‹ Glossaire du VendômoisChapitre 10 sur 23 · INFINITIF · texte numérisé non relu

INFINITIF

Ëte.

Être, s'emploie quelquefois pour avoir. — Il était des fruits l'an dernier, il n'en est pas celte année. De même que avoir s'emploie quelquefois pour iHre, — Il y avait une fois.

Étremper (é-tran-pè), v. n. Élever ou abaisser la charrue suivant que la terre est plus ou moins profonde. On dit qu'une femme étrempe suivant qu'elle relève plus ou moins sa robe, d'après l'état du chemin.

Étym. inc.

Ëtuger (è-tu-jè), v. n. Sortir adroitement d'un pas difficile. Étvm. inc.

Eù (è-u), part. pas.sé de avoir,

Li oisel qui se sont léus Tant coin ils ont le froil eu.

{Roman de la Rose.)

Eusses (eus'), prononciation de eux. — Merci pour eusses.

Évas (è-vA.i, s. m. Terrain bas; mouilleux. Élvasée e.st la terre humide qui glisse le long d'une pente.

Évenerie (é-vèn'ri), s. f. Chaume d'avoine.

Ëvertoui (é-vèr-toui), adj. Alerte, vif, enjoué. On dit aussi : Evestoui et rcvestoui.

Étvm. inc.

Ëveux (è-veù), adj. Mouilleux, humide, marécageux. — Une terre éveuse.

Ane. fr. Évas, éveïs, marécageux. — De eve, ancienne forme de eau. Quelques philologues ont cru voir dans ève un mot celtique, peut-être ont-ils raison. Mais il n'en est pas moins vrai que ève dérive très régulièrement du latin aqua, on suit parfaitement la transformation.

Le motètx» se retrouve dans quelques noms de localités. Le chemin des Belles-Èveries, aux Fontaines. Le chemin des Belles-Eaux. Nous ne savons pourquoi l'administration municipale de Vendôme s'obstine à écrire les Bellezèverics par un z, et en un seul mot.

Évis (è-vi), s. m. Avis. — M'est évis que...

Évu (ô-vu), part, passé de Avoir.

Ebcemple (é-g/empD, s. f. Ce mot était féminin au moyen-àge, il Test resté dans le Vendômois. — N'en v'ia une belle exemple qu'tu donnes à tes enfants!

Car ils prennent la bonne exemple.

(Roman de la Rose.)

Exploit (és-ploué), loc. Avoir de Tcxploit: un bon ouvrier a de l'exploit, il exploite beaucoup de besogne. — L'ne ouvroge qui n*est pas exploitante, pas avantageuse. (V. Éplcter.)

Exprès (es pré) adv., indique une idée do superlatif, d'opportunité. — C'est exprès, c'est-à-dire, ça tombe juste à point. — Il est laid exprès. || Par exprès. Je ne l'ai pas fait par exprès.

Eyeuse (è-ieuz'), s. f. Déchets de menue paille et d'herbe qu'on retire de la paille de seigle lorsqu'on fait les liens. Ces résidus sont donnés comme nourriture aux bestiaux.

Fade (fad'), s. f. Fée. — La croyance aux fées commence à se perdre, et le nom de Fade n'est plus guère compris que par quelques vieillards Ce mot se retrouve cependant dans quelques noms de localités. —Le Réage des Fades, commune de Ilenay.

Faignant (fé-gnan), adj. Fainéant. || Faignant. s. m. Siège sur le côté d'une charrette (V. Flanière.)

Faire, v. a. Nous donnons ici 1( s principaux temps du verbe fain\ — Ind. Je fais, je fommes, vous faisez, ils faisaint. — Futur. Je frai, je fronmies, i fitiint. — Imp. Fommes, ou fons, faisez.

Faffée (fa-fce), s. f. Grande quantité de nourriture. — Y avait eu ne fameuse falTée de pouas.

Étvm. inc.

Fagottier (fa-go-tié), s. m. Tas de bourrées destinées à la consommation journalière, lieu où se placent les fagols.

Faglin (fa-glin), adj. Faible, d'apparence maladive, chiguerJi. (V. ce mol.)

Faim (lin), s. f. Besoin, envie. — J'ai faim de manger, de dormir, de ch... — J'avais faim de vous voir.

Faîteau (fù-tio), s. m. Enfaiteau, faitièrc.

Falot (fa-lo), s. m. Grande lanterne carrée ou oblongue, garnie de \Q\'\'Q sur les quatre faces. Il y avait des falots à une ou deux chandelles. Le falot servait aux bourgeois attardés pour s'éclairer la nuit dans les rues peu ou point éclairées. Il y a une quarantaine d'années, on ne sortait guère sans un falot; les gens qui se respectaient le faisaient porter par un dômes tique. Mais aujourd'hui que le moindre chef-lieu de canton est éclairé {p.) au gaz, on a pris l'habitude de marcher dans l'obscurité. Bien que ce mot soit français, nous avons cru devoir le reproduire, l'usage en étant devenu complètement inconnu à la génération actuelle.

Fambeyer, fambrayer (fan-brè-ié), v. n. Nettoyer l'étable, en tirer le fumier. Autrefois, il était d'usage de fambreyer la bergerie, la veille de Noël. On dit aussi Frambeyer. Ane. fr. fembréer, fumer; fambray, fumier.

Fanir (fa-ni), v. n. Faner, tlétrir. — Une femme fanie. Ane. fr.

Comme la ruse languissanle, Par une chaleur violente Se fanil, se sèche et se cuit.

(R. Belleau.)

Sois toujours en moi rebaigné, De la rosée qui d'eux glisse Et jamais juin ne le fennisse.

(Ronsard )

Para (fa-ra), s. m. Agitation, préoccupation, être en derda.

Faraud (fa-rô), adj. Trèfle faraud, trèfle incarnat; dans le Midi on dit du trèfle farouche, ou môme de lu farouche.

Fargon (far-gon), s. m. (V. Fourgon.) Ràble pour nettoyer le four.

Farganne (far-gan*), s. f. Gosier. (V. Fourganne.)

Fasselle (fa-sèl), s. f. Petit vase en métal ou poterie percé de trous, dans lequel on met égoulter les fromages. La fasselle est la même choscque le cageot, le nom s'applique bien mieux à cette corbeille d'osier; cependant, aujourd'hui, on l'applique spécialement aux récipients en fer-blanc ou en terre cuite. En eflet, fasselle, anc. fr. faiscelle, flscelle, veut dire petit panier; il vient du latin fisccllam, diminutif de fiscus, panier.

Faucherie (fô-che-rie), s. f. Époque où l'on fauche les foins.

Faupi (fô-pi), adj. Défraîchi, froissé, mal plié.

Faupir(fô-pi), v. a. Froisser, chiflonner, fripper. Dans le Perche on dit feupir, on dit aussi foupir.

Étym. inc.

« En me criant : vilain tu faupis tout mon linge.

(ScARRON, Jodelet.)

Fauter (fô-tè), v. n. Faire une faute, manquer, pécher.

Faut-il? (fô-ti), interjection d'élonnoment, de regret, de pitié. — Oh ! faut-il ! Est-ce Dieu possible ! L'intonation sert à indi-

quer la partie sous-entendue, et on comprend tonjours parfaitement. Oh ! faul-il (être canaille), faut-il (qu'une chose pareille soit arrivée), etc.

Faux blé, plante, orge sauvage qui croît le long des chemins, llorileum murinuîH, graminées.

Feillat (fé-ia), s. m. Feuillage, rameau, brindille. Dans les grandes chaleurs, lorsque les mouches tourmentent les chevaux, on attache autour des harnais des feillats dont le mouvement chasse les mouches comme lesémouchettes. Ane. fr. Feille, feillce, feuille.

Féger (fê-jé), v. n. Figer.

Ane. fr. Fégir.

Féliau (fé-lio), s. m. Fléau, dans le Perche.

Féner (fù-nè). v. n. Faner, faire sécher le foin, ou hîs fourrages. Ane. fr. Féner. Olivier de Serres emploie fréquenmient ce mot.

« Comme un arbre qui s'en va fénanl cl scchaot, faute de prondre nourriture. »

(Amyot, Vie de Bomulu*.)

Aujourd'hui on dit encore fenaison et non fanalson. Bas-latin, fenarc, de fœnum, foin.

Féneux (fe-neû), s. m. Celui qui fane les foins.

Férasse fè-ras'), s. f. Chanvre de dernière qualité.

Férassier (fé-ra-sié), s. m. Celui qui travaille le chanvre, ferrandier, fdtoupier.

Ferdasser (feur-da-sé), v. n. Etre agité, ému, sous le coup d'une émotion agréable. — En voyant c'bon fricot, la langue y ferdasse ; l'eau lui vient à la bouche.

Étym. inc.

Férion (fé-rion), s. m. Dard d'une guôpe, d'un reptile venimeux. Du latin, ferirc '? frapper.

Ferlinser (four-lin-sé), v. n. Faire un bruit de ferrailles, de chaînes, de métaux qui se heurtent. Se dit surtout du bruit des vitres (jui vibrent.

Ce mot vient du bruit occasionné dans la poche par les pièces de menues monnaies qui frôlent l'une contre l'autre. En effet, env.fr., ferlin ou frelin a le sens de petite monnaie, quart de denier, quart de Tas romain.

Kos-latin, jerlingua^ que Duc, fait venir du saxon fcordy quart.

Fermé (fer- mè), adj. Durci par la gelée. — La terre est fermée.

Le 20 avril 1772, il a gelé presqu'à fermer la terre. t 1797. — Mois de mars sec et froid, il a gelé presque tous les jours à fermer la terre. {Journal du olgneron Latron.)

Du latin Finnare, rendre ferme, solide.

Ferraillon (fè-ra-ion), s. m. Marchand ambulant de ferraille.

Ferraudier (fè-rau-dié), s. m. Férassier, llltoupier.

Fertiller (feur-ti-iè), v. n. Frétiller.

Ane. fr.

« Se trémousser, i''est proprement fertiller, ne pouvoir rester en place. »

(Ménage.)

Fessée (fè-sé, s. m. Feu sec, maux qui attaquent le visage des enfants.

Feuillard (feu-iar), s. m. Rameau garni île ses feuilles.

« Les uns cerchoient un fleuve, et de la forêt verte apportoient des fcuillards...

Un dodonier feuillard Faisoit ombrage aux blanches tresses De leur front.

(UOXSAIIJ».)

Févérier (feu-vé-rié), s. m. Février, on dit aussi : féveurier, et même fuvérier, suivant les lieux.

Pi (fi). Foi, par ma fi, ma fi, non. iV. Fine.)

Piale (fi-àr), adj. Faible, maladif. (V. Fieule.)

Fiable (fiai/), adj., ne s'emploie guère qu'avec la négation. Personne ou chose à laquelle on ne peut se fier. — C't'homme- 1^ n'est guère fiab'. — Une charrette n'est pas fiable, c'est-àdire, qu'il ne faut pas trop la charger.

:Vnc. fr. Fiable, féable.

Fia, fiance (li-aiis'), s. f. Foi, coiilîîïnre. JJas-kilin Fidcntia.

Las ! mon «rny, Jt-aiis vous doint Avoir de lui l)onn(î mémoire, Alin qu'avoir puissiez la gloiro En laquelle tous on fiance.

(Tesl. de Patliolin.) « Celui en qui le roy avoil In plus jrruntle lianre. »•

(MONSTKKI.KT.)

Fichetures. iV. Fisturcs.)

Fien ilian), s. m. Fumier. — Jitf ra sus le Han. — Du (ian tie colomhier.

Eu lions de parfaite i^norano»», Est enseveli sans doutante, (luc»r qui partrMit s> sent jx^clieur.

(Test, de Jehan do Meun;;.)

Aïic. fr. de fnnHSj fumier. Kii franrais aetuel, nous avons le mot fiente.

Fierde (fierd'), adj. féminin de fier. — Une perdrix fierde. — l'ne fille fierde. iBeauce).

Fieule (lienl'), adj. Malingre, étiolé, sans vigueur, anémique. Une plante fieule, venue à l'ombre. (V. Fiale.) Étym. ine.

Fignoler (fi-gno-lr), v, a. Enjoliver, ornementer, donner le dernier coup de fion. Se fignoler, se parer avec soin. Vient des langues celt., irl-, et gael.. flonn, beau.

Fil (fil), s. m. Filet. Jeter le fil, jeter Tépervier. Dans la IJeauce, on dit : un fil à alouettes.

Filet tfl-lè), s. m. Terme forestier. Sentier de un mètre de large que le bûcheron trace en arrachant le bois. La voie plus large s'appelle une allée. Lorsque l'ouvrier se borne à couper le bois sans l'arracher, c'est une brisée (V. ce mot) pour délimiter une coupe.

Filibranche (ri-li-brancir),s. f. Se dit d'une étofTe effilochée, usée, dont les fils s'en vont.

Fillo, fillol, «fi-io, fi-iol'), s. m. Filleul. Terme d'amitié, comme mon fils, fiston.

Ane. fr. Fillioul, filhol.

Filou (fi-lou), adj, Outre le sens ordinaire, ce mot a encore le sens decî\lin, caressant, enjôleur. — CH'enfant, est-il filou.

Filtoupier (lîl-tou-piè), s. m. Ouvrier qui travaille le chanvre, lilassier. En Normandie, on dit un avocat lîltoupier.

Fin (tin), adv. Tout à fait, complètement. — Tout fin seul, tout fin plein. — Aj^^a, quien, j'vas t'conter tout tin dret comme c'est venu.

Fine (fin'), s. f. Foi. — Ma fine, oui, ma foi oui. On dit aussi ma tinte. Cette expression, du reste, appartient au langage vulgaire de toute la France.

