‹ Glossaire francais du moyen age a l'usage de l'archeologue et de l'amateur des artsChapitre 44 sur 46 · S58 GLOSSAIRE · texte numérisé non relu

S58 GLOSSAIRE

<») 1336. Pro malis cortis datisper Dominum pro dmaylüs dorans Dom. Gnidoriisde Grolea, quam Bominus emerat. (Comptes de Humbert II.)

EAU K HENOISTE. L’autel portatif faisant partie du bagage de voyage; il fallait avoir des vases fermés pour porter Peau bénite.

(A) 1380. Un barillet d’argent blanc, véré , à mettre eaue henoiste , esmaillié aux armes de Monseigneur le Dalpbin , pesant iij marcs, v esterlins, (Inventaire de Charles Y.)

fB) — Un petit flacon pour mettre eaue henoiste, — pesant ij marcs.

EAUBENOIST1ER. La fontaine aux ablutions, qu’on trouve aujourd’hui dans les mosquées, et dont les dévots musulmans font, en* Orient, un pieux et tres-utiie usage , n’est qu’une imitation du cantharus, que les chrétiens rencontraient au milieu de l’atrium en entrant dans leur église, que les Grecs du mont Àthos ont conservé dans leur couvent, et que l’église catholique d’Occident a peu à peu remplacé parle bénitier, qui n’en est, et dans sa forme et dans son usage, qu'une réminiscence symbolique et comme un lointain souvenir. Le baptême par immersion , comme les ablutions , avait pris naissance en Terre-Sainte, sous le climat qui permettait, qui oxigeait ces habitudes; l’Eglise a sagement modifié ces formes du sacrement dans les climats nui ne les comportaient plus. Le bénitier. vase placé à la porte d'entrée de chaque église, et au chevet du lit dans chaque maison, figure dans tous les inventaires.

(A) 1295. Unumvas argenteum ad aqnam benedictam , cum opéré levato de

ymaginibus et interlaqueato vineis et ansa est dnobns draconibus , ponde ris viij marcarum, aspersorium de ebore. (Inventaire de Saint- Paul de Londres.)

(B) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 4, 30, 279.

(C) 1363. Une bouteille d’argent à mettre yauc bénoiste à porter par chemin.

(Inventaire du duc de Normandie.)

(D) 1372. Un eaubénoistier, à tout l’asperges et la chaienne qui tient le dict as-

perges, tout d’argent blanc, pour mettre en chambre, et sont dorez aux quarres, prisié xx francs d’or. (Compte dn test, de la Royne.)

(E) 1380. Une eanebénoistier et son aspergés d’or que l’on met an chevet du

Roy, de nuit, tout rond, cizelé par dehors à lozenges et fleurs de lis, pendans à une chaisne d’or, pesant iij marcs, une once d'or. (Invent, de Charles Y.)

(F) — Un eaue bénoistieret l'aspergés d’or, à v j costés, à iiij esenssons es-

mailliez de France, pesant viij marcs, vij onces d’or.

(G) — Un eauebénoistier, avec l’aspergés, d’argent blanc verré et deux gar-

gonles à l’ance , et est le pommel de 1 aspergés rond, esinaillié des armes de France, pesant v marcs, iij onces.

(H) — Un très petit bénoistier et son aspergés doré et esmaillié par les costez,

pesant un marc ij onces.

(I) 1410. Un bénitier d’or. (Ducs de Bourgogne, 6191.)

(3) 1416. Un bénoistier de cassidoine à deux ancesde mesmes, et dessus a une ance d’argent doré de deux serpens entortilliez l’une en l’autre, — xvj liv. t. (Inventaire du dnc de Berry .)

(R) 1510. Ung bénoistier d’argent doré et esmaillé, pesant iiij m. iij o. d. (Inventaire dn card. d’Âmboise Georges I.)

(L) 1560. Ung bénestier de cristail, taillé à feoill&iges , garny d’or, esmaillé.

avant son goupillon d'argent doré seulement, — ijc. (Inventaire dn cnasteau de Fontainebleau.)

ÉBÈNE. Bois de l’ébénier. Après avoir été assez rarement employé dans la sculpture d’ornementation, l’ébène devint tout à coup, au xvi» siècle, le bois le plus recherché. Ce goût partit de Venise, ii dut son extension aux facilités nouvelles de se le procurer et au talent qu’on acquit pour le travailler. De cette époque date la transformation du mot huchier en ébéniste. (Voyez aux mots Boston Cabinet, etc.)

(A) 1260. Nuis hum ni pont trovcr jointure

Ni ont keville ne closture *

Ke ne fust tute d’ebenus,

N*est sons ciel ors qui vaille plus. (Marie de France.)

(B) 1295. Item quatuoï cassedulas de ebore fractas et unam de ebano guarni-

tam de argento. (Invent. MS. thés, sedis apost. ap. Du Cange.)

(C) 1350*. Ebeni es arbre negre, lis, pla, dur et gren...

Fnstz mot precios cnm ebeni.

(Elue, de las prop.)

(D) 1599. ün tableau d’ébevne gamy d'argent doré, dedans lequel est la pein-

ture dn Roy, prise iv escus. (Inventaire de Gabrielle d’Estrées.)

Écume DE mer. Magnésie silicifèrc. Sorte de faïence ou de terre de pipe produite artificiellement de la manière suivante. On extrait de certaines carrières de la Crimée cette terre de pipe qu’on étend, qu’on agite et qu’on lave pendant plusieurs jours dans de grands bassins remplis d'eau. On la brove et on la passe ensuite avec soin pour la purger de toutes matières étrangères, puis on la pétrit et on en forme de petites masses qu’on fait bouillir dans du lait et ensuite dans de la cire mêlée à de l’huile de lin. Cette terre de pipe particulière, qui prend facilement des tons laiteux, jaunes et bruns, n’acquiert jamais de dureté, se raye au moindre contact et, employée dans la sculpture, ne présente à l’artiste d’autre dilficulté que sa trop grande friabilité.

EGUIPPILLON. Goupillon, dit aussi Espergès et Aspergés.

(A) 1353. Pour un eauebéuoisüer, avec l’espergès de cristal, assis sur trois niez

d’argent dorez, pesant v marcs, v est. (Comptes royaux.)

(B) 1380. Un bénoistier, et l’éguippiilon de cristal, garnis d'argent doré. (In-

ventaire de Charles V.)

(C) 1461. A leurs chevets (des amans) de pleurs et termes

Trestout fin plain ting bénoistier Et nng petit brin d’esglantier,

En tout temps verd, pour gouppilloo,

Pourvu qu’ilz diront ung psaultier

Pour l’ame du ponvre Villon. (Fr. Villon, Gr. test.)

EMPRAINCTE. Épreuve en relief d’un moule en creux, produite, soit par le moulage, l'estampage, la pression à froid et à chaud sur matières molles, la frappe sur matières dures, et enfin la fonte. Tous ces procédés furent employés au moyen âge, et, dans chacun d’eux, la lettre mobile a son rôle. Quand on étudie le point de perfection où ils étaient par venus, on s’étonne de l’avénement si lent de la découverte de Timpression et de l’imprimerie. On disait Empreinture pour le travail d’ornementation exécuté par le procédé du moulage. (A) 1220. Lib^nij cap. ulxiv. De opère quod sigillis imprimitur. (Divers, artiiim

(B) 1260. Li séliers apèle chose emprainte, ou empastée, on ieteteiché d’estain,

quant aucuns fet euvre par molles , de quelque molles que ce soit, chose que li molles soit faiz et puis celle chose mollée ataché k chlle seur l’arçon. (Liv. des Mostiers.)

(C) 1300. Seigneurs véez ci seel de quoy je usoy avant que je alasse Outremer,

et voit on cler par ce seel mie l’empreinte au seel brisée est semp* blable au seel entier. (Joinville.)

(D) — Quand fu un peu avant allé,

Je vy un verger long et lé,

Enclos d’un gros mur bastillé,

Pourrait dehors et entaillé

Le maintes riches etnpreintures. (Roman de la Rose.)

(E) 1399. Une empraincte d’or et en chacun costé a nne figure et pend à un

peù de sove bleue. (Inventaire de Charles VI.)

(F) 1416. Une emprainte de plomb, où est le visage de François de Garare ën

un costé et en l’autre la marque de pade. (Invent, du duc de Berry.)

(G) — Un livre de Renart et plusieurs autres livres dedans, couvert de colt

vermeil, empraint à deux fermoers de cuivre, et est la couroye des dix fermoers de cuir vermeil tout plain, valent — 1 s. t.

U) — Un petit livre où sont les sept seauimes — couvert de cuir ronge enfl-* praint, à deux fermoers d’argent dores, esmaillez d’une couronne d’espines et a escript, dedans la dicte couronne , Jhus — lequel livre Christine de Pisan donna à MS. aux estraines, prisé — c sols t.

(I) 1461. A Jacob de Lictemont, paintre, pour avoir moulé et empreint le visagé dn dict feu seigneur, pour servir à l’entrée de Paria -1- iiiij liv., xyj'S. (Compte des obsèques de Charles VII.)

encensoir. L’usage de l’encens, dans l’église catholique, daté du temps où les chrétiens purent exercer leur culte sans crainte defc persécutions, sans crainte aussi d’ètre confondus avec les païens, «moi qu’ils admissent quelques formes extérieures de leur culte, sous Grégoire le Grand, on encensait généralement dans les églises, et de ce moment les artistes s’emparèrent de l’encensoir. II semble qu’on ent, au xm« siècle par excellence , un sentiment élevé et vrai de l’art appliqué aux choses saintes , et les trois ohapitres , anè le moine Théophile consacre aux encensoirs , en sont la meilleure preuve.

(A) 1220. Lib. ni, caput lix, De Thuribulo ductili. Cap. lx, De Thuribulo fu-

sili. Cap. lxi, De Catenis. (Div. artium Schedula.)

(B) — Acerras aureas et argenteas plurimas inter quas una erat de lapide

integro onychino concavo, habens similitudinem vermis horribilis id est, mifoms. Concavitas ejus patebat in dorso, uM et circules argëntens cum litteris græcis ambiebat. In fronte hujns acerræ, quæ caput babebat simile vermi monstroso, erat lapis topazius, valde pretiosns. In oculis hnjire acerrié argenteas et grups concavas tantæ magnitudinis enjus vivæ, quae solebant poni juxta altare hinc et inde et dorso patebant impositisque carboninns et thure vel thymiamate fnmum per guttnra et rostra emittebant. (Inventaire de l’église de Mayence. Chïonicon Gonradi, epise. ed. Urstitius.)

(C) !295.Dno turribnla argentea, exterius totaliter deaurata , cum opéré gra-

va to et levato, cum ecclesiis et turribus et sexdecem campanellis argenteis apensis et cathenis albis argenteis, ponderis xj m. xx d. (Inventaire de Saint-Paul de Londres.)

(B) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 31.

(E) 1380. Un encensier à clochier, tout doré, pesant iiij marcs. (Inventaire dé Charles V.)

— - Deux encensiert d’argèiR dorez, à trois escncotré , estnadllièz dM armes de Monsieur le Dalpnin, pesaût v marcs, iij onces.

(F) 1399. Un encensier d’or, à quatre cheminées et quatre lucarnes, pesant, à tout le fer, deux marcs, quatre onces, quinte esterlins. (Inventaire de Charles VI.)

ENCRIER. Voyez aussi Escritoire.

(A) 1380. Un encrier d’argent doré. (Inveot. de Charles V.)

(B) 1416. Un ancrier longuet, de cuivre argenté, à plusieurs ouvrages de la fa-

çon de Damas, dedans lequel a un canivet, le manche de bois , uns cizeaulx d’argent doré esqnelz a par dedans petit ours et par dehors les armes de Monseigneur. — nliv. t. (Invent, du duc de Berry.)

(C) 1528. A Pierre Rosse t, libraire, demourant à Paris, pour deux estuicts faicts

en façon d’ancriers, aussi de cuir doré, garnis chacun de deux boucles et de deux cornets à mer.tre ancre et pouldre et d’une raigle , le tout d’argent, d’un cadran d’yvoere garny d’argent , d\m petit poinson, d’un canyvet et d’un compas d’acier. (Comptes royaux.)

ENGIN. Adresse, intelligence, et, dans une autre acception, une machine et des outils ; ce mot est dérivé de Ingcnium.

(A) 1433. A nn escollier du pays de Rennes pour lui aider à se tenir es escolles

à Paris pour le bon rapport fait au Duc de son engin. (Chambre des Comptes de Nantes.)

(B) 1530. A Frère André de Gennes, jacobin genevovs, faiseur d’engins —

pour certains engins qu’il a faicts pour le service du Roy et iceuli mis et livrés en sa garde robe pour en faire son plaisir. (Comptes^ roy.)

ENLUMINÉ. Se dit de la peinture d’un manuscrit, et dans le sens de ce qui orne et fait briller. Les citations suivantes offrent ces diverses acceptions. Celle que j’ai extraite du purgatoire du Dante est un témoignage important en faveur de l’art français.

(A) 1250. Ele fnt Marie apelée

De touz biens est enlnminée. (Roman dn Saint Graal.)

(B) 1310*. .... Non se’ tu Odcrisi

L'onor d’Agobbio e l'onor di quel arte

Ch’ allmninare è chiamata in Parisi. (Dante. Purgatorio.)

(C) 1325. Bien m’avez dame endoctriné

Tout le cnenr ay enluminé. ( Mét. d’Ovide. I. de Vitry.j

(D) 1345. De hanlte noblesse parée ■

De sens, d’onneur enluminée. (G. de Machanlt.)

enseigne. Je laisse de côté plusieurs acceptions de ce mot, je m’en tiens à celles qui rentrent dans mon cadre. Dans cette limite, c’était une plaque ou im médaillon qui marquait la livrée. (Voyez ce mot.) Le signe de reconnaissance qu’on imposa pendant des siècles aux filles publiques et aux Juifs fut aussi appelé une enseigne. La dévotion ou le caprice portait, en guise d’enseigne, une effigie sainte ou quelque signe soi-disant puissant contre des maladies, contre le mal de reins, par exemple. Les églises , les abbayes , les lieux de pèlerinage surtout, en frappaient et en vendaient en tontes matières et en nuantité innombrable. L’enseigne se portait au chapeau. Nous en aonnàmes la mode en Italie, lors de notre triomphante promenade conduite par Charles VIII. Ce bijou, porté ainsi en évidence, était bien fait pour servir de thèmes aux compositions gracieuses des orfèvres ; aussi sous la main habile des Caradosso et des Celliui, devinrent -elles plus tard des chefsd’œuvre. (Voyez EsmaV.) François Clouet a figuré saint François recevant les stigmates dans l’enseigne qu'il a peinte au chapeau de François II enfant. Après avoir servi aux nommes, jusqu’au milieu du xvi* siècle , elles ne furent plus portées que par les

femmes , et dans rinventaire de Gabrielle d’Estrées , il y en a tout un chapitre. Trois d’entre elles sont estimées vingt -cinq mille écus.

(A) 1372. Et oultre nous plaist et Voulons, que tons lesdiz jnys et juyves de-

monrans en nostre dit royaume portent leur enseigne acoustùmée ah dessus de la ceinture et en lieu plus apparent et sera ladicte enseigne du large du seel de nostre ehasteilet de Paris et qui sera trouvé sens enseigne, il paiera vint solzparisis d’amende à nous pour chascune fois, excepté tant seulement Manessier de Vezon, sa femme et ses enfans... ansqnelx et chascuu d’euls, nous avons fait grâce que il en soient quittes, frans et exemps. (Ordonnance royale.)

(B) 1380. Troys enseignes d’or qui ont esté faietes ponr le mal des rains. (Invent.

de Charles V .)

(C) 1389.11 est permis aux filles de joye de la ville de Thonlonse — dé porter et

vestir telles robes et chapperons comme elles vonldront — et entour lun de leurs bras une ensaigne ou difiérence d'un iaretier on lisière de drap d’aultre couleur qne la robe. (Ordon. de Charles YI.)

(D) 1397. Lors ledit Toustain eust sachié de sa bourse une ensaigne d’argetft

qui bien povoit valloir deux solz ou environ. — Quelle enseigne esce, elle est de Montfort ou du mont Saint Michiel ? (Lettres de remiss.)

(E) 1407. D’icculx coffres ils emportèrent certaines mailles ou enseignes qtfi

estoientdn curé d’icelle église. (Idem.)

(E) 1425. A Jehan Martin, orfèvre, demonrapt à Boulongne, ponr une enseigne

ou y mage d’or faicte en la révérence de Nostre Dame de Boulongne pour MDS. trois dorées et xiii d’argent pour aucuns chevaliers et es-* cuiers de la compaignie de MDS. (le duc ae Bourgogne) derrenièrement qu’il y fn en pèlerinage. (Ducs de Bourgogne, 766.)

(F) 1455. Une chantepleure d'or à la devise de Madame (la duchesse d’Orléans)

pour porter une plume sur le chappeau. (Ducs de Bourg., no 6732.)

(G) — Pour une enseigne d'or de saiucte Catherine pour madicte Dame*

(Ducs de Bourgogne, n° 6737.)

(H) 1470. Gomment les poursuivans baillent les escnssons des armes des juges

diseurs à tons ceulx qui en venllent prendre. (Tournois du roi René. Voyez la miniature, Bibl. nat.)

(I) 1534. Une enseigne d’or, pour mettre au bonnet, en laquelle y a une ystoire

de relief avec une grant dyament en table , servant d’une fontaine à la dite histoire. (Comptes royaux.)

(J) 1566. Ung image d’argent doré à mettre au chappeaul. (Inventaire dn Châ-

teau de Nevers.)

(K) 1580. Une médaille entournée de rubis et diamants, pour servir et metttà

en enseigne en un chapeau ou en un bonnet. (Brantôme.)

(L) 1599. Une grande enseigne , faite en plume , toute de diamans , où y en a

un grand à jour au milieu sur lequel est la peinture du Roy, le reste garny de diamans et y a un grand rabiz en cabochon et un autre en table, prisé sept mille escus. (Invent, de Gabrielle d’Estrées.)

<M) — * Une autre grand* enseigne où y a un grand diamant et plusieurs autres en différente grandeur, an dessus il y a une paix dans un charriot de triomphe et an bas trois grosses perles en poires plattes d’un costé, la dicte enseigne est tenue d’une cnesne d'or et de diamant et y a un grand diamant au hault de la cbesne et une petite perle en poiré, prisé sept mille escns.

(N) Une enseigne tonte ronde, d’or, faite en façon de soleil , à laquelle jr a une grosse pomme de diamant (en tout 58 diamants) prisée et estimée k la somme de xi mille escus.

(O) — Ma Cousine (madame de Gnise) vous voyez comme je vous ayme, eav

je me suis paré pour l’amour de vous. sire, lu y répondit-elle en riant, je ne voispas que vous ayez si grande parure. — Si ay dit le Roy (Henry lV), mais vous ne vous en avisez pas. Yoila une enseigne.

ET B ÉPERTOIR E. 363

qu’il montra à son chapeau f que J'ai gagnée à Ja bataille de Courtras, pour ma part du bntin et victoire , cette qui est attachée Je l’ay gagnée à la bataille d’Yvri.

(P) i6iO.Du Cabinet de curiosités : J’ay mémoire , qu’il y a environ vingt ans, que l’on m’y montra une petite image de plomb représentant la Vierge, que l’on tenoit estre la mesme que Louis XI portoit ordinairement à son chapeau, de laquelle parle Philippe de Commines, au livre second de ses mémoires, chapitre 8. Et de fait j’ay ou y dire à plusieurs anciens de ce lieu , tqu’ils avoieut appris que c’estoit la mesme : mais retournant voir ce cabiuet depuis peu, ie ly ay cherché et ne l'ay pu trouver ; ce qui me fait croire que comme elle es toit petite environ la longueur d’un doigt, elle peut estre égarée : elle estoit alors attachée an veloux de ces armoires. (Le Père Daniel, Trésor des Merveilles de Fontainebleau.)

ENSEIGNE. Signalement. Aux mots Représentation et Envouste- •ment, j’ai marque, autant que faire se peut, dans ce cadre si restreint, les jalons aes développements que prit peu à peu le besoin si naturel a l’homme, de la ressemblance. C’est dans le même but que je m’arrête un instant à ce mot.

(A) 1889. Icelles jeunes femmes monstrèrent auxdiz sergen i enseignes de la fixononiie et estât dudit Estienne, afin qu’ils le cognussent mieulx. (Lettres de rémission.)

{H) 1477. Pour ce que Gabriel le Fèvre, paintre , demoitrant à Evreux — a fait de son mestier la paintuiv de cmq tableaux — en chacun desquelx tableaux est paint et pourtrait la stature et énitaffe de messire Jehan de

Chaaloo, prince d 'Orange. ( Voyex la Renaissance à la cour de

France, tome I, page 54.)

ENSEIGNE DE livres. L’équivalent de seiguaulx ou sinets ,

on appliquait ce mot , dans le môme sens, aux séparations des grains ae chapelets.

(A) 1380, Poux vi sainotures et x aulnes de rubant blanc , pour faire enseignes ès livres. (Inventaire de Charles V.)

1393. Dne pasternostre où il a six eosaiguaux à façon de tabliers. ^lavent apud Du Cange.)

entablement. De tabulatum , plancher, dans le sens de soubassement. C’est ainsi qu’on l’entendait, au moyen âge. AujpuPr d’hui, pour les architectes, l’entablement est un membre de l’architecture qui se compose de trois parties : l’architrave^ la frise et la corniche. Dans la citation suivante, on retrouve une image avec une Jbase ornée, semblable à la Vierge n° 140 de la notice.

(A) 1405. Une image de Saint Pierre, d'argent doré, tenant en l’une de ses mains deux clefs blanches et eu l’autre un livre, séant sur un entablement d’argeut doré, esmaillé à l’entour de la vie de Saint Pierre. Pesant xiii marcs, iv ouces. (lovent, de la Sainte Chapelle de Bourges, pub. par M. de Girardot.)

ENTA illeur. Ciseleur, orfèvre graveur, et souvent aussi l’ymagier, ie sculpteur, car entaillcures était pris dans le sens de sculptures.

(A) 1379. Tassin Croix, Hannequin Godefroy et Jehan Duliie, eutaillours d’yma-

ges. (Lettres de rémission.)

(B) 144b. Environné de diverses et différentes habitations, par engins de sou-

verains ouvriers; enrichi de entailleures, painturcs, armoiries et autres meuneries plnisans à l'ueii. (Al. Chartier.)

(G) 1481. Jacques Haeq, poure homme, entaillent de ymages, demourant en nostre ville d’Amiens. (Lettres de rémission.)

ENVOIISTEMENT. Dérivé de Vultus, ou peut-être du vœu fait contre une personne. De là voulz, puis enveuter et envoustement , sortilège qui consistait à former une figure de cire suivant la ressemblance d’une personne , avec la persuasion qu’à la suite de certaines pratiques, on faisait souffrir à la personne elle-même toutes les atteintes portées à cette figure. L’antiquité a connu cette pratique superstitieuse, et on la retrouve encore vivante dans les populations du Nouveau-Monde. Au xme siècle, elle surgit de nouveau au milieu du chaos des idées. En 1315, le procès de Marigny lui donna la plus triste célébrité et la mit en vogue. Il fut prouvé, comme on prouvait alors, que l’image du roy (Louis le Hutin) avait été transpercée de piqûres dont l’effet devait être de le faire mourir à petits coups, en même temps que l’image placée devant le feu se consumait a petit feu. L’envoûtement de Henry VI, en 1445, coûta la vie à trois personnes, et servit à faire emprisonner la duchesse de Glocester. Ces deux exemples suffisent ; j’ajouterai que, jusqu’en plein xvi' siècle, l’envoûtement eut, sinon des victimes, au moins des adeptes. J'introduis ce mot dans mon Répertoire, parce que ces pratiques supposent une certaine recherche de la ressemblance, et qu’elles se firent jour à l’époque justement où naquit le portrait.

(A) 1319. Mandamus — quatenus, uisi vobis comtiterit — légitimé Jobannam

de Latigniaco m castelleto nostro Paris, carceri mancipatam , esse, cnlpabilcm seti vehementer suspectant de Ynltibns cereis olim, ut dicitur, factis contra personam dilecti et fldelis Karoli, comitis Valesii, patmi nostri, prie fa tain Johannam a dicto careere absqne dilations qualibet detiberetis. (Lettres de Philippe V.)

(B) 1382. Après ce avoit fait acheter, ladite Sauvarelle, un quarteron de cire,

duquel elles firent un veu à la fourme d’un homme. (Lettres de rém.)

(C) — Icellui Pastant lui dist qu’il doubtoit qu'elle ne envoultast ou fist

morir sa femme — et disoit l'en que laditte Morele l’avoit envoultée. (Lettres de rémission.)

(D) 1459. Pour laquelle accusation maistre Bernard Desplez fist information

contre le suppliant; lequel en haine de ce fist une ymaige, au moyen de laquelle ledit Desplez peust estre si hlessié et impotent, qu’il ne peust jamais escripre. (Idem.)

JE) 1540. Il nous fault faire de telles ymaiges de cire qne cenlx-cy ; et celles qui auront les bras pendans ce seront ceulx que nous fe’rons mourir et ceulx qui les ont eslevées seront ceulx dont vous vouldrez avoir la bonne grâce et amour. (Les Contes de la Reine de Navarre.)

ENVOUTES. Placés sous une voûte, sous une arcade » dans une niche. Le duc de Berry et sa femme, dans la citation suivante, sont représentés agenouillés sous la voûte de leur petit tabernacle.

(A) 1416. Une esanelle d’argent doré où il a plusieurs cristaulx garni* de reli-

ques et cinq angelz envoûtez, ou minen esmaillé de nostre Seigneur et ses appostres faisans la cènne— xxx liv. t. (Inveut. du duc de Berry.)

(B) — Un tabernacle d’or, appellé le joyau du mont Calvaire, à sii pilliers

d’or qui soutiennent une voulte auquel tabernacle a deux ymages l’un d’un auc et l’autre d’une duchesse ( je passe toutes les pierreries) et pendent audit tabernacle deux petites fioles de cristal en l’une desquelles a du sang de Nostre Seigneur et en l’autre dn lait de Nostre Dame , prins en la Sainte Chapelle du Palais de Paris — v mil vi cens xxv liv. t.

ESC A ILLE. Le moyen âge aurait pu, tout aussi bien que l’anti- «quité, tirer des mers ae l’Inde , la carapace de la grande tortue , la mer Rouge elle-même la fournit.) Cependant je ne trouve pas

de preuves qu'il en ait été fait usage, et c’est seulement à partir du xvi» siècle , lorsque les Portugais rapportèrent à Lisbonne (1570), les vases et objets de toutes sortes, travaillés en écaille par les Indiens, que l’industrie européenne s'empara de cette jolie matière. Le xvii» siècle excella, comme on sait, dans ses incrustations d' écaille.

