PARTICIPE PASSÉ
Éhu, evu, eu.
n y a lieu de remarquer, surtout dans le Perche, la persistance de la forme latine.
J'avomes. — Habemus.
I z'avaint. — Habent.
J'avâmes. — Habebamus, Avère. — Habere,
Au xviie siècle, les grammairiens discutaient encore sur la question de savoir si on devait prononcer le participe passé u ou ^ û ou même évu. Le dictionnaire de Trévoux (1742) constate que les personnes âgées prononçaient é û.
Avouerie (a-vou-rî), s. f. Charge d'avoué. — Il a vendu son avouerie. — On dit de même une notairerie, comme au moyen âge on disait une mairerie, un ofilce de maire.
Avons, prononciation par syncope de avez-vous. On prononçait ainsi au xvF siècle.
Razant nos champs, dites, avous point vu Geste beauté qui tant me fait la guerre ?
(Ronsard.)
Babiches (ba-bich'), s. f. Lèvres, babines. — Se licher les babines.
Baboin (ba-bouin), s. m. Mouchoir plié, attaché sous le menton, fanchon.
Capuchon en toile métallique des éleveurs d'abeilles.
Bachique (ba>chik), adj. Étrange, capricieux, un peu toqué. — Un homme bachique etdivarse (divers), dans la Beauce.
Bacon (ba-con), s. m. Porc tué; à rapprocher de l'anglais Bacon y lard, et germ. Bâche, dos. || Droit féodal. Ce droit en nature se percevait au profit du seigneur et consistait en une part du porc abattu.
Badaud (ba-dô), adj. Niais, idiot. — Un mouton est dit badaud lorsqu'il est atteint d'étourdissement; on dit qu'il ne faut pas fambeyer (v. ce mot) la bergerie à une certaine époque parce qiie les moutons deviennent badauds. — Il ne faut pas se marier au mois de mai, les enfants naîtraient badauds.
Badebin (ba-de-bin), adj. Bavard, babillard. — Marie badebin, nom qu'on donne à une femme bavarde.
Bader (ba-dé), v. n. Parler, bavarder. — L'avocat a eu beau bader toute la journée, il r perdu son procès.
Étym. bas-lat. hadare, bâiller, ouvrir la bouche. Diezy voit avec raison une onomatopée, ba exprimant l'ouverture de la bouche.
Badin (à) (ba-din), adv. A sa fantaisie, à son loisir. — Il a fait cela à son badin, ou à badin.
Badoue (à la) (ba-doû), loc. adv. A califourchon, à cheval sur les épaules. — Porder un enfant à la badoue. On dit aussi : bédou.
Étym. inc. Conf. Italien à Bado, à l'abandon.
Bâfre (ba-fr') s. f. Gourmandise.
Il est comme le curé de Bouffry, il ne proche que pour la bâfre. — Nous ignorons l'origine de ce dicton, peut-être n'at-il d'autre raison que l'analogie entre Bouffry et bâfrer.
Bagnolle (ba-gnol'), s. f. Charrette, mauvaise voiture. Étym. inc.
Bagocer (ba-go-sé), v n. Bégayer.
Bagot (bd-go), adj. Bègue.
Bagou (ba-gou), s. m. Facilité d'élocution. Ce mot et les précédents viennent probablement du v. fr. bagouler, parler. Dans le moyen de parvenir, bagoulie'*, gosier.
Bagouler (ba-gou-lé), v. n. Bavarder.
Baguenaude (ba-gheu-nod*), s. f. Jeu analogue à ce qu'on appelle aujourd'hui des questions. Il consiste en un fil de fer courbé en U, dans lequel sont enfilées une série de bagues qu'il s'agit de faire sortir. || Baguenaude, nom de plante : perce-neige, galanthus nivalis (anoaryllidées), dans le Perche. On désigne aussi par baguenaudier un orbuste de la famille des papilionacées, le colufca arborescens, L., dont les graines sont enveloppées dans une gousse creuse. Les enfants s'amusent à les faire péter en les pressant entre les doigts.
Baignoire (bé-gnouèr'), s. f. Cavier que sa forme ovale permet de charger facilement sur une charrette, et qui sert à mettre les raisins cueillis par les vendangeurs, et à les transporter au pressoir. Dans le Gàtinais, on prononce binouôre; cet appareil est ainsi nommé h cause de sa forme allongée.
Baillevent (bay-van), s. m. Vantard, bavard.
