‹ Glossaire du VendômoisChapitre 4 sur 23 · V., voyez · texte numérisé non relu

V., voyez

Il , changement d'acception.

N. B, * Nous n'avons pas cru devoir donner la liste des ouvrages consultés ou cités, cet usage nous paraissant légèrement pédant, mais surtout fort fastidieux pour le lecteur. Qu'il nous suffise de dire que les citations en latin ou en français du moyen âge, lettres de rémission, etc., données sans autre indication, sont extraites de Du Gange, Glossarium mediœ et infirme latinitatisj Niort, Fabre, 1883-1887, et de Lacurne de Sainte-Palaye, Dictionnaire historique de F ancien français y Niort, Fabre, s. d.

A, préposition. Outre les sens ordinaires en français, on emploie souvent à Vendôme à pour de : La vigne à Roussineau. — La fille à Colas. Il Particule explélive. — A matiri, à ce soir : rirai à c*soir. — I fait biau à matin. || Contraction de elle. — A dit, a vient. — Elle dit, elle vient.

▲bas (a-bâ), s. m. Ouest ou couchant. Dans les anciens titres, les quatre points cardinaux sont toujours dénommés: abas pour ouest, galerne pour nord, amont pour est, et solaire pour sud-est. Ces anciennes dénominations, toujours usitées dans nos campagnes, ont longtemps persisté dans le langage des gens d'affaires; un titre de 1838 porte encore : trois boisselées de terre joignant d*abas. Dans le Perche, on dit aussi aval pour abas, et ahaut pour amont. Ces noms abas, amont, galerne, solaire, désignaient primitivement le S.-W., le N.-E., le S.-E. et le N.-W. Par suite de la tendance naturelle du langage populaire à tout simplifler, on en a fait les quatre points cardinaux ; on dit en effet vent d'abas ou vent bas, pour 1« vent de S.-W.

c On vit arriver au poDt de Bloys près de 200 voiles par un vent d'abaa, quoique la rivière fût extrêmement grosse. » (Notes manuscrites de l'abbé Janvier, 1712.)

En jetant les yeux sur une carte, on voit qu'il faut le vent du S.-W. pour faire remonter aux bateaux le cours de la Loire.

Littré donne le mot abas, mais le confond avec abat^ averse. C'est un autre mot et un autre sens.

Descartes (Météor.) avait dit : « Les vapeurs peuvent causer un vent d'abas. » C'est avec raison quil écrivait ainsi. — Vent d'abas, vent venant du bas.

Abécher (a-bè-chë), v. a. Donner la bêchée. (V. ce mot.)

Abéner (a-bè-nè), v. a. Terme de culture, faire sécher les fourra$çes avant de les rentrer. — Je donne mon foin à abéner à Moreau, c.-à-d. Je fais avec lui un marché par lequel il s'engage à le faner avec soin, et à le rentrer dans mon grenier avec toutes les précautions pour en assurer la conservation. Étym. inc.

Abériau (a-bè-rio). Sorle de grand tablier de toile à Tusage des femmes de la campagne, notamment des bergères, qui remploient comme abri en cas de pluie ou de froid.

Abérier (a-bé-rié), v. a. Abriter, — Viens t'abérier sous ma coiffe. — La perdrix est abériée lorsqu'elle a la tôle sous l'aile.

De l'anc. fr. Abrier, abriter. — Abrier a fait Abérier par l'épenthèse si fréquentée de l'E.

Les étymologistes, gens fort savants, font venir le mot abri du latin Apricus^ exposé au soleil, qui n'est pas à l'abri !

Aberton (a-beur-ton), adv. A rebours. (V. Be^^ton,)

Ablanc (ablanc), adv. Tout couvert. (V. Blanc)

Aboiter (a-boi-lé), v. a. Fournir la boite, la boisson. Les fermiers aboitent les moissonneurs, leur donnent la boisson. Il Aboiter les cochons, leur donner à boire.

Abominable (a-bo-mi-nab'), adj. Extraordinaire, merveilleux. Y a-ti des pommes c't'année, c'est abominab'. Terrible s'emploie aussi dans le môme sens en français : Il y a terriblement de fourrage.

Abouler (a-bou-lé), v. a. Donner, apporter. Aboule tes gros sous.

Au sens neutre, approcher : Aboule ici. V. fr. passé dans Targot parisien.

About (a-bou), s. m. Rallonge qui s'adapte à l'extrémité d'une charrette et qui sert à maintenir les chargements élevés. || Extrémité où aboutissent les sillons d'un champ.

Abouter (a-bou-té), v. a. Joindre, aboutira. Mon champ aboute le fossé. Il Se dit aussi de deux pièces de bois placées bout à bout. Syn. abuter.

▲boyeur (à-boi-ieur), s. m. Grieur de ventes publiques.

Abre (à-br*), s. m. Ancienne prononciation de arbre, que condamnait Vaugelas tout en constatant qu'elle était générale.

II monta sur un àbre Pour voir les chiens couri.

(Guilleri, vieille chans. pop.)

Aujourd'hui la prononciation Arbe tend de plus en plus à se substituer à Tancienne, grâce à l'influence civilisatrice de Paris et des cafés-concerts.

On Trait plutôt ployer un arbe.

C'est moi qui suis la femme à barbe !

Abre cAbre (â-bre câbr'), s. m. Ensemble de nuages d'une forme particulière imitant plus ou moins un grand arbre garni de branches, ou plutôt une souche d'où partiraient des ra. meaux dans toutes les directions et dont le pied serait à l'horizon. Cette apparence n'est qu'un efl'etde perspective, car en réalité les bandes de nuages qui le composent sont tout à fait parallèles. Flor. Lebarbier et les jardiniers de Vendôme disent que c'est un signe de pluie. Neilz, au contraire, prétend qu'il est convenu que c'est un signe de beau temps. C'est dans tous les cas un signe de brusque changement de vent. Les gens de la campagne disent, avec raison, qu'il faut voir où est le pied de Tûbre. S'il se trouve au S.-W., c'est signe de mauvais temps; si c'est du N. ou N.-E., c'est signe de beau temps. En Bourgogne, d'après Ch. Nisard, ce phénomène se nomme Abre Maucabré. Dans le Morvan, abre du mont cabri, abre malcabre ou malacahre.

Abrias (a-bri-â, ou a'beu-riâ), s. m.EspècedecoifTon ou capulet dont se servaient spécialement les laitières le matin. Il couvrait la tète et les épaules, et n'était pas sans une certaine élégance. Il Sorte de vêtement, manteau à capuchon en gros lainage propre au Vendômois et abandonné bien à tort par les femmes du pays. (V. Coiffe.)

Abrier (a-bri-é), v. a. (V. Abérier.)

Abrilou (a-bri-fou), s. m. Sorte de voile ou de drap qu'il était d'usage d'étendre au-dessus de la tête des nouveaux mariés au moment de la bénédiction nuptiale. Les garçons et les demoiselles d'honneur en tenaient les coins. Bien que ce mot semble contenir une malice à l'adresse de ceux qui font la folie

de se marier, il était employé très sérieusement et sans aucune arrière-pensée. Nous croyons que Tusage de Tabrifou est à peu près perdu dans le Vendômois.

Abuter (a-bu-té), v. a. (V. Abouter.)

Acabit (a-ka-bi), s. m. En langage vendômois ce mot ne s'emploie qu'en parlant des personnes, avec le sens de bonne santé, tempérament robuste, appétit. — Cet enfant est de bon acabit, rien ne lui fait mal.

