‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 173 sur 257 · MOU · texte numérisé non relu

MOU

soufflet, une mornifle, et au fig. tu te feras attraper. Du bas-lat. mucare, muccare.

MOURIR, V. n. — Fut. et cond , je inourirai, mourirais. Subj., que je meurche, que tu meurches, qu'il meurche. (Les pers. plur. sont régulières. )

Meurche est la corruption des anciennes formes normandes murge, moerge.

« Nus ne vus demandums ne or ne argent ; ne ne volum pas que huem de Israël i murged. » (Les Rois, IL p. 201.)

« Miez est sul moerge que tant bon chevaler. «

Ch. de Rol., p. 32.

« Morgent l'un ot l'autre de mort. » (Cité par Diez, tom.e IlL page 193.)

MOUSE, n. f. — Museau, figure, mine, en mauvaise part : « On voyait à sa mouse qu'il n'était pas content. »

Item, à Jehan Raguyer je donne, Tous les jours une talemouze.

Pour bouter et fourrer sa mouse.

Villon.

En provençal, on appelle mourrc de chin, museau de chien, une espèce de truffe rousse. De l'ancien français muse.

MOUSSE (Rose), n. f. — Rose moussue.

MOUTON (Poire de), n. f. — Poire précoce, bonne à manger.

MOUTON-FOYER, n. masc. — Lorsqu'une brebis met bas deux agneaux, on ne lui en laisse qu'un à nourrir; l'autre est élevé dans les herbages de la ferme, dans la maison, et pour ainsi dire au foger ; d'où son nom.

MOUTONNER (Se), v. réfl. — Se couvrir de petits nuages blancs : « Le ciel commence à se moiitonnt'r . — Quand le ciel est moutonneux, c'est signe de pluie. » De mouton, par similitude.

MOUTURE, n. f. — Orge ou avoine moulus grossièrement pour donner dans l'établc aux porcs ou autres bestiaux. (Decorde.)

MOU'VER, V. act. et neut. — Agiter, remuer, se mouvoir : « On

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n'a pu mouver cette pierre de place. — Il est si frileux qu'il no mouve pas du coin de son feu. «

Cum se il fiist tued.

Muter ne se purrat.

Phil. de Thaun, Bestiaire.

A la feste de la Toussains Monterons, ni a pins ne mains.

Chast. de Coucy, V. 6230.

Ils apaisent les flots, ils mouvent les orages.

Ronsard.

« Après 12o0, selon Burguy, le normand niover, prist souvent Vu picard : Mouver. » Etym. lat. movere.

MOUVETTE, n. f. — Cuillère de bois pour mouver les sauces.

MOYEN, adjectif. — Souffrant, maladif ; même signification que merulre.

Moyen (tâcher), loc. — Faire en sorte, s'efforcer. « 0 tacherons moyen de vos aider. »

MOYENNER. v. n. — S'arranger, faire une affaire: «Avec un pareil homme, il n'y a pas moyen de moijenner. » Ce verbe n'est usité quà l'infinitif et seulement dans cette locution.

MOYETTE, n. f. — Petite meule, dimmutifde moie : «Mettre du blé en moijettes . »

MOYEU, n. m. — Noyau de cerise, d'abricot, de prune, etc. Anciennement jV/««e (l'œuf. Etym. moieuf = mi-œuf.

MUCHER, v. act. — Cacher : (.(.Muchc-W sin bâton. — Ces oyscaux robont et pillent tout ce qu'ils trouvent, portent et amassent le tout en leurs nids et mucheut tant ordures que bonnes bcsongnes. » (N. Fabrique.)

MUCHE-TIN-POT (À la), Inc. — En cach.'tto : « Ce mot virnt de ce que certains marchands vendaient de la bien' à meilleur marché que leurs confrères; mais comme ils ne payaient pas de droit, il fallait l'emporter eu cachette, mucher sin pot.n (Decorde.)

MUCHETTE, n. f. ~ Cachette.

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