FIN
GLOSSAIRE ET RÉPERTOIRE
Sans refaire le glossaire de Du Cange, el sans recommencer l’encyclopédie de Diderot, il m’a semblé qu’il ne serait pas impossible de composer un dictionnaire des arts, que réclament depuis longtemps les archéologues, les artistes et les industriels. Ce dictionnaire pratique deviendrait, dans les limites de sa spécialité, le glossaire de la langue, le répertoire de la science et le guide des artistes: glossaire, répertoire et guide fondés sur la citation cotnplètedes textes sur la reproduction exacledes monuments, enfin sur la pratique des arts et l'élude de l’archéologie.
Je n’ai pas la prétention de suffire à cette lâche, et depuis le temps que je me livre à ce travail, chaque année et rhaqueheurcmeprouventqnej’obtiendraiioutau plus l'honneur de l’avoir entrepris. Cet honneur suffit à mon ambition, si par le concours de tous, celte ébauche d’un seul devient une œuvre vraiment utile. Voici les bases sur lesquelles j’ai établi cet ouvrage, et les limites que je me suis imposées. Ce dictionnaire, à la fois glossaire et répertoire, comprendra tous les mots qui entrent dans la langue descriptive des arts, tous ceux qui désignent, les matières et substances mises eh œuvre, les procédés et les outils employés dans le travail manuel; et, comme à toutes les grandes époques, l’art est descendu du piédestal isolé où nous le reléguons de nos jours, pour s’associer librement à tous les besoins de l’existence, aux développements de l’industrie et aux fantaisies de la mode, j’étends les limites de mon travail jusqu'aux expressions qui décrivent les costumes et les armures, les mœurs et les usages de la vie privée.
Dans l'exécution de cette entreprise, je me suis tracé les règles suivantes : peu de conjectures, pas de phrases, beaucoup de faits, des dates précises, des citations exactes, des monuments d’une authenticité incontestable. Mais il ne suffisait pas d’observer ces règles, de poursuivre avec
persévérance des investigations si variées : il fallait, pour donner à cet ouvrage son utilité pratique, pour rendre abordables les nombreux renseignements recueillis aux sources précieuses des grandes archives nationales, des archives de nos départements et de l’étranger, il fallait distribuer ces documents et leur commentaire dans un ordre méthodique; j’ai adopté celui-ci ; un titre, un commentaire, les preuves à l'appui; ces preuves étant de deux sortes, la citation des textes et la reproduction des monuments; enfin, pour terminer l’ouvrage, un index général.
Le tithe. Il pouvait être choisi dans la langue, telle que l’Académie l’a fixée de nos jours, ou dans les textes, qui présentent pour chaque mol vingt formes différentes soumises à l’orthographe la plus fantasque. Il y avait lieu d’hésiter ; mais je n’ai pas oublié que inon dictionnaire était aussi un glossaire, et j’ai placé, en tête de chaque article, le mot dans sa forme la plus habituelle chez les auteurs français les plus anciens, rejetant dans l’index ses nombreuses variantes.
Le commentaire. Pour expliquer un mot, quand ce mot désigne un objet d’art ou se rattache à un usage, il y a trois sources d’informations : 1» les textes; 2° les représentations des objets transmises jusqu’à nous par la sculpture, les miniatures des manuscrits et la peinture murale; 3» les rares monuments du temps qui se sont conservés. L’étude des textes est la plus aride; celle des monuments figurés et des monuments réels la plus intéressante, la plus fructueuse; l’une et l’autre se corroborent; elles doublent de valeur et de signification par leur association, lin commentaire, ainsi appuyé sur des textes cités intégralement et sur des monuments reproduits avec fidélité, doit être concis et clair à la fois, restant le plus possible dans la réalité , évitant avec un soin égal le danger des conjectures , les subtilités des étymologies creusées à l’excès et le ridicule du symbolisme poussé à l’absurde; il remplit les modestes fonctions de l’aiguille qui rccout les lambeaux épars, et de mille morceaux, en apparence taillés au hasard, fait le vêtement qui s'ajuste exactement à la taille. Les lettres placées ën tête de chaque citation permettent de faire des renvois aussi précis que brefs.
Les preuves. Je parlerai d’abord des sources où j’ai puisé mes citations , ensuite de l’ordre dans lequel je les ai distribuées. Un ouvrage de ce genre ne saurait être trop
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positif; j’ai donc pris pour guides les comptes, les inventaires, les mandements et quittances, les lettres de rémission, les volontés testamentaires, les contrats de mariage, les chartes et donations, tous les actes authentiques, en un mot; puis les chroniques, et enfin les poètes. Impossible, dans la lecture de ces nombreux documents, de se faire assister par personne; car, loin de citer tous les passages qui piquent la curiosité, c’est par extraits que j’avais à procéder, m'attachant à l'essentiel, écartant les redites; e*. comme les plus importants de ces documents, ceux que conservent les archives, ne sortent pas de ces dépôts; comme il était impossible de transporter dans leurs salles d'étude, dix-liuit à vingt mille caries transcrites, pour confronter les extraits déjà faits avec les extraits qui pouvaient être encore à faire, c’est de mémoire que j’ai procédé, en conservant présent à l’esprit l’ensemble de mon travail, son but et scs limites, ses besoins et ses lacunes; me guidant par l’intérêt qu’il y a à s’étendre plus d’un côté, à se restreindre davantage d’un autre. De celte manière, j’âi pu mettre à profit de si abondantes sources d’information, sans perdre un temps incalculable, sans m’exposer à mille confusions, à autant de doubles emplois, et, ce qui est plus essentiel, en donnant à mon travail un ensemble et un caractère personnel qui autrement lui auraient manque. Par cette même raison, je puis assurer avec confiance que rien ne m’est échappé d’important dans tous les documents que je cite, et même dans bon nombre que je ne cite pas, faute d’avoir retiré de leur lecture un seul passage utile à en extraire. Presque tous ces documents sont inédits, plusieurs ont déjà fourni la matière des trois premiers volumes des preuves de l’ouvrage intitulé : les Ducs de lSourgogne , et du premier volume de la Renaissance des arts à la cour de Franci; d’autres sont réservés, soit pour la suite de ces ouvrages, soit pour la publication des grands inventaires dont je suis chargé par le ministre de l’instruction publique. Tout ces travaux ayant pour but l’étude des arts, à un même point de vue, ont pu concourir à la formation de mon dictionnaire.
Toutes les fois que j’ai emprunté mes citations à des documents publiés par d’autres, j’ai rappelé avec reconnaissance les noms des auteurs auxquels je les dois. Quand il s’est agi de pierres précieuses, j’ai consulté les ouvrages de Mariette, Brard et Boué ; inutile de faire remarquer que j’ai exploré sans cesse cette mine iné-
puisable , connue de chacun de nous sous le nom de Glossaire de Du Cangc. Les emprunts que je lui ai faits sont signalés, excepté les lettres de rémission, parce que lui devant presque tous les passages que j’en ai tirés, j’ai pensé qu’il sullisait d’en avertir une fois pour toutes le lecteur.
Je ne discuterai pas ces différentes natures de textes; il sullira de dire que les comptes, inventaires, chartes, et tous les actes civils, ont un caractère incontestable d’authenticité; que je n’ai pas demandé aux chroniqueurs les conjectures qu’ils se permettent, mais les faits qu’ils rapportent, et qu’enlin une seule de ces sources est d'une pureté suspecte, c’est la poésie. Il est évident que la rime autant que l'imagination fournit à nos trouvères toutes sortes d’étrangetés, et conseille une grande réserve dans l’usage qu’on peut faire de leurs poèmes et de leurs romans : aussi n'ai-je jamais donné ces textes pour des autorités; leurs vers figurent dans ce Diclionnaire comme des renseignements qui peuvent devenir la source de déductions intéressantes au point de vue de l'art, de la philologie, et surtout de l’étude des moeurs.
On trouvera, en tête de chaque citation, la date du document d’où elle est extraite, mais non pas la date de l’événement qu’il rapporte. Rien n’était plus facile que de préciser la date des comptes, inventaires, actes civils, de la plupart des chroniques et même de plusieurs poèmes dont les auteurs sont connus; mais, pour les antres, le siècle qui leur a donné le jour est tout ce qu’on peut allirmer; et si j’ai remplacé ce siècle par une date moyenne, c’était pour me conformer à une disposition générale : dans ce cas, j'ai fait suivre ce chiffre d'un astérisque qui marque mon incertitude.
L'ordre chronologique est le seul qui se prèle aux études philologiques et archéologiques , aux recherches rapides, aux intercalations futures. Je dis aux études philologiques et archéologiques, parce que l’une et l’autre de ces sciences ont intérêt à fixer la date de l’apparition d’un mot dans la langue, d’un usage dans la vie privée, de l’emploi d'une substance ou d’une matière nouvelle dans la pratique des arts, à suivre leurs modifications ou leur disparition. Je dis aux recherches rapides, parce que les dates placées en vedette avertissent la personne qui cherche de l'endroit précis sur lequel elle doit porter son attention. Je dis enfin
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aux interealationsfutures, parce que ces citations n’étant pas introduites dans une dissertation et comme fondues dans le commentaire, on vérifiera promptement si le passage qu’on désire ajouter figure déjà dans l'article, et, s’il n'y est pas, ou le olacera à sa date, en modifiant seulement les lettres qui servent aux citations de numéros d’ordre. Ces facilités étaient bien nécessaires dans un ouvrage qui, de sa nature, n’est jamais complet, jamais terminé, et peut rester le sujet d’investigations indéfinies.
Cette élude des textes serait aride sans le secours des monuments. Pour la première fois, les articles d'un glossaire parleront à la vue, cl un mol hors d’usage, dont le sens nous échappe, sera expliqué au moyen d’une définition faite par ceux-là même qui l’employaient et par la reproduction d’une représentation contemporaine ou de l’objet lui-même, quand par bonheur il se trouvera dans nos collections. Une circonstance heureuse me permet de devancer mon travail, et de montrer, dans un essai, l'utilité de ces rapprochements. I.es comités institués près du ministère de l'instruction publique ont décidé que l’inventaire de Charles V serait publié dans la collection des monuments inédits, et que chacun des 3<V70 articles dont il se compose serait accompagné d'un commentaire et de gravures, lorsqu’il sera possible d’établir une comparaison utile entre la description du garde des joyaux et l’objet décrit.
Il ne me sied pas de parler de mou labeur, quelque pénible qu'il soit; mais après avoir fouillé si longtemps dans les archives, si consciencieusement puisé aux sources originales, la plupart inconnues, je serai en butte, je le prévois, à plus d’un reproche; car ce livre, par sa disposition même, est du nombre de ceux qui, tout en donnant plus qu’ils n’ont promis, permettent de leur demander plus qu'ils ne donnent. J’espère donc que les véritables érudits, toujours bienveillants, considéreront l'ensemble du travail et jugeront les détails avec indulgence, en faisant la part des difficultés qu’ils connaissent; d’autres s’attacheront à une erreur, à une omission, et ne m'épargneront pas leurs amères critiques. J'accepte les jugements de chacun ; je me réserve de les apprécier différemment.
L’extrait suivant de ce grand travail est à l’usage exclusif des amateurs et des collectionneurs d’objets du Moyen âge et de la Itenaissance, à l’usage surtout des visiteurs du
Louvre el dans les limites du département qui m’est confié. On s’expliquera ainsi l'absence de tout article sur les arts et usages de l’antiquité; sur l’arcliiteclure, qui ne peut rien fournir à une collection; sur la fauconnerie, la chasse et la pêche, dont les engins et ustensiles sont rares; sur les armes, les armures et harnois, qui sont exclus du Musée du Louvre; sur les étoffes et tapisseries, qui n’y sont entrées qu’en échantillons sans importance; par conséquent sur les costumes, qui n’y sont pas admis; enfin, sur la marine, la peinlure-et le dessin, qui forment dans le Musée du Louvre des départements distincts du mien.
Pour amasser dans ce petit volume le plus de faits possible, j’ai dû réduire les citations, sans les abréger toutefois, à ce qui est strictement utile, et me borner à indiquer sommairement mes sources sans donner le titre du manuscrit et du livre, ni les folios el pages où se trouve le passage cité, ni les numéros et signes sous lesquels ces documents sont classés dans les dépôts publics qui les conservent. Ces indications font défaut ici, et l’érudition, je le reconnais, a le droit de les exiger; aussi les trouvera-t-on dans mon travail général. Elles sont peu nécessaires au public auquel je m'adresse. Mieux qu’aucun autre il est capable de tirer des textes les conjectures fécondes et les enseignements pratiques, mais il n’a ni le temps, ni l’habitude de recourir aux documents en-, fouis dans les archives et dans les bibliothèques; il me saura gré de lui avoir évité de pénibles recherches, et il se fiera à la conscience que j’ai apportée dans tout mon travail en se reportant à quelques ouvrages antérieurs, garants de mon exactitude.
ET
ACEROFAïRES. L’encensoir ou le trépied sur lequel on le repose.
(A) 1080. Acer arbor, pallie#? arable, unde derivatur acerra, vas in quo thus
ponitur saper ait are. (Dict. Joh. de Gallandia.)
(B) 1191. Très concoset très acérés et duos orceolos et duas coginas — omnia
bæc de laton. (Apnd Du Gange.)
(C) 1324. Pour l’église pour vj colonbes, x chandeliers petits dessus l’autel,
v chandeliers grans devant l’autel et ij acerofaires, touz de laton et . de coivre. (Comptes royaux.)
ACIER. Cette modification du fer est obtenue par divers procédés qui opèrent un mélange de 99 °/0 de fer et depuis 5 millièmes jusqu’à 1 °/0 de carbone. Connu dès la plus haute antiauité, l’acier fut d'autant plus perfectionné qu'on en apprécia mieux les mérites en en faisant plus usage. Au moyen âge, la fabrication des armures donna une nouvelle impulsion à ces perfectionnements. On employa l’aciev à une foule d'ustensiles, et surtout à faire de grands miroirs qui réfléchissaient les images mieux ouc le cuivre, dont se servaient les anciens, et qui conservaient plus longtemps leur poli. (Voyez Miroir) . Je vois dans les textes de la fin du xv® et du commencement du xvi® siècle des ustensiles de cuisine en acier, c’est sans doute une erreur des rédacteurs des inventaires, il s'agit de fer battu.