Fion (fion», s. m. (V. Fiy noter. )

Fiston (fis-ton), s. m. Terme d'amitié, de familiarité. — JJonjour, fiston.

Fisture dis-tur'), s. f. P]njolivement, ornement frivole, sculptin-e d'un meuble. |l Fissure, fente, crevasse.

Flambe (fiaMib'), s. f. Flambée, feu clair de menu bois, de javelles de vigne. — J'vas f^ire une bonne fiambe pour te récliaufîer. || Fig. P'aire des fiambes, faire des embarras, être lier.

Flambe. Flamme, iris jaune des marais; Iris jiseutlo'dcorus ; on donne le même nom au glaïeul et à l'tW.s fœtitla, et aux iris en général.

Ane. fr., même sens.

Flâner (flâ-nè), v. n. Respirer avec elTort, élrc essouffié.

Flanière (flâ-gnièr'), s. f. Sorte de siège qui s'a^laple sur le côté à l'arriére des charrettes, formé de deux butons supportant une sangle où le conducteur se repose, fiftne.

Flac (flak), s. m. In iisposilion, faiblesse, manque d'appétit. Ane. fr. Flac, faillie, mou, lâche. Latin, pacrti4<^ fiasque.

Flatter (fla-tè), V. n. Espionner, moucharder, cafarder ; argot des collèges.

Flatteur (fia-teur), adj. Hypocrite, rapporteur, mouchard. La Fontaine emploie ce mot dans ce sens :

Un flatteur l'olla dire,

Et soutint qu'il l'bvait vu rire.

Flaubée (flô-bée), s. f. Volée de coups, répriïnande, fiaupée dans le Perche.

Ktym. inc.

Flauber dlô-bù), v. a. Frapper, batti*e, gi*oiider veileinent: flauper dans le Perche.

Ane. fr. même sens.

Flemme (flèm'), s. f. Paresse, mancjue de courage, d'énergie. — Tu travailles pas anhui ? — J'ai la llemme. Ane. fr. Flemme, catarrhe, forme de flegme.

Fliquoire (fli-kouèr'), s. f. Seringue de sureau, jouet d'enfant, pour lancer de l'eau ou des boulettes; clifoire..

Floc (flok ou flo), s. m. HouiTette, rosette, gland de soie ou de laine. Dans Targot militaire, floc veut dire pompon. Dans le fran(;ais actuel nous avons flocon, et soie floche.

Ane. fr. biis-latin Floccum, germ. flochen, même sens.

Flonné (flo-nù), adj. Irrité, mécontent, qui boude ses amis. — J'y ai dit la vérité, il est flonné; un animal flonné, furieux. (Perche.) Éhm. inc.

Flotte (flot'), s. f. Troupe, rassemblement, grand nombre. — Y avait des flottes de monde au comice. En langage acad<> mique, on dit la foule court à flots pressés. Ane. fr. bas-latin Flota, du latin Fluctua.

« Et 8«înl bien xx" de gent en une flotte. »

(R. (rAlixandre )

Flûteau (flù-lio), s. m. Sifllet fait a\»ec une branche de bois vert en srve. L'écorce se détache facilenient et forme un tube.

Fo (rô),adj. Fort. Prononciation percheronne. Dans ce pays, Vv linai ne se prononce pas, de même on dit mo pour mort. — Fo comme un teu.

Foirer (foi-rè), v. n. S'écrouler, se laiss(;r aller, terme de terrassier. Se dit des terres en pentes, détrempées par l'humidité, (]iii s'afl*aisserit et glissent en bouillie. — Le talus du chemin de fer a foiré.

Foireux (foué-reù), s. m. Les foireux, les gens de la foire, comme on dit les noceux, les gens de la noce. || Les foireux de Hlois. — Sol)riquet donné aux habitants de cette ville à cause du grand nombre de foires cjue les rois leur avaient accordés.

(De la Mon noyé.)

Foirole (l'oué-rol'), s. f. Mercuriale annuelle, Uïercuriale des jtirdins, Mercuvialis annua, ainsi nommée à cause de ses propriétés purgatives.

Foisil (foi-si), s. m. Petit marteau on fer dont les rnoissonnours se servent pour l>atlre leur fdux. || Instrument en acier pour aiguiser les couteaux; les bouchers en portent toujours un suspendu à leur ceinture. On prononce aussi fusil.

Ane. fr. Foisil, fuisil, fuzil, briquet en acier pour tirer Tétincelle du si4ex. Bas-latin Fugiltus,

Folie (fo-lie), s. f. Maison de plaisance, nom de localité.

Ras- latin Foleia, foleya, qui signifie non-seulement folie, stultUia, mais encore feuillage, fouillée. Le nom si commun de folie, appliqué aux maisons de campagne, signifie aussi bien lafeuillée que caprice, folie faite par le constructeur.

Fombreyer. (V. Fambreycr,)

Foxnbriau (fon-beu-rio), s. m. Fumier d*étîible.

Foxnmes (foin'), l»*® pers. du plur. de l'inJ. pros. do faire.

Foncet (fon-sù), s. m. Fausset, douzil.

Fondé (fon-dé), adj. On dit d'un individu qu'il e.st bien fondé, qu'il est riche. Une maison de commerce bien fondée, .solide. La fortune, la maison reposent sur de bons fondenients.

Fondre (fond'), v. n. S'écroider.

Ane. fr. Fondrer, s'effondrer.

« En 1556, on j ma, à ^ougé, le Blasphémateur du n.'^nxde Dieu^ à telle enseigne que leur paradis fondit... »

« En 1555-1550. il y eut une crue du Loir. Les pontsd'Artins f(>ndirent, et ceux de Hraic. »

(Mém. du chan. Garrault, de TroA.)

Forceau (for-sio), s. m. Partie de l'avant-lrain de la charrue auquel sont iï\és l'essieu et les roues.

Ane. fr. Forcel, clavicule, sternum.

Forme (form*), s. f. Fosse à fumier.

Fosse (fôs'), s. f. Tranchée destinée ù coucher une v(.'r^re ou fouet de vigm^ pour remplacer un cep manquant dans la «culture en lignes.

Fouaillée (fou-A-ier), s. f. Fouet. — Polisson, je vas le Manquer une fouaillée.

Fouailleur (fou-î\-ieux), adj. Débauché, coureur de filles.

Fouamer (fouà-mè), v. n Fureter. — I va toujours fouàmant. Étym. inc.

Foucade (fou-kacr), s. f. Bouderie, caprice, bravade. Étyni. inc.

Foudre (foudr'), s. f. Vent impétueux qui précède Tora^^e. Tempête, vent violent sans orage.

Foudre (fou-dro), adj. GîUé par une foudre de vent, blé foudre, versé par le vent. En général, gùté par un accident quelconque. Des pommiers foudres par les chenilles. Il II a la tête foudrée, il a la tête à l'envers, un peu détraqué.

Fouée (fou-ée), s. f. Feu clair, flambée.

Bas-latin Focagium,

Fouet (fou-è), s. m. Verge, long rameau de vigne. Du latin Fustis, baguette.

Fouger(fou-jé), v. a. Fouiller, fouir, creuser. — JVas fouger du chiendent dans ma veigne.

Bas-latin Fogeran^ du latin fodicnycy qui donne ré^îulièrement la forme fouger.

Fouinard (foui-nar'), adj. Qui fouine, qui se sauve, poltron, qui s'occupe à des riens.

Fouiner (foui-nè), v. n. Fuir, remuer sans avancer sa besogne. Il Fig. finasser, chercher la petite béte.

Fouille-merde, s. m. Nom vulgaire du Scarahpus /b,<sor, famille des bousiers. Goléoptère qui se nourrit de bouse de vache, etv habite.

Foulanger(f(>u-lnn-jé), v. a. Fouler le raisin, l'écraser avant de le mettre dans la cuve. Fonlanger ou fouler la cuve, renfoncer •avec un foulangeoir ou fouloir, le chape^iu de marc dans le liquide en fermentation. Souvent cette opération se fait avec les pieds, et si la cuve est un peu profonde, le vigneron s'y plonge tout entier, au risque de s'asphyxier.

Fouloir if(»u-lou(*'), s. m. îMIon de bois .servant h écraser le raisin dans les tines avant di? le verser dans lacuve. Aujourd'hui, prtîsquo partout, on écrase le raisin avec un cylindrr.

Foupir. (V. Faupir.)

Fourbancer (four-ban-sé), v. n. Toucher à tout sans but, sans rien ranger, fouiller partout en mettant du désordre. î| Fig. Se mêler de tout ce qui ne vous regarde pas.

Ane. fr. F'ourbancer, foin l>ir, laver la vaisselle.

JF'ourbi (four-bi), s. n). Fourberie, intrigue, my.stéi'c, embarras

< Planche). Il Fourbi, maniùre de faire : je tyjnnais Ion fourbi.

Fourchette (four-chèl'), s. f. Vrille de la vigne.

Fourganne (four-gan'), s. f. Gosier. — lh\ bon chantre a une fourganne du diable.

Étyui. Jeu de mots sur Four.

Fourgon (four-gon), s. m. D'aprrs TAcadémie, ringard ou râble, instrument en fer pour remuer le feu ou les matières incandescentes en fusion. Dans le Vendômois, cet instrument est ordinairement en l»ois, une longue perche au bout de laquelle on emmanche en angle droit un morceau de douelle, il sert à retirer la braise du four.

Ane. fr. Furgon. Bas-latin Furgonem.

« Cum magno et lon)0 baculo seu pertica oorata furgono furni. » a Ud hûston appelé furgon de four. »

{Lettres de rémission.)

Fourgonner (four-go-nè), v. n. Fouiller, fureter, dans un sens légèrement obscène, caresser un peu vivement une femme.

cr Le président. — Dites ce que vous savez ? — Le témoin^ embarrassé — Dame, i la caressait. — Le président.. — Expliquez-vous plu clairement. — Le témoin prenant son parti. — Dame, Monsieur le président, i y fourgonnait avec ses mains sous ses colles. » (Hilarité rhez MM. les jurés.) (A huis clos.)

Fourmaige (four-mf?)'), s. m. Fromage, dans le Perche. Du latin formayium.

Fourmi, fromi (fro-mii, s. m. Ce mot est toujours masculin chez nous. — Vn petit fourmi.

Il me (lisoit qu'il n'a dormy, Depuis quatre ou cinq jours en (;a, Et qu'il n'a si gros qu'un fpùmy.

Le cul ni les bovaux.

(La farce du Meunier.)

Or, gentils fourmis, je vous prie, Si un jour Belleau tient sa mie.

(Ronsard.)

Tu lui diras que son Rémy, A qu'il a donné son fourmy, Son fourmy et depuis encore, Un double présent qu'il honore.

(R. Belleau.)

Il Ad] , froiTiy, craintif, tiniide comme une fourn)i.

Fournâcher (roiir-iuVché), v. n. Fourbancer, fureter, fourfrcuiner.

Fournaisie (four-nr-zie), s. f. (iranile ardeur, délire, fièvre ardente.

Fournée de Noël, loc. Ktre de la fournée de Noël, être caressant, aimable. D'après un préjuf?é populaire, ceux qui naissent à Nocl sont plus mignons que d'autres.

Fourret (foucè), s. m. On dit aussi foudret, nasse, sorte de verdeux en filet.

Ane. fr. Fourre, fourreau, étui. Du jxoth. fodr, fourreau.

Fourrière (fou-rièr*), s. f. Râtelier d'écurie ou d'étable, mangeoire pour mettre le fourrage des animaux.

Fousse (foû'), s. f. Fosse, mare, trou rempli par les eaux pluviales. Il Tranchée pour coucher les provins.

« L'en accomplira ou moys de mars toutes les fousses avant que les bourgeons soit trop grans. »

{Rustiran de Petrus crescentiensi^, traduction française de 1373.;

Foussé (foû-sr), s. m. Fossé. Les beaux parleurs du wii^ siècle prononçaient ainsi.

Ane. fr. Fousséis.

« Les Romains ainsi qu'ils honoraient de couronnes ceux-là qui faisoient lesgrant vaillances d'armes, si comme celui qui passoit premier le foussé.»

(Jehan de Saintré.)

Foussonner (fou-so-né), v. n. Farfouiller sans soin. — Mettre en désordre. — Qu'é qu'tis à foussonner comme ça dans la liette.

Fouteau (fou-tio), s. m. Ilôtre, futiau dans le Perche.

Ane. fr. Fou, fau, faie, fousteau.

Du latin, fagus. Fouteau doit venir d'un diminutif fagitellum, qui, cependant, n'existe pas à notre connaissance. Les noms de lieu, Le Fouteau, Fée, Faye, en latin Fagia, veulent dire lieu planté de hêtre. — Fo.s.se-Fée, commune de Morée, la Fosse aux Hêtres.

Bergers, je vous supply, retirez vos troupeaux, Dessous l'ombre mollet de ses larges fouteaux.

(R. Bblleau.)

Du Fou.steau, nom de famille. Il existe un livre assez rare,

intitulé : Lot cHrieitse» singulnrUés de France^ p«ir le sieur Du Kmisteau, conseiller historiographe de S. M. Prrs. des grands jours de Vendosnie. A Vendosme, par Fr. delaSaugère, 1631, in-it>.

Foutille (fou-ti-ie), s. f. Fatne, fruit du fouleau.

Foutrasser (fou-tra-sè), v. n. Fourgonner, se mêler de ce qui ne vous regarde pas ; on dit aussi foutriquet, petit homme qui fait des embarras. On se souvient que, lorsque |M. Thiers était président de la République, les journaux monarchistes l'appelaient le petit « foutriquet. »

Foyard (foi-iar*), s. m. Hêtre.

