‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 213 sur 257 · RAP · texte numérisé non relu

RAP

En vieux français, le mouton s'appelait marran, c'est-à-dire mauvais ran.

RANGER, V. n. — Se dit des pommiers qui craquent sous l'effort du vent. En Basse-Normandie, rancer signifie ployer sous un fardeau. Il Avoir la respiration gênée et bruyante. Peut-être du latin rancare :

Tigridès indomitse rancant rugiunt que leoues.

AucT. Phil., V. 49.

RANDiR, V. n. — Courir, rôder, errer çà-et-là dans de mauvaises intentions : « Il faut se défier des gens qui ran lissent toute la nuit. »

({ Car la mercy Dieu, elle avoit randij et couru pais, tant que du monde ne savoit que trop. » (C. N. N., TQ^^^.)

A l'origine ce mot signifiait s'élancer vers, se précipiter sur. Comp. avec le danois rende et l'anglais to run.

RANDONNER, v. n.— Rôder çà et là ; fréquentatif de randir. Du V. fr. randon, fuite, course rapide, usité jusqu'au IQ^f^^^ siècle :

Une nymphe fuyoit

Par bois espez, tant que de grand randon Vint jusque au bord du sablonneux Ladon.

Marot, liv. P^' de la Métamorphose.

Le substantif randonnée, élan, course impétueuse,

Ils brochent les destriers tout une randonnée.

Gui de Nanteuil, v. 1028,

a été conservé comme terme de chasse.

RANDOUILLÊE, n. f. — Yoléc de coups.

RANDOUILLER, Redouiller, v. act. — Battre, rouer de coups. (V. Bouille.)

RANKEUME, n. f. — Rancune.

RANQUILLIE, n. f. — Ce mot désigne particulièrement la viorne des haies.

RAPASSER, V. n. — Repasser, passer de nouveau : « Si tu râpasses par ici, entre al maison. »

« Et fisent tant qu'il rapassèrcnt la rivière en grant malaise. » (Froissart, I, 61.)

RAQ 283

« Ils rapnssèrent l'eau de Sommo pour retourner au pays. » (.1. Le Fèvre, p. 297.)

RAPENSER (Se), v. réll. —Réfléchir, se souvenir. Et la dame se rapanssa Qu'ele avoit si grant tort eu.

Crestiex dans Bartsch.

RAPIAT, n. des deux genres. — Celui, celle qui rapine. Du latin rapax.

RAPINERIE, n. f. — Yol : « Ses rapineries ont fini par le mener en prison. »

Tuit (li baron) vivent de rapinerie Cliascuns tout honor relanquist.

Rois de Cambray, XII^'"« siècle.

RAPINIER, ère, adj. — Celui, celle qui vit de rapine.

RAPOUSSER, V. act.^ — Pousserde nouveau quelque chose vers queliju'uu.

RAPPORT À, loc. — Par considération, par égard pour, à cause de ; « Je lobligerai rapport à vous. »

RAPRÉHAUT, n. m. — Caprice, idée subite qui traverse l'esprit : « Je ne sais quel rapréhaut lui a passé par la tète; il est parti sans rien dire. »

Il Enfant ([ue Ton a longtemps après les premiers. (V. Ravisé.)

RAPTI, n. m. — Tiges de colza battu : « Donnez-moi quelques bottes de rapti pour chaufler le four. »

RAQUE, n. f. — Boue.

RAQUER. V. n. — Cracher, anciennement radier, racliir, raquicr : « Ainsi ({ue la dite Jehanne passoit par devant lo suppliant, il commença à cscopir ou rachir contre terre. » (Glossaire de Carpentier, art. rascare.)

Comp. avec l'anglo-saxon hraekan, cracher. Notre verhe cracher vient évidemment de ce mot avec; c préposé pour renforcer la syllabe initiale.

Dériv. raguillonner, fréqutMitatif de raquor ; ra'jxcric niifudlonnerie, crachats.

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