(A) 1570. Yasa item elegantissima ornais generis ex conchis testitudinis Indiæ

passini visuntur, sicnt vitnun et gemmæ pellucidæ , qnædam anrea, maculosa altéra, fulva quædam in his præcipue estiinatur nullo contagioso morbo corrumpi quempiam ex fercolis et potibus in eis sumptis, etiamsi a contagioso aliunde exerceaatur, vulgo vasos de Tartagura. (Alfonsns Ciacon.)

(B) 1649. Il n’y a rien de plus poli et de plus droit que les cabinets d’escaille —

Tortue. (Inventaire du Palais Mazarin. Mazarinade.) r

escassotte. Dérivé de capsa , comme cassette. Une petite boite, une navette.

(À) 1423. Une escassotte à mettre le sel à faire l’yaue benoite.

— Une escassotte à mettre l’encens à l'autel.

ESCAUFAILE. Chaufferette à mains. Boule de métal dans lamelle on introduisait de la braise ardente, et dont se servaient à l’église les urètres et les fidèles. Je cite le passage du livre de Voyage de Villars ae Honnecourt; je donnerai, dans un autre travail, le dessin qu’il y joint. Il est peu probable que ces escaufailes aient été réservées aux évêques seuls , comme semble l’indiquer Villars de Honnecourt ; les pommes à chauffer mains (Voyez ce mot), étaient, au dehors de l’église, d’un usage trop commun pour qu’on pût les interdire dans l’eglise.

(A) 1248*. Se vos voleis faire i eseaafaile de mains, vos fereis ausi corne mm pume de kenvre de ij moitiés clozeice. Par dedans le pume de kenvre doit avoir vi rierdes de kenvre; cascnns des ciercles a ij toreillons et ens, en mi lieu, doit estre une paelete a ij toreillons. Li torillon doivent estre cangiet en tel manière que H paelete al fn demeurt adès droite; car li uns des toreillons porte, l’autre; et se vous le faites à droit si comme li letre de vos devize et li portraiture , torner le poes quel part que vos voleis ; ja li fus ne s’espandera. Gis engieus est bons à vesque. llardiement puet estre à grant messe, car ja tant com il tiegne cest engiens entre. ses mains, froides nés ara, tant com fus ptiist durer. £n cest engieng n’a plus. (Villars de Honnecourt.)

: g — Uuum calefactorium argon ti deanrahim, cnm nodis cnriosis insculptis, ponderis uni us unci. (Invent, de l’égl. dTorck. Da Cange.)

(C) — Item unum califactorium de cupro deaurato eu m nodis insculptis, pon-

derans x uncias.

ESCHARBOL’CLE. Ce nom vient de carbunculus, qui signifie charbon, et désignait, dans le sens de charbon ardent, le rubis; quant dla pierre connue aujourd’hui sous le nom d'Escarboude, c’est un grenat aux nuances pourpres tirant sur le coquelicot. Ce fut, de tous temps, un terme de comparaison.

(A) 1Î50*. Quant il (Charlemagne) csloit conroucé, ses yenlx resplendissoient

comme escharboncle (Cnron. de St.-Dems.)

(B) 1349. Tons cilz qui vous ont veu, vous comparent à l’escharboucles qui es-

claircitles obscurs nuis. (Guii. de Machault i Agnès de Navarre.)

(C) 1498. Le roy estoit armé d"un barnoisclair comme une escarboucle. (Entré-

de Louis XII à Paris.)

(D) 1508. Quant à la restitution de l'escharboucle et monde d’or qn’avons pré-

sentiment en nos mains pour gaige. (Testament de Marguerite d’Au-' triche.)

BSCHAKCF.LLK. Bourse. De eschars, économe, avare. Ce mot était employé dans le sens de bourse de réserve et de coffre-fort, plutôt que ue bourse usuelle ; aussi l’escarcelle me semble-t-elle convenir à la recette, l’aumosniére à la dépense. Les pèlerins portaient l’escarcelle qui contenait tout leur avoir, et bien plutôt ce qu’ils recevaient que ce qu’ils donnaient. (Voyez Escharpe.)

(A) 1 1 80* . Escnsés ne vos porés mie

Car il vera vo ielaunie De convoitise et d’avarisce

Et d’escarseté, ce let vice. ‘ (Renart le nouvel.)

(B) 1297. Item une coupe d’or haute et de ample ouvrage sans pières, poise

cinq marcs. Escarsément prisiéle mardi, dix lib. (lavent, a Edouard I. j (G) 1333. Pro una scarcella de seta qu&ndo ivitdominusRomam.Taren.v, gr.x. (Comptes de Humbert II.)

(D) 1383. Eschars prince n’ira ja honneur conques tant. (Ghron. de Bertrand

Dugnesclin.)

(E) 1566. Larron habillé semblablement en gentilhomme, fouillant en la gibe-

cière, ou grande escarcelle du feu Cardinal de Lorraine. (Apol. pour Hérodote.)

(F) 1600. S’accomode entièrement en forme de courrier — à son costé droit

gïnd un cornet et au gauche a une escarcelle ou faulconnière. (Merlin ocaie, trad. fr.)

ESCHARPE. Bande d’étoffe portée en baudrier, qui était devenue, au moyen âge, par les broderies d’or et les pierres précieuses qu’on y attachait, un joyau et un objet de prix. Aussi disait-on une écharpe d’or dans le même sens qu’une ceinture d’or. Comme l’escarcelle du pèlerin était suspendue à l’écharpe qu’on lui passait sur l'épaule , en même temps qu’on lui mettait le bourdon à la main, on a souvent confondu ensemble cette bourse et cette écharpe. Les citations suivantes montrent cette confusion et donnent le moyen d’établir une distinction.

(A) 1160*. Le chapel preut, l’escharpe et le doublier

Et le bordou qni ni volt pas laissier. (Rom. d’Aubery.)

(B) 1190*. Eut entre enx tous sur leurs atours.

Et les grans gens et les menues,

Escherpettes blanches cousues. (Guillaume Guiart.).

(C) — Li rois en icel teins s’apreste.

Si corne Dieu l’en avisa.

De là aler où promis a ,

Aultrement cuideroit raesprendre,

L’escberpe et le bourdon va prendre A Saint Denis dedans l’église,

Puis a l’oriflambe requise

Que l’abbés de léans li baille. (Jdem.)

{h) 1263. Si comme fait uns pèlerins qui n’est pas chargiés , qui n’a mie sou bourdon et s’escharpe. (Statuts de l’Hotel-Dieu le Comte de Troyes.) (E) 1309. Et quant je voulu partir et me mettre à la voye, je enuoié quérir l’abbé de Cheminon, qui pour lofs estoit tenu le plus preudomme, qui fnst en toute l’ordre blanche, pour me reconcillier à lui. Et me bailla et ceignit mon escherpeet me mist mon bourdon en la main. (Joinville.) (F) 1363. L’escharpe Monseigneur que il ot quant il vint à Paris après la mort du prevost des marchands et de ses compagnons de Paris, traitres. (Invent, du duc de Normandie.)

(G) 1383*. A loi de pèlerin, de cors et de façon,

L'escharpc avoit au col , en la main le bourdon.

(Chron. riraée de B. Dnguesclin.)

(H) — Cassidile , escberpe on sachet fait de roiz. (Joannes de Janna.)

(I) 1411. Charles — Roy de France — comme ja pieça nous eussions fait em •

prunier de no’stre aîné Guillaume Sanguin *la somme de cinq mille lianes pour laquelle somme nons lui eussions fait bailler, — par manière de gaige, uue escbarpe d’or pesant dix sept marcs ou environ, — savoir faisons — donné a Paris le viii mai. (Mandement. Ducs de Bourgogne, tome Y.)

(J) 1413. Johannes de Pulligny, d ictus Chappellain, senti fer ordinatus custos

coffrorum in qiubus ponuntnr, seu poni consueverunt , escharpta,

colleria, monilia seu fennaliaet alia j oc ali a pro corpore regis. (Comptes royaux .y

(K) 1416. Une escharpe de cuir noir, garnie d’or à l’environ , pendant à un tixn

de soye noire , garnie d'or en manière d’une chaynne — xl liv. t. (Inventaire du duc de Berry.)

(L) 1487. Une escharpe d’or, garnye de pluseurs fnsilz d’or et est ladicte escharpe

en denx pièces où u y a pluseurs cloichettes eu manière de hobelons et garnye, les deux pièces, chascune d’on saphir et l’antre garnye de six polis balaya ensemble deux brochectes, garnye chascun d’un hobelou et pluseurs feullaiges et tronches servans à la dicte escbarpe , pesant tout ensemble, parrny la garniture de soye, de toille et de cire : xxv m. d’or. (Ducs de Bourgogne, 3127.)

(M) 1494. Deux escharpes d’or, larges, faictes en manière de chevrons tenanx

l’un à l’autre a charnières. (Comptes royaux.)

ESCHEQUIER. La table du jeu des échecs divisée en carreaux. 11 y eu avait de toutes sortes de matières et des plus précieuses. J'aurais pu faire d'innombrables citations, car ce jeu, et celui des tables, occupa une grande place dans les distractions de nos pères. Quant à la juridiction normande, la cour féodale des ducs de Normandie, dite de l’Echiquier, il est inutile d’en faire mention, puisqu’il est bien connu quelle s'appelait ainsi, dès le xie siècle ,

Siarce que ses membres étaient assis autour d'une table couverte l'un cuir ou d’un drap de bureau à raies et dessins partagés en échiauier. Transportée avec la conquête eu Angleterre , cette cour, ou, au moins, son nom s’y est m linteau.

(A) 1 170*. A nn schachier d’or et d’argent

J ne o suen chevalier. (Roman de la Guerre de Troyes.)

(B) 1180*. Li eschequier est tel, onques miendre ne fu :

Les lices sont d’or fin, à tri foire fondu,

Li paon d’esmeraudes, vertes com pré herbu,

Li antres de rubis, vermans com ardant fa,

Roy, tierce, chevalier, auffin roc et cornu Furent fet de saphir et si ot or molu ;

Li autre, de topace, o toute lor vertu :

Moult sont bel à véoir drécié et espandu.

(Description poétique tirée du Roman d’Alexandre.)

(C) 1233. Pro scacis eburneis datis per regera. xl s. (Comptes royaux.)

(D) 1300. Entre les autres joians que il (le Vieux de la montagne) enxroia au roy (S. Louis), li envoi — jeux de. tables et de eschez, et tontes cçs choses estoient fleuretées de ambre et estoient l’ambre lié sur le cristal à beles viguètes de bon or fin. (Joinville. On a prétendu, sans aucun fonde meut, que cet échiquier so trouvait dans la collection Dusoinmerard.)

(E) 1316. Item j eschequier de jaspre et de cassydoiue, à toute la mesnie, l’one

de jaspre et l’autre de cristal, et tour garnir et border d’argent et de pierres, ou pris de vc livres.

(F) 1328. Un eschiquier à eschas d’ivoire et d’ibernus, — il s. (Inventaire de la

royne Clémence.)

(G) 1345. Et la n’ot il celui ne celle.

Qui se vosist esbanoier,

Dancier, chanter, ou festoier

De tables, d’eschas, de parsons. (Guill. de Machault.)

(H) 1353. Un escliequier de bateure et de cristal, à perles dedens, garny des

jeux de cristal et de marbre vermeil. (Comptes royaux.)

(I) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 330, 358.

(J) — A Jehan Fetrot , qui apporta au Roy j instrument, appellé l’esche-

quier, qu’il avoit fait, le roy d’Angleterre avoit donné au Roy et li envoioit par le dit^ehan, par don a li fait, — vj liv. xiij s. (Comptes royani.)

(K) 1372. Un eschiquier de jaspe et de cristail, garny du jeu de mesme. (Test-

de la royne Jehanne d’Évrenx.)

(L) 1412. Un eschiquier de jaspre et de cristal fait aux armes de feu pape Gré-

goire, et est, par dehors, de cipprès et y a un marrellier de marqueteure, et est garni d’eschez de mesme, tout en un estui. (Comptes roy.)

(M) 1416. Un grant tableau de cyprès, onquel est l’eschiquier, sur les bonrs du-

quel est escript le temps vendra et est dedans un grant escrin de bois, prisé — xviij liv. t. (Inventaire du duc de Berry.)

(N) — Un jeu de gros eschaz et tables d’y voire, bien anciens, que Messire

Gauthier de Passac donna à Monseigneur, prisés xx liv. t.

(O) — Un autre jeu de gros eschaz cliquetans, — prisé iiij liv. t.

ÇP) 1467. Ung bel escbicquier d'ivoire et de l’autre cousté ung tablier et est en un estuy. (Ducs de Bourgogne, 3265.)

(Q) — Ung petit tablier et ung escliequier d’ivoire, garny d’ivoire et de ta-

bles en une bourse. (Ducs de Bourgogne, 3253.)

(R) — Ung escbicquier d’ivoire noir et blanc. (Ducs de Bourgogne, 3264.)

(S) 1496. A ung nommé Lucas, faiseur d’eschicquiers,.pour ses peines et sal-

laires d’avoir rabillé et mis à poinct aeux escbiquiers de la Royne. (Comptes royaux.)

1T) 1524. Ung escequier d’argent, carré, le hors doré, bien ouvré, avec les armes de Savoie es quatre coins et xxxij petiz personnaiges d’argent servant d’eschaiz audit tableau. (Inventaire de Marguerite d’Autriche.)

ESCHEQUIER (A). Dessiné en carreaux réguliers comme le sont les divisions de l’échiquier.

(A) 1160. Due sunt dalmatice samiti laborati ad scaccenos. (Inventaire des meubles de l’église d’Afrika.)

Et puis l’ont couvert D’un riche drap de soie vert Ouvré d’ivoire à eschéquier. (Perceval.)

Sor son haubert ot connissance

De ij coulors de pailes ciers

Et entalliés par oskiekiers. (Le siège de Thèbes.)

On li amaine un aufferrant coursier Et fu couvers d’nn blanc diaspre chier Menuement ouvré à esquiekier.

(Roman d'Anseis de Carthage.)

(E) 1 327. j orillier de bleu samit armoié de i geu des esches. (Ducs de Bourgogne, 5315.)

ESCLissoiTERE. Sorte de pompe à injecter qui servait en fauconnerie. Étienne Binet, en 1600, employait encore ce mot, qui est -dérivé de clidare , glinser , esclincer , c’est-à-dire glisser .

(A) 1420. Une esclissouère d'argent doré, à gettereaue, poinssonnée dessus, pe-

sant iij onces, xviij est. (Unes de Bourgogne, 4245.)

(B) 1600.Esclisser de l'eau au visage de l'oiseau. (Etienne Binet, Merveilles de

la nature.)

ESCONCE. Du latin abscondere. Bougeoir couvert et garanti du vent, muni d’un manche qu’on tenait a la main, distinct en cela de la lanterne qu’on portait suspendue par une chaîne La cuiller et la palette, sur lesquelles on mettait des bougies, différaient de l’esconce, par cela seul que la lumière restait en Uberté. Villars de Honnecourt nons a conservé, dans un de ses dessins, l’une des formes de l’esconce, disposée de manière à porter des chandelles allumées sans craindre de les voir s’éteindre. (Voy. Bougeoir et Palette.)

(A) 1080. Hæc sunt instrumenta clericis necessaria — abscousa et latem».

(Job. de Gallandn.) ,

(B) 1185. Tant dura la bataille que soleus fust escous. (Ch. d’Antioche.)

(C) 1248. Vesci une esconce qui bone est à mones por lor candelles porter ar-

gans. Faire le poez se vous savez torner. (villars de Honnecourt.)

(D) 1298. Duæ sconsæ et una lucerna debilis. (Invent, de S.-Paul de Londres.) (£) 1363. Une esconce d'argent, esmaillée au long aux armes du Roy, anx armes

de Monseigneur et aux armes de Messeigueurs ses frères. (Inventaire du duc de Normandie.)

(F) — Item une autre esconce couverte de cuir et garnie d’argent.

(G) 1376. Une esconce d’argent, dorée, hachiée. (In vent, de la Sainte Chapelle.}

(H) 1380. Une esconse d’or, dont le fil de dessoubz est taillé de fleurs de lys, non

pesé pour ce que la tencure est de boys. (Invent, de Charles V.)

(I) — Unaigle d’argent, surqnoy est un chandelier à esconse, pesant üij marcs,

vii onces.

(J) — Deux petites esconses d'argent, à denx manches de bois, I*tme pesant

j marc, une once et demie.

(R) — Une ancienne esconse d’argent blanc, carrée, qui se clost et envre et sont les armes Mons*. le Dalphiu en l'esmail, pesant ij marcs, iij onces.

(L) 1391. A Henry des Grez, pignier, pour une esconse. par manière de cuiller

d’yvoire hlauc, acheté de lui et délivré à Guillaume Arode, orfèvre, demourant à Paris, pour refaire et mettre la garnison d’argent doré d’une autre cuiller de ciprès à mettre et tenir la chandelle devant la Royne, quant elle dît ses heures. (Comptes royaux.)

(M) 139#. Four un estuy de cuir boully, poin sonné et armoyé aux armes de

France pour mettre et porter une estonse d’ivoire, garnie d’or, pour tenir la chandelle devant le Roy à dire ses heures. (Comptes royaux.)

(N) 1451. Lesqnelz compaignons abîmèrent la chandeille et la mirent dedens une

esconce ou lanterne. (Lettres de rémission. !

(G) 1467. Deux eseonses , en manière de lanternes d’argent, et poysent y compris le bois, v marcs, vii onces. (Ducs de Bourgogne, 24$8.)

ESCOT. Arbre noueux, branche noueuse • de là ces bastons escottés uuifigurcutj.dane les bordures des manuscrits, des troncs ébr&nckés et ues branches dont les rameaux coupés forment des saillies régulières entre les torsades de feuillages qui s'enroulent autour d'elles. On dit encore en Normandie un escot pour une allée d’arbres. Je laisse de côté les autres acceptions bien connues du même mot* m’en tenant à l'emploi de l’escot dans l'orfèvrerie et l' ornementation. On voit, dans l’inventaire du duc de Berry, uu baston de rou -t fait eu manière de tronc de chou. C’était encore une espèce de baston escotté. (A) 1360. Vous etes de droit escot et génération de St. Edouard qui fut Roy d’Angleterre. (Froissart.)

(B) 1416. Une cuiller de pierre serpentine, garnie d’un manche d’argent doré

fait en manière d’escoz et an bout a un petit ours tenant un petit saphir — lx s. t. (Invent, du duc de Berry.)

(C) 1445. Un escot d’or, garny d’un ruhy, un dyamant et une grosse perle et

autres pierreries. (Chambre des' Comptes de Nantes. Document cité par D. Lobineau.)

(D) — Deux roses d’or esmaiUées. l’une d’aznr et l’autre de blanc, assises sur

deux escots d’or, garnies chacune d’un rubis, un dyamant et une perle.

(E) 1454. Pour ung plumai! — et par le pié en façon d’escot, à plusieurs ra-

cines. (Comptes royaux.)

(F) 1520*. Deux escocqs qui estoientde trop petite grosseur pour arbres de li-

mites. (Archives de Péronne. Cite par M. de la Fons.)

(6) — Ung escocq d’espine blanche vive.

(H) — Ung gros escocq de faon (hêtre).

ESCRAN A FEU. Dans la première des citations suivantes cet écran devait être fait en bois et sculpté.

(A) 1365. Thibaut le Roulier.pour un banc de taille, trois francs et pour quatre

fourmes, quatre escrans à feus, quatre francs, en sept francs d’or, valent Cxii s. p. (Comptes desBatimens royaux.)

(B) 1382. A Noël, l’escrannier, demourant à Paris, ponr deux petits escrans

d’osier achetez de lni pour la chambre du Roy — xii s. p. A lui pour j grant escran d’osier, pour la chambre dn Roy — xii s. (Comptes roy.)

escrin et ESCRINET. Écrin, dérivé de scrinium. Nous avons réservé le mot écrin pour les petits coffrets qui renferment des joyaux. Au moyen âge, ce terme s'appliquait aux coffres grands et petits, destinés à renfermer toutes choses, depuis les épices jusqu’au cadavre. depuis les confitures jusqu'aux reliques. On trouvera, dans mes Extraits, des boites pour contenir une seule bague, et c’est bien là notre petit écrin, seulement c’est un joyau lui-même; il est en or émaillé.

(A) 1160*. Si ay tous plains de fins besans

Déni grans escrins assez pesans.

(Le Roman d’Athis et de Prophelias.)

(B) 1 170*. Un escrin d’or prist Medea

Yoiant Jason le defTerma. (Roman de la Guerre de Troyes.)

(C) 1250*. La Damoyselle print ung escrin fort beao et fort riche et le mist de-

vant elle sur son pallefroy. (Lancelot dn Lac.)

(D) 1250. Hildoins, li abbés de S. Denys en France (année 826) envoia lors de

ses moines à Rome à l’apostole Estienne et li requist le cors S. Sébastien le martyr et li apostoles qui vit sa dévotion, li octroia sa reqneste et li envoia par ces messages le cors S. Sébastien en un escrin portanz. (Historiens de la France, tome VT.)

(E) 1253. Le corps fu embasmé et enveloçé et mis en un escrin bien et gente-

ment. (Chroniques de Saint-Denis.)

(F) 1328. Un escrin d’argent, esmallié, prisé xx liv. (Inventaire de la royne

Clémence.)

(G) — Un petit escrin d’argent? doré, esmaillié des armes de France et de

Angleterre et de Hongrie, prisié viij lib.

(H) — Un escrin d’ivoire, garni d’argent , une boueste d’ivoire dedens et

ij vaisselles d’argent dedens, vendu iij s. p. à Pierres de Neele. j I ) ?— Un escrinet d’ivoire garni d’argent à i pou de fretin dedens, il s. p. (J) 1353. A Guillaume Bemier, paintre, pour i escrin, pour l’atour de ma dicte dame, à li paiez — il liv. par. (Comptes royaux.)

(K) 1359. vi e serins pour mettre les confitures — i-v sols. (Comtes royaiu.)

(L) 1360. Invent. du Duc d’Anjou, 162.

(M) — Je lesse aux ordres mandians

Mon grant escrin, où il n’a rien. (Eust.Deschampt.)

(N) 1363. Un escrinet blanc, à mettre esuices, aneanx d’or et autres menue»

choses, tout en une malle de ceri mis dedans un coffre. (Inventaire du Duc de Normandie.)

(O) 1372. Un escrinet d’or qui pendoit au feste, en costier de Madame, et y a

plusieurs reliques et y a sur le couvercle petit rubis d’Alexandrie et petit esrnerande et perles. (Test, de la royne Jehanne d’Evreux.)

(P) 1375. Les aournemens des auCelz doivent estre ferretés, escrins à reliques

et nobles vesseaux et y mages tenans reliques. (Jehan Goolain, trad. du Rationale de Durand.)

(0) 1380. Livres estans en la grand chambre du Roy en un escrin assis sur ii crampons et est à ij couvescles. (Il contenait quinze gros volumes dans un de ses compartiments, et seize dans l’autre.) (Inventaire de Charles Y.)

(R) 1399. Un reliquaire d’or, en façon d’un escrynet carré et a un cristal carré

au milieu et est esmaillé de France entour, pesant trois onces. (Invent, de Charles YI.)

(S) — Un petit escrinet d’argent, esmaillé de la vie de Jésus Christ, plain de

reliques.

(T) — lin petit escrinet de cuir longuet, ferré de laton, plain de reliqnes.

(U) — Une très petite boiste d’or, à mettre un annel, esinaillée de France,

pesant dix sept esterlins.

(Y) — Une petite boitelette d’argent blanc pour mettre un annel.

(X) 1455 Ceolx qui faisoient sa sépulture ont trouvé nng petit escrinet d’yvnirô auquel avoit ungbrevest qui disoit. (Ant. de la Salle.)

ESCR1TOIRE et aussi Escriptouère. On eu faisait eu toutes ma- - tières, on les portait suspendus en bandoulière ou fixés dans la ceinture. Employé dans l'acception qu’il a conservée, l’écritoire contenait, au moyen âge comme de nos jours , beaucoup de choses étrangères à récriture ; enfin on appelait escriptouère La salle et le cabinet où se tenaient les copistes, où un homme d’étude travaillait; ou alla même jusqu’à aire des gens d’escriptoire , dans le sens de gens de plume.

(A) 1380. Une escritoire d’or, à façon d’une gavne à barbier, et est hachiée par

dehors aoi armes d’Estampes et a aedaus une penne à escripre , un greffe, un compas, unes cizalles, un coutel, unes targettes tout d’or et pendent, avec un cornet à enque (encre) d’or, à un laz d’or, pesant ij marcs, iiij onces, ij esterlins. (Inventaire de Charles V.)

(B) — Un autre escritoire d’or esmailüé d’azur à vignettes tnerses.

(C) 1351. Messire Lambart, chappellain de nos joines seigneurs, pour deniers 3

lui paiez par le Trésor pour achepter livres, escriptouers et autres choses pour aprendre à nosdiz seigneurs. (Comptes royaux).

(D) 1403. Un de nos sergens vint adjourner le boucher à comparoir par devant

nostre viconte de Monstiervillier, ou son lieutenant, à son escriptoirc. (Lettres de rémission.)

(E) 1416. Une escriptoire plate, d’argent, dorée, par dehors poinçonnée et de-

dans a un canivet dont le manche est d’argent esmaillé, une petites moettes d’argent esmaillé, uns cizeaulx d’argent, une petites balances d’argent, une plume et un petit poix avecques une boeste où sont les poix à poiser et un fuzil (Voyez Fottil.) garuy d’argent, pesant tout ensemble iiij marcs, vii onces. (Inveut. du duc de Berry.)

(F 1427 . Sept escriptoires dorées et ouvrées aux armes de MS. le Duc (de Bourgogne) bien richement estoffées de las et mouchons d’or de Cbyppre et

desove, garnie chacune escriptoire de bourse , cornet , et r.anivetà manche d’argent dorez, esmaiilez aux susdites armes, si comme il appartient et est acoustnmé en la Chambre des Comptes. (Ducs de Bourgogne, 867.)

(G) 1455. Pour une escriptoire de corne, ijsols, vi den. (Ducs de Bourg., no 6762.)

(H) 1498. En ceste esté fut que je fis ouvrer en ma maison et fis faire mon

escriptoire et xoindre ma chambre. (Philippe de Yigneulles.)

(ï) 1535. Troys escritoires de plumes fines, dont les manches sont d’argent doré deux desquels sont semez de pierres fines et a, chacun d’iceulx , ung mirouer de cristal. (Comptes royaux.)

ESCUELLES. L’équivalent (le nos assiettes. Leur forme variait p tr l’évasement seulement. Elles étaient plus ou moins grandes, plus ou moins profondes, il y en avait exceptionnellement à oreillons, sortes d’anses. Dans les inventaires, les écuelles figurent en grand nombre, et cependant je suis porté à croire qu’on mangeait le plus souvent, deux dans la même écuelle, je reconnais toutefois que, dans les descriptions des poètes qui ont rapport à cet usage, plus d’une a pu naître sous l’influence de leurs idées galantes, fl y avait aussi des escuelles à saigner, qui servaient les tours de saignée, et des escuelles à aumosne. Pour l’explication de ce dernier terme , voyez Pot à aumosne. ê

(A) 1160*. Si me fist dès lorsjusques icy, manger avec les varletz de lamaison

et pour ce commencav ores à plourer quand je vous vy manger avecques moy , car grand temps a que le chevalier ne mangea en mon escnelle. (Lancelot du Lac.)