(A) 1180. Et Bergons s’arme, o le visage fier
D’aubert et d’iaume et d’espee et d’acier. (Garin le Loherain.)
(B) 1379. Un coutel à manche d’yvoire blanc, à ij virolles d’or, à fenestrages, à
osteaui, sur gest et sont les forcettes d’acier. ( Invent, de Charles V. )
(C) 1387. A Guillaume Gallande, marchant de toilles, demourant à Paris,
pour iiij aulnes de fine toille de Reins pour faire une patron à un petit pourpoint, pour Ms. le duc de Thourainne, pour envoier en Allemaigne, pour faire et forger unes plates d’acier pour son corps — xxiiij s. p. (Comptes royaux.)
(D) 1399. Un letrin d’acier ouvré à fer demolin. (Invent, de Charles VI.)
(E) — Un grand miroir d’acier ouvré et doré par 1*8 bords à orbevoyes.
(F) — Un petit escrinet d’acier carré ouvré très menuement.
(G) — Un petit letrin d’argent à un pié d’acier.
(H) — Une très belle serreure d’acier à orbevoies et sont les cloz à vis et 1
fleurs de lys et est eu un estuy de cuir tanné et la clef dedans.
(I) 1507. Troys poiles d’acier, quatre poiles à queheue d’airaing. Item deux
lechefretz et une poile d’acier sans queheue. (Inv.du duc de Bourbon.)
AFFICHE, affice, affique. Un objet attaché, agraphé, et, comme on portait ainsi les méaaillous religieux et les emblèmes politiques, on employa ce mot dans le sens de quelque ofeose qui est mis en évidence , qui annonce une opinion ou un parti.
(A) 1 330. Sur quoi Ion met un affichai!
Qui antrement est dit ferma il. (Guill. de Guigneville.)
(B) 1461. Destrier couvert de veloux à grandes a fflces d’argent doré. (Math, de
Coucy.)
(C) 1427. Pour affiches et enseignes dudit lien de Nostre-Dame de Hal pour
distribuer aux gens de Vos tel de Mds. (le duc de Bourgogne), xx s. ( Les ducs de Bourgogne, 4923. )
AFFl qu ET, dérivé du mot précédent. Toutes sortes de ioyaux destinés à la parure et plus particulièrement à l'ornement de la tète. Ils étaient agraffés dans les cheveux ou dans la coiffure.
(A) 1392. Comme le lundy, lendemain de Pasques, le suppliant fust allez an
lieu où l’on a accoustumé de vendre, en la ville de St-Quentin, afiches et autres joueles de plont. (Lettres de rémission.)
(B) 1395. Le Roy — a voit — sur sa teste la belle toeque dVsrar Jatte et le
riche afnqnet. (André de la Vigne.)
(C) 1396. Affiquets suijbnims de fin or que portolt sur sa teste la Princesse.
(Pierre Desrez.)
(D) 1580. Cest un afflquet à pendre à un cabinet ou au bout de la lance, comme
au bout de l'oreille, peur parement. (Montaigne, parlant de la vertu. Essais.)
AGATES chatoyantes, figurées, herborisées, mousseuses, œillées, ponctuées, etc. Voyez Quartz Agate. Agates ruban née s, voyez Sardoines ; Agate d'Islande, voyez Obsidienne.
agi aux. Agiota , bijoux , menus ornements.
(A) 2530. Je ne veidz oneques tant de sandeaux, tant de flambeaux, de torches, de glimpes et d’agianx. (Rabelais.)
• (B) 1610. Pour le regard des maris (qui épousent des vieilles) ce leur eit
d'une grande épargne, il ne leur faut point tant d’agiots et béafilMs pour 1 es popiner, qu’à ces jeunesé ventées, elles se passent à peu. (Contas de Cb obères»)
AGNES dki. Ou sait que ces rondelles de cire, marquées de l’empreinte de l'agneau pascal , étaient faites à Home avec le réaidu du cierge pascal qu’on Tondait le samedi saint, eu même temps que le Saint Père bénissait le nouveau cierge Elles étaient ensuite envoyées dans toute la chrétienté, et Charlemagne donna l’exemple de la vénération qu'eUes méritaient. Certaines vertus étaient attribuées à ces Agnus Dei, quand on les portait sur soi, ou lorsqu’on venait A l'église prier devant eux ’ aussi les orfèvres miieotits tout leur art à les enfermer avec élégance , soit dans des monstrances, soit dans des médaillons.
(A) 1372. Un agnns dei d’argent, garny do perles et de perreries, pesant v1i v onces et demie, prisié vj francs. (Compte du testament de la royne.)
(B) 1399. Un agnns dei dSjîrgent, esmaillé à rondeaux et yuKiiges, et va dix-
neuf menues perles, pesant, à tout le laz, deux onces. (Inv. de Ch. VI:)
(C) —"Un agnus dei d’argent, esmaillé environ am armes de France et de
Navarre, garny de menues pierreries, pesant trois onces d’argent.
(D) 1416. Une petite croix comme d*un agnus dei (Tor — xlv st. ( Inventaire
du duc de Berry.)
ÇBH434. Une paire de gans pour prélat qnj lê roy porte avant lny et sont
ET BÉPERTOIBE. <23
garnit sur le poignet et sur les mains de Agnus Dei de menues perlas, iirisetiüjhv. par. ( Inventaire de là Chapprile du RoyT.harles Vï.) (P) 1586. Un agnits dei de christal de roche taillé avec or et petite chaisuetta d’or ( Invent. de.Murie Stuart. )
(ft) — Pareil, de christal de roche, ayant an dedans un ITeptnne.
AGCII.l.V'fNPt'F Pour Au Guy l’an neuf. C’est la fête fort ancienne du. jour de l’an , les àtrennes se donnaient et se demandaient aux cris de Aguillanneuf et Gitüenleu. Il est inutile , au moins dans ce répertoire , d'examiner si cette coutume, et ce cri dérivent de la fête des O rudes qui allaient, au commencement de l'année, cueillir le gui sacré et le faisaient distribuer par les bardes. Bu Cange a traité la question. Rabelais s’est servi de ce mot au ivi* siècle, et au xvtt* c'était encore une locution en usage.
(A.) 1470. A certains petiz enffans qui demandoient à Guilleodeu, Je jonr de l’an dernier passé ( I). de B. nu 7072.) .
ÇB) 1480. Le derrnier jonr de décembre, le suppliant avec les bacheliers de la parroisse de la petite boissière (bas Poitou) et ung meuestrier fu par fes villaiges de ladite parroisse — pour prandre et recevoir les anmosnés des bonnes gens, qu’ilz ont aconstnmé donner pour l’entretènement d’une lampe et de seize lampejons , ainsi uue de coustume est de faire de tout temps, la vieille de l’an neuf et s*appellent les diz dons aguillaniwwf— esloient, les diz dons, rilles et oreilles de porceanx et autres pièces de char — vendues publieqnement après vespres au plus oflraut et derrenier enchérisseur. ( Lettres de rémission.)
(C) 1617. Puis c'est manger mon bled en herbe
Que d* attende quelqu'habit neuf
I)»1 Servi p n qui tient, ce proverbe
Ne rien donner qu’à (inillaaïueuf. (Le Banquet des Sages.)
aguillk et Esguille. Aiguille.
(A) 1296. La gomme d’aguilles , xx. d. (Tarif pour Paris.)
(B) 1293. Les Dames et damoiseles labourent moût noblemaut de flguile sor
dras de soie de tons colors, à bestes et ù osiaus et à un « es autres yinajes. (Marco Polo.)
(D) 1300. Lors trait une aguille d’argent.
D’un agnillier mingnot et genb (Roman de la Rose.)
(D1) 1599. Deux petits estuiz à mettre des esguilles, i’un tout de rubis dinde et l’autre de diamans et.de rubis et doebesnes d’or, prisés iiiflxx escush (fnveut. de Gabrielle d’Ëstrées.)
AGITIi.LKTES. Aiguillettes. Elles servaient à lacer des parties de vêtements et d'armures, elles devinrent aussi un ornement et un luxe. Le mot s’appliquait à la ferrure des lacets, des lanières, etc.
(A) 1316. Une quantité d’aiguillettes et las à armer. (lovent, royal.)
(B) 1392. Une douzaine de longues et larges aguilktes de fin dain d’Angle-
terre dont les boni sont ferrés d’argent — pour attachier par derrière les chances du roy. (Comptes royaux;)
(G) 1393. Deux longues hoppelandes — à franges et à aiguilleles d’or — esmaülé de brodenre. (D. de B. n« 5581.)
(B) 1452. Le suppliant vit un buffet fermé lequel il ouvrit d’un fer d’une os* guillemetit. (Lettres de rémission.)
AIGUE M ABIME. Corindon hyalin, variété de l'émeraude. Pierres de la couleur de l'eau de la mer , alternativement vert pâle ouvert Weuàtre. Elles proviennent du Brésil, des monts Ourals et de da Saxe , et ne doivent pas être confondues avec des quartz qui ont
les mêmes nuances. L’ancien mot aigue, eaue, ne s’est conservé entier que dans cette acception.
Le Beril que je chante est une pierre fine
Imitant le verd gaj des eam de la marine. (Remj Bellnau.)
AIGUIÈRE, vase à contenir l’eau , en usage sur les tables, toujours de formes élégantes et souvent de matières précieuses. Le mot vient de Aigue, eau, et de Aiguicr, réservoir d'eau. Mes citations indiquent plusieurs variétés de formes et l'emploi fréquent * de l’émail. Une aiguière remplie de tasses, sallières, etc., était ce qu’on appellait un ménage, ae quoi suffire à un service.
(A) 1353. Une aiguière d'un homme assis sur un serpent A elles, dorée et es-
maillée , pesant vj marcs.
(B) — Une aiguière d’une seraine filant, dorée et esmailliée, pesant iv marcs
vj onces.
(C) — Une aiguiere d’un homme assis sur un coq, esmailliée, pesant
vi marcs.
{D) 1360. Invent, du Duc d’Anjou. Près de 150 aiguières d’or et d’argent presque toutes émaillées y sont décrites. An n® 175 une aiguière fermée d’une serrure.
(E) 1363. Une aiguière quarrée, dorée et losengée d’aymaulx des armes de
France et de Bourgongne qui poise ij marcs, v onces. (Inventaire du Duc de Normandie, Danpnin.)
(F) — Une aiguière ronde , dorée et esmaillée, dont î’ance est esmaillée des
armes de France et de Navarre et poise iiij marcs, ij onces.
(G) 1379. Une aiguière d’or, toute pleine, ronde , en la façon de celle de St
Loys , pesant iiij marcs et aemy. (Inventaire de Charles V.)
(H) — Une aiguière d’or, à façon de gobelet , laquelle est hachiée à lys et
sur le fmitelet un lys, — pesant ij marcs, vij onces d’or.
(I) — Une aiguière d’argent, doré, esmaillée, de qnoy le biberon est de la
teste d un cerf, pesant vij marcs, iij onces.
(J) — üne autre aiguière d’argent, doré, esmaillée, à testes de coq enlevées, *
pesant vi marcs, i once.
(K) Une ancienne aiguière, esmaillée , à feuilles de chesne enlevées, pesant iiij marcs , vi onces d’argent.
(L) — Un lyon d’argent, doré, cizelé, en manière d’aiguière, pesant iij mar s,
vij onces et demie.
(^) ^ne aiguière quarrée d’argent , dorée, esmaillée de diverses figures, pesant vj marcs , iij onces.
(N) 1412. De laquelle galerie icelui Sicartchut embas, à terre, en un Aiguier
pave de carreanlx ou pierres, ouquel lien descendent et chéent les eanes et agouz de l’hostel. [Lettres de rémission.)
(O) 1447. Duquel ruisseau icelui Bernard a accoustumé aiguer ou riguer ses
prez. (Lettres de rémission.)
(P) 1467. Une aiguiere d’or, dont les sonwages sont à petites branches et est 1 ansse à denx cueux, le cliquet et le dessus fait à boutons rons, pesant ij marcs, i once, xv esterlins. (D. de B. 2286.)
Une aiguière d’or, à pié, d’estrangue façon, pesant iij marcs, vi onces. (D. de B. 2288.) *
(R) — Une antre esgnière d’argent, dorée , à gnise d’un pot à deux biberons
et au dessus un esmail. (D. de B. 2613.)
(S) — Une esgnière, où a dedens six gobeletz, trois sallières , sii cullers nes-
lées. (D. de B. 622.)
(T) — Une esgnière d’argent, en façon de femme assise, snr une pié , verre, tenant en sa main sur son ventre une fleur blanche et dedens la fleur ung biberon et est saincte d’un demi chaint pendant à une
chaioecte d’argent doré, pesant ensemble i] marcs, xij e. demi. (D. de B. 2648.)
AIGUILLE DE MER. Boussole. On attribue aux Chinois l'invention de la boussole. On croit que les Européens s'en aidèrent dans leur navigation dès l'année 1100 : ce qui est certain, c'est qu'en 1180 Guyot de Provins parle de l'aiguille aimantée, qui, soutenue par des brins de paille, flotte sur l'eau, tourne constamment sa pointe vers le nord et dirige la marche des vaisseaux, la nuit comme le jour. Le pivot remplaça plus tard la flottaison, et permit de donner une forme à la boussole qui devint un cercle ou une boite ronde , et s'appela par cette raison compas , compas de route et de mer, enfin boussole. Une particularité des anciennes boussoles de tous les pays nous donne , comme les vers de Guyot de Provins , quelques droits â l’honneur de l'invention; on sait que le nord est marqué sur tous ces vieux instruments par une fleur de lys.
(A) 1180. Par la vertu de la marenette (ou magnete dér. de magnes.)
Une piere laide et brunette
Où li fers volentiers se joint
Ont resgardet lor droit point
Puez cune aguille l’ait touchié
Et en i festu l’ont fichié
En l’aigue la mette sens plus
Et li festus la tient desus
Puis se torne la pointe tonte
Contre Pestoille si sen doute
Que ia por rien ne faucerait
Ne mareniers ne douterait
Quant li nuis est ténebre et brune
Con ne voit estoile ne lune
Lor font à P aguille alumer
Pniz ne puent il assarrei
Contre restoile vers la pointe
Por ce sont li mareniers cointc
De la droite voie tenir. (Guyot de Provins.)
