LE CAMBUSIER
En attendant qu'il devienne eine vielle badei-ne, le cambusier se montre souvent un coria à tous crins. Cela se comprend, s'il était moins raide, on /' fîibusteroit. C'est lui qui distribue les douceurs, de quoi s' papiner les loupes, de quoi zuer dé l trompe marine.
Attrape au boiijaron, al mock, au bidon ! via l riquiqiii, le schnip, le schnap -y' là c qui dégratte /' conduite des boyaux f
Le cambusier est estimé selon ses connaissances spéciales. Il tient 1' çarnier ; il prépare 1' çaudière, la fameuse chaudièrf^Joù cuisent ensemble, en leur première fraîcheur, les poissons du repas de bord. Ces poissons prennent par l'eau de mer un bouquet et une saveur inconnus ailleurs. La chaudière du matelot donne des mets exquis et, au dire des dégustateurs, les plus riches tables n'ont rien de comparable. C'est là qu'il faut savourer le poisson pour en connaître les exquisités.
Un bon cambusier est souvent lapidé : il lui faut une rude tête pour arriver à contenter tout son monde et le patron.
Let^î l'emnieR du bord
Cette enfant à la crignasse mal détou'féc-ye. qui joue si bruyamment aux varelles partout où elle s'arrête, se .servant du premier trottoir venu ou d'un pas de porte, comme d'un tremplin ; posant, pour le jeu, la rondelle où elle vend tour à tour du sucre d'orge et des fruits, sera bientôt la jeune fille alerte, belle de santé et de conformation, qui, saiilrière, sans craindre le froid qui mord ses jambes nues, ou pêcheuse de moules, revient chargée d'un fardeau sous lequel plierait un portefaix.
Active, solide, c'est encore la femme de journée que ne rebute aucun travail si rude qu'il soit.
C'est aussi l'ouvrière des ateliers de salaisons où elle retourne chaque hiver.
Ne la jugez pas dans son costume de travail et d'à tous les zoiirs qui l'empaquête. Il faut les yeux d'un matelot pour découvrir, sous cet accoutrement si lourd et si disgracieux, la belle fille aux formes rebondies qu'elle est naturellement. \'oyez-là le dimencc, avec ses fraîches couleurs ravivées par la toilette, la
Hgurc encadrée par son bonnet — le Inau solci — dont les rayons font un nimbe favorable à ses traits éveillés.
La belle filLe ! aussi est-elle vite choisie par un beau gas qui l'épouse.
i.,a voilà femme de matelot : toute une \ic de rude labeur lui incombe. Es hcllévcVoccupc un peu la première année ; mais avec le premier enfant, avec el' h.inde qui suit si vite le premier, elle a d'autres devoirs. Il faut du pain à tout ce petit monde : elle ne veut pas être inie mère ed lien, une mère dénalurisée . A elle de tout prévoir ; car son homme ne sait que gagner de l'argent à la mer. A terre c'est eine poire molle. A elle de défendre ses intérêts auprès de l'armateur; à elle de ramoider les lilets; à elle de pourvoir à tout. Si elle peut encore faire une journée de temps à autre, tant mieux ! Tant mieux si elle parvient à devenir une arvciidcuse cd pisson ; tant mieux surtout, si elle a un étal à la Halle ! Le pain est assuré. Sinori, elle ira crier le -poisson par les rues. Rien ne la rebute ; elle s'ingénie de toutes les façons.
C'est une maîtresse gaillarde et qui ne craùit pas sa voisine pour le bec. Quel vocabulaire sort de sa bouche émotionnée pour la moindre contradiction : eWc éboubit son monde, aussi fut-il un temps où l'entrée des bateaux lui était interdite tant elle y portait le désordre.
Tout pour son homme ! Et que d'inquiétudes lui donne son métier hasardeux !
Un jour une voisine l'interpelle du seuil de sa porte :
— - Em' n homme i vient ed rentrer.
— Tiens ti, té f en fiées alors, lé )i'aspiis d' viande al mer, t'es ben tranqinle.
