‹ Glossaire du VendômoisChapitre 11 sur 23 · RONSARD.J · texte numérisé non relu

RONSARD.J

Souvent ici prend un T euphonique à la lin. — Viens ieite. Talleinent des Réaux raconte que le curé de Pantin lit mettre au bas d'un vitrail cette inscription :

Les marguilliere de Sainle-Margueritta Ont fait liouter cette verrière icite.

Idée (une) (i-déei, loc. adv. Une idée, un peu. — Voulez-vous de la liqueur? Oh I une idée. — Il est une idée plus grand que moi.

leux(i-eLi), pron. A eux, à elles, leur. — Ses enfants, i n'ieux y refuse ren. — I ieux faut toujours de la compagnie.

Vu gendarme originaire de Vendôme avait eu à mettre la paix à la fin d'un banquet de pompiers. II rédigeait en ces termes son procès-verbal : « J'ieuz ai dit jt j'ieuz ai pas mâché : C'est vous qui devriez faire respecter la bonne ordre, et c'est i< vous qui la troublez ! »>

lèvra (iévr'), s. m. Lièvre — .l'ai tué un beau iévre. On dit aussi un ieuvre.

Igneau (i-gno), s. m. Agneau. Le féminin est ignelle.

Igneler (i-gneu-lé), v. n. Mettre bas, en parlant de la brebis qui fait ses igneaux.

Ignorer li-gno-rè), v. n. Le régime de ce mot s'emploie avec la préposition de. — J'ignore de ce que vous me demandez. — Il n'ignore de rien. — J'en ignore. Ce dernier terme est resté dans la procédure ; on sait que toutes les significations faites par huissier se terminent par ces mots : A ce qu'il n'en ignore. Autrefois l'Académie admettait le terme n'ignorer de rien, mais les nouvelles éditions ne le reproduisent pas.

IL Ce pronom, employé d'une manière absolue avec les verbes Avoir et Falloir, se supprime le plus souvent. Ain.si on dit : y a, y a pas à dire. — Y en a pus. — Faudrait voir i\ faire ce que je t'ai dit. — Des rois, n'en faut pus.

Imbranlable (in-bran-lab'), adj. Contraction de inébranlable. Se dit des gens ivres. — Il est soûl imbranlable, ivre-mort.

Imparfait (in-par-fè), adj. Mal élevé, vicieux, taquin. — Un enfant imparfait. — Lorsqu'mi jeune homme devient trop entreprenant près d'une femme, celle-ci ne manque pas de lui il ire : ftles-vous imparfait !

N.'B.— Ca veut dire : continuez.

In (in). Nom dénombre, un. IVien qu'au masculin on prononce in, le féminin fait cune.

Incommodé (ink*mo-dé), adj. Blessé, se dit siirlout d'une personne atteinte d'une hernie, ou d'une infirmité non apparente.

Ingénie (in-jé-ni), s. m. Talent, adresse. — Elle sait tout faire, elle a tant d'ingénié.

Du latin Ingenium;couï. le patois gascon gignec, ingénieux.

Itou (i-tou), adv. Aussi, pareillement, de même. T'aime ben boire un coup, moi itou. On dit aussi dtou.

Du latin Item, ou cliam,

Ivrogner (s') (i-vro-gné), verbe réfléchi. S'enivrer, se livrer à la boisson. L'Académie donne ce verbe comme neutre. « Il ne fait autre chose que d'ivrogner. » Ici nous dirions : que de s' ivrogner.

Jabot (ja-bo), s. m. Parpaillère de la chemise ou du tablier, dont on se sert comme de poclie. — Un tablier à jabot, à bavette; — Mettre son mouchoir dans son jabot. — Les enfants qui dénichent des nids mettent les petits dans leur jabot. || Fig. Conscience. — Il en a lourd sur le jabot. — Faut voir ce quil a dons le jabot. — Rabelais a plusieurs fois employé ce mot dans le même sens. || Jabot, caquet, bavardage. — A-ti un jabot, c*gas-là !

Jacol (à) (jâ-kôF), loc. adv. Sur le dos, sur les épaules, à cali. fourchon. — Porter un enfant à jacol. — On porte un vétemen t à jacol en le posant sur les épaules et laissant pendre les manches. L'auteur du glossaire de TAnjou fait venir ce mot de Jacques, vêtement usité au moyen âge,' dont on a fait jaquette.

JacquotO^-ko), s. m. Un des noms du geai. Ce nom est du reste commun à tous les oiseaux chanteurs. — As-tu déjeuné, Jacquot ?

Le nom du geai donne lieu dans les campagnes à une plaisanterie des plus spirituelles ! Un loustic, au lieu de dire un geai, dit ordinairement, un je n'ai pas.

Jale (jal'), s. f. Engelure. (V. Geale.) Ane. fr. Jalée, gelée.

Jàleux (jâ-leù), adj. Jaloux.

Ane. fr.

Jallas (ja-lâ), s. m. Grande seille de bois en usage dans les vendangeoirs du Vendômois pour tirer et transporter le vin, d'une contenance d'environ vingt litres. (V. Anciennes mesures .) Ane. fr. Jalle, jallais, jalée, d'où l'anglais Gallon.

Jambéyer (jan-bé-ié), v. a. Mesurera l'enjambée. Ane. fr. Jam bayer. Dans Palsgrave, enjamber.

