‹ Glossaire francais du moyen age a l'usage de l'archeologue et de l'amateur des artsChapitre 41 sur 46 · GLOSS A 1 R B · texte numérisé non relu

GLOSS A 1 R B

autels d’or. Celui que l’empereur Henri donna au n' siècle à l'église de Bàle a été longtemps en vente à. Paris.

(A) 14*7. La table du graot autel dessus (l’autel de Notre-Dame de Paris) et

celle de desoubz sont d’argeut dorez. (Guillebert de Metz )

(B) 1469. Un parement d’ostade noire pourlegrant aultier, dessus et dessous, au-

quel dessus est le jugement, de broderie et à celui de desouz est la suscitation du Ladre, lequel parement a donné ledit maistte Robert Poictevin. (Invent, de Saint-Hilaire de Poitiers, cité par M. Vallet de Viriville.)

AUTEL (Table de dessus d’). Quand l’autel était adossé au mur, il était surmonté d’un tableau peint ou sculpté, qui se fermait au moyen de volets; on appeLa cette décoration la table de dessus, ou (bien un revers et plus tard un retable. Dans les voyages l’autel portatif était toujours ainsi décoré.

A) 1396. A Colart de Laon — pour peindre bien richement le tableau de bois qui est sur l’autel de la chapelle dudit dnc aux O lest > ni. (Les Ducs de Bourgogne, 5702.)

(B) — A un povre homme , hermite, dent frans, lesquels MDS lni a donnez

de sa grâce especial, pour cause de ce qu’il lui avoit baillé un petit tableau benoit enchacillé, pour dire messe. (D. de B. 5717.)

(C) 1399. A Jehan du Liège , charpentier, pour avoir fait, de sou dit métier de

charpenterie, les ouvraiges qui s’ensuivent, c’est assavoir : un revers sur l’autel deMSsaint Jean où l’en baptise les enfans. (D. de B. 589t.)

(D) — Denz züom de peaulz tamtes — pour mettre et emploier au revers qui est sur l’autel de la chapelle que MS (le dnc d’Orléans) a fait faire e» l’église Saint-Po), à Pans. (Les Ducs de Bourgogne, 5895.)

AVELAINE. Dans la citation suivante n’est-il pas question d’une alabandine (voyez ce mot). J’ai vainement cherche dans les lexiques et creusé mon cerveau. Vingt sols tournois était le prix d'une trèsbelle pierre sans monture et son étui prouve qu'elle était précieuse. (A) 1416. Une avelaine , estant en un estny de cuir, prisée, zz sols t. (Invent, dn duc de Berry. )

AVIGNON ( Argent d’, façon d’ ). On désigne ainsi en général de l’orfèvrerie blanche. Voyez tous les inventaires des xtv et xve siècles. (A) 1360. Inventaire dn duc d’Anjou. 4M, 488, 547, 548 , 551, 552, 555, 577, 602, 609, 640, 662, 693, 694.

AXURES. Viandes rôties et particulièrement les parties intérieures de l'animal, de Assus et Assura, conservé en espagnol dansAssadura.

A) 1363. Un saphir pour le faire mettre au bout d'nne fourchette à prendre azurés en une escuelle. ( Invent, dn dnc de Normandie.)

AYS. Ais et Ayz, petite planche, de Assula, Ascella, Aessella, Aissella, Aisil. Je ne m’occuperai ici de ce mot que dans son application aux ais des reliures. On verra que ces ais étaient tantôt en or et en argent, tantôt en hois recouvert de plaques d’or ciselqes, repoussées ou émaillées, tantôt incrustés de has-reliefs en ivoire ou en métal, et surchargés de pierreries. On ménageait dans ces épaisses Teliures la place pour mettre des reliques, des portraits, des limettes. Quand l’un de ces ais était en cristal, le livre n’était que figuré, c’était en réalité une boite et elle contenait des reliques . Voyez au mot Texte. (A) 1328. Unes heures couvertes d’ais esmailliés, garnis de perceriez, pririéez, . ziz et tout, zzviij lib. ( Invent, de 1a Royne Clémence. )

ET RÉPERTOIRE. fl9

(B) 1354. Un Euv ngelier et ung epistollier dont les ays sont d’argent dorei à

yinages enlever, c’est à sc&voir l'Euvangeliste d’nn costé, de Dieu en sa majesté et aes iiij Euvangelistes et de l’autre le crucefiemeut esmaillié autour des bois des armes de la Royne Jeanne d’Esvreux. (Comptes royaux.)

(C) — Unes heures de Nostre Dame qui ont les ays d’or garnis de pierrerie.

(D) *355. Unes petites heures de Nostre Dame dont les aez sont d’or, prisiées

Ix escus. ( Comptes royaux.)

(E) 1360. Invent, du duc d’Anjou. 57.

(F) 1379. Un ays a livre, où il y a un grand camahien. et est garny d’or et de

menue pierrerie et en y fault grand foison. (Invent, de Charles V.)

(G) 1389. Unes grandes heures j garnies de ays d’or, à ymaiges enlevées , c’est

assavoir une nnnciation Nostre Dame, saint Loys de France, et saint Loys de Marceille. ( D. de B., 5463. )

(H) — Unes petites heures, dont les aiz sont d’or, esmaillé de une annncia-

tion et de la gesine Nostre Dame, bordée de duze balais petits , dix saphirs et quarante perles. (D. de B., 5462.)

(I) 1399. Un livre, où sont les heures du St Esprit et de la passion, très bien

historiés, à deux aiz d'argent, dorez, où d'un costé est Ste Katherine et de l'autre Ste Marguerite. (Invent, de Charles VI. )

(J) — La vie de Ste Marguerite en autre petit livret, en deux aiz d’or, bou-

dez de grenats et d’esmeraudes.

(K) — Un petit livret ou heures — et sont les ays d’or esiuaillez *t le der-

rière des dites heures brodé de trois fleurs de liz et vingt perles.

(L) *410. Unes heures de ND., à l’usage de Rome, toutes neufves, enluminées

d’or, les deux convescles d’icelles d’or massif, sans bois, sur un des convescles Nostre Dame droite et l’ange eu manière de l’annunciacioa eslevés et esinaillés de blanc, de rouge et de pers. (Voyez cette curieuse description dans les Ducs de Bourgogne, n° 6190.)

(M) *416. Une bible en françois, escripte de lettre françoise, 1res richement

historiée au commencement — garnie de trois fermoers d’argent dorez, en chascnn un ymaee esmaillé des iiij Envangelistes et sont les tixus de soye vert et dessus l’Un des aïs a un cadran d’argent doré et les xrj signes à l’environ et dessus l’antre ays a une astralade avecques plusieurs escriptures — ijel liv. t. (Invent, du duc de Berry.)

(N) 1410. Unes petites heures — très bien eseriptes et enluminées — et sont

toutes couvertes de deux aiz d’argent doré, où il a d’un costé un crucifiement et de l’autre part un couronnement de Nostre Dame ; fermant à deux fermouers de mesmes — achetées pour le pris et somme dç xix escus d’or comptans.

(O) — Unes petites heures de Nostre Dame très bien historiées de menueç

histoires, dont les aiz sont couvertes d’or, ouvrez à ymaiges faix de haute taille.

BACIN A BARBIER et bacin barboire. Curette allongée, eu métal, avec un anneau pour la suspendre au mur. Tous les bacins qui se rapprochaient de cette forme étaient dits bacin à barbier qu'ils fussent destinés à la toilette de la reine ou à la chaise du roi.

(A) 1354. Pour faire et former un grant bacin à barbier qui fn faict de den*

viex de l’argent d'Avignon — pesant x marcs — baillé à Poupart , barbier du Roy. (Comptes royaux.)

(B) 1363. Un bacin à barbier, d’argent blanc et est semé de clos d’argent snr les

hors et pois* x marcs VJ onces et demie. ( Invent, du Duo de Nor» mandie.) '

(C) 4379 . Un bacin à barbier, d’argent doré, ciselé sur les bords à Sears de lys

et pend à on annel rond, pesant xiiij marcs. (Invent, de Charles V.) (B) 1379. Un antre bacin à barbier, d'argent blanc, à un esmail de France sur le bord en droict l'annelet, pesant xij marcs.

(E) — Un bacin à barbier, d’argent doré, esmaillié on fons et sur les bords

aux armes du cardinal de Bouloigne par dehors, pesans viij marcs, vj onces.

(F) 1397. A Clément de Messy, chanderonnier, demourant à Paris, pour deniers

1 lui paies pour ij ba'cins de laitton pour mettre dessoubz la cliaiere do retrait du Roy, — xxxij s. p. (Comptes royaui.)