Pourquoi n'est-il pas revenu, son homme > Le temps est menaçant. Y a-t-il eu des avaries V Elle voie sur la'
falaise. Une barque se débat contre la tourmente, hélas ! hélas !
Le lendemain, au milieu de ses- sanglots on lentend rappeler les circonstances de son deuil :
— Et dire qu'à cinq heures il a mis l'boiit ed dens (il venait de mettre le dernier bout de filet à bord lorsqu'il fut élingué) et qu'à six heures il étoit mort. Sei7 pciuver cadctve i cole al nier. Si i serai"! seiirement ein terre sainte !
Cette femme si expansive, si loquace, si vive, est aussi la plus propre des ménagères. Tout reluit chez elle dune propreté hollandaise ; mais en ce logis qu'elle tient si bien, elle veut rester maîtresse absolue; si son homme voulait se mêler du ménage : — Guettez connau ! dirait-elle avec un mépris indéfinissable.
Ainsi que nous avons agi pour les compagnons, il faut distinguer les femmes du bord selon le port d'origine.
\J Enquihennoise est devenue une femme. Jadis c'était un être quelconque dont le sexe ne pouvait se de viner à l'extérieur. Elle a gardé de son origine un courage jamais rebuté.
La Porteloise, fortement cambrée, avec les beautés de la Vénus Callypige, est un type curieux de femme dans laquelle on a vu une descendante des Basques. Force et beauté sont alliées en elle avec un charme pittoresque : elle a l'accent plus doux, moins poissard, mais elle zure davantage que la Boulnoise.
Au sujet de sa conformation remarquable, dont on a fait un signe.de race méridionale, certains sceptiques
ont dit qu'il n'y avait pas besoin de la faire descendre des gascons pour cela et que le séjour de la grande armée, sous le premier empire, avait eu sa grande influence. Les grenadiers de la vieille garde étaient de très beaux hommes et...
N'écoutons pas cette calomnie !
La Porteloise a la jambe admirablement faite et forte, visible sous ses jupons courts et serrés. Elle a un costume spécial qui la fait reconnaître partout : casaquin à basque, jupe noire de grosse étoffe, rarement un mouchoir de cou. Elle porte letoquet plissé au lieu du «. beau soleil,» son chignon est énorme, si énorme même que souvent on appelle la Porteloise, tête à loques : on dit qu'elle le renforce avec du linge... quelquefois.
Rien de piquant à rappeler sur les Anderselloises et les Ambeultesoises, campagnardes autant que matelottes, confinées presque constamment dans leurs garennes.
La Boidnoise est le type accentué de la matelotte un peu aiguisé par le voisinage bourgeois.
Première remarque : Le Coin Menteur doit son nom au marcé au pisson où trônait la matelotte des anciens jours, alors qu'elle était hâbleuse, vantarde, exubérante en gestes, vrai moulin à paroles — je parle d'autrefois — disputeuse à fendre la tête, colérique ctle cœur sur la main — comme elle l'a toujours — bonne comme du bon pain et mauvaise comme la gale — je parle toujours d'autrefois — prête à se prendre au chignon et à agoniser d'injures jusqu'à sa fille.
C'est une Boidnoise qui, au plus fort d'une dispute avec sa fille et ne sachant plus que dire l'appela enfin :
Fille ed p.... fille ed g.... sans songer aux qualificatifs qu'elle se donnait.
Parmi les Boulnoiscs il faut distinguer les Bastonnaises et les Calvairicnnes, ces dernières moins frottées à l'élément bourgeois et doublement matelottes.
La Bastonnaise est comédienne sahs le savoir — je parle toujout-s d'autrefois. En i8... Tune d'elles condamnée à l'amende par le tribunal et ne voulant pas payer, alla trouver le maire pour en obtenir le certificat d'indigence libérateur de la dette. Ce certificat ayant été refusé, pour cause, et la sommation de payer venue, elle ne se lassa pas d'aller de porte en porte, chez son armateur, chez toutes les bonnes âmes de sa connaissance, afin d'avoir leur intervention pour l'exonération de l'amende.