(B) 1250*. Trestot de lez li, coste à coste,

Lo fet seoir la damoisele

Et mengier à une escuèle. (Fabliaux.)

(C) 1300. Une femme vieille oui traversoit parmi la rue et portoit en sa main

destre une escnelle pîeinne de feu et eu la senestre une phiolle pleinne d’yaue. (Joinville.)

(D) 1360. Invent, du duc d’Anjou, 247 à 252, 703 à 734. Escuelle à sa ingner, 8-4.

(E) 1372. Une grande escuelle à aumosne. (Invent, de Richard Ficque, Arche-

vesque de Rheims.)

(F) 1380. Une xiie d’eseuelles d’argent, dorées, de la façon des plate qui furent

donnés à la rovne Jeanne de Bourbon à Orliens. (C’est-à-dire dorées ou goderonnées dè la même manière.) (Invent, de Charles Y.)

(G) 1420. xix xiine* et iiij escuelles d’argen* blanc, armoyez sur iesborsaux

armes de MDS. , pesans iijc iiijx*xi marcs. (Ducs de Bourg., 4199.)

(H) 1423. A Guillin le Noir, orfèvre , pour quatre escuelles pour saignier MS.

(Ducs de Bourgogne, 678.)

(I) 1460. Il y enst jusques à huyt cent chevaliers séans à table et si n’y eust

celuy qui u’eust une dame et une pucelle à son costé , ou à son escuelle. (Pereeforest.)

( J ) 1536. Une vieille escuielle parfonde, à deux oreilles d’argent doré, servant à humer bouillon, avecq sa cuyellière de mesme. (Inv. de Ch Quint.)

ESCU.moire. Écumoire.

(A) 1599. Trois eseumoires, en friquetz, de enivre, prisées ensemble x v s. (Inventaire de Gabrielle d’Estrées.)

ESCXSSON. On mettait des écussons en tous lieux, et particulièrement des écussons armoriés ; ils étaient brodés et tissus dans les étoffes, dessinés et peints sur parchemin, gravés et émaillés sur or et sur argent. On les portait sur les vêtements, sur le6 chapeaux comme des enseignes (voyez ce mot) ; ou les répandait sur

les statues de métal des tombeaux ou sur les parois du monument ; on les ajoutait aux pièces d'orfèvrerie , aux bijoux, à l’argenterie. Où ne les mettait-on pas?

(A) 1399. Un escusson d’or, esmaillé de Nostre Dame et saint Denis, pendant

à nne chaisne d’argent, pesant ensemble nn marc, v esterlins. (Invent, de Charles VI )

(B) 1445. Un escusson de dyamant assis en un annel d’or esmaillé. (Chambre

des Comptes de Nautes.)

(C) 1450. Icy après est pourtraicte la façon et manière — comment les ponr-

suivaus baillent les escussons des armes desdits juges à tojits ceulx qui en veulent prandre. (Le livre des tournois du roy René. On voit sur la miniature que ces écissons se portaient au chapeau comme les enseignes.)

ESGUILLETTES. Aiguillette, se dit des lanières qu’on noue et qui remplacent les fermoirs et les boucles. (Voyez Bloucques et Àguilletes.) On appelait aussi de ce nom les cordons de soie que l’on passait dans ses dents pour les nettoyer.

(A) 1440. Les Prophécies de Joachim — fermans à quatre esguillettes. (Ducs d £ 0 yjy Bourgogne, n<» 6598.1

(B) 1455. Pour la ferreure de deux latz de soye , en façon d’esguillectes, à net-

toierdens, l’un pour Monseigneur, l’autre pour Madame (le duc et la duchesse d’Orléans.) — (Ducs de Bourgogne, n* 6740.)

ESIMOUERE, sorte de gaufrier. (Voyez Oublies.)

(A) 1379. Item unura ferrum, vocatum gauffre. (Invent. Apud Du Cange.)

(B) 1382. A Benoist Batmet, oublier du Roy, pour un baciu d’arain et nneesi-

mouère à fromage, achetée par lui à faite gauffes. xvi s. p. (Comp.roy.)

(C) 1433. Un fer à waufrës. (Compte de la maison des Ladres.)

ESMAIL. Pour sa composition, son histoire, sonrôle dans l’histoire des arts et ses monuments, voyez la première partie de cette notice.

esmail. Enseigne (voyez ce mot). Ainsi appelé par métonymie, parce que les enseignes étaient, pour la plupart, faites en or et en argent recouverts demail.

(A) 1403. Inventaire des biens meubles de Jehan Dames, escuier. — Une ha-

quenée, — nngs émaulx, ungs espérons. (Ducs de Bourgogne, vol. V.)

(B) 1427. A Guillaume Caillet, menestrel de MDS. (le duc de Bourgogne), que

icellni seigneur lui a donné pour avoir un petit esmail à ses armes, — xj liv. x s. (Ducs de Bourgogne, 859.)

(C) — A Saint-Pol, le herault, pour don, pour avoir nng esmail aux armes

de Monseigneur, xij livres. (Ducs de Bourgogne, 4909.)

(D) 1445. A S. Aubin, nouveau poursuivant, pour lui aider à faire nn esmail

des armes du Duc (de Bretagne). (Chambre des Comptes de Nantes.)

(E) 1455. A Jehan Lessayeur, orfèvre, Dour nn esmail d’argent, esmaillé et doré,

fait à la devise de Madame (la duchesse d’Orléans), pour son tabourin , pesant trois gros , un denier d’argent, viij s., iiij d. pour la façon et dorenre x s.

(P) — II.5 ont ung vieil menestrier, ou trompète, qui porte un vieil esmail et lui donnent nne de leurs vieilles robbes. (Ant. de la Salle.)

(G) 1474. En l’office d’Escuyrie doivent estre dessoubs l’escuyer tous ceux qui

portent esmail du Prince, ou enseigne armoyé. (Olivier de la Marche, Estât de la nlaison du duc de Bourgogne.)

(H) i486. Anx chevauehenrs d’escurie pour un esmail aux armes du Duc (de

Bretagne). (Chambre des Comptes de Nantes.)

ESMAIL (ouvrage d’). On appliqua, très à tort, au xvie siècle, cette expression à. la faïence émaillée. Il faut avoir soin, comme je

l’ai dit (dans la première partie, page 1 9, note 4), de La réserver pour l’émail mis en fusion sur le métal. Dans l’inventaire, description et appréciation des bagues , pierreries , vaisselle d’or et d’argent et aultres choses précieuses qui ont été trouvées au cabinet lut ch steau et maison de Nevers, — durant le huitième jour d’apvril et autres ensuivant mil v lxvi, on décrit un vase d’argent doré d’émail de Limoges , mais c’est évidemment mis là pour émaillé dans le genre de Limoges ; voici un autre et le seul article qui pourrait revenir à Limoges: Deux petit z vases d' entai gris et viollet garnis d’argent doré. Dans un autre inventaire des meubles que se réservait dans la succession mademoiselle Marie de Clèves, marquise d’Isle, inventaire rédigé au mois de septembre de la même aimée, on trouve les deux articles qui suivent, non pas parmi les ustensiles de cuisine, mais avec les pointures et les couppes de verre bleu : Quatre petits plats d’esmail blanc Deux tasses perlées à jour d’esmail blanc. Je les cite ici, puisqu'il est question d’émail, mais .je me réserve de reprendre et de discuter ces deux articles, en décrivant, dans la notice des faïences émaillées, la faienoe dite de Henri IL

(A) 15.15. Ouvra»-? d’esmail A M. Jhierosme de la Robie, esmailleur et sculpteur florentin, pour avoir fait un grand rond de terre cnittn et émaillée sur le portail et entrée du cbatean de Fontainebleau. (La Renaissance des Arts à la cour de France, I, 395.}

ESMAIL (fait d’). C'est-à-dire émaillé.

(A) 1599. l'n petit rocher fait d’esmail, sur lequel y a un oyseau qui a un rnbis dessus son dos, lequel rocher les dis orfèvres ont dit estre, les feuillets d’argent et les ébattons d’or, et y a plusienrs esmerandes, avec son esttiy de velours bleu doublé de satin rouge , prisé il escus. (Invent, de Gabrielle d’Estrées.)

ESMAIL auiïiy, aigus de forme allongée, et aussi esmanlx pointus, peut-être des émaux d’applique.

(A) 1360. Inventaire dn doc d’Anjou, 374, 378.

(B) 1363. Une aiguière ronde dorée et remaillée d'aymaulx agnix, qui poise

deui marcs, vij onces et demie. (Inventaire du dnc de Normandie.)

ESMAIL allemand. Je me réfère à ce que j’ai dit dans ma notice, page 41, de la part que l’Allemagne doit avoir eue dans la fabrication des émaux en taille d’épargne. Les citations suivantes sont loin de former un corps de preuves, mais elles peuvent être considérées comme une porte ouverte aux renseignements qui me manquent encore.

(A) 1374. Un hanap de cristail, à j>ié d’argent et à esmanx d'Allrmaigne, po-

sant iij marcs et iv esterons, prisié xxv francs. (Compte dn test, de la royne Jehatme d’Évreux.)

(B) 1380. Un fermait d’or, esrril en illemanl d'un costé et denx petits lyon-

ceanx esmailliez de l’autre. (Inventaire de Charles V.)

(C) 1560. Déni petits cors d'Allrmaigne, garnis d’argent doré, rimaillés de plu-

sieurs couleurs. (Inventaire du ch&teau de Fontainebleau.)

ESMAIL ANCIEN. Les rédacteurs des deux inventaires royaux, d'où je tire les quatre citations suivantes, ne voyaient briller autour d’eux que des émaux translucides, ils durent donc appeler anciens, parce qu’ils étaient passés de mode, les bijoux d’or et d’argent émaillés par le procédé de la taille d’épargne.

ET RÉPBRTOIRE. 275

A) 1 363. Deux croix, ilont l'une fut au roy Philippe* île Valois, à j grand lialay ou milieu et viij petits et viij saphirs petits et esmevandes et l’autre à un camahien d’une tesle ou milieu, à perles d'Escoee et à émaux anciens! (Inventaire du duc de Normandie!)

(B) 1380. Une ancienne vielle crois d'or à six camaliieux et à une pièce (l’ar-

gent doré, garnie de balais, d’esmeraudes , de perles d’Escosse et de rubis d'Alexandre, et y a iiij esmanls sur les Sorons, de divers vmages, de vieil esmail. (Inventaire de Charles V.)

(C) — Un hanap, en forme d’un petit bacin d’or, qui fut Mous' S1 Louis, qui

est d’anciens esmaux, pesant ij marcs, vj onces d’or.

(D) — La croix de Godefroy de Billon en laquelle il y a lui vieil crucifix par

manière d’esmail.

esmail D’ANGLETERRE. Les orfèvres anglais appliquèrent l’émail à l’orfèvrerie dès une époque reculée. Les inventaires des églises de l’Angleterre, les documents de différents genres et même quelques monuments conservés le prouvent surabondamment. On ht dans les Issue Roll du règne d’Edouard III, que ce roi donne, le 8 juin 1354, quatre tasses et un ewer émaillés à Jean de Clermont et ans seigneurs qui l'accompagnaient, tous Fr rnçais; en 1 365, il achète de Thomas Hessev, orfèvre de Londres, une 'cinquantaine de tasses, aiguières et s, libères d’argent doré et esmaillé, pour en faire des présents; le 21 juin 1370, il prend, chez John Walssh, orfèvre de Londres, une tasse d’argent dorée et émaillée; le 11 juillet, de Chichester, autre orfèvre de Londres, une semblable tasse ; le 28 juillet, 6 octobre, 16 mars, mêmes acquisitions, et à cette dernière date, pour faire un présent aux messagers du dnc de Gènes. Ces acquisitions coïncident avec l’un de nos grands désastres militaires, qui suggère à Warton l’observation suivante : After the battleot Cressy tCrécy, 26 août 1346), byour victorious monarch and towanis the end of the 14«> ceutury, riches and plenty,thc effects frf conquest peace and prosperity, were spread on every side and new luxuries were imported in great abuudance from the conquered countries. There were few familles, even of a moderate condition , but had in their possession precious articles of dress and furniture sueh as silk, fur, tapestry, embroidered beds, embossed cups of gold and silver, agate and crystal, bracelets, chains and necklaces, brought from Caen, Limoges and other foreigu cities, (History of Poetry, vol. II, p. 254.)

ESMAIL D’ARGENT, Voyez Esmail de basse taille.

ESMAIL D’ARRAGON.On verra plusloin des émaux de la façon d’Espagne. C’est quelque chose d’insolite ou au moins d’isolé. Les orfèvres espagnols, au milieu du xiv« siècle, étaient-ils si avancés? La civilisation antique et la civilisation arabe ne supposent-elles pas des pas de géants, si même les monuments n’étaient pas là pour l’attester? Voilà encore une voie ouverte aux renseignements.

(A) 1380. Une pomme (l’argent, à chauffer mains eu hiver, blanche, à esmaulx d'Arragnn, (celle qui est demeurée à Rt-Germaiu,) pesant ij marcs, ij onces. (Inventaire de Charles V.)

esmail D’AZUR. On appelait ainsi les émaux mixtes, tels que ceux qui ornent le reliquaire donné à l’abbaye de Saint-Denis par la reine Jeanne d’Évreux , en 1 339, n° 140 de la Notice. Les figures se détachaient, en argent ou en or, sur le fond d’émail bleu.

(Al 1380. Un grand calice — en la patène à un esmail d’aznr. (Inventaire d» Charles V.)

(B) — Un annel, esmaillé d’azur, où il a nn diamant quarré.

/C) — Un fermail d'or, esmaillié d’aznr, ou nom des trois Roys d’une part,

et d’Anne Maria d’antre. •

ESMAIL EN BLANC. C’est vers le milieu du xiv» siècle que j’ai rencontré, pour la première fois, dans des marchés faits avec des orfèvres, dans des articles de comptes où on les paie, dans les inventaires où on décrit leurs chels-ifœuvre, cette mention d’un genre d’émaillerie particulière : «Une ymage de Nostrc Dame esmaillée de blanc. » Il s agit d’une statuette, toujours en argent ou en or, et esmaillée de. blanc, c'est-à-dire entièrement enduite d’une couverte d’émail blanc, opaque, retenu au métal par la seule force d’un guillocliage , qui donne au métal de petites aspérités , et de l’adhérencé naturelle qui se produit par la cuisson. L’opposition de ces petites figures blanches, qui semblaient des statues de marbre, au milieu de l'éclat de l’or et des pierreries, plut tellement, et le goût s’en répandit si bien, que les orfèvres, pendant plus de trois siècles, ne discontinuèrent pas d’appliquer ce genre d’émaillure aux bijoux. Or, si l'on veut bien considérer comment, de proche en proche, les procédés développent toutes leurs ressources, on verra que du mélange ou de la pratique simultanée des émaux translucides étendus sur toute la plaque de métal, mais qui obligeaient à un travail de ciselure lent et difficile, et qui nécessitaient l'emploi de l’or ou de l’argent, du mélange de ces émaux, dis-je, avec les émaux opaques également étendus sur tout le relief du métal et différemment nuancés par superposition de couches d’émail, devait naitre, lorsqu'il fut mis en pratique par d’habiles peintres verriers, le procédé expéditif et bon marché des émaux peints sur plaques de cuivre, et il devait naître dans la ville qui, depuis près de douze siècles, s’était attribué le monopole des émaux de fabrique, dans la ville de Limoges. Je laisserai à chacun le soin de faire les observations que motivent les citations suivantes, ne me permettant que de signaler le passage de 1416, où figure l’évèque de Limoges.

(A) 1380. Un calice d’or dont le pommel et la tige sont esmailliez de France,

et en la pâte Dieu en sa majesté et la patène esmailliée d’un esmail blanc, pesant iij marcs, iiij onces. (Invent, de Charles Y.)

(B) — Un annel esmaillié de blanc où il a un petit rubis d’Orient longnet.

(C) 1389. A Jehan Huné, orfèvre, deraoorant à Paris, pour uns tableaux d'or

achetté de lny — en l'une des parties d’iceulx tableaux est la pitié eslevée et esmailliée de blanc qui soustient nn angële enlevé et esmaillié de blanc et en l'antre partie d’icenli a ij ymages enlevez, l'un de Nostre Dame et l’antre de Saint Jehan l’évangéliste garnis par dedans de pierreries, c’est assavoir de v balavs, viij saphirs et xxxvi perles de compte et sont iesdiz tableaux esmaillés par dehors, c'est assavoir en l’une des parties de la Trinité et en l’antre partie d'une ymage de Nostre Dame, pesant ij marcs, vii onces d'or — iijc xx liv. p. (Comptes royaux.)

(D) 1399. Un image d'or de Nostre Dame, esmaillé de blanc, assis en une

chayère (l’or, laquelle tient son enfanten son giron vestu d’une cotte esmaillée de ronge clerc et sont les choses dessus dictes toutes d’or et sient snr un entablement d’argent doré, gamy de fleurs de lys — et poise ledit imaged’or, à tout ledict entablement, cinquante trois marcs, quatre onces. (Invent. de Charles VI.)

(E) — Un imaige de St Louis, assis en un iianlt entablement, lequel entable-

ment est assit sur six bustes en façon de chérubins et a dem auges à deitre et à senestrc — et les visaiges des angles et mains , qui sont csmaillés de blanc . sont d'or, aebepté par le Roy, au» estraynes l'an 94, pesant, tant en or comme en argent, seiie mares, ij onces.

(F) 1399. A Jehan Compère, orfèvre,— la somme de vi livres, quatre soit parisis qui deubi lui estoieni pour avoir rappareillé et mis à point la pomme d'argent de madicte Dame, en laquelle est d’un costé le cblef de madame ste Catherine, esmaillé de blauc, et de l’autre costé un roc de perles et de ballays petits et parmy une espée, c’est assavoir : yceUe pomme avoir esmaillée par dehors tout de ronge clerc et par dedans esmaillé les doigts delà main et le collet que elle tient. (Durs de Bourgogne , n° 59Î1.;

(6) 4410. Déni ymages, en façon de Dieu le père, esmaillei de plusieurs couleurs , et viij ymages de Adam et de Eve esmaillez de blanc comme mu. (Ducs de Bourgogne, U" 6199.)

(H) 1414. On ours d’or, esmaillé de blanc, garni de pierreries, qoe le Duc avoit eu de Mr de Rirhemont en eschange d’un antre ours que Mr de Berry lny avoit donné. (Comptes et inventaire dn duc de Bretagne.)

(X) t416.Cn petit ymage d’or de Nostre Dame, esmaillé de blanc , teuantson enfant à (terni nu et eu sa main un balay longuet , couronné d’nnc couronne garnie de trois baliaisseaui et meauaa perles et siet sur nn pied d'argent doré, poinçonné, ouquel a par devant un lieu pour mettre, reliques et dem angeli'anx castes esmaillés de bleu , lequel ymage llvesque de Lymogès donna à estraines à MS., le premier jour de janvier l’an mil cccc et cinq — vit» liv. t. (Invent, au dnc de Berry.)

(J) 4467. Une paix d’or, où il a dedens une Teronniche , esmaillée de blanc et dessonhs iin ymaiges taillées et esmaillées — pesant ij marcs, ivi est. (Ducs de bourgogne, 2044.)

(t) — l’ne croix d’or è nng crucifix esmaillé de blanc — pesant v marcs, ii onces, (Ducs de Bourgogne, 206 1.)

(L) — Cng tableau d'or, à quatre demi compas fait à œuvre de Venise et au

milieu l'istoire de la Trinité , esmaillé de blanc et anx deux costés deux petis angles «t sout ymaiges ronds. (Ducs de Bourgogne, 2063.)

(M) — Une croix d'or, esmaillié de. blano , et d’uu crucetti d'un costé, d’nn

' image de Nostre Dame U'uant son dis de l’antre et y a donse perles et.

donna reste croix, à Monseigneur, l’empereur de Constantinople , pesant xviii est. (Ducs de Bourgogne, 2106.) ijf) . Une nef d’or — le corps de laquelle nef est esmaillé de blanc à petites ' fleurs de ronge clerc — pesant v marcs , v ester! ins. (D. de B., 2347.)

<m — Une Damme, esmaillée de blanc, qui sort en manière d’aiguière, tenant ' ' une petite bonteillc esmaillén d’axur, pesant iij marcs, i once. (Ducs de Bourgogne, 23i9!)

m\ (580. Cng cadran d’or, le bord émaillé de blanc et de quelques feuillages ' 1 de YÎoiet estimé xxx g. (Invent, dn chastean de Fontainebleau.)

(0) — Six petits flacons d’or, ouvraiges de fil, émaillés de blauc et de rouge.

ni (jue petits agatte , où il y a nue Nostre Darne du Soleil , émaillée de

blauc, avec une cordelière à l’enlour.estimée iiij 4t.

(S) — Deux petits corhillons d’or de mesme esmail et ouvraige, estimé vi ft.

(T) — Troys aiguières à biberon , couvertes, troys aiguières descouvertes de

mesme émail et ouvraige.

(U) — Six pirouettes, les unes ouvraige de til et les antres émaillés blanc et

rouge.

(Y) — Ung heanlme anticque, émaillé de blanc et ronge.

(X) — Ung luysart d’or émaillé de vert, ayant an dessus ung grenat.

(ï) — Ung petit vase d’esinail turquin garny d’or.

(Z) — Une paire d’heures , garnies d’or, émaillées de blanc , où est l’histoire

de la Passion, taillée i jour, estimées xxxvi 11.

(AA.) 1560. Deux apostrcsd’or de plusieurs couleurs et émaillez et ung Ecce Homo d’or ayant le devant de nacre de perles, iiicxii tt.

(BB) — Troys figures d’or, émaillées de conleurs, dans ung grant rocher de coural blanc, dont l'une desdites figures est d’ung saint Jean preschant au désert , vii«

(CC) — Beux petites figures d’or, émaillées de blanc et noir et habillées à la lansquenette.

[DD)- Une Notre Dame d’or qui donne à téter à son enfant, émaillée de blanc et vejrt, le fons ouvrage de juif et une croix faicte à acotz, où il y a ung Dieu, l'ung et l’aultre estimez xii tt.

(EE) — Une grant croix d’or, où il y a ung dieu esmaillé de blanc , un conte et une contesse prians, la dite croix garnie ( suit le détail des pierreries), xijc tt.

(FF) — Une autre croix d’or, ung peu moingdre , où il y a un crucifix esmaillé de carnation , ayant à chacun bout de ladite croix trois fleurs de lys, garnies d’ung rubis , etc., ix« « .

(GO) — Un reliquaire d’or d’ung St Jehan Baptiste, esmaillé de blanc, enrichy de trois saphirs — iij® lxxvi ft.

(HH) — Ung David d’or, esmaillé de blanc, tenant en sa main ung mirouer de cristal en façon de targue et ayant ung pied sur la teste d’ung Golias pesant ii marcz, iiij onces et demye, estimé ij« xx (II) 1566. Beux ours d’argent, esmaillez de blanc, au dessus du dotz desquels est posée une sallière couverte, le fond de cristal — avec une figure d'homme tenant une chayne attachée au museau duditonrs— xxxij n. (Invent, du Chastean de Nevers.)

ESMA1L DE BLOIS. La croix, décrite dans la citation suivante sous le nom de Croix de Blois, était-elle appelée ainsi parce qu’elle avait été exécutée à Blois, ou parce qu'elle était le dou d’un comte de Blois ? La première supposition est la plus naturelle , et alors nous avons une preuve que l’émaillerie d’orfèvrerie était prospère à Blois dès le xive siècle , un ouvrage si important n’ayant pu être exécuté que dans un atelier établi de longue date. On recherchera, dans la première partie, p. 297, des détails sur les modifications que les émaux durent, au xvn® siècle, à des orfèvres de Chàteauaun et de Blois , et dont Petitot s’empara avec talent.

(A) 1405. Une croix d'or, appellée la croix de Blois, où il y a un crucifix au milieu, esmaillé de blanc et aux costez dudit crucifix l’ymage de Notre Bame, esmaillé de vert et l’image de Saint Jehan esmaillée de bleu et est ladite croix garnie de pierreries; c’est assavoir d’un balay assis sous le chef dudit crucifix, au diadème vingt neuf antres balays, dix huit saphirs tant grands que petis, quinze diame ns pointus et quarante deux diainens plats et deux cent soixante et cinq perles, que de • compte que moyennes. Et sied laditte croix sur un pie de soy même,

soutenu de quatre angels esmaillez, tenant chacun un escn des armes de mondit seigneur. Pèse ensemble xiii marcs, vi onces, deux esterlins et oboles. (Invent, de la Sainte Chap. de Bourges, publié par AI. de Girardot )

ÉMAIL situ RONDE BOSSE. I. orfèvrerie avait émaillé la sculpture par le procéilé de la taille (l’épargue, elle atteignit le même, but Pt varia ses effets, en lui appliquant les procédés des émaux de basse taille et des émaux peints. Les bijoux ainsi travaillés eurent un grand succès et ont conservé leur vogue. ( V. Esmail blanc.)

(A) 1363. Une grand erniv d'argent, a sii vinages rondes de costé et à iiij évangélistes sur estiail et en fanlt un dessouba les piei dn crucifix. (Invent, du dnc de Normandie.)

(B) 1363. Deux singes, assis sur un entablement, vestns de mantianx esmaillez, puisent déni marcs, vij onces et demie.

(G) 1399. Uns tableanx d’or esmaillez de rannunciation Nostre Dame, Saint Denis, Ste Agnès. St Charlemaigne eslevés ou milieu , pesant quatre onces , cinq esterlins et sont en un estny armoyé des armes de la reyne Jeanne de Bourbon: (Inventaire de Charles Yl.)

(D) — Un autre petit tableaux d’or en fasson d’une tour carrée, esmaillez par dehors et par dedans à quatre imaiges enlevez de Nostre Dame , Saint Jean, Ste Catherine et Saint Bol , garnie de menue et poure pierrerie, pesant une once, quinze esterlins.

(£) 1467. Deux flacons d’argent doré, plains et au milieu un grant esmail eslevé où est dedens une déesse d’amour d’or, eslevée, pesant xxxi marcs. (Ducs de Bourgogne, 2561.)

ESMAIL uh EU. Émaux exécutés à part sur plaaues de petites dimensions et sertis, vissés ou soudés sur pièces d’orfèvrerie. Avec le temps, ils se détachaient, étaient perdus, et les gardes des joyaux, eu rédigeant très-laconiquement leurs inventaires , décrivaient une quatre d’or, par exemple, à esmaux cheuz, c’est-à-dire dont les émaux d'applique étaient tombés. (Voyez Esmail de plique.)