Fraichin (frè-chin), s. m. Odeur fade de la viande de porc nouvellement tué, avant qu'elle n*ait été exposée à Tair. Cette o<leur fait fuir les animaux domestiques.

Frasil (frâ-zi), s. m. Frai.sil, déchets de braise, de coke. Probablement du latin Irêsus, briser.

Fred (frè), s. f. Froid. — Amasser la fred. |1 Adj. Froid. — Oh ! j'ai ti les mains fnVles.

Fredonnière (feur-do-nièr*), s. f. Dans le Perche, on désigne ainsi non pas précisément une source, mais une fondrière boueuse, suintement d*eau dans un coteau. (V. Surin.) Il Nom de localité, le chAteau et le bois de la Fredonnière, près Montdoubleau.

Fredure (feur-dur*), s. f. Froidure.

Tu fais le délicat et blond, Du temps tu crains l'injure, La nuit déjà couché le long De c'te vieille masure, Soûl comme noute couchon, Craignais-tu la fredure.

(La grande bible des Noelp.)

Freduret (feur-du-ré), adj. Frileux.

Friant (frian), loc. adv. Exactement, tout friant nu, nu comme la main, friant neuf, friant seul.

Thibault {Glossaive hlrsois) écrit Frillant, et lui donne le sens de frissonnant, il en fait le part, du v. fr. Friller, trembler de froid.

Étvm. inc.

Fricassée (fri-ka-sée), s. f. Soupe ou rôtie au vin sucré qu'on offrait le matin aux jeunes mariés. (V. Chaudiau, Bamequin,)

Friche «frii-li'î. s. m. Tt-rre im^ulte. o«uiYi»rlo «Khr-rlies et «Ip tinius.saiilc>. pâture s#>che. Xonis do lieux, le îrranil friche, le petit friche, commune (Je Savigriy. r»an> les iliotionnaires. ce mol 6fSt du ftrmiiiin.

Frigousse (fri-ïious'k s. f. Fricot, frippe. Faire la friîiousse, préparer le refias.

Priions <fri-loui. adj. Frileux. On «lit au>>i frilon. Ane. fr.

Fringalle <frin-î.'ar). s. f. N«»m «le localités. a?sez répan«hi. f>n le <ionn«r ordinairement à des anher^ies isolées et éloi;;né«*s«le toute habitation, on s'y arrête lors«|u'on à la frinfralle

Fripe (frip' , s. f. gourmandise, friandise, ce quis<* manjre avec le pain. — Veux-tu f»as manprer ta fripe sans pain. — M'man, ma I leurrée qu'est tomlH''e sur la fripe.

Friper (fri-pè), v. a. Essuyer .^on assiette avec un morceau de pain, ou avec ses doigts. Lorsque, la mère de famille fait des confitures, les enfants fripent le chaudron. — Ix chat a fripé le plat.

Fromagée (frf>-ma-jée>, s. f. Froma^re mou avec de la ci^éme et du sucre. Autre mélanine de fromage mou et d'épices. Voici la recelte d'une autre fromagée iK?rcheronne : faites sécher un fromaj^e maigre jusfpiïi ce qu'il puisse se casser au marteau, coupez -en des tranches minces que vous mettez par lits dans une terrine en .^siu poudrant de poivre. Arrosez le tout avec du cidre ou de Teau-de-vie, couvrez le pot et laissez afliner pendant trois semaines. Vous pouvez alors le servir, c'est, dit-on, ex(|uis î Ane. fr. Froniagi<\ lait caillé avec du pain éuiielté.

Froxnenté (fro-man-té), s. m. T'n des noms de l'auvernat meunier, dans l'Orléanais.

Fromer (fro-niè). v. a. Fermer, frome donc la porte.

Frouincer «feu-rouin-.^ié), v. n. (Caresser par un frottemont violent. Frotter à rel»rou.N.se poil.

Klvm. inc.

Froule (frouTj.s. f. Feuilles des plantes herljacées. On etTroule les carott(is, les hetteraves pour la nourriture des he.stiaux. Freule dans le Perche. ,; La froule «lu <-ou, la naissance des cheveux, les frisons de la nuque.

Froulon (frfui-lon), s. m. Frelon.

Froulonner (froii-lo-nù», v. a. Taquiner, ap:acor à la numirro lies frflons.

Pru (fru), part. pas. de férir, féru. Envieux, désireux, séduit.

— J'en suis pas fru, je n'en suis pas désireux, cela ne me convient îïuère.

Frusques (frusk'), s. f. Ilardes, vêtements.

Frusquin (saint) (frus-kin). Le mot saint fru.squin sv. trouve dans TAcadémie ; mais nous le donnons seulement pour citer le dicton populaire suivant.

Tours, ville de carnaval, Mango intérêt et capital.

Blois, ville de parvenus, Mange j;aîment s«n revenu.

Orléans, ville de gain, Ménage son saint frusquin.

Fumelle (fu-mèl), s. f. Femme, lille, jeune fille, servante de ferme. Dans la campagne, ce mot n'a aucun sens méprisant ; une femme ne se froisse nullement d*étre appelée fumelle. — Hé ! les fumelles, v'nez vous assouè à l'assemblée. A la ville, au contraire, ce mot est devenu synonyme de jrarce, salope, etc.

— Oh I la .sacrée fumelle !

Kl ce fcsant, il esgale Les amours d'un palme maslc Qui, fait amoureux nouveau, Se penche sur un ruisseau.

Pour caresser d'un grand /èlo A l'autre i)ord sa fumelle.

(Ronsard.)

Fumellier (fu-mé-liù), adj. Celui qui reclienthe les femmes débauchées, qui se plaît dans leur .société, ou simplement celui qui aime les femmes.

na.s-laliri Futtuillarius^ même sens.

Fumereau (fu-meu-rio), s. m. On dit aussi fumeron, morceau de charhon cpii n'est pas suffisamment cuit et qui fume en brûlant. || Petits tas de fumier dans les (îhanqis. Ane. fr. Fumeiron, las de fumier.

Furôn (fu-ron), s. m. Furet.

Ane. fr. Furon, fuiron.

Has-latin Furouem, diminutif de ffn\ voleur.

Futé (fûtr), adj. Se dit on parlant du vin qui a oontracté un ^ùl «!<» fut.

Futer (rù-tè), v. a. DOtroùtcr, fatij^uer, nissasier, lasser, niàter. — J'en peux pus, j'suis fùté. — I faisait le malin, mais je l'ai ben fùté.

\nc. fr. Fuster, l)atlre, être fatigué, du latin />/.s/ij«, bâiton, le diminutif fustiger, est resté dans la langue.

Fuvérier (fu-veu-rié), s. m. Février. (V. Feun'nor ei Fêveurier,]

Gabarion (ga-ba-rion), s. m. Petit hangar, logette, masure. Ëtvm. inc. i

Gabiner (ga-bUnè), v. a. User ses chaussures inégalement, les éculer. Marcher les pieds en dedans, en boitant. On dit aussi gouabiner.

Étvm. inc.

Gadou (ga-dou), s. m. Nom vulgaire du rouge-gorge.

Gagnoche, gailloche (ga-gnoch', ga-ioch'), s. f. Jeu du bouchon. Étvm. inc.

Gagnage (gan-gnaj' ou ghé-gnaj'), s. m. Terrain où il est défendu de faire paître les bestiaux. L'Académie donne à ce mot le sens de pâturage, tandis que, dans le Vendômois, il veut dire, au contraire, terrain interdit. Cependant il a le sens de piUuriige lorsqu'il s'applique aux bétes fauves. Ainsi on dit : le cerf va au gagnage.

Ane. fr. Ouagnage, gaignage, waiiage, terre labourée. Dans le glossaire du xv« sitîcle de Guillclmus Brito, le mot agriculture est traduit par wanage.

J)as-latin Gagnagium, wanagium.

Gainé (ghè-né), adj. Crotté, (v. Guéné.)

Gaise (ghùz'), s. f. Rigole pour l'écoulement des eaux, ruisseau. — La grand'gaise dans la prairie des grands prés, à Vendôme. Dans l'anc. fr., le mot gué, passage d'une rivière, s'é<'rivait guais, du bas-latin Guaditm, vadum, mot qui doit avoir une origine celtique, en bas-breton fjoaz, goazel, ruisseau, irl. Guais, torrent.

Galatine (ga-la-tin'), s. f. Mauvaise santé, langueur. Étvm. inc.

Galbazon (gal-ba-zon), s. m. Faire du galbazon, remuer bruyamment, donner de la peine, du tintouin.

Peut-être ce mot est-il une déformation de Galbanum. L'Académie dit : donner du galbanum, leurrer, faire de belles promesses.

Galée («^^-létO, s. f. riainbéo.

Étvin. inc.

Galerne (;?a-lani), s. f. Vent tiii noni-oiiest, vent qui fait ^'oler les vi^iu's, dit avec raison le Diclionnaire de Trévoux. — Le vent est dans lajj:alerne. — Vire la piaute (sorte de gouvernail) en ;^alerne, disent les hatoliers de la Loire. Ce mot, sur les hords de celte rivière, désigne la rive droite.

iJas-br. GwalartK celt., gai., vent. Le liériclié décompose ainsi ctî mot : f/Mvi/, mauvais, et arurtij temps d'orage.

Galerneau (ga-lar-gnio), s. m. Giboulée froide de mars, venant

par le vent du n.-w.

Galipette (^'a-li-pèt'), s. 1". Cliampi^nion de eonehe mal venu.

Galoche (ga-lodi'), s. f. Kcliasso.

Latin (iallicn\ tjailitfd, bas-latin f/nllicitla, (/alochia, clitiussure à semelle de bois, ou du latin cnlopedia chaussure de

bois.

Galourin (}^'a-lou-rin),s. m. On dit aussi : gîdouriau, gamin, g!is, polisson. Il Galant. — Elle est avec son fj:alourin. Ktyni. inc.

Gaxnbet (gan-bé), adj. Bancal, boiteux.

Ane. IV. (iambette, bécpiille, du v. !"r. Cîambo, jandie, d'où il est resté gambader.

Bas-latin Gumbctla, munie sens.

Gaxnion (ga-mion), s. m. Camion.

Ane. fr.

Gamme (gain'), s. f. Série, accès. — Travailler par gammes.

Ganche (gancli'i, s. 1*. Dans le Vendèmois, on appelle (ianclie, les plantes du genre carcj: qui croissent dans les lieux humides.

Gandin (gan-d in), s. m. Agneau d'un an.

Ktvm. inc.

Ganif (ga-nif). s. m. Canif.

« Il faut aussi écrire et prononcer gannif'ct non cannif. »

(MKNAciK, Uhscroation 8ur la langue franc.}

.\nc. IV. (ianivet bas-latin (iaHÎrchts, de l'anglo-saxon knifv, petite épèe.

Ganivelle (ga-ni-vèl), s. f. Merrain de qualité inférieure que le marchand de bois donne en ramandot au tonnelier (|ui ne le

paie pjis, mais l'cMnpIoie et îe fait payer aux clieîits. || Fijj:. Chose de peu de valeur, marchandise de qualité inférieure, s'applique aussi aux personnes. — Nos députés, c'est d'ia ganivelle.

Probablement du v. fr. (ianiveler, coupasser, déchirer lacérer. Ce serait le bois gâché.

Gapaillsr fea-pa-ié), v. a Caspiller; dans le Perche: Gaupailler.

Ktvm. inc.

Gâpir (ga-pi), v. a. Froisser, chiffonner.

Ktvm. inc.

Garçaille (gar-sûye), s. f. Les enfants de la maison. — Faut que j'aille donner à n)anger à toute la garçaille.

Garce (gars'), s. f. Jeune fille, féminin degars. Aujourd'hui, dans le langage usuel, mais très familier, ce mot se prend en mauvaise part mais autrefois il ne s'employait que conmie féminifi de gars, garçon. Cet usage a été conservé dans la camgiigne. On emploie aussi le diminutif garcetle. Dans le Pei'che le mot garce est très fréquemment enjployé, mais la prononciation est très-difficile ù saisir et surtout à noter; elle tient le milieu entre garce et garèsse. Il faut être né dans le canton deMontdoubleau pour prononcer correctement la plupart des termes du Perche Gouet.

Garçonniau (gar-so-nio), s. m. Petit gas, jeune garçon.

Quand j'étais chez mon père, Petit garronniau.

Ma tante irpegnii, Ma tante irpegniau.

{Ane. chanson.)

Gargamelle (gar-ga-mèl'), s. f. Cosier, gorge. Se rincer la gargamelle, boire.

Ras-latin (funjatio, gosier, du latin (juryes.

Garioler (gà-rio-lè), v. n. Tourner en parlant ilu raisin. C'est une forme devarioler, varier, changer de couleur.

Garxnenter (se) (gar-man-tè), v. réf. S'inquiéter, se tourmenter, s'enquérir. — J'me garmente de rentrer mon foin avant l'orage. — Se garmenter de son chemin. (Perche).

Ane. fr. Garmenter; lang. d'oc cfurmcnldr. Se plaindre. Dans le langage du pays de Galles, (funn veut dire plainte.

Garou (ga-rou\ s. m. Loup garou. Il y a peu d'années, bien des gens croyaient encore au loup garou, sorte de fantùme,

ou (le malheureux qui avait fait pacte avec le mauvais, pour tourmenter les chrétiens et jeter des sorts aux hommes et aux animaux. || Synonyme (Je sorcier. (V. Vurou), \\ Juron familier et amical, s'emploie comme qualifîcatif d'un autre mot. — Ahî garou de matin! garou de gasî c'est-à-dire : sacré gas! sorcier de gas!