(B) 1379. Une petite aiguille de mer en un estuy de cuir bonly. (Inv. de C. Y.)
(C) — Une aiguille de mer, d’argent, en un estuy de cuivre à trois ymages
en estant, pesant, sans l’estuv, un marc, xij esterlins.
(D) 1600. An cap des aiguilles , les aiguilles et compas demeurent lixes et re-
gardent droiteinent le nord , mais, l’ayant doublé, les aiguilles commencent à norouester. (Etienne Binet. Merv. de la nature.)
AIGUILLIER. Étui aux aiguilles. Voyez aussi Aguille.
(A) 1361. J Donner, lor doit-on par soûlas,
Manches et agnilliers et las
Les savoureus baisiers promettre. (Chastel. de Couci.)
(B) 1391. Un aguillier de drap de laine à couches de soye et à menues pierres
indes.
aimant. Connu dès la plus haute antiquité, nous le voyons^ au moyen âge , employé contre les maladies , et c'est sans doute a ce titre qu'oû trouve des morceaux d'aimant mêlés aux biioux. Les deycier, fabricants de dez à jouer, s’en servaient pour les piper.
(A) 1260. Nns deicier ne pnet ne’ne doit fère ne achater dez longuez, ce est *
savoir dez frotez à nierre , car l’œtivre est fausse , ne dez qui doinent iiij et iij qui soient irotez à pierre. (Us des mestiers de P^ris, recueillis par Et. Boileau.)
(B) 1320. * J’ai dez du pins, j’ai dez du mains
De Paris, de Chartres, de Rains,
Si en>ai lif'TU, ce u'est pas pas
Qui, au liocher, chiéent soi' as. (Le Lit don Mercier.)
(G) ldld. Lue pomme d'aymctt, prisée — « sels t. (lovent, du dur. de Berry.)
AL B.» STR K. Albâtre, pierre calcaire, chaux carlionatéc, conciédonnée, inarbre incomplet. On employait au moyen âge l'albâtre jaune et blanc pour en fabriquer des vases, des statues et bas-relieis de monuments funéraires, et même des revêtements d’appartements. Il ne semble pas qu’on ait fait usage de l'albâtre oriental , à moins que nous n’en ayons un exemple dans la citation (D); c’est alors l’albâtre onyx. Voyez pour l'albâtre dont on s'est servi à Dijon, Les Ducs de ftourgogn e, tome I. Ces piinces avaient établi à Lille un atelier de sculpteurs en albâtre. L’alabastrita , al- " bâtre transparente. De parait pas non plus avoir été en usage.
(A) Il 70. En celle chambre unit noienz
Pe chaux, d’areiue, de cimenz
Enduit, ni moillerons, ni emplaistre
Tote entière fu d’alainbastre. (La Guerre de Troyes.)
(B) 4218. Ouoddam turribnlum argent! , capsam argenti, calicem alabausti.
(C) 1316. Une ymage de Nostre Dame d’alabastes, à toute une cour onne de
pelles et de pierres , ou pris de xij Lib. ( lu veut, de la Comt. Mahaut d’Artois. )
(D) 1372. Alebastre, si comme dit Ysidore, est ime blanche pierre entrejeetêe
de diverses coleurs et de telle pierre fut la boite où fut mis loinguemeut pour oindre lhe&nerisl. ( Le propriétaire des choses.)
(E) 1379. Une ymage de Nostre Pâme d’albastre blanc, qui se siet, et' a une
couronne d’or de très menues perles. ( Invent, de Charles Y.)
(F) — Un pot d’albastre blanc , gara y d’argent, à lozenges esmailliées.
(G) — Une teste d’albastre blanche à façon d’une Sarraziue assise sur une
plate de marbre noir, bordée de lîton doré, et semble être un cainanien. (Cette même pièce est décrite avec quelques différences dans l’inventaire de Charles VI.)
(H) 1394. Inventoire de l’albostre trouvé au chastlel de Lille. — vj ymages en
manière de profètesdont les iiij sont d'albastre. — Un coffre de blanc bos auquel a ije iiÿxx et x pièches ou environ de instrumens de fer, de plusieurs manières, appartenais au mestier de l’ouvrage du dit albastre. (Invent, des garnison dn cbastiel de Lille.)
(I) 1420. Une teste d’albastre blanc, en façon d’une seraine, assize sur une
pièce de marbre noir bordé de latou doré et semble estre un eamabieu. (Invent, de Charles VI.)
(K) 1433. Pour Tâchât de six grau$ pières de pierres d’allebastre nue morflseignenr fist prendre et achetter ponr mettre et emploier en la sépulture qu’il fait faire. (P. de B., 1 143.)
ALF.MEI.1.E. Alumclle, lame, la lame de l’épée , et l'épée ellemême. avec laquelle on saluait, de là l’erreur du glossaire ue {'Histoire de Paris qui traduit ce mot par honnet.
(T) 1332. Pour faire etforgierla garnison toute blanche d’une espée donll’alemelle estoit à fenestres. (Comptes royaux.) m 1363. Une gayne d'argent esmailliée , où il a une alemelle sans manche, poise vij onces , xv esterlins. (lurent, dn duc de Normandie, datiplrift.) {C) U19. Charles mit tantost la ma(n à son allumée j fesant semblant de sabir* nostre dict cousin \ le duc de Bomgogne) et à l’ombre de son bras guigna des yem et fit signe à ses gens pour venir ferir snr nostre dict cousin. ( Glossaire de l’histoire de Paris. Reg. du Parlement.)
(D) 1458. Pour une dague à dnix tai'.lans, d’un pié et demy d’alumelle. (Comptes royaux.)
allouyere. Bourse, gibecière, du latin îULovorhnn , souvent laite en cuir, quelquefois en velours, en satm^ et brodée, qu’on portait à la ceinture et dans laquelle on enfermait son argent , ses papiers, ses bijoux.
(A) 1331 . Un contri etnne aloyere de cuir «Tabaye. (Inv. do Gnid. dcRaonrs.)
(B) 1300*. Riche chcinture et aloière
Que cbascim appellentigibecière. (le Bit du Chevalier)
(C) 1360. A vois encore en Faloière
Que je porte;! ma chointure. (Poésies de Froissa rt*)
(D) 1310. Pour iv alloières brodées , de veinian , à xl sols pour pièces; pour
vj alloières brodées sur s&init, xv sois pour pièce. (Comptes roy aux.)
(E) f 425. Comme Casin Cordier eost prins furtivement, en la gibecière ou al-
lonyère de son oncle, ung lleurlu. (Lettres de rémission.)
(F) 1443. Lequel Simon tira , de son aloière ou gipeaière , ung extrait par lequel
il lui demaudoit lxiv sols. (Lettres de rémission.)
ALMANDYNE et Alabandine. Variété inférieure du rubis, qui, selon Pline, a pris son nom de la ville d’Alabanda, en Carie.
(A) 1295. Crut de plaiis, argeuteis, deauratis undique , onm duobiis catnahulis
in braebiis et duobus ruaguis lapidibus superius et infèrins et alarnandîna in medio et aliis multis lapidibus et perlis, iu circuitu, continens partem ligni crucis. (Iuvent. de Saint-Paul de Londres.)
(B) 1467. Trois chatons d’or, garny l’un d’un saphir, l’autre d’une amaiiste et
l’autre d’nn amandin. (D. de B., 2175.)
(C) 1533. Ung berceau d’or, auquel y a nng enfant qui a la teste d’agate et le
corps de perles, avec une afmandync qui sert d’oreille au dit enfailt. (Comptes royaux.)
ambre. Son apparence, qui est celle d’une gomme, des insectes ailés pris dans la profondeur de sa masse, son adhérence à des pétrifications et à du bois brûlé, enfin sa présence dans les sable* par nids on masses, et jamais en veines, filons ou couches, sont des caractères propres à établir l’oiigine végétale de cette substance. On la trouve sur le bord de la mer Baltique, quand les tempêtes l’y rejettent, ou eu creusent le sable à une certaine profondeur. L ambre giis semble etre une concrétion animale , puisqu’on en a trouvé dans l’estomac de quelques poissons : il est plus mou et a
Slus de parfum. 11 est difficile toutefois d’expliquer une origine iflorente avec tant de caractères communs. Celui-là nous vient de l’Inde et du Brésil. L'ambre est d’un jaune doré, il se sculpte, se taille et se lime, avec les instruments dont on se sort pour travailler l'ivoire et le bois. Sa couleur( sou poli doux et onctueux , enfin sa légèreté et son doux parfum en font tout le mérite. Les anciens l’ont employé à la sculpture et dans les parures , nous avons des monuments asiatiques, égyptiens, étrusques et anciens grecs du plus beau caractère, exécutas dans des morceaux d'ambre. Au moyen âge, on en faisait grand usage, surtout pour les grains de chapelet qui passaient dans les doigts, s'échauffaient an frottoment et répandaient leurs parfums, pour les pommes aussi qu’on tenait et qu’on frottait dans ses mains. On s’eu servait encore pour tailler de petites images de sainteté. I nfln, mis en poudre , il était du nombre des ingrédients usités dans les embaumements et dans les fumigations. Les musulmans en firent aussi grand usage en chapelets, en anneaux pour les femmes, et même en cachets pour les hommes. F krcduaule, prince persan, portait* au Xe siècle, un cachet eu ambre jaune.
(A) 1240. MagDam partem delitiarum Ægypti in auro et argento, perlis et po-
mis ambræ. (Jac. de Yitry.)
(B) 1298. Ils (les habitants de Madagascar) ont anbre asez , por ce qe en cel
nier a balene en grant habondance ; et encore hi a capdoille asez et por ce que il prenent de ceste balene e de cesti capdol asez ont de î’anbre en grant quantité, et vos savez qe la balenne fait l’anbre. (Marco Polo.)
(C) 1316. Ce sont les parties de l’obsèque du roy Jehan — pour deux onces
d’ambre xl s., pour demie once de musc xxx s. (Comptes royaux.)
(D) 079. Une pomme d’ambre garnie de iiij bandes d’or, par manière d'orbe-
voyes, à viij menues perles et ij grosses pendans à un las de soye azurée, où il y a i gros bouton de perles. ( Invent, de Charles Y. )
(E) — Une chose d’or, plaine d’ambre, ouvrée à la morisque, faict en manière
d’une tassette pendant i un laz vermeil.
(F) — Ung ymage d’ambre de saint Jean-Baptiste.
(G) — Une pomme d’ambre, d’argent doré et a une perle au bout.
(H) — Une véronique d’ambre, ronde, à iiij évangélistes d’yvre (ivoire).
(I) — Une pomme plaine d’ambre, garnie d’argent et esmaillée autour de
menues lettres.
(J) — Nostre Dame gésant, les iij roys de Coloigne et Joseph et St A nas-
thase, tous d’ambre blanc, en petits ymages, sans nulle garnison.
(K) — Un petit ymage de Nostre -Dame d’ambre jaune.
(L) — Unes patenostres de Damas et entre deux patenostres d’ambre noire.
(M) 1389. Une ymage d’ambre de sainte Marguerite. (D. de B., 5464.)
(N) 1391. Pour une pierre d’ambre griz, pesans cinq onces, à ixvj eseus l’once.
(Comptes royaux.)
(O) 1416. Un ymage d’ambre de Nostre-Damc, tenant son enfant par la main,
laquelle a sur la teste une couronne d’argent dorée et siet en une chapelle qui porte sur iiij pilliere, c sols t. (Invent. du duc de Berry.)
(P) — Un ymage d’ambre de Nostre-Dame, le visaige et la main d’ambre
blanc, une petite couronne d’or sur laj teste , tenant son enfant d’ambre blanc, prisé lx sols t.
(0) — Une fleur de liz d’ambre, prisée xx sols t.
(R) — Une petite ymage de Nostre-Dame, d’ambre blanc, v s. t.
(S) — Une pièce d’ambre, faicte en manière d’un trippet, ij s. vj den. t.
(T) . — Six autres pièces d’ambre empaonnez, prisées, i sols t.
(U) — Un Dieu d’ambre, que deux coquins juifs bâtent à l’estache.
(Y) 1420. Uns autres tableaux de bois, ouvrans en deux pièces, fait en façon de laz d’amours, tout garny à ymages et bordeures d’ambre jaune et les visaiges et mains d’ambre jaune, onquel a -d’un costé, par dedans, deux ymages de l’anunciaçon N.-D. dont la coronne de N.-D., le pot et le liz et les helles deŸange sont d’argent doré et de l’autre costé est l’istoire de la gésine N.-D. et, dedans les xij laz d’entour le dit tableau, a xij demiz ymages d’ambre tenans leurs livres, croix et autres choses d'argent doréz. (D. de B., 4080.)
(X) 1431 . Unes patenostres à s igné aulx d’or et d’ambre musquet, environ autant
l’un que l’autre, longues de quatre aulnes de long. (Quittance citée par Leber.)
(Y) 1467. Ung aultre tableau de bois, là où il y a ung arbre d’ambre , à deux feul-
letz de martirs gectez sur les branches. (Invent. D. de B., 2260.)
(Z) — Deux grosses patrenostres d’ambre, l’un blanc et l’autre rouge et au
bout de chascune ung boton et une houppe d’or et de soye noire. (D. de B., 3167.)
* (AA) — xiij patrenostres d’ambre ronge. (D. de B., 3172.)
(BB) 1498. Une pomme d’ambre , garnie d’argent doré, faict en plumetis et ung
bouton en fasson de frèzes, pesant iij onces, v gr. (ïnvent. de la Royne Anne de Bretagne.)
(GC) — * Ung tableau, ouquel a une véronique d’ambre, enchâssée en argent, doré , avecques une chaynete , une pomme gauderonnée et ung crochet attachez au dit tableau.
(DD) <499. Ung tableau, faict de ambre de senteurs , ouquel y a une ymaigt Nos tre- Daine tenant son entrant.
(EE) 1599. Un gros morceau d'ambre gris, dedans une boete de plomb, pesant treize onces, prisé l’once dix escus. (Invent, de tiabrielle d’Estrees.)