ESMAIL CLOISONNÉ. J’ai dit (première partie, page 92) aue le procédé de l’émail cloisonné était d’origine orientale, que les Grecs l’introduisirent en Italie, et qu’il ne pénétra pas plus loin; il est donc naturel que les documents écrits n’en fassent pas mention, et c’est par conjecture seulement qu’on peut, au milieu des descriptions fort peu précises des rédacteurs a inventaires, reconnaître des émaux cloisonnés. Je ne ferai qu’une citation. Dans cette description de la monture du beau et célèbre camée de la Sainte-Chapelle, je vois vingt émaux cloisonnés.

(A) 1480. Item unns pulclter camahyeu, magnns, situâtes super imain tabulai» — et in quatuor engnis dicte tabule de latere dicti camahyeu sunt quatuor potencie aufi ad ymagines esinallii et litteras et in duobus buttis superioribus juxta dictas potencias sunt due parve cruces auri esmailliate et in duobns buttis inferioribns juxta predictas potencias sont due parve ymagines plate auri esmailliati similiter et de latere dicti camahyeu in circuit» bordature ad infra sunt viginti parva esmaillia auri rotunda esmailliata. (Inventaire de la Sainte-Chapelle.) Voici la traduction en français ou une nouvelle rédaction dans l’inventaire de 1573 : Quatre potences d’or à ymages esmaillées et lettres etaux deux bouts d’en hault, près les dictes potences deux petites ymages plates d’or esmaillé. Semblablement du côté du dict eamahieu au tour de la bordure , par dedans, sont vingtz petits esmaulx d’or rondz.

ESMAIL DE COCLOMBIN. Email de couleur gris-perlé, de la teinte du plumage de la colombe (voyez Bourse et Couteurj), que nous appelons aujourd’hui gorge de pigeon.

ESMAIL COUVERT D’OR. J’ignore ce que signifient ces termes appliqués à de la vaisselle d'argent. Je citerai le passage, peut-être mal copié, mais tel que je le trouve dans les preuves ae f Histoire de Bretagne, de Dom Lobineau.

(A) i*8i. V. scelle d'argent, à esmaui couverts d'or, et autrement faite pour mademoiselle Fraucaoise , pour servir à sa venue an cbastean de liantes, ij bacins, viii plats d’argent, ij pots , j notet, j éguière, vj tasses, si) cneillers. (Comptes dn duc de Bretagne.)

ESMAIL SUR CCI Vit K. La grosse èmaillcrie sur enivre a été exécutée un peu partout. Les deux grandes fabriques se sont développées dans le Limousin et sur les bords du Rhin. Ceci accordé, j’ajouterai qu'en général, quand on rencoutre dans les textes la description d’un objet quelconque, fait en cuivre émaillé, sansdésignation a’origine , il y a tout lieu de croire qu’il vient de la grande fabrique de Limoges. (Voyez Esmail de Limoges.)

( A) 1332. 1 vessel de latoun enautuaillé. (Invent, du Comte de Hereford.)

(B) 1355. 11 n’ouvrera ne fera ouvrer jamais d’antre métal que de bon or et de bon argent, se ce n’est en joyaux d'église comme tombes, chasses, croix, due osiers ou antres joyaux acroostumez à faire pour servir sainte église. — (Statuts des mestiers de Paris.)

esmail DESESM aille. Objets émaillés qui, par l’usage, ont perdu une partie de leurs émaux.

CA) 1360. Inventaire (lu (inc d’Anjou. 402.

esmail A DOU AYEMENS. Cette locutiott a trait à la forme donné à l'émail et non pas à un procédé particulier d’émaijlure.

(À) 1360. Invent, dn dnc d’Anjou, 89.

^B) 1380. Une nef d’argent doré et sorlesdeux bouts a deux frnitelets, esmaillés à feuillages, et autour de la nef a xÿ esmanx à douayeweus et sont les roses esmailliées de vert et de bleu, pesant xxxiij marcs. (Inventaire de Charles Y.)

(€) —Un Cousteau à manche d'argent, rond, esmaillé à pappegaux et la gaine d’argent esmaillé à douaymens.

esmail effaciÉ. Ce sont des émaux usés par le frottement. Les hacius recueillis dans nos collections présentent des émaux ainsi altérés.

(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 1, 36, 83, 419.

esmail ENLEVÉ. Je me figure qu’il s’agit, dans les deux citations suivantes, de figures en relief émaillées et appliquées sur le corps d’un vase. (Voyez Email sur ronde bosse.)

(A) 1353. Une quarte ronde, verrée et esmailliée à y mages enlevez pesant

ix marcs, ij onces.

(B) 1363. Une pinte (d’argent) quarrée, dorée el esmaillée à aytnanix enlevez

qui poise iiij marcs, vil onces. (Invent, du duc de Normandie.)

ESMAIL ESMAILLÉ. Le mot esmail prend , dès le xtv" siècle, sa signification par métonymie, ainsi que uous l’employons de nos jours.

;A) 1360. Des esmanx esmaitlei de vert et d’aznr. 11° 155. (Inventaire du doc d’Anjon.)

ESMAIL (de la façon d'Espagne.) Je renvoie à l'article Esmail d'A ragon, pour le peu que j’ai à dire sur cette fabrication espagnole, dont les productions me sont complètement inconnues.

(A) 1380. Des joyanlx et vaisselle dndit inventaire : nn antre drageoir doré,

couvert, ciaellé à vignetes et semé d’esmault de la façon d’Espagne , pesant vii mars, vii onces. (Comptes royaux.)

(B) 1560. Ung poigoart à oreillers d'or avec le bout et la chappe, façon d’Es-

paigne. (inventaire dn cbàtean de Fontainebleau.)

ESMAIL SUR FER. On appelait fers, des aiguillettes, ferrés à l’extremité, en cuivre, en argent et en or; ce n’est donc pas le fer, en tant que métal, qui était émaillé. J’ai dit dans la première partie (page 10), qu’on n’émaillait pas autrefois sur fer.

(A) 1469. La somme de sept solz six deniers tournois, pour avoir fait deux fers

dVsgoillettes d’or. (Comptes royaux.)

(B) 1534. À Jacques Pou liai n, orfèvre, — pour neuf douzaines gros fers esmail-

lez et faicts à boulleaulx , pour servir à garnir trois bonnets de veloux noir pour mes dits seigneurs (d’Orléans et d’Angoulème), — xlvj liv. tourn. (Comptes royaux.)

(C) 1599. Deux fers d’or, qui sont de trousses de fleiches esmaillées d’or et y a

au dessus un amour, garny chacun de quatorze di amans, prisés cent escos i Inventaire de Gabnelle d'Estrées.)

ESMAIL DE FRANCE C’est-à-dire esmaillés de fleurs de lys aux armes de France.

(A) 1353. Deux fermailliez armoiei de France et de Bourgoigne. (Inventaire de

l’argenterie.)

(B) 1380. Un calice d’or plain, esmaillié d’esmaulx de plite par le pommel et

par la tige de deux esmaulx de France. (Inventaire de Charles Y.)

(C) — Un calice d’or, qui a la tige esmailliée de France et le pommeau semé

d’esmaux de plite et la patène tonte pleine.

ESMAIL (figures estampées avec fond d’). L'estampage et le repoussé s’aidant d’un fond d’azur émaillé, pour f ire ressortir les reliefs, tel est ce travail qui date du xv« siècle et dont j’ai parlé dans la première partie, page 119. Il s’est continué pendant tout le xvi* siècle.

(A) 1566. Une tableau d’or, faict à estampe, esmaiilé de blanc et vert, garny

de deux couvescles où est figuré dedans ung emeieflement et une résurrection. (Inventaire du château de Nevers.)

(B) — Ung petit livre rond garny d’or, les couvercles taillez de basse taille

en champ d’émal, — xviy liv. t.

ESMAIL de JOAILLERIE. Tenter de donner une idée de l’orfévrerie émaillée en faisant quelques citations isolées serait inutile, l’inventaire de Louis d’Anjou est le meilleur tableau de ce luxe , et tout riche qu'il est , c’est encore un tableau incomplet , car les inventaires royaux sont remplis d’objets du même genre.

ESMAIL A jour. J’ai parlé de ce procédé, page 100 de la première partie de cette notice. (Voyez Esmail de plite à jour.)

(A) 1363. Une grande cope d’or sans couvescle et est esmaillée à jour, qui pois*

xv marcs. (Inventaire dn dnc de Normandie.)

(B) 1560. Ung grant coffre d’argent doré avec des cristauix â jour soustenu dé

huict pommectes d’argent doré, iijc üij*a iiij. (Inventaire de Fontainebleau.)

ESMAIL (ouvrage de Juif). Les explications que je pourrais donner de ce terme ne s'appuient sur aucune donnée sérieuse : les émaux n’étaient pas seuls ainsi qualifiés. (Voyez au mot Juif.)

(A) 1560. Neuf enseignes d’or, qne grandes ou petites, émaillées la plus part de

blanc sur ting fons ouvraige de Juif. Vingt quatre, autres enseignes d’or de plusieurs devises , iaictes de demye taille, émaillées de plusieurs sortes d’émail, — ijo xxx. (Inventaire du château de Fontainebleau.)

(B) — Ung autre tableau rond, assez grandet, d’argent, ouvraige de Juif où

il y a quatorze figures d’or et émaillées, estimé — xl tt.

(C) — Ung vase d’émail, ouvraige de juif, garny d’or, estimé — xv ft.

ESMAIL DE LIMOGES. Je crois avoir bien démontré , dans ma notice, que l’émail en taille d’épargne ne fut dès l’origine ua secret

Sour personne, et était exécuté simultanément par tous les orfèvres* ans toqs les pays; mais, en même temps, j'ai expliqué comment la ville ae Limoges, abandonnant aux orfèvres l’émaillerie sur les métaux précieux , l’appliqua exclusivement au cuivre doré , avec une si grande hardiesse de conception , avec une entente commerciale si heureuse qu’elle accapara ce genre de fabrication , l’exploita en grand, et y obtint un tel succès qu’elle lui donna son nom, comme Damas à la damasquinure , Dinani à la dinanderie , Arras aux arrazzi, etc., etc. Les citations qui suivent confirment Ces assertions. Je les ai divisées en deux parties : la première comprend tout ce qui se rapporte aux émaux d’orfévres, la seconde tout ce qui a trait aux émaux de peintres . car c'est encore la gloire de Limoges d’avoir su régénérer l’émaillerie à la fin du xv« sièçle, et par sa supériorité, dans ces émaux peints, d’avoir imposé une seconde fois son nom à un nouveau genre d’émail qui pouvait être exécuté aussi bien partout ailleurs. J’ai expliqué (première partie, p. 13) pourquoi j'appelais ces nouveaux émaux des émaux peints, et l’ai indiqué la place qu'ils avaient au xvi« siècle dans le luxe domestique , et celle qui doit leur être réservée dans l’histoire des arts (p. 148 et 176).

ÉMAUX D'ORFEVRES.

(A) 1185-1214. Parmi les dons de Gilbert de Gl an ville, évêque de Rochester, on cite : Des coffres de Limoges , et le Prieur Helyâs donne aussi à la cathédrale de Rochester : bacinos de Limoges. (Reg. Rolf., 121.)

(B) 1197. On lit, dans une charte de. donation, à cette date :Duas tabulas aeneas superauratas de labore Limogiæ. (Ughelini, Italia sacra, Vil, pag. 1274;)

(G) 1218. Pierre de Nemours, évêque de Paris, offre eu don à l’église de la Ghapelle-en^Bfie : coffros Lemovieences. (Gallia Christ., I, 442.)

(D) 1240. Dans le Registre des visites faites aux églises par Guillaume, doyen dfe» Saiisbnry, on voit qo’à cette date il se tronva à Wokingham, dans le Berkshire : Grux processionalis de opéré Leraovicensi ; et dans la chapelle de Hurst, dn même comté : Pis» dépendons super altare cnm Èncharistid, de opéré Levomicensi.

(JS) 1230. Hostiæ consecratæ in pixide munda et hone&ta reponantnr. Cap. i. Dnæ pixides una argeniea vel eburnea, vel de opéré Lemonitico, .vel alia idonea, in qua hostiæ reserventnr. (Gap. mConst. Dom. Willielmi de Bleys, anuo Ghr. 1230. Wilkins Connu. Mag Brit. , tome f, p. 623.)

(F) 1231 Dno bacini qni sunt de opéré Lemovitico. (Inventaire de Foulques, évêque de Toulouse, 123f. Catel, Histoire dn Languedoc, p. 901.)

(G) 1240. Dnæ pixides. una argentea vel eburnea vel de opéré Lemovicino in qua hostiæ conserventnr. (Mobilier des églises flié parles règlements épiscopaux. Const. Walteri de Cantilupo, Wigornensis episcopi, anno Domini 1240.)

(H) 1258. Peints de Ango, canonicns, dédit ecclesiæ Ambianensi — duo pelves de opéré Lemovicensi et pecten ad usum presbyteri. (Tabularium ecclesiæ Ambianensis )

(I) 1200* Cryftefia de Limoges. (Dictons populaires.)

(J) 1298. Il est énuméré dans le mobilier de Saint-Paul : Duæ coffr* rubeæ de opéré Lemovicensi qu as dédit Fnloo episcopns , stantes super altare — dno candelabra cuprea de opère Limovicensi — nna cnn de opéré Limoceno cum baculolingneo aepicto.

(R) 1813. A la fin du voie siècle, l’expression était si bien consacrée qu’on fe-

ET HÉPERT01RE.

tranchait le mot travail et œuvre. On n’indique pins que la pro? enance. Dans V Inventaire des aornemenz de la Chapelle ae Joigu y, de cette année, on lit : Denz croiz de Limoiges , nng visse 1 de Limoiges, nng vassel à meitre ancens de Limoiges, deus grans chandeliers et nng petit de Limoiges, nng anscenrier de Limoiges. ^Cet inventaire a été publié par M“ Quant in et Tardif dans les Annales archéologiques , tome 711, p. 85.)

(L) 1317. Item l’au 1317, le lie jour de juillet, envoya monsieur Hugues d’Au-

geron an Roy, par Guiart de Pontoise , un chanfrain doré à testes de liépars, de renvre de Limoges, à deux c restes du commandement te Roy, pour envoler an roy d’Arménie. (Du Cauge. Tiré des registres de la Chambre des Comptes.)

(M) 1387. Item je lais huit cent livres pour faire deux tombes hautes et levées,

de Peuvre de Limoges, Finie IMV moy et l'autre pour Blanche d’Avan-

Sor, ma chère couipaigne. (Testament do Hughes do Uaric , cité par u Cange.)

(N) 1382. Deux fiertés de. Limoges, (tnvent. de l’église Sainte-Anne de Douay.)

(O) 1428. Deux petites fiertés, de cuevre do Limoges, esmailliés, avec deux ymages de. crucifix. (Invent, de l’église de Douay.)

P) — Ung petit candeller de Limoges, en soloit avoir deux , l’un est perdu. (Q) 1480. Unus pnlcber bacculus pastoralis in modnm crotoni, argonti deanrati, ia uni tu r etiam sexdecim esmailliis ad imagines.

EMAUX PBLKTS.

(B) 1560. Ung tableau d’argent doré façon d’heures et qui s’ouvre, auquel y a huict histoires d'email de Limoges, estimé — xx. ( Invent, du château de Fontainebleau.)

(S) — Un coffret d’émail , façon de Lymoges, garny d’argent doré , pesant iij marcs, estimé, — xvxv tt.

(X) — Deux petits coffrets d’émail , façon de Lymoges, garny d'argent doré , pesant iii marcs et demy — xxviij ft.

(U) — Ung grand vase d’émail, sur argent doré, pesant neuf marcs, ij onces, lxxij

(Y) — Ung verre d’émail blanc, sur fond violet , avec son couvercle sur argent doré, — xx ft.

(X) — Une boiste d’nne set»e; en façon de Lymoges, et une autre plus petite de mesrne émail , — vii ft.

(T) — Deux boistes d’émail, façon de Lymoges, garnies d’argent doré,— x tt.

(Z) — Troys pendans d’aymaulx de Lymoges , les uns à rolez d’or, les antres d’argent, — xxvi tt.

(AA) — Une paire d’heures, garnies d’argent doré, où il y a nne teste de saint Pierre, onvraige de Limoges, estimées — viij tt.

(BB) — Une peine tu re d’émail de Lymoges , cerclé d’or et un antre soubz ung cristal cerclé d’or, une autre du feu roy François deuxiesme, ung antre de la royne Claude en ung petit carré d’or, nng autre d’une femme reufve cerclé d'or et nne autre d’une jeune femme cerclé d’or, estimé Ixiiij tt.

(CC) — Troys peinctures du feu roy Françoys premier et une d’émail dé Lymoges. Ung antre en un petit rond-, nne de la royne Leonor, une d’Eplis e Lansac, une autre d’nng viel *homme qui a ung bonnet ronge, ung autre de la Movffecte, huict petits tableaux des enffans de France.

(EE) — üng grant coffre de nacre de perles, enrichy d’istoires de Lymoges/ (DD) 15W. Ung dragoer doré, esmaillé de esmal de Limoges, poise douze livies — xijttv. t. (In vent, du château de Ne vers.)

esmaii. MIXTE. Quand les figures épargnées en relief, mais non en ronde bosse, se détachent sur un fond guilloché rempli d’émail bleu, comme dans le reliquaire de Jeanne d’Evreux (impartie, page 114 et n° 140), ils répondent aux descriptions suivantes. (Voyez Esmaii d'azur. )

(A) 1380. Uds tableaux d’ivoire, de ij pièces, garnis d’argent, très menuement

ouvrer et historiez de la passion et est le champ esmailiié d'azur. (Inventaire de Charles V.)

(B) — Uns autres tableaux d’yvoire, de vi pièces, garnis d’argent, tons histo*

riez de la vie Nosire Dame et de la passion, dont le champ est esmaillé de la passion comme les antres.

(C) 1454. Pour un tableau d’or, à un esmaii de saincte Anne, bien richement

esmaillé, l’jmaige esmaillée d'azur et le champ de l’esmail de ronge cler; ledict esmaii bien richement garny d’or à l'entour et, en ladicte garnison, a petites fleurs d'or esmaillées de blanc, de rouge cler et de bleu, donné ledit jour à la Roynede Secille. (Comptes royaux.)

esmail de XIELLURE. Je suppose qu’on a lu, dans la première partie de cette Notice, page 83, le chapitre des émaux de niellure. Je n'ai ici qu’à produire des textes. Mes citations sont nombreuses, et cependant j’ai soigneusement élagué? des extraits de mes lectures , tout ce qui m’a semblé peu significatif ou faire double emploi. On verra : 1° Que la nielle , c’est-à-dire un mélange de soufre , de plomb et d’argent, était toujours confondu avec l’email noir. Le fait d’une couverture de livre encore conservée parmi les manuscrits de la Bibliothèque Nationale , et décrite dans un inventaire de 1480, comme niellée, ne laisse aucun doute à cet égard: c’est une plaque d'argent gravée en taille d’épargne et émaillée de noir. (Vov. 1*® partie, p. 841. 2° Qu’on employa l’émail noir avec les procédés d'émaux en taille d’éparçne, en basse taille ou en apprêt, c’est-à-dire peints. 3° Que cette décoration noire était souvent appliquée aux joyaux avec une signification de tristesse, soit pour accompagner un deuil, soit pour servir en temps de carême, qui est aussi une époque de deuil.

(A) 1220. Cap. ixvii, lib. m. De Nigello. Cap. xxviii. De imponendo nigello.

Cap. xl. De poliendo nigello. (Theophili , div. Art. scnedula )

(B) 1260. Li estrierd’or noiélé. (Roman d’Atis et de Prophelias.)

(G) 1316. Une couverture à livre d’argent néellée, au pris de xxx lib. {Invent, de la comtesse Mahaut d'Artois.)

(D) — Une hache néellée, à do flaire cerfs et grosses bestes, ou pris de v sols.

(E) — I escrin de leton néellé d’argent, à grand planté d’enelastres. c’on ne

scet estimer, mais on n’en ferait point un tel à Paris pour G lib.

(F) 1360. Inventaire du duc d'Anjou. 778, 793.

(G) 1363. Un reliquaire plat, d’argent, noellé et rond, à nn escusson au milieo

et pend a une chaiennette. (Invent, dn duc de Normandie.)

(H) 1380. Un hanap couvert , néellé par dehors à roys et a un roy sur le frui-

telet, pesant vi marcs d’or, (invent, de Charles V.)

(I) — Un annel d’or, néellé, où est la croix donble noire de chacun costé où

il a un cruceflx d'un camahieu .

(J) — Un saphir à huit costez, beslong, assis à jour et à croisette sur une

verge d’or estnailliée de noir à rosettes d’or.

(K) — Un fermait d’or, à pendre les bourses à la poitrine, neellé, garni de * iii balaiz pareils, iij esmeraudes quarrées et six grosses perles.

(L) — Un autre fermail, à pendre bourses, néellé à lettres comme dessus.

(M) — Un annel dont la verge est ennelée et y a une esmeraude quarréc.

(N) 1380. Une verge d'oresmailliée de noir.

(O) — Une boiste d’or néellée à aigles.

Ij>\ Un ancien camahieu, à la leste d’un jeune' homme, assis en une verge d’or néellée et escripte à lettres.

fO) — Un camabien, où est un aigle volant, assis sur une verge, eserite do néel et J deos couronnes on cbaston.

(U'i Un calice d’argent, doré, néellé par le pomme! et sur la pâte et des-

soubz la conppe et a la pâte semée de menues perles et la patene taillée à un compas où il a un gnns Dei , pesant tj marcs, mj onces

et demie.

Une paire de bacins à laver, parfonds et sont néellës par dedans a kestes et oy seaux, oa fons des dits bacins enlassures et ont les dits bacins souages par dessus, au dehors, pour les tenir, pesant vuj

m ^ Une nef d’argent, dorée, sans couvescle, semée de pièces néellées et de cristaux, donné au Roy par le pape Grégoire, pesant h marcs, vij onces.

(U> — Autre vaisselle blanche appelléc vaisselle de Raresme. {Je cite Mu I ce chapitre.) Premièrement : une conppe verrée, nellée à fleure de lys.

(Y) Un hanap, d’argent blanc par dedans , néellé par dehors a fleurs ae

/X) — Un gobelet d’argent blanc par dedans, par dehors néellé à fleurs de lys, sur le fritelet une perle.

(Y) — Une sallifere d’argent blanc, néellé par dehors à fleurs de lys et sur le fritelet une langue de serpent.

fZ) — Deux vieil» bacins à laver, de vieille façon, verrez, uéellez par dedans.

(AA) — Une nef d’argent blanc, néellée par dehors.

(BB) — Deux chandeliers d’argent, vérez, à osteaiix, néelez des xij mois de l’an, à iij serpentelles pour pieds, pesant xix marcs, inj onces.

(CC) — Uns très petit* tableaux, de xiij pièces, néellées d’un costé et d’autre de diverses vinages, pesaos une ouce, iij esterlins.

(DDU399.Uns tableaux d’or, îiaint d’enlnmineure, par iledaus de noslre seigueur despemlu de la croix d'un costé et Nostre Dame et S. Jean de l autre, néellez au dos des armes de Mouseigneur de Berry, pesant trois marcs, six onces, cinq esterlins. (Inventaire de Charles Vf.)

(EE) 1467. Ung gobelet couvert, ooquel a xiiii antres gobeletz d'or qne grans que petis, semés, taillés et esmaillés ae noir. (Ducs de Bourg., 'ztn.)

(FF) — tTne pile de gobelez d’or, entrant l'un dedens l’autre, où il y en * quinze qui sont taillés et esmaillés de noir. (Ducs de Bourg., —80.)

(GG)U80.Etdo aliolatere dicti textus envangeiiormn est similitndo quatuor euvangelistamm et sanctus Johannes in medio scribeus 'n linro et in superiori parte dictorum euvangeliorum est lums angélus, tenens unum rotulum in uuo scribitur : Yerbum caro factum est. Quoaoidein vmagines supra dicte sunt omnes nigellate et dédit dictum nbrnm Karolus quintus sicut apparet per li tt e ram script a m supra dictum latus. Le volume est encore tel qu’on le décrit dans cet inventaire, seulement on parle plus loin de fermoirs sur lesquels sont fixés duo esmaillia de nigellatura, et ces fermoirs ont éié rompus et sont .perdus. L’invcutaire, rédigé en français un siècle plus tara (1673), décrit ceâ figures et remarque comme le latin : tesquelz vinages devant diciz sont tous néeslez. (Inventaire de la Sainte-Chapelle de Pans.,

(HH) — D’une autre couverture de livres, il est dit : Muuitus in circuitUBluribus esmaillijs de neeslnra. Et l’inventaire de 1673 traduit ainsi . garny autour d’esmanlx de néesleure.

(11) — Parvus bacnlns pastoraüs coopertns argento, multuni tenni,

bel sub crotonounam poignée, galice, de cupro deaurato, sesesro^iins argenli munit a, quorum quinqùe snut nigellata et aliud est aiounu L’inventaire de 1573 traduit ainsi: garnye de six esmauli d argent dont les cinq sont néeslez et l’autre est blanc .

(JJ) 1536. Ung petit tableau d’or, en l’un coRté nostre Dame de pitié, esmaillé de couleurs, et à l’autre costé S. Pierre esmaillé de noir. (Inventaire de GharleMJuint.)

(KK) 1560. Une enseigne d’or, ovalle, à laquelle y a une bataille de petites figures montées sur petits cbevaulx esmaillez de blanc et autour ung demy son, taillé d’espargne, esmaillé de noir. (Inventaire du Château de Fontainebleau.)

(LL) — Ung tableau de veloux noir, bordé d’or et couvert de douze histoires de taille d'espargne, émaillé de noir, — xl

(MM) — Ung tableau rond d’or, qui s’ouvre, servant 1 mectre reliques et y a dessus une nunciacion émaillée de noir, — xl tt.

(NN) — Une petite monstre d’or, quarrée, émaillée de noir, enrichie parle tour de rurns et le dessus de petits diamentz, estimée ,-c*.

(00) — Une enseigne sur une grande cornaline , cerclée d’or, émaillée do noir et au dedans ung cheval émaillé de blanc, marchant sur le corps d’un homme, estimée, — il ft.

(PP) — Ung petit cymeterre , aiant la poignée et le fourreau d'or néllé, tout couvert de maulvais rubiz spinelles et rougeolles et turquoises et fut donné an roy Henry par fen MS. le marescbal Strossy.

(OQ) — Deux trompes d’argent, nellé et doré, sans autre garniture.

(RR) — Une boiste d’émail à fonda noir et dessus ung feuillage violet et fleurs bleues.

(S9) — Douze enseignes d’or, de taille d’espargne, émaillées de blanc et noir. (TT) 1564. Anssy mon nepveu, Loys de Brezé , pour la bonne amour qu’il a congnen que je luy ay porté et pour avoyr souvenance de moy, je luy donne ung diamant pointu, esmaillé de noir, le plus gros que j’aye qui soit pointu. (Testament de Diane de Poictiers )

(UU) 1566. Ung livre d’or, les feuillets d’or escriptx, taillé d’esmail noir. (Invent, du chasteau de Nevers.)