Acamenté (a-ka-man-té), adj. Blessé, en mauvais état, malade. Au fig. Mal dans ses affaires. — Il est ben mal acamenté. Étym. inc.

Acas (a-kâ), s. m. Averse, pluie torrentielle. On dit aussi en un seul mot : acadiau. — Acas d*eau. — La pluie tombe par acas. Du baslat. accaderej même sens que accidere, proprement un accident d'eau, une chute d'eau.

Acassi (a-ca-si), adj. Durci. — La terre est acassie. — Un matelas acassi. — (V. Casse.) Perche.

Acause (à-koz'), prép. Parce que.

Adv. interr. Pourquoi? — A cause que tu t'en vas? — A cause que je suis pressé. — Souvent à cause est employé seul par celui qui ne veut pas répondre. — A cause que t'as fait ça ? — Rép. A cause !

Accablis (a-kà-bli), s. m. Effondrement, éboulement dont on est accablé. Villon emploie le mot acabit dans le sens d'accident ; ce terme nous parait proche parent de notre accablis.

Accolage (a-ko-laj'), s. m. Action d'accoler la vigne.

Accolerie (a-ko-l'ri), s. f. Temps de l'accolage. On loue des ouvriers pour l'accolerie. On dit aussi : écolerie.

Acconnaitre (a-ko-nèlr'), v. a. Connaître à fond, reconnaître. — Je t'ai ben acconnu !

Accordailles (a-kor-dâye), s. f. plur. Fiançailles.

Accotas (a-ko-tâ), s. m. Appui, support, soutien, tout ce qui sert à accoler; on dit aussi accotoir, qui se prononce accotoué, du verbe accoter, appuyer.

Accouer (a-kou-é), v. a. Terme de maquignon, attacher les chevaux à la queuç l'un de l'autre, de façon qu'ils marchent

à la file. Employé surtout au figuré comme dans cet exemple emprunté à Montaigne : « Nous n'avons pas fait marché, en nous mariant, de nous tenir continuellement accoués Tun à Tautre. > Étym. lat. ad caudam.

Accouiler (s') (a-kou-fié), v. r. S'accroupir; on dit aussi: accoufir. Dans le patois bourguignon : accoublir.

Étym. inc.

Accoursé (a-kour-sé), adj. Achalandé. — Une boutique ben accoursée.

Âne. f. accours, affiuence, accoursier, chaland. Lat. ad cursum.

Accoutras (a-kou-trâ), s. m. Accoutrement, ajustement. Il Per-» sonne mal accoutrée, mal fichue.

Achée (à-ché), s. f. Ver de terre, lombric dont les pécheurs à la ligne se servent pour amorcer leurs engins.

Mais tu vis par les sillons vers, De petits fourmis ou de vers.

Ou d'une mouche ou d'une achée.

Tu portes aux tiens la bêchée, A tes fils non encore allez.

D'un blond duvet emmantelez.

(Ronsard.)

Achée, s. f. ou âche, renouée des oiseaux, vulg. traînasse, polygonum avicu/are, polygonées, herbe à rougets. Cette herbe, qui rampe à terre avec ses tiges rougies par l'automne, figure à peu près les vers de terre ou achées.

Acinoder(ak-mo-dé), v. a. Accommoder, apprêter. — V'ià des potirons qu'jons ramassés dans la noue, ac'mode-les donc pour souper. — Voilà des champignons que j'ai ramassés dans le pré, appréte-les donc pour souper.

Actionné (a-ksio-né), adj. Affairé, empressé.

Actionner (a-ksio-né), v. a. Presser, stimuler, proprement mettre en action. — - Attends, grand feignant, j'te vas actionner.

A cul (a-ku), adv. Être à cul, être aculé. — Mettre une voiture à cul, les brancards en l'air. Quelques personnes se souviennent des anciennes pataches à deux roues : lorsqu'on relayait, on mettait la voiture et les voyageurs à cul.

Adent (a-dan), adv. Tout à plat, la face contre terre. Dans le Perche, adent, àrebours,àrenvers : mettre une table adent, la retourner les pieds en Tair. On met un pot adent pour le faire égoutter. Quand un enfant pleure, on le met adent, c'est-à-dire le ventre sur les genoux de la mère.

Ane. fr.

II le fil cheoyr adens de sa haulteur, tout à plat estendu.

(Palsorave.)

Bt tout à dent Tentrebuscha par terre.

(Macé, poète veodômois du XVI^ siècle, Le voyage de Charlea-Quint à travers la France.)

Adieu pas, interj. Sans adieu, au revoir.

AdJutori«ii (ad-ju-to-rion), s. m. Ornement, colifichet, chose embarrassante. — N*en v'ià, un tas d'adjutorions. Quelquesuns prononcent ajustorion.

Lat. adjutorium, aide.

Adonner (s') (a-do-né), v. unip. S'accorder, se trouver au droit, par occasion. — J'travaille ben quand ça s'adonne. — Victoire, comment avez-vous fait cette sauce? elle est excellente. ^ Oh ! marne, c'est qu'ça c'est adonné. — C'est qu'ça s'est trouvé comme cela par hasard. — Deux objets préparés ad hoc s'adonnent bien.

Adrée, adrée, interj. Mots répétés en cadence par la bergère qui veut faire rentrer ses vaches. C'est un branle ou chant du départ que les bétes comprennent parfaitement et qui leur fait prendre le chemin de l'étable.

Adresser (a-dré-sé), v. a. Ranger, serrer, placer. — Adresse tes livres. — Adresse le balai. Remets le balai droit, à sa place. — J'sais pas où j'ai adressé mon mouchoué.

Adret (a-dré), adj. Adroit. — Il est adret de ses mains comme un cochon de sa queue.

Au XVII® siècle on écrivait adroit, mais on prononçait encore adret. Il y a peu d'années, il était encore de tradition à la Comédie-Française de prononcer Adrôte dans ces vers de Tartuffe :

D'abord j'appréhendais que cette ardeur secrète Ne fût du noir esprit une surprise adroite.

Adret, s. m. Endroit. (V. Endret.) — Un adret de biques, terrain escarpé, d'un abord difficile.

Affairée (a-fé>rôe), s. f. Grande quantité. Se dit surtout par antiphrase. — En v'ia ti pas eune belle affairée; c'est-à-dire : Il y en a si peu que ça ne vaut pas la peine d'en parler.

Affessier (a-fé-sié), s. m. Terme de mépris qui n'a pas de sens bien déterminé, équivaut à peu près à Jean Fesse ; on dit aussi al fessier ou artoupan.

Ëtym. inc.

Affier (af-fîé), v. a. Soigner, élever, acclimater. — C'est défunt mon père qu'a afié c'te veigne là.

« Vraiment, dit Pantagruel, quand je serai en mon ménage, j'en affierai et enterai en mon jardin de Touraine, et seront dites poires de bon chrétien. » (Rabelais.)

S'applique non seulement aux choses, mais aux personnes et aux bétes. — Affier un enfant, une race de moutons.

Affilés (d') (a-fi-lée), loc. adv. De suite, sans interruption, tout d'une traite. — Lire un livre d'affilée. — J'ai été d'affilée de Vendôme à Mondoubleau.

Du lat. ad filum, en suivant le fil.