AMETHYSTE. Corindon hyalin violet. Cette pierre fine doit être d’un beau violet et présenter tous les caractères du corindon, pour avoir sa véritable valeur; et n’être pas confondue avec le quartz hyalin violet, qui est un cnstal de roche de la même couleur, mais inférieur sous le rapport de la dureté, de la pesanteur spécifique et du poli.
(A) 1355. Nul orfèvre ne peut mettre sous amatitre, ne sous garnat, feuille ver-
meille , ne d’autre couleur, fors seulement d’argent. (Ord. des rois de France.)
(B) 1416. Un annel gamy d’un amatiste estrange et de plusieurs couleurs assis
en un annel d’or en manière d’un signet — il s. t. (Inventaire du duc de Berry.)
AMETHYSTE (Prisme d’). C'est le quartz hyalin. Le mot prisme vient , par corruption , de prase ou prason , qui signifiait en grec porreau, et désignait le quartz hyalin vert. On en a fait prasrae, presme et prisme , et on l’applique à l’émeraude et à l'améthyste. Les anciens avaient trouvé dans la couleur de ce cristal naturel un sujet d’allusions à l'ivresse et ils croyaient que les coupes qui en étaient formées préservaient des fumées du vin. De la son uom d’ Améthyste. Le moyen âge, comme l’antiquité, a travaillé cette matière en vases , en coupes , en colonnes , etc.
(A) 1416. Un petit vaissel d’amatiste, en manière d’un hanap, séant sur un pié
d’argent doré sans couvercle — prisé — xij liv. t. (Invent, du Duc de Berry.)
(B) — Une grant escuelle d’amatiste ronde et deux'antres petites, en façon
de cuvettes, prisées — xx liv. t.
(C) — Un petit gobelet d’un amatiste sans couvercle, garny d’argent doré —
x liv. t.
(D) 1454. Pour avoir poly une pierre de matiste en façon d’une petite nef qui
estoit toute plaine et laquelle il a taillé et facetté à plusieurs faces — iiij liv. xv s. t. (Comptes royaux.)
AMPOULE. Au milieu des vases si nombreux, au moins par leurs dénominations, dont parlent les auteurs ecclésiastiques, et dont il est difficile de préciser l’usage , parait l’Ampulla comme consacrée à garder l’huile du baptême (ampulla chrismatis). Elle était suspendue au-dessus d'un autel et offerte à l'adoration des fidèles, la sainte Ampoule de Rheims fut la plus célèbre; cependant toutes les églises avaient la leur. Le moine Théophile consacre à ce vase sacré un chapitre dans lequel se dessine sa forme, à la t anse large, au col étroit et allonge. Dans lajvie privée, on se servait de vases ou flacons , qui , ayant la même forme , prirent le même nom.
(A) 1145. Dédit eliam ampnllas ad servitinm altaris optimas et mirabiles (codex vatiranns ap. Du Gange.)
B) 1220. Cap. LY1I. De Ampulla (Theophili divers, art. schednla.)
(G) 1295. Très ampnllx argente*, cum crismate et deo (Invent, de S. PauJ de
Londres.)
(B) 1379. Quatre empoulles d’or tnorses et ou chascnn a un esmail rond, sur te couvesde , des armes de France, pesant iviij marcs, vi onces et demie d’or.
(E) *13S5. Deux ampulles d’arpent (D. de B. 36.)
(F) 1407. Encore par excellence sont ils (les rois de France) roys consacrés
et si dignement euoiugt comme de la sainte liqueur qui, par nng coo- Ion, comme nous tenons fermement que ce fut le saint esperit mis en celle forme, apporta du ciel, en son bec, en une petite ampulle on fiole. (Guillebert de Metz.)
(H) 1417. Deux grans ampoules, on fioles de Toirre, taiûtes snr couleur de.
pierre serpentine, l’nne en façon de poire et l’antre en façon -de concorge (courge) garnies d’argent doré, pendais chacune à im'tiîFH de soye noire — xv liv. t. (Invent, du duc de Berry.)
(I) 1417. Une ampoule, ou fiole ronde, de pierre snr couleur de pierre «orpcn-
tine, garnie d’or, pendant à un tixu de soye. xxx liv. t.
ARCOLIE. Anchnlie, anquelifl, l’aquücgia de Linné genre de la famille des helléboracées . Elle est aussi nommée eolombine et figure avec l’œillet snr les .jeux de cartes allemands, de 52 cartes. Je cite quelques vers extraits d’nn ouvrage de Le Maire des belges, l’ancolie s’y trouve en compagnie de nos fleurs les mieux connues.
(A) 1360. Invent, du Duc iTAnjO'i. Il", 434, 436, 483.
(B) 1360. Encore ce voeil faire assai
De l’anquêlie et don pyone ,
De la soucie et don betone. ( Poésies de Froissait. )
(C) 1379. Un gobelet et une. aiguière d’or, à façon d’accolie, garnie de pierre-
rie , pesant x marcs et déni y d’or. (Invent, de Charles Y.)
(D) — Un dragoer d’argent doré et a , ou fonds du baciu, un esmail d’un
liepart en un chappelet d’accolies, pesant xj marcs.
(E) 1467. Un gobelet d’argent, doré, sur le couvescle esmaBlié d’une ancolye.
(D. de B. n° 2606.)
(F) — Deux bouteillectes d’argent, pendant à chesnes, esmailliez à deux
costez d’ancolyes, pesant, ensemble, xxv marcs. (D. de B. 2576.)
(G) 1500. Puis vint Flora qui sou trésor deslie
Paresfendant ses beaux tapis semez
De mainte rose et de mainte ancolie. (J. Le Maire des Belges,)
(H) — Mariolaines, poliot, cyprès, spic romarin, euroine, mente, basiiisque,
marguerites, soucie, ancolies, jeunettes, girofléos, coqneletz, porcelle», bacinetz, passe roses, passe velom, glays, uoyelles, Iiz, pencées, mugtietz, roses et œillelz nerbuz. ( Jean Le Maire des Belges. )
(I) 1C00. Des chansons (c’est-à-dire Galatiana) autrement dite anebolies , sont
simples et doubles. (Et Binet, Les Merv. de la satura.)
AN EL LT. Anneau, diminutif d'annel, dérivé d’awmlus 1260*. Et l’anelet misten son dei
Ne li dis plus ne il a mei. (Poésies de Marie de France,*)
ANGLETERRE (Façon d’). A la mode d'Angleterre. Je ne cite pas ici toutes les preuves que ie possède île l'influence des modes anglaises, au milieu de nous, dès la seconde moitié du xute siècle; c'est un îait général , et je ne m'occupe ici que des joyaux. On reconnaîtra cette influence dans les extiaits qui viennent à l'appui de plusieurs mots de ce glossaire. 11 est souvent question ae bijoux achet- s en Angleterre , je cite ici quelques exemples.
(A) 1295. Scrineum de opère Dunelmensi, continens reliquias sigillatas. (Inv. taire de Saint-Paul de Londres.)
(B) 1363. Un gobelet d’or plaio, couvert, qui est de la façon d'Angleterre, qui
poise vj mares, i once et demie, {invent, du duc de Normandie.)
(C) — La grande ceinture du Roy qu’il (le duc de Normandie) apporta d’A»*-
gleterre.
(D) — Un fermai! esmaillié du Roy qu'il apporta d’Angleterre.
(E) 1379. Un grand cercle, qui fut à la Royne Jeanne de Bourbon, lequel fut
acheté de la Coutesse de Peunobroc , garni de balays, saphirs , diamans et broches de perles. (Tnvent. de Charles Y.)
(F) 1396. Pour xxiiij cors de chace, envoyés d’Angleterre. (D. de B., no 5713.)
(G) 1399. Un grand gobelet d’or, à pié et à couvescle, esmaillé de châssis et de-
dans environné de fretelet, le couvescle et le pié de trois couronnes, pesant six marcs trois onces et demie. (Invent, de Charles YI.)
(H) — Une aiguière (For pareille au dît gobelet — et les donna leroy d’An-
gleterre.
(I) — Un escrinet d’argent, par dehors ouvré d’ouvraiges d’Angleterre. (T) 1414. Une egnière (For, que la royne d’Angleterre avoit envoiée. (Comptes et
inventaire du duc de Bretagne.)
(K) — Deux grans plats d'argent d'Angleterre que nos dames, les sœurs de
v Ms. le Duc , avoient aportés d’Angleterre et huit autres moindres.
(L) — Un tableau d’or que la royne d’Angleterre avoit envoyé au Duc.
(M) — Un petit tableau d’or, pendant à une cbaisne d’or, que la royne avoit
envoyé au due.
(X) — Un dyamaut escarre, assis en un annel d’or, esmaillé de bleu, que la royne envoya au duc. (En janvier m. ececin.)
(0) 1420. Une cfaappe de brodeure d’or, façon d'Engleterre. (Yoyex une longue description dans les Ducs de Bourgogne, 4097. )
AXS EL. Anneau, bagne, de Anindus.
(A) 1250* . Dens autans nt en sa main destre
Et trois en ot en la semestre. (Li Rotrmans des Sept Sages.)
(B) 1359. Pour ij anniatu d’or, acheté» pour le rey, esqniex a deux pierre* tail-
lées. (Comptes royaux.)
(Cyi399. A I.uc, orfèvre, — pour avoir fait et forgié un annel d’or esmaillé de W vers," garni d'tm dyamant. (D. de B., no 5881.)
(D) 1416. Un annel d’or, auquel a un heaume et un cseti de inesmes fais d’un
saphir aux armes de monseigneur, on ours d’esiuerande et un cygne de cassidoitie blanc, soustenans ledit heaume — xv liv. t. (Inv. du U.deB.)
(E) 1455. A Jehan I.essaieur, orfèvre, pour un anneau d’or esmaillé de lcrmes,
auquel est escript une chançon. (D. de B., »*> 6727.)
ANNEAU DE maki AGE. Usage chrétien , qui découle de l'antiquité. L’auncau de fer sans picrreiic indiqué par Pline comme étant d'un ancien usage, était devenu, dès le dénxicme siècle, un riche anneau d’or : les chrétiens l’adoptèrent. Clément d’Alexandrie et Tertullien en parlent au xi" siècle, Isidore de Séville en donne la signillcation au vu". Pour plus de brièveté j’ai espacé, à longues distances, mes citations. Pi j’ai parlé de l’anneau de mariage de Henri IV, c’est qu il est assez curieux de le rencontrer parmi les joyaux de Gabnelle d’Estrées.
(A) ”8. Nunc sponsæ mnneri ferreos annuius mittitur, isquesine gemma.
(Pline, Hist. nat.)
(B) 610. Quod antem in nuptiis annules a sponso spon/ee datnr, id fit, vel
propter mntuæ dilrctionis signum, vnl propter jd magis, nt hoc pignore corda eorum jnnguntnr, nndc et qnartn djgito annules msen— tur, ideo quod vena quasdam, nt fertur, sanguinis ad cor risque pervaniat. (Irtiduri biapal. du ««des, offi)
(C) 1316. Pour j anel et pour j fermait d’or — que la royne li donna quand il
prist famé. (Comptes royaux.)
(D) 1416. Un annel où il y a une pierre dont Joseph espousa Nostre-Damo, si
comme dist madame de Saint-Just qui donna le dit annel à Ms. (In\ . du Duc de Berry.)
(E) 1599. Un diamant en table que madame de Sourdis a dit estre celny duquel
le roy a espouzé laroyne, prisé neuf cens escnz. (Inv. de Gab.d’Estrées.)
ANNEAUX D’OREILLE. Boucles d'oreilles.
(A) 1180. Li vieus Galindres flst li rois demander
Espérons d’or li flst ès piez fermer
Etles aniaus ès oreilles clouer. ( Roman d’Agoullant.)
(B) 1452. Dons de monseigneur le dauphin — pour ij aneaux d’or, lesquels fu-
rent pènduz et a tachiez ans oreilles ae Mitton , le fol monseigneur, le dauphin, — ii liv. (Comptes royaux.)
(C) 1549. A Charles Roullet, orfèvre, pour deux pendans de pierre viollette
pourmectre à l’oreille, yj liv. xv s. (Comptes royaux.)
(D) — Pour sii feuz esmaillez de rouge, à pendre à l’oreille, xiij liv. ANNEAUX POUR RIDEAUX. Anneaux qui avaient le même
emploi que de nos jours, et servaient aussi à suspendre les tapisseries.
(A) 1316. Pour la façon de la grant courtine, pour corde, pour ruban et pour
aniaus. il. s. (Comptes royaux.)
(B) 1485. Et estoient les dictes courtines à annelets pour courre touttes deux
joindans ensemble, quand on vouloit. (Alienor de Poictiers.)
ANTICAILLE. Ce mot italien était en usage à Fontainebleau, dans son acception sérieuse , au commencement du xvi« siècle. Le mot antiques reprit le dessus, et anticaille resta dans notre langue pour désigner le fretin et les objets d’origine douteuse.
(A) 1540-1550. A Jacques Veijqiolles, paintre et Francisque Rybon, fondeur,
pour avoir vacqué à taire des mosles de piastre et terre pour servir à jetter en fonte les anticailles que l’on a amené de Rome pour le roy, a raison de 20 livres pour chacun d’eux par mois. (La Ren. des arts a la Cour de France. 1, 424.)
(B) 1734. D est vrai qu’il a du goût (M. Falkcner) pour l’antiquaille , mais ce
n’est ni pour alun, borax, terre sigillée ou plante marine. Son goût se renferme dans les médailles grecques. (Voltaire, Let. à M. de Moncrif.)
ANTONXOIRE. Entonnoir. On employait aussi ce mot pour désigner l’éteignoir qui en a la forme.
(A) 1417. Un petit antonnoer d’or garny de menues perles — iiij liv. t. (Invent.
du duc de Berry.) *
(B) 1467.) Six antonnoires d’argent blanc, servans ausdits plats et escnelles,
armoyé des armes de Monseigneur, pesant iij marcs, iiij onces. (Duc de B.. 2704.)
(C) 1599. Ung bougeoir en forme de ferrière avec une petite chesne et un an-
tonnoir. (Invent, de Gabrielle d’Estrées.)