Gars (gâ), s. m. Gar(;on, enfant, jeune homme. — Vn fameux gas, un rude gas. — Le gas au père Pierre. — Ohé ! les gas î Le mot garçon est réservé pour désigner un serviteur. Un garçon d'écurie, de labour, le maître garçon.

Bas-latin guarcio. Le llériché pense que ce mot est d'origine celtique, et qu'il signifie mâle, (x>mme le latin rir, et le german. ffarn. Conf., (jua^^ puer, servus, vassus. (Xetiss. (jram. celtica.)

Gasle (gîir), s. f. Brume .sèche qui passe i)our amener des pucerons sur las arbres.

Oasleux (gâ-leii), adj. Brumeux. — l'n temps galeux. Ktym. inc.

Oassouiller (ga-sou-ié), v. a. Salir, ternir. — Il a gassouillé son ouvrage. — Sa réputation est ben gassouiilée. (Perche.) Étym. inc.

Gast, gaste (gù, gAt'), s. n). ou f. Nom de plusieurs localités, Le Gast, La Oaste, signifiant Oastine, lieu inculte. Exemple : Le OtUinai.s, I^ Gatine.

Ane. fr. Guast, gast, désert, pays dévasté.

Ba.s-latin (jastum, d'où le français dégî\t, dévîisté.

Gâteau (gîVtio), s. m. Cadeau de mariage donné par le parrain ou la marraine. (V. Cochelin.)

Gaudelée (gù-d'lée), s. f. Marmelade, cuisine malpropre, peu ragoûtante.

Gault (gA), s. m. Nom de plusieurs localités. — Le Gault, dans le Perche. Lieu planté d'arbres, buisson, taillis.

Bas-latin (jimldum, bois. C'est un des rares mots d'origine celti(iue. Bas-breton ffwaleu, kiniry givialcn, comique, (juayhn, germ. icaîd. De ce mot sont venus les noms propres Gaultier et Gandin, homme des bois, brigand.

Gauper (go-pè), v. n. Se dit d'un enfant qui joue bruyamment et salement.

Gausant (^ô-zan), adj. Embêtant. — C'est tout de même gansant (Perche).

Étym. inc.

Gausse (gos'), s. f. Blague, plaisanterie. L'Académie, qui donne les mots gausser et gausserie, n'admet pas gausse. — Tu me contes des gausses.

Du latin gavisum, supin, de gaudere, se réjouir.

Gkivignolle (ga-vi-gnol'), s. f. Ébriété légère, commencement d'ivresse. On est en gavignollelorsqu'on est lancé, qu'on se dirige vers les vignes du Seigneur.

De gavion, gosier, d'où le fr. gaver.

Oaviot (ga-vio), s. m. Gavion, gosier.

Oeai. N'être ni pie ni geai, locution prov. Se dit d'une personne dont les opinions ne sont pas bien déterminées. — G'candidat n'est ni pie ni geai. On dit aussi : on ne sait pas si c'est du lard ou du cochon.

Geale (jal'), s. f. Engelures. (V. Jale.)

Géchée (une) (jé-chèe), loc. ad. Un peu. (V. Chinchée.)

Gégier Oé-jié ou ji-jié), s. m. Gésier.

Latin gigeria, gésier.

Geigneox (jé-gneù), s. m. On dit aussi geigneusc. Petit pot cylindrique à anse, usité dans toutes les faïenceries. Le geigneux sert dans les campagnes à faire chauffer la boisson, cidre ou vin, pour faire la roùtie. (V. ce mot.) L'abbé Corl»let fait venir ce mot du bas-latin jalogneusy mesure de contenance, dim. de jàle I

Oeigneux (jè-gneù), adj. Qui geint.

Gelauder (j'io-dé), v. unip. Geler légèrement. — 11 a gelaudé à matin.

Genêt (j6u-nè), s. m. Perchoir pour les poules.

Genne 0^"'), adj. A claire- voie, à jour. — Une porte genne, une porte à barreaux.

Étym. inc.

Gentilhomme de Beauce, proverbe populaire.

Gentilhomme de Beauce, Qui reste au lit pour qu'on rhabille ses chausses.

Gentilhomme de Beauce, Qui vend ses chiens pour avoir du pain.

« Gomme Messieurs de Beauce, un cheval pour deux, une épéepour trois. »

Tous ces proverbes font allusion à la pauvreté des seigneurs de Beauce. Un grand nombre de petits manoirs de cette région

sont (k |)einc lial)ital)les aujourd'hui pour les paysans qui en sont devenus propriétaires. Et souvent le fermier de Deauce est plus riche que le domitins (U.

Gerbe (jarb'). V. Anciennes mesures.

Gerdereau (jer-deu-rio), s. f. Petite ves(!e sauva;ze qui croit en abondance dans les blés pendant les années humides. Evvum hiè'aïUum, papilioiiacée.

Gésante (jè-zanf), s. f. Femme en couches.

Ancfr. Gésir, accoucher. Femme qui j^ist d'enlant. Patois lyonnais : j^ère, être couché.

Une lice était en gésine.

(La FONTAINK.)

Giblou (ji-blou), loc. 11 est comme le bon Dieu de giblou, ila la tcte enveloppée de linge.

Origine inconnue.

Gidelée (ji-d'lèe), s. f. Grande quantité, profusion.

Gidelle 0«-tl«^l'), s. f. Gamelle, sébille de bois dont se servent les mois.«îonneiirs.

Giëble (ji-èbl'), s. f. Yêble, Sambucus ebulits.

Giiiiberter(iin-ber-tô),v. n. Sauter, gambader. (V. Guimhcrtcr.)

Gingaurée (jin-gô-rèe), s. f. Ripopée, mauvais fricot, nourriture mal appn^lée.

(I) Si le gentilhominft de Boauce élait d'une pauvreté légendaire, lo gentilhomme du P«^rche-Gouot ne lui cédail guère h cet égai'd. I/ahl)é Blanchard, dans ses inlcressonles recherches sur le cunton de Montdoublcau, cite le dicton suivant, qui ne donne pas une haute idée de rimp.)rt»nce des Uefs de celle région :

(îarcussonne, Thiorraye, Ont une épée en trois.

Derrière Gi rondeau.

Il elle plusieurs seigneurs labourant eux-mêmes leur champ et les dam-^s ol domoisolles se livrant do leurs propres mains à l'engraissement des cochons et de la volaille. Au siècle dernier, un sieur de Girondeau allait labourer ses terres l'épée au côté, ense et aratro ! Mais le gentilhonune du Perche faisait cela simplement, aussi n'avait-on pas songe à le ridiculiser comme s «n orgueilleux confrère de Beauce. Dans l'année terrible, n'avons-n'Uis pas vu «xenlilshommes et pa\*8ans «le Loir-et-Cher quitter leur charrue pour aller mourir sans plaintes dans les plaines de Patay et de Loigny, tandis que trop souvent la, Beauccn»n, profitant de ce que la guerre se passait chez lui, trouvait moyen do s'enrichir en trafiquant avec l'ennemi ?

Gingois (de) (jin-goiià), adv. De travers. L'Académie prononce de guingois.

Gingue fj'ngh') s. T. Gambade, saut.

Ginguer (jin-glié), v. n. Gambader, folâtrer. Dans le dictionnaire de Trévoux : ruer. Dans le Maine, le mot gingucr parait avoir un sens pins libre. On dit que les gas et les HimcUes aiment ben à ginguer. Jeu de main, jeu de vilain ! Étym. inc. Probablement même racine que gigue et gigotter.

Gipon (ji-pon), s. m. Jupon.

Ane. fr. Gipon, bas-latin yipo, yiponuti.

Girles 0»-^'^^), s. f. plur. Façons, manières prétentieuseset liypocrites. — Voyez donc la dame du châtiau, fait-elle assez do giries !

Dans le patois bourguignon, geyre, grimace. Ane. fr. Giries, douleurs de l'enfantement.

N.-B. — Les étymologistes font venir ce mot du latin yuillator, trompeur, mais sans dire conmient. C'est une bien belle science que l'étymologie ! N'est-ce pas plutôt du latin gintre, tourner, faire des contorsions? (Tonbin.)

Gironnée (ji-ro-née), s. f. Ce qui tient dans le giron, dans le tablier. — Une gironnée de pummes. — Deux gironnées d'herbe font une épaulée. (V. ce mot.)

Ane. fr. *

Gironner (ji-ron-nè), v. a. Mettre dans son giron. — Viens, mon mignon, je vas te gironner.

Giter (ji-tè), v. a. Jeter. (V. Jitcr.)

Glabet (gla-b<'»), adj. Vif, remuant, en parlant d'un enfant. (V. Endcminêj divers.) Étvm. inc.

Glas, glatte (glA, glat'), adj. Humide, compact, gras, glaiseux. — Un terrain glas. De la terre glatte. Une pomme de terre glatte. Du pain glas. D'après Jaubert, dans le Berry, glatte est des deux genres.

Ce mot parait venir de glaize, argile, qui se prononçait autrefois glaze. Das- latin glis, terre glai.se.

Glaze(glaz'), s. f. Terre glaise.

Glaziére (gla-zièr'), s. f. Lieu où se trouve de l'argile. — Nom de localités.

lias-latin gliscria.

Glène iglèn'), s. f. Ce qu'on a ramassé en glanant. Ane. fr. Glenne, gerbe, botte.

Gléner (glè-nè), v. n. Glaner.

Glèneuz (glè-neù;, s. m. Celui qui glane.

Ane. fr. Gléner, bas-latin glenarc, à mpproclier du celt. (jlain, propre, kym. Glanluin^ nettoyer.

De loin suivant leurs pas. comme on voit le gléncur Ramasser les espics après le moissonneur.

(J. nu Bellay.)

Glu (glu), s. m. Glui, paille de seigle pour faire les liens pour accoler la vigne, etc.

Ane. fr. langue d'oc, gluegg, paille. Bas-latin, glucn, (jlnius^ du flamand gluye, paille. Kym. c/otV/, paille;

Gnias (gniâ), s. m. Enfant. Dans le Ma» ne, on prononce guenias. A Lyon, nia«5, qui se prononce gniA, veut dire nichée; gnias, qui ne s'emploie qu'au pluriel, parait donc vouloir dire nichée, couée d'enfants. Gnias enfant est un mot du patois savoyard. M. Bouchet pensait que ce lï ot venait de Nihard, baron de Montoire, célèbre par sa méchanceté et sa mauvaise foi. Dans le pays, en efl*et, méchant nihard (gniAs) est rasié longtemps une injure. Mais si quelquefois on emploie l'expression de méchant gnias, cela ne veut pas dire que tous les gnias soient mauvais. Méchant gnias est quelquefois même un terme d'amitié.

Gnielle. Nielle des blés. Lychnis githago, caryophyllées.

Gniole ignioD, s. f. Coup, torgnole. || Panari.

Gniot (gnio), s. m. On prononce aussi nio. Œuf qui reste dans le nid pour attirer les pondeuses. On en fait en pUUre ou en pierre. Nous avons même vu dans une maison bien tenue des gniots en marlire blanc !

Gnognotte (gno-gnot'), s. f. Chose de peu de valeur, de mauvai.se qualité. — C'est de la gnognotte.

Ktym. inc.

Gnon ^gnion), s. m. Marque que fait une big rre (touoie, lancée avec force sur une autre. Coup sur la figure. — J'ai reçu un fameux gnon sur l'œil.

Go (go), s. m. Regard d'un taureau animé de mauvaises intentions. H Faire le go, faire mauvaise mine, regarder de travers. Étym. inc.

Gobillon (go-bi-ion), s. m. Surplus d'une m?sure, ce qui dé-

passe les bor Is, qui dégobille par-dessus. Dans l^argot des prisons, la gobille ou gobette est la mesure de vin que les prisonniers ont le droit d'acheter.

Grodenot (god'no), s. ni. Petit vase à boire. Diminutif de godet.

Godet (go-dè), s. m. Outre les diverses acceptions admises par l'Académie, ce mot désigne une sorte de sébilleen bois munie d'une queue en bois, longue d'environ 40 cent. Cet appareil a à peu près la forme d'une cuiller à pot dont le manche serait percé d'un canal ; le godet sert à puiser de l'eau dans une seille ; en le plaçant horizontalement sur It^s rebords, l'eau coule par le trou du manche et on se lave les mains sous ce jet. Le dictionnaire de Trévoux donne ce mot avec le môme sens.

M'^nage cite le bas-latin GodctHs, même sens.

Gogo (go-go), s. f. Terme enfantin pour dire vache. — M'man, tu vas tirer la gogo, tu m'tlonneras du lolo.

Gogue (gog'), s. f. Egagropile, pelotles de poils avalées par les ruminants et qui .*^e feutrent dans leur estomac.

Goguelu (go-gheu-lu), adj. CJros, court, ventru, personnage ridicule.

Ëst-il rien (le plus résolu Que ce monsieur de Goguelu Alors qu'il va dîner en ville ? (Légende d'une raricature du wii^ siècle, ma//, pittor. année ISHt.)

D'après la légende complète, ce mot pai'aîl avoir le sons de pique-assiette.

Grog ^igr.ar (go-gui-gnur), s. m. Mélasse. Dans (j'uli|ues régions on dit godigna.

Gor (gor), adj. Humide. — Un pré gor.

Du latin (iiirges, goulTre plein d'eau. Dans la Franche- Comté, gour, goulTre, lieu humide.

Gore (gon, s. f. Truie.

Gorin (go-rin), s. m. Goret, porc. Il P'ig. Malprcipre, dègonianf. — Que gorin d'enfant !

Ane. fr. Goerin. Bas-latin, (jorHua, porc.

Goriner (go-ri-nè), v. n. Mettre bas, en parlant ,\v. la gore.

Gosse (gos) s. m. Jeune enfant. .Mot p:is.<é dans l'argot parisien

depuis quelques années.