ESMAIL ( façon du pallays.) Cette qualification ne parait qu’au xvi® siècle. Je ne sais à quel procédé elle s'applique. Est- ce un genre d’émail propre aux orfèvres établis dans le Palais ou dans ses environs? On sait que ce grand édifice avec ses abords fut, au moyen àçe, et resta, jusqu'au xviue siècle, une sorte de Palais- Royal industriel. Ses galeries, ses escaliers, ses cours étaient remplis de boutiques, et la librairie y conserva, jusqu'à notre siècle, sa principale résidence.

(A) 1560. Vingt sept enseignes d’or, de plusieurs émaulx, façon dn palays.

(Inventaire du chasteau de Fontainebleau.)

(B) — Vingt trois enseignes d’or, à jour, façon dn pallays, deux antres d’or,

aussi façon du palays, faictes en tables d’acte.

ESMAII. par PIÈCES. C’est-à-dire exécuté à part sur plaque <le petite dimension, serti, vissé et soudé ensuite sur un ouvrage d’orfèvrerie. (Voyez Esmaux de plite.)

ESMAIL PENDANT. Petits écussons émaillés.

(A) 1353. Un languir r, sent pié, de la façon d’on arbre, tout doré, I esmanx de France pendant, pesant vi marcs, une once. (Comptes royaux.)

ESMAIL DE Pl.lQl’E, de plite etd’oplite, c’est-à-dire d’applique. Émaux exécutés sur plaques de petites dimensions, et montés de manière à pouvoir être vissés, sertis ou soudés sur une pièce d’orfévTerie, ou même cousus sur étoffe. Avant d’avoir réuni tous les textes que je cite ici, j’avais rédigé une discussion en règle sur la signification de ce terme ; elle m’a bientôt paru un hors-d'œuvre, je la supprime. Dans ce travail, j’avais fait des articles à part pour

Di

les différentes applications des émaux de plite j’ai trouvé depuis qu’il y avait inconvénient à scinder cette réunion de citations et à interrompre la suite chronologique. La lecture de ces textes, de tant de provenances diverses et d'une longue série d’années, sera pour tout érudit attentif la meilleure base d'une opinion éclairée. (Voyez la première partie de cette notice, page 13, et dans ce Répertoire les articles : Or de plite et Orfèvrerie prêt à mettre esmaulx. )

(A) 1316. V henaps, semés d’esmaus, pesans m mars, t onces, vesterlins

valent civiij liy. ii s. (Comptes royaux.) ’

(B) — De Eruonf de Mont Espillouer, iij henaps, sartis d’esmaos, pesans

iv mars, ij onces, vii esterlins et maille, vallent lxivi liv. i s.

(C) 1328. ij bious (?) d’argent, dorés, à esmaus de plice ou fons, prisié lixvi j liv

(Inventaire de la royne Clémence.) 1

(D) 1351. Dem aiguières, l’une esmaillée, l’autre semée d’esmaui. (Comptes

royaux. ) ' *

(E) 1352 (Voyez au mot Chapel la description entière d’). Un chapel de bièvre

(loutre) — semé parray de grosses perles de compte, de pièces d’esmaui de plicte, et un antre chapel de bièvre à boutons de perles orfroisié de bisete et de pièces esmailliées.

(F) — Parties de Jehan le Braillier, orfèvre du Roy, pour Mous' le dnc d’Or-

liens, pour faire et forgier un hanap tout plain qui fnt fait d’un antre viei et y mist l’en un esmail de ses armes qui estait du lé du fons du hanap, — pesant un marc, iij onces, îv esterlins d’argent.

(6) 1353. Pour nne aiguière esquartellée d’esmam ou autrement selon l’inventaire de la dicte eiécucion : une aiguière esmaillée d’esmani sardii pesant iij marcs, j once. (Inventaire de l’argenterye.)

(H) — Pierre des Livres, orfèvre, pour iiij marcs, vj onces, i esterlins d’ar-

gent à faire la garnison de deux grans colliers garnis de grans pièces d’argent dorées et faites d’orbevoyes et d’esmauli sartiz, a ceris enlever, à manteatilx esmaillé des armes du dit seigneur ponr ij grans chiens alaus, — rii esens. (Comptes royaui. Bibliothèque de sir Th Phillipps.)

(I) l360.Inventairedu dnc d’Anjou, 191, 515, 516, 572, 655.

(J) 1363. Une coupe d’or à couvescle, du sacre, aui armes dedans de la royne

Jebanne de Boorgongne , semée d’esmaui de plique, à pierres et à perles, et le pot de mesme, pesant iv mares, vj onces et en faut deui balais qui estaient sur le fntelet. (Inventaire du duc de Normandie.)

(K) — Une autre coup d’or, à couvescle, hant assise et en sa pâte a vj lion-

ceaux semez d esmaux de plique et de girnay (?) et pois,: vij marcs et demy.

(L) — Une aiguière d’or, semée d’esmaux de plique et de rubis et de menues

perles, et poise vij marcs et demy.

(M) — lrn petit gobelet d’or, à nu biberon d’or, semé 4’esmani, des armes da

France, de Bourgongne et d'Evreux, pesans 1 marc et demy.

(N) — Une coupe d’or, esmaillée de plique, à esmeraudes et à rubis d’Alexan-

dre et semée de perles.

(O) — » Une aiguière d’or de mesme.

(F) — Due autre plus petite aiguière de semblable façon.

(Q) — Vrie longue coupe d'or, semée d’esmani d’oplique et à saphirs et à

grenaz.

(R) — Une quarte d’or pleine de laquelle l’émail dti couvescle est cheuz, qui

poise vj marcs.

(S) 1380. Un calice d’or, qui a la tige esmailliée aux armes de France et un pom-

mel à esmaulx de plite, pesant iij marcs, v esterlins d'or. Inventaire de Charles V.)

rn 1380 Un grand calice d’or, ponr le» prélats de la Chappelle An Boy, ou ' pommel Auquel a vj esrnaux ronds d esmaux de plue.

IBS — On calice et deux burettes de nouvelle façon, ciaelées à flancs de bouc- ' resches , à esmauU par pièces, pesant viÿ marcs, vj onces.

iy\ — One coupe d’or, semée d’esmaui de plite et de perrerie, — pesant i ' 1 mares, demie once d’or.

m One autre couppe d’or, sur un hault pied, assise sa r hi lionceaux, se-

(X) niée d’esmanxde plite, garnie de grenat et de saphirs , pesant vq

marcs, iij onces d’or. ...... .

m On hanap d’or, assis sur nn trépié, garny de pertes, rubis d Alexandre

(Y) etd'eraierandès et est semé dresmaulx de plite , pesant vj marcs, vj onces d’or.

onces a or. . , , ,

Un hanap d’or plain,' à cotrrescle el a, an tonds du hanap, un esmail de plite et au couvescle nn plus petit et est le frnitelet d un balay, dessus, iij saphirs et iij grosses perles, pesant uij marcs, vij onces et demie. « • •

f A Al - One aiguière d’or à roses d’esmanlx de plite et a un (roitelet de iij pe-

• ' «tes perles et un saphir, pesant nij marcs,. demie once.

r\p,.T barris (baril#) d’or, semer d’esmaut de plite et de perles et sont les tissus (les courroies ponr les suspendre) de soye inde, pesant ivj

,rn ôn wt quarté, long et gresle. esmaillié d’esmaux de plite, pesant vijj

(CU1 marcs, u onces et demie d or.

mm One pinte semée d’esmaulx de plite et a saphirs environne! de rubis d’Alexandre et de perles, pesant vij mares d or.

r,n. b,ss- nef. à déni anneaux aux deux bonis qui tiennent a deux (EE) - D™ .Sfîyon, semée d'esmanx de plite, pesant xx marcs d’or et demie

rn^qtiarte d’or, semée d’esmaulx de plite, ara armes de France et 1 d’An-delerre, pesant vj mares, vj onces d or.

inr, Vu# conppe d’or, toute esmaüliée d’esmanx de plite et a nne annonlGG) ciation nostre Dame ou fons dedans, pesant vnj marcs, uy onces, nnn Un hanap d’or - on fons est un grand esmail de phte et cinq petits V environ, pesant ij mares, v onces.

Une mitre sur champ de perles, garnie de saphirs, de plusieurs pierre- ' ’ ries et d’esmaulx de plite.

<»> " ^matr^pesans

(RK) - On Tha^wl1 de Meure, d’escarlatte, orfraisié Ac Wsctte d’or, * Perles-

(LL) — Un joyau d or, j ,épnlctire est soustenn de v hommes ar-

11116 TèstTeduSchre esmaillié d’esmanx de plite, garnis d’esme- Zd!l ^r « etXd'Alexandre, pesantnn marc, v, onces x esterims {MM) "ne ^tnre sur un blanc .issu - et sont 1. boucle et le mordant

d esmaux de P -femelle (lame) eamnse, qui a le manche d'esmanx <NN) “ de“pUtS Vies vermeilles et blanches et est la gaine toute d’or, esmaillée de France pesant tout v onces, xij esterhns.

[W) - SïSt Ave Maria entour,

(PP) UïflJDnë^uière d’t "fermai, la rons, en manière d’esmanl. de pliqne.

que Monseigneur de Berry donna au Roy l’an 91 qn’il disna à Neelle, pesant dix hnict marcs, trois onces et demve d'or. (Inventaire de Charles VI.)

(RR) 1899. Un joyau, ou reliquaire, très hien ouvré, de menue œuvre, où est une

£»rte assise sur nn pillier et dedans la porte est le couronnement et y ult l'esmail de la moictyé de ladite porte.

(86) — Un grand hanap d’or, à pié et à couvescle; «maillé par dehors à pampes de roses vertes et blanches par manière d'esmaux de püte et le iretelet par manière d’une couronne d’empereur — et le donna au Roy monseigneur d’Orléans et poise dix marcs et deinye once d’or.

(TT) — Un petit hanap d'or, à pié et à couvescle, et doute esmaux blancs et vers par manière de plite, à nn frété le t d'une rote garny d’un saphir et six menues perles, pesant quatre marcs, cinq onces.

(UU) — A Jean Brun, orfèvre — pour vi fermeillets d’or d'une sorte garnis de pierrerie et vi loups d’or esmaillés de leur couleur et attaches à iceui fermeilleU et pour 10 autres loups d’or esmaillés semblablement, que ledit seigneur (le duc d’Orléans) a fait prendre de lui et attacher sçavoir : les ix à ix autres fermeillea d’or pns d'autres marchant. (Ducs de Bourgogne, no 5906.)

(W) — A Jehan de Brye, orfèvre, pour un gobelet d’argent. Pour le salaire de Ghiselin Carpentier, orfèvre, de un esmail arrnoyé des armes de la ville (de Tourna y) qui fn mis au couviècle dudit gobelet par dessus. (Ducs de Bourgogne, tome I, page xciv.)

(YY) 1408. Deux bacins d’or à quatorze esmanlx de plistre, dedens ung estujr. (Ducs de Bourgogne, n<> 61 11.)

(ZZ) 1410. Ung gobelet d’or, tout plain et boutonné d’esmail de plistre, à boutons eslevés, le fretelet d’or tout plain. (Ducs de Bourgogne, n. 6184.)

(AB) 1416. Unecouppe d’or et d’esmaulx de pelite couverte, garnie de petites esmerandes, rubis d’Alitandrie et menues perles, laquelle Monseigneur acheta du Grand Albert, orfèvre, demouranti Paris,— prisée, vie liv. t- (învent. du duc de Berry.)

(AC) — Un petit tableau d’or, où il y a un ymage de saint Loy6, roy de France, fait d'csmaulx de pelite, garny de. perrerie, c’est assavoir de xi balays, trois saphirs et xxxij perles et au dessus une teste fecte de camahieu , lequel tableau ainsi fait et garny comme dit est, l’amiral donna a Monseigneur ou mois d’avril m.cccc.viii, prisé mil fr.

[AD)- Un gobelet d’or et d’esmaulx de pelite, couvert, ouvré très richement de plusieurs fleurettes et de plusieurs couleurs à jour — iiÿcxv liv. t,

(AE) — Dix esmanlx de pelite, enchâssez en argent, — prisé vij liv. t.

(AT,- Une graut salière d’agathe, garnie d’or et sur le pié et couvercle a esmaulx de Jftite, garnie de pierrerie, — ( suit le détail des pierres ) vm,iijc liv. t.

(AG) — Une couppe d’or et d'esrnanli de pelite, couverte, garnie de petites esmeraudes, rubis — prisié, vie liv. t.

(AH)- Une salière d’or et de cristal, le pié et couvercle de laquelle sont d’esmaulx de pelite, garnie de deux nalais, deux saphirs et huit grosses perles — ijcixv liv. t.

(AI) — Un hanap de cristal, garny d'argent doré, avecques le pié et sur le couvercle a six esmanlx de pelite et ou fous une rose enlevée— xxx liv. t.

(AJ) — Vint csmauLx d’or, esmailliez de ronge clerc des prenx et preuze* * qui sont yssus de deux bacins d’or, prisés vijexxxi liv. v sols t.

(AK)- Deux grans pièces d’esmaulx d’or, plates et quarrées , très richement «maillées, qui sont d’un graut tableau d’or, bien pesant, en façon d’un livre, esmaillé dedans très richement de plnsieurs ymaees de la vie et passion uostre Seigneur et de Nostre Dame, prisée viiir liv. t.

(AL) — Iiij esmaulx de pelite, en lozange, six autres esmanlx de pelite, attaques un cristal creux à six pans , en façon d’une cuvette, lesquelles rties d’une sabère de cassi *oine — xxv s. t.

choses sont parties c

{AM)i416.Cinq pièces plates d’or, csmaillées de plusieurs ymages, qui sont yssues de plusieurs tableaux d’or esmaillés. — ijc,iiijx*liv. t.

(AN) 1456. A Henry le Backere, orfèvre, demourant à Brouielles,— pour avoir

refait la couverture d’une salière d'or d’esmail de plistre. (Dues de Bourgogne, 1809.)

(AO) 1467. Deux crans pot* d'argent doré — et au dessus des manches a quatre

esmeraulx rons et en l’autre deux et il en fault deux. (D. de B., 2444.) (Aï) — Ung çrousequin de cristal, — et au fons du couvercle a nng esmail d’un Blason en palitre. (Ducs de Bourgogne, 2750.)

(AQ) — Une mitre , dont le champ est semé de perles et est brodée d’argent doré, semé dessus de pierrerie — et est la brodore dn hanlt de petis angles tenant petis esmeaulx de plicque et au dessus deux saphirs perchés, garnis ae petites perles à ren tour. (Ducs de Bourgogne, 2208.) AH) — Une mictre semée de perles , brodée d’argent doré — et est garnie sur le millieu de viij fermeiiles de grans et d’antres plusieurs petis , les grans garnis d’esmail de plicque et les petis garnis de petis granas et saphirs et est la brodeure d’en bault garnis de petis paons , les uns d’argent doré et les autres esmaillés d’azur. (Ducs de Bourg., 2208.)

(AS) — Ung gobelet d’esmail de plicque, garny d’or. (D. de B., no 2364.)

(AT) — Ung drageoir d’argent doré, ou milieu duquel a ung chappelet de

fleurs , taillé et esmaillé et le pommeau du milieu aussi esmaillé de petis esmaulx et fleurs de lys. (Ducs de Bour^flgne, 2412.)

(AU) — Douze tasses d’argent, dorées , à souages et à couvercle et aux fons a

des branches eslevés, poinçonnée autour et en chascune ung esmail d’Or, là où il y a ung apostre, pesans ensemble xxxij marcs, v onces et demie. (Ducs de Bourgogne, 2493.)

(AV) 1480. Una pulcra roittra de broderia — et est dicta mittra in circuitu per

extremitates pl imbus parvis esmailliisde plicqua et pluribus parvis vittris. (Inventaire de la Sainte-Chapelle.)

(AX) — Item unus pnlcher calix , multum dives , de anro , cum sua patena, cujus calicis patena est totaliter esmailliata esmaillio de plicqua, per quod videtur dies et est similiter dictus calix esmailliatus esmaillio de plicqua ad extra. Voici la rédaction française de 1573 : Un beau calice d’or, fort riche, avec sa patène , laquelle est toute esmailée d’esmaulx de plicque par où l’on véoit le jour et est semblablement ledit calice esmaillé par dehors.

(AZ) — Deux petits bassins de chapelle au fonds de chacun desquels y a sept esmaulx de plicque.

(BA) 1498. Une mittre semée de perles, narnye d’argent doré tout autour et au fest faicte à fenillaige, en laquelle a plusieurs piMrescomme amatestez, safirs , grenetz et plusieurs esmaulx de plicque vt semblablement les

Sendans garniz, pesans xv marcs, iij onces, ij gr. d’argent. (Inventaire e la royne Anne de Bretagne.)

(BB) — Deux grans potz à vin godronnez , l’un godron doré et l’autre blanc , dont l’un des dits esmaux est cheu, lequel est dedans l’nn desdits pots. (BCj — A Pierre Qnincauld f orpbèvre , pour avoir fait cinq rondz esmaulx, armoyez des armes de ceste ville (Arras) appropriez et assiz sur les dictes troys pièces de vaisselle — assavoir lesdicts deux flacons — et ledict drageoir. (Comptes de la ville d’Arras.)

(BD) 1499. Ung drageouer d’argent, doré, la conppe de cristal et an meillien d’icelle a ung grant esmaill escript et en icelny esmaill a plusieurs personnaiges, arbres et bestes, la couverture aussi dorée à plusieurs esmaulx, le champ camoyssé, le pié et le baston de mesme, le pommeau d’icelui fait à matzonnerie et personnaiges, le tout d’argent doré et le pié à jour. (Inventaire de la reine Anne de Bretagne.)

(BE) 1507. Ung calice d’argent doré, en la platine duquel a ung crucifix d’esmail, le pommeau goderonné, à huit esmaux d’azur; en chacun son

estoille avecqnes sa platine et ou milieu de laquelle est rapporté nostre Seigneur à ung esmail. (Idem.)

(BF) 1536. Une coùppe d’esmail de plyck, garnye d’or, aiant à la pungnie une

fleur de lys et sur le fretelet troys perles et ung balais perché. (Inventaire de Charles-Quint.)

(BG) 1560. Ung coffre d’argent doré, enrichy d’émail de bastaille (basse taille)

et de boutons d’émail de plicqup, — hij tt. (Invpnt. de Fontainebleau.)

(BH) — Une sallière d’émail de plicqne, garnie d’or, pesant j m., ij onces 1/2,

— vi« a.

(B!) — Ung grant bonnet de veloni noir, gamy de perles et de boutons d’émail de pliqne, estimé — 1

(BJ) — ÜDe espée à l’anticque, ayant la garde, la poignée et le bout d’esmail

de plicqne, le fourreau et une escharpe de cuyr fait à broderie d’or tiré.

(BK) 1573. A M. Richard Toutain , orfèvre à Paris, sur le pont au change, à

l’enseigne des trois coquilles, — pour ung mirouer de cristal de roche enrechy et couvert d’or, avec la cnesne à pandre, le tout esmaillé d’esmail de plicque et garny de quatre esmerauldes, — ijc hj liy., x sols. (Comptes de la duchesse de Lorraine.)

ESMAIL DE PLITE A jour. J’ai traité, dans la première partie, page 100j des émaux cloisonnés à jour, je cite ici des émaux d’applique à jour. On conçoit qu’il étpit facile d’évider et de décou-^ per des plaques de petites* dimensions, de les émailler avec soin et de les sertir ou souder ensuite sur des pièces d’orfèvrerie de grandes dimensions. Appliqué au verre ou au cristal, c’était une sorte d’enveloppe en forme de treillis à jour.

(A) 1380. Une grande conppe d’or, sans coirvescle, à esmauxde plite à jour,

pesant îv marcs d’or. (Inventaire de Charles Y.)

(B) — Une très belle couppe d’or et très bien ouvrée, à esmani de plite à

jour, et est le hauap d’icelle à esmaux à jour et le pommeau ouvré à maçonnerie bien délié à petiles vinages et est le pied assis sur six lyonceaux, pesant xiiij marcs, vj onces d’or.

(C) — Un couteau à manche d’yvire, ouvré à ymagettes et est ledit manche

couvert d’un estuy cloant* d’argent doré et a eu l’alleraelle (la lame) dn dit coûtai, une longue roye à esmaux de plite ouvrée à jour.

(D) 1420. Ung très riche voirre, tout fait d’esmail de pelistre à jour, qui se met

en trois pièces, c’est assavoir le corps de voirre, le couvesclc dessus et le pié, ouquel a eu la poignée une fleur de Ils, faicte dudit esmail de pelistre, tons bordés d’or. (l)ucs de Bourgogne, 4217.)

(E) 1480. Voyez, dans l’article précédent, la citation AX.

ESMAIL. ROl’GE CLAIR. J’ai dit ce qu’étaient les émaux blancs, des figures en ronde bosse émaillée d’émail blanc, les émaux d’azur, des émaux dont les figures épargnées en relief se dessinaient par le brillant du métal au milieu d’uu champ d’azur; je pourrais parler des émaux de couleur, mais ils ne constituent pas un genre à part. La citation suivante est introduite ici pour expliquer ma réserve.

(A) 1380. Un a miel esmaillié de ronge clair où il a une esmeraude assise à filet. (Inventaire de Charles V.)

esmaux SARDIX et Sartis. Émaux exécutés sur des plaques de petite dimension, et sertis ensuite sur des pièces d’orfévrene aux places ménagées. (Voyez Esmaux de plite.)

esmail SEMÉ. C’est encore une variante des émaux de plite ou d’applique, et, quand il est question des lyenres des émaux semées de plusieurs chatons (Invent. d’Anjou, n° 128), ce sont évidemment les liens ou encadrements qui servaient à fixer les émaux

semés sur la pièce d’orfèvrerie, eux -mômes semés de pierreries fixées dans des chatons.

(À) 1316. Cinq henaps, semés d’esmaux. (Comptes royanx.)

(B) 1353. lTne coupe d’or semée (Tesmaui de plicte, de perles d’Orient, etc.

(Comptes royaux.)

(C) — Une aiguière d'or, semée d’esmaux de plicte.

(D) — Une nef dorée, semée d’esmaux aux armes de Valois.

(£) 1360. Invent. du duc d’Anjou. 7, 21, 32, 87, 102, 107, 111, 457, 465, 167, 168, 199, 274, 275, 285 à 287, 290, 294, 296, 306, 328, 365, 367, 369, 370 à 378, 385, 399, 400, etc.

ESMAIL DE BASSE TAILLE. 11 faut comprendre, sous cette dénomination, les émaux de basse taille que j’ai décrits, page 103 de la Notice, et les émaux mixtes dont j’ai parlé, page H 5. Les rédacteurs des inventaires ne faisaient pas de différence entre eux, et je suis porté à croire que les émaux mixtes, la véritable fabrication française, dominaient dans le nombre. Je me réfère anx citations suivantes, elles servent de commentaire au texte de la première partie. Qnelque nombreuses qu’elles soient , j’aurais pu en décupler le nombre, mais je n’ai extrait de mes lectures que ce qui m’a paru significatif et porter avec soi une lumière nouvelle.

(À) 1348. A Thomas Angvetin, orfèvre, pour la façon d’nn gobelet — ix liv. rii s. p. (Comptes royaux.) — A Régnant Hune, esmailleur, pour taillier et esraailler les dix esmaux — • ciiij s. p. Pour un estny audit gobelet.

(B) 4363. Item nnus pulcherrimus ealix aureus cnm sua patena anrea nobilissime esmaillata esmaldis anreis. (Ap. Du Cange.)

{G) 1380. Un banap d’or, à couvescle, à souage, à un esmail rond ou fons de France et au milieu la leste Dieu sur rouge clair, et ou fons du couvescle et le fruitelet esmaillié de France, pesant iij marcs, deux onces d’or. (Inventaire de Charles V.)

(D) — Une verge d’or, toute noire, osmaillée de blanc à lettres.

(E) — Une autre verge d’or esmaillée de blanc et d'Yude.

(F) — Uns tableanx d’argent, psmaillez dedans et dehors, et a un crucefix ou

milieu, pesant vil marcs, ij onces,

(G) — Un reliquaire, onx'rant à deux portes, — et sont les portes esmaillées

par dedans de la passion et par dessus a, sur chacune porte, mi cama- * bien bellong.

(JI) 1391. A Guillaume Arode, pour avoir rappareillié et mis à point nn petit tableau d’or de madame Ysabel de France, onqnel il a d un costé esmaillié l’anonciation Nostrc Dame et Sainte Marguerite et d'antre costé l’image Nostre Dame et Sainte Katherine — xvi liv. xvi s. (Comptes royaux.)

(ï) 1393. Pour la broderie faitte en et sur deux houppelandes — pour le Boy, NS. et pour MS. le duc d’Orléans (nn chemin, figuré en broderie, courait snr la manche gauche), et y a, sur icelui chemin, un cheval d’or mi cousu de rouge qui fait manière de cheval échappé, assis sur le dessus desdites manches et pend au col de chascun cheval nn coHer d’or, d’orfavrerie, où il a en chascun xvi lettres pendans qui dient i J’ayme In plut belle et deux cosses de genestes pendans en chacun d’iceulx colliers, l’une esmaillée de blanc et l’autre de vert. (Comptes royaux.)

(J) 1394. De Perriu Hune, orfèvre, uns tableaux d’or à esmaulx d’une annon-

ciacion. (Les Ducs de Bourgogne, no 5648.)

(K) 1395. Houx cosses pendans an bout de couronnes, l’une esmaillié de blauc

et l’autre de vert, pour asseoir au col de deux tigres, fais de broderie sur les manches senestres de deux houppelandes. (Comptes royaux.)

(L) 1399. Uns tableaux d’or, à six pignons, esmaillez d’un costé et d’autre de la passion et sont les pignons Dordés de perles et d’un costé est l’annunciation et d’autre un crucifiement et y fanlt le cruceflx , pesant un marc, cinq onces. (Inventaire de Charles VI.) *

M — Uns tableaux d’or, esmaillé de l’annunciation Nosfre Dame par dehors et par dedans un jmage de Nostre Dame et de St. Jehan Baptiste, environnez de menue pierrerie, pesant trois onces, cinq esterions.

(N) — Un fermail d’or, esmaillé d’azur, des noms des trois roys d’une part

et ave Maria d’autre.

(O) 1405. Un grant tabernacle, d’argent, doré, où il y a un image de saint

Georges à cheval, tenant sous luy un serpent, fermant à huissels, esmailles dedans et dehors de plusieurs histoires. (Invent, de la SÎinte- Chapelle de Bourges.)

(P) 1420. Une tablettes d’argent dorées et esmailliées à plusieurs ymaigesqui

furent achettées en Ast. (Ducs de Bourgogne, n® 6269 )

(Q) 1467. Une paix d’or/faicte en façon de fleurs de lys, armoyé à champ d’es-

mail oes armes de Monseigneur. (Ducs de Bourgogne * 2043.)

(R) — Ung petit reliquaire d’or à tonrnelles, où il a tout autour quatre ymai-

ges, couverts de esmail dessus, — pesant iij onces. (Ducs de Bourgogne, 2110.)