ANTRACITES. Variété du rubis, dérivé de anthrax, charbon, qui répond au carbunculus , et par conséquent à l’escarboucle.
(A) 1500. Anthracites est contée entre les escarboncles, pour ce qu’elle ha
couleur ignite : mais elle est toute environnée d une veine blanche. (J. Le Maire.)
(B) 1600. Les rubis anthracites jette* au feu deviennent comme morts. (Etienne
Binet, Menr. de la Nature.)
ANVERS (Façon d'). Je ne saurais, en l’absence d’un dessin, pré-
ciser le style de l'orfèvrerie flamande de la fin du xvi® siècle , mais cette expression s’y rapporte.
(A) 1559. Un grand bassin d’argent doré, gravé et cizellé, façon d’Anvers, pria viij « iij esc u s (Invent, de Gabrielle d’Estrées.)
ARAINE. Trompette faite d'airain, et dont le nom dérive de Arainum, comme buisine de buis, cornet de corne, Olyphan de la dent de l’éléphant, etc.
(A) 1250*. Les perrières firent lancier — de toutes pars hnier trompes et arai-
nes sonner, en la manière que l’on flst jadis qnaut Jenco fu prise. (Chron. de S. Denis.)
(B) 1270. Moult sonnèrent bien les araines. (Phil. de Monstres.)
(C) — Fist sonner bien cent, tant araines que buisines. (Hist. de Doguesc.) ARBALESTE. Comme instrument de précision, j’en parle au
mot astrolabe ; comme arme, je l’exclus ae ce répertoire. On remarquera cependant que l’art avait sa part dans leur fabrication. (A) 1407. Item en une autre chambre haulte (de la maison de Jacques Duchié Pain, à Paris) estoient grant nombre d’arbalestes , dont les aucuns estoient pains à belles figures. ( Guillebert de Metz.)
ARCHAL. Cuivre ? mot dérivé de aurichalcum; il s’est conservé dans l’usage pour d&igner le fil de laiton. Un corps de métier avait accaparé la spécialité de battre le cuivre en feuilles minces, pour en faire l’oripeau, un autre le travaillait en toutes sortes de boucles et d’agrafes , un troisième enfin l’étirait en fil d’archal.
(A) 1250. * Mes par Dieu je ne gageroie
Un denier d’argent ou d’archal. (Fabliaux.)
(B) 1260. Tit. xx. Des batteurs d’archal. Quiconques veut estre batères d’ar-
chal à Paris, estre le puet , mes qu’il sache faire le mestier. ( Us des métiers recueillis par Et. Boileau.])
(C) — Tit. xxij. Des boucliers d’archal , de quoivre et de laiton nuef on vies
de Paris. — Quiconques est bouclier d’archal à Paris, il puet ouvrer de coivre et d’archal viez et nuef et en fera boucles et toutes manières de ferreures à corroies.
(D) — Tit. xxiv. Des trefiliers d’archal de Paris.
(E) 1320. * J’ai hèles espingucs d'argent
Si en aid'archal ensement. (Dict. du Mercier.)
(F) 1453. Pour treize piés d’archal mis devant ladite voirrie pour la préserver
de ronture (rupture.) xix s. vj d. (D. de B. 1516.)
(G) 1579. Pour trois douzaines de fil d'archal de Flandres pour servir à enfiler
perles. — Pour dix aulnes de fil d’archal blanc; pour servir à mectre aux collets de ladicte dame ( Princesse de Lorraine.) — Pour deux bottes de fil d’archal jaulne pour mectre aux coeffures de la dicte dame. (G. des ducs de Lorraine.)
ARCIIALER, ARCBALEUR. Garnir de fil d’archal, exercer ce métier.
(A) 1399. A Simmonet de la Fosse, arcbaleur,— pour avoir archalé nne fourme de voirrière — afin d’obvier ans pierres et autres choses que on pourrait geter contre, ivi liv. t. (1). de B. n« 5994.)
ARCHITECTE. Les Romains prirent ce terme aux Grecs, et il exprimait chez ces deux nations le maître conducteur des travaux. Au moyen âge, on le laissa de côté avec tant d’autres expressions qui ne répondaient pas à l’organisation d’une société nouvelle. Ce mot fut remis en usage au commencement du xvt* siècle. On avait été jusques-là simplement manouviier de machonncrie, apprenti.
ouvrier ou enfin maistre, et lorsqu'on parvenait à être placé à la té» des constructions royales, ou de la construction d'un édifice, on s’intitulait maistre des œuvres royaux, et maistre de l'œuvre de céans. Je crois découvrir le moment précis, où il fallut un terme nouveau, pour distinguer, des maistres maçons tels que Pierre de Montreuil, Beinond du Temple ou Alexandre de Berneval , habiles gens qui avaient étudié , en y mettant la main ? la pratique de leur métier, nue nouvelle classe u’artistes qui, sans études préalables, se vouaient à l’architectuie, pour ainsi dire, par iuspiratron , et la pratiquaient théoriquement, avec les ressources de la peinture et de la sculpture dont ils avaient fait l'étude. Ce point de jonction se trouve en France, je crois, eu 154 1, lors de la nomination de Sébastien Serlio. Les travaux de Fontainebleau étaient en train depuis 1328 , sous la conduite de l'architecte français Gilles le Breton , constructeur modeste qui s’intitule, dans les actes, maistr e maçon tailleur de pierre. 9er- Bo arrive, et on lui donne, ou plutôt il' se donne en italien, et an traduit, le titre d’architecteur. Si on veut bien remarquer que ce terme ne se rencontre pas dans nos anciens textes, et qu’en 1539 Robert Ftienne traduit encore le mot latin architectus par maistre maçon, on tombera d’accord sur l'acte de naissance du mot architecte, tel fpic je le dresse ici. Aujourd’hui nous avons des architectes, des entrepreneurs de maçonnerie et des maçons, mais il est vrai que les architectes accusent les entrepreneurs' de se mettre à leur plane, et les entrepreneurs voient avec inquiétude les travaux exécutés, sans leur concoui s, par de simples maçons. Encore un peu de temps, et on reviendra aux idées simples du" moyen Age qui , après avoir garanti la capacité piatiqne par les règlements de la maîtrise, se fiait plus au talent de l’homme qu'à un titre pour faire sa position.
(A) 1206. Flos pleine, momm vivens doctor latomornm Mustcrolo natus jacet
lue Tenus tumnlatus. — (Epit.de l'architecte de ta Sainto— Chapelle, i
(B) 1420*. Commanda venir incontinent maistres architecte ms pour deviser sa
sépulture. (D. Flores de Grèce.)
(C) 1440. Ci gisl maistre Aiixandre de Berneval , maistre des œuvres de ma-
ehounerie du roy noire Sire, an bailliage de Rouen, et (il- ciste église, quitrespassa l'an de grâce mil cccet le vo jour de janvier. Triez bien pour Taine de luy. (Epitaphe qu'on lit dans l'église St-Ouen de Rouen.) (B) 1440. Et a ce rapport fu présent Colin du Berneval receu par MHS. l’abbé et les religion! (de Saint-Ouen ) a estre l’ouvrier de maohonnerie de leur église pour le temps advenir , en la semblabe magnière comme son feu père Aliiandre ae Berneval a esté en son temps. (Rapport fait sur l'église Saint-Onon, public par M. J. Quicherat.)
(E) 152*. Gilles le Breton, maçon, tailleur de pierre, domenrznt à Taris, pro-
met de faire et partaire bien et denement , au dis d’ourriers et gens en ce connoissans, pour le roy, NS. , en son cbateau de Fontainebleau, tous et i bascnn le.s ouvrages de maçonnerie et taille , à plaiu contenus et déclarées on devis. (Comptes des Bâtiments. Ile naissance des arts à la conr de. France.)
(F) 1534. Toisé fait desdits ouvrages, de Tordonnznce dudit sieur de Yilleroy ,
par Guillaume de la Ruelle , maistre des œuvres de maçonnerie dudit sieur (Le Roi) et Louis Toireau maçon jhré d’icelny sieur.
(6) 4530. Maistre masson ou charpentier, architeclu ». (Dictionnaire frauçoislatin de Robert Estienne.)
(H) 4544. François , par la grare de Dieu , roy de France — vous payez — i noatre cher et bien aîné Bastiaimet Serlio , naintre et architecteur dit pays de Boutloogne la graee.la somme de 400 livres — à cause de *m dit estât de nostre peintre et arebitecteur erdinaira, as Lait de nos
dits édiffices et l) asti mens audit Fontainebleau. (Voyez Fourrage intitulé * la Renaissance des arts à la cour de France.)
(1) 1546. Henry par la grâce de Dieu, voy de France, à nostre aîné et féal conseiller et ausinonier ordinaire , malstre Phifbcrt de Lorrne , notai architecte ordinaire, salut. (Idem.)
( J) 1530. Sumrao piacere mi piglio alcnna voîta nel vedere i principi degli artefici nostri, per veaer satire moUi taloradi basso in alto, e spccialmente nelT arehitcttura; la scieuza délia quale non e stata esercâtata da parecchi a uni addietro, sc non da intagliatori o da persono soilstiche che facevano professione senza saperne pure i teruini e i primi principi d’intendere la prospettiva. (Vasari.)
ARCONSIÈRES. Les arçons, les parties relevées en avant et en amère de la selle, dont* les Orientaux ont conservé la l'orme et le vaste développement; ce mot est déiivé de arco suivant Saumaise : Ai ciones vocamus ab areu , quod in modum arcus sint in- Gurvi. Plusieurs arçons de deriièie, des xiie, xm*5 et xiv* siècles^ sont parvenus jusqu’à nous, les uns en métal repoussé, émaillé ou ciselé , les autres en bois sculpté. Voyez iSelle.
(A) HiO*. D’ivoire furent li arebon
Bordé de pierres euviron. (D’Atis et de Prophclias.)
(B) 1160*. Des seles furent tuit doré li arçon
A dors, à beete pointure environ. (Gérard de Vienne.)
(G) 1180*. Sele ot de moult riche façon,
D’ivuire furent li arçon
Los auves tout d'autre manière. (Flore et Blanche Flor.)
(D) 1301. Cum dilectus Adam de Valleinoudensi, fiuctuarius nos ter, teneret à
nobis in feodnui res subscriptas solveudo erinde quolibet anno notais duos arcones ad seHam vacuos, «nom videlicet armis no&tris Frauciæ communibus et alium armis Clodovei régis prædecessoris nostri depictos. (Aprtd Dn Gange.)
(E) 1316. Pour demy pièce de toille inde — pour fourrer les arconnièrcs
grans cbevatn le Roy, vhj s. (Comptes royaux.)
(F) 135Î. Pour le barnois de ii chevans c’est assavoir selles, colliers, avallouè-
res, — et les arçons de devant et derrière pains de la devise (de Blanche de Bourbon). (Comptes royaux. )
(G) 4455. A Jehan Lessayeitr, or évre Je MBS., pour avoir baillé et livré 4e
enivre de la garniture de l’arcnn de la selle ueufve de madame la duchesse et iceliii taillé et esmaillé à la devise de ma dicte dame. (I). dt B., 6719.)
ARDILLON. La pointe de fer qui traverse la courroie, et la retient en passant dans la bonde. Le mot C6t fort ancien. Voyez à L’article Mordant la confusion qni s est produite. Ce que Gautier de Bi~ belsworth nomme sutàloun est tiaduit. en marge de son Guide du langage français, par ulsene qui vient de notre mot alesnc et marque le trou fait avec une alêne.
(A) 1080. Lingula, de lingua, dicitur gallice hardilon. (Dict. Joh. GaU&ndia.)
(B) 1395. Qeiusy doy t le hardilcmn
Passer par tru de subiloun. (Gantier de Bilelwortlu)
(C) 4410*. Ni boucle ni hardillou. (Doin Florès de Grèce.)
(D) 1536. Une bague d*or ’( joyau ) où qu’il y a une dame, acconstrée & l 'égyp-
tienne, mise fmr une fenlie d’or, an dessoub* de laquelle est ung bmlais, mis en cbatton, aiantà l’entour ciucq perles, mises en moliuetet au dos est *nng ardillou avec une boucquelette à atacber ia dicte boghe. (Inv. de Charles-Ouint.)
ARDOISES. Elles furent de tous temps employées pour les toi-
tures , mais on remarquera dans les citations suivantes des ardoises encadrées dans aes ais d'argent, sans doute pour servir comme les tablettes de cire, à écrire ues annotations, articles de dépenses, etc.
(A) 1379. Deux ardoises enchâssées en deux ays d'argent. (Inv. de Charles Y.}
(B) — Une ardoise en nn,estuy de cuivre.
(C) 1494. Coraparavit insuper lapides ardesios ad cooperiendum ecclesis et
dormitorii tecta. (Lettres de rémission.)
ARGENT. Ce métal était désigné suivant son titre, on disait : argent leroy, argent fin, argent d’Avignon, argent de Limoges- Quant à l'argent de Chypre, j’en parle à l’article or de Chypre > c’est un fil de lin entouré d’un fil plat d’argent.
(A) 1296. Le marq d’argent de Limoges, viij d. (Tarif pour Paris.)
ARGENT blanc , pour le distinguer de l’argent doré que nous appelons vermeil. Dans les chapitres des inventaires intitulés conppes d’argent blanc, potz d'argent blatte, etc., on rangeait les pièces d’argenterie verrées, parce que c’était de l’argent blanc doré en partie seulement.
argent EN CENDRÉE , avant d’ètre fondu en lingot.
(A) 1370. Argent en cendrée. (Lettres de rémission.)
(B) 1399. A Ms. le comte de la Marche, pour don à lui fait par leroy NS., — de
la somme de viijix marcs d’argent en cendrée, — à prendre' de l’argent en cendrée que le dit argentier avoit devers lui, venu des inynes d’entour Lyon. (Comptes royaux.)
argent verre, enverré. Argent travaillé, orné ou doré par parties , par bandes, comme on dit d’une étoffe, qu’elle est brochée de couleur ou d'or. Pour bien se rendre compte de la signification de cette association de mots, il faut remarquer : 1° qu’aucun objet en or n’est dit verré; 2° que l’on décrit, l’une à côté de l'autre, des pièces d’orfèvrerie verrées et d’autres qui sont dorées; J“ dans d’antres cas des pièces d’argenterie verrées et d’autres qui sont émaillées. 11 résulte , de ces rapprochements, que la manière d’enverrer l’argent était de l'orner par parties, soit de travaux de ciselure, soit de travaux de dorure, soit d’incrustations d'émaux, etc. Des pigeons verrés de blanc, suivant cette interprétation, sont blancs par partie, et en effet l’auteur du xtv* siècle ajoute : ainsi que la pie est. Dans les inventaires écrits en latin, cette expression est traduite par doré par parties, en opposition de tout doré lotus deauratus. Je laisse parler mes citations, elles valent mieux qu’un commentaire.
