‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 69 sur 257 · CUL · texte numérisé non relu

CUL

« Cul-de-plomb, » homme lent.

« Cul-rouge, » rouge-({ueiie. « Lèche-cul, » flatteur, a Cul-de-poule, » fruit de l'églantier.

« Hoche-cul, » bergeronnette, ou hoche-queue. « Cal-serré, » Avare, homme qui ne veut rien perdre, comme Euclion, dans YAulularia de Plante :

Etiam-ne obturât inferiorem gutturem, Ne qiiid animai forte amittat dormiens ?

« Faux-cul, » espèce de jupon rembourré dont se servent les dames pour arrondir et grossir leur personne par derrière. Nos riches fermières imitent les dames de la ville. Cette mode n'est pas nouvelle :

Soulz grands robes fourrez de martres, Nos borgoises tiennent ces termes, De façonner leurs culz de cartes, Afîîn qu'ilz en semblent plus fermes.

COQUILLART, l*"", V. 154.

« La dame Du Fossé passera le guichet seule, car il seroit trop étroit pour elles deux, notamment en cette saison, où elles portent de gros culs hypocrites et rembourrés, contre les lois de leur fessine. » (Noël du Fail, Contes rustiques.)

« Pareillement fut aux femmes enjoinct de porter de gros culs. » (Ménippée, 225.) Ce que nos paysans nomment faux-cul, Mme de Genlis l'appelait tout crûment un cul ; ex. : « Si l'on porte encore des culs, dans ce cas je vous prie de m'en envoyer deux. » (Cité par Littré.) Dans le Nivernais, on appelle cela un fessier.

Rapprochons de ces composés le vieux mot culvert, cuivert, cuvert (infâme, làciie), tant de fois employé par nos trouvères, terme injurieux que les preux chevaliers, en vrais héros d'Homère, jettent à la face de leurs ennemis :

De vos manaces, culvert, je u'ai essoign !

Roland, ch. II.

Culvert païen, vous eu avez menti !

Roland, ch. II.

Après issi 11 cuivers Amauris, Aine n'enclina autel ne crocefis.

HtoN, V. 1ÔG8.

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