Alflloaser (a-fi-lou-zé), v. a. Amignonner, caresser, avec une nuance de tromperie. A rapprocher de l'expression Filou, usitée dans l'Orléanais dans le sens de mignon, caressant. — Est-i filou, c't'enfant.

Affiné (a-fl-né), adj. Qui s'applique spécialement à l'espèce de fromage particulière au Vendômois et qui s'appelle du fromage affiné. Ces deux termes ne vont jamais l'un sans l'autre: on ne dit pas de l'affiné, comme du gruyère, du brie, mais exclusivement du fromage affiné. On fait affiner un fromage en le mettant dans la cendre jusqu'à ce qu'il ait acquis le degré de finesse qui le fait apprécier des vrais amateurs. — Un fromage affiné bien à point est pourri bon. Dans le langage ordinaire affiné exprime l'état d'un fromage; on dit « du camembert, du brie affiné », tandis qu'à Vendôme ce mot désigne l'espèce de fromage.

Affistoler (a-fis-to-lé), v. a. Parer, orner, arranger.

Fille qui va à l'assemblée Est toujours bien afQstolée.

(Dicton local.)

Ane. fr. affistoler, duper, tromper. — Probablement que la fille qui va à l'assemblée se pare pour piper les galants, à moins que ladite fille soit plus facilement affistolée par eux, prise au piège.

Affligé (a-fli-jé), adj. Infirme, malade, impotent.

Affranchir (a-fran-chi), v. a. Châtrer.

Affranchisseur (a-fran-chi-seux), s. m. Celui qui châtre les animaux. C'est une profession très répandue dans les pays d'élevage. Ce mot, du reste, se retrouve dans tous les dialectes de la langue d'oil.

Affrébaudi (a-fré-bô-di), adj. Transi de froid, frissonnant. Étym. inc.

Affruiter (s') (a-frui-té), v. réf. Se mettre à fruit. — Mes poiriers sont bien alTruités c't'année. — On dit aussi quelquefois affriter.

Affublas (a-fu-blâ), s. m. Manteau, ornement.

Âne. fr. afTublall, manteau, du lat. cid fibulam, agrafe. C'est le manteau orné de la flbule.

Affût (d'), loc. adv. Rusé, malin, qui a l'esprit bien affûté.

Affutiaux (a-fu-tiô), s. m. Ne s'emploie qu'au pluriel, brimborions, bagatelles, objets inutiles, articles de Paris. Un vrai chasseur se moque des affutiaux dont un Parisien, un novice ne manque pas de s'embarrasser. Ce mot désigne aussi les menus accessoires de la toilette féminine.

De affûter, ajuster, emmancher, du latin fustis,

Aga, interj. Particule explétive qui n'ajoute rien au sens, mais qu'on emploie fk*équemment dans la campagne pour donner de la force à la phrase ou en accentuer le sens. — Le temps est à la pluie, aga. — Aga, oui !

Aga, JeaDnette, t'as ben raison, Tu parles comme un prête.

Monsieur l'eu ré dans son sermon N'en dit pas tant peut-ête.

{La Grande Bible des Noêls.)

Ce mot vient sans doute par apocope du vieux verbe français agarder, regarder. On attire l'attention en disant : Agarde, comme les Belges disent : Savez-vous ?

Agailler (a-ga-yé), v. a. Éparpiller. (V. Égailler.)

Agis (a-gl), s. m. Argent donné en sus du prix fixé, pot-de-vin, épingle, etc. — Celte terre à coûté 40,000 fr., et les agis. — C'est-à-dire ce qu'on ne déclare pas. — Quel âge a Madame ? — Quarante ans. — Oui, et les agis ! et les mois de nourrice, et le pouce. — Agis signifie aussi arrhes, denier à Dieu. Étym. inc.

Aglasser, v. a. Crevasser. (Y. Églasser.)

Agogainage, agoguinache, aguinoche, aguinage, s. f. Regard en coulisse, provocation, avance amoureuse, non seulement du regard, mais encore de la parole et du geste.

Quand Bastien lui fait aguinache, Julie laisae jouter ses vaches.

(Chanson locale.)

Du v. fr. aguigner, regarder avec convoitise, faire de l'œil.

Agonir, agoniser (a-go-ni, a-go-ni-zé), v. a. Agonir quelqu'un de sottises, c'est l'accabler d'injures. Le terme est aussi fréquent que la chose elle-même est commune. On emploie même ce mot d'une façon absolue : — T'as tort de l'agonir ainsi. — I s'sont agonises comme deux chiffonniers.

Littré pense que ce mot vient du patois normand abonnir^ faire honte.

Toubin le fait venir de agonisare, latin dans saint Jérôme.

Agoucer (a-gou-sé), v. r. Agacer, amuser les enfants en les faisant sauter. Dans le Perche on dit : le gâs agouce une criature, c'est-à-dire : il lui fait la cour, il pense à l'épouser.

Agrats (a-grà), s. m. Empaillements destinés à être convertis en ftimier. Pailles, foins, etc., qui appartiennent à la ferme. Ce mot se rencontre très souvent dans les baux et les polices d'assurance.

Le fermier sortant doit laisser une certaine quantité d'agrals, qui doivent servir au fermier entrant pour nourrir ses bestiaux et faire du fumier. Une ferme se loue agratée, c'est-àdire avec les agrats. Lorsqu'elle se loue sans empaillements, on dit qu'elle est dégratée. Dans ce cas, aux termes de l'art. 1778 du code civil, le propriétaire a le droit de retenir du fermier sortant les agrats sur estimation. On dit qu'un fermier a dégraté Ja ferme lorsqu'il a détourné les agrats.

Le vocab. du Haut-Maine traduit à tort oe mot par Engrais. (V. Egrats.)

Étym. latin ager, agri, champ.

Agricher (a-gri-chè), v. a. Agripper, agrifîer, prendre, accrocher, saisir. — C't'enfant s'agriche aux cottes de sa mère.

Ce mot est aussi employé dans le sens de chipper, il a même dans ce sens passé dans l'argot sous la forme de grincher et agrincher, voler.

Étym. même rad. que gripper, et griffer, germ. Krapf, grappin, griffe, ou lat. arripere.

Aguicher (a-ghi-cbé), v. a. Guetter, surprendre par ruse. Aguilan (a-ghi-lan), s. m. Ëtrennes, cadeau du nouvel an.

Aguillettes(a-ghi-yett'), s. f. Lesétrennes du jour de l'an, le gui de Tan neuf. — Au gui Tan neu ! Cette exclamation s'est conservée dans un grand nombre de provinces, plus ou moins altérée, en mémoire de la grande cérémonie de la cueillette du gui, qui inaugurait la ' nouvelle année chez les Carnules (1). Dans le Perche on ne connaît que TAguilan. — J'ai été souhaiter la bonne année à ma marraine, elle m'a donné mon aguilan. — Dans d'autres contrées, c'est le guilané, la guillonée, les guillonettes. Dans le Vendômois, les aguillettes du jour de Tan sont devenues simplement une sorte de potde-vin, d'arrhes données en plus d'un marché comme garantie de la foi jurée. C'est aussi le cadeau fait par l'acquéreur à la femme du vendeur. On dit aujourd'hui donner des épingles. Si par hasard une des parties manque à sa parole, on le menace, pour le punir, de lui en faire chier les aguillettes. Cette vengeance terrible est, croyons-nous, une sorte de 'réminiscence inconsciente d'un ancien maléfice plus redoutable encore, qui consistait à lier ou à nouer Vaguillette. — Si tu me trompe, je te ferai lier l'aguillette ! Ces mots, répétés sans être compris à une époque où les noueux d'aguilletles avaient disparu, sont devenus insensiblement ceux que nous avons rapportés plus haut. C'est à peu près tout ce qui reste chez nous du culte du gui sacré et du souvenir des druides.

