BUC B
verbe formé de broiiée qui paraît venir de bruma, selon Du Cange ; de l'anglo-saxon, brodh, vapeur, selon Dioz. Citons encore, d'après Belloguet, l'irlandais braon, le gaélique broen, goutte d'eau, |»lai(^
BROUILLARDER, v. n. — Faire du brouillard. Pourquoi l'Académie a-t-elle rejeté ce verbe ainsi que brouillasser ?
BROUSTILLES, n. f. [)\m\ — Menues branches, pour broutilles. De l'anglo-saxon bromt, pousse, rejeton, jet.
BROUTARD, n. m. — Veau de un à deux ans qu'on élève dans les herbages.
BRULEE, n. f. — Volée de coups : « Il a reçu une fameuse brûlée. »
BRÛLER, V. n. — Terme de J3u; dépasser la ligne tracée par les joueurs.
Il Ne pouvoir garder son argent : « L'argent lui bràle les mains. — Cependant notre argent nous brûle at ne travaille point.» (M™« de Sévigné . )
BRÛLE-TOUT, adj , — Prodigue, dépensier ; mot formé comme
brise-tout, boit-tout.
BRÛLOIR, n. m. — Machine pour brûler le café.
BSINER, V. n. — Se dit des vaches qui se mettent à courir de tous côtés, lorsqu'elles sont piquées par les taons. Ce mot est formé de bsin ! bsin ! onomatopée qui exprime le silllement des mouches bovines.
Peut-être de l'allemand biss, morsure ; ancien haut-allemand, bîze .
BUCHEUX, adj. — Laborieux : « Celui-là c'est un bucheux, il abat de la besogne. »
BUCHON, n. m. — Buisson : « En \\(i\\{ buschcun trove l'enigrant lever.» (L. de Lincy, Prov. II, 475.)
Tu iez 11 bouchons Sinay.
Rut., les IX Joies de Nostrc-Dame.
Il Nom d'un hameau sur l'Yèros.
BUCHONNER, v. n. — Se cacher dans ou derrière les bûchons.
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Au fig., on dit que le soleil buchonne lorsqu'il se cache sous les nuages.
BUETTE, n. f. -- Ouverture pour laisser pénétrer le jour dans une cave. Pour l'ëtym., Yo'ir buliot.
BUHOT, n. m. — Tuyau de cheminée :« Je n'aime point a perdre de vue ei buhotà'em k'minaie. » Selon Littré, buhot,buiot, veut dire tuyau et est un diminutif de buie. (V. Du Gange au mot buheterius. ) En sa meson n'ot nule entrée Fors un buiot quant est fermée.
Ren. dans Littré.
Dans le pays de Bray, le buhot se nomme tuet ou tuait. A Bayeux, buhot signifie piège à taupes. — De buie, bas-lat. boia, ceps, entrave.
BULOTTE, n. f. — Chènevotte: « Allumer son feu avec des bulottes. »
BUQUOIRE, n. f. — Petite canonnière faite avec un bout de sureau dans lequel les enfants introduisent deux balles d'ôtoupe, dont l'une poussée avec un petit bâton chasse l'autre qui fait explosion. C'est ce que Rabelais appelle u.n petit canon de sulz. (Pani., liv. 11^ 19, ) Du picard buqiier, frapper, retentir.
BUTTE, n. f. — Terme de jeu : « Jouer à la butte, ou encore au but, » jouer au bouchon.
BUVATER, V. n. — Aimer k boire; boire sans discrétion.
BUVATIER, adj. — Ivrogne.
BUVERIE, u. f . — Partie de boisson : « Tout ce qu'il gagne, il le dépense en buveries.^^
Le long veiller, les beuveries.
Ont engendré des rêveries
Et des fureurs
Marot, I«'' coll. à^Erasme.
En matière de beuverie.
Quant à moy, toujours je prétens, A anticiper ma partie.
J. Le Houx.
« Eux tenant ces menus propos de buverie, Gargamelle commença se porter mal.» (Rab., IV, 6.)
CAC m
CABALEUX, adj. — Intrigant, fourbe, hâbleur; au fém., cabaleuse, très-usité.
CABEINE, n. f. — Cabane, « la maison roulante du berger.»
CABEUILLER, v. act. — Chasser, effrayer les animaux de basse cour. « Vot' chien a cabeuillé nos poules.»
CABOCHARD, adj. — Entêté, qui a la caboche dure.
CABOCHER, V. act. — Frapper, blesser à la tète : «J'ai tiré un lièvre que j'ai joliment caboche. ^^
CABORGNE, n. m. — Petit poisson à grosse tète qui se met ordinairement sous les cailloux dans les petites rivières. Etym. cajmt, tête, par l'intermédiaire de la forme cab on cap. On l'appelle aussi castelot, capsot.i' Tout le bas de la cote se trouve couvert de truites... capsots, tanches, écrevisses.» {N. Fabrique.)
