CHI
CHÉS, adj. démonstratif. — Ces : « Chés gens-là ne valent pas grand' chose . »
Au masc. singulier ch' : « Ch' est lui. — Viens- tu à ch' bos ? — Connais-tu ch'-t-homme ? »
Au fém. sing. ch'té : « Ch'té ferme-là est louée trop cher. »
Ck'-t-ichi, ch'-t-ilà, cK-t-ela — celui-ci, celui-là, celle-là ; plur. cheux-là, chés-là.
Comp. avec le latin ecciste ; v. fr. icist, icest, qui plus tard s'est abrogé en cest.
CHEUZ, prép. — Chez. Cheuz appartient au dialecte picard : On ne doit pas oublier que nous sommes limitrophes du département de la Somme.
« Piètre du bois s'en vint un soir ckieux ce Philippe. » (Froissart, dans Littré.)
Dans une farce du moyen-àge^ un moine débite ses pardons et ses reliques^ et montre aux assistants :
La creste du coq qui chanta cheux Pilate, Et la moitié d'une late De la grande arche de Noé.
CHIBOT, n. m. — Oignon dont les tiges sont encore vertes : «Vingt et cinq charrettes de porreaux, d'aulx, d'oignons et de cihotz.n (Rabelais.)
Oliv. de Serres écrit civot ; le Dict. de l'Académie donne ciboule, cive ou civette.
CHIBOULER, Chabouler,v. act.— Maltraiter, injurier; corruption du fr. mbouler.
Il Marcher sans précaution, renverser ce qu'on trouve sur son passage : « Votre vache est entrée dans mon jardin, et a tout chiboulé.^^
CHICOTIN, n. m. — Petit sac dans lequel Ips fumeurs mettent leur tahao.
CHIFFONNER, v. act. — Ennuyer, importuner.
Oh ! dame,
M'interrompre à tous coups, c'est me chiffonner rame.
Franchement
BouRSAULT, le Mercure Galant.