Ce qu'elle perdit de temps dans ces supplications on en peut juger. La loi est la loi. Les' gendàrfties liiis à ses tr^dussës, la trouvèrent à la halle. Là se jetant à genoux devant les « zendarmes », elle invoqua Dieu et les saints, que ses enfants allaient être réduits à l'aumône. Pauvre malheureuse ; faut pas avoir pitié du pauver monde. — Dites, monsiii Idirecteur, dites à ces bons messieurs zendarmes qnzjinciis de la vie vivante zn-weaie eu, dix sous à mi. Si m'préndent, qui nourrira mes p'tits zéfons.... T) Cela dura dix minutes.
Les gendarmes auraient été émus si cela leur avait été permis, mais comme cela ne leur est jamais permis, ils ne purent que dire : Il faut nous suivre.
— « Ein prison ! ah ! mais non, fit-elle alors d'une voix fort délibérée et en se relevant d'un bond : Tnez Vvlà. va arzent ! et elle tira de sa poche une poignée assez rondelette de monnaie.
Aucune c\pressir,n ne pourrail rendre reflet de ce coup de scène.,, s'il n'avait été prévu.
Comédienne ai-je dit : trag-édienne aussi, par Thabitude de l'exagération en tout, dans les qualités comme dans les défauts.
C'était il y a longtemps aussi — pendant la durée d'un voyage à Islande. Le mari d'vuie matelottc y péchait la. morue sans se douter que sa icvaxnt pdchixil de son côté.
Voici les faits :
La femme n'était pas coutumière d'infidélités mais il arriva qu'un jour de malheur, un dimanche qu'elle s'ennuyait sans doute et qu'elle s'était requinquée, elle fut rencontrée par un groupe de bons vivants :
— Viens-tu avec nous Zabelle ?
— Où ça ?
;— .4/,ducasse.
II y avait-là Marie-Zeanne, Cathrine et d'autres, elle pouvait bien les suivre.
. — Eh ben wi !
On se met en roule, on rit, on danse, on se régale, son danseur était aimable, bref...
La faim, l'occasion, l'iierbe {eiidre...
il en résulta quelque chose d'qssez visible pour étonner le mari à son retour.
Nier un tel état, et par conséquent la faute, ce n'était pas possible. L'attribuer au mari, pas moyen non plus. La matelotte eut recours aux grands effets. Dans un état indescriptible de douleur apparente elle aborda carrément la question : Té peuwes dire tout cqué té
venzi'es ; z\iye été prise ed force : si tcyc in'crois pont zvjis m zester à Vieawwe.
Il pardonna : c'est ce qu'il avait de mieux à faire.
Cette exagération, la metelotte la porte dans le bien : Elle a la bonté du cœur, la charité. Elle ne peut voir pleurer un enfant. Souvent elle s'interpose entre les délinquants et la police, donnant toujours raison aux premiers... lorsqu'ils sont pris. Elle recueille les vieux parents, les orphelins de sa famille et ceux qui n'ont -pas de famille. Elle se retire littéralement les morceaux de la bouche pour les nourrir et pourtant elle est à s' •cueille comme pas une, adorant les friandises, surtout les petites tartes de trois sous, auxquelles elle consacre ses bénéfices d'extra.
J'ai vu ^ on aura peine à le croire — des matelottes diner avec des têtes de poissons pour économiser les cinq sous d'un verre de sirop de groseilles et terminer le repas avec une petite tarte de chez Coqvielin.
Tout pour le dessert, rien pour le vrai repas, c'est l'habitude.
Les Bonlnoises sont peu prévoyantes de l'avenir. Il leur semble tout naturel, après avoir aidé leurs vieux parents, que leurs enfants leur rendent la pareille dans leur vieillesse. Jusqu'à nos jours la coutume des filets de veuve mis à bord, et gagnant une demi-part à leurs propriétaires, leur assurait un gain certain annuel. Cet usage s'en va. Que deviendra la cigale quand la. bise sera venue !
La Dame du Bateau
Lors des armements de bateaux, on rencontre fréquemment un g-roupe de trois ou quatre matelottes par voies et par chemins, allant de magasin en magasin, s'approvisionnant activement.