Ahan (a-han), s. m. EfTort, au sens médical, tour de reins. — J'ai attrapé un ahan. — Perche.

Ahanner (a-a-né), v. n. Respirer avec effort, être essoufflé, se fatiguer à un travail pénible. Ce mot, très populaire jadis, n'est plus guère en usage aujourd'hui.

De votre douce haleine Esventez celte plaine, E^vcntez ce séjour, Cependant que j'ahanne, A ce blé que je vanne A la chaleur du jour.

(J. DU Bellay.)

(1) Cette tradition est généralement acceptée comme parfaitement authentique, mais nous ne pouvons nous en faire Técho. En effet, il est permis de trouver singulier que les Carnutes parlassent déjà le français. Car si le mot « gui » est celtique (et encore l), les autres sont absolument romains.

t Et a durer de ce fait la mémoire ahaDoera. » (R. Macé.) Chronique du chanoine de Trôo, xvio siècle. — 1556. a Vous avertissant que le commun peuple ahannoit beaucoup à vivre autant qu'il n*avoit pas fait de vingt ans passés. »

Nous n'irons pas chercherretym.de ce mot dans les langues romanes ou autres ; nous pensons, avec Charles Nodier, que c'est la plus évidente des onomatopées.

Ahaut (a-ô), s. m. L'est, le levant, ou mieux le N.-E. — Amont, par opposition à abas. Usité surtout dans le Perche. Le moulin d'ahaut.

Aheure (a-eur'), adj. Précoce, hâtif, s'applique aussi bien aux personnes qu'aux clioses. — Un enfant aheure.

« L'année 1556 était si aheure que'k la saint Jean on vit des raisins verdellés. > (Mémoires du chanoine Garrault.)

Aide (a-id'), s. f. Prononciation de aide. — A mon aïde. — A mon secours.

Aigrettes (é-gref), s. f. Débris de fourrage, formés par les aigrettes des graminées.

Aigron (é-gron), s. m. Héron. (V. Hégron.)

Ail de couleuvre. Plante, ail sauvage des champs. Muscari camoBum^ ail à toupet.

Aiguer (e-ghé), v. a. Préparer le fourrage pour le mettre en bottes égales, l'égaliser de longueur.

Airée (è-rée), s. f. Ensemble des gerbes de grain couchées sur l'aire pour être battues. || Fig. travail accompli, mené à bonne fin. — V'ià une fameuse airée de battue, c'est-à-dire voilà un travail continu mené à bonne fin.

Airrhes (ôr'), s. f. Arrhes. Le p. Bouhours, qui écrivait vers iC7o, dit qu'on peut écrire aussi bien airrhes que arrhes. Ce dernier est réservé au style noble.

Ajambée. Enjambée.

AJoufttrer (a-jou-â-tré). Lotir, accommoder, accointer. — Le v'ia ben ajouâtré. — Il est ben loti, il est acoquiné avec de mauvaises connaissances.

Étvm. inc.

AJus (a-jû), adv. Juste, hermétiquement. — La porte ferme bien ajus. — Dans l'Orléanais on dit : fermer la porte tout contre^ Étym. du lat. juxta, prés.

Alain (a-lin), s. m. Peuplier. — Conf. espagnol alamo, peuplier.

Alboroté (al-bo-ro-té), adj. Étonné, surpris désagréablement. Étym. inc.

Aligoché (a-li-go-ché), v. a. Échargotter.

Alingé (a-lin-jé), adj. Bien fourni en linge. Être alingé, c'est avoir beaucoup de linge en réserve, grand luxe dans les campagnes. Quand la ménagère reçoit une personne étrangère, elle ne manque pas de trouver un prétexte pour ouvrir les portes de ses armoires, afm que le monsieur voie comme « al est ben alingée ».

Alison (a-li-zon), s. m. Ver qui natt dans la viande corrompue, vuîgo, asticot. On dit aussi alise.

Étym. inc.

Allant (a-lan), adj. Actif, bon travailleur, bien portant. — C'est une bonne domestique, elle est ben allante.

Alléluia (a-lé-Iuy-a), s. f. Plante, oxalis blanche, oxalis cotmictilata, viilg, surette, pain de coucou ou de pourciau. Ainsi nommée parce qu'elle fleurit vers Pâques, au moment où l'on chante alléluia.

Aléyer (a-lé-ié), v. a. Élaguer, dans le Perche. Dans l'Orléanais on dit aligner un arbre.

Allouer (a-loué), v. a. Conclure un marché, un bail, etc. — L'afl'aire est allouée. — Il n'y a pas à y revenir.

AUoui, allouvi (a-lou-i), adj. Affamé, vorace, insatiable. — Un enfant alloui. — Affamé, qui mange comme un loup. Du latin lupus, loup.

Alot (a-lo), s. m. Petit valet de ferme, le dernier des domestiques, quelque chose comme le saute-ruisseau des hommes d'affaires ; on l'appelle aussi vaque-à-tout.

On trouve dans le vieux français et dans plusieurs patois le mot valot pour valet. Le terme Alot, dont l'h est tiuelquefois aspirée, doit être une forme de valot. Il arrive quelquefois dans la Beauce que le v se remplace par une aspiration, comme dans ouer, pour vouer. Nous avons entendu dire une oûte pour une voûte.

Étym. inc.

Alouser (a-lou-zé), v. a. Louer, flatter, allécher par de basses

flatteries, tromper. — Pour qu'il ait fait ça, faut qu'il ait élé alousé. — Maître Corbeau avait été alousé par le Renard.

L'alouse de soi et de son curé ne vaut ren, dicton percheron. — C'est pas pour m'alouser, mais j'sais eune bonne cuisinière.

Langue d'oc, Alauzar, louer, probablement du lat. Laudare,

Alnoher (a-lu-ché), v. a. Élever, nourrir, soigner, entretenir. — On aluche un enfant chétif. — On aluche même le feu. Étyro. du rad. alere, nourrir.

Almnelle (a-lu-mel'), s. f. Lame. — L'alumelle de mon couquiau s'en va a r'né, c'est-^-dire : la lame de mon couteau s'en va en arrière.

Étym. anc. fr. alumelle, lame, du b. 1. Lamellam,

Amaîn (a-min), adv. régulier. — Une récolte à main. Il Commode, approprié. — Un outil amain. On dit aussi : à mon amain. — Ce siège, cet outil n'est pas à mon amain ; c'està-dire n'est pas commode pour moi.

(a-ma-sé), v. a. Attraper, prendre, contracter. — Il a amassé une pleurésie. — On amasse la chaud. — Y a de quoi amasser la mort. A propos d'une maladie contagieuse on dit qu'il faut prendre garde, parce que ça s'amasse. En français on dirait : ça se gagne. Drôle de gain !

Amendeau, amendot (a-man-do), s. m. Don, épingle, ce qui se donne par-dessus la mesure. (V. Ramendeau.)

Amijotter (a-mi-jo-té), v. a. Amignonner, enjôler.

