CLA
leur particulière.» Notre mot chouette serait ainsi une altération de clwesne. Il est peu vraisemblable que le mot chouette (oiseau) ait quelque rapport avec l'adj. chouette, quoique l'on puisse alléguer ce passage de Rabelais : «Ma femme sera coincte, jolie comme une belle petite chouette. » [Pant,, liv. III, chap. XIV.)
CHOULER, V. act. — Remuer, pousser, faire avancer : « Aidezmoi à chouler ce tronc d'arbre. — Quel paresseux ! on ne peut pas le chouler. »
Anciennement ce mot signifiait courir, jouer à la choule : « En l'an 1407, le lendemain de Noël, la rivière de Saine fu si gellée que les gens aloient ribler, ckouller, en traversant la rivière de costé en autre. » {Chron. Norm., p. 378.)
La choule est un jeu où deux partis cherchent à s'emparer d'une balle et à l'emporter à un endroit convenu. V. fr. sole ; dans Coquillart, dans Rabelais soûle, probablement de solea ou solum, parce qu'on pousse cette balle à coups de pied. La choule, souvenir de l'ancien jeu, est une fête qu'on célèbre encore dans certains villages, aux environs de Dieppe.
Certains savants prétendent que soûle vient de soleil, et veulent que ce jeu de ballon soit un dernier vestige du culte rendu par les Celtes à cet astre ?
CHOULEUR, n. m. — Celui qui joue à la choule. Au bou chouleiir la pelote lui vient.