ECO
Il serait diflicile d'admettre, ainsi ([ue le propose Du Méril, cxardere eomiiie étym. Cependant <?ssarf siiTuilic ([iici(iii('ruis cendre :
Si fiiit (le Phénix) un feu grant et plcuier D'espices. et s'i boute et s'art, Aiusinc fait de son cors essart.
Rose, 16917.
Exardere 2L\iYi\.\{ plutôt donné essarder que je trouve dansR.de Collerye :
Devostre amour je me sens retardé, Car d'ung ennuy altérant ^sxardé En est mon cœur et tout désolatif.
ECHORTER, v. n. — Avorter; ne se dit que des animaux. Ce mot ne viendrait-il pas du v. fr. escors, cscort, ventre, giron ?
ECHOUIR, V. act. — Assourdir, étourdir : « Cette femme vous échouit avec son bavardage. B.-norm. assouir.
ECLAQTJER (S'), v. réfl. — Eclater ; ne s'emploie (juc dans cette locution : v ^'éclaquer de rire.»
EGLAVIAU, n. m. — Pieu ((ui traverse les croches à parc, et qu'on enfonce dans la terre pour les maintenir. Du latin clavus, clou.
ECLICHER, V. act. — Eclabousser. EcUche, en v. fr., signifie éclat, tronçon ; esclicer, voler en éclats.
Lor lances ^av escliches volent.
Crist. et Clarie.
Si fort s'apuie sor le ferré bordou Que les esclices en volent coutremont.
Gaydon, v. 9928.
Une terapeste commence et uns orés.
Qui dont veist et plovoir et venter, Arbres froisier et moult fort esclicer.
HuoN, v. 3270.
ECLICHIE, n. f. — Eclaboussure.
EGLICHOIRE, n. f. — Seringue de sureau qui -^vrt d'amuselte aux enfants.
ECOLE, part. pas. — Instruit ; s'emploie le plus souvent par ironie : « Voilà des enfants bien écoles. »
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Le V. fr. avait le verbe escoler, enseigner, instruire :
La pucelle fut bien apprise, Le Saint-Esprit l'a escolée.
Gaut. de Coinsi.
Du sens d'astronomie estoit bien escolée. Et de philozophie estoit sage éprouvée.
Chron. de Duguesclin.
« Icelui Jehan prit et escola Jehan de la Mote. » {Lettres de Rémission, 1331.)
ECORER, V. act. — Soutenir, étayer : « Ecorer un mur, une maison. » Ecore ou mieux accore est un terme de marine qui désigne une grosse pièce de bois dont on se sert pour étayer les navires en construction ou en réparation.
Il S'écorer, s'appuyer solidement de manière à employer toutes ses forces pour faire une chose.
ECOUPLER, V. act. — Ecimer, couper le couplet d'un arbre. (V. Couplet.) Il ne faut pas confondre ce mot avec escoupler, vieux terme forestier, qui veut dire réduire eti coipeaux : « Hz peu.\enl escoupeller un arbre quand il est vert et sec sans atoucher au vert.» (Coutuniier des forêts, Roumare, cité par L. Delisle, p. 362.)
ECRAMER, V. act. — Ecrémer; dériv. écramure, ce qu'il y a de crème dans une jatte de lait.
ECRAMPIONNER, v. act. — Ecroupionner; n'est généralement usité qu'au participe écrampionné, qui a le croupion cassé, courbé, éreinté.
Et ma plume d'oye ou de jars Est ja plus escroupionnée
Qu'une vieille
Marot^ Ep. XXIV. Du Coq à l'Ane.
« Un autre nous conta qu'uue bonne commère de sa riie, tirant un peu sur l'aage, estant tombée, s'estoit escroupionnée. » (G. Bouchet, 3°ie sérée.)
V Ecrampionné, sobriquet assez fréquent : Gomme les enfants, les paysans sont sans pitié.
EGRÉVIGHE, Ékerviclie, n. f. — Ecrévisse,
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ED, prép. — De ; ex. : « Ed quoi te plains-lu ? « Il serait dillicile de préciser dans quels mots, dans quelles locutions particulières a lieu cette interversion, car on prononce ordinairement de comme en français. Cependant on dit toujours edmander, edpis, edsous, edaus, eddans, au lieu de demander, depuis, dessous, dessus, dedans. Ed pour ^/e est [)articulier au dialecte picard :
Février le court, ch'est le pire ed' tous.
