOR · texte numérisé non relu

MOR

« Le monnier est au moulyn, car la roue commence à rôtir (rotare.) » (Palsgrave.)

MONT, n. m. — Monceau, tas. On dit à un domestique : « Vous irez aujourd'hui éparpiller les monts de fumier. »

Mettre de la vesche, du foin, du trèfle en monts, c'est-à-dire en petites meules. Mettre en coqs ou coquerons offre le même sens. (V. Coqueron.)

Mettre quelque chose en un mont, en un seul tas ; tombar en un mont, etc. : « Qui adonc vit gens.... trébucher l'un sur l'autre, dix ou douze en un mont. » (Froissart.)

MONTER (Se), v. réfl, — S'élever, en parlant d'une construction : « Votre maison commence à se monter. »

li Se procurer, acheter peu à peu ce qui est nécessaire : « Nous n'avons pas beaucoup de meubles, mais nous nous monterons peu a peu. »

Il Etre bien ou mal monté, se dit d'un fermier qui a de bons ou de mauvais chevaux. Avoir quelque chose en petite ou en grande quantité : « Avez-vous des poiriaus dans vo gardin ? — J'en su bien mal monté. »

Il Monter de grade, en grade. Corneille a dit monter d'état :

Dedans saint Innocent il se fit secrétaii^e, Après, montant d'état, il fut clerc d'un notaii'ç.

Illusion Com., I, 3.

MONTOIR, adj. — Pied montoir. Pied gauche du cheval, du côté que l'on monte.

MONTRER, V. act. — Enseigner : « Monsieu l'curai montre el latin à min lius. »

MORCIAU, n. m. — Morceau.

MORDURE, n. f. — Morsure.

MORGUARD, Morgueux, adj. — Hautain, qui prend des airs de suffisance, faiseur d'embarras.

Si vous ne m'arrachez des mains

De quelques morgueurs\VL\m.m.sà\\?i...

Théophile, Requeste au Roy.

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