Jambioter (jan-bio-té), v. n. Boiter, en parlant d'un meuble dont les pieds sont inégaux, ou qui se trouve sur un terrain

inégal, où les pieds ne peuvent porter de niveau. — Mets donc une pièce de cent sous sous Fpied d'ta selle, ajambiote.

Japiller (ja-pi-ié), v. n. Bavarder.

Étym. inc.

Jacquenasser (jak'na-sé), v. n. Bavarder, babiller, diminutirde Jacasser.

Jard 0^1*)) S- ^^' Bas-fond de gravier, rapide dans une rivière. H Gros gravier servant à Tempierrement des routes, à la confection du béton. Le jard est du caillou roulé par les eaux et extrait des rivières, tandis qu*on désigne par caillou les matériaux extraits des carrières. — Les ponts el-chaussées écrivent jard, d'autres personnes jar ou jarre. — On appelle petit jard le gros sable qu'on répand dans les allées de jardin.

Jardrin (jar-drin), s. m. Jardin.

Ane. fr.

« De matstre Michel Longuet, licencié è« lois, advocat liscal au baillage de Vendômois, la somme de cent sols tournois à cause de la ferme des antiennes escolles de ceste ville et des jardrins qui en dé. pendent. »

(Reg. de comptes de Philippe Fleurin, recepveur des deniers communs de la ville de Vendosme pour l'année 1559 1560.)

Et me suis aventuré

Bn nos jardrins je suis entré.

{Chanson du xv« siècle,)

Jardriner (jar-dri-né), v. n. S'occuper du jardrin. — Une fermière montrant son jardin plein d'herbe, disait : Icite, j'avons guère l'temps d'jardriner.

Jarretier (jar'-lié), s. m. Jarretière. — J'ai perdu monjarretier. — Le jarretier de la mariée. Ce mot est écrit Jarliev dans le Dictionnaire des rimes francoises, selon Tordre des lettres de l'alphabet. Paris, 1596.

Jarreter (jar'-tô), v. n. Krapper les sabots l'un contre l'autre en marchant. Se dit des chevaux et des hommes.

JAa (jù), s. m. Jai*s, m&Ie de Foie ; on prononce aussi Jau.

Perrette, où est le jas ?

Perrette il est là-has.

Perrette, que fait-il ?

Perrette, il fait son nid.

{Vieille chanson.)

Jas et jau viennent du lalin galhis, coq, commo joie de gaudium. Le glossaire latin français du xv« siècle de la bibliothèque de Lille donne le mot : Ancer, gart.

Jaspa (à) (jas-pa), adv. Posture que prend une bonne femme devant une belle joannée, les pieds sur les chenets. En argot parisien, faire chapelle.

Étym. inc.

Jaucher (jo-chè), v. a. Saillir en parlant de Taccouplenient des volailles. || Fig. Caresser, embrasser.

Ane. fr. Jau, coq.

Pour mieux te jaucher un petit.

(Ronsard.)

Jauge (joj*), s. f. Pièce de la charrue qui règle la profondeur du sillon. Il Tranchée que fuit le jardinier avant de bêcher un terrain.

Jauger Qo-ié), v. n. Faire une jauge pour commencer le bêchage, ou pour mettre des plantes ou arbustes en nourrice, en attendant la plantation.

Jauneau (jo-nio), s. m. Fleur simple ou double du narcisse jaune. Narcissus Psendo Narcissus (Amaryllidées). En général toutes les fleurs jaunes.

Javelot (jav'lo),s. m. Petit fagot de sarment de vigne. Ane. fr. Javèle, poignée.

Je, pron. i^ pers. du plur. pour nous. — J'avons, j'allons, je mangeons.

Au xvie siècle, à la cour de François I«-'*, on disait j'avons. (GÉNIN, Variations du langage français,)

« Depuis ce temps, j*avons été en grand danger, car le jour (l<^s Innocents, on nous a fait une belle peur, car ^l"*^ Isabeau étoit venue |K)ur nous donner les innocents (1), mais j'élionsdéjà levés, et le duc de Bavière qui est venu pour les donner a été bien estrillé. Et si je les avons données à M. de Lorraine dans son lit. Je ferons )x>uquet à revenir de peur des coups. »

(Lettre de Henri de Guise, âgé de 7 ans, à son père Franr >is, qui fut assassiné en 15)3, par Poltrot de Méré. Publications de la ^'oc des Ant. de France.)

(1) Le jour des Saints-Innocents, il était d'usage de donner le fouet aux paresseux.

Jean (Saint-), loc. prov. Être de la Saint-Jean, être intelligent, précoce. Les enfants nés à la Saint- Jean passent pour être plus avancés que les autres. || Herbes de la Saint-Jean. Se dit de toutes les plantes précoces. — Des pommes de terre de Saint-Jean. — J*y ai mis toutes les herbes de la Saint-Jean : je n'ai rien négligé (1). || Nu comme un petit saint Jean, loc. prov. Il était d'usage autrefois dans les processions de la Fête- Dieu de figurer saint Jean-Baptiste par un très jeune enfant n'ayant pour vêtement qu'une peau de mouton.

Jeannette (ja-nëf), s. f. Nom qu'on donne aux chèvres.

Jerdereau. ( V. (rerdet^eau.) ^

Jeton (j'ion), s. m. Essaim d'abeilles qui se jette hors de la ruche. (Dans Furetière.)

Jeu (jeu), s. m. Juc, juchoir pour les poules. (V. Ju.)

Jeu d'eau (jeu-diô), s. m. Jet d'eau. || Bande de bois taillée en chanfrein ou en doucinequi se place au bas d'une porte ou d'une fenôlre pour rejeter l'eau en dehors.

