TAI
T', pron, pers. — Tu, devant une voyelle : « Que t'es drôle ! — Où que fas travaillé edpis deux mois ?
Il Pron. possessif fém. Ta; « T'maison est-elle enfin louée?» Comparez avec la forme te féminin singulier du pron. poss. picard, tis, ten.
« L'âme de ten père et de te mère. » (Auc. et Nicol.)
TABLEE, n. f.— Réunion de personnes à table : « O'z'étions une fière tablée à ce mariage. » Ce mot qui n'est pas dans le dictionnaire de l'Académie a été employé par G. Chastelain et par Amyot.
TABLER, V. n. — Etre à table : « Us sont tablés depuis le matin. » Se tabler, v. réfl. — Se mettre à table.
TÂCHER MOYEN, loc— Faire en sorte, s'elTorcer : « On tâchera moyen de vous rendre service.
TAHON, n. m. — Taon. On prononce le mot comme il s'écrit, et non pas ton ou tan.
Là, vinrent moskes et tohun.
Marie, fabl. 59.
« Les Engastrimythes soy disoient estre descenduz de l'antique race de Eurycles, et sur ce alléguoient le tesmoignage de Aristophanes, en la comédie intitulée les Tahons ou Mousches guespes.n (Rab., IV, 58).
Etym. lat. tabanus.
TAI, Tei, pron. pers. — Toi. Cette forme appartient essentiellement au dialecte normand le plus ancien :
« Deu seit juges entre mei et tei. » (Les Rois, I, 24.)
Ami RoUans, de tei ait Deus mercit !
L'anme de tei soit mise en parais !
Ch. de Roland.
ÏAN 317
TAI ! TAI ! TAI ! — Cri [joar appeler et rappeler les chiens.
TAILLANT, n. m. — Comme dans le Berry, ce mot se dit nonseulement de la partie tranchante des instruments, mais des instruments mêmes que fabrique un taillandier : «Je vous recommande cet ouvrier, il fait du bon taillant. »
TAINER, V. act. — Fatiguer, harasser : « Cette longue course m'a beaucou[)^r//m'. — Nos gens sont tainés de travailler.» C'est une corruption du fr. tanner auquel l'Académie ne donne que le sens de ennuyer, molester. Notre patois a conservé à ce mot la signification énergique qu'il avait généralement dans nos vieux auteurs :
« Vous ferez tant que vous me perdrez, et que je me tannerai de vous. » (Froissart).
« Et par ce moyen, nostre gendre vinst à chefdesajousterie, dont il fut plutôt tajiné ([ue celle qui n'y avoit voulu entendre.» (C. N. N.,
TALOGHER, v. act. — Donner des taloches.
TAMBOUILLE, n. f. — Cuisine : « J'ne peux mie aller travailler dans chés camps, j'ai assez de préparer la tambouille, » disait une brave fermière.
TAMBOURINAGE, n. masc. — Prix que l'on paie pour faire réclamer un objet [)crdu au son du tambour : « J'ai donné dix suus pour le tamhourinage de min kien. »
TAMBOURIN 1ER, n. m. — Tambourineur.
TAMIS (jeu de), n. m. — Variété du jeu de paume, qu'on api»elle encore jm de tambour.
TANT, adv. — S'emploie quelquefois pour si, tellement : " Il est tant niais qui se laisse manger l'iaine su l'dos. »
Il Tant pus, plus, d'autant plus : « Tant pus (|uo tu li donneras, tant pus qu'i te demandera. »
Il Tant moins, moins, d'autant moins.
Il Tant qu'à, quant à, pour ce qui est de : « Tant ijn'ii cha, » quant à cela. — a Tant quà mei, » quant à moi.
Il Jusqu'à tant que, jusfju'à ce ijue ; tant que.
Il Tant seulement, seulement.