La dame du bateau se reconnaît alors à son beau huaisc en passementerie, qui soutient la manne sur son dos. Elle dirige le groupe. Elle semble ne pas tenir en place. C'est que la tournée d'achats doit être menée rondement, et qu'il faut bien, regagner le temps perdu au marçanda:{e.
Quelquefois, un peu rafaroticre, elle n'hésite pas à courir tous les magasins pour obtenir un rabais.
Celles qui la suivent sont les mères des mousses, témoins de ses acquisitions faites pour le compte commun : il faut bien voir si elle n'achète pas dé l' malienne (de la mauvaise viande).
Ainsi qu'il arrive dans les entreprises commerciales où l'influence de la dame de maison est si sensible, la dame du bateau a une grande part dans le succès de l'association des conipagnons de pèche. L'approvision-
nement des vivres repose sur elle, et, si elle est active, elle s'occupe aussi de 1 "équipement général. C'est elle qui va chez larmaieur obtenir- des avances ou un lot de filets pour tel compagnon auquel on les avait refusés. En hiver, après la harengaison, lorsque le bateau va à r trile, il faut la voir, au retour, venir en toilette,— elle fait toilette pour venir à la Halle — présider à la vente des lots de broutilles et de phtale, diriger l'étalage des gros lots, attendre le bon moment pour la vente, relancer partout les mareyeurs.
Elle veille à tout, sun^eille tout, infatigable.
C'est elle qui perçoit le montant de la marée qu'elle partage entre les femmes du bord, tandis que les hommes, ayant reçu leur ;^\.iincye, sont allés prendre quelque chose de chaud au cabaret. Le beau bruit lors du partage ! Parfois, il s'élève des doutes sur un point délicat. Ah ! Zézus ! il faut la voir, les poings sur la hanche, tenir tète à toutes et ziirer sa part de paradis...
Ces petits ouragans n'empêchent pas l'entente cordiale, vite rétablie.
C'est la dame du bateau qui préside a.\i J'ayiisse n" i, fait avec les pardessus le bord qui reviennent aux hornmes lors du comptage de la harengaison.
Comme toutes les femmes du bord, elle" a le cœur sur la main : c'est elle qui prélève l'impôt du pauvre, la pari à Dieu, ainsi qu'on la désignait jadis. Les veuves, les orphelins l'ont pour appui. Elle va solliciter pour eux, et souvent, mieux que cela, elle prend soin elle-même de leur misère.
Quand la dame de bateau est économe et que son indu.stiie ajoute aux gains du mari, la fortune arrive vite. Rien de plus trompeur que l'apparence avec les matelottes. On a vu de ces porteuses de hotte donner
dcb d()l> fort imporlanles à leurs lilles. Plus d'une, après avoir été femme de bord, puis patronne, est morte femme d'armateur'.
Au siècle dernier, — je ne prends mes exemples que dans l'antiquité, — une patronne avait une fille qui avait faille.
Le commis du mari lui sembla le seul gendre possible. Voyant qu'il n'osait lever les yeux si haut, la patronne lui dit un jour :
— Z' vous csteime, et. vr.xic'xt: z vondrni avoir ciii huic fin comme vous.
Le commis la regarda sans répondre.
Elle reprit :
— Pourquoi pas ! f crois qu em fille an n vous :^' argarJe pont ci' trop mcttiv.iis œul. Esse quo vodrie^ pont d'elle?
Le commis soupira.
— Z vois qui faudra que \ parle pour vous, attende^ i Elle revient au bout de quelques minutes :
— Eni fille an n dit pont non. et vous ?
— Je l'adore, répond le commis.
— Eh ben, cest fait.
La patronne le laissa sur ce bon goût
Il fallait, toutefois, l'informer que la fille n'était pas seule.
Le lendemain, revenant sur le sujet du mariage, après avoir énuméré qu'elle donnait tant et qu'ils pourront être à l'aise :
— Seznemc»^, fait-elle à la fin, z'ai oblié ed vous dire... qu'ai ètoit enceinte.