Gôt (g(Vi, s. f. Jeu usité dans li; Ptîrche. Les enfants (?t les ber-

gers jouent à la p:ot. Les joueurs, armés de Mtons, poussent une houle ou une pierre de manière à l'envoyer dans uno petite fossette ou kiô ; les joueurs du camp opposé doivent avec leurs bî\tons empêcher la pierre d'arriver dans le kirt. Quand la partie s'anime, les bâtons finissent par, frapper sur les jambes des adversaires.

Gotta (^i:ot'), s. f. Diminutif de Marguerite, ou Margot.

Gk>aa8, gouais (gouà), s. m. Raisin à très gros grain, de qualité inférieure, mais très productif. On le nomme aussi foirot, l\ cause de ses propriétés raffralchissantes.

c L'année 1556, je vendangy mes gois le lendemain de N.-D. mioust. •

{Mémoires du chan. de Troô.)

Gfroualer (gou-à-lé), v. a. (V. Oxialer et vouale^\) Appeler fortement, crier, gueuler. En argot, goualer veut dire chanter. Les personnes qui ont lu Ijes mystères de Paris se souviennent du pei'sonnage nommé la Goualeuse.

Francisque Michel tire ce mot du v. fr., gagayer, être en goguette. Mais il est bien plus logique de le faiœ venir du V. fr. Goule, gole, du latin gula, gueule.

En effet, goualer veut dire donner de la gueule. Dans le Morvan et la Suisse on dit Boualer, beugler, vociférer.

Gtouamage (goua-maj'), s. m. Branche de gouamagc, qui pousse à la place d'un bourgeon détruit, ou qui pousse sur une autre branche. Le gouamage ne donne pas de fruit. (V. Urgouamage.)

Gfrouet (gouè), s. m. Forte .serpe dont on .se .sort pour élaguer les arbres.

Ras-latin f/oiVï, d'où est venue Egohine.

J'empoignai d'allégresse ungoy dedans la mnin. Kl coupant par le pied le tige armé d'énopce. Je le Hs chanceler, cl trébuscher de force Dedans le pré voisin.

(Ronsard.)

Grouet (goué), s. m. Arum gouet, arum maculatum^ a roulées.

Gouet, n. pr. Le Perche Gouet, nom donné à la partie du Perche qui contenait les cinq baronnies d'Alluye.s, Brou, La Razoche, Authon et Montmirail. Ainsi nonmié du nom d'un seigneur Guillaume Goet. Perticus Goëtl.

C^uge (gbuj'), adj. Engourdi.

Goulaire (gou-laf, on prononce aussi pouliafre ou gouyafre.) Adj. Goinfre.

Plus avant à la porte aux painlros

Vis le gaitfre de Brandas,

Qui engoulait sans nulles faintes

Enclumes de fer à grands tas.

Dénotant que de tels f^oulias

En France ont faicl grand mengerie.

(Entrée de Chacles vni à Paris, vers du temps.)

Goule (goul*), s. f. Gueule, bouche.

Latin, gulam.

Il est venu la goule enfarinée, dicton populaire, c'est-à-dire plein d*appétit, de présomption, et son espoir a été déçu.

Ma hique a mangé un chou.

Qui valait bien six blancs.

On l'a fait assiner devant le président.

Ar gringottait de la goule,

Al' gringottait des dents.

Al fit trois pets aux juges Et deux au président, Et un pagnié de crottes A tous les assistans.

Al gringottait, etc.

{Chanson percheronne.)

Mon père m'dit : Embrasse ta promise,

Mais n'ia mords pas.

Et quand j'crayais fermer la goule.

Je l'ouvras.

( Vieille chanson.)

f Mordié, garron, que ta goule pète bian. d

(Dialogue de deux guêpins.)

Gouler (gou-lé), v. n. Manger gloutonnement, engoider.

Goulet (gou-lù), s. m. Ëgout, gouttière, gargouille, caniveau pour l'écoulement des eaux.

Ane. fr. Goulet, ruisseau de la rue, de gula, gueule, orifice d'écoulement.

Gouliau (gou-lio), s. m. Petit morceau de terre dont on ne ferait qu'une goulée.

Gouline (gou-lin'), s. f. Sorte de bonnet du matin que les femmes portent dans la maison, qui s'attache sous la goule. Dans l'Orléanais : câline.

Gourcir (gour-si), v. a. Tuer. — J*allons gourci nout' monsieu. Étym. inc.

Gtourd (gour), adj. Se dit des graines de mauvaise qualité. — Des graines gourdes. A demi sec. — Du blé gourd.

Grourrer (gou-ré). v. a. Tromper. Pihan prétend que ce mol d*argot des voleurs vient de Tarabe.

Gourfooler (gour-fou-lé), v. a. Malmener, surmener une bête de somme.

Ane. fr. Gourfouler, maltraiter.

Gourganne, gourganet (gour-gan*), s. f. Gorge, gosier. *- Fève de mai*ais.

Du latin gurges.

Grourgaud (gour-gô), adj. Gourmand. || Terme injurieux, canaille, crapule, d'où gourgandine.

Gourgo (à), adv. A déborder.

(jrourgousser (gour-gou-sè), v. n. Respirer difficilement, rùler. Ane fr. Gourgosser, parler de la gorge. Onomatopée.

Gfrourmacher (gour-mù-ché), v. a. Tourmenter une plaie. Il Couper mal du bois, le charcuter.

Goussaillon (gou-sâ-ion), adj. Malpropre, déguenillé, salop.

Gousser (gou-sè), v. n. Un enfant qui cherche à parler gousse.

Gfroussepin (gous'-pin), s. m. Jeune garçon, niais, polisson. En termes d'argot, goussepin veut dire misérable, qui ne gousse (mange) que du pain. (V. Mouasepin.)

Goussier (gou-sié), s. m. Botte de menues pailles faite avec les déchets, les balles qu'on donne à manger aux animaux. (V. Feras.)

Goûter (gou-tè), s. m. C'est le troisième repas des vignerons, à quatre heures du soir.

Gfrouvernerie (gou-vér-n'rie), s. f. Mode de location spécial au Perche-Gouet. Le gouverneur a la jouissance des bâtiments, du jardin, et quelquefois d'une ouche et d'un petit cheptel. Le propriétaire fait les labours, et recueille les fruits grains et mars, et abandonne les empaillements au gouverneur, qui aie droit de semer ses trèfles dans les mars.

Gouverneur (gou-vèr-neur), s. m. Celui qui détient la gouvernerie. On appelle gouvernante la servante ou préposée qui régit la ferme en l'absence de la maîtresse.

Oraligner (gra-fi-nè), v. a. Égratigner.

Langue d'oc Graphinar, égratigner, du latin graphio, stylet, burin.

a Les petits chiens de son père mangeoient en son escuelle; lui de même man^eoit avec eux; il leur mordoit les oreilles, ils lui graphinoient le nez. » (Rabeij^is.)

Grageline. (V. Graveline.) Lampsane, Lampsana cormnunis, La lampsane porte le môme nom dans le Berry et dans le Oûtinais.

Grahucher (gra-u-ché), v. n. Grimper. Un enfant qui grahuclie partout. On dit aussi graviger.

Grainder (grin-dé), v. n. Appeler, se plaindre faiblement. Lorsqu'un enfant ou un animal ont faim, on dit qu'ils gralndent.

Onomatopée.

Graisson (grè-son), s. m. Goût de vieille graisse, graillon.

Grftler (grâ-lè), v. a. Rôtir, griller. - Si la chaleur continue, ça va gràler les raisins.

Ane. fr. Grailer, graailler, graeler, môme sens.

« Le vieil bonhomme Grandgousier après se chauffe à ung beau clair et grand feu, en altendant graisler les châtaignes. »

(Rabelais.)

Gralé (grâ-lé), adj. Grillé, rôti. — La terre est grâlée par le soleil. — Les marchands de marrons à Vendôme annoncent leur marchandise en criant : marrons gt^âlés.

Graloire (grâ-louèr'), s. f. Poêle ou vase de terre perct^s de trous pour grâler les marrons.

Gramioner (gra-mio-nè), v. n. Remuer sans cesse. — G't'enfant, il est toujours à gramioner.

Étym. inc.

Grange (granj'), s. f. Jeu de marelle . La marelle représentée dans les armes de Navarre est une tablette traversée par deux diagonales et deux perpendiculaires aux côtés. Deux joueurs poussent des jetons ou dés qui se placent surles intersections des lignes. Celui qui le premier arrive à placer .ses jetons en ligne droite gagne la partie. On prononce aussi granche, comme dans Tanc. fr.

« Le suppliant trouva iceulx compaignons jouant au jeu de la granche, c'est à savoir a getter trois dés à la plus grande poincture. »

{Lettres de rémission de 1419.)

Grappaille (jrra-p«Vie), s. f. Menues grappes de raisin, produit du i<mppillage. — C't'année y a que de la îxrappaille dans ma vigne.

Grapper (gra-pé), v. a. Grapiller.

Gras (grâ), adj. Couvert, en parlant du ciel. (V. Engraisser et dégraisser.)

Gratiloler (gra-ti-fo-lé), v. a. Gratter légèrement.

Graton (gra-ton), s. m. Petite pierre, grain de sable, objet qui gratte le pied dans les sabots.

Graveline (gra-v'lin'), s. f. Herbe à petites feuilles qui se mange en salade. (V. Grageline.)

Gravelle (gra-vèl'), s. f. Sable, gravier. || Nom de localité, Saint-Hilaire-la-Oravelle.

Gravoter (gra-vo-tè), v. n. Gratter légèrement. — J*entends une souris qui gravote.

Gravouiller (gra-vou-ié), v. n. Gravir, grimper, grouiller. — Les puces gravouillent dans le lit, les vers dans le fromage. — Ça me gravouille dans la jambe, un insecte y grimpe. On dit aussi Gravign&i^ à un ûbre. Diminutif de gravir.

Grec (grek'), adj. (irincheux, revôclie, rébarbatif. — Humeur grecque. — Temps grec. Dans Trévoux, vent grec, vent dé.sagréable du nord-est.

Gredillou (gheur-di-iou), adj. Vif, éveillé. — Vous êtes ben guerdillou, aujord'hui !

Ane. fr. Gredillier, grésiller, friser les che'e\ix avec un fer chaud (gril).

Grêle (grèr), s. f. Sorte de crible qui n'est plus en usage. C'était une grille serrée, inclinée à 45», surmontée d'une trémie dans laquelle on versait le grain. Les grenailles passaient fi travers les mailles, et le blé nettoyé glissait au pied de la grêle. Aujourd'hui, on se sert du tarare ou du cylindre trieur. Ane. fr. Grail, graele, greil, grille, du latin cratictila, gril.

Grelu (gheur-lu), adj. Rempli, couvert de. Un arbre gueurlu de fruits. — C't'enfant est gueurlu de poux.

Étym. inc.

Greluohon (gheur-lu-chon), s. m. Terme de mépris, homme chétit, faible, de mauvaise mine. || Aller au pèlerinage à Saint- Greluchon pour avoir des enfants frisés. Dicton loc. Étym. inc.

Grémir (gré-mi), v. a. Broyer, écraser. — Grémir du sucre. — Celte chute m'a grémi. — J'ai le pied grémi.

Dans Targot de François Villon, greniis, potence. Ital. Greynire, }/rippei% happer, serrer. De happer, serrer ù gréniir, ôcrascîr, il n'y a qa*un pas. Conf. Jsl. grem, blesser.

Grenau (gheur-no), adj. En grain. — Des pois grenaux, haricots, lorsque le grain commence à se former.

Grenouilles de Vendôme. Sobriquet donné aux habitants de cette ville, à cause des nombreux cours d'eau qui la sillonnent et de la grande quantité d'amateurs de bains froids.

Ghresset (grè-sè), s. m. Petite grenouille, rainette verte des prés. Le gresset appliqué sur la saignée d'un malade a la propriété d'enlever la fièvre. Les médecins n'emploient jamais ce remède si simple, mais tout le monde sait qu'ils sont des ignorants.

Langue d'oc, graissant, crapaud.

Gribiche (gri-bich'), s. f. Papillotes, cols tuyautés, accessoires de toilette.

Gribouillis (gri-bou-i), s. m. Gribouillage.

Gribouri (gri-bou-ri), s. m. Eumolpe de la vigne, adoxits viiis, de la famille des Chrysomélines, polit coléoptèrenoiràélytres rouges ; on le nomme aussi écrivain, à cause des traces qu'il laisse sur la feuille, et qui ressemblent, dit-on, à des lettres d'imprimerie.

Grigne (grign'), s. f. Morceau de pain bénit qu'on offre aux dignitaires de l'église et à la personne qui doit offrir le pain bénit le dimanche suivant. Le jour d'une noce, on porte une grigne à la demoiselle la plus âgée de la réunion. Cette politesse est quelquefois prise en mauvaise part par les jeunes personnesqui ont coiffé sainte Catherine depuis trop longtemps.

Grignot (gri-gno), s. m. Grignon, entame du pain. — M'man, donne-moi le grignot. Le mot grignot nous paraît plus heureux que le français officiel : grignon.

Grlmaud (gri-mô), adj. Triste, grognon. — Un enfant grimaud, un temps grimaud.

Langue d'oc, grim, triste; italien, grimaldo, grincheux, du hant-all. grim, furieux.

Grimauder (gri-mô-dé), v. a. Grogner.

Grimoner (gri-mo-né), v. n. Gronder, murmurer, être grimaud.

Gringotter (grin-go-tè), v. n. Remuer les lèvres, les dents.

(V. Goule.) Kn Boui'gogne, gazouiller. Le rossignol gringuenolte.

