REC
récart, » mettre de côté, au rebut, dans un coin. La particule re ne changeant pas le sens de beaucoup de mots, c'est comme si l'on disait mettre à l'écart.
RÉCAUFFER, V. act. — Réchauffer. Au fig. exciter, presser : « Mes gens ne travaillent pas, il faut que je les récauffe. »
RECAUSER, V. n. — Reparler : « Nous recauserons plus tard de not'affaire. »
RÉCENT, adj. — Qui n'est pas ivre : « Il était bien récent quand il m'a parlé. » Le latin recens a souvent le sens de frais, dispos, qui n'est pas fatigué : Integriet récentes milites. (César.)
RECHEPER, Rechepper, v. n. — Repousser en cépée ; dériv. du substantif rcceppe :
« Item pour une reeeppe verte, trois solz tournois. » {Coutumier des Forêts, cité par Delisle.)
Il V. actif. Maltraiter, injurier, rudoj^er quelqu'un : « Il est venu se plaindre, mais je l'ai joliment recheppé. »
Du fr. cep. Le cep de vigne était l'insigne des centurions romains. On sailqu'ilâ s'en servaient pour châtier les soldats indisciplinés. (Tacite, Annales, I'"'' liv., 23.)
Frapper avec un cep, tel est exactement le sens du verbe actif rechejjper.
RECORSER, v. act. — Repaître, rassasier ; « Avant de ramener les vaches à Tétable, il faut bien les recorser. »
Il Se recorser, v. réfl. Manger beaucoup, segorger de nourriture. (V. Décorsé et Encorser.)
RÉCOUER, V. actif. — Trouver, mais en mauvaise part : « Où diable avez-vous récoué une pareille servante ? »
D'où probal)lement Ricouard, sobriquet injurieux qui est devenu un nom de famille, et qui à l'origine signifiait enfant trouvé.
Il Sauver. « X..., cette année, n'a pu rien mow^r de sa récolte. »
RECOU"VRIR, V. actif. — On confond toujours ce mot avec recouvrer.
RECRIRE, plus souvent Recri, v. actif. — Rechercher, du latin
HEJ 289
requirere. Quelques-uns disent requeurrc, (jui r:i|.|.ell(' li; v. fi'. nquerre, demander, prier :
Il dit : Ouvrez ; faut-il tant vous requevre l
Lak., Bail, des AugKstins.
REDERIE, n. f. — Caprice, engouement, idre cirniK'Tiijiic. Ih; reddcr, réder, mot conservé en Picardie, et (jue l'on trouve au XVl«'no siècle, synonyme de rêver. Sclieler rajiporte reddev à un dérivé rubidus, lorcené, en délire, d'où rabidure, d'où rabder, raddi'r, reddev, réder. Le changement de a en e, en position, n'a, comme on le sait, rien d'étrange ni d'irrégulierdans une syllabe atone. (Dict. d'étym. fr.)
REDILLON, n. m. — Petit rideau ; sentier escarpé.
REDOUILLER. v. act. — Battre, rosser. (V. Randouiller.)
REDUIRE, V. act. — Attraper, donner une bonne leçon : « Il est bien malin, mais je \'âir'duU plus d'une fois. »
Il Réduit, part, passé. Rusé, matois : « Il est tout jeune, mais il est déjà bien r'duit.y> Composé du vieux mot duire et du préfixe re qui marque ici, comme en beaucoup de mots latins, la plénitude, l'excès.
RÉDUIRE, V. act. — Accabler, briser : « C'était un iiomme vigoureux, mais le travail et les chagrins l'ont réduit. »
On est réduit par une longue marche, réduit de fatigue, etc. C'est le français réduire pris dans un sens plus étendu.
REFORGHER, v. act. — Engager, forcer quelqu'un à manger. Il Se reforcher, v. réfl. Manger au dehà de son appétit.
RÉGALER, V. act. — Payer la goutte à ([uelqu'un : « C'est un brave homme, il nous a bien régalés, n Rég(des-tu. à ce matin? dit un ouvrier à un autre.
RÉGENCE, n. f. — Petit pain fait au levain de bière.
REGIMBLER, v. n. — Rebondir : « On a lancé une pierre qui a regimblé sur moi. » Corruption du fr. regimber avec une signification plus large.