Amignonner (a-mi-gno-né). Flatter, caresser, faire des amitiés.

Amodier (a-mo-dié), v. a. Faire un bail moyennant une redevance d'une quantité fixe de denrées, toujours la même quelle que soit la récolte du fermier, ce qui diffère du bail à moitié. Cette sorte de rente s'appelle moison. (V. le mot suivant.)

Amoisofiner (a-moi-zo-né), v. a. Même sens. Cette ferme est amoisonnée pour cent setiers de blé.

Étym. b. lat. modium, mesure.

Amoissonné (a-moi-so-né), adj. Garni de moissons. Une terre bien^amoissonnée.

Amon (a-mon), adv. Au long de, contre. — Un gamin monte amon un arbre.

Jô me flanquas amon la porte Dret comme un mai.

(Ane. chanson.)

Amonition (a-mo-ni-sion), s. m. Pain d'amonition. a Cette locution, dit Tabbé Corblet, qu'on pourrait prendre pour une faute de prononciation, appartient au vieux français. »

Amont (a-mon), s. m. Le levant, le N.-E. (V. Ahaut et Abcts.) — Une pièce de terre tenant d'amont la forêt.

Dans le centre de la France, la direction générale des cours d'eau est de l'est à l'ouest, ou ils se dirigent vers l'Océan. C'est pourquoi amont, ad montem^ signifie le levant.

Axnouchette (a-mou-chèf), s. f. Mèche de fouet, émouchette. — Il n'y a si bon cheval qui n'ait besoin d'amouchette.

Amouiller (a-mou-ié), v. n. Donner les signes d'une prochaine délivrance, en parlant des vaches prêtes à vêler. Les vaches amouillantes sont recherchées sur les marchés. Étym. inc.

Ampoule véroleuse. Maladie de la vigne, erineum vitis. Phytocopte, insecte microscopique qui s'attache sous les feuilles et produit une galle en forme de filaments ou de moisissures. Le dessus de la feuille est couvert de cloques qui prennent un ton rouge. L'érinose, que l'on confond à tort avec le mildiou, est quelquefois assez préjudiciable à la végétation.

Anairé (a-né-ré), adj. Se dit d'un nid qu'on a touché et qui est abandonné par les oiseaux. — Un nid anairé. (V. Enairé,) \\ Fig. Se dit d'un ménage brouillé, sur lequel un tiers est venu respirer.

Anche (an-ch'), s. Canal qui conduit le vin hors du pressoir dans l'ancheau. — Vendre son vin blanc à l'anche du pressoir. Étym. germ. ancha, jambe, tibia, d'où tuyau, cannelle.

Ancheau (an-cho), s. m. Cuvier qui se place sous l'anche du pressoir. || Cuve de mégissier.

Ancoua (an-cou-a), s. m. Nous donnons ce mot tel qu'il se prononce; la véritable orthographe serait « en quoi ». Il signifie atermoiement, réponse ambigut% ou question insidieuse par lesquelles un fripon cherche à embrouiller une discussion, à éviter de s'expliquer clairement. — Un honnête homme ne cherche pas d'ancouas.

Anes de Sougé, Ânes du Temple. Locutions locales pour désigner les habitants de ces pays.

Anée (a-née), s. f. Charge d*un âne.

Angarier (an-ga-rié>, v. a. Embarrasser, empêtrer, molester, vexer. Le mot de basse latinité an<;ariare dérive du ççrecayyapta corvée pour la fourniture des moyens de transport, réquisition, d*où est venu le mot angar (que l'on écrit aujourd'hui à tort hangar), lieu où Ton relayait les chevaux de réquisition. Par suite le mot angarier, faire une corvée, est devenu synonyme de être contraint, être forcé, être empêtré. — J'me suis laissé angarier dans une fichue afTaire.

« Meliuè Dobis dicent fratres nostrlqui angarias portaoerunt. » (Gkofproy de Vendôme, lib. III, ép. 38.)

Angleux (an-gleû), adj. Anguleux. — Une noix angleuse, noix dont les quartiers ou les cuisses sont engagés dans des cloisons très résistantes. || Fig. Difficile, pointu, irascible. — Un caractère angleux. Ce mot se disait encore en 1756; le dictionnaire universel français-latin du jésuite Lebrun contient noix angleuse, nux lignosa.

Anguille de haie, de buisson. Couleuvre. Les restaurateurs de la banlieue de Paris passent pour servir des matelottes d'anguilles de haie, en même temps que des gibelottes de chat. Mais c'est une calomnie, tout le monde sait que ces estimables commerçants ne le font que sur le désir formel du client.

Ahhui (a-hui), adv. Aujourd'hui. — Anhui est la forme primitive et rigoureuse du terme servant à désigner le jour où l'on est. Dans bien des localités on prononce : an-nuit, ce qui est encore plus conforme 5 la logique. En hui, c'est-à-dire en le présent jour. Aujourd'hui est un pléonasme aussi bien que le lendemain, au lieu de l'endemain ; pourquoi alors blâmer certains beaux parleurs qui vont jusqu'à la redondance : au jour d'aujourd'hui ?

Quelques étymologistes prétendent à tort que ce mot veut dire à la présente nuit et écrivent à nuit ; il parait en effet qu'au moyen âge, dans certaines circonstances, on comptait par nuit au lieu de jours, témoin ce passage de Geoffroy de Vendôme :

•^ Non noctes secundumconsuetudinem laïcorum,8ed secundum instituta inducias postulamus, »

Mais dans le langage courant, anhui n*a jamais voulu dire autre chose qu'aujourd'hui.

Anixnau (a-ni-mo), s. m. Animal.

Anouillére (a-nou-ièr'), adj. Stérile, qui est resté un an sans produire. — Une vache anouillére, qui n'a pas eu de veau dans Tannée.

Étym. inc.

Anoute (a-nouf), s. f. Nom de plante, on dit aussi anute. Centaurée des prés, centaurea prcUensis,

Anuiter(8') (a-nui-té), v. réf. S'attarder la nuit. — Faut que j'parte, crainte de m'annuiter.

Anse (an-sé). Baquet à deux oreilles fait ordinairement avec un tonneau coupé en deux. Les oreilles sont percées d'un trou dans lequel on peut passer un bâton (tinet) pour le porter. L'ansésert ordinairement à transporter les raisins delà vigne au pressoir, sa forme permettant de le décharger assez facilement de la voiture. Dans quelques endroits on foule au moyen du pilon le raisin dans l'ansé et on le transvase ensuite dans la cuve. Aujourd'hui on se sert presque partout du cylindre égrappeur pour écraser les raisins.

Anté. Formule d'incantation, paroles magiques, en usage chez les guérisseux de parole, pour certaines maladies telles que les tranchées ou l'entorse. Dans ce cas, le guérisseux prononce trois fois la formule suivante : anté, superanté, antésupery superantété, et fait en môme temps avec Vartou du pied gauche trois signes de croix sur la partie malade. L'artou ou artoul, du latin articulusy c'est l'orteil. Cela s'appelle se faire anter. Ces pratiques superstitieuses, dont abusaient les charlatans de village, deviennent de plus en plus rares.

Cette incantation est probablement d'origine gauloise et a quelque analogie avec les formules du médecin bordelais, Marcellus Empiricus.

Antenais (an-t'nal), adj. Se dit des animaux âgés d'un an. — Un mouton antenais, une pouliche antensTise, d'antan, né l'année dernière.