(S) 1498. Un grant dragouer d’argent, doré, à troys pièces au melieu et par les

bors esmaillé à grans esmaulx d’or, le tout faict à godrons et aux bors du bacin à unze coquilles et au dessoubz du pic les armes de Laval, • pesant xixj marcs, une once d’argent. (Inventoire de la royne Anne de Bretagne.

(T) 1510. Ung livre d’ystoires, sans escripture, couvert d’argent doré et es-

maillé, savoir est la Transfiguration d’ung cousté et la Résurrection de l’autre, avec les armes du Roy et de Monsr. par dedans sur argent blanc. (Inventaire du cardinal Georges I d'Amboise.)

(U) — Ung ornement d’or esmaillé, dedens ung petit tableau, fermant à deux

guychetz, tout doré, le dit ornement faict à petits ymages esmailletz, estimés de xxx à il escus.

(Y) — Déni grans esguières d’argent doré, dont les déni semblables , à esmail d’argent, pesant xxj m demye once et les deux autres esmail d’or, pesant xx ® vij qui est ensemble xlj a» vij o demye.

(X) — Ung beau bassin d’argent, doré et esmaillié de rouge cler, semé à mé-

daillés sur le bord, pesant iv m üjo demye.

(Y) — Une esguière longue, de mesme fasson du dit bassin, pesant ii m j ®

demie.

(Z) — Ung sainct Martin d’argent, doré et esmaillé, faict dessus un pont levis,

pesant v » , v ij gros demi.

(AA) — Une grande paix d’argent, doré et esmaillé, en mode d’un arc trinmpfant, où nostre Dame est figurée par devant, et par derrière S. Hierosme, pesant iiij », vj °, vij gr.

(BB) — Deux grans chandeliers d’argent, doré, partie esmaillez, pesant en*-

semble xxiij », iiij o demye.

(GC) — Ung grant bassin plat, d’argent, esmaillé, le bord doré oit sont semées les armes de Monsr. en esmail, pesant iiij », iiij o.

(DD) — Une couppe couverte, d’argent doré, esmaillée ens et hors, ii », ij o . (EE) — Une conppe, esmaillée dedans et dehors, à tout son couvercle d’argent doré.

(FF) — Une coupe d’argent, esmaillée dedans et dehors, à personnaiges.

(GG) 1528. A Renault Damet, orfèvre, demonrant à Paris (328 liv. t.), pour son payement d’rw petit coffre d’argent doré , taillé en esinaille ae basse

taille, lequel le Roy NS. a prins de luy pour en faire et disposer à son plaisir et vonîlolr. (Comptes royaux.) '

(HH) 1536. Ung petit livret d’or, sans feullet (c’est-à-dire n’ayant que sa couverture), ains à l’ouverture d’ung costé a nostre Dame et en l’autre sainte Barbe, esui aillée de basse taille, ledit livret a deux fermillet», dont l’un" est perdu. (Inventaire de Charles-Qnint.)

(II) — Ung peiitiableau d’or, en forme de table d’autel, fermant à deux ouvrans, ou milieu duquel est, en esmaillure de basse titille, le crucifiement.

(JJ) — Ung autre petit tableau d’or, esmaillé de bleu, aiant au milieu l’vmaige de S. Jehan, à cler voye fermant et à l’autre costé est la prlnse de nostre Seigneur au jardin d’Olivet, faict à esmail de basse taille, ung bord à lVnfcenr du dit tablean esmaillé de noir, à ung fillet d’or. (KK)«— Ung petit tablean d’or, esmaillé de bien, aiant au milieu l’ymaige de S. Jehan, à clère voye fermant et à l’antre, costé est la prinsé de nostre Seigneur au jardin d’Olivet, fait à esmail de basse taille, nng bord à l’entour du dict tableau esmaillé de noir à ung fillet d’or.

(LL) 1560. Ung petit tablean d’or qui se ferme, où il y a ung erncifiment * émaillé de bastaille, enrichv de petites emerauldes,— estimé cxij tt.

(Inventaire des meubles du chasteau de Fontainebleau.)

(MM) — Ung coffre d’argent doré, gamy de douze tables d’émail de bastaille fort anciennes, emaflîé de plusieurs couleurs, soustenu sur quatre lyons, — c tt.

(NN) — Deux grandes burettes d’émail bastaille d’argent doré, — xiiij tt.

(00) — Deux petit» tableaux, l’un quarré et l’autre rond, d’esmail de basse taille, sur or, sur ung fons de toille d’argent, garny d’or, estimé*— ix tt. (PP) — Quatorze petit» tableaux d’or pendans, ema liiez de basse taille, et de l’autre costé ouvrage de fil, dont Pung estdeffoucé, pesant v onces et demye, — xiiij tt.

(QQ) — Deux petites paires d’heures garnies d’or et des istoires esmaillées de bastaille.

(RR) 1573. Ung petit calice d’argent véré, le pied à dix pands et sur l’nng des pans y a ung esmail de basse taille, (inventaire de la Sainte-Chapelle de Paris.)

ESMAIL DE BASSE TAILLE EN ARGENT. Ce sont, la plupart du temps des émaux mixtes, cependant il y eut, et nous avons conservé des émaux travaillés en basse taille sur argent; leur aspect est froid. (Voyez, première partie, p. 106 et n° 125!)

(A) 1363. Uns lahliaux d’argent esmaillez, ouqnel les iij Uoys offrent à N. D,,

et sont ornez dp perles et pierres pesans environ x marcs, iij onces et demie. (Inventaire du duc de Normandie.)

(B) — Un grand tambliaux d'argent esmaillez, où il a l’imago de. la Trinité

et de S. Estienne, pesant environ xxv marcs.

(C) i573. Quatre esmauli d’argent, de basse taille, esmaillez d’azur et antres

couleurs, dont a l’ungung dieu le père et à l’autre une nostre Dame, assiz sur toille et bordez dé menues perles et aux deux a ni très S. Pierre et S. Paul. (Inventaire de la Sainte-Chapelle de Paris.)

ESMAIL EN TAILLE D’EPARGNE. Tant que la grande fabrique de Limoges suivit sa vieille routine, on appela tous ses produits des émaux de Limoges, et cette habitude se conserva encore , lorsqu’elle eut entièrement changé ses procédés , transformant en émaux de peintres ses émaux d’orfévres. Mais les connaisseurs , et plus encore les gardes de joyaux chargés de dresser les inventaires, comprirent bientôt la nécessité de distinguer. entreJes œuvres de limoges, «elles qui étaient de l’ancien procède et celles qui appar-

tenaient au nouveau. C’est alors quon voit apparaître le terme d’émail en taille d’épargne à côté de celui d'émail de basse taille.

(A) 4467. Ung antre gobelet d’or, où il y a entaillé et esioaillé à l'entour Fis—

foire de St. George, comme il tue le serpent — pesant lij marcs, 1 o. v est. (Ducs de Bourgogne, 3281.)

(B) 1498. Une crosse d’argent doré, taillée et esmaillée en quatre pièces.

(Inventaire de la royne Anne de Bretagne.)

(C) 1560. Une boeste à six pans servant à mettre le pain à chanter, taillée à

l’entour et dessus et dedans, à vmages de taille d’espargne, le champ d’aznr. (Inventaire de Fontainebleau.)

(D) — Ung petit pendant de taille d’espargne et au dedans ung crucifiaient.

(Idem.)

(E) 1566. Ung esguillier d’or, taillé d'espargne émaillé de noir — xiiii liv. t.

(Inventaire dn château de Nevers.)

(F) — Une pomme d’or ulatte, taillée d’espargne, émaillée de noir et roge,

nue rose d’esmail blanc rose au meillen — xxii liv. t. (Idem.)

(G) 1573. Le tuyau dn dict calice est à six carrés et y a ung pommeau ouquel

sont les armes du Roy, en douze esmanh, aux armes de France et six lozanges dont les trois esmaillées de blanc et les trois antres de rouge clair semé de petits a coronnés et petits tretiles, le tout espargné. Icellny calice garni de sa platèue au foudz de. laquelle est l'image de la Trinité, esmaillée de rouge clair, de basse taille et autour dn boni six esinaulx, esquels sont six appostres aussi de basse taille — et derrière lesdits esmaulx sont coronnés taillées et espargnées sans esmail. (Trésor de la Sainte-Chapelle.)

(H) 1600. Besongne de taille, c’est à dire gravée et historiée avec le burin.

Besongne ou taille d'espargne, quand le fonds est d’argent, le relief doré. ^Etienne Binet. Les Merv. delà nature.)

ESMAIL TURQUIN. Émail bleu. (Voyez aussi Esmail d’azur et Email œulombin.)

(A) 1560. Une paire de patenostres d’esmail turquiu. (Inventaire dn château de Fontainebleau.)

— Deux boistes d’émail bleu avec ung compartiment dessus d’argent doré, xi 1t.

— Une boiste d’argent doré, émaillée d'ung fneillaige verd et violet— v it. ESMAIL use. C’est un émail rayé, terni, fatigué par le frottement. (Voyez Esmail effacié.)

(A) 1560. Ung escriptoire d’émail usé , blanc et noir. (Inventaire de Fontainebleau.)

email imitant LES VITRAUX. C'est seulement une fantaisie d'orfévre, mais elle méritait d’être citée.

(A) 1417. Un gobelet d’argent doré, coux'ert, ouvré de tabernacles et fenestrages d’argent blanc et d’esmail et de plusieurs couleurs en manière de voirrières, séant sur trois ours d’argent doré, et sur le fretelet a un autre ours — hv liv. t. (Inventaire du duc de Berry.)

ESMAlLLiÉ. Le mot émaillé, pris dans l'acception de teint de plusieurs nuances brillantes, est assez moderne on le voit poindre au xve siècle (voyez Tissu, D\, puis devenir poétique, puis vulgaire, et enfin tomber dans le burlesque, lorsque M. de Custine décrit les belles plaines de la Normandie , émaillées de bœufs. Émaillé d’images, c'est-à-dire orné d'images exécutées en émail.

(A) 1353 Une aiguière esmailliée d’ymages, pesant iv marcs, j once. (Inventaire de î’argenterye.)

ESMAILLI É AU DOS. Dans la citation suivante, cette exprès-

sion marque tout simplement que la plaque d’or, ciselée d’un côté, était émaillée au revers ou au dos.

(A) 1380. Un antre tablF.ni d’or plat, à un cracefix enlevé on milieu, garnis de rubis d’ Alexandre , de perles et d’esmerandes, esmaillié au dos de la Passion et poise i marc, 1 once d'or. (Inventaire de Charles Y.)

ESMAU.I.É AU TONS. Cette expression revient très-souvent dans les inventaires, car l’habileté des émailleurs surmontait toutes les difficultés et parvenait à orner une pièce d’orfèvrerie et dehors, et dedans, et dessus, et dessous. Quand la pièce était trop profonde, ou d’une matière qui ne supportait pas la haute température du four, comme le cristal; on appliquait au fond, en l’y rivant, une plaque émaillée , ou bien on doublait intérieurement toute la pièce d’un revêtement de métal émaillé.

(A) 1360. Inventaire du Dnc d'Anjon, 45.

esmaii.i.É ES OUVRAGE TORDANT. On comprend , sans qu’il soit besoin de l’expliquer, cette locution d’ailleurs assez moderne.

(A) 1536. Déni petites bouteilles d’or longuettes, faictes en mode de (toiles, es-

maillées en ouvraige tordant de diverses couleurs. (Inventaire de Charles-Qnrat.)

(B) — Ung petit tlaccon d’or à deux bances , aussi esmaillé en ouvraige tor-

dant, de rouge, blancq et verd.

ESMAILLÉ DES deux parts. Les rédacteurs des inventaires ne mettaient pas, à employer les expressions techniques , le soin que nous exigeons aujourd'hui. Dans la citation suivante, on ne peut discerner si la croix était faite de deux plaques de métal émaillées chacune sur une seule face ou d’une seule plaque émaillée des deux parts. L’un et l’autre modes seraient d’une exécution possible.

(A) 1363. Une musette esmaillée de deux parte. (Inv. du duc de Normandie.)

ESMAILI.EUR. J’ai dit, dans la première partie de cette notice, que l’émailleric n'avait pas constitue un corps de métier, non plus que. la niellure; j’ai insisté sur la liberté qui était laissée à chaque orfèvre d'associer à ses pièces martelées, ciselées et gravées, cette brillante ornementation. Je vais brièvement exposer mes preuves. Allant immédiatement au-devant d'une objection, je rappellerai que la liste des habitants de Paris imposés en 1Î9Î (c’est le plus ancien registre de taille que nous possédions) contient cinq esmailleurs et ceht seize orfèvres. Mais il est très-probable que ces émailleurs s’intitulèrent ainsi eux-mêmes, comme s’appliquant plus particulièrement à l'émail, quoiqu’ils ne fussent en realité que des orfèvres. Je dirai la même chose de Gamot, qui prit le titre d’émailleur en allant s’établir sur le pont au Change : Item Dominus Rex (1317) concessit Oarnoto esmaittiatori unum operatorium supra magnum pontem. (Reg., 54 , Chartoph. reg., fol. 5Î, v».) Du Cange, qui cite le mot, n’a trouvé qne cet exemple àl’appui, et s’il y eût eu reellemeut un métier des émailleurs, si, dans l'incessant emploi de ce procédé, on ue se lût pas adressé à différents métiers, et particulièrement aux orfèvres, le mot esmaillator serait revenu dans les textes plutôt mille fois qu’une. C’est avec cette signification que s’intitulent encore les six orfèvres dont il est fait mention dans mes extraits. Ce sont les seuls que j’aie rencontrés dans mes lectures.

parmi les noms innombrables d’ orfèvres auxquels on paye les pièces les plus richement émaillées. Dans ces textes, un émailleur et un émailleur orfèvre sont tout simplement des orfèvres qui s'occupent d’émaillerie comme dans les passages suivants : « A Pierre le Charron, esmailleur orfèvre, bourgnis de Paris, pour sa paine et façon de taillier et esmaillier les manches et virolles de quatre paires de cousteaux. — A deux paintres pour avoir pourtrait et paint les armes de mondit Seigneur et ma (nie Dame , pour bailler au dit Pierre le Charron pour esmailler iceulx couteaulx. » Année H35. (Les Ducs de Bourgogne, Études sur les arts, n° 1192 ) « A Thomassin l’esmaillenr, pour avoir esmaillé unggrant collier (n° 1200).» On reconnaît, dans ces citations, deux orfèvres que les peintres euxmémes sont obligés d’aider. I>e passage suivant, emprunté d Du Gange, a aussi son importance dans cette discussion : « Lequel de Gennes ne fn oneques de mestier, mais estoit tant subtif et imaginatif que il faisoit orfavTèrics d’or et d’argent, esmailleries et autres choses , comme se il eust esté maistre. » (Lit. remiss., an. 1417.) Ces mentions d’émailknrs ainsi commentées et mises de oôté, la meilleure preuve que je puisse donner de La non-existence d’un corps de metier, c’est l’absence, de toute déposition d’émailleur dans le livre des métiers d’Étienne Boileau, c’est-à-dire dans le registre où ce magistrat fit insérer sous ses veux, vers l’année 1260, les dépositions des maîtres jurés de tous les métiers. S’il y avait eu des émailleurs et un métier d’émaillcur, le prud'homme de cette corporation n’aurait pas manqué de se rendre, comme les autres, au Châtelet, pour déclarer et faire enregistrer les us et coutumes de son métier. 11 avait tout intérêt à le faire , qn’on le remarque bien; la mesure arrêtée par le prévost de Paris n’était nullement fiscale, elle était réglementaire et entièrement conçue dans l'intérêt des industriels. En effet, Boileau n’a pas discuté les us et coutumes des métiers, il les a fait enregistrer dans une forme claire, précise, unilorme, mais entièrement conforme à la déclaration faite par les maîtres jurés sous la foi du serment. Les métiers avaient tout avantage à faire enregistrer, c’est-à-dire à rendre obligatoires les règles qu’ils avaient enx-mèmes établies, et puisque l’émaillérie ne s’est pas présentée , c’est qu’elle était comprise dans différents métiers et plus particulièrement dans l’orfèvrerie. La même observation ressort de l’examen des statuts des corps de métiers dans le midi de la France. Ainsi, à Montpellier, les Dauradovs, qui se transforment plus tard en argentiers , sont les orfèvres du pays, et ils avaient leurs règlements dès le commencement dn xm« siècle. L’émaitlerie est évidemment comprise daus leurs attributions, puisqu’elle n’est mentionnée nulle part ailleurs, et qu’on cite déjà des ouvrages émaillés et bon nombre d’artistes de Limoges incorporés dans îc métier des orfèvres. J en dirai autant des Pays-Bas : nous avons un diplôme de 1361, signé par les cinquante-quatre métiers de Bruges, nous avons un accord passé entre eux en 1407 , et aucun émailleur n'y figure, aucun n’y est mentionné. On pourrait objecter que là, comme à Paris, les grands corps de métier se présentèrent seuls. C’est une erreur. Outre les orfèvres (titre xi : Des orfèvres et de l'ordenance de leur meslier ), on vit affluer au Châtelet: « les potiers d’estain (xn), les ouvriers de toutes menues ouevres que on fait d’estain ou de plom à Paris (xiv), les fèvres cousteliers (xvi).

les coustellicrs faiseurs de manches (xvn), les patenotriers d’os et de cor (mm), les patenotriers de corail et de coquilles (xxvni), les patenotriers d’ambre et de (test (xix), les fondeurs et les molleurs : c’est de ceus qui font boucles, mordons, fremeaux, aneaux d’archal et de quoivre (ili), les fremailliers de laiton et ceus qui font fremeaus à livres (xlu), les patrenostriers et faisiers de boucletes à saulers (iliii), » et tant d’autrdfc menus métiers, qui auraient passé après l’émaillerie, si cet art n’avait pas été du domaine général et propre à tous les métiers oui voulaient l’employer. Le prévôt de Pans dut même enregistrer "le dire des « cristatliers et des pierriers de pierres natureus (titre xxx).» Ce métier, jusqu'à un certain point, aurait pu comprendre l’émaillerie, car le cas est prévu où il fabrique des pierres fausses en verre coloré : « Nus ne puet ne ne doit joindre voire en couleur de cristal pour tainture ne pour pointure nulc quar l’œvre en est fause et doit estre quassée et despéciée. » (Voir, aussi une ordonnance de 1331 contre les ouvriers de ■pierres verrines qui fabriquaient des pierres fines fausses.) Ainsi donc, puisque, dans une organisation ou les métiers se subdivisent à l’infini, où les couteliers pour la lame forment une corporation, tandis que les couteliers pour le manche en font mie autre, ou les faiseurs de chapelets composent trois corps de métiers, les émailleurs ne paraissent pas, il est évident que cet art est laissé à la disposition de tous ceux qui ont intérêt à en faire usage. Lorsqu’on défend aux peintres et aux selliers de fabriquer les clous émaillés de leurs selles : « Nus ne puet ne ne doit métré en œvre cloz d’evoire ne d’esmail de quelque manière que ce soit, » ce n’était pas prohiber l’emploi de l'émail, c’était réserver ces clous de sellier à ceux qui avaient le privilège de les fabriquer , et qui sans prendre le titre d’émailleurs, les émaillaieut. Trois siècles passèrent sur cet état de choses, on sait quels furent la marche et les progrès des émaux. Au xvie siècle, lémaillerie (j’entends, non pas les émaux peints à limoges, mais les bijoux émaillés en tout pays) eut sa grande vogue, et l’on comprend qu’alors un certain nombre d'orfévres, travaillant spécialement et uniquement en ce genre, demandèrent à former une corporation. On lit ce qui suit daus un recueil du dernier siècle : « Les émailleurs font un corps qui doit sa création à Charles IX, parmi édit du 6 juillet 1566, renouvelé en 1371, confirmé sous Henri III, Henri IV etregistréau Châtelet en 1600.» Sur les requêtes respectives des maîtres de cette communauté et des maîtres verriersfaïenciers, Louis XV les réunit, par un arrêt du conseil, en 1706, pour ne faire à l’avenir qu’un seul et même corps, sans toutefois déroger à leurs statuts ni qualité particulière.

(A) 1323. Viij novembres, per den. solut» Stephano de Atrio, esmaillyatori ,

pro quinque capuciis broudatis cmn pénis, de opéré Anglie, pro regina ei de mandato suo — ÿe il liv. (Comptes royaux.)

(B) 1348. Pour ij mil iiij<‘ xviij estellins d’or à xi larax dont il a esté faits un

gobelet à couvercle pour ledit seigneur, ledit gobelet esmaillé ou fous des armes d’iceli seigneur (le duc de Normandie) — valent lesditx iim iiiicxviii estellins, ij mars, j unce et viii estellins d’or fin — v ij 1 * îvi , liv. xiî s. p —A Thomas Anguetin, orfèvre, pour la façon dudit gobelet ii liv. vii s. p. — A lny pour alier ledit gobelet — liv s. p. — A Regnanlt Hnne, esmailleur, pour taillier et esmailler lesdit esmanx ciiij s. p. (Comptes royaux.)

(G) 1349. Mercurii xviij die novembris predicti J oh an ni Medici, esmaillatori parisiensis, per façone cnjusdaoi taxecte per enm facte pro reponendo bigillum regis, xviij Ut. nj s. vi d. (Comptes royaux.)

(D) 1353. ARegnier Hue (le même que Reguault Hune), esmailleur, pour taiUer

et esmailler les armes du Roy — ciiij s. p. (Comptes royaux.)

(E) 1435. A Pierre le Charron, esmailleur orfèvre, bourgois de Paris, pour sa

naine et façon de taillier et esmaillier les manches et virolles de liij paires de cousteaux, à taillier sur table. (Ducs de Bourgogne, 1192.)

(F) — A Thomassin, Vesmailleur, de mourant à BruxeUes — pour avoir es-

maillé ung grant collier, pour le roy d'armes de la Thoison d'or, aux armes de MBS. — xxxvi fr. (Ducs de Bourgogne, 1200.)

ESMAILLECRE. Fait en email. Une inscription d’émailleure, celle dont les lettres ressortent par la couleur de l’émail qui les remplit.

(A) 1408. Deux flacons d'or, en façon de coquille de Saint Jacques — et a, en la

pense d'une part, — ung Cbarleroame enlevé assis sur une terrasse, de vert esmaillé, à ung Saint Jaques, issant d'une nue ung roleau on est escript d’esmailleure : Charles va délivrer Espaigne. (Ducs de Bourgogne, n<> 6112.)

(B) 1454. Pour un plumait d’or à mettre sur une salade — et pour la façon et

e8mailleure de chacun marc, quinze livres tournois qui valent pour lesdits deux marcs, ij onces, ij gros. — xxxiiij fr. îiij s. iiij den. (Comptes royaux.)

(C) 1536. Une plattine d’or, eu manière de targe, où que dessus est l'ymage de

Sainte Marguerite en esmaillure. (Invent, de Charles-Quint.)

ESN fraudes. Corindon hyalin vert. Pour être belle, l'émeraude doit avoir la couleur vert-pré très-pure. Cette pierre précieuse était connue dans l’antiquité et employée alors dans des dimensions dont nous n’avons pas d'exemple ; au moyen âge, on en mettait partout, et elles figurent dans tous les inventaires , dans toutes les descriptions d’objets d’orfévTerie. Comme le commerce s'en approvisionnait à Alexandrie , elles prenaient quelquefois le nom ae cette ville. Les mines du Pérou fournissent aujourd'hui les plus belles.

(A) 1349. Tons cilx qui vous ont veu, vous compèrent à l’esmeraude qui fait

tous cuer resjouir. (Gnill. de Machault à Agnès de Navarre.)

(B) 1360. Invent, du dac d'Anjou. Esmeraudes d’Alexandrie, 516.

(C) 1416. Une grant esmeraude bien tenure, horzeuvre, glacée, prisée xiiliv. t.

(Inventaire du duc de Berry.)

(D) — Un annel d’or où il a une esmeraude quarrée, taillée d’une teste de

royne, — lvi liv. t. v s.

(E) 1536. Ung petit coffret noir où sont esté trouvé*; les esmerauldes des Indes

crues que s’ensuyvent, premiers aucunes pièces d’esmerauldes taillées. En tout plus de 500 pièces. (Invent, de Cuarles Quint.)

ESMOCCHOIR. C'est le Flabellum. Une longue bauile de parchemin , pliée régulièrement et fixée au point de réunion de deux longs manches qui, en se renversant dos à dos, la développent en tonne d’éventail rond. Inutile de faire l’histoire et de démontrer l’origine orientale et byzantine de cet éventail qui devint un instrument du service divin , après avoir été un meuble domestique, dans des contrées où l'abondance des mouches le rendait nécessaire partout. Venu d’Orient avec les pèlerins et les croisés qui sanctifiaient toutes leurs importations par la valeur inestimable de leur origine, cet éventail fut adopté dans l'église, avec une signification symbolique qui compensait son inutilité sous des latitudes où

les mouches, pendant les sept huitièmes de Tannée, n'incommodent personne et ne contrarient en rien le saint sacrifice. Les citations qui suivent, les miniatures et des Ûabella conservés dans nos col* lections, prouvent que l’usage 6’en établit partout et se conserva en France assez tard. L’église grecque Ta maintenu, et il figure encore dans la messe du pape, à titre de souvenir d’un vieil usage. Le moi esmouchoir s'appliquait à ce flabellum sacré, aussi bien qu'à l’éventail avec lequel on écartait les mouches dans la vie privée. L’article Flabellum ae Du Gange m’a permis d’abréger beaucoup celui-ci.

(A) 83t. Flabellum argenteumad muscas a sacriflciis abigendas. (Inventaire de

St. Riquier.)

(B) 1314. Ij flabella de snrto (serico? ) et pergameno (Oruam. ecclesiæ Sara.

Invent, de Salisbury.)

(C) 1250. Flabellum factum de serico et auro ad repelleadas muscas et im-

mimda. (Inventaire de l’église d’Amiens.)

(D) 1298. Unum muscatorium de pennis pavonum. (Inventaire de St. Paul de

Londres.)

(E) 1316. Un esmouchoir, à tout le manche d’argent. (Invent, de la comtesse

Mabant d’Artois.)

(F) 1328. Un esmoochouer de soye broudé, vi s. p. (Inventaire de la royne

Clémence.)

(G) 1346. Unum flabellum de serico, cum virga eburnea. (Invent, de Rochester.)

(H) — Unus autem ministromm qui semper duo esse debent, stans cum fla*-

bello prope sacerdotem, ex quo musc arum infestatio eiurgere incipit, donec fini a tu r, eas arcere a sacrificio et ab altari aeo ab ipso sacerobte non negligit. (Consuet. Cluniac.)

(I) 1359. De Capella. Duo flagella pro muscis fngandis. (Iuvent. d’Isabelle de

France, reine d’ Angleterre.)

(J) 1372. Un esmouchoir de drap d’or, à fleur de lis, escartelé des armes de

France et de Navarre, à un baston d’y voire et de geste, prisé v francs d'or. (Compte du testament de la royne Jehanne d’Evreux.)

(K) 1380. Un esmoucbouer rond, qui se ployé, en y voire, aux armes de. France

et de Navarre, à un manche d’ybenns. (tnvent. do roy Charles Y.)

