RAM
RAMENTEVOIR, v. act. — Rappeler; exactement remettre dans l'esprit. Racine, mens, pensée. Ce vieux mot que donnent encore les Dictionnaires est toujours jeune dans nos campagnes. Le futur et le conditionnel font: je ramenturai, rameiiturais ; subjonctif, que je ramenteuche^ que tu ramenteuches, qu'il ramenteuche, que nous ramenteuvions, etc. Ramentevoir est particulièrement usité comme verbe refléchi: « En voyant le fils, je me suis ramentu du père. »
Les formes ramentevoir, amentevoir, mentevoir sont fréquentes au Xlleme et XlIIeme siècle; ex:
Bons liom, " dist-il, » ke me ramentevésl
S. Alessin, réd. du XII«™e siècle, v. 821
Je parlera à cens qui ci m'ont amentut,
Des nouvelles de France dont je savoir wiel plus.
AyE d' AVIGNON, V. 3434.
Por ce c'on ne doit mentevoir.
Homme où il n'a point de savoir.
RUTEBCEUF, II, p. 282.
RAMI (être), loc. — Etre réconcilié: « Ils étaient brouillés depuis longtemps, mais ils sont ramis. » On dit encore se ramicer.
RAMIAULER, v. act. — Chercher à se raccommoder avec quelqu'un : « Maintenant qu'il a besoin de moi, il me ramiaule. » (Voir Emmiauler).
RAMONCHELER, v. act. — Mettre en monceaux. Il Se ramoncheler, se courber sous le poids des années. « Un tel commence à- vieillir, il est déia. tout ramonckelé.)^
RAMONÉE, n f. ~ Grêle de coups ; de ramon, terme vieilli qui signifiait balai.
RAMONER, V. act, — Faire, remuer quelque chose, en mauvaise part: « Qu'est-ce que tu ramones /à? veux-tu me f. ... le camp? »
Ramoner a gardé chez nous le sens erotique que lui donnent nos vieux auteurs :
S'el vouUoit que la ramonasse A son plaisir, et démenasse, Il fauldroit qu'el se desvetit.
R. DE CoLLERYE, Rondeaux.