L. de LiNCY, Prov. fr
«•Il est vrai qu'autrefois on prononçoit à la cour abre et mabre, pour arbre et marbre, mais mal; aujourd'hui, cela est changé, on prononce l'r.» (Vaugelas.)
Il Faire Vabre, attendre longtemps. Se dit aussi d'un singulier jeu d'enfants, qui consiste à se tenir longtemps droit sur la tête. Il y est fait allusion dans ce passage de Rabelais : « A ceste heure fais bien à poinct l'arbre forchu, les pieds à mont, la teste en bas. » {Pantagruel, liv. IV, 19.)
ABRIER, V. act. — Mettre à l'abri, couvrir. « Je luy dis qu'il n'oubliast de rejecter ma robe sur son lict, en manière qu'elle les abriast touts deux.» (Montaigne.)
Le clergé qui tremble
Abria de ses mains ces deux horreurs ensemble.
D'AuBiGNÉ, Trag., p. 152.
Plusieurs, étymologistes font dériver abrier du mot abre à cause du refuge que les arbres fournissent pendant une ondée. Il est plus probable qu'il vient de apricus locus ou de l'adjectif neutre apricum., lieu exposé au soleil. « Il n'a été l)C?oin, dit Liltré, que d'une légère extension de sens, pour faire d'un lieu exposé au soleil, un lieu oîi l'on est à l'abri du froid et de l'humide.»
ABRUVER, V. act.— Abreuver.
« J'ay veu des récits bien plaisants devenir très ennuyeux en la bouche d'un seigneur, chacun de l'assistance en ayant été abbruvé cent fois.» (Montaigne).
ACC 5
Abruver donne abruvoir ; on dit aussi bruvage au lieu de breuvage. Dans beaucoup de mots, nos paysans prononcent souvent u la diphthongue eu; ex.: « Ju, Diu, liu, fu, etc.» Dans les noms propres qui commencent par eu, cotte diphthongue sonne toujours m : « Ugène, Ucharistie, Ustache, Urope, JJdoxie.n J'ai entendu beaucoup de mes compatriotes dire pur, malhur, hurter.
<( Tout ce qui parle bien en France, disait Théodore de Bèze, prononce hureux.yy
Les exemples de cette prononciation abondent dans nos vieux auteurs.
Cil ki seivent de troveure Devreient bien mettre leur cure, Es buins livres. . .
Marie de France.
On en trouve dans Lafontaine et jusque dans Voltaire :
Grande est V émeute.
On court, on s'assemble, on députe, A l'oiseau. . .
Laf., liv. X, 3.
Mars, autrefois, mit tout l'air en émeute. Certain sujet fit naître la dispute Chez les oiseaux.
Laf., liv. VII, 8.
Près des bords de l'Iton et des rives de VEure, Est un champ fortuné, l'amour de la nature.
Volt., Eenriade.
M. Talbert prétend (Du Dialecte Biaisais) que le son u appliqué à la diphthongue eu ne date pas de plus loin que 1530, mais les preuves qu'il en donne sont loin d'être concluantes.
Le son u s'est conservé dans le participe eu, dans gageure, hurler, autrefois heurler.
ACACHER, V. act.— Chasservers : « Acache les vaches à l'étable.»
ACCOLERON, n. m.— Pièce du harnais qui retient le timon au cou des chevaux. De à et de col.
ACCORDS, n. m. plur. — Conventions qni précèdent le mariage; accûrdailles.