(L) — Trois bannières, ou esmouchoers, de cuir ouvre, dont les deux ont les

manches d’argent dorez.

(M) — Denx bannières de France, pour esmoucberle Roy quand il esta table.

semées de flenrs de lys broaées de perles.

(N) 1384. Le suppliant trouva d’aventure un esventourde plumes, duquel il es-

venta le feu, où l’on faisoit laditté fausse mon noyé. (Lettres de rém.)

(O) 1395*. Manubrinm flabelli argenteum deauratum, ex dono Joli. Newton

thesanrarii , cum ymagine episcopi in fine enamedly, pond’ v une. (Invent, de J. Newton, trésorier de la Cath. d’Yorck.)

(P) 1429. J muscifugium de pecok. (Invent, de la Chapelle de W. Exeter, abbé

de Bury 6t. Edmond.)

1484. Pour s’esmoncher ma queue aura Barbean

Et de ma peau tabounns ou fera.

(Test, de la mulle Barbeau. H. Baude.)

(R) 1493. For a bessume of pekoks fethers, iv d. (Comptes de Walberswick,

dans le Snffolk.)

(S) 1588*. Oniuy mettoit. à la main droitte, un instrument qui s’estendoit et

se replioit en y donnant seulement un coup de doigt, que nous appelons ici un esveutail ; il estoit d’un velin aussi délicatement découpé qu’il estoit possible, avec de la dentelle à l’entour de pareille étoffe. Il estoit assez grand, car cela devoit servir comme d’un parasol pour se conserver du hasle et pour donner quelque rafraîchissement à Cf teint délicat. (L'isle des hermaphrodites.)

BT RÉPERTOIRB. 301

(TJ 1590. À la reine Eléonor un éventail avec un miroir dedans, tons garnis do pierreries de grande valeur. (Brantôme.)

(UV4660. Hodie, in ecclesia romana, cnm snmmus pontifex solemniter celebratnrus procedit , duo flabella ex pennis pavouum compacta hinc inde portantnr, sed nullus eorum intra missam usns est. (Bona. Rer. litnrg.)

* ESPÉE. J’ai exclu les armes de ce Répertoire : les citations qui suivent viennent ici comme descriptions d’objets d’orfévreiie. En général, les épées d’usage étaient simples; celles qu’on ornait, c’étaient ces grandes épées à deux mains qu’on portait devant tout .homme, ou toute corporation, qui avait droit de haute justice. On ne confondra pas celles-là avec l’épée du bourreau, à extrémité carrée, ni avec l'épée de combat, qui était toujours simple, et qu’on appelait aussi, jusqu’en plein xvn« siècle, espée à deux mains.

(A) 1352. Pour faire et forger la garnison toute blanche d’une espée dontl’alemele estoit à fenestres. (Comptes royaux.)

{B) 4393. Pour la garnison d’un pommeau d’une espée, où il y a esmaillé un loup d’un costé et de l’autre un porc espy. (D. de B., n° 5588.)

(C) 1416. Une vieille espée, dont le fourrel est d’argent esmaillé de plusieurs personnaiges et bestes et d’un tixu de soye vert, garny de plusieurs clous d’argent doré, prisée xviij liv. t. (Inventaire du duc de Berry.) (R) 1455. Une ’rès belle espée, garnie d’or, toute esmaillée de blanc. (Ant. de la Salle.)

{EJ 1647. Le Roy ne bougea de la fenestre d'où il regardoit un soldat qny jouoit de l’espée à deux mains. (Mémoires de Dubois.)

ESPÉE A PAREli , de parement ou de parure, c’est-à-dire, non pas une épée de combat, ni une arme destinée à parer les coups, mais une épée à mettre arec un costume de parade, une épée riche.

(A) (316. üne espée à parer, garnie d'argent, le pommel et le poing esmaillé.

(Inventiir s royaux.)

(B) 1450. Le sire de S. Treille, grand escuyer d’escuyerie du Roy et baillif df»

Berry, — portoit en escharpe la grande espée de parement du Roy, dont le pommeau, la croix, la blouqne, le morgant et la bonterolle de la gaine estoit couverte de veloux azuré, semé de fleurs de lis d’or de brodure. (Monstrelet.)

espère. Sphère et aussi Astrolabe, ainsi qu'on s’en convainc eu lisant la description de la reliure d’une Bible dans l’inventaire des ducs de Bourbon, et une autre description de cette même reliure dans l’inventaire du duc de Berry.

(A) 1377. Une couppe d’or très finement esmaillée de l’espère du ciel, où estoit

figuré le zodiaque. (Chron. de Nangis.j

(B) 1416. Et dessus l’un des aïs a un qnadran d’argent doré et les douze signes

à l’environ et dessus l’autre ais a une astralabe avec plusieurs escritnres. (Cat. de la Bibliothèque du duc de Berry.)

(C) (523. La belle Bible du duc de Berry, garnye à deux fermans, vij petiz

Jmages esmaillez et une espère au millieu. (Bibliothèque des ducs de ourbon.)

(D) — Le livre de l'espère, ensemble troys livres du ciel et du monde translatez en françois. (Idem.)

ESPERONS. Les éperons pourraient à la rigueur être exclus de ce Répertoire, comme appartenant soit à l'armure, soit à l'équipement. Ils prennent dans ces deux cas une certaine importance , se liant sous plus d’un rapport à l’existence des droits de la chevalerie et de la noblesse , droits auxquels prétendait le prêtre , lui-même ,

lorsqu’il les portait hors de l’église et jusque sur les degrés de l’autel. A les considérer sous le rapport de la matière et ae la forme > ou voit qu’ils sont exécutés en or et en argent; qu’il y en a de faits à la mode orientale, d’autres exécutés à la façon d’Espagne. Ils sont évidemment tranchants et toujours très-longs, car le degré de civilisation pourrait être mesure sur la longueur des éperons. On les énumère nécessairement par paires, et uns prend la valeur du pluriel ou du duel, à l’exception toutefois des cas assez fréquents où il s’agit d’éperons de femme, alors il conserve sa valeur du singulier. C’était quelquefois une arme , au moins pour exercer de mauvais traitements.

(A) 1009. Niilluscum calcariis, quos sporones rustici vocant, et cultellis eitrin-

secus dependentibns, missam cantet. (Sermo Synod.)

(B) 1220. Li rois (Jean de Brienne) fu moult dolens: lors bat) sa feme des es-

pérons, si que l’on dit qu'ele fu morte de ceste bâte are. (Contra. d a Guill. de Tyr.)

{C) — Vai brochant lo destrier dels tranchans espérons. (Guill. de Tudela.)

(D) 1363. Uns espérons d’Arragon garnis d’argent. (Inv. du duc de Norm.)

(E) 1399. Une paire d’esperons d’argent, dorez, faicts à la morisqae, à courroies

de cuir couvertes d’argent doré . (Inventaire de Charles VI.)

(P) 1408. Ungs espérons à femme, dorez, acouroyé de soye vermeille. (Ducs de Bourgogne, no 6150.)

(G) 1427. Aux petits enfans de cuer de la dicte église de Saint Jehan, tpie MDS.

(le duc de Bourgogne) leur donna pour ses espérons qu’il avoit apporté en icelle église de Saint Jehan — xiiij sols. (Ducs de Bourg., 4941.) (U) 1468. Sept espérons, l’un pour le service de Madame (la duchesse d’Orléans ) quand elle va à cheval et les autres six pour les six damoiselles d’onneur de ladicte. dame. (Ducs de Bourgogne, n» 7055.)

(I) 1475. Aux petiz novisses moynes de Saint Lomer — pour ce mie mondit seigneur (le duc d’Orléans) entra esperonné dedans l’église audit Saint Lomer. (Ducs de Bourgogne, n° 7114.)

ESPICES. Les fruits confits épicés, les confitures et dragées qui se servaient dans le drageoir, à la fin du dîner et pendant les visites. (Voyez Drageoir.) Quant aux espicesde cuisine, aux espioes médicinales, aux espices aromatiques pour pi'éserver le corps de la putréfaction, etc., etc., je ne m’en occupe pas ici. -,

ES P IN ELLE. C’est le rubis spinellc. (Voyez Balaye t Rubis.)

(A) 1599. Un cabochon d’espinelle esmaillé de gris, prisé 1 escus. (Inventaire de Gabriel le d’Estrées.)

espingle. Il serait impossible de remonter à l’origine de cet accessoire nécessaire de la toilette On en fit grand usage, au moyen âge, plus grand encore à la fin du xvi® siècle. 11 y en avait pour les 'doute. (Voyez Furgette.) On a compris, dans les petits objets nécessaiies à la toilette des femmes, les épingles, et elles sont ainsi devenues synonymes de menues dépenses.

(A) 1360. Il y avoit des pneelettes,

Qui de mon temps ereut jonettes,

Et je, qui estoie puce ans,

Je les servoie d’espinceaus,

Ou d’uoe pomme ou d’une poire. (Froissart.)

(B) 1403. Un carteron de loDgues espingles à la façon d'Angleterre. (Comptés

royaux.) * •>

(C) 1415. Deux cens d’espincbaui. (Lettres de rémission.)

B) 1426. Mad aine d’Estampes prend de pension, ponr scs épingles, cinq cens livres. (Chambre des Comptes de Nantes.)

(E) 1455. Quând vous nie verrez que d’une espingle je purgeray mes dents, ce

sera signe que je vouldray parler à vous et lors frotterez vostre droit œil et par ce conguoistray que vous m'entendez. (Ant. de la Salle.)

(F) 1536. Ung saphir encassé à jour, sur ung espingle d’or, garny de douze

petites perles. (Inventaire de Charles Quint.)

espis. Espiet et espieu, de spina. Pique, ornement pointu , inventé par les architectes gothiques pour terminer et rendre plus acérées, plus aériennes, les formes élancées des toitures, tourelles , clochers et clochetons J’aurais omis ce terme d’architecture, si nombre de ce$ espisen plomb, eu fer et eu faïence émaillée, n’étaient entrés dans les collections d’objets du moyen âge et de la renaissance.

(A) 1376. Icellni Josset — print en sa main un baston, appelé communément

espiet. (Lettres de rémission.)

(B) 1457. Les suppliants portans cbascun ung baston ferré, c’est assavoir —

Hugoniu dn Plan ung espy. (Idem.)

(C) 1470. A Gardinot Le Pelletier, pour cent livres de plomb, n’est, pas coin-

prinso la peine et salaire de la fachon des cinq espis des chapelles du hault de l’esglise , tant de costé que d’aultre , commeuchés à faire et mesme de plomb. (Saint Laurent. Arch. de la Seine-Inférieure.)

ESP K Et» VE. Épreuve, ce qui sert à éprouver une chose. On disait aussi line tousche à tousener les viandes. L’essai des mets se. faisait avec une épreuve. {Voyez Essay et Languier ) Le tanguiez était une espreuve on une réunion de langues à faire l’espreuve; aussi lit-on dans l’inventaire du duc d’Anjou, n° 521 : une espreuve d’argent dorée et audit languier ; confondant ainsi les deux termes en une seule signification II y a cinq épreuves décrites dans l’inventaire du duc de Berry; je n’en cite qu’une.

(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 296, 520.

(B) 1380. Une espreuve que l’on met sur la table du Roy et au dessus est une

esme.rande cassée et carrée et à l’environ pendent, à petites chaînettes d’or, iij saphirs, iij langues de serpens , j osselet blanc et xj antres pierres, toutes enchâssées en or, pesant j marc, iij onces. (Inventaire de Charles V.)

(C) 1395. A Gillet Saiget, orfèvre, pour avoir fait, pour nous, le corps d’une es-

preuve, d’argent doré, goderonné. (Ducs ae Bourgogne, no 5070.)

(D) 1 399. Une espreuve d’or, en laquelle il y a quatre langues et une mas-

chouère de serpent, garnie de trois saphirs et une esmeraude , pesant quatre onces d’or. (Inventaire de Charles VI.)

(E) 1416. Une espreuve d’une grande langue de, serpent, séant sur un pié d’ar-

gent doré en façon d’un arbre, auquel pend deux eseussons esmailliez aux armes de Monseigneur, — prisé xx liv. t. (Inventaire du duc de Berry.)

(F) — Pour avoir fait pour MDS. une tousche en qnoy a esté mis une pièce de

lichorne pour touschier la viande de MDS. (D. de B., 300.)

(G) 1450. A maistre Jehan de Trepoy la somme de xxvij sols vj den., pour don

à luy fait par Monseigneur (le duc d’Orléans), pour ce qu’il a espronvé le basme et le triade devant mon dit seigneur. (Ducs de Bourgogne, no 669t.)

ESSAY. Toute l’antiauité a cru à la vertu de certaines pierres, de certaines contes ou aents d’animaux, pour reconnaître la présence du poison daus les boissous et dans les aliments ; le moyen Age ne lui a rien cédé sur ce point, ni en crainte de l’em poison-

neinent, ni en crédulité dans les moyens de le prévenir. Je ne m’occuperai de ces superstitions qu’en tant qu’elles se traduisent en ustensiles d’or et d’argent richement ornés, et c’est, en effet, le résultat le plus net et le seul positif de ce qu’on appelait l’essay , c’est-à-dire la prétention de connaître si un mets, une boisson ou un ustensile de table étaient empoisonnés, lien qu'en les touchant avec une épreuve faite de corne de licorne , de langue de serpent ou de certaines pierres précieuses, (Voyez ces mots et SaUière, Languier , Bacin.) Cette pratique, continuée pendant le xvi« siècle, a été maintenue à la cour par l’étiquette ; ou la trouve dans l’ordonnance de 1681 sur le cérémonial, et elle n’a été mise de côté qu’avec la révolution de 1789. Un autre genre d’essay, fort naïf et très-réel r consiste à boire et à goûter à l’avance les vins et les mets servis à quelqu’un. De celui-là, il n’est pas nécessaire de parler ici.

(A) 1380. Un hanap d’argent blanc pour faire essay. (Invent. d,e Charles Y.)

(B) — Une navette d’argent blanc pour mettre l’essay.

(C) 1391. Un manche d’or d'un essay de lincorne pour attoucher aux viandes

de Monseignenr le Dauphin. (Comptes royaux.)

(D) 1399. Un très petit hanap, pour essay, où ou fous a un esmail de Mon** le

Dalphin, pesant cinq onces et demie d’argent. (Inv de Charles YI.) .(E) 1408. Une pièce de licorne, à faire assay, à ung bout d’argent. (Ducs de Bourgogne, n<> 6097.)

(F) 1467. Cinq assaies d’argent doré, garnis de lycornes et de langues serpentines, avec une pelecte d’argent dorée, a prendre espices à ung dragéoir. (Ducs de Bourgogne, 2654.)

{G) 1485. Le font estoit clos à une clef — et celui qui en avoit la charge fit l’essay baillant la clef à MS. l’evesque de Cambray qui baptisa ma ditte Damoiselle. (Aliénor de Poictiers.)

(H) 1487. Deuxessays. ^Ducs de Bourgogne, no 7179.)

(I ) 1505. Un bacin d'essay, armoyé comme dessus, pesant dix bnict marcs, une once, ung gros. (Inventoire de la royne Anne de Bretagne )

{J) 1536. Une touche de licorne, garnie d’or, pour faire assay. (Inventaire de Charles-Quint.)

(K) 1586. Une grande conppe d’argent doré, avec son couvercle et deux essays. (Inventaire de Marie Stuart.)

ESTACHE. Les liens qui attachent, et, par extension, le poteau auquel on lie quelqu’un. Jésus-Christ, lié à l’estache est souvent mentionné dans les inventaires, et un joyau de ce genre est décrit dans la première partie de cette notice.

(A) 1250*. E vées là l’estace, là ù on le loia.

Et ù on le hati et on le coloia.

(Roman de Godefroy de Bouillon.)

(B) 1250. Comme il fut (Jésus-Christ) liés à l’estace, batux et escopix. (Chron.

de Saint-Denis.)

(C) 1345. Chascun le (un cheval) fuit, chascuns le doute;

Et loiez est à iiij estaches. (Guill. de Machault.)

JD) 1360. Lié à l’estache, n® 32; à l’ostacbe, n® 62.

(E) 1363. Un angelot d’argent doré, qui tient un vaissel rond de cristal ouquel

il a de l’estache nostre Seigneur et sied sur un pied esmailhé à angelots jouans d’instrumens et le soutiennent quatre lions. (Inventaire du duc de Normandie.)

(F) 1412. Douze fennaillez d’or, en chascun une couronne, pour servir à l’estai-

che d’un mantel, garniz de pierrerie. (Comptes royaux.)

(G) 1438. Le xxiiij jour de may, environ l’eure des midy, fut amenée (Jeanne

d’Arc) du chaste!, le visage embroucbé, audit lieu où le feu estoit prest et fut liée à l’estaclie et arsse. (P. de Gaigny, publié pai'M. J. Quiche rat.)

(H) 1450. Feit escrire lettres, lesquelles il feit entacher par nuict, par aucuns ses favorisans. aux postaux de l'église Nostre Dame du Palais et ailleurs à Paris. (Monstrelet.)

esta IN. Le luxe de l’orfèvrerie était réservé à la noblesse riche, et plus particulièrement à la cour. Nous voyons hien dans le Ménager de Paris, à la fin du xtv' siècle, un bourgeois oui parle de son dressoir de salle à manger et de son dressoir de cuisine, mais, sur l’un comme sur l’autre, il n’exposait que de la vaisselle d’étain, et si sa maison était bien tenue, si sa vaisselle était brillante, la propreté en était tout le luxe, comme elle en faisait tous les frais. Il faut dire que le Ménagier représente la partie modeste, réservée, ordonnée de la bourgeoisie de Paris, et en somme, c’en était la majorité, celle-là n’avait pas d'argenterie, mais, au milieu d’elle, s'élevaient quelques bourgeois vaniteux, ambitieux, et qui parvenaient, au prix de leur ruine, à se faire une réputation de parvenus ; ceux-là avaient une riche argenterie. En général, la vaisselle de cuisine ou du commun, chez les riches, et la vaisselle la plus générale, même chez les gens aisés ; était en étain. Je donnerai pour exemple les 1 42 escuolles d'estain de la reine Clémence, la vaisselle qui servait dans l’hôtel même de l'arcbevesque de Rheims, an xive siècle, et chez le duc de Bourbonnoys en 1507. Onremarqueia l’expression à façon d’argent, c’est-à-dire prenant les formes de l’argenterie. Le potier d’étain s’appelait estannyer, et le corps de m -tier vint, en 1260, dicter ses ns au prévôt Est. Boileau. Il parait qu’il se divisait dès lors en deux compagnies distinctes , les potiers d’étaim et les ouvriers d'estaim, les premiers faisant les grandes pièces, les antres exécutant tous ces meuus ouvrages qui rentrent aujourd’hui dans le domaine des bimbelotiers et miroitiers. A la fin du xve siècle, le goût de la forme était si répandu, et il s’établit eutre to,, tes les classes une rivalité de luxe si vive, qu’on voulut en faire parade même avec la vaisselle d’étain, et des artistes habiles, comme Briot, consentirent à se faire potiers d’étain, d’oti'évres qu'ils étaient ou qu’ils auraient pu devenir. I/Angleterre fournissait le meilleur étain, et les Flamands en furent les entrepositaires pour le monde entier, mais les Vénitiens, an lieu de le prendre à Bruges, allèrent bientôt le chercher à la source , et l’employèrent utilement dans leurs fabriques.

(A) B540. Tit xn Bes potiers d’estain de Paris. Nns potiers d’estain ne puet ne ne doit par droit ovrer de mil ovrage dp son inestier qui ne soit aloié bien et braiment selone ne que Penvre le requiert et se il le feit au- • trement il piert l’euvre et si est à v sols d’amende au Roy.

fB) — Tit. xix. Bes ouvriers de tonies menues ouevres que ou fait d'estam onde plom à Paris. Quiconqnes veut estre ovriers d'estain, c’est assavoir fesiéres de miroirs d'estain, de fremans d’estain, de souneites, de. .anèles d'estain, de mailles de pion, de mereaus de toutes manières et de tontes autres menues eboseites apartenans à plom et à estain, il le

Sort estre franchement et ouvrer de nuis et de jours, se il li olaist et en a mestier et avoir tant de vaiiès comme il li plaira. (Us des mestiers enregistrés par Et. Boileau.)

'(C) 1350. A la fige Hue de Bezenron, potier d’estain, fîencée en la présence de Mouseigneor le duc (de Normandie) — x escus. (Comptes royaux )

(B) 1389. Vaisselle d’estain : îviii plats, grands et moyens, ilviii escuelles, une

juste quarrée, deux quartes quarrées. deux quartes rondes à façon d’argent, une pinte quarrée, deux pots de trois chopines à façon d'argent, un pot à aumosne et une chopine de potin, pesant tout ’ environ c et lv liv. d’estain. (Testament de l’Archevesque de Hheims.)

(E) 1391. Les supplians portèrent vendre ledit pion à un estaimver — et ce fait ledit estaymier, ou autre, les dénonça. (Lettres de rémission.)

{F) 1407. Devant le Palais (à Paris) demeure ung pottier d’estain, ouvrier de merveilleux vaisseaux d’estain. — (Guillcbert de Metz )

(G) 1423. Cuisine : Jehan Goupil, potier d’estain, demourant à Tours, pour xii xii*M» de platz , xviij xii*» d’esctielles d’estain , nesans ensemble au poids de Tours ve lxxij liv. — pour le service de ladicte dame (Marie d’Anjou) au pris de iiij s. pour livre. (Comptes royaux. Hostel delà Royne.)

{H) 1467. Pour avoir fait drécoirs fors pour y mettre la vaisselle d’estain de 1» sausserie du commun. (Ducs de Bourgogne, tome n, p. 306.)

(1 ) 1469. A Jehan Boulangier, estainmier, pour le changement de iiij petites chapelles de plomb appartenant à cet hostel. (S. Ouen. Archives de la Seine-lnf.)

(J) 1487. Si aucun ouvrier dudit mestier (des potiers d’estaing) ou autre est

trouvé audit pays d’Anjou faisant ou vendant aucune vaisselle d’estaing, faite en mosle creux, ou autrement contre ledit statut, sera prise. —(Statuts des potiers d’étain de la ville d’Angers.)

(K) 1507, Trois quartes d’estaing, troys pichiers et deux petis brocs d’estaing —

plus un autre pichier et une pinte d’estaing. — Item deux grans Bros et ung flaccon sans bonclion a’estaing — plus antres deux flacons d’estaing a tenir vin et ung petit à tenir huille — trente deux plats d’estaing, trente quatre escuelles d’estaing, ung moustardier d’estaing.— (Tons ces articles rangés sons la rubrique : Gros menbles de maison et ustensiles de cuisine, dans l’inventaire du duc de Bourbonnoys.)

(L) 1528. Pour deux autres mulets qui ont amené la vaisselle d’estain et deux

coffres, pour chascun trois journées de Saint-Sebastien audict Bayonne, xlviii s. (Comptes royaux.)

(M) 1580. Such furniture of household of tbis mettall (pewter), as we commonlie

call by the name of vessell, is sold usuallie by the garnish, whicb dooth conteine 12 platters. 12 dishes, 12 saucera and those are either of silver fashion, or else with brode or narrow brims and bought by the pound which is now valued at six orseven pence or peradventure atefght pence. In some places bevond the sea a garnish of good flat fienglish ùewterof an ordin&rie mailing.. .is esteemed aimost so prêtions as tbe likenumber of vessels tbat are made of fine Silver, and in maner no lesse desired amongst the great estâtes, whose workmen are nothing so skillful in that trade as ours. (Hamson. Descrip. of England ap. Àl.Way.)

ESTAMOIE , et aussi Estamas. Grands vases, quelquefois ils sont à anses. On en compte six en or dans l’inventaire de Char» les V, et ils pèsent ceut soixante-dix-sept marcs d'or; on les retrouve en six articles dans l'inventaire de Charles VI. Les citations suivantes suffiront.

(A) 1363. VI estamas d’argent blanc, doré en iij lieux, à esmaux des armes

Monseigneur sur les couvescles qui poise cxviii marcs et demy. (Inventaire du duc de Normandie.)

(B) 1380. Six estamoies d’or, esmailliées d’un esmail rond sur chacun couver-

cle et poise. viiimvij marcs d’or. (Invent, de Charles V.) tC) — Six grans estamoies d’argent dorées , chacune à ij anses , à deux cercles, à lettres de Sarrazin et sur le convescle à iij fleurs de lys.

(D) — Une très petite estamoie de cristal, à anse, garnie d’argent doré pesant iii onces et demie.

ESTAMPE , de stampa, estampage. Plaques d’or, d’argent et de euivre estampées en feuilles, en lis, eu bassins, etc. Cette expression se rencontre fréquemment , paice que dans la hâte des solennités religieuses , des tournois, etc. , on faisait un grand usage de ces ornements qui étaient ou cloués sur les châsses , les lutrins , les autels, les bordures de livres , ou cousus sur les vêtements et les équipements. Le moine ■ Théophile en parle d’une manière trèsintéressante. (Voyez au mot Empraincte.)

(A) (387. ii'iliij paillettes d’argent dorées, en manière de losange , et an petit

annelet au bout de chaque paillette , pour ycelles mettre et asseoir sur deux courtes houppelandes lloUens, faicteg de veloux vermeil. (Comptes royaux.;

(B) 139t. Four avoir taillié et féru en estampe grans quantité de très petis ba-

cins. (Comptes royaux.)

ESTANT. En estant, de stare, être debout. On rencontre fréquemment cette expression dans les descriptions d’objets d’art. Je renvoie à l’inventaire de Louis d’Anjou, cela suffit.

(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 274, 275, 329, 398, 401, 443, 5(4, 542.

ESTER I.INS. Nom d’un poids et d’une monnaie. Le poids de la plupart des articles des inventaires du nv» siècle se divise en marc, once et esterlins. L’once comptait vingt esterlins. L’origine dn mot et de la chose est anglais, et l’Angleterre, qui conserve tout, a conservé le nom de ses livres sterlings.

(A) 1260. Nul orfèvre ne peut ouvrer à Paris d’argent que il ne soit aussi bon

comme esterlins ou meilleurs. (Statuts de Paris.)

(B) 1400. Chascun eatelliu doit peser iij oboles tournois (12 oboles faisaient

un sol.)

ESTRAINES, Étrennes. On les donnait au 1" janvier, qn’on appelait le jour ae Tan. bien qu’on fit commencer Tannée â Pâques, à Noël et autres fêtes de l’Eglise, selon les temps et les pays. C’était entre les souverains et entre les princes l'occasion d'échanges somptueux, où la richesse était le plus enjeu, où le goût avait aussi sa part. Le duc de Berry semble avoir affectionné plus que tout autre cette coutume; il recevait des étrennes non-seulement de tous ses nobles parents et des grands olticieis de sa maison , mais des plus humbles parmi ses domestiques. Pol deLimbourg, dont je cite l’offrande, était l'un de scs peintres. L’année ne commença au l«r janvier en France qu’à la suite de l’édit de Charles IX, du mois de janvier 1563.