Prov. Picard.
EDUQUER, V. act. — Elever, du l^t. educare ; mot excellent qui n'a pu faire son chemin. Quelques écrivains, entre autres G. Sand et Sainte-Beuve ont essayé d'introduire dans notre langue l'adjectif éducable.
EFANT, n. m. — Enfant ; prov. efan. La nasale n est supprimée. On trouve, dit Littré, plusieurs traces de cette suppression dans nos anciens textes; ex. : Estkele pour esliiicelle.
Il vous a cuit de Vesticelle Dont tout li crestien sont cuit.
Littré, Etudes, p. 341.
EFFOUQUER, v. act. — Effaroucher, disperser; d'où ladj. ejfouqueux : « Il est entré dans la maison comme un ejfouqueux de cats, » c'est-à-dire brusquement, de façon à faire peur aux chats.
Ces poulets sont tout effouqués, dispersés par la frayeur. V. fr. foule Glfûuc , troupeau ; de Tisl. flock, môme sens, ou de l'allemand moderne folk, gens, grand nombre.
« Cume ço oïd David el désert que Nabal iist tundre son fuie. » {Les Rois, liv. I, ch. 3o.)
Paieu sunt uiorz a millers et a fuh.
Ch. de Roland, ch. 3.
Au XV^me siècle, ce mot est encore employé : « Se en aucune censé ou metoirie a fuucfj de brebis.... » (Ev. des Quenouilles, p. 129.)
« Fouc de bestes, se dit d'une certaine quantité de bètes (jui exige les soins d'un garde ou d'un berger. » (La Curne, au mot Beste.)
Dans la vieille langue, on trouve de/fouquier et adesfouquicr avec la même acception (jue notre mot cffouquer : « Les quelles bestes s'étoient de/fouquiées ou séparées drs autres et demourées aux champs comme espaves. » (Du Cauge, au mot defuga.)
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Laissiez-nous assaillir et François commencier Et tenons nos conrois sans nous adesfouquier.
Chron. deDug., v. 5875.
A foule se rattache évidemment le provençal afolcar, attrouper.
EFFRITER, v. act. — Effrayer : « Le passant qui n'estoit facile à effriter mit à l'instant la main à l'espée.» (iV. Fabrique.)
Il Etre effrayant : « Cet homme est si laid qu'il effrite. » Anglais to fright.
EFFRONTER, v. act. — Affronter.
Il Intimider une personne pour lui faire avouer la vérité.
Il Effronté comme un leu, se dit d'un homme sans vergogne. Comp. avec le kuvciç o(i(*aT' £x,wv d'Homère, et les « pâles fronts de chien » de d'Aubigné.
EFFROUER, v. act. — Emietter ; du latin effricare, comme froisser, anciennement froer, froier, frouer vient de fricare.
Li mes a une lettre au l'oi el poing plantée, Et Karles la fet lire, quant la cire ot froée,
Aye d'Avignon, v. 797.
Lor lanches jusques es poins froerent.
Chast. de Coucy, v. 1100.
EGALIR, V. act. — Aplanir un terrain, le rendre uni.
EGARGATER (S'), v. réfi. — Ouvrir les jambes pour mieux se chauffer : « S'égargatet- au coin du feu. »
EGASILLER (S'), v. réfi. — Ecarter les jambes. Marcher à Yégasillette^ en écartant les jambes.
EGRAFIGNER, v. act. — Egratigner : « Excepté Eusthenes, lequel un des géants avoit égrafigné quelque peu au visage. » (Rab., II, 30.)
Le môme dans un autre passage emploie grafigner, mot que je rencontre aussi dans d'Aubigné : « Monsieur le Roy, il n'y a plus moyen que je vous puisse grafigner. ...» (Fœneste, 143 . )
Pour l'étym., Littré renvoie au mot graffe que l'on chercherait inutilement dans son Dictionnaire. C'est un vieux mot qui signifie griffe, stylet pour écrire.