‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 247 sur 257 · TRI · texte numérisé non relu

TRI

TRÉTIN, n. m.— Botte faite avec la paille qui reste après le gluage (V. Gluier). Il faudrait peut-être écrire traUin, de trait (ce que l'on a retiré, extrait).

TREU, n. m. — Trou : « Il ou elle a un treu sous le nez qui lui fait bien du mal, » dit-on en parlant d'un ivrogne ou d'une ivrognesse.

Mors, di l'oncle, Ji le neveu.

Cor nous convient par petit ti^eu Passer à moult petit d'avoir.

Stances sur la Mort, X.

On dit treuer et plus souvent treuver au lieu de trouer : Porter des habits treuvés. v Comp. avec tramcer, que l'on trouve daus le poëme de Hugues Capet :

Tel cop li a donné eu sa targe listée, Que tout parmy ly a despechie et trauwcc.

TRIBOULER, v. act. — Agiter, troubler, importuner : « Vous me triboulez l'esprit. »

Veci nos anemis, par la vertu nommée, Qui si ont à dame Aye sa terre triboulée.

Aye d'Avignon, v. 3885.

Biax fils, fait-il, bien devroic desver, Puis qu'ainsi voi mon païz triboler.

Et mes barons ocirre et afoler.

Garin, 3626.

Ce mot énergique si souvent employé par nos vieux auteurs a été remplacé par tribouiller, qui lui-même est tombé en désuétude. Tribouler était formé detriboil, tribouil :

« Dont il ot à un parlement qui fu à Paris, grant tribouil de moy et de l'evesque Perron de Chaalons. » (Joinville, p. 242.)

« Hellas ! fait-elle, tant Dieu me veult grant mal quant il me mist en tel triboil. » {Les XV Joies, p. 29.)

Dériv. tribouillade, œufs brouillés, mot très-usité chez nous, et Tribouillard, nom propre, assez commun en Normandie.

Etym. lat. tribulare, herser ; au fig. persécuter.

TRICOTÉE, n. f. — Volée de coups de bâton ; d'où tricoter, v. act. Battre. De trique, tricot, gourdin.

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