Ane. fr. Palsgrave lui donne le sens dedégoiser.

Onomatopée.

Gripli (gri-pli), adj. Froissé, chiffonné.

Ktym. inc.

Gripon (gri-pon), s. m. Plante. (V. Prend- maiti.) Galitnn Aparine^ L., Ruhiacées. Grateron dans les flores.)

Grippaille (gri-pfty'), s. f. Lors des baptêmes, on jetait des liurds ou des dragées à la grippaille, et les enfants se l)ousc4ilaient pour les ramasser, les gripper. A Genève, on dit à la Grispille.

Grippé (gri-pè), s. m. Sentier en pente rapide. — Gangnezpar

le grippé au pus court, ra vous raccourcira d'un bon quart de

ieue.

Grippée (gri-pée), s. m. Nom de plante. Bardane, Arctinm

iapjia, synanlhérées. Ce nom s'applique du reste à toutes les

plantes à fruits ac<:rochants.

Grisaille (gri-zûy'), s. f. Nom vulgaire du peuplier blanc de Hollande, à cause de l'aspect de son feuillage. On dit aussi grisard. Populua alba.

Grison (gri-zon), s. m. Pierre de grisou, grès gris très dur.

Bas- latin grise its lapis y grès.

Grissaut (gri-sô), adj. Enfant maladif, mais malin.

Grisser (gri-sè), v. n. Gricher, grincer de.s dent^.

Grivolé (gri-vo-lè), adj. Bariolé, tacheté.

Papillon toujours voletant, Grivolé de mille couleurs.

(R. Bbli.e.\u.)

Grôler (gnVlé), v. a. Griller, rôtir. (V. Grûler,)

Groler (gro-lé), v. a. Remuer, secouer. — Groler la tête. Dans le Perche on dit Grouler. — Grouler des pommes. H Au sens neutre : J'ai une dent qui grole. — Tout ce qui grole ne tombe pas. — Le clocher grole quand on sonne les cloches. || So hâter. — Allons, grolons, grolons, démarons au plus vite. Ane. fr. Groler, bas-latin grollare, remuer.

Grolet (gi"o-lé), s. m. Ver rouge, très remuant, qui se multiplie en quantité dans les mares et les eaux stagnantes. — La soupe aux grolets est meilleure que celle à l'eau de puits, lo*».

locale, probablement parce qu'elle cuit mieux les légumes, et lion à cause de la présence des animalcules.

Grolier (gro-lié), adj. Qui grole; on donne ce nom à une personne toujours en mouvement.

Gros-noir, s. m Sorte de raisin noir, excessivement coloré, très cultivé dans le Vendômois. Il donne un vin assez plat, mais précieux pour les coupages et pour remonter les vins faibles en couleur.

Grouette (gheu-rouèf), s. f. Terrain pierreux, aride et brûlant. Dans le Perche, au contraire, la gucurouette est un terrain fort et riche.

Les mots grouets, gruets, grouailles, grouas, groic, grois, groue, ont tous la môme signification ; on les retrouve dans les noms d'un grand nombre de lieux : les Grouets, coteau et vignoble renommés, près Blois; la Groue, à Vendôme ; les Grois, commune de BoufTry ; les Gruettes, commune de Lancé,

Ces mots ont une origine celtique. B.-bret., groa, grève, fjrouan\ sable. Gel t., n^ag, rocher. Irl. et gai., crcig, craitj, grève. Rouchi, groisse. Ane. fr. Groe, bas-latin, groa. Littré tire ce mot de l'anglo-saxon gntt, farine gruau. Cette opinion peut être fort scientifique, mais nous persistons à y voir un mot autochtone, qui devait avoir cours dans toute la Gaule, car il se retrouve dans tous les dialectes. GriU, anglo-saxon, nous parait plutôt venir lui-même de ^rroa, sable, grain écrasé, en poussière.

« Berthe gist la terre qui est dure comme groc. »

fR. de Berthe aux (jrans pies.)

« Et, dil-on, pour vérité que César étant au pays d'Anjou, lit édiiicr et construire un chasleau et théâtre pour sa demeure hors la ville d*A(igiers, et il n'y paroit plus que des ruines et est en langage angevin appelé Grohan. »

{Chronique d' Anjou, lô20.)

Les hacs, les haes, Qui sont là-bas, Dans iesguerouas, I sont fleuries.

S^i je Tpcuvas, J'ies abattras, I m*cachant ma mie.

(Chanson percheronne.)

Grouillée (gheu-rouée), s. f. Abondance, grande quantité. Une grouillée d'enfants, de souris.

Grous (groù), adj. Gros. Une grousso fenime. Lorsque le mot qui suit commence par une voyelle, ïs ne se lie pas, on le remplacx3 par un i euphonique, l'n grou-l-honnne, un gruu-tarbre. || Important, conséquent: un grous bonnet, du gruus monde, les grous de la commeuno.

Ane. fr.

Groussier (grou-siè), adj. Ciros. — Oh ! m'ame, comme vous éles groussiére î — Ce compliment, — car c'en est un, —veut dire : Comme vous êtes bien portante, en bon point !

Grucher (gru-chè), v. n. Gravir. (V. Gralnichcr.)

Grugeiix (gru-jeux), s m. pi. Les gens qu'exploitent les pauv mondes des campagnes. Dans cerUiines ré^zions, ce mot désigne d'une fagon générale tous les citîidins, le paysan voyant un ennemi ou un exploiteur dans tout bourgeois, dont il se défie le plus soiivent à tort.

Gr\une (en) (grum'), loc. adv. (Ig. Un homme en grume est un I)ei'Sonnage grossier, non policé, un butor, non équarri, revêtu de son écorce, comme le bois en grume.

Gué (ob). Uefrain de plusieurs chansons (>opulaires.

Lq l)onno aventure, oh gué.

D'après une tradition vendômoise, mais qui ne repo.se sur aucun fondement sérieux, ce refrain aurait été couîposé par Uonsard, au château de la Bonne-Aventure, au hameau du Gué-du-Loir, commune de Mazangé, où Antoine de Hourbon, père de Henri IV, réunissait souvent une joyeuse société. Un devrait alors écrire : la bonne aventure, au gué.

Guêbre ou guièble (guëbi*'), s. m. Yèble. iSambucus ebulus.

Guécher (ghé-ché), v. n. Se frapper les bras contre le corps pour se réchauffer. |1 Choir dans un gué, se mouiller, se noyer.

Guédée (ghè-dée), s. f. Abondance, quantité. — 11 s'a lichu une vraie guédée de crêpes.

Ane. fr. Guôder, soûler, ra.ssasier.

Guéder (ghé-dé), v. n. Rassasié. — G'tenfant, il est guédé.

Guédier (se) (ghè-dié), v. réf. Môme sens que guécher. Étym. in;;.

Guéguer(ghé-ghé), V. a. Tremper dans l'eau, rincer, tatouiller

— Guêgucr du linge. C'est probablement le même mot que le ri*anvais Guéer.

Guénaux (ghè-niô), s. m. VétenienLs malpropres, mouillés, guenilleh. || On donne ce nom aux bergers mal tenus. Dans Furetiôie, guênaut veut dire gueux.

Berger guenioux, ToD four est chaud, Ta pâte est molle, Ta femme est folle,

Tes enfants Courent les champs»

Tes poulets Courent lesguérets.

(Dicton oendômois.)

Guéné (gliè-né), adj. Mouillé, crotté. — D*où qu'tu vionsVTev'la li guéné!

Ces deux mots viennent du même radical que guenille. Gueniau (ghou-nio», s. m. Cou, gorge. - Avoir mal au gueniuu.

— Tordre le gueniau à un poulet. On dit aussi Qiieniau. Klvm. inc

Guenillon (gheuni-ion), s. m. Marchand de chifîons ambulant.

Guerdi (gheur-di), adj. Transi, engourdi de froid. || Exclamation. — Ah ! gueurdi, fait i fred î

Guerdiaux (gheur-diô), s. m. Bois morUs abandonnés aux pauvres, dans la forôt.

Guerdille (gheur-di-ye), s. f. Nom de plante Lactitca perennis, synanthérées.

Guerdiller (gheur-di-ié), v. unip. Grésiller. — Il guerdille, il tombe du grésil. |i V. n. Dans le Perche, trembler de froid. On dit aussi guerdi ner.

Guerdin (gheur-din), s. m. Morceau de viande suspendu devant la cheminée pour rôtir. Se dit aussi de la rôtissoire primitive formée d'une corde suspendue à la cheminée, et terminée par un crochet en bois auquel on attache un morceau de viande. On doime'un mouvement de torsion à la corde, qui, se détordant, fait tourner le rôti devant le feu. — Uôtir un gigot au guerdin.

Étym. inc.

Guerlaud (gheur-lô), adj. Dont les grains sont espacés — Une grappe guerlaude. — Delà grêle guerlaude, dont les grains ne sont pas serrés. — Une noix guerlaude, dans le Berry, veut dire une noix vide.

Guerlincer (gheur-lin-sè), v. a. Remuer, tourner avec bruit.

— La girouette guerlince. (V. Feurlincer.) Onomatopée.

Querlu (gheur-lu), adj. (V. Grelu,)

Guerluchon (gheur-lu-chon), s. m. ^V. Greluchon.)

Guermant (ghér-nian), s. m. Attribution, ressort. — La fermière vend les œufs, le beurre, la volaille, c'est de son guermant.

Vient probablement de garmenter, ce dont elle se garmente, se préoccupe.

Guemazelle (ghcur-na-zèr), s. f. Salamandre aquatique || Jouet d*enfant, sorte de crécelle qui imite tant bien que mal le chant de la grenazelle; les savants affirment que la salamandre aquatique est muette, mais tous les habitants de Villaria l'entendent et la voient chanter le soir en gonflant sa gorge d'air.

Guemeteuse (gheur-né-teuz'), s. f. Dernière semence ajoutée, à la fin des semailles, à la pœmiOre jugée insuffisante.

Guerni-guernatu (gheur-ni-gheur-nâ-lu), s. m. Sorte de jeu analogue aux ban es, dans lequel on poursuit un des joueurs avec un mouchoir roulé en corde, connu aussi sous le nom de chat coupé.

Guerxiier (gheur-gnié), s. m. Grenier.

Ane. fr., du bas-latin GmmeiHum,

« Puis la femme fut tuée de son mary, et après, ledit mavv se pcadit dans son gueurnier. »

{Extrait d'une note imprimée en 1607,)

Guemouiller (gheur-nou-ié), v. a. Agiter un liquide, patouiller.

— T'as pas fini, ch'ti gas, de gueurnouiller dans la mare ? — Ça me gueurnouille dans les boyaux. — Un vigneron racontait en ces termes que des marchands de vin étaient venus goûter sa récolte : « Il'taint la à gueurnouiller mbn vin dans leux goule, i

Onomatopée.

Guerouée (gheu-rouée), s. f. Couvée nombreuse. (V. Grouillée.) Gueriau (gheu-rio), s m. Gruau.

Guètron (ghé-tron), s. m. Sorte de guêtre de toile, sans souspieds, qui se met par-dessus les sabots.

-- IGl —

Guette (ghèf), s. m. Maîtresse guette. Dans le Perche, on désigne ainsi les principales branches placées au-dessus du talus de terre de la haie.

Gueule-bée (gheul'-bée), s. f. Busse, tonneau défoncé par un bout, qui a la gueule béante. On dit aussi : une busse à gueule.

Guiblets (ghi-blé), s. ni. pi. Troupe de moucherons qui tournoient dans les bois.

Klvm. inc.

Guicher (ghi-ché), v. n. Boiter, traîner la jambe.

Ane. fr. CfUincher, se pencher pour éviter un coup. Langue d'oc, guinchir, éviter.

Guilané, guilanettes (ghi-la-né, ghi-la-net', ou ghi-o-nët'), s. m. Étrennes; les enfants qui mendient au jour de l'an demandent le guilané.

Nous n'avons pas la prétention de rééditer toutes les dissertations qui ont été faites sur le gui Van neuf, d'où il résulterait que les Druides parlaient le français moderne aussi purement que des académiciens.

Cependant, la fête du gui, au renouvellement de l'année, était certainement un usage celtique, puisque cette tradition existe, non seulement en France, mais encore dans d'autres pays. En Angleterre, à Noël, les jeunes filles qui ont eu la chance de trouver une branche de gui la suspendent dans l'appartement, et les jeunes gens ont le droit d'embrasser l'imprudente qui s'arrête sous le rameau sacré. Le gui l'an neuf est assurément une traduction moderne du terme oublié des premiers habitants de la Gaule, mais (|ui témoigne de la vivacité de la tradition.

Guillot (ghi-io), s. m. Ver qui ronge les fruits, larve de la musca cerasiy ordre des diptères. Ce mot se trouve dans Furetière.

Guimbarde (ghin-bard'), s. f. Grande voilure, destinée à mener le gi*ain et la farine. H Instrument de musique (?) formé d'une lige de fer, courbée en fer à cheval ; entre les branches se trouve une tige d'acier qui vibre lorsqu'on l'applique devant les lèvres, et produit un bourdonnement que quelques personnes trouvent agréable.

D'après Dumeril, ce mot serait d'origine celtique et voudrait dire abeille chantante. (V. Bomhtu'de.)

Guimberter (ghin-ber-té), v. n. Gambader, rire, folâtrer. (V. (iimbet'tcv,) Langue d'oc, Guimar^ bondir.

— mi —

Guinchée (j^'liitrchéo, s. r. Siiiia^rée, iiiiiiauclei'ics, farons prOtcntieuses.

De jpçuincher, aiic. fr., aller de coté, se pencher.

Guincher (j^hin-ché), v. n. (V. Guichcr.)