Jeudi (jeu-di), s. m. Nom de la sauterelle des vignes. ^V. lioUcux et Midi.)

Jinguer. (V. Ginguer.)

Jiter (ji-tè), v. a. Jeter. Tout le monde connaît l'embarras du malade de campagne auquel le pharmacien remet une potion en lui recommandant de Varfiter avant de s'en servir. || Vomir.

Jobet îjo-bé), adj. Nigaud, bêta, jobard. — Un grand jobé.

Jornée (jor-née), s. f. Journée. — Aller en jornée. — A jornée faite. Le jornâié est celui qui travaille à la jornée.

Joté Qo-lé), adj. Crotté, barbouillé, se dit des personnes et dos choses. — Des vêtements jotés, une figure jotée. Étym. inc.

Jotte (jot'i, s. f. Nom de plante, Haphanus Raphanistrum, rave-

(I) D'après les aDciennes traditions, les herbes cueillies dans la Doit de la Saint Jean avaient une quantité de propriétés merveilleuses. Nous ne citons que celle-ci d'après les Évangiles des quenouilles, dans l'espoir que la recette pourra être utile à quelques unes de nos lectrices. « Un fétu de paille cueilli dans la nuit de Saint -Jehant tandis qu'on sonne nonne, et placé dans la serrure du coffre, contraint les maris à donner lieaucoup d'argent à leurs femmes. »

nelle, crucifère à fleurs jaunes, qui croît ea abondance dans les champs d'avoine. Il ne faut pas confondre la Jotte avec la Russe ou sinapis arvensis, malgré la ressemblance de ces deux plantes ; les herbières ne s'y trompent pas.

Jouannée Qoua-née), s. f. Flambée claire et vive, ardente, mais de peu de durée. — Une jouannée de sarments. Ch. Chautard dans ses notes écrivait à tort Joiennée, dominé par cette idée que ce mot venait de joie, flamme joyeuse ; en effet, une flambée s'appelle aussi une réjouissance. Mais la véritable orthographe est Joannée, feu de la Saint-lean, du \aX\n Johamies. Si nous écrivons jouannée, c'est à cause de la prononciation.

Jouannet (joua-né), adj. Précoce, de la Saint-Jean. — Des pommes de terre jouan nettes.

Joué (joué), adv. Peu, trop peu, pas assez. — M'man, j'ai joué d'pain, dô'm'en cor. — Entre trop et joué y a un mitan. Prov. local.

Étym. inc.

Jouette (jouèf), s. f. Petit terrier peu profond on la femelle du lapin va meltre bas.

Journet (jour-né), s. ni. Ajonc, U lex europeus, papiVionacées. || Journetière, champ d'ajoncs. Il Nom de localité, les Journets, commune de Bouffry.

Jouxte (joûf), adv. Près de, joi^mant, à côté. Ane. fr. Joste, jouxte, laWnjuxta.

On connaît la formule des anciens imprimeurs, « .louxte la copie •.

Josle le riva^jces'î tinrent.

{Roman de la Rose.)

Jouxter (jou-té), v. n. Confiner, aboutir. — Une pièce de terre jouxtant de galerne au bois de Meslay, de soulare un chemin.

Ju (ju), s. m. Juc, perchoir pour les poules. Ane. fr. Même sens.

Judan (ju-dan), s. m. Giboulée. — Hargne galerniau. (Perche.) Étym. inc.

Juenne (juèn*), s. m. Chevène, chevanne ; on prononce aussi juerne, juarne, poisson blanc très commun dans le Loir. (V. Chuarne.)

Juet (juè), s. m. Même sens que Jnc^ perchoir.

Jugé Ou-jé), adj. Condamné. — T'as Pair d'un jugé, c'est-à-dire: tu as l'air triste. Le peuple a dans l'idée que du moment que l'on comparait devant un juge, fût-ce comme témoin, on est forcément condamné.

Jugeance (ju-jans'), s. f. Jugement, appréciation. — V'ià c'que j'ai compris dans ma petite jugeance. On dit ^ussi jugeotte, mais ce mot appartient plus spécialement à l'argot des faubourgs de Paris.

Juin Oui")» s* ^' Purin, jus de fumier.

Juper (ju-pé), v. a. Appeler, dans le Perche. Étym. inc.

Jupiter (ju-pi-ler'), adj. Turbulent, pétulant, indocile. — Oh î c'train est i Jupiter!

Ju8(jù), adj. Nivelé, horizontal. — Un terrain jus.

Jus (jù), adv. A bas, à terre. || Prépos. Auprès. — Au jus de moi. Il Jusqu'à. — L'eau est montée au jus du mur, jusqu'au mur. Il Tout au jus, tout au plus. — Elle a quinze ans tout au jus.

Latin, juxta.

Lors vis à moi tout droit venant Raison la belle et avenant Qui de sa tour jus descendit.

(Roman de la Rose.)

Jusqu'à tant que, loc. adv. Jusqu'à ce que. — J'attendrai jusqu'à tant que vous viendrez. Il vaudrait mieux certes écrire jusqu'à temps que, mais nous conservons l'orthographe de Ronsard.

Il (le IxBuOnnet près de son joug le travail oublié Et dort sons aucun soin jusqu*à tant que l'aurore Le réveille ou matin pour travailler encore.

(Ronsard.)

Baise-moi mignonnemcnt,

Serrement, Jusqu'à tant que je die :

Las ! je n'en puis plus, ma mie !