(G) 1397. A Thierry Lalemant, chanderonnier, pour iijbacins d’arain en façon

de bacins a barbier, pour mettre et servir ou retrait dn Roy NS. dessonbx la cbayère necessaire, — ixxvj s. p. (Comptes royaux.)

(B) 1404. A Thierry Lalemant, chanderonnier, pour deux bacins à barbier, de fin laiton, — délivrés à Denisnt de Poissy, fourrier de madame la Duchesse de Tourraine, pour servirâlaver les chiefs de la dite Dame et des Dames et Demoiselles de sa compaignie, du prix de xx sols pièce. (Comptes royanx.)

(I) 1433. Un fer à wanfres, bachin barbioire, payelle d’airain. (Compte de la maison des Ladres.)

BACIN A CRACHER. La citation suivante est bien moderne : peut-être l’usage de ce bacin, marque de propreté, n’est-il pas plus ancien.

(A) 1591. A David de Vimont, orfèvre dn roy, — pour ung petit bassin d’argent à cracher. (Comptes royanx.)

BACIN A METTRE LAMPE. Voyez Lampier.

(A) 1379. Un bacin d’argent, avec la chaine, i mettre lampes, pesant v marcs et demy. (lavent, de Charles V.)

BACINS A LAVER. L’Ordo romanus et les auteurs ecclésiastiques parlent de gemelliones araentei, oui sont les bacins à laver les mains, tels quon les recueille dans les collections , et si l’on n’a pas bien compris le sens de cette expression, c’est qu’on a voulu y trouver une aiguière avec sou bacin. On ne s'expliquait pas comment deux vases de même forme, appelés par cette raison jumeaux , pouvaient servir à deux usages differents, fun à jeter l'eau et l’autre à la recevoir; mais ces bacins de nos collections, dont l’un est toujours à biberon ; sont le commentaire naturel de ces expressions, et Vossius l’avait pressenti. Ces bacins étaient en usage dans l’église et hors de l’église. Ils se conservèrent bien plus longtemps dans le culte que dans la vie privée, où on trouva plus commode de se servir d'une aiguière pour répandre l’eau sur les mains, en augmentant les dimensions du bacin destiné à la recevoir. On peut suivre l’usage des deux bacins jumeaux, à l'église, jusqu’au xvn* siècle concurremment avec celui des burettes. J’ai dû confondre dans un même article tous les bacins à laver, mais on n’attend pas de moi que je donne ici aucun détail sur l’usage de se laver avant et apr& dîner, en se levant, en se couchant. Un tableau de la vie orientale , telle qu’elle se passe de nos jours , serait le meilleur commentaire de ces mœurs disparues. Je dirai seulement que l’absence de fourchette et l’habitude de manger à deux dans la même écuclle et à plusieurs dans le même plat, rendaient nécessaire la propreté des mains, pour les autres avant le diner. pour soi-mème apres. Aussi, pas une description de repas qui n’offre ce détail et l’on pourrait multiplier des exemples a l'infini, je n’ai pris dans nos poètes qu’un passage qui semble indiquer qu'on se lavait en-

semble, au moins par galanterie. J’ai fait un article à part pour les plats, et cependant les rédacteurs d’inventaires hésitent souvent entre un plat creux et un bacin peu profond. On trouvera dans cet article les bac:ns jumeaux à laver mains, les bacins pour laver pieds, la chaufferette qui permettait en hiver d’en chauffer l’eau, enfin un passage d’Olivier de la Marche, qui montre combien fut

Frande la crainte des empoisonnements puisqu’on essayait même eau destinée à laver les mains. On compte dans l’inventaire de • Charles V vingt-quatre bacins àliver. tous émailliés ou niellés et pesant ensemble 180 marcs, 5 onces d'or, et cinquante-neuf bacins d’argent doré du noids de plus de 450 marcs d’argent. Ces bacins servaient à laver la vaisselle dans la salle du banquet et à tous autres usages ; quand ils servaient à laver les mains, cela est dit. On remarquera que deux de ces derniers sont mis sur des pieds. Dans le travail, qui complétera celui-ci, et que je fais d’apres les monuments figurés, je choisirai quelques exemples, parmi les nombreuses miniatures illustrant la Bible, qui montreront comment on présentait aux hôtes, fùt-ce même à clés anges comme dans la maison de I»t, le bacin à laver, et je devrai remarquer que cette interprétation de la vie asiatique par nos peintres des xm® et xiv® siècles, qui ne faisaient en cela que lui appliquer leurs propres habitudes , avait pour elle la vérité et la couleur locale orientale.

(A) 1260. Puis fist on les napes ester,

Et por laver l’iaue aporter,

Li chevalier tout premerains

Avec la comtesse ses mains

Lava et puis l’autre gent tout. (Fabliaux.)

(B) 1334. A Guillaume le Mire pour faire deux tuiaux au bacin à laver et pour l’esmaillure. ( D. de B. no 5326. )

(C) 1347. Duos ciphos argenteos esmaltatos et intus laboratos ad raodum folio— mm vines deauratorum. ( Invent, du Dauphin. )

(D) — Unum magnum cipbum, cum pede, argenteum, deanratmn, laboratum et esmaltatnm intus et extra, signatnm in pede cum scutelis esmaltatis, factis ad arma hospitalis sancti Johanms Jerosolymitani et in fundo ejusdem ciphi, superius cum uno esmalto continente duos milites équités admodnm hastiludentium et unum portantem scutum ad arma hospitalis et alium scutum cum uno scorpione.

(E) — Unum ciphum de jaspide.

(F) 4347. Exhibuit duos magnos bachinos argenteos pro manibus abluendis esmaltatos et deauratos intus et in parte superion. ( Inventaire du Dauphin. )

(G) 1351. A Roger de Paris. Dour iij grans bacins d’arainpour laver les piez de nosdiz seigneurs. (Comptes royaux. )

(H) 1360. Invent, du Duc d’Anjou. 2, 27, 259, 291, 581 à 593, 596,598 à 600, 602 à 618.

(I) 1363. Deux bacins à laver, dorez parles hors, à un esmlil des armes Monseigneur au fons et poisentxvj marcs. (Invent, lu duc de Normandie. Voyez dans cet inventaire les n<» 252 à 262 et 443 à 449. )

(J) — XXII platz d’or pleins, semblables, sans esmaux et deux bacins d’or à laver à deux esmaux au fonds des armes de Monseigneur et xx henaps d’or pleins à tour de lampe.

(K) 1372. ïj bacins d’argent à laver, dorez, à esmaux dedans de Sanson Fortin, pnsié iiij « xviij francs. ( Compte dut est. de la Royne.)

(L) 1379. Deux bacins d’or à laver mains, 1 un esmail de rose on fons, esmail-

liez de France et semez de petits escnssons de France snr les bords, pesant xix marcs d’or. ( Invent. de Charles V. )

(M) 1379. Deui autres bacins d’or de semblable façon, pesant xvj marcs vj onces.

(N) — Deux petits bacins ciselez, à ij esmaulx à ymages, pesant x marcs d’or.

(O) — Trois bacins pareils et trois obaufètes, lesdits bacins esmailliez d’escu-

çons de France snr les bords, pesant xlvij marcs, vij onces d’or.

(P) — Le grand bacin d’argent blanc, armoyé on fons des armes de France,

pesant Iv marcs.

(Q) — Une paire de bacins d’argent à laver, parfonds.

(R) — Denx bacins de chappelle, d’argent dorez, en cbascun une rose on

fonds, à un esmail de denx dames qui tiennent deux faucons et semez sur les bords d’esmaux à oyseanx de proye , pesant x marcs et demy.

(S) — Deux grands bacins à laver, verrés et ou fonds deui esmaux des armes

du dalpbin, pesant viij marcs.

(T) — Un grand bacin, d’argent doré, ciselé sur les bords et se met aux

grandes festes sur un pied de fer, lequel a deux anses et est esmaillé ou fons d'une rose en la quelle a un esmail rond où sont en esmail nn lyon et une dame qui le nieine, pesant xxj marcs.

(U) — Deux plats d’argent doré pour chappelle , dont l’un est i biberon,

cizelé sur les bords à six apostres on fonds, pesant viij marcs, v onces.

(V) — Un bassin, ou vaisseau à laver pieds, lequel a les deux anses rompues,

pesant xlvij marcs.

(X) — Deux bacins à deux becs d’asnes, d’argent blanc, sans convescle, pesant

xix marcs.

