‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 254 sur 257 · YIP · texte numérisé non relu

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VIANDE (Etaler sa), loc. — Tomber par terre.

VIANDIER, adj. — Qui aime la viande; qui mange beaucoup de viande .

Ahi ! grant cler, grand provandier, Qui tant estes graut viandier.

Qui fêtes Dieu de vostre pance.

Rut., la Coynpl. d'Outre-Mer.

VIAU, n. m. — Yoau : « Grand viau, » grand imbécile.

VIDEBREQUIN, n. m. — Vilebrequin.

VIDURES, n. f. plur. — Entrailles de poisson.

VIE, n. tem. — Loc. particulières : « Animal de grande, de chère vie, » animal qui coûte beaucoup à nourrir.

Il Faire la vie, mener la vie d'un débaucbé. Vie de porichinelle (polichinelle^, même sens.

Il Faire une vie du diable, crier, tempêter, mener grand bruit, faire le diable à quatre.

VIÈVE, n. propre. — Geneviève.

VILLOTE, n. fém. — Petit tas de blé, d'avoine, de foin, etc., que l'on recouvre d'un caperon par crainte de la pluie, en attendant qu'on puisse le mettre en gerbes.

VIOLONNER, v. n. — Jouer du violon : « C'est le père Conseil qui violonnera à la noce. »

D'oli violonneux, synonyme de ménétrier.

VIONDIR, V. n. — Siffler, en parlant d'une balle de fusil, d'uno pierre lancée avec une fronde, etc. Onomatopée.

VIPER, V. n. — SillliT comme la vipère.

VIPÈRE, n. masc. — « J'ai vu un gros vipère dans le bois. » Au XVII^-^e et même au XYIII''™" siècle, le genre de ce mot n'était pas fixé.

La patrie, indulgente mère, Ouvre son sein à ce vipère.

Lagr.vngk-Cha.ncel.

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VIPILLON, n. m. — Goujîillon. Le patois est plus voisin du mot étymologique : vidpes. On trouve vulpil dans Saint-Bernard.

VIR, V. act. — Voir. Contraction des anciennes formes vedeir, veir, veïr :

Etjo (en irai) al sarrazin Espan,

S'il! vois vedeir alques de sun semblant.

Ch. de Rol., p. 24.

Tant pour oir ses cortesies, Tant pour veir ses mananties.

Brut., V. 10022.

Chemin pour Bel Accueil veïr.

Rose, v. 10048.

Fut. et cond., voirai, voirais, formes le plus souvent employées par les auteurs du XVI"'"- siècle :

« Geste année les aveugles ne voirront que bien peu, les sourds oyront assez mal. « (Rabelais.)

Quand voirrons-noiis quelque tournoy nouveau ?

Ronsard, le Bocage royal.

Subj. que je voiche; imparf. du subj. que je viche.

VIRAUDER, V. n. — Vagabonder, roder çà et là. Du fr. virer, lequel (L'-rive. selon Diez, du latin viriœ, bracelet ; selon d'autres de qyrus, cercle. Les mots chavirer, environ, environner, virement, virole, etc. ont évidemment la même racine, et sont toujours usités ;. (juelques autres sont tombés en désuétude ou ne sont pas admis par l'Académie, comme : vireton (trait d'arbalète), tournevirer, virade, vire-volte, virée, etc. •

Sans faire virade ne tour, Clieniiuer, ne alier dehors.

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