Le commis, sans savoir ce qu'il répondait, exclama :
— Qu'importe ! je l'aurais prise quand même elle ne l'eCit pas été.
Le Pati'on
Il est, après Dieu, maïUc absolu de son bateau et de ses hommes, sur lesquels il a l'autorité d"un capitaine. Comme tel, il est bon qu'il soit un peu rèche. solide au poste et qu'il impose.
Il règne et gouverne puisqu'il conduit le gouvernail ou la barre à l'entrée et à la sortie du port, ainsi que dans le danger.
Le reste du temps, les hommes de l'équipage ly remplacent par quarts.
Comment le maître du n" loi est-il devenu patron ?
Il est jeune encore, il s'est marié dernièrement à M"* Fane, celle qui disait : Sus c quaye on m'appelle Zabclle, mais à m mai\one, c'est mamzelle Delpierre. Comme il possédait quelques économies de compagnon et surtout un grand courage déjà apprécié, il est allé avec son argent, (mille, deux mille francs, plus ou moins),- trouver un armateur, et il lui a dit : « Z' voudrois qu mender ein batiauzve ! »
Comme il était déjà estimé, l'armateur répondit : ça
se peut, si vous vous engagez à user ce bateau à mon écore.
— Tope ! c'est fait.
Alors commença la sur\i;illance de la construction dont nous avons parle.
Autrefois le patron mettait la main à la pâte. c"est-àdire qu'il travaillait à bord, donnant l'exemple de l'activité. C'était lui qui, notamment, embarquait le fil des voies lorsqu'on relevait les filets aux harengs. On dit qu'il n'en est plus de même.
Jadis encore, en des, temps reculés, on parlait de méchants patrons, durs à l'équipage, rudes aux mousses, mettant, au bout des mots grossiers, le sifflement d'une garcette, frappant les jeunes, etc.
Le tribunal a dû sévir.....
C'est de l'histoire ancienne, heureusement.
A ces patrons :
Tel berceau ! Tel tombeau !
Peu aimés, mal secondés, ils ne réussissent pas ; bientôt ils n'ont plus qu'à porter lu barre à Zé\iiS fla\cllé o\x k saint Gandoufe ; in nfont qu des ronds dans rieauzre ; i sont /' étant d' bas, lesti qui na pont d' ça lice.
Le bon patron fait le bon équipage: avec le bon équipage, il possède bientôt /' s.ic et T amarrage, i d' vient f amiral du hable, et, s'il est hardi, il entreprend à son compte : c'est un futur armateur.
L'Armateur
Le patron du bateau n" loi. sur la route de la fortune, a payé son bateau bien vite. Fidèle à son engagement, il a usé sa première barque à Técore de son armateur.
Ses économies lui permettent d'en construire une autre : il s'écore lui-même : c'est le début d'un armateur nouveau. Encore un peu de temps, il aidera un frère et un cousin : il leur fera des avances, il les écorera.
L'âge venant, il n'ira plus à la mer, mais il portera dans la direction des divers bateaux, dont il a le soin, l'esprit d'ordre, et d'économie qui l'ont fait réussir.
•Ayant gravi l'échelle hiérarchique : mousse d'abord, puis compagnon, puis patron, puis armateur, il connaît le fort et le faible de tout.
Il amasse. Ses enfants sortiront du milieu marin, iront en pension. Grâces au père laborieux, ils n'auront jamais à peiner : ils seront les fils de Monsieur un tel, le riche armateur, armateurs de naissance, n'avant
qu'à récolter dans le plus riche champ de l'induslrie maritime.
J'ai tout dit. J'ai voulu être vrai, faire aimer mon sujet comme je Taimais.
Ce brave équipage du bateau n" loi ne sera bientôt plus qu'un souvenir. Ses éléments se transforment, comme se transforme aussi son langage.
L'armement à la part qui était l'àme de la pêche depuis le xii" siècle, va faire place à l'armement au.^ gages. Ceci tuera cela ! Nous aurons des travailleurs de la mer, nous n'aurons plus la famille des compagnons.
Qiiod dî niiien jvei Ltiit !
4 SEPTEMBRE ï8H^.