(Y) — Deux grands bacins ronds tous plains et ij cbanffettes d’argent blanc —

à esmaux des armes de France, pesant xxx marcs.

(Z) 1399. Deux viez bassins à laver mains, d'argent dorez et néellez par dedans,

sur deux piedz, pesant hnict marcs. (Invent, de Charles VI. )

(AA) 1467. Deux bachins d'argent, verez aux bortz, à deui biberons. ( D. de B., 2687. )

(BB) 1474. Le maistre d’hostel appelle l’Eschanson et abandonne la table et va au buffet et trouve les bacins couverts que le sommellier a apporté et approsté, il les prend et baille l’essay de Peaue au sommellier et s’agenouille devant le Prince et lève le bassin qu’il tient de la main senestre et verse de Peaue de l’autre bacin sur le nord d’iceluy et en faict créance et assay et donne à laver de l’un des bacins et reçoit l'eane en l'autre bacin* et sans recouvrir lesdits bacins, les rend au sommellier. (Olivier de la Marche. Estât du Duc. p. 678. )

(CC) 1485. Il faut avoir trois gentilshommes pour porter le cierge, le scel et les bassins devant l’enfant — Les bassins durgent , dont cestuy de dessoubz doit avoir un biberon comme une aiguière et y doit avoir de l’eau de roses et de l’autre bassin l’on couvre cestuy là : et quand Ion baille à laver aux fonts on verse du bassin qui a le biberon en l’autre et n’y a point d’autres aiguières. (Alienor de Poictiers.)

(DD) 1498. Un bacin d’argent doré pour servir à l’esglise , faict à esmaux dedans et dehors, on quel est contenu le mistaire de la passion de Nostrc Seigneur,, avec les choppines (burettes) de mesmes, à mettre vin et eaue, pesant ensemble iv marcs vij onces ij gr. d’argent. ( Invent, de la royne Anne de Bretagne.)

(EE) — Deux bacins plains, verez au fond, armoyez aux armes du roy. en l’un des qnieulx a nng biberon, pour donner a laver, pesans ensemble vingt marcs, trois onces d’argent.

BACINS A LAVER SUR TABLE. J’ai parlé déjà dans l’article précédent de ces bacins et de l’aiguière avec laquelle on versait l’eau sur les mains. Il y avait une recette pour préparer oette eau.

(A) 1363. vj bacins à laver sur table, d'arpent blanc, ciselés, dorez sur les

bors , qui poisent lxxij marcs. (Invent, du duc de Normandie.)

(B) — Item vi aiguières à laver, pour les dits bacins, d’arpent blanc, les an-

ses ciselées, dorées, à un esniail sur le couvescle des armes Monseigneur, qui poisent xxxvj mars, ij onces.

fC) 1393. Pour faire eaue à laver mains sur table. Mettez boulir de la sauge pais coulez l’eaue. — (Ménagier de Paris.)

(D) 1507. lin bassin lavemain. (Inveut. du duc de. Bourbonnoys.)

BACINS A LAVER LA TESTE. C’étaient les bacins de toilette et je cite un passage où il est question de la poudre qu’on employait.

(A) 1328. Iij bacins d’argent à lavier chief — valent lix lib. (Iuvent.de la

Rovne Clemence.)

(B) 1352. Pour une grant bourse à mectre la cendre pour laver le chief de ma

dicte dame (Blanche de. Bourbon). — (Comptes royaux.)

(C) 1360. Invent, du duc d’Anjou, 597, 601.

(D) 1586. Grand bassin d'argent à laver la teste. (Invent, de Marie Stuart.) BACIN DES OFFRANDES. On recueillait à Téelise ,J comme encore aujourd’hui, les offrandes dans un bacin, et de là est venu un dicton populaire, rapporté par Rabelais avec une explication bouffonne.

(A) 1359-60. Le Roy, qui fn à Saint-Pol de Londres, pour otferande faicte au

bacin, x escus. (Livre de la déspence de l’ostel du roy en Angleterre.)

(B) 1535. Avez-vous jamais entendu que signifie : cracher au bassin. (Rabelais.)

BACIN A PUISIER EAU. Voyez aussi Puisete.

(A) 1379. Un bacin d’argent blanc à puisier eane, neellé ou fons et par dehors, pesant i marc, x esterlins. ( Invent, de Charles V. )

BACIN MAGIQUE. L’antiquité, le moyen âge et les temps modernes, jusqu’au moment même où j’écris ces lignes, ont cherché l’avenir dans le bacin magique. Je renvoie à mes propres expériences. (Commentaire sur la Bible, p. 122.)

(A) 1245. Si savoit garder el bachin

Pour rendre perle et larrechin. (Rom. d’Enst. le Moine.)

B ACQUET. Ce mot est dérivé de baccar, vase, et de baccus, bac, avec l’idée qui s’est conservée dans le mot vaisseau. Les baquets du moyen âge sont rangés avec les nefs dans l’inventaire de Charles V et sauf la matière, qui était précieuse, ils répondent à la signification que le mot a conservée.

(A) 1379. Un grand bacqnet d’or , lequel est soustenu de iiij seraines , pesant

ixv marcs, une once d’or. (Invent, de Charles V.)

(B) 1495. Ung grant bacquet, servant à mectre le vin froidir, garni de trois

grands souaiges, deux aux deux bourtz et ung au mylien,dont, en celui ou hault bourt, a déni grans hanses faictes en façon de gros fil torz et an costé de chacune hance a, c’est assavoir à l’une, ung grant homme sauvaige , et à l’autre , une femme sanvaige, qui tiennent chacun un grant pavoys , esmaillez semblablement aux armes de France, et est porte, le ’dict bacquet, sur huict grans lvons ataichés anx souaiges d'en hault , le tout armoyé de fleure de Us et vermeil doré, poysant cent seize marcs d’argent. (Comptes royaux.)

BAGDAD. Cette ville, de même que Damas, approvisionna longtemps l'Europe des plus riches productions de l’Onent., aussi donnat-elle très-anciennement son nom à une étoffe fort estimée, le Baudekin ou baldaquin , mot qui s’est conservé dans l’usage pour

désigner un pavillon fait dans l’origine avec l’étoffe dite baldaquin. Cette étoffe venait aussi de Damas, Je réserve, à cet égard, mes citations pour une autre publication.

BAGHE et aussi Bague, tout ce qui composait l’avoir meuble, cette partie de la fortune qu’au moyen âge, par des temps de guerre et d'avanies de toutes sortes, on avait intérêt à tenir toujours en état de prompt départ. Ces objets se mettaient sur des sommiers, dans des coffres, baga, et sous un cuir de vache ( voyez Cuirie ) , vacca, bacca, bage, notre vache et bâche. Riche se disait d’une personne bien baguée; quand on chargeait sa fortune sur un sommier on la baguait, et elle devenait le bagage ; vous l’enlevaiton sur la grande route, on vous débaguait, comme nous disons de valise, dévaliser. Ce mot baghe, fut en général appliqué aux menus joyaux , à l’avoir le plus cher à la femme sans être de grande valeur, de lâ bagatelle, petites bagues. Toute chose ayant la forme du bijou était dit en fourme de bague. Nous avons conservé, an moins en province, dans la rédaction des contrats de mariage, l’expression de bagues et joyaux pour désigner les bijoux et objets précieux, propriété de la femme.

(A) 1455. Et quant le bracelet fut ou bras de ma dame Alienor mis, lors elle,

du pendant de son collier ung très bel et riche aftiquet priât, d’une très fine et grosse perle de quatre à cinq carats, — que au roy d’armes elle bailla, puis luy dist : Vous et vous, hrranlx qui estes cy, dourez vous ceste petite bague à ce très gracieuli escuyer Jean de Saintré. (Ant. de la Salie.)

(B) 1459. Et Dieu scait si elle partit bien baguée. (Cent Nouv. nouvelles.)

(G) 1460. Ils apperçnrent grand planté de sommiers dont les bagues de dessus

sembloient de fin or. (Perceforest.)

(D) 1463. La Reyne d’Angleterre fut en adventnre de perdre sa vie et son fils

en une forest du pays, où ils furent pris et débaguez de brigands. (Hist. de Ch. VIL)

(E) 1467. Ung coffret d’yvoire, garny d’argent doré, où sont les bagnes qui s'en-

suivent: de uibou teilles de cristal garny es d’argent doré, item ung doitier d’aneauh, ou il y a dix aneaulx (en tout 39 anneaux, ce que nous appelons des bagues parmi les bagnes qui étaient des objets de tonte natnre.)

(F) 1473. A la première fois (le son dn clairon) chascim troussera, baguera, et

se armera. (Ord. de Charles le Téméraire.)