Baiser (bé-zé), v. a. Attraper, duper. — ■ Un garçon de Naveil disait naïvement à sa mère, qui allait acheter une vache : Prenez garde, vous allez encore vous faire baiser par les marchands de Monloire. Au jeu, lorsqu'on perd, on dit : Je suis baisé.
En 1871, un conseiller général nouvelle couche faisait une partie d'écarté dans une préfecture. En marquant son cinquième point, il s'écriait : M'am' la préfète, vous êtes baisée.
Baissière (bé-si-êr), s. f. Dépression de terrain qui retient l'eau. Il Reste de vin dans le fond d'un poinçon en vidange. — Ces baissières sont presque toujours gâtées, piquées ou botées. (V. ce mot.) N.-B. Les personnes économes les boivent tout de même.
« Et burent si net qu*il n'y demeura rien, except<^ quelques méchantes baissières pour le vinaigre. » (Rabelais, Pant.)
Balan (ba-lan), s. m. Oscillation, balancement, mouvement de
va-et-vient. — Le vent donne du balan à un arbre. — Serre donc ta liure, ton chargement a trop de balan.
Balier (ba-lié), v. a. Balayer. Le dict. de Trévoux constate que plusieurs personnes soutenaient que balayer devait se prononcer balitM*, comme plus doux.
« Voyons maintenant roffice d'un homme de chambre. Il fait
le lit, et balte la chambre; il vide le pot à pisser et plus souvent son cousin germain le pot à chier. » (^Questlons tabariniques^ 1643}
Balise (ba-liz'), s. f. Terme forestier. Brisée effectuée sur le bord d'une coupe qui doit être exploitée.
Balier (ba-lé), v. n. Avoir de la tendance h tomber, pendre, flotter. — Dans ce sens le participe ballant est resté français. — Les bras ballants. L'Académie admet le verbe balier dans le sens de danser, mais comme vieux.
J'avas de biaux quartiers de laine
Ilouges et verts Qui me ballaint avaud les jambes
Jusqu'aux mollets.
{Vieille chanson.)
Ballicote (à la), loc. adv. dans le Perche. Être assis à la ballicote sur un siège élevé, les jambes ballantes.
Ballière (ba-lièr*), s. f. Coussin ou paillasse en balle d'avoine qui se met dans le berceau des jeunes enfants. Il Ironiquement : Va donc faire sécher ta ballière. Se dit aux jeunes gens présomptueux qui veulent faire les importants.
Baluchon (ba-lu-chon), s. m. Petit paquet porté par les voyageurs à pied.
A rapprocher de Tesp. bulija, halijon^ valise.
Bancelle (ban-sel), s. f. Petit banc pour s'agenouiller dans les églises. — Banc mobile, servant de siège, tréteau.
Ane. fr. bancselle, bauchel. Ce dernier mot était masculin au moyen âge.
Bandeau (ban-dio), s. m. Pièce d'étofTe allongée qui se met autour du front pour serrer et maintenir ^a coiffe du bonnet. Se nomme aussi serre-malice. En effet la physiologie populaire place le siège de la malice dans la tète... chez les femmes 1
Baner (ba-né), v. n. Marcher sans but, flâner, errer. — Banner chez les voisins. En patois lyonnais, bambanner.
Ane. fr. banoyer, se récréer.
Li queus estoit aie chacier El bois s'alout esbaooïer.
{Roman de la Rose.)
(ba-nl), V. a. Publier les bans de mariage. Un bon Percheron dit : Le gas et la keuriature ont été banis dimanche au prône.
Banneau (ba-no), s. m. Tombereau.
Étym. du gaulois benna, chariot d'osier. l| Taureau.
Baptistère (ba-tis-tèr'), s. m. Registre des actes de baptême.
Barater (ba-ra-té), v. a. Faire allaiter un enfant par une nourrice enceinte dont le lait est mauvais.
CH'enfant est ben ch*li, vous Tfait' bai*ater.
Baratté (ba-ra-té), s. m. Babeure, petit lait qui reste dans la baratte après la fabrication du beurre. Lait de beurre qui contient du sérum, du caséum et du sucre de lait. On appelle lait baratté du lait qui tourne.
Barauder (ba-rô-dé), v. a. Tourner, diriger en sens contraire. — Baraude donc ta chaise. Il Barauder un ouvrage, le faire à rebours, autrement qu'il doit être fait.
Étym. inc.
Barbe (barb'), s. f. Maladie des jeunes veaux.
Barbe debique. Champignon, clavaire, clavaria aurea, et généralement tous les champignons du genre clavaire.
