‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 251 sur 257 · YEN · texte numérisé non relu

YEN

VEF, Vêve, adj. — Veuf, veuve ; n. comm. un vef, unevêve. On a dit dabord vedu, vediie (du latin viduus) puis \u se prononça comme une consonne, vedv, qui a donné vef au masculin, et veve, au féminin.

Ocis i fu Antoine qui d'Avignon fu dus ; Sa famé en devint veve. por l'amitié dolut.

Aye d'Avignon, v. 46.

Le seigneur Dieu les abessés relève....

Garde les étrangers ; Suportera le pupil et la vève.

Baïf, pseaumes.

Je chante les vertus d'une vaillante vefve.

Du Bart. Judith.

VEILLATIF, adj. — Vigilant : « Quand on a beaucoup d'ouvriers, il faut être veillatif. »

VELIN;, n. m. — Chair de jeune veau, qui n'est pas bonne à manger : « Ce n'est pas du veau que vous me donnez-là, c'est du vélin,n dit-on à un boucher qui vous sert de mauvaise viande.

VENDERDI, n. inasc. — Vendredi. Pour beaucoup ce jour est

néfaste.

VENIR, V. n. — Prononcez v'nir ; de môme t'nir au lieu de tenir. Futur, je wnrai, plus souvent verrai ; cond. , vêtirais^ verrais. Ces formes sont du Xll^me et XlIIeme siècle : Si t'en veni'us à pié ot moi Déduire es cans tôt à secroi.

Partonop, v. 5093.

Ahi ? Ogier? mult es plains de folage Et outrageus, si t'en verra damage.

Ogier de Danemarche, v. 4289.

Subj., que je vienche, renforcement de l'ancienne forme vienge, particulière au dialecte normand :

Preiom, s'aveir veus seignorie Jamais en tote Normendie, Que tu od force, senz demore, La vienges défendre et secorre.

Benoist, V. 15818.

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