TRI
TRÉTIN, n. m.— Botte faite avec la paille qui reste après le gluage (V. Gluier). Il faudrait peut-être écrire traUin, de trait (ce que l'on a retiré, extrait).
TREU, n. m. — Trou : « Il ou elle a un treu sous le nez qui lui fait bien du mal, » dit-on en parlant d'un ivrogne ou d'une ivrognesse.
Mors, di l'oncle, Ji le neveu.
Cor nous convient par petit ti^eu Passer à moult petit d'avoir.
Stances sur la Mort, X.
On dit treuer et plus souvent treuver au lieu de trouer : Porter des habits treuvés. v Comp. avec tramcer, que l'on trouve daus le poëme de Hugues Capet :
Tel cop li a donné eu sa targe listée, Que tout parmy ly a despechie et trauwcc.
TRIBOULER, v. act. — Agiter, troubler, importuner : « Vous me triboulez l'esprit. »
Veci nos anemis, par la vertu nommée, Qui si ont à dame Aye sa terre triboulée.
Aye d'Avignon, v. 3885.
Biax fils, fait-il, bien devroic desver, Puis qu'ainsi voi mon païz triboler.
Et mes barons ocirre et afoler.
Garin, 3626.
Ce mot énergique si souvent employé par nos vieux auteurs a été remplacé par tribouiller, qui lui-même est tombé en désuétude. Tribouler était formé detriboil, tribouil :
« Dont il ot à un parlement qui fu à Paris, grant tribouil de moy et de l'evesque Perron de Chaalons. » (Joinville, p. 242.)
« Hellas ! fait-elle, tant Dieu me veult grant mal quant il me mist en tel triboil. » {Les XV Joies, p. 29.)
Dériv. tribouillade, œufs brouillés, mot très-usité chez nous, et Tribouillard, nom propre, assez commun en Normandie.
Etym. lat. tribulare, herser ; au fig. persécuter.
TRICOTÉE, n. f. — Volée de coups de bâton ; d'où tricoter, v. act. Battre. De trique, tricot, gourdin.