(G) 1490. Ils ont perdu bagues et tentes

Despenau harnois et chevaus. (Rob. Gagnin.)

(H) 1496. La seigneurie (de Florence) eut partie des plus belles bagues et vingt

mille dncatz contans. (Pillage de la maison de P. do Médicis. Gommynes.)

(I) 1508. Légons pour une foys, sur tous noz biens, la somme, de dix mille

livres tournoises, ensemble les abilletnens, bagues et joyatilx qu’elle aura. (Testament de Marguerite d’Autriche.)

(J) 1530. Ma dite Dame (Marguerite d’Autriche) lègue au roi de Hongrie une

de ses meilleures bagues. (Testament de Marguerite et son codicile.)

(K) 1536. Une bague d’or, en laquelle est enchasbé à l’ung costé ung camahieu

surfenille rouge d'ung homme nud tenant ung enlaut et à l’antre costé est l’ymaige d’ung homme accoustré de. rouge, la dite bague aiant à chacun costé une serraine d’or esmaillée. (Invent, de Charles-Quint.)

(L) — Une bague d’or, faicte à mode de médaille, où que an milieu a une

imaige de saincte Catherine, esmaillée de blancq, couverte de cristal de roche, garnie à l’entour d’une petite teste de prasme d’esmeranlde.

de de ai saphirs, d'un g petit balais et de quatre perles, aiant à l’entour ung cercle faict à branche et fenllaige.

(M; tH36. Une croix d’or platte, en fourme de bague.

(N) 1580. Sortir de la ville librement armes et bagues sauves. (Brantôme, les

Capitaines.)

(O) 1589. Il se fit apporter un petit estuy, dans lequel y avoit quelques bagues

d’où en prist deux pendans, qu’on luy pendit aux oreilles. (Isle des Hermaphrodites.)

(P) 1599. Une bagne, à pendre an col, d’une esmeraude contrefaite, en laquelle

est engravée la figure du Eoy, prisée sii escus. (Invent, de Gabrielle d’Estrees.)

(Q) — Une petite bague, à pendre au col, à laquelle y a quatre grands rubiz

en table et une autre petite table de rubiz au dessus, prisée — ijc 1 escus.

(R) 1605. L’ennemi fut très desplaisant de n’avoir trouvé le mary et moy et em-

porta néantmoins tout l’argent, bagues et habits. (Mémoire sur les eaux, par J. Banc.)

BAGUE. Après avoir signifié tout l’avoir (voyez Baghé), aussi bien les habillements que les joyaux, et dans ces joyaux les anneaux que l’on portait au doigt, ce mot n'a plus conservé, depuis deux cents ans, que cette signification. Au xv® siècle quand bague commença à signifier non plus un joyau mais un anneau, on ajouta au doigt , à porter au doigt , pour bien marquer l'intention, ainsi dans Jean le Maire des Belges : Tant de brasseietz, tant de bagues aux doigts. Nous avons conservé cette façon de parler, mais proverbialement : c’est ime bague au doigt, c’est-à-dire quelque chose en sus des prévisions , ou de défaite facile et commode.

(A) 1599. Bagues à mettre au doigt— autres bagnes de plusieurs façons. (Invent.

de Gabrielle d’Estrées. Ces autres bagnes sont des cachet», boites de peinture, montres. Je citerai trois anneaux :)

(B) — Une esmeraude gravée où est la peinture du roy, prisée xl escus.

(G) — * Une onix, où est entaillé derrière la peinture du roy, prisée vj escus sol. (D) — Une autre bague d’or, faite à la Turque, garnie de quinze diamaus et un cristail dessus, où est la peinture du roy, prisé vju escus.

BAHUT. On a couvert des coffres avec des peaux de vache et on a appelé plus tard ces coffres des vaches; il en est ainsi des bahuts. Dans l’origine c’était une enveloppe de cuir, ou d’osier couvert de toile, qui enveloppait un coffre, ensuite ce fut le coffre luimême et presque toujours une large boîte dans lequel on renfermait d’autres boites, puis, lorsque le mobilier de nomade devint fixe et stable, une grande armoire munie de ses tiroirs, enfin plus tard et exceptionnellement un écrin avec ses petites divisions pour les bagues. Les grands bahuts étaient charges sur des sommiers qu’on appelait chevaux bahutiers.

(A) 1302. Bidaus nul riens ni refusent,

Ains prennent partout comme ahurs Tentes et coffres et bahurs. (Guil. Guiart.)

(B j 1310. Ce sont les parties Richart d’Arragon, coffrier : Pour 2 panniers à espaces — Pour un babu à mettre sur les dis penniers — Pour deux coffres de la chapelle — Pour un bahu pour les dis coffres de la chappelle. (Comptes royaux.)

(C) 1352. Pour une naire de panniers fermans à clef, à tout le bahu, contenus

. ès dix manaemens, pour mectre et garder la cire, xij Ut. (idem ).

(Di 1387 A Pierre du fou, coffrier, de mourant à Paris, — pour une grant mal#

de cuir fauve garnie de toille par dedans , de courroies et de bloques , ainsi qu’il appartient, à tout un grant bahu à mettre par dessus ycell» male , — pour mettre et porter le lit de Madame la Royne , pour ce — viij l. p. ( idem).

(E) 1393. Pour déni coffres d’osier, couvers de cuir de truye et un bahu garny

de courroies— pour mettre les espices et dragouers de la roine. (idem).

(F) 1497. Four avoir rabillé et mis à point le bahu où l’on porte le lit du dit

Seigneur (le Roy.) (idem).

(G) 1559. Four avoir faict deux petits bahux , chascun de demy pied de long,

appelles tabourets, sur les couvercles desquels on mect des espingles et par le dedans des bagues, couvers de veloux cramoisy. (idem).

(H) 1599 Trois coffres de. balnis, dont l’un plat et deux ronds, garnis, deux de

' serrures fermans à clef — dans lesquels ont été trouvés les habits à

l’usage de 1a dite défunte dame. (Invent, de Gabrielle d’Estrees.)

(I) — Un coffre de bahu, vieil façon de garde robbe, de cinq pieds de loDg,

à trois serrures, l une d’icelles fermant à clef. (Rempli de linge fin.)

BAHUTIER. Faiseur de bahuts, uu coffretier, artisan qu’on ne peut élever à la classe d’artiste, taudis qu’à la même époque le nuchier, plus tard le menuisier et enfin l’ébéniste, étaient quelquefois de parfaits sculpteurs. Quand l’expression de bahut fut appliquée, non plus à l’enveloppe des meubles mais à uu véritable meuble qui renfermait plusieurs choses, le mot de bahutier n’était plus en usage , et c’etaient les huchiers qui le menuisaient.

BALAY. Rubis balais et rubis spinelle, deux variétés ou plutôt deux nuances différentes du rubis. Le premier est d’un rose clair, le second d’un rouge cédant au rose , le vrai rubis d’un rouge vif de cochenille. On u’a connu au moyen âge. et non sans raison , que le beau rubis (voyez ce mot) et le rubis balais; cette dernière dénomination me semble même avoir prévalu pour désigner tous les rubis. Il est question quelquefois de rubis d'Alexandrie, c'est-à-dire provenant de la ville qui faisait le grand commerce de pierres précieuses et qu’on distinguait des rubis d’Orient. Quant au rubis spinelle, c’est une désignation assez moderne.

(A) 1260. Ausi cou de février, mais.

Et li rubiz, dou balais,

N’a de beauté nul igance. (Gautier d’Epinais.)

(B) 1328. Le gros balloy, Madame , présié 1000 Ht parisis, vendu à la compa-

gnie des Bardes le dit pris. (Invent, de la reine Clémence de Hongrie.) (G) 1352. Des joyaux apportez de Jennes par Vincent Loumelin — ixviij Rubis balaya. (Comptes royaux.)

(D) — Des joyaux du temple, pour une grant ceinture d’or, pour dame, garnie

d’esmeraudes, de rubis d’Alixandre et de troches quarrées.

(E) 1355. Rubis d’Orient ne d’Alexandrie. (Statuts des métiers.)

(F) 1414. Ung gros balay quarré, appellé le balay de David, — baillé en gage

v de la somme de vijm ixc ilÿ liv. x«. (Comptes royaux.)

(G) 1420. Ung très bon et riche annel, fait tout d’un balay très fin et net, le- 1 ; quel feu MS le duc Philippe, cni Dieu pardoint, ordonna par sou

testament estre mis ou doy aes Ducs de Bourgoingne ses successeurs, quand iis prendroient la possession, à sainte Benigne de Dijon, de la lhichié de Bourgongne pesant, xliiij karaz. (D. de B. 4226.)

