QUO
QUOI. — S'emploie pour que interrogatif : « Quoi qii'o faitesla ? .)
Il Avoir de quoi. Cette locution est française dans le sens d'avoir ce qui sufïïl, d'être dans une certaine aisance. Chez nous, de quoi signifie une grande fortune soit en terres^, soit en argent, comme dans les citations qui suivent :
« Messire Raous... s'atira molt richement comme cil ki ot bien de coi. (Le roi Flore et la belle Jehanne.)
La vertu de ce monde est quand Ton a de qitoij.
Var., Hist. et Litt., t. IV,
« Les courtisans voyent que rien ne rend les hommes sujets à la cruauté du tyran que les biens ; qu'il n'y a aucun crime envers luy digne de mort que le de quoy. » (Et. de la Boetie.)
En Picardie, au lieu de dire d'un homme quil a de quoi, on dit qu'il a du saquoi ou des saquois.
Comp. avoir de quoi avec la locution latine : Et habetunde, qui se trouve dans Pétrone, chap. XXXXV.
RAII 275
R. — Cette lettre ne se fait point sentir dans certaines finales mneUes comme bre, dre,pre, tre, vre ; ex. :marbe, crainde, prope, maîte, live, etc., au lieu de marbre, craindre, propre, maître, livre.
Elle s'intercale ou se supprime capricieusement dans f|uel(|ucs mots ; ex. : marie, pertrir, merlier, hurler, au lieu de mâle, pétrir, mèlier, hâler ; mélan, merlan, et([uel([uefois mêle, pour merle.
Elle se transpose dans beaucoup de ceux qui commencent par bre, cre, fre, gre, pre ; ex. : berbis, kerver, Kerpin, Kerton (noms propres Crépin, Creton), fertdler, (juerloUer, guernier, pertintailles, au lieu de brebis, crever, frétiller, grelotter, prétintaillcs.
Dans le corps des mots la syllabe tre se cbangc fré([uemment en ter : enterteiiir, enterprendre^ etc.
Remarquez encore le déplacement de r dans porpos, f raine, propos farine .
Enfin, cette lettre ne se prononce pas dans beaucoup de finales en eur et dans certains mots comme loisir, déplaisir, plaisir, sur (préposition"), etc. ; ex. : joueu, plaideu, loisi, plaisi, dépluisi, su.
RABETTE, n. f. — Cbou-rave qu'on cultive comme plante oléagineuse. Diminutif de rai;^.
RABISTOQUER, v. act.— Raccommoder, réparer de vieux habits, de vieux meubles ; a le môme sens ([ue rafislulcr. Voir Palsgrave, page 589 : Je bistocque.
RABLE, adj. — Trapu, qui a les reins solides. Du fr. rable.
RABLOUQUER, v. atc. — Renouer les cordons de ses souliers. (V. Ablouguelte.)
RABOENIR, V. n. — Rabonnir, devenir meilleur : « On raboenit en vieillissant.» De boen, bon.
RABOUTONNER, v. act. — Bjulonncr de nouveau.