(R. Belleau.)

Jussiau (ju-sio), s. m. Jus de fumier, purin.

Justice (jus-tis'), s. f. Nom de nombreuses localités. — I^ Justice, les Justices. — La garenne de la Justice, commune de Faye, etc., lieux où s'élevaient les fourches patibulaires.

Keroué (keu-roué), s. m. (V. Crouet.)

Kertoufflet (keur-tou-flé), s. m. Nom d'une petite poire qui mûrit au moment de la moisson.

Keudre (koudr*), v. a. Coudre.

Ane. fr.

Kiauler (ki-6-lé), v. n. Crier, gémir. Se dit surtout du cri traînant de Tenfantqui appelle sa mère sans motif. Dans certaines régions, le laboureur ou le bouvier kiaule ou tiaule ses bœufs pour les animer.

Laboureuz (la-bou-reux), s. m. Laboureur. Dans le Trançâis actuel, laboureur veut drre celui qui laboure, ouvrier, tandis qu'autrefois il avait en outre le sens de cultivateur.

Mare haleux Marie la fille du Laboureux.

Lacas (la-câ), s. m. Flaque d'eau, liquide qui séjourne après la pluie dans une dépression de terrain. — Un laças d'iau, c'està-dire un petit lac d'eau.

Lairrai (lè-rè). Futur de Tancien verbe français lairrer, laisser, aujourd'hui inusité. — Je lairrai, tu lairras, il lairra, nous lairrons, vous lairrez, ils lairront. — Si vous n'en êtes pas content, vous l'iairrez.

Compère Guillery, Te lairrastu {ter) mouri?

a I/avaricieux, encore qu'il ayt plains cofTrea d'argent, il se lerra mourir de faim, plustôt que d'en oster un liard. »

(RoNS. Discours sur le sujet des vertus actioes.)

Laitice (kVtis'), s. f. Hermine ; cet animal passait pour être de mauvais augure et porter malheur, surtout lorsqu'on le rencontrait la nuit L'Hermine se trouvait dans les bois du Perche, mais malgré sa mauvaise réputation, elle était l'objet d'une chasse acharnée, à cause de la valeur de sa peau. Aussi ce petit carnassier est-il devenu presque introuvable aujourd'hui. Étym. Animal blanc comme lait.

Laiton (lè-ton), s. m. Jeune animal encore nourri au lait, se dit spécialement du cochon de lait et du poulain.

Dans Ovide et dans saint Jérôme, lactaiis signifie cochon de lait. Dans les textes du moyen âge, c-e mot est employé dans le sens d'enfant nouveau-né. ^V. Ann. de Saint- Wciast^ ap. D. Bouquet.)

Là loin (la-louin), adv. Ici près, à une petite distance. — Ous qu'est vont* hommes — Il est là loin.

Lambic (lan-bik'), s. f. Alambic. — Cuire à la lambic, doucement et longtemps.

Ane. fr. Lambiquer, distiller.

Lambourde (lan-bourd'), s. f. Long fouet à Tusage des laboureurs.

Landas (lan-dâ), s. m. Terre jaune argileuse dont on se sert pour la construction au lieu de mortier. Il Terre sans pierre, facile à travailler.

Étym. germ. Latid, terre.

Lande (land'), s. f. Ajonc. |{ Terrain inculte, nom de nom breuses localités.

Landes (lend*), s. f. Lente, larve du pou, sur la tête des enfants malpropres.

Latin Lens, même sens.

Landier (lan-diè), s. m. Place où Ton couche quelque chose ; le cochon abattu tombe sur le landier. || Être sur le landier, être dans la dernière des misères. Être réduit à n'avoir ni feu ni lieu, à coucher sur le sol. Landier dans ce sens paraît un diminutif de lande, terrain.

Langer (lan-jé), v. a. Emmailloter un enfant, Fenvelopper de langes. 11 est surprenant que les dictionnaires ne donnent pas ce mot si usité.

Langue de Bœuf, s. f. Buglosse, Anchusa ilalica. Borraginées.

Langue d'oie, s. f. Renouée persicaire, Polygonum Persicaria. Polygonées.

Lanveme <lan-varn'), s. f. Baliverne. || Nom d'une danse ou mieux d'une ronde populaire, Étym. inc.

A qui dansera le mieux La lanveme, la lanveme, A qui dansera le mieux La lanveme de nous deux.

(Refrain pop.)

Lapin (la-pin), s. m. Voyageur pris dans une voiture publique en surcharge, en sus du nombre réglementaire.

Larme. Dans la locution locale : « Être plus près de la Sainte Larme que du clocher de l'abbaye > se dit d'une personne

prête à pleurer. Allusion à la relique de la Sainte-Larme qui était conservée dans l'abbaye de la Trinité de Vendôme.

Larris (lâ-ri), s. m. Terre inculte, lande. On dit aussi quelquefois arris. — Les arris de Bel-Air, commune de Saint-Ouen. Il est probable que le peuple croit que L dans larris est un article et qu'il l'a mis au pluriel en disant les arris. Mais le vrai mot est larris, l'ancien français est là pour en témoigner.

Ane. fr. Bas-latin iMn^icium, même sens. On trouve larris avec ce sens dans la Chanson de Rolland,

Lavoù (la-vou), adv. Là où. — Là voù que c'est. — Là voû qu' vous allez ?

Lavaille (la-vaye), s. f. Eau de vaisselle, lavasse. — C café, c'est de la vraie lavaille.

