REB
Il Se ravoir, se retirer, se déprendre : « Il y n tant de ronces dans ce bois, qu'on ne peut pas se ravoir.)^ Seus me dona de décevoir L'anemi qui me veut avoir Et mettre en sa cliartre première, Là dojit nus ne se puet ravoir.
La Mort, Rutebeup.
« A peine est-il en nous de nous ravoir de sa prinse. » (Montaigne . )
RAYOT, n. m. — Raieton, petite raie.
KE. — Cette syllabe au commencement de beaucoup de mots se prononce /•' et er. On dit, par exemple : R' cueillir, r' mener, er venir, ertourner et r tourner, rpos, etc. Rien du reste n'est plus commun dans les dialectes que la transposition de l'r, et surtout le changement de place de r initiale avec la voyelle suivante. (Voir Diez, Langues romanes, tome I"^"", 207. )
Au mot rcf 9«<s('r nous avons fait remarquer que la particule prépositife re n'ajoutait rien à la signilicalion de certains verbes. Nous en avons cité des exemples auxquels on peut ajouter raUiser, rattirer, raugmenter, rebaiser, qui ont le plus souvent le sens des mots simples : Attiser, attirer, augmenter, baiser.
REBAISER, V. act. — Attraper : « Il m'a joliment reboisé dans cette aO'aire-là, mais je compte le rebaiser à mon tour. » (V. Baiser.)
REBINDER, v. neutre. — Recommencer; reprendre une nouvelle tournée dû petits verres. Corruption du v. français rebiner, faire pour la seconde fois. On a conservé biner, donner un second labour et dire deux messes dans deux paroisses différentes.
REBOND (Faire le), loc. — Célébrer l'octave delà fête patronale : « Cette année on ne nous a pas invités à la fête, mais seulement au rebond. »
Dériv. rebondir, fêter le rebond.
REBOUQUER, v. n. — Etre rassasié, ne plus pouvoir rien avaler : « Il y avait tant de plats qu'on a rebouqué dessus. »
Il Se refuser à, reculer devant : « Celui-là est un vieux qui ne rebouqué pas sur l'ouvrage. »
KÉG 287
Rebouquer n'est rien autre chose que le vieux français rebuchier, rebouquer, reboucher qui signifiait s'émousser, se recourber : « Mais rencontrant le fi'oc horrificque, (la lance) rebouscha parle fer.» (Rab Garg., l, 43.)
« En vain, à ce que je voy, les dards d'amour avoient rebouché cydevant sur moy. » (Hist. Macaroniqne, p. 11.)
Au fig. on rebouque sur l'ouvrage, sur un mets, comme le fer rebouque sur une cuirasse. (Voir Du Gange au mot rebusare.)
REBOURS (À la), À l'erbours, loc. adv. — Au rebours.
REBOUTEUX, n. m. — Celui qui, p^r des paroles cabalistiques, fait métier de remettre les fractures, les luxations, les entorses.
REBROQUER, v. act. — Regarnir une couverture en paille.
REBU, part, passé. — Séché, raffermi : a Depuis (ju'il fait du vent, les chemins sont rébus.»
RECAILLER, v. act. — Chasser, poursuivre, presser vivement : « Récaillez-moi tous ces paresseux-là. »
RECAINER, Ercainer, v. n. — Braire, rire bruyamment, v. fr. recaner, d'où ricaner dans la langue moderne.
Diez tire ce mot du latin cachinnare ; pourquoi pas plutôt recanere ? La forme ancienne recaigner fait aussi penser à canis, chien. L'asnes piùst à recaner Et si laidement à crier Ke les bestes se départirent.
Marie, fab. (37.
t Ainsi que le bonhomme eut ouvert la husclie, et que cest asnc veist la lumière, il commença à recaner si hideusement qu'il n'y ont là si hardy qui ne perdit sens et mémoire. » fC. N. N., L\^^^.)
Dériv. recainement, n. m. Cri de l'àne. On dit aussi souvent rccainée, recainie.
« Réchanéiz d'asnes. » (Dit de l'Apostoile, XIII'-''"'' siècle.)
RÉCANVRER, v. actif. — Rudoyer, malmener quelqu'un ; le chasser, pour ainsi dire, à coups de fouet. De canvre qui en patois signifie chanvre.
RÉCART, n. m. — Très-usité dans cette locution : ^' Mettre au