Ane. fr. resté dans le style officiel des comices agricoles.

Anveu (an-veu), s. m. Orvet, petit serpent inolTensif. Dans le Berry Anoeil.

Étym. Ce mot, étrange au premier abord, n'est qu'une forme dérivée de ^n^ut^to, petit serpent. En effet, dans lepatois picard,

anguille se prononce anwile ou anweile, par la substitution si fréquente du v au g. (Le Hériché, Les Éhjm. Difficiles.)

11 est comme un anveu, il ne voit, ni n'entend . — Si l'anveu voyait, la fin du monde arriverait.

Locutions basées sur ce préjugé que Tanveu est aveugle, et que son regard serait mortel.

Aoûter (s') (A-où-té), v. r. Terme de jardinnge. — Se mûrir, en parlant du bois de Tannée. — Les vignes sont ben aoùtées.

S*aoùter, se préparer à la moisson, a faire l'août; on prononce oùt.

Ape (ap'), s. f. Chose de peu de valeur, une misère. Dulat. a/)em, abeille.

Apercevant (a-per-se-van), adj. Défiant, regardant, toujours sur le qui-vive, dans la crainte d'être trompé, difficile à duper. On dit d'un cheval ombrageux : Il est apercevant. — Madame, c'est qu'elle est ben apercevante.

Aponicher (s*) (a-po-ni-ché), v. r. S'accroupir, s'accoufler, usité dans le Perche.

Étym. patois picard : s'apponer, s'accroupir, du latin ad poneve, se poser sur (sous-entendu son derrière).

Aponter (s*) (a-pon-té), v. r. Se préparer, se mettre en mesure de faire quelque chose. — V'ià le train qui va partir, et t'es pas core aponté.

Aposthumé (a-pos-tu-mé), adj. Enflé, de apostume, ou mieux apostème, enflure.

Apparaissance (a-pa-rô-san-se), s. f. Apparence. — Une belle apparaissance de récolte. — Il n'y a pasapparaissance d'orage. — Nous préférons cette orthographe à celle d'apparescence, qui nous semble un peu pédante et qui d'ailleurs est moins conforme à la prononciation.

Appât (a-pâ), s. m. Nourriture. — Il est d'un bon appât, il est facile à nourrir, il mange de tout et beaucoup. Par suite, appât a signifié appétit et môme ardeur au travail. Un ouvrier de bon appât est brave à la besogne et à table.

Après (a-prè), prép. Ce mot n'est pas employé dans le sens du lat. post, postea, mais bien dans celui du vieux français, c'està-dire qu'il exprime une idée de suite, de poursuite, de presse, môme de rapprochement.

Vous êtes toujours après moi, c'est-à-dire vous me tourmen-

tez toujours. — Courir après quelqu'un, le poursuivre. —Être après une femme, lui faire la cour. — La clef est après la porte. — Grimper après un arbre. Il II signifie aussi en train de. — Madame est après s*habiller. — M'ame, j'peux pas m'déranger, j'suis après faire ma cuisine.

a Un officier de la ville, mandé par le Parlement poursavoirce qui avait été fait de plusieurs livres suspects,... a fait réponse : que les docteurs en théologie sont après les voir, o (Rég. du Parlement, cités par Leuer.)

Dans ses essais de grammaire 1744, Tabbé de Dangeau constate remploi de la prép. après dans ces dilTérenles acceptions.

Apuipot (a-pui-po), s. m. Ustensile de cuisine en fer sur lequel on posait les vases à panse arrondie. (V. Trois-pieds,)

(Mantellier. Gloss. des marchands fréquentant la rivière de Loire.)

Aquant et (a-can-lé), prép. Avec. (V. Quand et.)

Aquenier (a-keu-niè), v. a. Fatiguer, Aqueni,éreinlé, fourbu. Étym. inc.

Arable (a-rab*), s. m. Érable, acer campestns.

Araie (a-râ), adv. En moyenne, uniformément. (V. Raie.)

Araignée (a-ré-gnée), s. f. Toile d'araignée. — Une vieille bouteille couverte d'araignée. — Nous regrettons que le vendômois n'ait pas le joli mot berrichon Arantèle et soit réduit a confondre l'effet et la cause. || Grappin à plusieurs branches -servant à retirer un seau tombé dans un puits. Il Plante, patte d'araignée, nigAla arvensis,

Araigner (a-rè-gnè), v. n. Enlever les toiles d'araignées.

Aras. (V. Araie et raie.)

Arampé (a-ran-pé), adj. Éreinté, fatigué, qui n'en peut plus. S'applique aux vieux vignerons courbés par le travail et ne se prend pas en mauvaise part ; c'est plutôt un titre de noblesse, un certificat de bon travailleur; on dit aussi « érampé ». Étym. inc.

Arbe (ar-b'), s. f. Herbe. — J'vas à l'arbe. Ce mot se prononçait ainsi dans le v. fr. — Rabelais écrit a arboriser t pour herboriser.

Arbois (ar-boua), s. m. Cépage de vigne connu sous le nom de menu pinot de Loire ou pinot Verdet. Raisin blanc d'un bon rapport. On dit aussi Orbois.

Arcandier (ar-can-dié), s. m. ou Aricandier. Homme qui fait toutes sortes de métiers plus ou moins honnêtes, revendeur, maquignon, qui tire 'e diable par la queue ; petit cultivateur miséi*able. Les foires sont remplies d'aricandiers. (V. Haricoiier.)

Ce mot vient certainement du v. fr Marcandier, petit mar chand forain interlope, par Taphérôse de Vm. Les marcandiers figuraient parmi les sujets du grand Coèsre, roi des gueux.

Arcansier (ar-can-sié), s. m. Églantier ; on dit aussi argansier, arclantier.

Arçon (ar-son), s. m. Attache en fil de fer, légère bande de fer qu'on met sur un sabot pour le consolider lorsqu'il est fendu. — Mon sabot était pété, j'y ai mis un arçon.

De arcus^ arc, lien courbé en arc.

Arçonner (ar-so-né), v. a. Raccommoder avec un arçon. — Un plat arçonné.

Courber une branche de vigne, un fouet en arc.

Étym. Dans le premier sens, peut-être arçon est-il dérivé de fil d'archal employé pour les ligatures. Dans le second sens, fouet •u verge de vigne, le rad. paraît être arciis^ arc.

Ardé (ar-dé), adj. Œuf dont la coquille dure ne sVst pas formée et qui n'est enveloppé que de la première membrane. Ce défaut provient de l'anémie de la poule, manque de calcaire.

Ardelle. (V. Hardelle,)

Ardez (ar-dé), interj. N'ayant pas un sens bien déterminé, servant à renforcer une affirmation. — Via comment qu'c'est arrivé, ardez.

C'est probablement une apocope de regardez, ou du v. fr. agarder, regarder.

Ardille <ar-di-ye), s. f. ou Ardeille. - Aigile.

Ane. fr. Ardille; s'emploie aussi dans le sens d'ardillon de boucle.

Arégogo (a-ré-go-go), adj. A gogo. Confusion de à gogo et de a regorg.

Arené (ar-né), adv. En arrière. (V. René à.) Étym. inc.

Argent (ar-jan), s. f. De la bonne argent, de Fargent blanche. — J'ai perdu ma pauvre argent.

