LE LOUSTIC
Il y en a toujours un à bord, un comédien de race qui s'est trompé de planches.
Bon enfant, du reste, mais farceur fini. Il faut le voir quand il s'est emparé d'un bourzeois curieux, désireux de connaître la vie intime du matelot, et qui a demandé à faire un voyag-e avec l'équipage. Le loustic s'en amuse avec bonheur ; c'est une revanche. Comme l'antipathie des races s'accuse alors : car il y a antipathie entre le bourgeois et le marin, plus profonde qu'on ne croit.
Si le premier se persuade qu'il est d'une essence supérieure en suite de son éducation et de ses habitudes d'existence, il doit bien en rabattre lorsque, changeant d'élément, il se frotte au génie vivace et de premier jet du matelot sur son terrain. Le loustic joue maint tour au capet, à l'intrus, car le bourgeois est un intrus à bord : il n'est pas ci' nos zens et c'est pain bénit de s'en moquer un brin. On l'envoie al picoréc chercher cul four*tête, ce que nous appelons le poisson d'avril. Au moment de servir la chaudière, le loustic le charge d'une commission qui le retient jusqu'au partage des meilleurs morceaux. On l'induit en erreur sur les termes du métier, sur la manœuvre, sur l'usage des agrès. Plus on lui en fait avaler^ plus l'équipage jubile : le capet devient le jouet de ces grands enfants, et il ne s'en doute pas : au retour, il se croit bien instruit.
LE LADADIOUS
Souffreteux, malingre, étiolé, admis par chanté, le ladadïoiis, comme un élan d' ramon, est un zéro dans le nombre. Personne ne lui reproche son incapacité : /' pauvre cer homme, faut ben qui vive !