DÉE
DÉCOUDRE, V. act. — Se conjugue comme coudre. (V. ce mot.)
DÉCRAPPER, V. act. — Nettoyer. Se décrapper, prendre des ha bitudes de propreté. Littré donne crnppe, graisse de la meule du moulin. Le grain foulé aux pieds dans la grange, et confondu avec la paille et la poussière s'appelait anc. crappe. (V.L. Delisle,p. 314.)
DÉCROCHETER, v. act. — Décrocher : « Avoir l'estomac décrocheté, » tomber d'inanition. On se sert encore de cette locution bizarre pour désigner, je crois, une maladie de cœur.
DÉCRONQUER, v. act. — Jeter à bas : « Son cheval '^l'a joliment décronqué. »
Il Faire descendre précipitamment ; ex. : Un enfant grimpe à un arbre : « Attends-un peu, lui dit un passant, je te vais décronquer .)■>
DÉCULOTTÉ, part, passé. — Ce mot s'applique à un homme qui se sépare de biens d'avec sa femme pour éviter la poursuite des créanciers. Alors c'est la femme qui administre, qui porte, comme on dit, les culottes.
DÉDIRE, V. act. — Toucher aux œufs ou aux petits des oiseaux, les changer de place, ce qui fait que le pt-re et la mère les abandonnent. C'est ainsi qu'on dédit un nid.
DÉFECTIF, adj. — Difficile à gouverner ; se dit surtout des enfants.
DÉFENSE, n. f. — Branche d'ambre qu'on plante dans un champ pour indiquer qu'il est défendu aux bestiaux d'y pâturer.
DÉFERLAMPÉ, adj. — Déchiré, eh lambeaux, en parlant des vêtements.
DÉFILOQUÉ, adj. — Qui s'effile, qui se détisse fil à fil ; habits débloqués, (|ui montrent la corde.
DÉFIQUER, V. act. — Retirer un pieu, une branche enfoncée dans la terre. C'est le mot latin defigere, mais avec un sens tout différent.
DÉFLEPPÉ, adj. — Même signification que défiloqué ; de fleppe ou flepe, filoche, qui doit être une corruption du v. fr. frepe, ferpe, d'où l'on a fait fripier. (V. Du Cange au mot frcpatœ vestes.)
DÉG 105
DÉFOUIR, V. act. — N'est usité qu'au part, passé, dans cotto locution : « Il a l'air d'un défoui de terre, » il a mauvaise mine, il a l'air d'un cadavre. Lat. defodere.
DÉFOURRURES, n. f. plur. — Gerbées épluchées par les moutons.
DÉFRICHIS, n. m. — Terrain cultivé (qui n'est pas en friche).
DÉFULER, V. act. — Décoiffer : « Ce veau fut défulé et fut trouvé sans oreilles. » {N. Fabrique.)
Quand vous verrez que les tigneux Seront joyeux qu'on les deffide....
Ane. Poes., t. IV, 145.
(V. Affaler, raffider. )
Il ne faut pas confondre avec ce mot l'ancien verbe défuler, qui avait le sens de maltraiter, meurtrir, tuer.
a Sire, sire^ ne te deit pas huem cuntrester, mais tu deis les orgueillus abatre e defuler. » (Q. L. de R., III, p. 103, cité par Burguy.)
E porc et olien le mordent et defulent.
Ch. de Roland.
On écrivait aussi défoler ; ex. :
Par devant Lenz, lez la barre, à l'entrée, La véissiez tante targe copée ; Tante banière au vent desveloppée, Qui le jor fu malement defolée.
Garin, v. 1092.
DÉFUNT, adj. — Feu; reste toujours invariable quand il est placé avant le nom ; ex. : « Défunt ta mère; — défunt les tantes. »
DÉGANSER, v. act. -- Tirer par force de l'argent de sa bourse : « Yoilù un procès qui me iera. déganser de l'argent. » De ganse, petit cordon qui sert à lier la bourse.
DÉGELÉE, n. f. — Grêle de coups.
DÉGOUGINER. \ . act. — Faire pcrdm à qii.'lqu'un sa gaucherie, sa timidité : « Il a été au service, ça l'a dégnuijiné. » De I adj. gmige qui, en patois, signifie engourdi, lourd, maladroit, ou pliilnl (\o ifonfii'.