1H) 1467. Ung fermillet d’or, appelé les trois frères, garny de trois grans tables v ; de balays, d’un gros dy amant pointu à fasse et trois perles. (D. de Bourgogne, 2971.)

(I) 1560. Ung petit cymeterre aiant la poignée et le fourreau d’or nellé tout v couvert de mauvais rubis spinelles (luvent. de Fontainebleau.)

{ i ) 1600. Le rubis posé, jette un feu, cerclé île. nuages, suspendu en l’air il flamboyé, de là s'appelle rubis ballays. Baleno en Italie 'veut dire éclair, (Etien. Binet. Merveilles de la nature.)

ballaine. Baleine. Les grands animaux, sur terre et sur mer, ont reculé devant les progrès de la civilisation qui les affectait sous forme de filets et autres engins déplaisants. La baleine est du nombre. On a péché de tous temps, sur les côtes de la Normandie et de la Gascogne, d’énormes poissons qui sont appelés baleines dans un grand nombre de textes, à partir du vm* siècle, et qui deviennent dès lors l’occasion de profils, de concessions aux abbayes et d’impositions fiscales. Avant de conquérir l’Angleterre, Guillaume concède à diverses abbayes les langues et nageoires de. toutes les baleines prises ou échouées depuis le Tharel jusqu’au Thar, è l’embouchure de la Dive et sur toute, la côte du Cotentin. La baleine, et surtout sa langue, furent servies sur toutes les tables dans le moyen âge, et ont été maintenues en estime jusques assez avant dans le rvi« siècle. 1! eu est question dans les comptes royaux, dans les devis des grands festins offerts par la ville de Paris a l’occasion des entrées royales, dans le Liber Doinicilii de Jacques V d’Écosse (1525-1533), dans Rabelais, etc. C’était aussi la nourriture des pauvres, comme de nos jours la morue salée. Je ne citerai ici qu’un passage, par lequel on voit que les fanons des baleines étaient en usage au moyen âge. Ces mentions sont rares.

(A) 13SI. Pour faire et forgier la garnison d’argent d’une verge de ballaine.

( Comptes royaux. )

bai.i.aux. Balles ou boules ornées de pierreries, et formant l’extrémité de longues épingles qu'on fichait dans la coiffure des femmes.

(A) 1599. Neuf ballam de diamans, en huit desqnelx y a vingt quatre diamans à chacun et à l’autre vingt sept diamans, tous garnis de ienrs esguilles d’or, prisés mil escus. (Invent, de Gabrielle d’Eetrées.)

BALLESSEAU. Petit bailay.

(A) 1371. Une attache de xiv grosses perles, chascime par soy, de xiij saphirs et

de xxvj baleteaux, prise! c franc* d’or. (Compte du test, de la Royne.)

(B) 1379. viij florons où il a iiiiij hallesseaux percez. (Invent. de CharlesV.)

BANC. Ils étaient de toutes dimensions, quelquefois il dossier et très-souvent sculptés. La fourme ne s’en distingue d’aucune manière.

(A) 1365 Hanneqnin de laChapelle, pour un banc de taille à osteaux et à bestes de i pieds de long, six francs; pour un autre banc de taille à deux naremens et i marchepied de iij pieds de long , viij francs, lesquels bancs sont ès-cbambres du Roy.

— Jean de Verdelayet Colin de 1a Baste, hnchiers, pour un banc de cltesnc à conlombes, de xi pieds de long, •rus en la sale par terre, pour la grand table du roy, avec le dois (dosier ou dais?) d’icelle longueur, de trois pieds de lé, garay de traiteaox, lequel banc a esté aliongié le siège de deux personnes et hancié à doubles ptarebes et le dois pareillement, pour ce xiiij francs. (Comptes des bâtiments royaux. )

BANNIÈRE. Le mot est bien connu et encore en usage, il l’est moins dans l’acception que voici :

(A) 1453. Ils promettent, estant arrivés eu Turquie , de prier qu’on leur donne congé d’estre les avant-coureurs e( qu’en ce cas ils porteront l’en-

geigne de Nostre Daine en baneroles, alias bannières, sur leurs salades ou sur les habillements de teste qu’ils auront. (Math, de Coucy.)

barracane. Machine de guerre. Sorte d’auvent disposé comme un retranchement ou comme un mâchicoulis pour lancer, à l’abri de l’ennemi, des projectiles de feu. Le grand bâtard de Bourgogne l'avait piise pour devise, et il la portait sur son étendard. Elle se trouve aussi sur tous ses manuscrits, et entre autres sur le beau Froissait de la bibliothèque de Breslau, ainsi qu’au revers de son portrait dans la galerie ae Dresde.

(A) 1180*. Haut sont îi murs et partout li fossé,

Les barbacanes de fin marbre listé

Hantes et droites, ja greignors ne verres. (Rom. de Garin.)

(B) 1250*. Les barbacanes fist drechier,

Por son chastel mianz enforcier. (Roman de Renard.)

(C) 1480. Saillit le chevalier à l’arbre d’or, son cheval couvert de veloux tanné,

à grans barbacannes de fil d’or en bordure et lettres de même à sa devise (nul ue s’y frotte) et d’icelles barbacannes issoyent flammes de feu. (Olivier de la Marche. )

BAH RIS, B A R I LS. C’étaient de petits tonneaux, faits de bois rares ou de matières précieuses ; aussi les barillicrs de Paris revendiquent-ils dans lpurs statuts, en 1260, le privilège d’ètre exempt du guet, et de pouvoir travailler de nuit, ainsi que tout métier réservé aux riches et haults hommes. Ces barils, destinés au service de la table , et qui figuraient sur les dressoirs , étaient faits à l'imitation des tonneaux de vin , mais la partie supérieure s’ouvrait eu guise de couvercle. Us sont énumérés d’ordinaire avec les flacons , parce que , comme eux , ils étaient supportés par des gances et courroies attachées de chaque côté. Ils s’appelaient quelquefois barillets, quand ils servaient à contenir les eaux de senteur , les liqueurs fines , les sauces, et ils fermaient à clef.

(A) 1260. Nus barillier ne pnet ouvror à Paris que de iiij manières de fust —

c’est assavoir de fin cuer de chaisne sanz anbe, de perier , d’alier et d’érable — Li barillier pueent faire baris de fuz ae tamarie et de Brésil. (Livre des mestiers d’Et! Boileau.)

(B) 1313. Quatre barils de ivoir garny de laton. (Inv. de Pier. Gaveston.)

(G) 1363. Deux barris d’argent, dorés, qui ont les corroyés de soye ynde et ne sont point ferrez au lonc, fuers que aux deux boute et poisentxii marcs et demy. (Inveut. du duc de Normandie.)

(D) — Deux barr's, d’argent blanc, esmaillé des armes du connétable d’Es-

paine, poisent xix marcs et demy.

(B) 1379. Quatre barilz d’argent, esmailliez , à eourroyes de fil d’argent, posant environ civ marcs, vi onces. (Invent, de Charles Y.)

(F) — Deux barils d’argent, dorez, à un esmail en chacun fons, à courroye de

soye azurée, pesant xix marcs, iij onces et demie.

(G) — Deux barils, d’argent blanc , à moutarde, fermans à clef, — pesant

xvij marcs..

(H) — Deux barils, d’argent blanc, à mettre saulces, fermans à clef — pe-

sant xvii marcs.

(I) 1391. A Guillaume Àrode, orfèvre, pour avoir rapnareillé et mis à point un

baril d’argent à riiettre moustarde , pour le Roy , pour ce — xii s. p. (Comples royaux.)

(J) 1396. Pour douze barillez d’eau roze de Damas, prins et acbatés de lui pour

MB. le Duc ( d’Orléans) et mis tout en quatre barillez, c’est assavoir deux d’or et deux d’argent. (D. de B. 5755.)

(K) 1416. Un baril de bois, tout à œuvre de Damas, ouvré d'argeut doré , dont les dent fons sont d’yvoire à ymages enlevées, séant sur quatre angelz d’yvoire chacun tenant un doublet et y a une ceinture azurée clouée de doux de semblable envre — xxv livrl t. (Invent, du duc de Berry.'

bahr i MURS. C’était un métier, c'était aussi un office. Nous avons, dans le livre d’Estieune Boileau, les statuts des premiers, qui sont distincts de ceux des tonnelliers, et dans le curieux mémoire d'Olivier de la Marche les fonctions des seconds.