Guinet (ghi-né), s. m. Bistoquet. Lorsque les enfants jout;nt à ce jeu, celui qui lance le bistoquet crie : Guinet, ou ruinez. Ce mot vient de guigner, regarder ; il veut dire attention.

Nous indiquons par un astérique les mois dans lesquels T/i est aspirée.

Autant que possible nous ne placerons sous celle lettre que les mots dont l'orthographe est connue, ou dont le sens étymologique exige la présence de cette lettre. Quant aux mots locaux qui n'ont pas d'orthographe ofiicielle et dont Vh n'est pas aspirée, nous les renvoyons à la lettre qu'ils ont comme son initial.

L, prononciation de Hurt, s. f. Lien, rote.

Habéner. (V. Abéner.)

Habillé de soie, loc. Porc, cochon. (V. Noble.)

Habit à manger le fricot, loc. Ilribit des dimanches, que l'on pouille pour se rendre à un repas. || Habits, cadeaux de mariage. — Aller aux habits, aller acheter des cadeaux. — Ce mariage a manqué aux habits.

Habitude (d*) (ha-bi-tud'), loc adv. Ilaijituellemciit. }\\me d'habitude > midi.

"Hacher (ha-chù), v. a. Abîmer, briser. — J'sais haché, romi)u de fatigue.

*Hae (hà), s. f. Haie, prononciation usitée dans le Perche. (V. citation au mot (ruerouas.)

SousTempire, un député de Loir-et-Cher, faisant sa tournée électorale à Haie de Champ (prononcez ét'chan)^ s'arrêta h causer avec quelques personnes qui s'abritaient de la chaleur k Tombre d'une haie. On lui demanda si, comme député, il ne connaissait pas un remède contre la sécheresse. « Ah ! nui bonne femme, il faudrait qu'il plût. » — Cette femme î\gée ne comprit pas la réponse, et comme les autres la plaisantaient : « Vouscreyez, dit-elle, que j'ai p:iscomprisceq«riladit?lladit, dit i : « Les haes, faudrait lesaléyer (tondre) ! » Le terme «(fu'il plût/) était pour elle de l'hébreu, un mot iVauteuv. Si M. Crosnier avait dit : faut faire ché d'I'iau, elle aurait sans dilliculté sai.sile se ri s des paroles cabalistiques. (Florentin LKn.v[\Bii!:H.)

*Hagner (hii-gnù), v. n. JJraire, hennir, ij Se dit dun bavard qui parle à tort et à travers.

C'est le V. fr. bourguignon higner, du latin Uinnirc^ hennir.

Haim ou hain (in), s. m. Hameçon ; on prononce toujoui's un nain, des nains.

Ane. fr. Haim, latin Humus, même sens.

Haïr (a-ir), v. a. L'/t ne se prononce jamais. — Oh ! j'I'liaïs-ti. indicalif présent : J'haïs, t'haïs, il haït.

C'est à partir du \vr siècle que la prononciation «je hais la ^'té adoptée définitivement ; antérieurement on disait indifféremment je haïs ou je hé.

' Haïsson (a-i-son), s. f. îlaine. — Prendre quelqu'un en haïssou. Il s. m. Personne haïe; on dit d'un enfant maltraité : c'est le haïsson de la maison, le souffre-douleur.

'Halazer (ha-la-zé), v. n. Haleter, être essoufflé, respirer avec eiïort.

Onomatopée.

Haleine (à-lèn'), s. f. Odeur, parfum bon ou mauvais. — Un fût de bonne haleine.

*Hâler (hîVIer), v. unip. Se dit du temps de hùle. — I hàle ben fort.

Ane. fr. Hùler, dessécher, briïlei'.

*Haleux (hà-leû), a<lj. Qui lient du hàle. — l'n temps hûleux.

Mars haleux, Avril frais et roussineux.

Mai chaud, Ilcinplissent grande et porlau.

Halot (a-h)), s. m. Petit valet de ferme, vacque-â-tout. (V. Aiul ) Dans le lîerry, la Lorraine et la Franche-Comté, on dit Valot.

• Haloter(ha-lo-tô), v. n. Balancer, osciller. Se dit du mouve-

ment que fait le vanneur en agitant son van de droite à gauche. Du V. f. Halot, branche, se balancer comme une branche.

*Hâne8ihàn'), s. f. Maniùros aiïectées, endiarras. — Faire des lianes.

*Haner (hâ-nè), v. n. Peiner. — 1 hàne ben i\ gangner sa vie. C'e.st le même mot <|ue ahanner.

* Hunuequiner (ha-nou-ki-nê), v. n. Haner, ahainier, marcher

— ion —

;ivo(^ eiïn't, s'i traiiK^r. — II a hoii h.innpqiiinr pour ronlrer à la maison.

' Hanneton des blés ou hanneton de la St-Jean. Coléop- U'*rc de la même famille que le hanneton, mais beaucoup plus petit, (le couleur brun -jaunâtre. Il se trouve en fçrande quantité dans lei blés en mai et juin ; il paraît inoiïensif.

'Hanocbes (ha-noch'), s. f. Partie du bois taillis reprise sur la .souche après une première coupe, partie du baliveau qui reste adhérente à la souche. (V. (Ihandeller.) (Perche.) — Dans la Heauce, c'est un fa}j:ot de p:ros bois de six pieds de lon^. Klym. inc.

Hanouet (a-nouè), s. f. Plante des prairies à tifçe élevée et à fleure violettes. Salicaire.

Happée (a-pée), s. f. Bouchée, morsure. — N'en v'ia ti une belle happée ! Il Tradition populaire : une personne mordue par un serpent n'a rien à redouter si ^ son tour elle peut donner une happée au reptile. Il suffit pour cela d'avoir un peu de présence d'esprit et nulle répugnance à mordre un serpent.

• Harasse (ha-ras'), s. f. Claie ou enclos mobile dans lequel on parque les cochons au marché. || Caisse à claire voie destinée à l'emballage des poteries et de la verrerie. || Quantité de niarchandi.se qui remplit la harasse. — Une harasse de pots.

Ane. fr. Harasse, long bouclier, probablement en osier, qui couvrait tout le corps et qui était percé de Irons à la hauteur des veux.

Ktym. inc. Conf. Haras, lieu où les chevaux sont enclos.

'Harassler (ha-ra-sié;, s. m. Ouvrier laboureur qui Iravaille ferme, qui se harasse.

Harbe ^arbe), s. f. Herbe. (V. Arhe.)

Harbeux (ar-beil), adj. Herbeux.

irddlle (ar-déh, s. f. Fille forte et robuste. Jeune fdle. Ane. fr. Hardel, bardeau, jeun • garçon, hardelle, fille.

« Ilanleaii, ainsi appellent ils aux champs un gap(;on, et une garse hapilellc. w

(Ho.N. DES PkIURUS.)

Jrtiinnne de R<>IK\s,

De sps liorhollos

Va un b.>uquel |)ln» ban que h 'uu

QnVr donna au potU hardenu.

{Socl anfjecln.)

Hardé (ar-dé), adj. Couvorl de hardos, hal)ill<'* chaudomenl. — Oh î j'aurai pas fred, j'sais ])en liardé.

* Hardir (har-dir), v. n. Prendre courajçe, faire un cfTort. II n'est plus employé qu'à l'infinilif et à Timpératif. — Faut hardir un peu. — Hardis, hardissons, hardissez ! terme d'encouragement ou de commandement, comme : oh î hisse.

Il n'est resté dans le français moderne que le participe, hardi, hardie, et Timpératif Smo personne, hardis, dont on a fait une interjection.

Ane. fr. Hardir, oser, prendre courage. Germ. Ilarti, dur, fort.

Hargne (argn'), s. f. Giboulée, p^alerneau, temps hargneux. A rapprocher du bas-hreton ariî, pluie; ail. Uegncn, pleuvoir.

Hargner (har-gné), v. n. Être hargneux.

Hargneux comme un âne du Temple (hameau de Vendôme). Les habitants du Temple passaient pour être très gouailleurs, surtout envers les étrangers Des victimes de leurs moqueries se vengèrent en leur donnant le nom d'ànes. D'autres, plus spirituels, les blaguaient à leur tour, d*où le proverbe local : Comme aux unes du Temple, aux moqueurs la mo(iue. (Neh.z.)

Haria (aria), s. m. Embarras, tourment, difficulté, tumulte, bousculade. — Faire des harias, faire des embarms pour rien.

— T'es comme un vrai haria, c'est-à-dire, tu es tourmentant.

— Oh ! c't'haria d'enfant. — Y a un tas d'harias dans c'te maison. Nous a<loptons l'orthographe avec un H h cause de l'étymologie.

Auc. fr. Harier, harceler, tourmenter, qui lui-même est issu de /laro, dérivé des anciens idiomes germaniques. Voira ce sujet la remarquable dissertation de Burguy, grammaire de la langue d'oil,au nwlHaro.

Haricandier (a-ri-kan-dié), s. m. Petit commerçant ambulant, petit cultivat(^ur mal monté. Voilurier qui a de mauvais chevaux, maquignon.

Haricoter (a-ri-ko-lé), s. m. Chicaner, discuter, lé.siner sur des vétilles.

Haricotier (a-ri-ko-tié), s. m. Chicaneur, maquignon, qui di.scute fie mauvaise foi.

Ces trois mots doivent être une forme du v. fr. Hargotfer,

(lisputor, orjroiior, ou do Harij^oltor, <l('*poror, (h'chnqnotor, (Voù est v«»nu Haricot de mouton.

Hamas (ar-nà), s. m. Harnais, attirail nécessaire à l'exercice (l'une profession, outillage. — Harnais de faux, cadre ou claie attachés à la faux pour former les javelles. || Fig. Embarras, entrave. — Est-ce que je peux travailler avec cet harnas sur les bras (un enfant)? — Il a eune femme, c'est un vrai harnas. Ane. fr. Harnas, mémo sens.

Harondelle (a-ron-dél), s. f. Hirondelle.

Harondelie, dans Hobert Estienne.

* Harpigner (har-pi-gné), v. n. Discuter, disputer^ comme une harpie.

Has-latin. Ilarpagavc, voler, arracher.

Harpionner (ar-pio-né), v. n. Se donner du mal pour faire quelque chose. — Un gamin harpionne pour grimper à un arbre. (V. At^pionner.)

^Harse (hars'), s. f. Herse.

Harsoir (ar-soué), adv. Hier soir.

Ane. fr.

Harsoir, en vous couchant, vous jurasles vos yeux D'êlre plustôt que moi ce matin réveillée.

(Ronsard.)

Hauberlette (-ôber-léf), s. f. Musette, petite flûte de berger. M. Nouel V voit un diminutif de hautbois.

Hausse qui baisse, loc. adv. Qui n'est pas d'aplomb, de travers. — C'est en hausse qui baisse.

'Haut (ô), s. m. Sommet, Se prononce presque toujours sans aspiration. — L'haut d'un peuplier. 1| adj. Haut comme le temps, loc. orgueilleux. — 11 est fié (fier) et haut comme riemps. Il Haute heure, heure avancée de la journée. Haut temps, saison avancée.

Herbe. Nom indicatif de plusieurs plantes.

Herbe a aspic, la stellaire. Stellaria holostea.

Herbe a la Sainte-Vierge. Autre nom delà môme plante.

Herbe a marcou. Chenopodium bonus henricus. l\ est probable que cette dénomination vient de ce que les marcous employaient cette plante dans leurs pansements.

Herbk a mille feuilles, appelée aussi saigne-nez. Achil- Ica mUlrfolia.

Hkbpk aux achéks. (V. Achcc.) Pohfffonum nricularr.

IleiiBR AUX Chats, divorsosospècpsilr Valériane, telles que la valoriane cultivée, Crnlranthtts ruber, et la valériane officinale (les prairies humides. Cette plante se nomme ainsi parce que son odeur attire les chats, la racine principalement.

Herbe aux Gteux. La clématite des haies. On prétend que les gueux s'en servaient à cause de ses propriétés irritantes pour provoquer des ulcères.

Herbe aux Rougets, renouée des oiseaux, sur laquelle les rouf?ets se trouvent en grande quantité. (V. Rouget.)

Herbe carrée, scrophulaire, ScropJntInria aquatira.

Herbe charpentière, espèce de plant^iin, Phmingo lancen- /a/a.

Herbe deCuemin, graminée, Loiium pcrenne.

Herbe de Patis, graminée, Poa annua.

Herbe des Hois, variété de chiendent, dite au.ssi Herbe Blanche.

Herbe Pièce, vulpin des champs, queue de l'a t, graminée, Ahpecurus agrestis. On dit aussi Herbe Pied, et mieux Herbe ÉPIÉE ; ce nom lui a été donné par allusion k ses longs épis arrondis, qui lui ont valu aussi le nom de queue de renard.

Hégron (é-grôn), s. m. Héron.

Ane. fr. Jaubert écrit Aigueron, le faisant venir de Algue, eau, oiseau d'eau. D'autres écrivent Aigron, oiseau à aigrette. Prov. Aigro ; Esp. Agro ; Ital. Aghironc ; f faut-Ail. Heigero, Tonbin le fait venir franchement du sanscrit! Cependant au xiiie siècle, Brunetlo Latini écrivait déjà Hairon. Devine si tu peux et choisis si tu l'oses. (V. Aigron et Egron.)

Hennequin (en'-kin), n. pr. On dit aussi Hellequin. Le diable. Dans les superstitions populaires, il étnit souvent question de la menée d'Hennequin. On voyait dans les bandes d'oiseaux de nuit ou dans certains nuage.s orageux des âmes en peine menées par Satan en personne dans les airs. Mais avec Tin.struction ces croyances ont à peu près disparu.