Argot (ar-go), s. m. Ergol, on^le pointu du coq, corne qui termine la patte des animaux à pied fourchu. — Monter sur ses argots, se dit d'un petit homme qui cherche à se grandir. || Au figuré, d'un caractère susceptible, qui se regimbe à propos de tout.

Ane. fr.

Argoté (ar-go-té), adj. Se dit d'une personne espritéc, rusée et intelligente, qui a l'esprit de riposte, qui a bec et ongles.

Argoulette (ar-gou-lcf), s. f. Jeune fille ou femme bavarde, qui babille à tort ou à travers.

Arguélier (ar-ghé-lié), s. m. Homme chicanier et difficile, d'une bonoe foi douteu.se, et dont la conscience est fort élastique, qui argue, argumente sur tout. On dit aussi arquelier.

Aria. tV. Haria.)

Aricot (a-ri-ko), s. m. Haricot. Le peuple avec raison prononce un'aricot, des z'aricots.

Ce mot moderne a été introduit au xvii® siècle par le botaniste Ch. Mentzcl {Index nom. plant.), Berolini, 1682. Arachu,^, aracus, du grec a/aazo;, pois fève. Apaxo; ayant un esprit doux, il n'y a pas par conséquent d'il aspirée. En 1725, le p. Feuiyée désignait le phascolus (d'où nous avons fait flageolet et fayaux) par aricot.

(Le Hériché, Les èlym. difficiles.)

Aridelle (a-ri del), s. f. Terme de culture, sol aride et maigre, coteau raviné par les eaux.

Aroche (a-roch'), s. f. Nom de plante, atriplex patula, chénopodiées.

Arole (a-roD, f. Plante, antérise blanche, chenopodium album.

Arondèle (a-ron-dèl), s. f. Hirondelle.

Ane. fr. dans le Roman de la Rose.

Arossi (a-ro-si), adj. Devenu rosse, se dit non seulement des animaux, mais surtout des plantes qui végètent. — J'vas arracher c'poirier, il est arossi. — Se dit d'un enfantqui vient mal.

Arpent. (V. le chapitre spécial des anciennes mesures.)

Arplonner (ar-pio-né), v. a. Agripper, attirer à soi, voler. Si nous avons donné place à ce mot malgré sa parenté trop évi-

dente avec un terme de Targot parisien (arpion, pied, patte), c'est qu'il est en même temps un souvenir du vieux langage, où* arpion signifiait griffe, ongle; on écrivait aussi harpion, d'où harpon et harponner, qui sont restés dans le langage actuel.

Arrache-pied (d')> adv. Courageusement, avec ardeur, sans

lâcher pied. — Ti-avalller d'arrache-pied.

Arrié (a-rié), adj. Arriéré, en retard, qui s'attarde à un travail.

— Les moissonneurs sont ben arriés à c'soir. — La vendange sera ben arriée à cause du temps fred.

Arrière (a-riè-r*), interjection. — Pouvez-vous me donner à manger, ma bonne femme? — J' vous ferions ben une omelette, arriére, c'est que j'n'avons point d'œufs. — Mes poulets trop chers, faudrait p'tôtre que j'vous les dounains pour rien, arrière. — Tu disque Fournier est ben malade, et moi, arrière.

Ces exemples montrent quelques-unes des acceptions dont ce mot est susceptible ; l'intonation en change chaque fois selon la nature de la phrase qu'elle accompagne et les gens de campagne ne s'y trompent jamais. Ce n'est pas du tout le même mot qu'arrière, en arrière, qui se prononce en*ière.

En Bourg, on dit : Arié.

Arrivoir (a- ri- voué), s. m. Lavoir ; à Vendôme on dit un plancher.

Un jardin avec arrivoir sur le Loir. — A Messire Guillaume Desréaux, tanneur, a été baillé une place d'arrivoué au derrière au Comte, à prendre depuis l'arrivoué commun jusqu'au droit de la maison de Sanxon. i (Compte de la recette municipale de Vendôme J582.)

Ane. fr. Port, ponton, du rad. latin ad ripam, à la rive.

Arrouser (a-rou-zé), v. a. Arroser. Ce mot se prononçait encore ainsi au xv!!*» siècle.

Arrouter (a-rou-tè), v. a. Poursuivre, chasser, mettre dehors.

— Arroute donc ce chien. — Tu veux pas aller à l'école, attends, i'te vas arrouter. Il Dans un sens tout contraire, indiquer la route à quelqu'un. || V. réf. S'habituer, se mettre dans une voie bonne ou mauvaise. — Il s'est ben arrouté à c't'ouvrage qu'il ne connaissait pas. — Ce gas s'est arrouté avec des mauvais sujets.

Arsoir (ar-soué), adv. Hier soir. (V. Harsoir,)

Artilailles (ar-ti-fâye), s. f. Objets différents et sans valeur.

Artiste (ar-tis'), s. m. Vétérinaire.

Artoul (ar-tou), s. m. Orteil. La prononciation ar se rapproche . plus du latin articulus que le mot français. Furetière écrivait encore arteil.

Asciau (â-sio), s. m. Doloire, erminette de tonnelier, ascette dans rOrléanais. Quelques glossaires écrivent à tort : assiau ; ce mot est le même que le latin ascia, houe, doloire.

As de pique, s. m. Extrémité du croupion d'une volaille, où sont implantées les plumes de la queue.

Assaisonner (a-sé-zo-né), v. a. Cultiver par saison, par assolement. — Cette terre n'est pas assaisonnée, c'est-à-ldire n'a pas d'assolement régulier. (V. Coutaison.) Plante ou récolte assaisonnée, qui est à sa saison.

a En 1557, Tavoine n'étoit pas dcmy assaisonnée, o {Mémoires du chan. Lattron.)

Assarmenterie (a-sar-man-tri), s. m. Terme de vignoble, action de ramasser les sarments de vigne après la taille et de les lier en javelots. (V. ce mot.)

Assauter ou ABsoter (a-sô-té), v. n. Faire une addition, (Perche.) Étym. inc.

Assavoir (a-sa-voué), v. a. Faire savoir, assavoir ou à savoir, faire une publication officielle. — Par arrêté de M. le Mare, il est fait assavoir aux habitants de la commune, etc. Celte expression, fort usitée autrefois, tombe en désuétude.

Assemblée (a-san-blée), s. f. Fétc populaire et locale qui prend tantôt le nom du villa^çe où elle se tient, tantôt le nom du saint sous le patronage duquel elle a lieu. — L'assemblée de la Saint-Gilles, le premier dimanche de septembre, à Villiers, où il est d'obligation de manger un quartier d'oie. — Les assemblées du Temple, le jeudi de l'Ascension et le jour de l'Assomption. Les Vendômois prétendent qu'on a choisi les

. fêtes (V enlèvement, parce que le Temple est situé sur la hauteur qui domine la ville et qu'il faut en opérer l'ascension.

Assidre (a-sid'), v. n. Asseoir; on dit aussi assieter, assiéger, assiter. La première forme assidre, danslaquelle l'r ne se prononce pas, a donné ladj. assidu. La forme assiéger est spéciale au canton dcSelommes.Tousces mots, usités au moyen âge, se sont conservés dans le beau langage jusque sous Louis XIIL

Assidoir (a-si-doué), s. m. Tout ce qui sert à s'asseoir.

Assises (a-si-ye), s. f. Œuf de la mouche à viande.

Assoué, adv. A ce soir.

Assourbé (a-sour-bé), adj. Abattu, hébété par la fatigue ou Tennui. (Perche.) Étym. inc.