Barbelée (bar-beu-lée), s. f. Gelée blanche, givre. — Il a barbelé à matin. — Y a dUa barbelée. Il La-Fosse-à-là-Barbelée, lieu dit, commune de Fortan. Encore un joli mot qui manque dans le langage actuel ; il peint bien les légers flocons de givre qui garnissent les objets d'une barbe blanche.
*Barbeqiiin (bar-beu-kin), s. m. Auvent au-dessus delà porte d'entrée d'une grange.
Forme de barbacane, ouvrage de défense devant une porte
Barbot (bar-bo), s. m. Pâté d'encre sur une feuille de papier.
Barbouiller (bar-bou-iè), v. n. Avoir des nausées. — Ça me barbouille sur le cœur. — J'ai le cœur tout barbouillé.
Bardeau (bar-dio), s. m. Oreille de charrue. || Langue : faire du bardeau, bavarder. — Arrête donc ton bardiau. Il Petite plan-
chette mince qui sen-ait à couvrir les maisons au lieu de tuile et d'ardoise.
Étym. inc.
Bardou (bar-dou), s. m. Ane, on dit aussi bardon et bardot. Dans l'acad. bardot, petit mulet. Ane. fr. bardel, t)ât, bas. Lat, hardo, badonvSy même sens.
Adj. épais, lourdeau, nom qu*on donnait aut^-efois aux vignerons du Vendômois. Aujourd'hui ce nom a disparu heureusement, les vignerons de notre pays passent môme actuellement pour être assez délurés.
s (Car'), s. f. Nom de lieu très répandu, les Barres. Il désigne presque toujours une ancienne localité foriifiée ou retranchée, entourée de palissade, d'un barrage.
Au jeu de barres, celui qui est barré est rentré dans son retranchement.
Barsolée (bar-so-lée), s. f. Charge de bote de somme. (V^ anciennes mesures.)
Barsolle (bar-soF), s. f. Sorte de brancard accouplé qui se place sur le but ; il est muni de deux crochets; destiné à rt tenir le chargement, il sert à porter les objets encombrants, tels que paille, Tagots, etc.
Barvoler (bar-vo-lé), v. n.. Voltiger; se dit des légers flocons de neige qui commencent ti tomber. C'est encore un de ces mots fort bien faits et harmonieux qui manquent dans la langue actuelle. Usité dans le Perche.
Ane. fr. bavoler.
Le petit Archerot Amour, Bavolant, s'esgayoit un jour Dedans les vergers de Cythère.
(Uemi Belleau.)
Bas (bû), adj. On dit que le ventestbas lorsqu'il vient de l'ouest ou du sud-ouest. (V. Abas.)
Bascule (bas-cul'), s. f. Barrière mobile à l'entrée d'un champ. (Perche.)
Basculiau (bas-cu-lio), s. m. Baretto attachée à la barre principale d'une herse, et servant à l'attelage. — L'un tire à la barre et l'autre au basculiau, dicton signifiant l'un tire h hue et l'autre à dia.
(ba-sô), adj. Lourdaud, maladroit, brutal.
Élym. inc.
(bâ-sée), s. f. Dalle d'évier. Perche. (V. Bassic.)
Bassicoter (ba-si-co-té), v. a. Ballotter, cahoter. Étym. inc.
Bassie (ba-sie), s. f. Dalle d*évier, bassin en pierre dans lequel mangent les porcs.
Ane. fr. bassie, évier.
Bassigoudaine (ba-si-gou-dèn'), s. f. Grains mélangés. || Fig. Conversation décousue, sans suite.
Étym. inc.
Bassin, bassmet (ba-sin), s. m. Nom vulgaire de toutes les renoncules à fleurs jaunes.
Cheveux ot bloods comme bassin.
(Rom. de la Rose.)
Vierge plus blonde que bacin.
(Bl. Marot.)
Laisnel de la Salle (Croyances et légendes du centre de la France) pense que « blond comme bassin • vient de ce que les cheveux sont dorés comme un bassin de cuivre bien écuré. Nous tenons pour une étymologie plus poétique et nous préférons les cheveux couleur de la fleur d'or au chaudron qui sort des mains de la laveuse de vaisselle.
Bastant (bas-tan) adj. Allant, bien portant. (Perche.) — J*sais pas ben bastant; c'est-à-dire : ça ne va pas fort. Étym. inc.
Batiaux (bâ-tiô), s. m. Vieux meubles en mauvais état, embarrassants. — Quand Ton déménage, on a toujours un tas de bâtiaux.
— Dans le Perche on dit bilbatiaux.