(A) 1293. Calix argentans, per partes deauratus , ponderis xijj s. (lovent, de
Saidt-Paul de Londres.)
(B) — Calix argenteus partim deauratus.
(G) 135t. Pour faire et forgier la garnison d’une ceinture d’argent — faicte à testes de lions entour un trousseau , enverrées d’esmaxl et les autres clos son* de boulions rons dorez. (Comptes royaux. )
(D) — Pour faire et forgier la garnison d'un henap de madré dont la pâte est
garnie d’or , à une bordeure de fleurs de lis enlevées et sont enverrées d’esmail et au fous du hennap a un csmail de France.
(E) — Item ponrvj onces d’or parti pour envoirrer les pièces d'orfavrerie du
dit faudestenil — et furent toutes ces pièces, perciées à jour et envoirrées d’or bruni.
(P) 1351. Une cofflier d’or, dont le manche est esquartellé de fleurs de lis d’armoierie et de fleurs de Iis après le vif et sont enverrez d’azur et de rouge cler et au bout den hault un chastel. (Comptes royaux.)
(G) 1353. Pour vj onces dVr parti pour envoirer les pièces d’orfavrerie du dit
faudestueuil. (Idem.)
(H) 1300. Inventaire du duc d'Anjou. 475, 476.
(I) 1379. Une clochette d’argent verrée pesant, à tout le batant de fer, iiij onces
et demie. (Inventaire de Charles V.)
(J) — Un encensier d’argent doré, dont les chesnes sont blanches, ciselé aux
armes de monseigneur le daJphin, pesant v marcs, vij onces.
(K) — Un autre encensier d’argent verre , pesant iij marcs.
(L) 1393. Pigons verés blans et tavelles de noir, comme la pie est. ( Ménagier
de Taris.)
(M) 1414. Deux cagettes d’argent, veirrées, pour mettre oyselets de Chypre.
(Inventaire du duc ue Bretagne.)
(N) 1432. Pour la façon de xii tasses d’argent qu’il avoit refaictes, verrées et
dorées aux bors. (D. de B. 1134.)
(O) — Une o.onppe blanche verrée, à la devise de rabots, à ung fritelct doré.
(D. de B. 2391.)
(P) 1467. Une petite esgnière d’argent goderonnée et poinçonnée à roses vérées.
(D. de B. 2641»)
(0) 1546. Ung calice d’argent doré tout plain et deui burettes d’argent blanc dorées par les bors. (Inventaire des calices du couvent des Célestins d’Esclimoni. Ann. Archéol. de Didron, tome VII.)
(R) 1586. Un grand escriptoire d’argent ouvragé, doré par parcelles. (Invent.
de Marie Stuart. )
(S) 1600. Ouvrage et besongne vermeille dorée, c’est à dire dorée partout,
mais dorée verée , c’est quand elle est dorée au bord , ou bien par cy parla, tantost laissant le fonds tout net et dorant le parensus et la bosse; tantost ne touchant le relief et le rehaussement , mais dorant seulement le fonds, les ouvertures et le plat pays. (Etienne Binet, les Merveilles de la nature.)
ARGENTIER. Charge de cour, établie en France , avec titre d'office , depuis la seconde moitié du xm® siècle. Cet officier était chargé du contrôle de toutes les dépenses du roy et de sa maison pour meubles , habillements et menus plaisirs. Ces fonctions , toutes de confiance et d’intimité, créèrent, selon les règnes, des favoris, des hommes politiques puissants , et en Jacques Cœur, un véritable surintendant des finances. Le mot signifia aussi quelquefois un orfèvre, un changeur, etc., et en général tout homme chargé de manier de l’argent. C’est dans ce sens que le garde des sceaux du Vair et le cardinal de Retz parlent de leurs argentiers.
ARitllLLE. Bracelet, de Armilla, et aussi anneau. Les grandes chroniques de Saint-Denis traduisent, par espaulières, le mot armilla qui se trouve dans l’histoire d’Aimoin.
(A) 1250*. An départir (le dnc Richart) dona à l’un une armille de fin or,
quatre livres pesant; à l’autre donna une moult riche espée. (Chron. de St-Denis.)
(B) 1250*. Le Roy Clovis vint à grant force de gens après ce mandement mais
il eut avant envoié aux traiteurs espaulières de cuivres dorées et cspée.> et autres choses ouvrées en telle manière, pour dons. (Chron. de St-Denis.)
(C) 1360. Leurosteray de leurs oreilles
Les bianx anneaux et les armeilles. (Eust. Deschamps.)
ARMOIRIE. Armes, dérivé de arma. L’article de Du Cangc est abondant, il est inutile, an moins ici, d’y rien ajouter. ARQl'EM'ïB. Alchimie.
(A) 1447. El lors lui dlst ledit m sistre Jehan — qu’il «voit acointance à une des habilles hommes du monde, nommé Baratter, qui es toit le meilleait Arquemieu que on peust trouver, et aveeques faisuit escuz d’A rq marne les pins becedk que ®n pomroit «ire. ! Lettres de rémission.) fB) 1556. Pour charbon fonrny à Mr Halhert Fonilon pour faire des médaiilas et pierreries d’arqnemye , pour le service de Md. , Comptes royaux.)
ARIt EST. Lien destiné A arrêter, soit la lance, soit les cita tisses, soit un tableau. Ce mot, dérivé d'anestum, a signifié, par extension, la décision qni clôt un procès, qui met un arrest à une plaidoirie.
(A) 1356. Tons les procès vieil et nouveaux dont 1ns parties sont et seront «M
arrest. (Lit. Ordon. reg.)
(B) 1363. Anlhonio , gaita , pro uno arresto posito in hasta glanai ponusnis.
( Compt. ap. Du Cange.)
(C) I39Î. A Ileruien Kuissel , orfèvre et bourgeois de Paris, — pour l’or d’un
arrest semé de petites lettres, csmaiHé de plusieurs couleurs. (Il . de,B. n» 5530.)
(B) 1393. Pour huit arrête pour les houtonneures des jacanes du roy. ( Ducs de
Bourgogne, n° 5583. ) *
(E) 1394. Une tasse d’argent , dorée , signée ou fous d’un arrest. (Ducs de
Bourgogne, n»5630.)
(F) 1396. Déni tableaux rie boys à pignon et à arest. (D. de Bonrg. n' 574Î.)
ART MODERNE Les dernières années du xvic siècle marquent
en Fiance l’extrèine limite de la renaissance et les débuts de l’art moderne. Elles coïncident avec la mort de Heuti III , de Ducerceau, de Germain Pilon, et de François Clouct. Un autre esprit, né des circonstances politiques autant que du caractère personnel de Henri I V , inspirera désormais l’art, la littérature et la mode. Ce n’est plus la même élégance attique, la même légèreté païenne, c’est un autre esprit, c’est l’ait moderne. Mais cette limite u’a rien de précis, car, de l’année 1589 , qui ouvre le règne de Henri IV, à l'année 1643 qui clôt le règne de Louis XIII, il s’écoule uue cinquantaine d’années; bizarre demi-siècle, époque neutre, où l’on rejette commodément tout ce qui u’est plus ae la renaissance, tout ce qui n’est pas encore franchement moderne. Il serait peut-être hou , dans la pratique , de fixer la clôture de la renaissance à l’année 1589, et de placer les débats de l’art moderne en 1643, abandonnant à une sorte de chaos et de débrouillement la lacune qui existe entre ces deux dates. Cet art moderne est d’ailleurs étranger à ces recherche».
ARTIFICE. Œuvre d’art. Souvent, avec une allusion mystérieuse. Ce mot , dérivé i'artiflcium , s'appliquait aussi aux instruments et engins de l'industrie, ainsi qu’à la partie secrète d'un métier et d’uue œuvre
(A) — 1rs maîtres de tons les métiers et artifices qui sont à Laon. — (Ordonn. des rois de France.)
(R) 1394. Et aussi certaine quantité de. — morcranh do enivre , à fourme de gettoni , non signez et autres ferremens et artifices à faire monnoye. ( Lettres de rémission.)
(C) I56Î. Dessus (le Pont-Neuf de Paris) sont édifiées , par symétrie et pro-
portion d’architecture, lxviij maisons, toutes d’une mesure et mosint artifice de pierre de. taille et brique. ( Corrozet. Antiq. de Paris.)
ET RéPERTorRE. 139
(1>) 1584. On a trouvé, »m rainas fle Rame, une statua d’arttflcc tant accomply ipi'il est estimé drrin. { Souchet. ëérées. )
(E) 1610. Lintlaer flamand voulait, eu 1604, construire un monlin , servant à son artifloe, en la seconde arche du Pont Neuf, du costé du Louvre. (Mém. de Sully. )
ARTISTE Ce serait ici l'occasion de parler de la séparation qui , A paitir du nv* siècle, commença à s'établir entre l’art et le métier, entre l’artiste et l’ouvrier, mais il y a un livre A écrire sot œtte mstioction fatale, qu'avec le temps et l'assistance de Dieu notts parviendrons à effacer. En 1260, lorsque tous les métiers, écoutant rappel bienveillant d’Etienne Boileau et leur iutéiètbien enttndu, allèrent au Chitelut faire enregistrer les ns et coutumes, qu’ils avaient eox-memes librement établis, il ne fut pas question d’art; les orfèvres, les sculpteurs, les peintres, leshucliiers,etc.. sc divisèrent la besogne die l’imagerie et toutes les auties spécialités de travaux par lesquels l’homme parvient à rendre sa pensée et à exprimer son sentiment , à montrer son goût pour le beau et l’élé-
riee, quels que soient d’ailleurs les matières on Vohjet qu’il a sous main. Mais, dès 1303, on revient sur cette heureuse fusion , ou s’attaque à ce qu’on appelle une confusion, et, comme il était impossible de fixer des limites dans les créations de l’art, on choisit
fut un être inconnu ou méconnu, ce mot même n'était pas dans la langue. Des hommes de talent acquirent bien une grande réputation par leur génie on par leur habileté, mais ils ne prirent jamais nn titie qui les distinguAt de leurs compagnons moins Lien doués. Un huchier, [tour être un grand sculpteur, rest i uu huctiicr , nn imagier ne changea pas de titre parer qu’il fit des chefs-d’anivre, et ainsi des autres métiers. C’est à l’absolntisme de Louis XIV qu’on doit cette distinction , et il faut étudier la Lingue résistance, que les maîtrises opposèrent à la création de l’Académie d’architecture et de peinture, pour bien comprendre ce qu’il y avait de force vraie dans cette vieille organisation. Je ne puis p rlcr ici que superficiellement de la formation du mot artiste. Les Romains nous avaient transmis leur expression pour désigner les nobles occupations comprises sous le nom d'arts libéraux. De IA, on fit, au moyen Agi' . le magistar artista ou simplement artista, pour désigner le maistre ès ars, l'appliquant A la philosophie et aux lettres plutôt qu’aux aits manuels Quand il était question de ceu- -ci , le mot artes désignait les corps des métiers, sans considération d’individus, et les maîtres dans ces métiers purent bien porter aussi le titre d'artifex ou de maistre ès ars, qui n’indiquait qu’une supériorité de talent sur leurs valets et tours apprentis, sans placer leur besogne dans une classe différente ou dans une sphère supérieure. Ainsi, dans toute la littérature du moyen Age, et dans sa langue , les mots ouvrier et ar tisan furent la traduction exacte du latin artista (conservé dans la langue romane) , et si , par exception , un poète écrit artiste , c’est une variante d’artisan sans plus de portée et sans antre signification. Robert Etienne, recueillant en 1539 tons les termes propres aux arts, fait vingt articles , et u’insère ni le mot artiste ni le mot artisan, mais, A l’article ouvrier, il réunit toutes les
uo
locutions latines. Cotgrave, en 1611, traduit artiste par master of art, mais il reporte toutes les locutions populaires à ouvrier. Jean Nicot, en 1606, après avoir donné 22 définitions du mot art, réunit artiste et artisan dans une même signification qu’il traduit par artifex. Monet, en 1636, introduit timidement un artiste ouvrier, et l’Académie elle-même, dans la première édition de son célèbre dictionnaire , acceptant la distinction entre l’artisan et l’artiste établie par la création même de sa sœur l’Académie de l’architecture, peinture et sculpture , ne semble pas accorder encore à ce dernier mot une grande popularité.
Aujourd'hui, apres deux siècles d’exercice incontesté de leur puissance et de leur titre , les artistes tendent à suivre de nouveau les errements du moyen âge, en prenant rang dans les expositions de l'industrie, après avoir contiibué à l’admirable perfectioimement de ses œuvres. Encore un peu de temps, et le mot d’artiste sera un non-sens, comme il a été sans signification dans tout le moyen âge. On sera un ouvrier peintre , sculpteur, menuisier, orfèvre , un ouvrier de talent ou sans talent, on ne sera pas un artiste, imitant en cela Dieu lui-même, le grand ouvrier du monde.
(A) H 50 *. Plus sap d’aqnel art c*ns artiflers. (Roman de Gérard de Rossillon.)
(B) 1235. Dominus stoldns — de civitate Florentiæ, factus fuit Potestas per
artes civitatis Reginorum , sive per societates mesterionun (Mem. Potestatum Regiens. ap. Muratori.)
(G) 1298. Il mandoit à l’Apostoile que il li denst mander jusque à cent sajes homes de la cristiene loy et que encore seusent les sept ars. (Marco Polo.)
(D) — Il est voir que les homes de Toris vivent de mercandies et d’ars,
car il i se laborent maintes dras à or et de soie et de grant vaillance.
(E) 1300 *. En totas las vij artz sui assati connolssens. (P. de Corbiac.)
