‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 86 sur 257 · DOU · texte numérisé non relu

DOU

DORÉE, n. f. — Tranche de pain sur laquelle on étend du beurre ou des confitures. De là ces locutions : « Veux-tu que je dore ton pain ? — Veux-tu du pain doré ? »

DORMARD, adj. — Dormeur, paresseux.

Requis ne t'est destre un dormard ; Cy désire bien et avoir De la peine te fault avoir.

A.nc. Poés., t. II, p. 51.

DORURES, n. f. plur. — Bijoux : « Aller à dorures, » aller à la ville acheter des bijoux pour le mariage.

DOUCHE, adj. — Féminin de doux; d'où doucheur, douceur. (V. adouchir.) A la douche, doucement.

Une douche-haleine, une sainte-nitouche.

DOUET (Le), n. m. — Petit hameau, voisin de Grandcourt, ainsi nommé à cause d'un ruisseau qui y prend sa source. Dans le v. fr. doi, dois ou douet signifie une source, une fontaine.

A la fontaine dont li dois sont brûlants.

Aliscans, V. 696.

Ha ! covoitise desloiaus, Tu es rachine de toz maus, Tu es la dois et la fontaine.

CRESTïEisis, Bartsch., p. 124.

On trouve ce mot jusque dans La Fontaine :

Au passage d'un pont ou sur le bord d'un dois.

Douet vient de ductus, selon Littré ; je préfère dour, douez, en breton, fossé plein d'eau.

Dans le Morbihan, il y aie ruisseau du Doué de Roche, la fontaine des Douets, le ruisseau du Douet sec, le Dourdu. L'Adour, la Durance, la Dordogne, la Dore, etc. ont la même étymologie.

DOUILLE, n. f. — Volée de coups. Peut-être de douloir, d'où le lorrain deuil, douloureux, sensible ; on dit d'une partie qui a reçu un coup : « Cela m'est deuil. »

DOULIANT, adj. — Celui qui ne sait pas souffrir, qui se plaint à la moindre douleur ; du latin dolere.

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