Étym. inc.
Batterie (ba-trie), s. f. Rixe, bataille. — Après l'assemblée, y a évu une batterie entre les (sous-entendu : garçons de) Montoire et les Lavardin, pour une fumelle. Il L'aire d'une grange où l'on bat le grain. 11 Terme moderne. Machine à battre, batteuse. — J'ai la batterie demain. — Travailler à la batterie.
Battoir (ba-toué), s. m. Outre le sens donné par l'Académie, bat-
toir au figuré signifie : bavardage, médisance, caquets des laveuses. — En v'ia cune qu*a un rude battoué.
Battre la douelle,loc. Rappel des ouvriers bûcherons. || Signal de détresse ou de mécontentement. Ce signal se fait en frappant d'une certaine manière sur une douelle. (V. Douelle.)
Battu (ba-tu), adj. Agité, par analogie avec Tarbre battu par le vent.
Bauge (bô-jo). Dans le Perche ce mot indique une mesure dans un sens relatif comme calibre, gabarit. C'est ordinairement une baguette coupée à une longueur voulue; les jardiniers s'en servent pour tracer leurs planches de légumes. || Avoir la bauge, être de taille réglementaire pour le service militaire- Les enfants jouant à la cnnette disent : baugeons, pour mesurons la distance du but. || Meule de fourrage ou de grain, placée en dehors des bâtiments. || Tas d'échalas dans les vignes. || Cabane, maisonnette, bouge. Par extension la retraite du sanglier. || Bauge, baugis, torchis. Mortier de terre mélangé de paille, de foin ou de bourre; mode de construction fort usité autrefois. Le dictionnaire de Trévoux dit que les maisons de paysans sont construites en bauge. On construisait autrefois les cloisons en bauge. Les enduits et les plafonds se faisaient de la même matière.
Ane. fr. Balche, bauche, mortier. Bas lat. baugium, buyià, cabane, bouge.
Quelques personnes font dériver ce mot sans preuves certaines du celtique BalCy motte de terre. Si on tient absolument au celtique, on pourrait plutôt le rattacher à Baw, boue.
Baugé (bô-jé) , adj. Vautré, couché sur la paille. — Un cochon baugé dans son têt.
Baume (bôm'), s. m. Nom vulgaire de toutes les espèces de menthe, en général toutes les plantes aromatiques, thym, serpolet, etc.
Bautru (bô-tru), s. m. Grosse andouille en forme de poire. — Môme radical que Baudruche.
Bavarder (se) (ba-var-dé),v. r. Se faire valoir, se vanter, faire le beau parleur. (V. Separloyer.)
Bavette (ba-vèf), s. f. Pièce de toilette, mentonnière, morceau d'étoiïe qui se place sous le menton des enfants pour préserver les vêtements. || Pièce de tablier qui remonte sur la poitrine. (V. Bravelle.) Le tablier à bavette ou bravette était réservé aux jours de grande toilette.
(ba-zèn'), s. f. Gros ventre. Il Tablier de cuir dont se servent les moissonneurs dans la Beauce. Probablement corruption de basane.
Beauce. Dans le Perche on dit faire une beauce, pour faire une moisson en Beauce. — J*vas faire une beauce c'tété.
Nous classons sous ce mot les divers dictons populaires sur cette région : •
En Beauce, bonne terre et mauvais chemins.
Gentilhomme de Beauce, qui vend ses chiens pour avoir du pain.
Gentilhomme de Beauce, qui reste au lit pour qu'on riiabiile ses chausses.
C'est comme Messieurs de Beauce, une épée pour trois, un cheval pour deux.
La pauvreté des gentilshommes de Beauce était déjà proverbiale du temps de Rabelais, qui disait que les gentilshommes de Beauce déjeunaient de baisler (bailler). Au xvii* siècle, un seigneur de Beauce, d'une famille encore très nombreuse aujourd'hui et des plus honorables de l'Orléanais, mariait ses filles à des laboureurs. Aujourd'hui ce sont les filles des laboureurs qui épousent les jeunes hobereaux. La noblesse était tenue au service militaire, mais les fiefs de Beauce avaient si peu d'importance qu'on n'exigeait qu'un homme d'arme pour trois fiefs, et qu'un cavalier pour deux.
On trouve dans un recueil de proverbes anglais le dicton : Le maire d'Alsingham, qui reste au lit pendant qu'on répare ses chausses. (Leroux de Lincy. ProxK fr.)