Lavier (la-vié), s. m. Évier, où l'on lave la vaisselle.

Léant (lé-an), adj. Hébété, qui a la tête lourde, en parlant des moutons.

Étym. inc.

Lègne (lègn'), s. f. Ligne à pêcher. Il Cordeau du charpentier.

Lène (lèn'), s. f. Nielle des blés, Ltjchnis GithagOy caryophyllées.

Lèse (lez'), s. f. Lé, largeur d'une éloffe. — Du drap de grande lèse. Il Lèse, lisière d'un bois.

Lésir (le zi), s. m. Prononciation de Loisir. Ane. fr. Lésir, loisir.

Lessu (là-su), s. m. Eau de lessive. Des gens qui croient bien parler disent du lessif; ce mot n'est pas plus français que lessu. Il est regrettable que ce terme de l'ancien français n'ait pas été conservé ; il serait bon de ne pas employer le même mot pour exprimer deux idées différentes. En effet, d'après l'Académie, on doitdire : je vais faire la lessive, et : je vais laver les carreaux de ma cuisine avec de la lessive. Conf. celt. Lissiu, lessive. (Zeuss, Gram. ccllica)

Leux (leû), pronon. pers. Employé à la place de se. — I leux sont battus. — Le jour de l'assemblée, les gas leux sont ben divartis. || Pr. poss. Leur. I^ux père, leux mère, vous leux direz. Souvent on ajoute à la suite Vi euphonique. — Vous leuz i direz.

Levage (le-vaj'), s. m. Congé, acquit-à-caulion, passe-debout, toute pièce émanant de la régie. — Les commis m'ont fait un procès, parce que J'menais du vin, et j'avais pas de levage.

Dans les anciennes coutumes, le levage signifiait perception d'impôt, droit qui se percevait à l'entrée ou à la sortie d'une marchandise dans une localité. || Terme de métier, action de lever une pièce de charpente taillée pour la mettre en place. — Où en étes-vous du travail ? — Nous en sommes au levage. Il Appel aux ouvriers pour se remettre à l'ouvrage après un repos. — Allons ! au levage, au levage, c'est-à-dire : levez-vous et reprenez le travail.

Bas-latin Levagiumf même sens.

Lever (le-vé), s. m. Lever, ou levée des guérets, premier labour. Il est étonnant que ni l'Académie ni Littré n'aient admis ce mot, cependant d'un usage général.

lii (li), pron. pers. lui. Ce mot se prononce souvent comme s'il était écrit avec le gl italien ou le //' espagnol. — Vousli direz ; pron.; vouyi direz.

Ane. fr.

« Par plusieurs fois nous ait requis et supplié que les dictes terres li fussent assises et ce qui deu li est et li fut payé. »

(Lettres du roi Jean 1355, Secousse.)

Lian (ian), s. m. (V. lan.) Lien d'une gerbe, d'un fagot. Comparez à Liane, Ane. fr.

La main de Jupiter du monde l'artizan.

Irrité contre moi, m*a filé ce Jian.

(R. Bblleau.)

Liardeur (liar-deux), adj. Qui liarde. L'Académie admet le verbe Uarder, mais non V adjectif liardeur.

Lichard (li-ehar), adj. Friand, gourmand.

Liche (lich'), s. f. Gourmandise. — Il aime la liche, ou la licherie. Il Terre argileuse employée pour faire des batardeaux.

Iiichepot (li-ch'po), s. m. Nom du doigt indicateur.

Iiicher (li-chè), v. a. Lécher. — Le chat liche les assiettes. || Au sens neutre, licher, aimer les bons morceaux. — Il aime ben à licher chez les autres.

Ane. fr. même sens, lichier, licheor, gourmand; langue d'oc,

lichanuy goinfi"erie. Bas-latin, /.«rator, gourmand. Conf. Lichen, du {zrec myjtt. planle qui liche les pierres, qui s'étale.

Les procureux ^ot des volcux.

Les avocats Sont des lich'plats.

(Ane. chans. percheronne).

Lichon (li-chou), adj. Gourmand, licheUV.

liichonnerie di-cho-nYie), s. f. Friandises.

Liétron (i-è-lron>, s. m. I^ileron, plante à suc laiteux, Sonchm oferaceuSy synanthérées. On dit aussi Laco^on.

Liette (i-èt*K s. f. Tiroir de table, de meuble. En fr. mod., layette, boite. — Mets donc les couquiaux dans la liette.

Paisgrave, qui écrivait au xvr siècle, dit qu'on écrivait originairement la iette en deux mots. Plus tard, l'article s'est soudé avec le mot comme dans lierre, et pour éviter l'hiatus, dans le centre de la France, on a dit rictte. Cependant, dès le xni«- siècle, on écrivait layette et liette. De la Borde dans son (ilossaire du Moyen-Age, donne à liette lesens de ruban, bandeau, lien, et cite ce passage de Brantôme (Marie StuaH) ! * A ses femmes leur partagea tout ce qui luy pou voit rester de bagues, de carcans, de liettes et accoustrements. » Si M. de la Horde avait connu le dialecte de Vendôme, il est probable qu'il n'aurait pas commis cette erreur, et qu'il eût donné à ce mot le sens de coffre, écrin.

Lieue (ieue), s. f. (V. Anciennes mesures.) \\ Noms de localités. — La grand'Iieue.

Lieuse (icuz'), s. f. Liure, gros cordage pour maintenir le chargement d'une charrette.

Lieuvre (ieuvr'). s. m. Lièvre. (V. leuvrc).

