‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 203 sur 257 · PRÉ · texte numérisé non relu

PRÉ

POURLÉQUER, v. act. — Lécher tout autour : « Se pourléquer les babaines. »

POURPE, n. m. — Fièvre miliaire, caractérisée par de petits boutons rouges. Du latin purpura.

Pour la suppression de r dans la syllabe finale, voir Nof, maîte, aute, etc.

POURSUIVRE, V. act. — Passé déf. : « }q poursuis ; fut. , je poursuirai ; cond, , je poursuirais ; subj . , que je poursuiche ; part, passé, poursuit. On dit aussi à l'infinitil' ponrsuir qui était très-usité autrefois ;

Tant qu'il ])mst poicrsuir clei'gie...

EusT. Desch., Bail.

La forme la plus ancienne est pi-rsuir, dans les Lois de GuilL, page 25.

POUSSER pour être prêtre, médecin, ingénieur, notaire, etc., loc. — Faire ses études pour devenir ingénieur, etc. : « Min fins est au séminaire, i pousse pour être curé. »

POUSSIU, adj. — Poussif : « Vendre, acheter un cheval pMssiiA.» Il Asthmatique.

PRÊGHEUX, n. m. — Prêcheur; prédicateur.

PRÊCHOIRE (Chaise), n. f. — La chaire où l'on prêche.

PRENDRE. V. act. — Pour la conjugaison, \o\v apprendre. Il Loc. particulière : « Le temps est prins, » c.-à-d. le mauvais temps va durer.

PRÊT, n.m. — Employé dans cette phrase : « Attraper son |«-e<,« qui signifie : 1» recevoir un mauvais coup ; 2'' être enceinte, en parlant d'une fille de conduite équivoque.

PRÊTE, n. m. — Prêtre.

PRÉTINTAILLES, n. f. plur. — Grelots que les rouliers et les conducteurs de diligences attachent au cou de leurs chevaux. Par ext. meubles, outils : « Il est parti avec toutes ses prétintailles . » Ce mot, dit Littré, semble formé comme prétantaine de pretantan, onoimatopée qui exprime le bruit que font les chevaux en galopant. Cette

PUG m

étymologio paraît liasanlmise à Scliolcrqui n'on proposo aucune autre, se contentant de criti(|uer ceux qui «s'emparent de la ressource des onomatopées, quand les éléments font défaut. »

Le sens que prétintailles a dans notre patois me porte ù rattacher ce mot au verbe tentir, ancienne forme de tinter, conservée dans ri-tentir. Mais reste toujours le préfixe ;>r«' qui est embarrassant.

On prononce ()Viï\nMv<i\\\Qx\i pcrtlntailles .

PREUNE, H. [. — Prime. Luc. part. : « Recevoir. attiapiT une prcKiw, » être battu, attraper un mauvais coup. Pn-unc s"enq)loie quelquefois dans le sens de bon morceau, d'aubaine, conmie dans ce passage de la farce de Patlielin :

Je happci-ay là une priaie,

A tout le moins, sans rien despendre.

Dans Coquillart (Enquête, p. 134), Hoche-prune est un personnage (|ui court après les bous morceaux.

Guette-à-preunes, n. m. Etourdi, (|ui va le nez eu l'air, Imi/antanx prunes.

PRIER LE BON DIU, loc. — Se dit d"un cheval qui tnmbe souvent à genoux.

PROUSTE (Être, aller, partir en), locution. — Etre en voyage ; aimer à courir les foires, les marchés : « Ce sont des gens (jui sont toujours en prouste : ils feraient mieux de s'occuper de leur l'eruic.» Le son de ce mot ex[)rime parfaitement un dé[»arl [)réei[iité.

PROUVAINE, n. (.— Proveude, quantité d'avoine (juc l'on il-uinà un cheval. Provision de tal)ac.

« Quand i n'a i)oiut <~'prouvaine à reniller, il est cdiuiiir perdu. » Quelques-uns disent prouvende, d'oii approuvander. iimt qii un trouve dans nos vieux auteurs et qui est très-usité chez nous. L ancien français avait encore ajiprouvcndcment, provision.

PUCHE, n. f. — Puce : « Va gratter tes puches ailleurs, » dit-uii à ([uel(|u"un dont on veut se débarrasser.

PUCHE-OREILLE,. n. f. — IVree-ureille.

PUCHER, V ael. — Puiser : « Allez puclicr del l'iau al rivière. »

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