Beo d'oiseau, s. m. Nom de plante. Pied d'alouette des champs. Delphinium consolida. — On désigne aussi sous ce nom le Géranium, dont le nom grec veut dire t bec de grue ».
Bêchée (bé-chée), s. f. Becquée.
Ane. fr. D'après Suétone, Bec est un mot gaulois.
Puis cette amoureuse nichée Toujou^ demande la bêchée.
(Rémi Bblleau.)
...Les petits oiseaux Voletant par le hois, de rameaux en rameaux Amassent la bêchée, et parmi la verdure Ont souci comme nous de leur race future.
(Ronsard.)
Bécherie (bè-ch'rie), s. f. Action de bêcher, époque où l'on bêche les jardins.
Béchète (bè-chèt'),adj. Sorte d'orge, orge bechète, orge d'hiver, escourgeon, hordeum hexastichum.
Bécheveter (bé-chuè-tô), v. a. On dit aussi bichoiter, bijouéter, béjoueter, placer à béchevet, tête bêche. Les sardines sont béchevetées dans les boites. On béchevète les bouteilles
. en les empilant. Les joueurs de loto qui ont infiniment d'esprit désignent le numéro 69, dont les chiffres sont béchevétés par le terme de bout-ci-bout-là. Rabelais raconte que son héros « jouait à tète béchevet t, vulgô pet-en- gueule. Étym. Peut-être de bis-caputf
Bécot (bé-ko), s. m. Ce qui reste impartageable après une division en parts égales.
Deux personnes partagent treize pommes, il *en reste une de bécot. Il Bécot, baiser. — I leux font bécot. — Encore un p'tit bécot ?
Bécoter (bé-ko-ié), v. a. Embrasser.
Béda (à) (bé-da), loc. adv. A cheval sur le dos, porter à béda. (V. Badoue.)
Bédée ^é-dée). s. f. Tout d'une bédée, tout d'une fois, d'un seul coup. — J'ai monté le grippé tout d'une bédée. -^ J'ai monté la côte tout d'une haleine.
Bégaut «bé-gô), adj. Nigaud, niais.
Ane. fr. dim. de Bègue.
Béguin (bè-ghin), s. m. Sorte de coiffure de femme.
Il y a à Vendôme la rue des Béguines, à Courtiras, la Béguinière, probablement en souvenir d'établissements religieux de femmes.
Béguin, s. m. Fatigue ou épuisement des jeunes mariés qui ont abusé des douceurs de la lune de miel. — 11 a le béguin. — II n'en peut plus, il en est bégaut.
Étym. inc.
Beille (bé-ié), s. m. Bouille dans le Perche, gros ventre.
Beiliu (bé-iu), adj. Qui a un gros ventre, qui prend du ventre. Étym. du lat. hotulus, boyau.
Béja (bé-jà), s m. Affaiblissement des facultés mentales, commencement de démence sénile. Ramollissement du cerveau. — - Être en béjà, être ramolli, en enfance, jj Un béja, celui qui est dans cet état.
Béjater (bé-ja-té), v. n. S'affaiblir moralement, baisser, tomber en béjà.
Se conduire comme un béja, causer pour ne rien dire, vivre comme une huttre, de la vie végétative.
Étym. inc. malgré les consciencieuses recherches des béjas vendômois.
D'après une tradition locale, ce mot viendrait du nom d'un sieur Benjamin H..., qui était un des types les plus réussis du genre. On sait qu'à Vendôme Benjamin se prononce : Béjamin. Cette anecdote est ingénieuse, mais rien de plus, le mot étant bien plus ancien que l'habitant du Bourgneuf dont il question. Les Vendômois revendiquent comme purement local, non pas le produit, mais le mot. Nous avions partagé cette opinion, mais depuis nous avons plusieurs fois entendu prononcer par des Orléanais ce mot qui était compris de tout le monde.
Est-ce une importation vendômoise, nous l'ignorons. Mais, en tout cas, elle doit remonter à une époque assez éloignée. En effet, le savant Leber, célèbre par ses recherches historiques, qui avait entrepris de faire un glossaire Orléanais, signalait dans ses notes, rédigées vers 1850, que nous avons eu la bonne fortune de retrouver, que Baja était un mot du vieux français et il le traduisait par niais, idiot, béjàt. Il ajoutait en marge que béjat n'est pas fhinçais. En patois normand, Béjet a le même sens.
Nous croyons devoir citer les vers de M. Charles Chautard (un Vendômois) sur le mot béjat, extraits du feuilleton du Loir y numéro du il janvier 1850, intitulé : Prédictions générales et locales pour 1850.