‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 206 sur 257 · QUO · texte numérisé non relu

QUO

QUOI. — S'emploie pour que interrogatif : « Quoi qii'o faitesla ? .)

Il Avoir de quoi. Cette locution est française dans le sens d'avoir ce qui sufïïl, d'être dans une certaine aisance. Chez nous, de quoi signifie une grande fortune soit en terres^, soit en argent, comme dans les citations qui suivent :

« Messire Raous... s'atira molt richement comme cil ki ot bien de coi. (Le roi Flore et la belle Jehanne.)

La vertu de ce monde est quand Ton a de qitoij.

Var., Hist. et Litt., t. IV,

« Les courtisans voyent que rien ne rend les hommes sujets à la cruauté du tyran que les biens ; qu'il n'y a aucun crime envers luy digne de mort que le de quoy. » (Et. de la Boetie.)

En Picardie, au lieu de dire d'un homme quil a de quoi, on dit qu'il a du saquoi ou des saquois.

Comp. avoir de quoi avec la locution latine : Et habetunde, qui se trouve dans Pétrone, chap. XXXXV.

RAII 275

R. — Cette lettre ne se fait point sentir dans certaines finales mneUes comme bre, dre,pre, tre, vre ; ex. :marbe, crainde, prope, maîte, live, etc., au lieu de marbre, craindre, propre, maître, livre.

Elle s'intercale ou se supprime capricieusement dans f|uel(|ucs mots ; ex. : marie, pertrir, merlier, hurler, au lieu de mâle, pétrir, mèlier, hâler ; mélan, merlan, et([uel([uefois mêle, pour merle.

Elle se transpose dans beaucoup de ceux qui commencent par bre, cre, fre, gre, pre ; ex. : berbis, kerver, Kerpin, Kerton (noms propres Crépin, Creton), fertdler, (juerloUer, guernier, pertintailles, au lieu de brebis, crever, frétiller, grelotter, prétintaillcs.

Dans le corps des mots la syllabe tre se cbangc fré([uemment en ter : enterteiiir, enterprendre^ etc.

Remarquez encore le déplacement de r dans porpos, f raine, propos farine .

Enfin, cette lettre ne se prononce pas dans beaucoup de finales en eur et dans certains mots comme loisir, déplaisir, plaisir, sur (préposition"), etc. ; ex. : joueu, plaideu, loisi, plaisi, dépluisi, su.

RABETTE, n. f. — Cbou-rave qu'on cultive comme plante oléagineuse. Diminutif de rai;^.

RABISTOQUER, v. act.— Raccommoder, réparer de vieux habits, de vieux meubles ; a le môme sens ([ue rafislulcr. Voir Palsgrave, page 589 : Je bistocque.

RABLE, adj. — Trapu, qui a les reins solides. Du fr. rable.

RABLOUQUER, v. atc. — Renouer les cordons de ses souliers. (V. Ablouguelte.)

RABOENIR, V. n. — Rabonnir, devenir meilleur : « On raboenit en vieillissant.» De boen, bon.

RABOUTONNER, v. act. — Bjulonncr de nouveau.

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