(A) 1260. Tit. xlvi. Des Barillicrs de Paris. Quiconque*; veut estre barilliers à Paris , estre le puet franchement, pour tant que II face bone œvre et loial. (Statuts des mestiers.)

:B) 1474. Le duc a deux barrilliers, lesquels doivent livrer l’eane au sommelier pour la bouche du Prince et avoir le seing des barils que l’on porte eo ta salle — et dessoubs eux a deux portebarils et, en la cave, doit avoir nn portier afin que nid homme n'entre où est le vin dn Pr uce , sans estre cognu ou par congé. (Olivier de la Marche. Estât du Duc.)

BASALT. Cette pierre est rangée par Dolomnieu dans les trapps et roches coméemies Elle est d’un vert foncé et mat. Les Egyptiens l’ont employée pour leurs plus beaux monuments de la statuaire, ils la tiraient des rochers qui s’élèvent sur la rive droite du Nil. J’ea ai rencontré des veines ae trente mètres de largeur 6ur des hauteurs incommensurables, dans les vallées de l’Arabie Pétrée. Toute l’antiquité et la renaissance ont sculpté des chefs-d’œuvre dans cette belle matière.

BASMIER. L'arbre de Judée, ou de l'Orient, qui était sensé produire le seul baume pur et efficace. (Voyez Triacle.)

(A) 1185. Et une boiste plaine de basme de basmier. (Graindor, CU. d’Antioc.,)

BASTES. Chatons. Je me réfère, pour ce terme qui revient tiès^ souvent dans les textes, à l’explication de l’orfévre Leroy, et je renvoie à ce que j’ai dit des éiftaux d’applique ou de plite.

(A) 1355. Que tontes pièces qui auront bastes sondées, soit pour mettre sur

soye, on ailleurs ne puissent estre clouées, mais conznes à 1‘aguille.

(B) 1730. Bastes. Ce sont les chatons, ou enchassures soudées à ces émaux d'or

et d’argent dont il est parlé plus haut et qui servoient à les attacher ou sur de la vaisselle ou sur des étoffes. U est ordonné que ces émaux, lorsqu’ils seront appliqués sur des étoffes , n’y seront pas cloués pgr leurs bastes on chatons, mais cousus à l'aiguille atin qu’on puisse les défaire plus facilement pour voir s’il n’y a pas de craye dessous. (Leroy.)

BASTON. Je n’ose décider dans quelle cérémonie royale ces bétons furent en usage. ( Voyez Baston à seigner et Potences. ) Etaitce tout simplement des bastons, l’équivalent de nos cannes ?

(A) 1300* A sa main i baston qu’à or fut entaillez. (Parise la Duchesse.)

(B) 1379. Un baston, appellé le baston an Lyon, et est fait en manière de potence

dont les deux sont d’y vire blanc , les deux d’ybène et les deux autre* de cyprès et a, au bout du dict baston, une pointe d’argent couronée etverré. (Inventaire de. Charles V.)

(C) — Deux bastons de cèdre, garnis d’or, à deux pommeaux rons dessns, où, . en l’un , a les armes dè France et, en l'autre , de Mons. le Dalphin.

(D) — Deux autres battons de bois, ouvrez à lyons dessuz.

B ASTON DE CHANTRE. Le Chantre était un dignitaire ecclésiastique de premier ordre, et le bâton qu’il portait avait sou importance. Quelle était sa forme? Je réponds : dans les premiers temps, le

tau, qu'on a cru être une crosse, et plus tard, le bâton droit, quand les évêques eurent pris ombrage de rette demi-crosse. Un bâton en forme de tau, nue j’ai vu à la vente de M. Baudot à Dijon , est entièrement sculpté dans le goût du xue siècle , et présente à la partie inférieure deux ecclésiastiques , dont l’un , l’évèque , tient la crosse en main , l’autre, le chantre, tient le tau. Quand je décrirai les monuments, je reviendrai sur cette particularité. (Voy. Potences.)

(A) 1295. Bandas Cantons de peciis ebnmeis et suminitate cristallins , ornata

circuits argenteis deauratis, triphoriatus lapidibns insertis. (Invent, de Saint Paul de Londres.)

(B) 1376. Un baston de ybenus aorné d’argent , esinaillé ans armes de France

et de Bourgoigxie — pour l’office dn cbantre. (Inv. de la Ste-Cbapelle.)

(C) 1573. Ung camabieu, entaillé en façon d'un gros homme tenant en sa main

dextre une couronne d’espines, d’argent, esmaillée de verd et tanné et en la main senestre une double croix d'argent doré (placé au bout d'un bâton) lequel baston est appelle le baston dn chantre qui est d’un bois nommé hebenne. (Invent, de la Sainte Chapelle.) baston' A SEIGNER. Le sceptre porté dans la main droite était le symbole de l'autorité souveraine, le bâton surmonté d’une main qui' bénit . appelé baston à seigner ou à bénir, et que les rois portaient dans la main gauche, me semblerait avoir un caractère religieux et marquer une reconnaissance de l'autorité ecclésiastique, en témoignant que la consécration divine est accordée à la dignité souveraine. Y chercher une prétention de nos rois â une délégation de la bénédiction, comme un droit propre de consécration religieuse, ce serait méconnaître l’esprit du moyen âge ; n’y voir comme les bénédictins qu’un symbole ae l’autorite administrative, c’est faire trop d’honneur aux idées gouvernementales de nos rois. Régner c’était pour eux administrer, et, à cet égard, le sceptre aurait suffi. Son origine est évidemment dans la main de Dieu nimbée ou non nimbée, qui exprimait, dans les premières représentations des chrétiens, l'intervention de la Divinité dans les actions du fils de Dieu et dans celles de ses créatures d’élite. Elle se voit tout d’abord au-dessus de la tète de Charlemagne et de, ses successeurs , puis à côté de la tète de Hugues Capet, et déjà comme attribut de sa dignité, enfin au bout d’un bâton dans la main gauche de Louis le Hutin. « Cette main de justice , dit Montfaucon , élève trois doigts et plie les deux autres; s’il y a là quelque mystère, je ne le comprends pas.» Le mystère se réduit à la forme de la bénédiction consacrée dans le rite latin. ( Voy. Bénédiction. ) Ces mains, ou baston â bénir, étaient faites en ivoire, en corne de licorne, etc., etc. 11 y en avait une dans le trésor de l'abbaye de Saint-Denis avec les insignes royaux , et les rois en avaient d’autres dans leurs trésors, dont ils se servaient dans les grandes cérémonies. J’en décrirai quelques-unes qui ont passé dans les collections particulières, quand je traiterai des monuments.

(A) 1360. Invent, dn Duc d'Anjou, 20.

(B) 1379. Un baston à seigner, qui a la teste d’un aigle de Cassidoine, assise

sur j pomtnel d’or esmaillié et a ou bout une virole d’or à la pointe d’argent. (Invent, de Charles V.)

(C) 1422. En l*une de ses mains (Charles VI) tenoit un ceptre et, en l’antre

main, une verge comme celle qni fnt envoyée du ciel, car au bout avoit en semblante une main qui seigne on beueit et estoient les dictes couronne , ceptre et verge tout d'une matière , en façon d’argent doré. (Obsèques du roy Charles VI.)

(B) 1461. A Jeli.in Somnoan , jadis orfèvre, pour avoir faict et livré un* couronne, un sceptre , et la main de justice d’argent, [lésant vi marcs , ij onces et derayes, à viij liv. ij sols, vi den. le marc — lvij iiv. uj d!

(E) — Ponr la façon et dorures, à iiij liv., ij sols, vi den. le marc — uvi liv.

viii den.

(F) Pour une autre couronne, garnie de pierreries, un sceptre et une main

de justice servant pour la statue à rentrée de Paris, pesant vi marcs, îij onces, iy gr. — xxi liv. xviij sols. (Compte desobseq. de Ch. Vil.) ,C) 1498. Et sera mise la stature du dict seigneur en son habit royal , comme s’ensuyt : — tenant en ses mains, en Iadextre, le sceptre royal et à la sepestre la main de justice et son ordre an col et aura ses mains gantées. (Ordre tenu à l’enterrement du roy Charles VIII.)

(Il) 1513. Geste noble dame, estant en son cereneil, — y avoit près d’elle nn carreau de drap d’or on estoit la couronne , sceptre et main de justice. (Ordre de l’enterrement de la Koyne, Anne de Bretagne.)

(1 ) 1514. Ponr avoir faict et taillé nng grant ceptre de six pieds de long et une main pour la faincte et stature du dict seigneur ( Louis XII) , le tout doré de tiu or bruny. ( Compte des obsèques du Roy.)