Moisy {Les noms de familles normands) y voit un mot anglais, hell, kike, suppôt des enfers, alichino, nom d'un diable dans Le Dante. D'où est venu probablement arlequin (?).

Herbanlt. Les chiens d'Herbault qui aboient de loin, locution locale, s'appliquant aux gens qui font les braves le danger passé, comme Panurge après la tempête.

Herbault, canton de l'arrondissement de Blois.

Herbes de la Saint-Jean. (V. Sainl-Jran et Joannvc.) Héritance (é-ri-tans'), s. f. Héritage, succ/^ssion. — J'ai évu ça

(l*héritince. — Le mot hériUn^e, romrnnn dansTancien droit, signifie : terre, biens-fonds.

Ane. fr. Eritance. Le dictionoaire de Trévoux, qui donne le mot, le signale conmie vieilli.

Hérondelle (é-ron-dèD, s. f. Hirondelle. (V. Arondelle et Harondélie.) Ane. fr.

Hersoir (er-soué),adv. Hier soir. (V. Harsoir.)

Pour au matin un peu vous conforter Du deuil qu'hersoir il vous convint porter.

(Ci.. Marot.)

*Heune (lienn'), s. f. Tête, terme de mépris et d'ironie. Ktym. inc.

Heure (à), adj. (V. Aheure.)

Heure (à cette) (as-tour'), loc. adv. A présent, aujourd'hui. — Les gas d'asteure valent pas ceuss' d'nout' temps.

Montaigne, qui emploie fréquemment ce mot, l'écrit parfois: asture.

*Heurible (heu-rib'), adj. Précoce, avancée, une récolte heurible. (V. Aheure.) \\ On dit quelquefois heurrible pour horrible.

Étym. inc.

'Hicant (hi-kan), adv. Aller hicant, marcher en traînant la jambe.

Étym. inc.

Hierre (iér'), s. m. Lierre. Nous avons encore entendu dire : un mur couvert d'hierre. — Il y a de l'hierre sur cet arbre.

Hierre, du latin Hedera, est devenu lierre par la soudure de l'article avec le mot. Le glossaire ms. du xv^ siècle, bih. de Lille, traduit Iledera par ière.

Chez l'autre dont les murs Vieux, hideux de ronce et d'hierre,

(J. DU Bellay.)

J ai pour maison un antre en un rocher ouvert. De lambrusche sauvage et d'hierre couvert.

(Ronsard.)

Ung ciel y a de l'hierre tout verd.

(R. Mack.)

Hire (ir'), s. f. Vieille truie qui ne produit plus. A rapprocher du has-lalin //ira, toit à porcs.

Hirbé. (V. Ifurbr.)

Hivernage (i-ver-naj'),s. m. Façon (lonn(!*f pciMlant l'hiver.

Homme (om'), s. m. Mari. — Mon homme.

« Non, jamais je ne coucherai seule ! Hé vrai Dieu, quelle plus gronde consolalion y peul-on prendre que de la jouissance de son liomni'^ ? n (C'est une femme mariée qui parle.)

(Délires et JQtjcux d'scours de Veriioquet. IGIO.)

'Honteux lon-toû), adj. Timi<lp, craintif. — Avoir honte, être intimidé.

Je ne veux rien escrire

Que la vicrjre honteuse ait vergogne de lire.

(J. DU Bkllay.)

Horloge (or-loj'), s. m. llorlofro à poids renfermée dans une hoite. — Tn bel horloge. Au moyen âge, horloge était masculin. 11 reste la rue du fîros-Horloge à Rouen, le Gros-Horloge, à Caon.

^Hotteuz (ho-teiV), s. m. Nom de la vsauterello des vignes, K}ihippit]era vU'nun, aux ailes et élytres rudimcntaires, en forme d'écaillés hrunes. En frottant Tune contre l'autre les hases des élytres, elles font entendre un bruit strident, analogue à celui du grillon Le mot Ephippiyera veut dire porteselle ; le mot llutteur a donc à peu de choses près la même signification ; mais, comme il est français, les savants l'ont naturellement exclu de leur nomenclature, et lui ont forgé un nom moitié grec, moitié latin. On l'appelle aussi dans le ven- <I<>mois Porte-Bulol (V. halct, Jeudi rt Midi.)

*Houaler (hou-iVléi, v.n. Héler, appelerà pleine voix. (WCioud- Ivr et Voualer.) Ane. fr. Holer, crier, poursuivre.

*Hourdé (hour-dé), adj. Habillé, surchargé de vêtements. tV. Uardc.) De Passac croyait ce mot spécial au bord de la Braye, mais il e.st d'un usage général dans le Vendômois. Bas- latin Hurdare^ même sens.

Mettons qu'elles font bien, le mal appel isson. Car ce demi chiot, ce demi pélisson Dont elles sont hourdées ainsi qu'un hérisson- Los garde maintes fois de froid et de frisson.

(Cad. de Jeu an de Meung.)

'Hourdis (honr-dis), s. m. Plancher grossièromcnt construit on branchafres non équarris, et en menues bourrées, au-dessus d'une loge ou d'une étable. (V. Chafaud.) (Boulay, Manières de cultiver la vigne dans le tHgnohle d'Orléans^ 1743.) Ane. fr. Ilourdeis, hordeis, échafaud, palissade. Bas-latin Ilurdicium.

* Houssaine ihou-sèn'), s. f. Sortes de grosses mitaines en

usage dans le Perche pour se garantir les mains lorsqu'on coupe les épines. Le^s houssaines furent inventées par un tanneur de Vendôme, dans le milieu du xvii« siècle ; elles étaient alors en cuir. Depuis on les fabriqua en laine; la fabrication on avait lieu surtout à Lavardin.

* Houssu (hou-su), s m. Fort, trapu, signalé comme vieux

dans le dictionnaire de Trévoux.

*Hou8te (housf), interjection. Allons, debout, vite, partez. — Houst', au chenil.

Onomatopée.

Houste (oust'), s. f. Poche. (V. Ouslr.)

*Hou8ter (hous-té), v. n. Enlever un fardeau d'un coup d'épaule, en faisant houst ! Lebarbier écrivait housseter, et lui donnait le sens de marcher en sautillant. Dans le Maine, houster veut dire porter la hotte. Quand une personne a le tic d'un mouvement d'épaule, on dit qu'elle va houstant. Ane. fr. Même sens.

*Houvi(hou-vi), adj. Desséché, grillé, quia souflert de l'ardeur du soleil. — Un rôti houvi, qui est brûlé h rexlérieur sans être cuit intérieurement.

Ane. fr. Havi, même sens.

Arm. Ifav. Kym. Jlaw, brûlé par le soleil.

' Huche (huch'), s. f. Coffre, maie.

Huche se prononce quelquefois huge, notamment dans le bas vendômois.

La souris qu'est à la huche Qui fait son nid, la vois-tu ?

Et le chat qui la regarde, Lui dit : Souris, que fais-tu?

Je fais le lit à mes filles.

La souris, la souris grise.

(Ancienne chanf^on.)

'Huchet ihiirlu'), s. m. MonUint fie l'iolinrnic sur loiiiol s'appuie le limoneaii.

'Hucher (liii-chr), v. n. Jucher, p-rcher. — Les poulets sont huches dans Tàhrc. || Iluchepie, nom de localité, co-nmiuiede Xavcil.

* Hucher (se), v. rêfl. Se tenir sur li porte, sur Thuis. (Perche.)

Mot du patois normand.

Hui (ni), adv. Aujourd'hui, dans les expressions anhui on

ennhui. (V. Anfitti.) *Huier <hu-ié», v. a. Hèler, appeler, houAlerdnnsle Perche. Ce

mot a la même racine que Huée.

Ane. fr. lluier. Onomatopée; du cri : Un î

Huile, locution locale : de l'huile de bras. — Un meuble ciré avec deThuile de bra-^. — Attends, polisson, tu manges mes pomme-î, j'vas t'corriger avec de Thuile de cotrets. — Pauvr* mi<rrion, l'as attrapé un î?non, viens, crie pas, j'vas t'y mett' de rhuilede mon cœur, de la salive. Un avocat met dans sa plaidoirie de l'huile de gueule !

Huis (uî), s. m. Porle. — Cogner à l'huis. Il Par synecdoque, hameau, maison isolée. || Nom de localité, THuis-Morin.

Rappelons qu'avant l'instruction obligatoire pour les conseillers municipaux, on a vu de longues années à Vendôme une plaque à l'angle d'une rue, portant cette inscription : rue des Quaircs-Huis. On a corrigé cette faute depuis, et la plaque porte aujourd'hui : Quatre-Huyes !

Les étymologistes font venir ce mot du latin Ostium^ c'est possible; mais comparez le saxon //mis, et l'ail, //wys, maison. Voyez h ce sujet le bulletin de la société archéologique du Vendôrnois, anntîe 1864, article de MM. Devaux et de Martonne.

'Huitive (hui-tiv'), s. f. Huitaine. — On fait dire à un mort un service de huitive.

* Huler(hiVlé), v. n. Hurler, se dit de l'aboiement ou mieux du

gémissement du chien.

Ane. fr. Hulée, cri, bruit, huée.

Notre mot .se rapproche davantage du latin Vlulare que le français moderne hurler.

Humexnidi (um'mi-di), s. m. Niais, qui baille aux corneilles. — Coiffé en humemidi, le chapeau en arriére.

Hurbé (ur-bé), s. m. Insecte, coléoptére Bhyuchites hettdeli, de la famille des curculionides ou charançons. On dit aussi hirbé, hurbec, becmar, becquard.Cet in.secte aux couleurs éclatantes, vr»rt bleu aux reflets métilliques, est un véritable fléau pour

la vi^'fic ; il pond ses œufs sur les feuilles et les roule eueornet au moyen d'une sorte de soie qu'il secrète. Le pédoncule de la feuille est à moitié coupé par l'insecte, et la feuille pend, se dessèche et tombe, après avoir été en partie rongée par la larve.

Hureux (u-reù), adj. Heureux.

« Quoi qu'il faille prononcer heur, bonheur, malheur, on dit néanmoins hureux, malhurcux. bienhureux. »

(Mênagk, Obeercatlons sur la langue française )

«I Tout ce qui prono. ce bien en France prononce hureux. »

(Tu. DE Bèzr.)

Hurlubie (ur-lu-bi), s. f. Sorte de civet fait avec du porc. Ktym. inc.

Hustuberlu (u.s-tu-beur<lu), adj. Hurluberlu, elTaré, alTolé.

A rapprocher de l'une, fr. Hustebiller, qui se disait de Viv/itation des femelles des animaux domestiques cherchant le mâle. H voulait dire aussi heurter, choquer.

*Hutin (hu-tiu), s. m. Contagion, épidémie légère, sur les enfants spécialement. On dit: c'est un hutin qui court. « Ce mot est une transformation de lulin. En effet, lorsqu'il y a une épidémie légère de diarrhée, rougeole ou autre, les mamans disent : c'est un lutin qui court. Dans l'Orléanais on dit dans ce cas : c'est un farfadet qui court, c'est donc lutin qu'il faut dire. » (Xoukl.) Conf. Ane. fr. Hutin, tapage, émeute, tumulte, tracas.

*Huttier (hu-tiè), s. m. Butte, élévation de terrain. Ktvm. inc.

' Huyau (hu-io), a. m. Dent inoisive ou canine. — Cet enfant est souffrant, c'est les huyaux qui poussent.

Ktym. inc.

Tnc Vendômoise fort instruite, mais qui craindrait de voir son nom iuïprimé, pense que lltitjol n'est qu'une transformation de œillère ou œ/illot, dent canine de la mâchoire supérieure. (Killot, malgré Liltré, se prononçant eu-yo, on est arrivé facilement à remplacer eu par if, d'où Ki/aK.

Huyer. (V. Ilnirr.)

I. S'emploie dans certains verbes au passé défini, à la place de ai ou de è, J'allis, ils allirent. Je venis. Cette forme était employée dans le vieux français.

a Les aposlrcs (lépouilièrenl lours robes, qu'ils mirent sur l'ancsse, cl monlirent Jésus-Christ dessus... o

« Adonc les evesques de lerusalem mandirent quérire les douze juifs. »

(La Mort et Passion de I.-C, laquelle fut composée parGamalial, Nicodemus et loseph d'Abarimathie, 1535, gothique.)

Il Pronom pei*s. 3« pers. singulier et pluriel pour il, ils. — I va. — I vient. — I vont. Devant une voyelle au singulier ou prononce il. — Il aime. — Il arrive. Au pluriel on ajoute un : euphonique. — I-z-aimiont. — I-z-arrivont. || Pronom des deux genres, à lui, à elle. ~ J'i ai dit. — Vous i parlerez. || I est précédé du 7'euphonique dans les phrases interrogatives ou exclamatives. — Vous êtes ti heureuse ! a ti bonne mine ! — J'sais ti content! v'avez ti de la chance î

Ian(iaiii, s. m. Lien de paille de seigle pour lier les gerbes. (V. LUin.) — Va donc faire des ians.

lau (ios s. f. Eau. — Va tirer d'iiau. La plupart du temps VL se mouille et se prononce à la fagon du gl. italien ou de 17/ espagnol devant iau. — Tirer d'iliau. — Tu vas tomber dans H'iau, dans yau.

Ici (i-.si),adv. S'emploie à la place de ci. Dans ce mois ici, dans ce temps ici.

Celle manière déparier était approuvée par Vaugelas; le dictionnaire de Trévoux constate qu'elle commengaità vieillir.

« En tous CCS cas icy la confession générale est requise. »

(S.MNT Fkanvois-de-S.vles.)

Et si ((uelquc maîtresse en ces beaux mois icy Lui tourmente le cœur d'un amoureux soucy.

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