Atont (a-tou), s. m. Coup violent, blessure. Nous citerons un exemple tiré de la Gazette de Lorraine du 2 août 1872, organe officiel prussien, mi-francais, mi-allemand, mais rédigé en entier par des Allemands, t Tous les atouts sont dans la main de TAllemagne. Elle en donne et n'en reçoit pas 1 »

Attelé (a-te-lé), adj. Terme de culture. Se dit d'un cultivateur bien monté en attelage. — Le Maître Moreau est joliment ben attelé.

Attelles (a-tel'), s. f. Appendices saillant en bois de chaque côté du collier d'une bête de trait.

Ane. fr. Astèle, éclat de bois. — Du latin astula, dans Pline, dimin. de aasiSy ais, planchette.

Attendixnent (a-tan-di-man), adv. Pendant. (V. Tendiment.)

Attiiailles (a-ti-faye), s. f. Ornements, colifichets, toute espèce de parure avec lesquels on s'attife. — La marraine du châtiau était-elle belle pour le baptême de nout'train ! ell'tait toute couverte d'attifailles.

Attifiaux (a-ti-flô), s. m. Même sens qu'attifailles, avec un sens de mépris en plus.

Aubours (o-bour), s. m. Aubier, partie de bois qui se trouve entre l'écorce et le cœur. || Fig. Il n'y a pas d'aubour dans cette affaire. — Pierre n'a pas d'aubour, il est loyal et de bonne foi, on voit le cœur.

Lat. albumurriy blanc.

Anbns (o-bû), s. f. Argile jaunâtre des collines rocheuses du bord du Loir.

Étym. inc. ; peut-être de alhus, blanc.

Audret (a-dré), adv. Au droit de, à même de. (V. Dret.)

Ane (ô), prép. Avec. (V. 0.)

Ange à l'oie. Loc. percheronne. Tomber dans l'auge à l'oie. S'affaiblir, devenir languissant, voir sa santé décliner.

Aumônier (o-mo-nié), adj Charitable, qui fait volontiers l'aumône. — La propriétaire du château n'est guère aumonière.

Anne (ô-n'), s. f. Mesure de longueur. (Y. anciennes mesures.)

L'expression s'est toujours conservée pour désigner quelque chose de très lon^. -— Une aune de boudin.

Aussi (ô-si), inlerj. qui n'a pas un sens bien déterminé. Se place à la fin de la phrase, pour en appuyer le sens. — M'man, Tchien m'a mordu. — C'est ben fait, t'es toujours après lui aussi ! — Fallait arriver plus tôt, aussi !

Autant comme, loc. adv. Autant que. — Je travaille autant comme lui. — Corneille a employé cette expression dans Polyeuclc :

Qu'il fasse autant pour moi comme je fais pour lui.

Autant comme autant, en grande quantité. — Des pommes, c't'année y en a autant comme autant.

Auvanne (ô-van'), s. f. Sorte de raisin blanc, espèce do chasselas, qui se cultivait dans les vignes du Bois-aux-Moines.

Auvemat (o-ver-na), s. m. Cépage de vigne très estimé ; il y a le blanc et le noir. Ce dernier parait être le franc pinot de Bourgogne. Il L'auvcrnat meunier, raisin noir, dont la feuille est couverte d'un duvet blanc. C'est une qualité inférieure cultivée dans l'Orléanais ; il produit en grande quantité et donne un vin un peu mou.

« L'an 1556, au mois d'août, on commença à vendanger les auver nats tout à main. » (Mémoires du chan. Lattuon.)

Un laquais effronté m'apporte un rouge bord D'un auvernat fumeux, qui, môle de lignage, Se vendait chez Crenet pour vin de l'Hermilage.

(BoiLEAU, Satyre IIL)

Il s'agit ici du vin d'auvernat meunier d'Orléans ; les vins de cette région étaient presque exclusivementconsommésà Paris à cette époque. Quant au lignage, c'était un vin très médiocre composé de tous les raisins de qualité inférieure, qui se mélangeait à l'auvernat pour lui donner un peu de corps et en assurer la conservation, mais aux dépens de la qualité.

« J'avons poussibie bian deux ceus poinsons de vin tôt peur d*Auvarna. j> (Dialogue de deux i^uép'ns d'Ingré sur les affaires du temps, 1649.)

Nom de localité, le Grand-Auvernat, commune de Fortan.

Aval (a-val), s. m. Ouest ou couchant par opposition à amont. (V. Abas.)

Avaler (a-va-lé), v. a. Descendre, tomber, aller en aval. —

Avaler du vin à la cave, c'est le descendre à la cave, et non l'absorber.

L'eau qui jaillit jusques aux cieux, Grondant sur elle se regorge. Et frisant de çà et de là Mille tortis, les avala Dedans le gouffre de sa gorge.

(Ronsard.)

Et les cheveux meslés Flottoient au gré du vent Sur son dos avalés.

(Mat. Régnier.)

D'autres sont opulentes en tétasses avalées.

(Brantôme.)

Avale-Royaume, loc. Mange-tout, glouton, panier percé.

Avaloire (a-va-louèr), s. f. Gosier. — Il en a une avalouère, c'tila.

Avangeux (a-van-jeù), adj. Ouvrier qui avance, qui abat beaucoup de besogne.

Avant-clou, s. m. Vrille, tout instrument destiné à percer le bois avant d'enfoncer un clou.

Aveindu (a-vin-du), part, passé de aveindre. On dit au figuré, quand quelque excentricité a amusé le public, que c'a a été ben aveindu. || Adj. Habile, malin, fùté. — C'est un gas ben aveindu.

Aveine (a-vèn'), s. f. Avoine, prononciation normande. Du latin Avenant,

Aveine, aveine, aveine.

Que le bon Dieu t'amène !

{Vieille ronde.)

Aveniau, avenier (a-vé-nio), s. m. Animal de peu de valeur. En parlant d'un homme de peu d'apparence, qui marqué mal, on dit avenier,

Avenris (a-van-rî), s. m. Chaume d'avoine, le champ où il se trouve, comme on dit un blé pour un champ de blé. — Le fermier entre en jouissance par les avenris.

La coutume de Vendôme permettait aux pauvres de ramas-

ser les avenris dans les champs, et les broussilles dans la forét.

Aventurier (a-van-tu-rié), s. m. Bâtard, enfant trouvé, né d'aventure.

Avéras (a-vé-râ), s. m. Avorton, animal chétif et maladif. — Ce veau n'est qu'un avéras. Il Se dit dans un sens général de toutes les jeunes bêtes de 'a ferme, en particulier des porcs. — La maltresse va bentôt v'ni, elle est après soigner ses avéras. Il S'applique par extension aux enfants faibles et malingres. (V. Écras.)

Ane. fr. avers, animaux garnissant la ferme. Du bas lat. averia, même sens.

Aveucques (a-veuk'), prép. Avec.

« Et quand ce venoità la guerre aux FraDchois si se levoit-il fier et fort assez, aveucques son Edouard, i (Charles le Téméraire. Georges CnASTELLAiN, Chton, des ducs de Bourgogne,)

Avis (m'est), loc. Je pense que. — Mon avis est que.

Avoine (a-vouè-né), adj. Se dit de quelqu'un de lancé après un bon repas, comme un cheval qui a mangé de l'avoine.

Avoir, V. a. et auxiliaire.

Se conjugue ainsi :

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