Ligère (li-jèr'), adj. Léger. — On dit qu'une charrette pèse ligère lorsque le chargement reporté en arrière tend à enlever le cheval.

Lubre de corps et ligère d'esprit.

(Loc. toc.)

Lignage di-gnaj'), s. m. Bois, fouet de vigne. Il Nom d'un cépage rouge dans le Blésois et le centre. Il Lignage (vin de), vin

fabriqué dans TOrléanais avec des raisins de qualité inférieure. (BouLAY, Manière de cultiver la vigne dans V Orléanais ; Colas, Manuel de la culture de la vigne dans VOrléanais. LiTTRÉ et Trévoux, Vin médioc^^e des environs d*Orléans.) C'est de ce vin qu1l est question dans la satire de Boileau.

D'un auvernat fumeux, qui, mêlé de lignage.

Se vendait chez Crenet pour vin de l'Ermitage.

En effet, à celle époque, les vins de consommation courante il Paris étaient pour la plus grande partie lires des environs d'Orléans.

Ligoche (li-goch'), s. f. Limace.

Ligou (li-gou), s. m. Mauvais outil, coupant mal.

Ligouger (li-gou-jé), v. n. Coupasser, gùcher. — N'en v'ia de l'ouvrage ligougée ! Dans le Maine, Ligouge veut dire : long couteau effilé, épée.

Étym. inc.

Limace li-ma-sé), s. m. Petit feu qui se consume lentement, sans flamme.

Limacer (li-ma-sè), v. n.Sc consumer lentement. — Le feu a limace toute la nuit. — On dit aussi limer.

Limande (li-mand'), s. f. Gaule longue et flexible.

Limas (li-mâ), s. m. Limaçon. Dans le dictionnaire de l'Académie de 1826, le mot limaçon est ainsi défini : Sorte d'insecte rampant! Cela vaut la définition de rêQrevisse : petit poisson rouge qui marche à reculons.

Limoniau (li-mo-nio), s m. Limon d'une petite voiture, d'une charrue.

Lindelle (lin-déF), s. f. Bande d'étolTe, bande de terrain. Élym. inc.

Lindi (lin-di), prononciation de Lundi.

Lingeux (lin-jeux), ad j. Apte, propre à. — Cette terre est lingeuse à l'été mue.

Étym. inc.

Lirotte (li-rof), s. f. Petite serpette servant spécialement à la cueillette des raisins.

Étym. inc.

Liroua (li-roua), s. m. Mauvais petit couteau. On dit aussi un lirou.

Lirouacer (li-roua-sé), v. n. Couper mal.

Lite (lit*), adj. D'élite, de première qualité. — Du blé lite. Cette expression se trouve dans les registres municipaux de Vendôme jusqu'en 1793. A partir de cette époque, le blé de première qualité est qualifié de blé froment.

Du latin Lectus, choisi.

Livrée (li-vrée), s. f. Rubans de boiniets flottants. — C'te nourrice a-t-elle une belle livrée î

Locas (lo-kâ),s. m. Nom d'une pomme taixJivc qui se man^^^e cuite tout rhiver. — - A la campagne on fait grand cas des pommes de locas.

Locature (lo-ka-tur'), s. f. Petite maison de cultivateur, sans terres labourables. Terme usité surtout dans le Perche. Bas-latin, Locata^ terrain à bâtir.

iMHsitÈm (locb'), s. f. Limace.

Ane. fr. Mot probablenrrent d'origine celtique ; conf. basbreton Ij)uch^ vorace.

Locher (Io-cIh*), v. n. Diminuer. || Remuer, grôler. (V. ce mot.) Un objet mal fixé loche. — La clef loche dans la seiTure. Étym. inc.

Logeriau (lo-jeu-rio), s. m. Petite loge, hangar.

Logette (lo-jèf), s. f. Espèce de cage sans fond, trébuchet pour prendre les petits oiseaux.

Loquenoe (lo-kans'), s. f. Loquacité, facilité d'élocution. Se dit non de Téloquence proprement dite, mais de la voix forte et sonore de l'orateur.

Ane. fr. Loquence, parole. Latin, loquentUt, dans Salluste, Ragou.

« J'avons encore bien pardu à la mort de l'évocat Boudin ; la Morgoué qu'il aval une belle loquence ! »

{Dialogue de deux guépins.)

Loquencier (lo-kan-sié), adj. Babillard, qui a de la loquenirc ; loquace. \\ Qui boit souvent et à petites gorgées.

Loquet (lo-kè), s. m. Clef, passe-partout. — J'ai perdu mon loquet. — Prôte-moi donc ton loquet pour rentrer. C'est plus spécialement une clef destinée à faire jouer le loquet, et ouvrir la porte quand elle n'est pas fermée à clef. Il y a dans les vieilles maisons de Vendôme une forte serrure à grosse clef, et une fermeture de jour à simple loqueteau et mentonnet.

qui s^ouvre avec une petite clef nommée loquet; le tout sans préjudicse des verroux. Mais aujourd'hui qu'on a de petites serrures, on nomme loquet toute petite clef portative.

Ras-latin /o(7U6^um, clef ; conf. anglais lok, serrure; germ. luken, fermer. || Loquet, prononciation de Hoquet, par la soudure de l'art, et pour éviter l'hiatus.

J*ai rioquet, Berioquet, Oremus, Je n'iai plus,

phrase qu'on fait répéter plusieurs fois de suite très rapidement aux enfants qui ont le hoquet; c'est dit-on un remôde infaillible!

