GAN
A ses herberces li valles descendi, Camoissie ot, et la char, et le viz.
Garin, V. 3652.
CAMP, n. m. — Champ; du la t. campus. « Pendant la moisson, tout le monde travaille aux camps. »
Sit'e, la sainte estoile i rendi grans clartés, Et li pastour des cans en ont leur cors sonnés.
FlERABRAS, V. 1174.
Parmi un cams s'en fu li Leus, Où un berchier séoit tout sens.
Ma^ie, Fabl. 42.
CAMPAGNE, n. f. — Plaine. « Les gens de la campagne, par opposition à ceux de la vallée. »
Les campagnards, ceux qui habitent la plaine.
CAMPER, V. act. — Jeter par terre, renverser: a Son cheval l'a campé par terre. »
Il Campé, part. |). Embarrassé, gêné : « Me voilà bien campé avec de pareils ouvriers ! »
CANARD, n. m. — Terme d'affection, de tendresse ({u'on adresse aux petits enfants : « Prends garde de tomber, mon petit canard. »
Il Prendre un canard, sucer un morceau de sucre trempé dans l'eau-de-vie.
Il a maladie de renard,
Il mangerait bien un canard.
Ce dicton s'applique à ceux qui feignent d'être malades.
Il Plumer quelqu'un comme un canard, le ruiner au jeu : « Si j'avois la force de mcsmes le courage, i)ar la mort Itieu, je vous les plumerois comme un canard . » (Rabelais . )
CANCANER, v. n. — Bavarder; dire du mal d'autrui ; passer en revue, comme on dit, les voisins. Dériv. cancanier, ère. Ces mots usités partout finiront par faire irruption dans le dictionnaire de l'Académie.
CANCHELER, v. n. — Chanceler.
Puisque justice cloce, et droit peut et incline, Et vérité cancelle, et loiautés décline.
RUTEBEUF
62 CAPs
Du lat. caiicellare, rayer, fairo des raies, et fig. n'aller pas droit. (Littré.)
CANCHON, n. f. — Chanson.
Pleiroit-il vous à oïr une bone canchon ?
Gui de Nanteuil, v. 15.
CANDEILLE, n. f. — Eau glacée qui pend en forme de chandelles des gouttières et surtout des toits de chaume ; c'est tout à l'ait le latin candela .
CANEGON, n. m. — Caleçon; se dit aussi j^onr caveçon.
GANGER, V. act. — Changer, du bas-latin cambiare, rem pro re dare, donner une chose pour une autre . On a rapproché cambiare de l'armoricain kenima {mm = m.b), changer, échanger. (V. Belloguet, Ethn. gauloise.)
GANGRÈNE, n. T. — Gangrène. M'"e je Sévigné a écrit ce mot comme on le prononçait au XVII"^^ siècle : « Il faisait fort chaud et la Gangrène s'y mit . »
CANIGHE, n. f. — Niche à chien.
GANTER, V. act. — Chanter, lat. cantare.
Taillefer, qui mult bien cantoit, Sor un ceval qui tost aloit, Devant li duc aloit cantant De Karlemaine et de Rollant.
R. DE Rou.
Dans son délire simulé où il parle tantôt picard, tantôt normand, l'avocat Pathelin s'écrie :
Et faut-il que le preste rie, Quand il deust canter sa messe ?
Dériv. canteux, chanteur.
Il Locut. prov..«Tu cantesQXVi réponds, » s'applique à quelqu'un qui se contredit.
CANTIAU, n. m. — Chanteau, morceau de pain bénit qu'on donne à la personne qui doit faire à son tour le pain bénit le dimanche suivant. Bas-latin cantellus, petit morceau. Du Cange cite cet exemple : « Ipsa dédit dicto Petro Tort unum magnum cantellum de placenta, »