(F) 1396. Sachent luit que je, Thevenin Angevin, confesse avoir receu, de
MS. le duc d’Orléans, la somme de quarante frans pour paieries escripvains, enlumineurs et autres ouvriers quj font le livre nommé le Mirouer hystorial. (D. de B. 5725.)
(G) 1398. A Colart de Laon, paintre, — pour cause d’avoir fait, plusieurs
choses touchant son mestier. (D. de B. 5825.)
(H) 1407. L’ostel de maistre Jaques Dnchié en la rue des Prouvelles, la porte
duquel est entaillié de art merveilleux — là estoit une fenestre faite de merveillable artifice. ( Voyage de Guillebert de Metz.)
(I ) 1417. Unes belles heures, très bien et richement historiées — couvertes de veluyau vermeil, à deux fermoers d’or, esquelz sont les armes de MS. de hautte taille et par dessus les dites heures a une chemise de veluyan vermeil doublé de satin rouge, lesquelles heures monseigneur (le anc de Berry) a fait faire par ses ouvriers et ont esté prisées, avecqnes une pippc garnie d’un fin balay ou milieu pesant vint caraz et quatre per les fines rondes entour pesant ahacune quatre caraz, — viijc lxxv liv. (Inventaire du duc de Beryy.)
(J) 1461. A maistre Claix et Guillaume Fors, tailleurs d’ymaiges, pour leurs
salaires d’avoir fait et taillé deux tabernacles — par taxation faite par ouvriers à ce cognoissants (D. de B. 1869.)
(K) 1493. Tontes gens, usans de maulvaiz arts, doibvent estre prins et consti-
tués prisonniers par les juges ordinaires. (Cri du Prévost de Paris, cité par Mouteil.)
(L) 1495. Pour la nourriture de xxij hommes de mestier — lesquelles personnes
icellui seigneur (le roi) a fait venir du dit Napples pour ouvrer de leur mestier à son devis et plaisir. (Quittance. Voyez la renaissance des Arts à ,1a Cour de France, tome II.)
(M) (1500. Une tarée d’acier poly, bordée de fin laiton, garnie de clairs rnbi* ét
de chrysolites , richement esmaillée de main ouvrière à histoires antiques. (Jean le Maire des Belges.)
(N) 1539. Ouvrier, fabricator, opifex, operarius, artifex. — (K. Esiienne.)
(O) 1540. Le roy on gyst mon support,
A qui les Yndoys sont submis,
Ma cy envoyé et transmis
Pour trouver nng très bon artiste
Qui soit bien entendu et miste
Pour faire ung palais royal. (Actes des apôtres.)
(P) 1606. Artisan ou artiste, artifex, opifex. (Nieot.)
(Q) 1694. Artisan, ouvrier dans un art méchanique, homme de mestier.
(R) — Artiste, celui qui travaille dans un art. 11 est dit particulièrement de
ceux qui font les opérations magiques. (Dict. de l’Académie.)
ASSIETTE. Imposition, lieu où l’on s’asseoit, les pans, côtés et places planes où l’on peut asseoir quelque chose. Les plats n’ont été, que très tard , appelés des assiettes, et seulement par extension du mot Assiette dans l'acception du service de la tahle , de ce qu’on asseoit tout ensemble sur la table, puis de ce qu'on asseoit dans le plat.
(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, no 267.
(B) 1377. Combien que le Roy eut ordonné (pour le dîner de l’empereur) iv
assiettes de xl paires ae mets, toutesfois par la grivance de l’empereur, le roy en flst oster nne assiette et n’en servit on que troys qui font xxxiv mets sans le deux entremets. (Chronique de Saint-Denis.)
(C) 1379. Une couronne en laquelle a xiiij assiettes, dont il y a , en iiij assiet-
tes, iiij grans rubis balais et , en iii autres assiettes , iij grosses esmeraudes. — (Inventaire de Charles V.)
(D) — Un grand cercle, ouquel a viij assiettes et , en iiij d’icelles, a en chas-
cune ix grosses perles, iiij esmeraudes et viij diamans.
(E) — Une ceinture en laquelle a lx assiettes et, en xxi d’icelles, a en cha-
cune deux saphirs.
(F) 1416. Pour une assiete d’or, faicte en manière d’un colier pour mettre et.
servir en plusieurs manières d’abillemens. (D. de B. 463.)
(G) 1460. lesquels compaignons alèrent boire en une taverne — et comme ils
furent assis en nne assiete en bas — et icellui Piorrequin en une assiete en haut. (Lettres de rémission.)
(H) 1586. Une assiette quarrée d’argent, doré. (Invent, dé Marie Stuart.)
(I) 1599. Trente cinq assietes, d’argent tout blanc — poisant ensemble trente
deux marcs — ije iiij escus, xv s. (Inv. de Gabrielle d’fistrées.)
(J) — Six assietes d’argent vermeil, doré plain, poisant ensemble six marcs,
cinq onces, six gros — Iiij escus.
(R) 1633. Trois assiettes à cadenat vermeil doré, poinçon do Paris. (Comptes des ducs de Lorraine.)
ASTRALABE. Astrolabe, instrument astronomique qui servait à mesurer la hauteur des astres; il est remplacé par les cercles et les sextans. Il servait aussi dans les opérations d’astroloçie, et ainsi s’explique l’emploi des matières précieuses dans sa fabrication. Voyez au mot A ysy citation (N), et au mot Espère.
(A) 1379. Un astrolabe, qui est do enivre, rond. (Inventaire de Charles V.)
(B) 1380. Un astralabe de cuyvre prinse par le Roy NS. et donnée à MS. le din-
de Bourgoingne. (Comptes royaux..) ♦
(C) 1399. Un astralabe d’or pesant trois marcs, trois onces, quinze esterlins. (In-
ventaire de Charles VI.)
(D) 1600. L'observation, c’est quand à midy on prend la hauteur du soleil. On le fait avec l’Astrolabe; on la prend aussi avec lp bâston de Jacob on trbalesto qui sert pour les estoilles. ( Et. Binet. Merv. de la nature.)
ASTRONOMIE, o xl plutôt astrologie, les instrumeos qui y ont rapport et ou’on rencontre dans les inventaires royaux servant bien plus à aes opérations superstitieuses qu’à de véritables observations astronomiques. Les mots astronomie^ et astrologien s’emploient indifféremment pour désigner les memes fonctions.
(A) 1363. Un tablel mesqnarré d’argent pour astronomie, a dedans plusieurs
pièces. ( Invent, dn Duc de Normandie, dauphin. )
(B) 1462. A maistre Nicolas de Poulaine, Astrologien, pour luy aider à soai
deffroy d’aller quérir ses livres A Paris pour venir demeurer à Nantes.
( Comptes dn duc de Bretagne. Chambre des Comptes de Nantes )
(C) 1475.Je, Nicole de Poulaine, astronomien de MS. le duc de Bonrgoingne.
( D de B. ne 4043. )
atour. C’était simplement la coéffure de la tète, tellement qu’on «Usait Latour de nuit, mais ce devint, par extension, la parure en régirai des hommes comme des femmes, s’appliquant aux vétemeus ae soie comme aux armures d’acier. De là enamwe d* atour , lieu où l’on se pare, et dame d’atours, ce. le qui préside à la toilette.
(A) 1302. I.es armes trenehanz resbondissent.
En plusetirs liens au deslacier,
Sur les riches atours d'acier. ( G. Guiart. )
(Wf 1345. Si que tn as ton créateur
Mis en oubli, pour ton atonr,
Pour U grandeur, ponr ta richesse. ( Guil. de Macbault. )
(G) 1352. Ponr ij escrins , Pub ponr l’atonr ma dicte Dame (la royne) et
l’autre ponr garder ses chaperons. ( Comptes royaux. )
(D) 1455 Lors la prent par le toupet do son atonr et'baulsa la paulme ponr
luy donner une couple de souffleta. ( Ant. de la Salle. )
(B) — Je vo"s donne cette honreette, telle quelle est et douze esenz qui
sont dedans — si vneil et vous commande que vous la preniez. En disant ce, celléementet coyeinent, d’ong atour bien enveloppé la luy inist au seing.
(F) — La Royne flst présenter cent aulnes de la plus belle toille d’atonr. 1459. Madame se mist en cotte simple et print son atonr de nnyt. ( Cent
nouv. nouvelles. )
(H) 1480. Son escn êstoit violet à deux lettres d'or de sa devise et sur son heaume
en manière de baunerolle portoit un atour de dame. (Olivier de la Marche.)
(I) Atour rond, à la façon de Portugal, dont les hourreletz ostoient à ma-
nière de ranses et "passoient par derrière ainsi que pattes de chapperons pour homme.
(J) 1500. Marcha l’un des pieds sur son atonr et toit apparoir les tresses de
ses beaux cheveux dorez. (J. le maire des Belges.)
ATTACHE. Une parure qui s’attache , et aussi une agrafe de manteau.
(A) 1316. Pour iv ataches à inantians, 6 deniers la pièce (Comptes Royaux.)
(B) 1379. Une attache d’or qui fut a la Royne Jehanne de Bourbon, gaimie.de.
vij halays , et vij cspierandes et y a vijj t roches de. perles , oi y a., en chacune troebe, iiij grosses perles et un diamant ou milieu et sont , assises sur an bastonnet arrnoyé de France, pesant quatre onces. (.Inveut. de Charles V ) ,
(G) — Un collier on attache d’or, à vj assiettes et a, en uhascune, niiij grosses
Digïlïzecf E>y Gôügle
Kl' aépERTOIRE-
perles, ij esmeraudes, deux rubis et un saphir on milien et si y a îiij outredenx où il a, en ehascun , ij esmeraudes à j rubis et en toute la dite attache faut iij esmeraudes.
AUGE. On appliquait ce mot aux baignoires et à d'autres meubles. Un cercueil était aussi une auge.
(A) 1080. Scaphas dicuntur gailice auges, ubi puer balneatur, vel pedes lavantur. (Dict. Joh. de Gallaudia.)
(«r t453. Estoit le roy dedans un coffre de cyprès enchâssé en un auge de plomb. (Monstrelct.)
aultier Autel, on écrivait aussi auter, toutes ces variantes dérivant de Altaï e.
(A) 1369. Sur le grant auter de l’église de sainte Beuigoe de bijou. ( Oïd. des
rois de Br.)
(B) 1417. Cn aultier portatif de jaspre. (In vent, du duc de Berry.)
(G) 1457. Pour offrir au grand aultier, un cscu. (Comptes de Bretagne.)
(T)) 1460. Près du grant aultier je me mis
A genoulx, pliant nostre Dame. (Le roi René.)
(G) 1466. Ponr faire un parement au grand aultier de l’église Saint Pierre. (Comptes du due de Bretagne.)
aumaire. Amairc etaumoires, de armarium et almariolum : c’était, dans l’origine, des coffres où Ton enfermait toutes choses et ««fou tenait prêts à charger sur les sommiers; plus tard, ce fut des armoires fixes et. selon ce qu'on y plaçait, la bibliothèque, la chambre d'atour, le nuffet, le garde-manger, etc.
(A) 1180. Cele estoire trouvons «sente
Que von® VHeil raconter et retraire,
Ën un de® livres de l’amnire Monseigneur S. Père à Biauvès,
De là fu cist livres retrait. (Le Roman d’Alexandre.)
(B) 1316. Pour refaire les anmoires la revue ot remetre les en la tour au
Louvre là où ils avaient esté autrefois, xJÿ s. (Comptes royaux.)
(ty 1396. A Simonnet Anfernet, huebier, pour unes au moires ueusfves, de bois d’irlaude, de vÿ piés et de deux de hault et de vj piez de long, à iij estages, de deiu aufoncée» ainsi qu’il appartient, achetées pour mettre dedans les garnisons de pelleterie pour le Boy NS., — viij liv. p. (Comptes royaux.)
1399. Croix d’or estans ès au moires, au haut oataige devers la eheimnée de la tour des joyaux, à la bastide St Anthoiue.
(E),1405. Lee a lunaires dedeos lesquelles estoient les dites tasses estoieat eutreouvertes. (Lettres de rémission.)
(P)-. 1440. Almary or alniery, almariiun. — Almery of meta kepyuge, cibutnm.
(Promptorium, parvulorum , publié par A Way.)
(G| 1599. Une paire d’armoires, à quatre grands guichets, de bois de ciicsiie, servons à mettre bahiz, garnies de leurs serrewres ieman# à clef, prisées six escus. (Invent, da Gahrielle d’Estrées.)
(R) Ail my 1 y tell bokes I putt in al mûries (seriuiis) ali uiy greattnr bokis I putt in my lyberary. (Horman.)
AUMOSNIER. C’était une vertu, c'était aussi une charge, il y avait aumosnier, soubs aumosnier, clerc de l’aumosne et le reste. Voyez Pot et Corbeille à aumvsne.
(A) 1372. S’y yestoit la bairc ot faisoit grans abstinences et estoit grant aur-
mosnier aux poures. (Chev. de la Tour, Enseign. des Femmes.)
(B) 1407. A maistre Pierre Prohele, clerc de l’aumosne du roy, pour l’achapt
de nvj pourceaux , — pour distribuer comme il est à faire chacun an, — pour iceulx avoir fait mener en l’hostcl du soubz-aulinosnier. (Comptes royaux.)
(G) 1453. Moult fu cet empereur large aumosnier aus povres. (Monstrelet.)
AUMOSMÈRF.. Petit sac qu’hommcs et femmes portaient à leur ceinture, et qui, dans l’origine, avait été la bourse des aumosnes; il contenait la bourse d’argent et souvent la remplaçait. Les Orientaux , dont le costume, au moyen âge , avait beaucoup d’analogies avec le nôtre, portaient aussi ces petits sacs, et nos croisés rapportèrent de leur voyage des aumônicres sarrazinoises, dont l’imitation créa daus Parts un corps de métier d’autant plus nombreux que la mode de ces aumônieres , brodées en soie ou en fil d’or , était plus générale. Nous avons ses statuts de 1260 et 1299. Voyez AUouyère et Escarcelle.
(A) 1250 *. Cis pèlerin, qui là dormoit,
Une riche anmosnière avoit
Qui ert laciée à sa corroie. (Roman du Renard.)