Ijord (lor), adj. Lourd, qui éprouve un alourdissement. || Fig. Sot, lourdaud.

Ane. fr., lord, lourd.

Lordelle, lordène, lorderolle (lor-dùl'), s. f. Ëtouà^dissement, vertige.

Lordène (lor-dèn'), s. f. Bdéme sens.

Lordine (lor-din'), s. f. Même sens. Ces mots s'emploient aussi pour désigner l'attaque d'apoplexie ou de paralysie.

Lorgne florgn'), adj. Qui marche le dos voûté et la tôte bais-

Bas-latin, lordicaref marcher le dos courbé.

Louée (lou-ée), s. f. Assemblée, lieu où se réunissent les domestiques des deux sexes pour se louer pour les travaux de la campagne; les louées ont lieu ordinairement à la Saint-Jean et k la Toussaint. Il y a en outre des louées partielles pour les gens qui vont faire les foins, la moisson, etc. Dans le temps qu'il y avait encore des vendanges, les maîtres se rendaient entre quatre et cinq heures du matin sur la place du village où se tenait la louée des vendangeurs et embauchaient des ouvriers soit pour la journée, soit pour plusieurs jours. Cet usage a disparu avec l'invasion du phylloxéra.

Louëte (louèf), s. f. Tique qui s'attache à la peau des animaux. Dans Tanc. fr. Louùte voulait diœune excroissance d'écorce sur les arbres.

Conf. Bas-breton, Louenn; comique Loven, pou.

Louise (louiz'), s. f. Nom de l'œillet en bouquet et à bractées. {Dianthus barbatus), appelé aussi œillet de poète.

Lourdée (lour-ilée), s. f. Charge que peut porter une personne.

Lourdine (lour-din*), s. f. Lourdeur de tête. — On dit aussi lourdelle. (V. Lordèle, Lordine.) Prendre une lourdine, s'enivrer.

Louriot (lou-rio), s. m. Prononciation de Loriot.

Lubre (leubr'), adj. Lourd. — Mon fagot est ben lubre.

Étym. inc. Peut-être de la même racine que lubtHcus, glissant (?). Ce qui est lourd glisse des mains.

Luizard (lui-zar), s. m. Lézard. Rabelais disait Lizard.

Luizarder (lui-zar-dé), v. n. Se dit du soleil lorsqu'il luU à moitié entre les nuages. Si le soleil luizarde à la Chandeleur, on n'est qu'à moitié hiverné. (Dicton populaire.)

Luizette (lui-zèf), s. f. Luzerne.

Lumas (lu-mù), s. m. Ëscai*got, limaçon. — Les lumas ont mangé mes salades.

Il Retroussé comme un lumas qui va aux fraises, locution vendômoise.

Bas-latin, Lumaca^ escalier en spirale. Le mot Lumas a servi dans la formation du mot scientifique calcaire lumachelle.

« 1770. — Au 20 mai, beaucoup de lumas et il n*y eut presque pas de raisin. »

(Journal de Lattron.)

Lumelle (lu-mèl'), s. f. Lame. (V. Alumelle.)

Luxnéro (lu-mé-ro). Prononciation de numéro.

Lune (leun'), s. f. Nom de localité. — La lune de Belair, rondpoint sur la route de Paris, commune de Saint-Ouen. || Lune de Blois (large comme la), loc. locale. On se demande pourquoi la lune est plus large à Blois qu*à Vendôme. Adhvc sub judicc lis est. A Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), on dit: la lune de Vendôme. || Lune (vin de), vin fait avec des raisins volés au clair de lune. Il Lune des loups (garder la), prendre une peine inutile.

a Je vis deux giborins à part sur le haut d*uDe tour, lesquels faisoient sentinelle, et nous fut dit qu'il gardaient la lune des I^oups. »

(Rabelais.)

Lune part, prononciation de nulle part.

Lunot (lu-no), s. m. Linot, ou linette, oiseau.

Lunotter (lu-no-té), v. ri. Regarder iiiinutieusemenl.

Luré(lu-rè), adj. Prédestiné, quia de la malchance. — Il est luré par le malheur.

Lureau (lu-ro),s. m. État de la chatte en chaleur. — \^ne chatte en lureau.

Lurer (lu-rè), v. n. Flâner, lambiner. (Perche.)

liurier (lu-riè), adj. Lambin.

Lut (lù, le t se prononce, mais à peine), s. m. État des chèvres qui sont en chaleur et recherchent le mâle.

Lutter (lu-tè), v. n. Se dit des animaux qui s'accouplent. — On dit à Vendôme d'une personne qui est morte en état de virginité : Elle est comme la bique à Ballu, morte sans avoir lutté. Ballu était un vigoeron, beau parleur, qui se plaignait de tous côtés que sa bique était morte sans avoir lutté. Son désespoir venait de ce que son espérance d'avoir des biquets s'était évanouie.

Macabre (ma-kt\l>r'), adj. Lourd, pesant, maladroit, difficile.— Un outil macabre, dont on se sert avec peine, en mauvais étiit. Vn chemin macabre, un travail macabre, qu'on a de la peine à exécuter. || Dangereux, d'un résultat douteux. — Tne enl reprise niiicabrc. — Le Panama, c'est ben macabre- — Tu vas traverser la forêt la nuil, c'est ben macabre (i).