REJOINDRE, v. act. — Rencontrer : « J'ai rejoint un tel sur ma route. *
290 RÉM
RELAIS, n. m. — Vannage : « Lever, abaisser les vannes d'un relais. »
RELÉQUER, v. actif. — Lécher de nouveau, ou simplement lécher.
Il Embrasser amoureusement : « I sont toujours à se reléguer. » V. fr. relicher.
Semblable à ce serpent, qui, pu de mauvaise herbe, Reliche et repolit ses écailles bien jointes.
Ronsard.
RELIÉE, n. f. — Volée de coups de fouet.
RELIER, V. act. — Donner à quelqu'un des coups de fouet, battre^ rosser.
RELUQUER, v. act. — Observer à la dérobée, en tournant les yeux de côté, /imis oat/is. On reluque un objet pour le voler ; on reluque une jeune fille dont on est amoureux. (V. Luquer.)
a II reluquait toutes nos filles, souriant aux belles. :» (G. Sand, les Maîtres Sonneurs.)
REMBELLIR, v. n. — Devenir beau. RembelU, r embellie, è'^iÛihXQ ironique : « Quoi qu'i me veut che rembelU là ? »
REMBLAYER, v. act. — Emblayer de nouveau. (V. Emhlayer.)
REMBRÊLER, v. act. — Rhabiller. (Mettre les braies.)
REMONTER, Remotter, v. act. — Amonceler de la terre au pied de certaines plantes, et particulièrement des pommes de terre lorsqu'elles commencent à fleurir. De mont ou motte.
RÉMOUQUER, v. act. — Presser, exciter, gourmander : « Il faut rémouquer les gens pour les faire travailler. »
Il Remettre quelqu'un à sa place, lui donner une verte leçon : « Il voulait m'en conter, mais je l'ai joliment rémouqué. »
Le premier sens de ce verbe fait penser au latin musca : La mouche pique, excite ; le second au français populaire moucher, attraper.
RÉMOUVER, Rémouvoir, v. act. — Remuer, agiter, presser : « Rémouvez vo sauce. — Si o voulez finir d'fauquer ce soir^ i faut srémouver. — I faut savoir rémouvoir ses gens. »
REN ^i
En V. fr. ce verbe signiiiail retirer, dé[)lacer, s'en aller, du laiin removcre.
Quant d'iluecqucs renionveras Argent ou faille emporteras.
Rut., I, p. 31.
(V. Mouver.)
REMPIÉTER, V. act. — Raccommoder, refaire le pied d'un bas.
Il Si-' rempiéter, v. réll. Prendre da pied, devenir vigoureux. Cela se dit du blé ou de tout autre semis qui, rare et faible d'abord, pousse plus lard dru et serré.
REMPIRER, V. act. — Amoindrir, diminuer : « La guerre a faii rempirer le commerce. » Comme verbe neutre, on le conjugue indifféremment avec être ou avoir : « Le malad(; a ou est rempiré. «
Il Aller en renipirant, loc. Aller [)lus mal.
REMUQUE, n. masc. — Odeur désagréable, semblable à ce qu'on appelle odeur de fût, de tonneau. Remuque est sans doute employé au lieu àQremucre, composé de re et mucre. (Voir ce dernier mot.)
RENAFLER, v. n. — Aspirer l'air avec bruit parles narines.
RENALLER (Se), S'en Raller, v. n. — S'en aller, retourner chez soi.
Pui.s s'apareillent demanois.
S'en rallèrent en lor pays.
Chast. de Coucv, v. 21 2G.
RENARD (Prendre un), loc. — Avaler de travers un liijuide qui vous revient par le nez.
Il Avoir une maladie de renard, feindre d'être malade. Allusion aux bons tours que joue maître Renart dans le romande ce nom.
RENARDE, Renaré, adj. — Malin, rusé comme un renard.
RENARDER, v n.— Vomir. Dans le fran(;ais [lopulaire. (■corcher le renard se dit d'un ivrogne qui vomit.
RENCULOTTER, v. act.— Remettre la culotte : « Rencuhltrz cet enfant. »
Il Serenculotter, au lig., rétablir ses aiVaires.