DIR
DIGONNER, V. act.— Blâmer, reprendre sans cesse; trouver toujours à redire : « Cette fjmme ne fait que vous digonner.»
Dériv. digon, digonnier, ère, qui ne fait que digonner.
Ce mot est un fréquentatif de diguer ; ex. : « Et n'eurent les mouches de Bretaigne ni tahons, depuis, moyen de la poindre ni digonner, par quoy, elle commença à repaistre mieux qu'auparavant.» (iV. Fabrique.)
Digonner est cité dans Cotgrave comme mot normand.
DIGUER, V. act. — Piquer avec un aiguillon.
DIGUET, n. m. — Petit bâton pointu pariin bout destiné à aiguillonner, à diguer les ânes.
DINDALLERIE, n.f. — Batteriede cuisine d'une ferme. Lacitation qui suit est une exacte définition de ce mot : « De sorte que toutes les chaudières, poelles, bassins, la vaisselle d'estain, pots à pisser, dindannerie, et autres ustensiles de la maison, qui estoientsur les tablettes, en tresbucherent par terre. » (N. Fabrique.)
DINGUER, V. act. — N'est usité qu'à l'infinitif, et dans cette locution : « Envoyer dinguer , n mal recevoir une personne, se débarrasser d'elle lestement .
DINT, n. m. — Dent : « A ce propos se leva une viele qui n'avoit mais que mm dent. » (Ev. des Quenouilles.) Dans l'ancien français, dit Littré, dent était masculin comme en latin, et il cite plusieurs passages pris dans les écrivains du XIV'^'»^ et XV«™e siècle, passages qui contredisent cette assertion. Le mieux eût été de dire que le genre de ce mot, comme tant d'autres, n'a été fixé qu'au XVII''™*' siècle.
DIRE, V. n. — Parler : « Quel bavard ! il dit toujours! »
Il Dire après quelqu'un, le disputer, lui faire des reproches.
I me dit, dit-i, j'ii di<, répétitions fréquentes dans la conversation.
Dis I dis donc ! locution familière pour attirer l'attention de quelqu'un : « Les Espagnols avaient été frappés de cette façon de parler habituelle à nos troupes ; aussi avaient-il donné aux Français le sobriquet moqueur de Los Didones, lequel, un jour, n'embarrassera pas médiocrement les étymologistes.» (Génin, R. P.)
DON Ijy
DISCOMPTE, n. m. - Escompte ; de même discompter. DISEUX de riens, n. m. - Bavard, indiscret.
DISPUTER, V. âct. - Gronder, quereller; extension du français disputer.
Dériv. disputeux, euse.
DIU, n. m. - Dieu : « Que le bon Diu vous bénisse I » On écrivait Diex, Dex, Dius, au cas sujet, et Deu. Diu, au cas régime. Il suffira de citer cet exemple :
Il soloient Diu quere, mais il sont restorné. Ne Dhis n'en trouve nul, car ils sont destorné.
Rut., de la Vie dou Monde.
DIZAINES, n. f. pi ur. - Contes ennuyeux, bavardage fatigant : « Avez- vous fini vos dizaines"! »
DIZIAU, Dizain, n. m. - Tas composé de dix gerbes : . Mettre du ble, de l'avoine endiziaux.))
DOGUE, n. f. -. Patience ; plante qui croit ordinairement dans Ips terres incultes, et dont les feuilles sont assez semblables à celle, d. l oseille, ce qui fait qu'on l'appelle quelquefois oseille sauvage : « Bardane, docrjues, roseaux et autres herbes qui croissent es prez. » (N Fabrique.) En anglais, dock.
DOGUIN, n. m. - Cochon court, trapu, à oreilles droites ; assez semblable au chien dont il tire son nom.
DOIR, V. act. — Devoir, dans le sens de avoir des dettes. Fut., deverai ; cond., deverais.
Vous vos deveriés pener
Chast. de Coucy, 7312
DOLETTES. Dolures, n. f. plur. — Menus éclats de bois qu'on retranche on dolant. On allume le feu avec des dolcttes. Du latin dolare.
DOLIQUER, V. act. — Tailler de petits morceaux d.> bois avoc un couteau ; faire des dolettes : « Cet enfant aime Immucoiiji mieux duliquer qu'aller à l'école. »
DONNEUX, adj. — Donneur : «N'être pas donneux, « tMre chiche,