BAU
avec tes contes. » D'où bassinoire , personne qui ennuie , q
ui
fatigue.
BASSURE, n. f. — Enfoncement. Un village est en bassure quand il est situé au fond d'une vallée.
Il Bassures, plur., lieux bas et marécageux : «Allons chasser au canard dans les bassures. »
BATERLOT, n. m. — Marteau de cloche. On dit aussi baterlet.
BATISSE, n. propre. — Baptiste. Dicton : « Tranquille comme Bâtisse, » peut-être comme Saint-Jean-Baptiste, car on dit : « Doux comme un petit Saint- Jean. »
BÂTONS, n. m. plur. — Petits jambages que s'exercent à tracer les enfants qui apprennent à écrire. En Poitou et en Saintonge, on dit faire des bûches avec le môme sens.
BATTE, n. f. — Ce mot désigne spécialement la pièce de bois du fléau qui sert à battre le blé.
BATTEUX, n. m. — Celui qui fait son métier de battre le blé, l'avoine, etc. Comme ces gens-là ne manquent point d'appétit, on dit proverbialement : « Manger comme un batteux en grange. »
Ho ! batteux, battons la guei'be, Battons-la joyeusement.
Chr. Normande.
BATTRE, V. act. — S'emploie absolument. « Où bats-tu aujourd'hui ? — Je bats chez Chevalier. »
Il Battre des pieds, s'ennuyer, être impatient de partir.
BAUDE, n. f. — Prostituée; d'où baudou, boudou, lii-u de prostitution, maibon de tolérance. En anglais bawd signilie ontromclleuse; en allemand, bald, hardi, insolent.
Anciennement balz , baut , bault avait le sens de fier, brave,
joyeux :
Li empereres se fait e balz e liez.
Ch. i)K Rol., p. 10.
Et cil s'en est tourné haut et joiant et liez.
Gui de Nantelil, v. 17G7.
36 BAV
.... Poureté l'homme assault Et maine à perdicion ; De riche, joieux et bault, Fait souvent poure rigault.
EuST. Desch. le Lai du Roi.
L'ancienne langue ayait les dérivés : Baudir, baudement, baudor,
balderie, etc.
Repairez siuit a joi è a baldur.
Ch. de Rol., p. 332.
Il cuide avoir Dieu baudement.
Rut., II, p. 229.
Nous avons gardé ébaudir, sans lui conserver l'étendue de sa signification première ; ex. :
A icest mot si n'osbaldisserti Franc.
Ch. de Rol., p. 138.
Li jors s'est ebaudis, belle est la matinée.
Gui de Nanteuil, v. 1062.
La véissiez charpentiers esbaudir Portes coper, et ces fléax croissir.
Garin, v. 3066.
BAUDET, n. m. — Lit de sangle.
Il Espèce de fèves très-grosses.
BAUGE, n. m. — Lit : « Cette femme est si parossease, qu'elle n'a pas le courage de faire sin bauge. » En Picardie, lit se dit bmujière, sans doute du bas-latin baugium, qui signifie hutte, cabane. Un étymologiste célèbre, qui n'était jamais à court, Ménage, donne de ce mot une plaisante dérivation • « Volutrica (lieu oîi le sanglier se vautre), de là voca, boca, bmica, bauge ! »
BA VACHE, n. f. — Bave. On dit à un enfant : « Essuie tes bavaches. » D'où bavacher, baver fréquemment.
Au fig., bavacher signifie babiller, parler inconsidérément : « Il semble que la coustume concède à cet aage (la vieillesse) plus de liberté de bavasser, et d'indiscrétion à parler de soy.» (Montaigne, liv. III, ch. IL)
BAVER, V. n. — Bavarder : « Bavez, gallez, raillez, saliez. » (Coquillart, Monol.)
BAZ 37
Paix, par le dyable, vous bavez Et ne sçavez vous revenir A vostre propos, sans tenir La court, de telle baverie ?
Pathelin.
BAVERIE, n. f. — Bave, action do baver fréquemment.
Au fig., bavardage médisant, calomnieux, ou simplement bavarderie, comme dans ce passage d'Amyot : « Le premier et principal poinct de l'éloquence gist à ne parler d'aucune chose dont on n'ait bonne intelligence ; sans quoi, ce /^u'on appellerait éloquence ne seroit à la vérité qu'une baverie indiscrète et ignorante. »
BAVEUX, adj. —Bavard.
Fille, n'ajoutez foi en songes Et sobre soyez de vin boire ; Les baveux ne veuillez point croire, Car en eux n'y a que mensonges.
Ane. Poés., II, p. 20.
BAYOT, Bayotte. adj. — Veau bayot , vache bayotte ; qui a la robe rouge et blanche. Diminutif de l'adj. bai, du bas-latin baitis. Nous avons encore baillet, inusité aujourd'hui, et qui se disait d'un cheval à poil roux tirant sur le blanc. Baliolus dans Plaute, badius dans Varron :
Equi colore dispares, item nati :
Hic badÏKs, iste gilvus, ille murinus.
N. Marcellus, liv. II.
Bayard, coursier fameux dans les romans do chevalerie, signifie
cheval bai.
BAZA, Bazot, n. f. — Sobriquet que l'on donne à une femme qui marche lourdement, sans grâce. Bazoter, en patois poitevin, a le sens de se dodinet\ chanceler.
BAZARDER, v. act. — Vendn^ un objet à vil [irix. « Il a bazardé la montre que je lui ai donnée. »
Du persan bazar, mot devenu français, mais ipu' les paysans emploient toujours en mauvaise part pour désigner un atelier, une boutique, une maison mal tenus.