‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 174 sur 257 · MUS · texte numérisé non relu

MUS

Je croi ceste muchete que bestes l'ont esti'uite.

Berte, V. 922.

MUCRE, adjectif. — Humide, moisi. Comp. avec le latin mucere, moisir.

MUGOT, n. m. — Provision de fruits qu'on garde pour l'hiver et qu'on laisse mûrir sur la planche ; par ext. trésor, somme d'argent que l'on cache, économies mises en réserve.

N'en fait musgode pour son cors engraissier. Mais as plus povi'es le donet a mangier.

La Yie saint Alexis, st. 51.

Nous lisons dans le Dict. de Trévoux, au mot magot : « Argent caché. Le peuple de Paris dit mugot, mais le véritahle mot c'est magot. »

Comp. avec muedecke, muyek, muydick (pomarkim, locus ubi poma resermntur) mots que l'on trouve dans les Glossaires flamands-latins.

Citons encore le bavarois mauchcn, épargne secrète en argent. Enfin dans la basse latinité mnga, mngium, signifie monceau, tas.

MUGOTER, r. act. — Faire bouillir tout doucement ; faire cuire à petit feu.

Il Mettre des fruits dans la paille pour les faire mûrir : « Je laisse mugoter pour vous des poires et des pommes.

MULONj n. m. — Petite meule ; rarement employé.

MURON, n. m. — Mûre, fruit de la ronce ; du grec txopov (V. Catimwoii.)

MUSETTE, n. f. — Musaraigne; du v. fr. muse, la musaraigne ayant un petit museau pointu : « Mais les autres rats, mulots, souris, musettes et lerots^ ils les eflbndraient à roide boce sans pardonner à nul. » (iV. Fabrique. ) io, n'ai jamais entendu dire m isereWf, ni meserette que Littré donne comme mots normands.

MUSIAU, n. m. —Museau.

MUSIQUE, n. f. — Visage, figure : « Prends-garde à tei, tu vas t'faire donner su la musiqxie. » De muse, mouse.

MUSIR, V. act. — Moisir, du lat. mucere.

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