‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 234 sur 257 · SOR · texte numérisé non relu

SOR

SOILE, n. m. — • Seigle : « Aucuns, quant ce vient el tans d'esté, prestent as besoigneus sot7e.» (Beaumanoir.)

Il Battre comme soile, vieux dicton : « Mais quand ce viendra au chiquanous, frappez dessus comme sur seigle verde^ ne l'épargnez. » (Rab., Pant.JY, 12.)

SOILERIE, n. m. — Champ où l'on a récolté du seigle (soile.)

SOIR (À ce), loG. — Ce soir : « J'espère vous voir à ce soir.^^

SOLE, n. m. — Soleil : « Asolé couchant. » On a vu paré au lieu de pareil ; on dit de môme sommé pour sommeil. Comp. avec la forme ancienne soleiz :

Bels fut li vespres et 11 soleil fut cler.

Ch. dk Rol., p. 14.

SOLIN, n. m. — Pièce de bois qui repose sur la maçonnerie de la base du bâtiment. En fr. solin a un sens tout à fait différent. Dériv. solinage, n. m. Maçonnerie sur laquelle s'appuie le solin.

SONGNER, V. act. — Soigner. Ce mot se trouve fréquemment dans nos vieux auteurs^ ainsi que songneux, songneusement qui n'ont pas cessé d'être en usage chez nous :

Or soies bien songneuse de son respassement.

Berte, V. 1226.

Soit roys songneus de son règne garder.

EusT. Desch., Bail.

Du bas-lat. sunnis, sunnia, sonia, soin ; soniare, soigner. (V. Du Gange.)

Il « Etre songneus comme eu'n poule qui perd s'n œu, » s'applique proverbialement à une personne négligente.

SORCIERS (Les) de Villy-le-Bas, loc — Sobriquet plaisant qu'on applique aux habitants de cette commune^ parce qu'ils croient fortement aux sorciers, et qu'ils ne cessent de raconter à tout venant les prodiges opérés par un de leurs curés mort il y a environ trente ans, lequel avait des accointances avec le monde superstant. Attirer ou écarter la foudre, éteindre les incendies par des paroles, faire demeurer un attelage dont le conducteur jurait par le nom de Dieu, tout cela n'était qu'un jeu pour lui. Les braves gens qui ont survécu parlent encore de lui avec une terreur mêlée d'admiration.

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SORCILÉGE, n. m. — Sortilège.

SORESSE, adj. fém. — Qui est en rut, se dit surtout en partant de la truie.

SORIR, V. ac:t. — Faire sécher à la fumée : « Soriràos harengs.»

SORT (Jeter un), locution très-française qui exprime une idée à laquelle n'ont pas cessé de croire la plupart de nos paysans. Rien n'est plus commun que d'entendre dire à un laboureur qui perd ses bestiaux^ qui a une mauvaise récolte, bref, qui ne réussit point dans sa ferme : « On m'a jeté un sort. » J'en connais, et des [ilus hnppi's, qui croient fermement qu'avec une parole, un attouchenK-nt, un clin d'fpij. les sorciers agissent sur le bétail, et le font languir ou mourir. Ils vous afTirmeront qu'une certaine pondre suflît pour tuer les hommes, les bestiaux, les grains, et faire faillir les récoltes.

Superstitions vieilles comme le monde ! Voyez la Loi des XII tables. On condamne à être pendu celui qui a ensorcelé les champs : Qnei frowjes excantasit, etc.

Il C'est comme tin sort, hc.C'e^^t comme si Ion m'avait jeté un sort ; ex.: « C'est comme un sort, tous les malheurs arrivent en même temps. »

Il // est bien heureux dans sin sort, loc. Se dit de quelqu'un qui mène une vie aisée.

SORTIR DE, loc. — Venir de : « Je sors de lui parler. » «On dit : Je sors (/'entendre le sermon, je sors de diner ; mais cette locution admise dans les cas on effectivement on quitte un lieu après avoir entendu, dîné, ne doit pas être étendue au delà d'emplois analogues ; et on ne peut [)as dire correctement ; Je sors de le voir.» (Littré, p. 1989.)

SOTTISIER, ère, n. m. et fém.— Homme, femme, qui dit des injure?.

SOUCI, u. m. — Sourcil.

SOUDRE, V. neutre. — Sourdre ; v. acl. dans le sens d'ernller. faire sortir du lit : « Je vous ferai soudre de bon malin, n Du latin surgere.

SOUÉ, n. f. — Soif.

SOUPLE, adj. — Moite : « Ces draiis sont trop souples ; il faut les étendre au soleil. »

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