(B) 1260. Tit. hiv des merciers. Nus ne nulle ne puet faire faire ne acheter
aumosnièies sarrazinoises où il ait meJlé fil ne coton aveques soye. (Statuts des roestiers, recueillis par Et. Boileau. )
(C) 1269. Aumosnières à las de soye. (Compte ap. Du Cange.)
(D) 1299. Des faiseuses d’aumosnières sarrazinoises. C’est l’ordenance, l’acort
et rétablissement que les personnes cidesouz nommées, mestresses et ouvrières de la ville de Paris de faire aumosnières sarrazinoises, conjointement ensemble , sans divizion, — ont faite, ordené et acordée entre elles. (Statuts des mestiers.)
(E) 1300. Lors a de s’aumosnière traite
Une petite clef bien faite. (Roman de la Rose. )
(P. (1320) J’ai les diverses aumosnières
Et de soye et de cordoan Que je vendrai encor oan Et si en ai de plaine toile. (Dict. du Mercier.)
(G) — Comme fit Judas qui portait la bourse des aumosnes, qu’on faisoit à notre seigneur J.-G., son maistre, desquelles aumosnes il soustraioit et retenoit une partie en ses boursaus pour nourrir loi et sa famille. (Les triomphes ae noble dame.)
AUMUSSK. Aumuce, Almucium, Almucia et Aumucia, coiffure rembourrée, destinée à soutenir la couronne et à préserver la tête. On distingue, dans les citations suivantes, l’aumusse du chappçl et l’aumuce du bassinet, je laisse de côté l'aumuce, en tant que coëffure, et sans l’addition de la couronne et du chappel , on sait que dans cette acception c’est une coeffure ecclésiastique.
(A) 1351. xcix grosses perles rondes, pour mettre en l’aumuce qui soutint la
couronne du roy à la feste de l’estoille. (Compte cité par Du Cange.)
(B) 1377. Or issirent-ilz de Paris et encontra le roy, l’empereur son oncle,
assez près de la chapelle, entre S. Denys et Paris. A leur assemblée, l’Empereur osta Paumasse et chaperon tout jus et le roy osta son cliapel tant seulement. (Chron. de Fl.)
(C) 1399. Et est l’aumusse de la dite couronne de veluyau asuré, à une croisitt
d’or esmaillée de fleurs de lys, semée en chacun quartier de seize estoilles d’or. (Invent, de Charles VI.)
(D) - Et a on chappel hnict bastonnez dont en chacun a quatre grosses
perles et est l’amnsse de la dite couronne de veluyau azuré sur laquelle a une croisiée d’or garnie de pierreries.
;£) 1398. Une couronne d'or, i mettre sur nn bassinet, contenant seiae pièce*, dont il y en a hnict garnies chacune de hnict perles.
AURICHALUUM ou Oriclialcum. Le laiton. Du grec !f0( et x«Xxoç, cuivre de montagne. Ce terme, qui ne se trouve pas dans Homère, est employé par Platon et a traversé toute l'antiquité, en désignant diverses combinaisons de cuivre et de cadmie fossile ou calamine, de cuivre et d’étain, de cuivre et de zinc, sans compter qu'il s’appliquait à un alliage merveilleux dont je n’ai pas à m’occuper. Au moyen âge, il désigne tout franchement le laiton et se transforme par contraction eu archalcum et archal ; nous l’avons conservé dans la locution de fil d’archal. Voyez ce mot et l’article Letqn.
(A) 500*. Aurichïlco autem ilia rations compara vit (pedcs), quod ei are St,
cum igné inulto et medicamine adhibito, perducitur ad aureum colorem. (Primase. Gomment, in Âpoc.)
(B) 600*. Fit autem ex are et igné mnlto, ac medicaminibus perducitur ad
aurenm colorem. [isid. de Séville.)
(C) 1350. Auricalcnin, ut dicit Isidoms, est dictnm eo quod cum sit es, siv»
eiiprnm, resplendet snperficialiter sicut auruin. (B. de Granville.)
(D) 1372. Laiton, si comme dict Ysidore, est ung dur rnétail qui par dessus
reluist comme or. (Le Propriétaire des choses, trad. de /. Gorbichon.)
AUTEL FIXE. La table de la sainte Cène, et le tombeau où les martyrs renouvelèrent avec leur sang le saint Sacrifice, ont servi de type aux autels ; la table, chez les chrétiens d’Orient et encore aujourd’hui chez les Grecs, le sarcophage chez les Latins. Je ne puis m'occuper ici de l’autel et de sou ameublement, je réserve ces rechercnes qui ont été longues et mes citations qui sont trop nombreuses , me contentant de parler des autels portatifs qui entrent dans les collections d’objets a’art.
AUTEL portatif ( Altaria portatilia , altare gestatorium, lapis itinerarius.) Dans ses expéditions contre les Perses, Constantin portait avec lui nn tabernaculum, un autel portatif, et ses troupes l’avaient imité (Socrat. Hist. eccles. lib. 1, c. 14. Sozom., lib. I, cap. viii. Nicephor. lib. vi, c. 46). Ce tabernacle prit pied dans l’église quand la religion eut des demeures fixes, et servit de réceptacle aux ciboires contenant les hosties consacrées; en même temps il se traduisit en Altaria portatilia, autels portatifs . selon les obligations de chacun , au milieu des vicissitudes d'une vie presque nomade. Dans les rudes temps de l’Apostolat, c’est-à-dire jusqu'au xe siècle , il fallait dire la messe au milieu des champs, au fond des forêts, là où le zèle chrétien et les chances heureuses ou malheureuses portaient l’apètre. La première table venue aurait suffi pour le divin sacrifice si cette table avait été sans souillure, mais dans l’incertitude, et pour s’assurer contre un danger, on porta, avec les vases sacrés, la table d'autel ; seulement comme les difficultés du transport ne permettaient pas un grand appareil, on se contenta du dessus de la table, du supcraltare, et ce dessus de table n’ayant pour but que de recueillir ce qui pourrait tomber de parcelles du paiu et de gouttes du vin consacre, on le fit très-petit. On en réduisit même peu à peu les dimensions à tel point que les évêques en durent fixer, à peu près à vingt pouces, le minimum de longueur. C’est ainsi que nous les trouvons dans les tombeaux, dans le*
trésors de quelques églises, c’est ainsi qu'ils sont décrits dans les inventaires aes rois, des princes et des riches seigneurs. La seulement, comme dans d'autres textes, il faudra distinguer les dessus d'autel fixes, qu'on retirait après la messe pour les enfermer dans le trésor avec les vases sacrés, ue crainte des voleurs, et l'autel portatif qui avait d’autres dimensions. Ils sont désignés les uns et les autres de la même manière. 11 me suffira de dire en quelques mots quelles étaient les matières et la forme adoptées pour faire un autel portatif. Un carré, long d’au moins 20 pouces, exceptionnellement un disque. Les métaux, or et argent dore; les pierres rares, telles que le porphyre, le jaspe, l’agathe, le marbre, le jais; des bois précieux comme l’ébène, l’aloes , le cyprès servant d encadrement. Ces belles matières encadrées elles-mêmes dans du cuivre, de l'argent doré ou de l'or, travaillés en nieilure, en repoussé , en émaillure et ornés de pierres précieuses. Dans un coin une place réservée pour les reliques. Cet autel portatif avait son ameublement portatif. On installait toute là chapelle suivant les circonstances . et on plaçait la table d’autel soit sur les pieds qu’on portait avec elle, soit sur toute autre chose propre à cet usage, soit enfin sur la caisse même qui lui servait d’enveloppe. Au milieu de mes lectures, j'ai extrait les passages suivants qui m'ont paru dignes d’attention.
(A) 1104. Habet secumin sepulcro altare argenteum et corporalia. (Reginald de
Durham. )
(B) 1295. Super altare de Jaspidc ornatum, capsa argentca deanrata et dedicata
in honore beatæ Mariæ et omnium Virginnm. (lurent, de S. Paul de Londres. Voyez dans ce Glossaire, au mot Jaspe sanguin.)
(G) 1322. Altare viatica secum portari faciant , in quibus singulis diebus coram se boneste etdevote miSsam faciant celebrari. (Gollectio Goncil. hisp.)
(D) 1338. li tables de yban (ébène) pro snperaltars. (Kalendars of the Ex-
cnequer. )
(E) 1353. Ut liceat vobis habere altare portable, cnm reverenciaet honore, su-
per qruod in locis ad hoc convcnirntibus et bonestis posait quilibet vestri per proprinm sacerdotem idoneum missam et alia (Urina officia, sine juris alieni preiudicio, in vestra presencia facere celebrari. (Bulle du pape Elément VI.)
(F) 1360. Invent, du duc d’Anjou, 61.
(G) 1375. De l’autel portatif qui est de pierre de marbre ou d’autre pierre en-
châssée en fust, se la pierre benoite cbeoit dndit chaters, elle devroit estre remise en iceluy ou en autre fust — et puet on le dit autel portatif transporter de lien en autre sans qu’il en soyt de riens à reconcillier. (Jehan Gonlain, traducteur dn Ratiouale.)
(H) 1376. Altare marmoreum portatile— un petit autel portatif de marbre vert.
(Invent, de la Sainte-Chapelle de Paris.)
(I) 1379. Déni autelz à chauter, dejaspre, enchassilliez en bois. (Inv. de.C.V.)
(J) 1300. Si dona uu riche autel porteiz de marbre pourfire, tout qnarré.
(Kj 1380*. Domina Petronilla de Benstede dédit sancto Albano unum super altare rotuuduin de lapide jaspidis subtus et in circuttu argento inclusnm ; super quod , ut fertur, sanctus Augustinns Anglorum epostohis celebravit. (Inveut. de l’abbaye de Saint-Albans, ap. Aib. way.)
(L) 1389. A Pierre du Fou, colfrier , pour un gros coffre de boys, couvert de cuir, fermant à clef — pour mettre et porter les livres et reliques de . la ch appelle de Madame la Rovue,lxiij s. p. A luy pour une paire de coffres de boys couverts de cuyr, fermans à deux clefs, garnys de cros et conrroves, l’un des dits coffres pour faire autel pour la petite messe dn Roy, Monseigneur, ix liv. xij s. ( Comptes revaux. Les Duc de Bourgogne, tome IV.)
zedhyjGûûgk
ET AÉPEBTOiRE. 447
(M) 1389. A Robin , le tomhier, demeurant à Paris, peur deux petite autels be-
noist de inabre portatifs, enchassilliez en bois d'IUanae — pour servie en la chappelle du Roy, xlviij s. p.
(N) — Pour deux estuys carrez de cnir bouly poinsonnez et armoyez — pour
mettre et porter, c'est assavoir en l'un, mes tableaux de la ditte chappelle et en l'autre un petit autel benoit, portatif, de mabre encliassillié en bois d’ïllande, — xxxij s. p.
(O) 1391. Pour un estuy de cnir boully, poinsonné et armoyé pour mettre et
porter la pierre à chanter la messe en la chapelle duait Ms. le Dauphin, xviij s. p. (Comptes royaux.)
(P) 1398 Pour deux autels benois de madré (marbre) noir, encbassülez en bort
d’il lande. (Comptes royaux.)
(Q) 1399. Un autel benoist d’une pierre vergée rougeastre assis sur çpiatre pâtes
de lyon autour duquel sont trente quatre demy iinaiges d’argent, doréz, enlevez à plusieurs esmaux. (Invent, de Charles VI.)
(R) 1407. Pour un autel portatif de marbre noir enchassillé en bois d’IUande,
parlai acheté en la ville de Tours, ou mois de décembre — pour servir eu la chapelle du Roy, NS., au lien d'un antre semblable autel qui avoit esté cassé et rompu au voyage que le dit Seigneur fist lors auait lieu (te Tours. Pour ce — xnij s. p. (Comptes royaux.)
(S) 1417. Un aultier portatif de jaspre, garai d’argent, estnaillé à l’entour de
la vie de NS. et de Nostre l)ame, et siet sur quatre petis leonneaux — lxx liv. t. (Invent, du duc de Berry.)
(T) — Une pierre de marbre pour faire un aultier portatif — xl sols t.
(U) — Une pierre de jaspe vermeil pour aultier — vj liv. t.
(V) — Un aultier portatif de pierre de marbre, garny dessoubz de cuivre doré
et sonbz les hors d’argent véré e.t d’esmaulx — lx s. t.
(X) 1432. Item pour nng autel de malbre euchaeié en bois, xij s. (D. de B. 9G1.)
(Y) 1467. Une pierre d’autel enclose en ung tableau de bois rouge. (D. (le B.
(Z) 1479. Au cbappelain de Ms. d’Uyppone pour son salière d’avoir fait beneir
ung autel portatif servant a la dite librairie pour célébrer des messes. (Arch. de Rouen. Les Ducs de Bourgogne, t. IV.)
(AA) 1699. Une petite pierre d’autel de marbre servant à mettre sous le calice. (Invent, de Gabrielle d’Estrées.)
AUTEL des reliques. Il y avait dans les grandes églises, au fond de l’abside, im autel des reliques surmonté d’une estrade sur laquelle s’étageaient des reliquaires de toutes formes^ plus éclatants les mis que les autres. A la Sainte Chapelle de Pans, qui était mie chapelle de reliques f le raaitre-autel était surmonté d’un second autel , surmonté lui-meme par les grandes reliques. Des vis en bois , charmants escaliers tournants, donnaient accès à ces pré^ cieuses étapes.
(A) 1354. Pour deniers paiés à Jehan de Lille, orfèvre, pour j siège qu’il flst du commandement du Roy pour seoir de lèz les saintes reliques en la Saincte Chapelle de Paris — iiij escus. (Comptes royaux.)
AUTEL ( Table de dessoubs d’ ). Lorsque l’autel était isolé au milieu dmcnœur, il ne pouvait avoir la décoration appelée retable ou taille de dessus , mais il avait son parement qui enveloppait l'autel et qu'on appela table de dessous , quand il était solide. Ce parement fait en repoussé d’or, d’argent et de cuivre émaillé, ou bien couvert de peinture , était monté sur cliAssis de manière à pouvoir être rapporté dans le trésor de la sacristie aussitôt le service fini. 11 s’est conservé à Florence, à Milan, à Venise, etc., des