CACHARD, adj.— Paresseux ; qu'on ne peut faire marcher qu'à coups de fouet. « Cheval cachard.^^
CACHE, n. f. — Chasse. « Prendre un permis de cache. ■!>
Il Vache, chienne en cache, en rut. Dans le Berry, chassoueille désigne une vache en chaleur, et chassouer un taureau.
Il N'être pas au bout de ses caches, loc. Avoir beaucoup à faire ou à souifrir : « Il croit être ([uitte avec moi, mais il n'est pas au bout de ses caches . »
CACHE-MONNEIES, Cache-Moute, n. m. — Garçon m-'iinirr qui parcourt les villages pour recueillir les sacs de blé <-i les porl.-r au moulin. Moute vient du bas-latin molta, formé de molitum. wolere, moudre. Au moyen-àgc, moute était un droit principal qu'on acquit-
m CAD
tait pour faire moudre son grain, et, par extension, il signifiait moulin.
Tuz en jur sunt semuns de plaiz :
Plaiz de forez, plaiz de moneies, Plaiz de purprises, plaiz de veies, Plaiz debiès, plaiz de montes....
R. DE Rou.
CACHER, V. act. — Chasser :
Plus de .L. au branc en détrencha, Toute la rue vers le pont les cacha.
Aliscans, V. 2148.
CACHEUX. n. m. — Chasseur. Dicton : '
Métier de cacheux, Métier de pékeux, C'est métiers de gueux.
Il Garçon meunier^ synon.de cache-moneies.
CACHOIRE, n. f. — Fouet.
Il Coup de cachoire, dernier verre qu'on offre à ses convives avant le départ.
CACHOTTIER, ère, adj. — Celui, celle qui fait mystère de tout.
CADET, n. et adj. — Anciennement soldat engagé; d'où mauvais sujet :« C'est un drôle de cadet; » et ironiquement :« un rude cadet. y>
Cadette, femme hardie, entreprenante.
Cadet a encore le sens de moindre : « C'est le cadet de mes soucis. »
Il Derrière : « Veux- tu baiser cadet ? »
CADOS, n. m. — Fauteuil ; mot évidemment composé de cayère, chaière, et de dos ou dossier.
Cados= chaise à dos : « A lui, pour le fust d'une autre chaière à dossier ...» (Douet-d'Arcq, Compte de l'Arg. du Roi.)
CADRAN, n. m. — «Se casser le cadran; tomber sur le cadran, » c'est faire une chute sur ce que Th. Gauthier appelle précieusement l'antithèse du devant.
CADRER, V. n. — S'entendre bien avec quelqu'un : «Ce sont deux fripons qui cadrent bien ensemble . » Ils sont en rapport comme le cadre et la gravure.
CAG «7
CAFIAU, n. m. — Mauvais café.
CAFIGNONS, n. m. plur. — Fruits pierreux, qui n'arrivent point à maturité, en parlant des poires et des pommes. — En Picardie, au contraire, les cafignons ne doivent pas être à mépriser, car à Buigny (canton de Gamaches), le jour de la fête qu'on nomme bohourdi, béhourdi (anc. joute, tournois, mêlée d'armes), les jeunes gens allument des feux d'éteule dans les champs, et dansent h l'entour en chantant : « Bouhour ! bouhour ! Saint-Christophe, envoyez-nous des pommes grosses et des cafignons pour manger dans l'saison.»
CAFOUILLER, Carfouiller, v.n. — Chercher dans tous les coins et recoins, fouiller de tous côtés. Il serait difficile d'expliquer le sens de ca/% la première partie du mot. Nous ferons seulement remarquer que le patois aime la terminaison ouiller dans les verbes qui rendent une succession rapide de mouvements ; ex. : Randouiller, trifouiller, farfouiller, tantouiller, brandouiller , etc. Dans la vallée de la Bresle on appelle cafouillis des restes de tartes ou de gâteaux. Le lendemain de la fête du village, les pauvres viennent demander un molet d' cafouillis, c'est-à-dire quelques menus morceaux de tarte ou de gâteau.
CAFUTER, V. n. — Travailler à des riens : « Qu'est-ce que tu cafutes-Và ? » Dériv. cafutier, ère.
Il Effrayer les bestiaux, les volailles. Etym. fust, bâton ?
CAGEOIR, Cagewar, n. m. — Piège pour prendre les oiseaux ; espèce de cage qui se ferme par une détente que fait partir l'oiseau en se posant sur une baguette placée à l'entrée du piège.
CAGNIOLE, n. f. — Tète, en mauvaise part: « Ne v'iâ-t-il pas une belle cagniole ? » Cagniole vient de caygnon, chignon, qui se trouve dans la grammaire de Palsgrave .
CAGNON, n. m. — Mauvais cheval. Cotgrave (Dict.) traduit ragnon, caignon par litledog, petit chien. « Passez, passez, ordre caigne (sale chienne) que vous êtes.» (G. N. N., 38"'e.) Du latin comjs, chien .
Paien glatisent et uslcnt comme gaignon,
Aliscans, V. 5579.