( J ) — Pour nng gros anneau d’argent doré, achaptc d’enh (Denzan et Mangot, orfèvres du Roy), pour mettre an doy de la main de justice. •

K} 1539. Je ne puis oublier que Charles cinquiesme, empereur, passant en France pour aller en Flandres, lny estant monstre le thrésor de Saine t Denis avec la conronne et ornemens royaux que l’on y garde , quelqu’un lny disant que ceste main estoit taillée d’une pièce de licorne, respondit que de plus convenable matière ne pouvoit estre composée la main de justice, laquelle doit estre nette et sans venin. (Fauchct, Ant. françoiscs.)

bastonnet. Un petit bâton destiné à accoupler deux chiens en les maintenant à distance l’an de l’autre.

(A) 1399. Un petit bastonnet d’y benus , garny d’argeht, à faire une couple à

chiens. (Invent, de Charles VI.)

BATTERIE DE CUISINE. Dés le xii6 siècle, cette locution «tait en usage et prenait son origine dans les ustensiles de cuivre battus et repousses dont je parle à l’article Dinnnderie , mais Ja batterie de cuisine se composa en outre des pièces fondues et ciselées de fabrication allemande (à partir du xive siècle ), et des pièces tondues en étaim. L’art avait pénétré daus ces trois modestes fabrications.

(A) 1300. M'en ving par la Feronnerie

Après trouvé la batterie. (Le dit du Lendit.)

BATEüRE. Métal battu, réduit en feuilles minces, qu’on emploie en découpures sur les étoffes et en dorure sur les matières solides , ou bien étiré et aplati, puis enroulé sur un fil de soie avec lequel on brode les étoffes. En général , les métaux ainsi préparés, tels que le cuivre et l’étain , étaient sans valeur et servaient plutôt a des objets de parade et d’apparat qu’aux productions de l’art traitées avec soin. Les batteurs ae métaux étaient en même teiqps étireurs , c’est-à-dire qu’ils faisaient la feuille et le fil; et comme les fils d’or étaient employés dans les broderies les p’us fines des vêtements les plus éclatants, et dans les tapisseries de haute lice les ulus belles et les plus recherchées, ils prétendaient être traités sur le même pied de privilèges que les orfèvres.

(A) 1 160*. Ainz tissent poiles et bofus

• Et drap de soye à or batus. ( Ferseval.)

Ses chevaus, qui est grans et haus Ert convers d nn drap d’ôr batu.

( Roman de la Manekine, cité par P. Michel.)

(C) — Robes, vessel d’argent et d’or

Et dras de soye à or battuz

( Kntebeuf,la Vie de sainte El y sabe]. )

(D) 1200. Titre xxxi. Des hatenrs d’or et d’argent à filer.

— Titre xxxn.Des basteurs d'estain. — Li hatenrs d’estain pnet taindrfc son estain de tontes manières de eonleurs.

— Titre xxxm. Des batteurs d’or et d’argent en feuilles à parc. — Leur mestier ne doit point de guet — quar leur euvre n’apartient fors à sainte Eglise et ans haus hommes, et est leur mestier un des membres as orfèvres qui quite sont. (Us des métiers recueillis par Est. Boileau.)

(E) 1352. Pour faire ij couvertures à chevaux, l'une de bateure pour le tournoy,

et l’autre de couture pour la guerre. — Pour couldre et assembler le poille et faire la bordeure et bateure d’icelui. (Comptes royaux.)

(F) 1353. Pour j eschequicr de bateure et de cristal.

(G) 1360. Batteure de soye et de feuille. (Est. Deschamps.)

(H) 1391. À Robeit de Varennes, brodeur, — Tour avoir eslargi une chambre

de bateure. (Ducs de Bourgogne, n° 5515.)

(I) 1396. A Jehan de Glarcy, brodeur, — pour la perfection d’nne chambre de

bature que la Duchesse doit avoir à ses relevailles. (D. de B. no 5724.) (J ) 1402. Lps selles des deux chevaux , l’une sera pour la guerre, arinoyée de cousture, et l’autre pour le tournoy, annoyée de bateure , — et seront les bannières, c’est assavoir celle de la guerre de coustnre , et celle de tournoy de batteure. (Obsèques du Comte Louis de Sancerre.)

BECHO et Becco, que les Italiens ont conservé, un bec, et, dans la citation, suivante une bobèche.

(A) 1467. Deux candelliers, à quatre bechos, tout d’argent blanc. (D. de B., n° 2071.)

BESDA1NE. Vase à grande panse. On nommait bedaine à anse certains projectiles qu’on lançait, au xv® siècle, avec des canons.

(A) 1400. Deux besdaines d’arain pour servir à porter l’eaue des bains de Ma-

dame la duchesse de Toorraine, — il s. p. (Comptes royaux.)

(B) 1467. Une bedanne d’or, couvert, et a une demie poingnie et an dessus nng

bouton garni ront, pesant iij m., vi o. (D. ae B., 2289. )

BENEDICTION. Il y a, pour l’étude des monuments, une distinction importante à faire entre les formes latines et grecques de la bénédiction ; elles diffèrent si essentiellement qu’elles servent à reconnaître mie composition de l’église grecque et une composition de l’église latine. Je dis composition , parce que l’art byzantin a joui, au moyen âge, d'une telle vogue, que les artistes catholiques romains ont très-bien pu répéter des compositions originairement faites par des Grecs schismatiques de Constantinople. A partir de 1153, époque fatale du grand schisme , ces deux formes différentes de la bénédiction sont tout à fait caractéristiques. L’église latine bénit en ouvrant le pouce et les deux premiers doigts de la main droite, en fermaut l’annulaire et le petit doigt; l’église grecque bénit en élevant les premier (index) et second doigts, en pliant le cinquième et en réunissant le pouce , au quatrième doigt.

(A) 1550*. Comment on représente la main qui bénit. Lorsque vous représentez la main qni bénit, ne joignez pas trois doigts ensemble ; mais croisea le pouce avec le quatrième doigt, d# manière que le second ,

nommé index, estant droit et le troisième étant un peu fléchi, ils forment, à eux deux, le nom de Jésus ( I H CO Y G ), IC. En effet, le troisième doigt restant ouvert indique un I (iota), et le troisième forme, par sa courbure, un C (sigma). Le ponce se place en travers du quatrième doigt ; le cinquième est aussi un peu courbé , ce qui forme l’indication du mot ( X P I C T O C) XC;carla réunion du pouce et du quatrième doigt forme un % (chi), et le petit doigt forme , par sa courbure, un G ! sigma). Ces deux lettres sont l'abrégé de Christos. Ainsi , par la divine providence du Créateur, les doigts de la main de l’homme , qu’ils soient plus ou moins longs, sont disposés de manière à pouvoir figurer le nom du Christ. (Le Manuel de la Peinture du moine Denys du mont Athos, publié par MM. Didron et Durand.)

BERICLE et aussi bczicle. Le cristal dont on faisait les verres de lunettes , plus tard le verre artificiel employé de même et qu'on distinguait du cristal naturel , enfin par extension les bezicles ellesmêmes. Le mot lunette fut réservé d'abord pour les cristaux qu’on mettait au fond des boites , soit pour servir de miroir , soit pour préserver des portraits miniatures, puis il s’étendit aux oezicles. Quant à cet ustensile, instrument d'optique imaginé pour venir en aide à une infirmité vieille comme le monde, on n’en saurait faire remonter l’invention plus haut qu'à la dernière moitié du xme siècle, et à partir de cette époque les personnages de l’Ancien Testament apparaissent, dans les sculptures , les peintures et les vitraux, armés ue bezicles. On les portait, comme nos lorgnons, suspendus au col, ou bien dans sa poche et quelquefois dans son livre d'heures disposé exprès par le relieur.

(A) 1140*. Vasquoque aliud, quod instar berilli ant cristalli videtur. (Siiger,

De Rébus in adm. sua gestis.)

(B) 1372. Pour un vende encorné en manière de Innette , prisé ix francs.

(Compte du testament de la Royne Jehanne d’Evrmix.)

(C) 1379. Deux bericles dont l'un a le manche de bois. (Invent, de Charles Y.)

— Une béricle rond, plat, environné de corne noire.

(D) 1399. Un bezique rond, plat, environné de corne noire (Je même objet que

celui précédemment décrit. Inventaire de Charles VI.)

(E) 1400. Ung bezicle en une queue d’or. (Invent. D. de B., tome IV.)

