‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 185 sur 257 · PAN · texte numérisé non relu

PAN

PADOLE, n. des deux genres. — Paresseux, propre à rien. Comp. avec hadole, du patois poitevin, niais, badaud.

PAILLOT, n. m. •— Lit; de pailU.

PAIN (Tracher sin), loc. — Mendier. Pain m'nit, corruption de pain bénit.

PALÉE, n. 1'. — Ce qui peut tenir sur une pelle : « Jeter quelques palées de terre. » Depalle, pelle, usité dans le Berry.

Les autres, avec leurs pasles. en remplirent les corbeilles. (Rab., Pant., liv. IL)

PALETTE, n. i". — Pelle à feu.

Il Dent incisive : « A-t-il une rangée de palettes ? » Ces dents larges et plates ont la forme d'une petite pelle.

PALOT, n. m. — Palet. On a vu maillot pour maillet.

PANGHE, n. f. — Panse.

PANGHE-A-POIS, n. m. — Sobriquet que l'on applique aux gens ventrus et gourmands. C'est le surnom qu'Olivier Basselin donnait aux Anglais dans ses chansons patriotiques :

Ne craignez point à les battre, Ces godons, panches à pois., Car ung de nous en vault quatre, Au moins en vault-il bien troys.

PANCHIE, n. f. — S'emploie dans certaines locutions : « En a-telle une yanchie ? » en parlant d'une femme qui est près d'accoucher.

11 En prendre une panchie, s'en donner une panchie, faire un bon repas, boire et manger avec excès.

11 Travailler \)iiY jicmchies, travailler à ses heures, par caprice.

PAQ 249

PANCHU, adj. — Pansu : « Allez, j'ne vcuk mio m'niarier avoue un gros panchu comme vous. »

PANNÉE, n. f. — Morceau d'étolTe : « Vo kicn a déchiré eune grande luinnrc dem robe. »

Au fig. : On dit qu'un moissonneur a ahattu une grande ou une petite pamm de blé, d'avoine, etc., selon (ju'il eu a fauché plus ou moins. Ex. : «Nous sommes avancés dans notre moidoux, mais nous avons encore une bonne pannée de blé cà couper. » La vieille langue avait despnner, mettre en lambeaux : L'escu li a brisié et estroué Et son haubcrc rompu .et despané.

Aliscans, V. 5545.

Etym. pannuf!, bas-latin pannn.

PANSÉ (Être bien), loc. — Avoir bien bu, bien mangé : « Il doit être content, car je l'ai renvoyé bien pansé. » Selon Jaubert, cela voudrait dire : Je l'ai renvoyé la pnnsc bien garnie. Il nous sendjle (]ue dans cette location panser est pris au Ogun'' et signifie tniiter somptueusement, comme dans ce passage de Rabelais :

« Il print dedans Paris cent beaulx jeunes et gualans com[»aignons bien délibérez et cent belles garses picardes, et les feist bien traiter et bien panser pour huit jours. »

PAOUR. n. m. — Gros lourdaud, rustre; de l'allemand baner, paysan, d'après Du Méril et Littré. Je préfère le celtitjue pamir (jui signifie pauvre, indigent.

PAPIN, n. m. — Bouillir (judn fait pour les enfants et surtout pour les domestiques dans les fermes.

Pacllette à faire lepapin.

EisT. Desch., Bail.

D'où empaphier, usité anciennement :

« Le charreton huclia les gens et son maisire qui ouvrirent le

casier, où ils trouvèrent le pouvre prisonnier, doré c\.cmpaptnc([\\r\v{>, de fromage, de lait, et aultres choses plus de cent. » (C. N. N.. page 3i4.)

Etym. Pappa ; en latin, bouillie. Anglais, pap.

PAQUER, V. n. — Faire .-^es pàqui^s : « Un cur»' annonçait ain^i à ses paroissiens la clôture de la pàiiuc : « Mes frères, dimanche pro-

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