(1) Les dictionnaires n'emploient ce mol que dans TexpressioQ «danse macabre ». Les étymologistes paraissent être d'accord pour laire venirmacabre de Macchabée. En effet, dans plusieurs textes du moyen âge, la danse maca!»rc est indiquée par les termes rhorea macrabeorum. Mais il faut remorquer que c'était une traduction en latin d'une expression vul^^airo, les scribes plus ou moins lettrés traduisaient macabre par le mol latin qui leur paraissait le plus rapproché du son fran«;ai8. D'ailleurs, dons les nombreuses danses macabres que nous connaissons, il n'est pas à notre connaissance qu'il ait été question des Macchabées Nous savons qu'en ar;;ol moderne macchabée veut dire cadavre; la danse des macchabées serait donc la danst des morts, mais au moyen âge macchabée avait-il déjà le sens de noyé? ce qui est possible ; en hébreu, en effet, le mol makabé vculdirc : la chair quitte les 08. Le Hériché, que celle explication ne satisfait pas, fait venir macabre de l'arabe Makablr, cimetière. Peut-être faut-il rechercher autre part. Nous avons vu (V. Ahre-cabr'e) qu'on appelle ôbrecàbre certains nuages dont la forme rnppt^lle vaguement la forme d'un arbre, et qui présagent un changement de temps. Cabre, d'après Lacurne de Sainte-Palaye (édition l'al're), veuldire : noir, triste, sombre, de mauvais augure Dans la H»>urgogne, l'àbre-càbrc se nomme âbre-niaucabré, et dans le Morvan, abre-malcabre maucabre. Nous croyons que les Macchabées n'ont rien à voir dans la forme des nuages et dans la prévision du temps. Cela veut dire tout simplement arbre mal cabre, mauvaisement cabre, mal triste, de très mauvais augure. La danse macabre est une danse très triste, très sombre. Charles Nisard, qui ne connaissait apparemment pas notre adjectif cabre el le sens que nous donnons à macabre, el qui probablement n'avait jamais vu l'àbre-câbre, faisait venir le maucabre bourguignon du vieux français caablé, chablé. abattu par le vent, arbre mal chablé, tandis qu'il aurait dû y voir l'âbre macabre.

Màchecroûte (iiiacir-crout'), s. m. Entremetteur, négociateur d'un mariage, d'un marché. Employé le plus souvent en mauvaise part. Rabelais prononçait : machem...

Mâcher Châtaigne, loc. loc. — J'iui ai pas mâché châtaigne! Je lui ai dit ma façon de penser sans ménagement.

Machin (ma-chin), s. m. Chose ou personne dont on n'a pas le nom présent à l'esprit. — Passez-moi donc mon machin. — J*ai rencontré machin. — On appelle volontiers sa femme de ménafre <( mère machin ».

Magnier, v. a. Prononciation de Maniev.

Magni-Magno imagnl et non maffueni), loc. loc. Faire le mnîjnimagno, faire l'important. — Les mag li-magno de la paroisse, les gros bonnets.

Du latin inagntts, magni.

Mahon (ma-on), adj. Qui pnrle du nez.

Mahonner(mn-o-né), v. n. Parler du nez.

Onomatopée.

Mai (mè), s. m. Aid)épine, Cratipyus (uyacanlha. \\ Petit mai, mai des dames, spirée à feuilles de saule. 11 Branche verte ou fleurie que l'amoureux plante dans la nuit du 31 avril au P'* mai à la porte ou A. la fenêtre de la maison où il y a des jeunes fdles à marier. L'usage de planter un mai se perd de jour en jour.

Maie (mè), s. f. Sorte de huche ou coiïre où l'on pélril la pâte du pain, pétrin qui se ferme avec un couvercle à charnière; il sert de buffet les jours où l'on ne cuit pas. L'amoureux de campagne allant faire la cour fi sa promise s'assied ordinairement sur la maie, ce siège élevé faisant valoir ses avantages physiques. )| Maie de pressoir, aire en bois sur laquelle on écrase et on presse le raisin.

L'orthographe de ce mot est douteuse. Littré écrit maie : le diclionnaire de Trévoux, mai ; d'autres, niée, met, maict.

Si on admet l'étymologic^ du latin nuichui, pétrin, il faut écrire met. Si au contraire on préfère le bas-latin madxa^ dérivé du latin maijida^ colTre, dans Varron, il faut écrire maie.

Maignan (mè-gnan), s. m. Chaudronnier ambulant, nom propre de famille très répandu. Maignan, Maignen, Magnan, Magni n, Lemaignen.

Maillard (ma-iart), adj. Qui a de très petits grains. — Du raisin maillard. On dit aussi millard (mi-iar).

Maille (may*), s. f. Meule de $;rain ou de paille. (Beauce.)

Maillerée (may'-rée), s. f. Lieu où Ton entasse la paille ou le fourrage.

Maillée. (V. Anciennes mesures.)

Mailleor (ma-ieux), s. m. Celui qui fait du tilet, les mailles.

Maillon (ma-ion), s. m. Lien de i>aille de seigle pour accoler la vi;j:ne, lien d'osier employé par les jardiniers.

Main (min), s. f. Seillon, sorte de seau en bois sans anse; on le saisit au moyen d'un tasseau en bois fixé sur le bord intérieur. (V. Seillon.) La main contient environ le quart du jallas.

Main de fer, s. f. Sorte de crochet à plusieurs dents à manche court, pour enlever le raisin ou le marc.

« Main, outil des pressuriers de vendange à trois crochets en fer, dont ils harpent et applanissent le marc relevé des côtés après la taille. »

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