(F) 1403. Forgé une platine d’argent doré , pour mettre ex ées du livre dn duc

(de Bourgogne) pour mettre ses lunettes, afin qu’elles ne fussent cassées. (Archives de Dijon.)

(G) 1416. Trois grosses pommes de bericle. li. s. t. (Invent, dn Duc de Berry.)

(H) 1420. Deux bericles, ou œillez d’or, de cristal, assis sur un camelot cendré,

que l'on met pour la pouldre devant les yeulx quant l’on chevauche, an bont des quelx a ij bontons de perles. (Ducs de Bourgogne. 4239.) — Une estuy à rrillez d’argent, néellé, escript dessus : Y me tarde, garni de Dérides, pesant tout ensemble, iiij onces, ij est. (D. de B. 424*7.)

(I) 1433. A (quatre noms d’hommes) des Innettes d’or garnies de bericles.

(Chambre des comptes de Nantes,)

(J) 1454. Ung estuy de lunectes pour Monseigneur le Duc (d’Orléans). (Ducs

de Bourgogne, n® 6789.)

— Une domaine de lunectes de besicle fines avec ij estnys. (Ducs de Bourgogne, n° 6805.)

(K) 1461, Ilz auront, et je m’y consens,

Sans l’estuy mes grandes lunettes.

(Fr. Villon, gr. test.)

(L) 1488. Item pour hait lunettes, baillées à mes dicts seigneurs , leiiijejonr

d’avril x s. viij deniers. (Compte dn Dota, de Paris, cité par Mouteil.)

(M) 1500. Eane clère comme crystal

On fin béryl. ( J. Le Maire des Belges.)

(N) 1502. Pour dix paires de lunettes apportées à denx fois audit Seigneur Roy,

audit lieu de Bar, dont y en avoit trois paires de cristal et les autres de béril, pour ce — 1 s. t. (Comptes des Bues de Lorraine.)

(O) 1524. Une béricle, garnie le manebe d’argent et audessus dndict manche

ung petit lion douré, pour lyre sur uug livre. (Inventaire de Marguerite d’Autriche, n® 225.)

(P) 1532* . Et ne vouldroys — pour toutes les lunettes de l’Europe ; non pour

toutes les bezicles d’Africque. (Pantagruel. Rabelais.)

(0) 1540. Berillus spéculum cristallinuni consecratum — Berillistica, est ars ipsa visiones iu berillls et cristallis videndi. (In Onomastico nistico Paraeelsi.)

(R) 1555. Besicles, que nous appelons autrement lunettes. (Pasquier, Recherches.)

(S) 1589. Gens qui portent lunettes ou béricles — ne peuvent pas voir de. .si

loing. (saint-Julien, Meslanges,)

BERIL. Variété de l’émeraude. On a vu. dans l’article précédent que le mot Bericle, souvent écrit béril, s’appliquait au cristal -de roche et au cristal artificiel ; c’est une confusion dont Palsgrave cherche à sortir, et que j'ai tenté de faire disparaître.

(A) 1372. Beril est une pierre qui croist en Inde , qui est semblable à l’esrme-

ranlde en verdeure. (Le Propriétaire des choses.)

(B) 1440. Béryl, precyous stone, Berillus. (Promptorium parvulorum.)

(C) 1500. Marbres polys aussi clers que béryl. (Jean le Maire des Belges.)

(D) 1530. Berall, fyne glass, beril,

Bcryll , a prêtions stone, beril. (Palsgrave.)

(E) 1600. Le beril est du naturel de l’esmeraude, mais il est sombre si les an-

gles ne donnent vigueur et gayeté à leur eau. Le chrysoberil est de lustre doré , mais blaffard et encore plus blesme le chrysoprasns. (Etienne Binet. Merv. de la Nature.)

BERNIGANT. La citation suivante me fournit cette expression et son commentaire.

(A) 1420. Un graut bernigant d’argent, faisant aiguière. (D. de B., 4193.)

BERRUIERS. Anneaux ornés, espèces de petites couronnes. Les citations suivantes servent à l’explication de ce mot, je n’en saurais donner d’autre.

(A) 1412. Kspées, berruyers et autres armeures. (Ap. Bu Gange.)

(B) 142o. Une sain tu re d’argent pour la jouste, ou pour dancier, fajete de

xij gros doux aguz , comme pieux , à trois quatre* et entre chacun clou a ung rabot et à ycelle pendent xxiiij berroiers d’argent. (Ducs de Bourgogne, 4126.)

(C) — Un cercle d’or sur lequel a viij rabot et à chacun rabot pendent , à

chesne d’or, chapeaulx d’Alemaigne , nomme* barruiers , garni* de boude et mordant dor, assis sur cuivre. (D. de. B., 4123.)

berseil. Berceau, de hersa, le treillis de rameaux dont le berceau était fait. Ce meuble était souvent orné et peint avec un grand luxe. Voyez Hiers .

(A) 1387. Un berseil à parer qui avoit esté paint et ordonné pour feu MS. le

Daulphin, et lequel est mis en garde et garnison au Louvre , en la chambre aux joyeauli. (Comptes royaux.)

(B) 1396. A Jehan Parchet, peintre, pour denx biers à berser, l’un grant et

l’autre petit, par lui peins , pour l’enfant de la gésine dont da dite Dame Duchesse est à présent grosse. (Ducs de Bourgogne, no 5723.)

BEBSOUERE. Le pied en bateau qui donne le mouvement au berceau. Voyez Biers et Berseil.

(A) 1388. A Jehan le Huchier, pour uu berseil de bois d’Illande avec la bersonère faits par lui et livré — pour bersier madame Jehaune de France, fille de Madame la Roy ne, pour ce — viij liv. p. (Comptes royaux.)

BIBLE DES PAUVRES. Les efforts du clergé pour instruire le peuple dans la connaissance de la religion, ont dû sr, modifier suivant le degré d'éducation qu’il avait développé lui-même ou qu’il rencontrait. Aux premiers siècles du christianisme suffirent les sculptures des cathédrales, les vitraux, les peintures sur les murs, et les légendes qui accompagnaient ces grandes compositions. Quand la lecture eut un plus grand nombre d’adeptes, les bibles abrégées écrites snr parchemin, historiées à l’usage du peuple, c’està-dire formées de compositions simples , de texte explicatif bref et facile, vinrent se joindre aux légendes murales. Les progrès de l'instruction populaire, lents d’abord, font des pas de géant; la

Èlutnc et le pinceau ne peuvent suffire aux demandes et aux besoins , ieu donne des planches de bois gravées, et les histoires de la Bible, de la Vierge, de l’Apocalypse, se multiplient par l’impression. Cette xylographie est encore insuffisante; Dieu accorde les types mobiles, et la Bible , texte et gravures , est mise à la portée de tous par l'imprimerie.

(A) 1161 . Femme je suis, pauvrette et ancienne

Qui riens ne scay, onques lettres ne lent ,

An Moustier voy, dont suis paroissienne.

Paradis painct où sont harpes et lus Et ml enfer où dampnès sont boulins.

L’unir me fait paour, l'autre joye et liesse... (Fr.Vilion.Test.)

BILLARD. La table du billard, tel qu’il s’est développé, est moderne; mais le petit billard est du xvt« siècle, et le jeu ue bille est beaucoup plus ancien. C’est à la dernière de ces variétés çrn'il faut appliquer la citation que j’ai extraite des poésies d’Eust. Deschamps.

(A) 1360. Il a trop froit qui a tel billard bille

Encourez est chétiv cl nipieuv Et a les doiz roides comme chevilles Rome le prentet puis devient tousseiu. (Eust. Deschamps.) (B) 1571. Je vous prie nous envoyer ung jeu de billard et une anltre jeu que l’on nomme le tron madame. (Claude de France, duchesse de Lorraine, à F. Holtman.)

BILLE. Le mors de cbappe, en forme de boule.

(A) 1467. Une bille d'or, servant à chappes, "fait 4 rayes de soleil, garnye de plusieurs perles, de rubis et de dyamans et n’y fauit riens, pesant iiij onces, xix est. (D. de B., 2174.)

BISETE. Galon brodé.

(A) 1351. Oifroisiées de bisete d’or de plitte. (Comptes rayant.)

(B) 1352. Chapel de bièvre orfroisié de bisète et. de pièces esmailliées. (C. ray.)

BLOL'CQCE et BLOUCQL'ETTE. Ce mot semble être une altération et uu diminutif de boucle , et cependant je le traduirais volontiers par lacet et aiguillettes dans les citations suivantes. (Voyez ce dernier mot.)

(A) 1300. Et si ont les longues comètes

Page 1