(A) 1327. Trente sols tournois — à paier cbascun an ans estraignes. (Apud Du

Cange.)

(B) 1398. A messire Thomas Channenne, cbevalier trenchant du Roy d’Engïe-

terre, lequel est venu apporter l’estraine du Roy d’Angleterre dn jour de l’an. (Comptes royaux.)

(C) 1416. Cne petite croix d’or garnie de quatre camabieux — laquelle croii

Madame la Duchesse donna à MS. aux estraines , le premier jour de janvier l’an mil cccc et huit, — vil** liv. t. (Invent, du duc de Berry.)

(D) — Une petite salière d'agatbe, garnie d’or, dont le couvercle est d’or et

au dessus a un fretelet à un saphir et iiij perles. Laquelle salière Pol de Limbourc donna à Monseigneur, aux estraines, l'an mil cccc xiiij. — ni liv. t. (idem.)

(E) 1453. Vendu à Gilbert Jehan, orfèvre, demourant àTours, plusieurs estrai-

nes de plusieurs sortes d’argent, les unes dorées et les autres noires. (Acte de vente des biens de Jacques Cœur.)

(F) 1480. Ecoutez les dures nouvelles

Que j’oui le jour de l’est rai ne. (Alain Chartier.)

ESTRIKF. Estrius et estrier, en roman estrieu , étrier. Toutes ces formes sont dérivées du latin strt^pa. On montait à cheval avec des étriers si courts que les montoirs étaient nécessaires au moyen âge, comme ils le soat aujourd’hui en Orient, pour se mettre en selle. S'élancer à cheval sans le secours du montoir, ni des étriers, était un tour de force très -admiré. Les étriers furent de bonne heure très-or nés et très-volumineux.

(A) 1160. Descendent! (Victori antipapæ) de equo strepam humiliter tennit

(Imperator). (Èpist. apud Alartène.)

(B) 1220. Clinique clavornm copiam babneris et eos configere volueris in corri-

giis ascensoriis sellæ equi. (Theopbili. Schedula div. Art. )

(C) 1250. Estrief, ne siele, ne soscaingle. (Pbi). de Mouskes.)

(D) 1250*. Et li es trier d’or noielé

De rices pières alourné. (D’Atis et de Propkelias.)

(E) 1300. Après ce que le Roy (S. Louis) fut revenu d’Outremer, il se maintint

si dévotement que ouques puis ne porta ne vair, ne gris, ne escariatte, ne estriers, ne espérons dorez. (Joinville )

(F) 1328. Une sambtte, à tout le lorain garnie d’argent, dont la sambue est de

veluau violet et sont les estriex d’argent esmaillié de Puille et de Hon> grie. (Inventoire de laroyne Clémence.)

(6) 1552. Une paire d’estriefs dorés de fin or, gravez au burin et esmaillez de fin esmaU, faicts à la genette. (Comptes royaux.)

ESTl’iT. Ou peut l’entendre de coffret, écrin, et aussi tout simplement, dans la signification actuelle, de boite enveloppant un objet.

(A) 1328. Un estni d’argent, à poudre, esmallié. (Inv. de la royne Clémence.)

(B) 1350-60. Un escnier du Roy d’Angleterre qui apporta an Roy les coffres ou

estuvs d’une ceinture et d’nn aigle que le Roy d’Angleterre donna au Roy. (Livre de despenses de l’ostel au Roy en Angleterre.)

(C) 1363. vi esraeraudes, y saphirs et un gros diamant qui sont en l’estait de

cuir que Mous, l'aict aucunes fois porter avec li. (Inventaire du duc de Normandie.)

(D) — Un autre es toit d’argent doré , ouvré, esmaillé de la Vie sainte Ca-

therine.

(E) — Un autre estait d’ybenus garny d’argent. •

(F) — Un petit estuit de madré garny d’argent doré.

(G) — Un estny à mettre encre et plumes et e^t d’argent.

(H) 1380. Un ymage d’or de Nostre Dame et l’estny esmaillé d’azur. (Inven-

taire' de Charles V.)

(I) — Un ymage d'or de Nostre Dame, en un estny esmaillié de France.

(J) — Un estny d’argent esmaillié qui pend ez armoires et est l’esmail de la

Vie Saiute Marguerite.

(K) — Un petit bréviaire en deux volumes — et sont en deux estuysde bro-

derie.

L) — Unes très parfaitement belles heures — lesquelles sont en un estny

couvert de veluiau, semé à fleurs de lys d’argent dorées.

M) 1387. A Pierre du Fou, coffrier, demoorant à Paris, pour un grant estuy de

cuir bonlly acbatté de luy, pour mettre et porter uns tableaux que a faizJehan d’Orléans, peintre etvarlet de chambre du Roy,— xxxvi s. p. (Comptes royaux.)

(N) 1420 A Gilles le coffrier, demourant à Lille, pour un estuy de cuir à mettre

le tableau qn» MDS. fait tonsjours mener avec lui — \1 sols. (Ducs de Bourgogne, 607.)

EXPERT. Ce substantif est très-moderne, l’adjectif est fort ancien. Dès qu’un personnage était mort, le premier soin des exécuteurs testamentaires était de faire estimer son avoir mobilier qui ne se composait pas , comme aujourd’hui^ de rentes inscrites sur le grand-livre, et d'actions industrielles bien régulièrement enregistrées, paraphées et cotées à la Bourse, mais de quelques rentes sur hypothèques, et surtout de joyaux, vaisselle, vêtements, tapisseries, linge et meubles. Pour arriver à un prompt résultat, le garde des joyaux appelait à son aide des orfèvres, tapissiers, joailliers, gens à ce cognoissans et experts. A quelle époque ces fonctions passagères et accidentelles devinrent-elles assez frequentes, turentelles d'assez longue durée , pour que des marchands renommés aient abandonné leur commerce et s’y .soient entièrement consacrés, c'est difficile à dire, mais de ce moment, l’adjectif expert devint un substantif, l’expertise une carrière, et plus tard une fonction publique. Je ne fais que deux citations, on en peut extraire d’autres de chaque testament et de tous les inventaires.

(A) 1372. Après s'ensuit i'inventoire de plusieurs tableaux cy après exprimez ,

estaus en une chambre , prisiez par Jehan d'Orlians peintre, lequel à la requeste desdits exécuteurs jnra solennellement , par son serment fait pour ce anx saints Evangiles de Dieu , qne les diels tableaux priserait bien et justement à son povoir, sans fraude ou faveur. (Compte du test, de la royne Jeaune d’Evreux.)

(B) 1416. Albert du Molin et Julien Simon , marebans et bourgois de Paris

(orfèvres) expers et congnoissans à ce — . (Inv. du duc de Berry.)

FAUDESTEU1L. Fauteuil. Dérivé de faldistorium, siège qui se plie, la sella plicatilis des anciens, mot formé du saxon faite n, plier, de là faldestuef, faudestuef, faudestueil, et, par contraction, fauteuil, le siège d'honneur, la chaise par excellence ; mais comme le moyen âge hait la précision, le mot sert en même temps à désigner les chaises à tout usage , y compris la chaise de retrait ou chaise percée. La fourniture de toutes ces variétés de chaises était dans les attributions du peintre de la cour. Ce privilège fut attaché à cette cbargsy d’abord parce que ces meubles étaient ornés de peintures, ensuite parce qu étant placés près du lit, ou servant à la toilette, ils appartenaient à l’intimité. Quand un roi fait faire un riche fauteuil de cérémonie, il le commande à son orfèvre. Le bois ou la charpente étaient exécutés par l’imagier, les décorations peintes par le peintre de la cour.

(A) 1185*. Sor on fandestuef d’or à boutons noélé

Se sist Ii emperères el palais paintnré.

(Graiudor. Gh. d’Antioche.)

(B) 1Ï50*. El fandestnef d’or l’aserront

Tllnecqnes le couronneront. (Le Lnsidairc.)

(C) — De sor nn fandeslnel vermeil •

S’apoieront en nn conseil. (Le Roman do Blanchardin.) |D) 1316, Ce sunt les parties Martin Maalot ymagier iKtnr ij fausd'esteurs que il a fet pour nostre seigneur le Roy, pour la façon, vi liv. x s. (Comptes royaux.)

(E) 1353. A Jehan le Braalier. pour la façon et appareil d’un fandestneil d’ar-

gent et de cristal, paru y de pierreries, fait et livré en ce terme au dit Seigneur (le Roy) duquel faudestue.il le dit or'évre flst faire la charpenterie et y mist et assist plusieurs cristaux, pièces d’eulumineure de plusieurs devises, perles et autres pièces de pierreries et y fist plusieurs ouvrages de son mestier, vij<? Ixxiiij escus. — Premièrement , pour la charpenterie du dit fandestneil faite par maistre Pierre de Vienne, — xx escus —Pour ij* xij pièces d 'enlumineur»* mis dessouhz les estanx du dit fandestneil, dont il y en a il arinoiées des armes de France, lvj prophètes tenant mlleaox et est le champ d’or, cxij à demiz ymages et demiz hestes et est. le champ d’or et iiij grans hystoires des jngeinens Salomon et servent ans moieux du dit fandestneil dont il y avoit v creux pour les basions, vj plaz et j ront plat pour le moyeu et lurent faiz par fa main Pierre Cloet, pour ce — iiij**xvj escuz. — Item pour c et demi de garnaz et iiij**ij que premes que esmeraudes pour Je dit faudestueil, pour tout xxxviij escuz. — Item pour iiije pelles d’Oriant que d'Escoce que »le Compïègne pour le dit faudestueil, — xlviij escuz. — Item pour vj onces d’or parti pour envoiricr les pièces d’orfavrerie du dit faudestueil, — xii escuz. — Item pour xij mars, vj onces et xvj cstelli ns d'argent mis de croissance au dit faiidestenu, — iiij** escus. — Item pour or à dorer toutes les pièces d’orfavrerie du dit faudestneil, ex escus. — Pour la façon de la dite oriavrerie, appartenant an dit faudestueil, laquelle le dit orfèvre flst tout de nuef, c’est assavoir: faire et forgier v«et xxxv chaatons, ix virolles à bestelleteset à feuilles enlevées et iiij pièces, d’un espan de loue, chaseune à feuillage et à hes telle tes et xvijj pignons à feuilles et à bestelletes enlevées et j ront pour le moieu du milieu de la façon des pingnons et furent toutes ce.s pièces perciées à 1 (té et envoirrées d’or nnini et xxiij pilliers tortiz d’enlevenre et tonts les autres pièces du dit faudestueil furent par le dit orfèvre lavées, nestoiées, rediecées, rebrunies, redorées et mises sus, pour façon, d’échiet et poine de toutes ces choses ij« 1 escus, — somme — vi}« Ixxiiij es. d’or. (Comptes royaux.)

(F) 1387. A Jehan le huchier, demourant à Paris, pour le fust d’une cbaière

de bois de nover, anpellée fanlt destueil, pour faire, une chaière à pigoier le ebief du Roy NS., baillée à Jehan de Troyes, sellier, ponr icelle garnir et estoffer, — xlviij s. p. {Comptes royaux.)

^G) 1388. A Jehan de Troves, sellier, ponr sa peine et sallaire d’avoir garnye et esteffée une chaière, appellée faulx d'estneil, à picrtiier le chief de Madame la royne, vij liv. xvj s. (Comptes royaux.)

•(H) 1397. Pour une cbayère — appellée faulx d’estueil, — pour servir à seoir MS. le duc d’Orléans, ponr servira seoir le dit Seigneur quand ou le pigne. (bleui.)

FAYESCES dites majolica, de Henry II, du comtat d’Avignon, de Bernard Palissy, de Nevers, de Rouen, etc., etfc. (Voyez la ■notice des faïences émaillées et l’article B. PaUissy.)

FELDSPATH, Sa forme en cristaux est un parallélipipède obliquaugle, sa pesanteur spécifique est de 3.50, et il est moins dur que le quartz , quoique assez dur pour rayer facilement le verre. Incolore, il ressemble au cristal de roche, et n’atteint ni'à sa limpidité ni à ses dimensions. 11 fond à la chaleur du chalumeau et se change en émail blanc.

FELDSPATH AVESTURINÉ. Dit Avcnturine orientale et Pierre du Soleil. Cette variété du feldspath consiste dans le hril- • lant d'une poussière dorée produite par des paillettes de mica dont elle est pointillée. Cet accident peut se rencontrer dans les feldspath de toutes couleurs. On extrait les plus estimées de la Sibérie.

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FELDSPATH BLEU. Pierre d'un bleu de ciel pointillés de blanc. Le quartz, mêlé à ce feldspath , l’empêche de fondre au chalu-* meau, et il ne peut être confondu avec le lapis lazuli , auquel il ressemble , parce qu’il n’est pas soluble comme lui dans l’acide nitrique. On l’extrait des montagnes de la Styrie.

feldspath NACRÉ. Adulaire feldspath. Appelé aussi Argentine , CEil de poisson , Pierre de I.une. C’est une. variété des feldspath qu’on trouve en Oripnt , dans Hic de Ceylan et au Saint- Gothard.

FELDSPATH OPALIN, appelé Labrador dans le commerce. Cette pierre, d’un gris foncé à reflets bleuâtres, rouges et orangers, nous vient de la côte d'Amérique où elle a pris son nom ; on l’extrait aussi des montagnes de la Russie et de la Norwége.

feldspath VERT. Dite pierre des Amazones et aussi Vert Céladon. Pierre de couleur opaque vert tendre, semé de points blancs. On les tire des monts Durais et du Groenland.

FENESTRAGE. C’est une arcade . un encadrement à jour en plein cintre ou en ogive , selon la date ; quelquefois aussi , c’est une niche de ces mêmes formes. Enfin , on employait ce mot pour désigner l’ensemble des fenêtres d’un bâtiment.

(A) 1360. Inventaire dn dnc d’Anjou, 25, 26, S8, 64, 73, 93.

(B) 1380. Une croix d’or — et ou pied du croisillon est une yreage de N astre

Dame en un fenestrage, esmaillé d’azur. (Inveut. de’Charles V.)

— Un coutel à manche d’yvoire blanc, à dent virolles d’or, à fenestrages, où sont osteanz sur gest et sont les forcettes d’or.

(C) 1399. Un joyan d'or, ou est le couronnement ,'ea un tabernacle on milieu

et dessus est un crucetix, Nostre Dame et saint Jean aux costez, tons à fenestraiges, esmaillez par dedans et par dehors à imaiges et est le dit joyan garny bault et bas on pic de saphirs , esmeraudes , balaiz , diamans et plusieurs perles pesans deux marcs, quatre onces, cinq es terlins d’or. (Inventaire de Charles VI.)

FER D’ESPAGNE. Estimé dans l’industrie.

(A) 1497. Vues et considérées, les ronhires (ruptures) estant aux quatre piftiets principaux qni sonstiennent la croisée d’icelle église ont esté d'opinion pour les utilités et entretenues de tonte la dite église, icenlx quatre pilliers ancrer de bon fer d'Espagne et non d’anltres fer, ne de bois. (Procèsrverbal d’nne visite dans l’église d’Amiens.)

FER A CHEVAL. On en faisait en argent, qui servaient, rougis au feu, à brûler les chevaux ou, comme on l’écrivait, à les cuire.

(A) 1382. En «ne livre d’oint ponr oindre les jambes d'on cheval de somme qui

avoit esté cnit de feu, — x d. (Ducs de Bourgogne, 5379.)

(B) 1392. ATcrin de Choisy, orfèvre, — pour l’argent et la façon de plusieurs

fers d’argent 4 entre chevaux. (Dncs de Bourgogne, 5544.)

(C) 1455. A Jehan Lessayenr. orfèvre de MDS (le dnc d’Orléans), pour un fer

d’argent , par lui fait, ponr donner le fen anx faucous de ma dicte dame, viij s., vj deniers. (Dncs de Bourgogne, 6731.)

FER (petit). Doré à petit fer. Expression et genre de travail encore en usage parmi les relieurs. Les combinaisons gracieuses et toujours vari&s des petits fers succédèrent au xvt» siècle à l’abus des grands fers se répétant à satiété.

(A) 1603. La Cosmographie universelle de AndréjThevet couverte de Telia

blanc, doré sur la tranche et à petit fer, estimé six livres. (Inventaire de la royne Loyse donairière.)

(lîl 1603. Une bible, en grand volume, en françois, couverte de marroqnin bien, doré à petit fer, estimé dix livres.

FERMAIL. Agrafe. Voyez Fermailles, Fermons, Fermoirs et Fermillières, pour des termes différents se rapportant au mèm# sens. L'expression de termillet; n’étant qu’un diminitif de fermai], se trouve confondu dans les citations suivantes. Le fertnail et le mors de chape se ressemblaient fort , puisqu’on voit Charles VI transformer un fermait en mors de chape. Celaient, l’un et l’autre , une agrafe destinée à réunir les deux parties du vêtement, soit sur l’épaule, soit sur le col, soit sur la poitrine, mais aussi un simple ornement qui s’agrafait sur une chape on sur une tunique sans ouverture, c’est-à-dire qui était sans emploi et servait de parure. Les sculptures de nos cathédrales et les miniatures en fournissent d'abondants témoignages. J 'ignore ce que peut être un fermait à couvercle, à moins de supposer une cavité ménagée au milieu pour renfermer des reliques, et se fermant, avec un verre, comme un médaillon.

(A) 1280. Anciennement on avoit acconstnmé de vestir et parer les espousées,

— on donnoit à l’esponsée un anneau, — une couronne et un fermait,

— le fermail estoit une ceinture en laquelle y avoit un fermail d'or ou d’argent , selon la qualité des personnes, parce qn’alors on avoit accoustumé de porter des ceintures de tout or ou d’argent , quelque riches que fussent les espoux ou espousées, dont on remarque le vieil proverbe, que bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée, c’est-â“ aire enrichie de clous et fermail d’or (Boutillier. Somme rurale.)

(B) 1303t. Je Bernard, chevalier, sires de Moroeul — voel que elle (ma fille) ait

la couronne d’or eUle fremail à couvercle. (Ap. Du Gange.)

(G) 1363. La grant aigle d’or Monseigneur, où sont les deux grans rubis et vi antres et ij grans saphirs et plusieurs diamans et grosses perles. (Invtnt. du Duc de Normandie.)

w — Un fermail d’une fleur de lys, à pierres et à perles.

(H> — lTn fermail d’or, faict à manière d’un paon qui faict la roe, à pierres et

à perles.

(F) 1380. Et si eut, pour le prix, un fermail à pierres précieuses que Madam»

de Bourgogne prit en sa poitrine. (Froissart.)

(G) — Un aigle d’or, en manière de fermai! , ooqnel a v saphirs, vij psme»

randes, xvii rubis, ixxvi grosses perles et a ledit aigle nne couronne dessus sa teste où il a iiij petites esmeraudes, iiij petits rubis et viij petites perles et y faut une petite perle et j rubis. (En marge.; Le Roy (Charles YI) l’a pris le xi® jour de juillet iiii** ix pour faire un mors tû chappe qu’il a donné au pape. (Inventaire ue Charles Y.)

(H* — Un fermail d’or à un griffon, ouquel a vi assiettes et en chascune assiette à trois perles, trois diamaus et un rnby ou milieu et si y a iiij autres assiettes où il a en chacune iiij rubis, j diamant et si est semé ledit fermail de vi rubis et ou bec du griffon a un ruby d’Orienl et en chacun de ses pieds tient iij perles et, en une couronne qu’il tient, a iij diamans et viij petites perles.

( ï) — Un fermail à un corps de cerf à la teste de floeart, ouquel a viij ntby, xvij diamans et vingt grosses perles.

(J) — Un petit fermillet d’or, à une cygongne, ouquel a un saphir à xviii grosses perles.

(T£) — Un petit fermail d’or de quoy les pierres ont esté ostées.

(L) — Un petit fermillet d’or à iiij perles où il a escrit bonne foy.

j» — Un antre fermillet d’or azuré, à deux mains qui s’entretiennent.

ET RÉPERTOIBE. 313

(M) 1380. Un fermail d’or, à pendre lesboursesàlapoitrme, escrit de lettres, des

noms aru trois Roys de Coolongne, gamy de quatre balays à iiij diamans.

(N) — Une crois à viii perles, iiij balais et j saphir, laquelle pend à un fep-

meillet où sont nj saphirs, i balay et is perles.

(O) — Et si eust pour le pris un fermail à pierres précieuses, que Madame

de Bourgogne prit en sa poitrine. {Froissart.)

(F) 138». Un petit fermeillet d’or, à une turterelle, esmaillée dedens un soleil, qui tient un rolet. (Dncs de Bourgogne, n. 5458.)

(Q) — Un fermail d’or, à un dain esmaillé de blanc onqnel a nn rolet et let-

tres escriptes qui dient : plus hault. (Bncs de Bourgogne, n. 545S.)

(R) — Un fermail d’or, i une dame esmaillée qui tient une herpe et un petit

chenet blanc auprès d’elle. (Dues de Bourgogne, n. 5456.)

(B) — Un petit fermail d’or, àunehicbe et nne bichette. (D. de B., 5457.)

(T) — Un petit fermail, à un petlieant esmaillié de blanc. (D. de B., 5459.)

(U) 4397. Un fermail à la semblance des déni rois de France et de Behaigne

(U) 1400. Puis (1396) donna le Roy à son Sis nn drageoir garuy de pierres preneuses , avec un très riche fermille». Et le roy d’Angleterre donna i ’ son père un autre ferruillet qui avoit esté au feu roy Jean et esloit le plus riche de tous les dons qui avoient esté faits. (Juvéual des Ursins.)

(T) 1401. Un fermeillet d’or pour pendre clefi et bourses pour la royne d’Angleterre. (Comptes royam.)

(X) 1490. üng fermail d’or, fait en manière <Ftme tonaille nonée, esmaillée de blanc, garuy d’un groe balay dessoubi, et dessns a nng assez gros dyamant taulée à plusieurs faces. (Dncs de Bourgogne, 4130.) (¥}14AL Avoit sm son ehief (Charles Vil) un chapeau de bienre gris, fourré do satin vermeil — et sur le devant etoit nn petit fermail sur lequel il y avoit nn fort beau et riche diamant. (Math, de Coucy.)

FERM ailles. Joyaux de toutes formes, qui devenaient ia garantie d’un enjeu ou d’uue convention.

(4)4363. Comme par plnsienrs fois il eust esté parole de faire mariage — combien que liensaiUes, ne fermaMes n’enasent pas esté sur ce faites. (Lettres de rémission.)

(B) 137Î. Et pour ce, belles filles, prenez y bon exemple de nen muer pas trop

euvoiséement et nos avoir le ouer trop aidant de gaigner petites fermailles, car qui trop convoicte de prendre dons ne gaigoier telles potites fermailles, par tels jem, maintes en sont... (Le Chev. de la Tour. Euseig. des femmes.)

(C) 1375 Quand ils orent beu, firent une fermaille de commun aceort, que le

premier qnidiroit oyl, paieroit l’escot. (Lettres de rémission.)

FKRMANS. Volets qui, on se fermant, recouvrent un tableau ou un miroir. Le mot Clouant était employé dans le même sens, et le mot Ouvrant exprime la même idée, dans un sens different. J’amais pu, sans difficulté, multiplier les citations, mais il m’a paru suffisant d’en faire une pour chaque acception, et je l’ai extraite, avec intention, du même document.

(A) 1536. Ung petit tableau d’or, les déni fimnans de cristal de roche, dedens

lequel tableau est une notre Dame, aux costez déni auges qui tiennent uns couronne sur sa teste. (Inventaire de Cbaries-yuint.)

(B) — Ung autre tableau wvde, qui se ouvre i deux demi clonan», ouvré de

menu ouvrait» à fil d’or traict et i Rfeitre costé a une nostre Dan.e esmaillié de plusieurs couleurs et à l’entour du bord est escript : Mater Dei mémento mei, ntrnc et in bora mortis.

(C) — Ung petit tableau d’or, en forme de table d’autel, fermant à deux ou

vrans, ou milieu duquel est, en esmaillure de basse taille, le crucifie* ment. En l’ung des ouvrans la descente de Nostre Seigneur de la croix et à l’autre la résurrection, et au dehors sur les dits ouvrans est la flagellation et coronation de mesmes et à l'autre costé est comment nostre Seigneur porte sa croix, en ouvrage eslevé.

FERMAUS. Voyez Fermoirs.

(A) 1394. Une bible en latin, couverte de cuir rouge, i quatre fermaus dorez

esmaillex. (Ducs de Bourgogne, no 5626.1

(B) 147#. Dessus si avoient leurs manteaux

Fermaus à moult riches fermaui. (Martial de Paris.)

FF.RMILL1ÈRES. C’étaientdfi petites agrafes et peut-être des crochets dans le genre de ce que nous appelons des mousquetons. Tantôt elles retiennent des anneaux sur une ceinture, ou bien sur une bourse. Exceptionnellement, fermeillet signifiait la même chose. (Voyez Fermait. )

(A) 1319. Lyenardin Hamon, qui avoit appendu ans boutons ou fermillère de

son japon ou antre garnement, une boursete. (Lettres de rémission.)

(B) 1380. Une ceinture d’un tissu de soye tannée et n’y a que la bonele et le

mordant et vij fermillières avec annelet i mettre le coustel, non pesé. (Inventaire de Charles V.)

FERMOIRS. Terme employé plus particulièrement pour désigner les agrafes qui fermaient les livres manuscrits, le parchemin exigeant une pression assez forte entre les ais de bois de la reliure. Quand le manuscrit n’était pas relié et restait en cahier, non lyé. il se fermait avec des lanières. (Voyez ce mot.) Quand il était relié, il se fermait de deux manières différentes, ou avec des courroies qui, cousues d’un côté de la reliure et se terminant à l’extrémité par un morceau de métal troué, venaient se fixer sur un bouton qui formait saillie sur l’ais opposé, ou avec des fermoirs de métal, A charnières, dont nous faisons encore usage , et qui sont d’une pratique moins ancienne ; on les appelait aussi, dans ce cas, des crochets. Au reste, rien n’était précis et arrêté dans la langue du moyen âge ; si le fermoir était l’agrafe des livres, l’expression de fermait, qui désigne l’agrafe des vêtements, s'appliquait également à la fermeture des livres, ainsi que son pluriel fermaus et son diminutif fermillet.

(A) t35î. Les parties de Jehan le Braillier, orfèvre du Roy, pour deuz paires

de fermouers d’argent, esmaillez à fleurs de lys, baillez à Jehan de Montmartre, son eunmineur. (Comptes royani.)

(B) 1380. Un petit erre 1 dont le second feuillet se commence : manifeile, 1 (j

fermoirs d’argent, esmaillez de France. (Inventaire de Charles V.)

(C) — Un petit messel à l’nsage de S. Domenique, sans note, à deuz fer-

moirs d’argent, esmailliez de France.

(D) — Un évangelier — et sont les fermoirs d’argent dorez des armes de

France tous desesmaillez.

(E) — Un grand journal bien escrit et de grosse lettre bien enluminé et his-

torié de blanc et de noir, — et a fermoirs esmaillez et nne petite pippe esmaillée sur le demy rond.

(F) — Un bréviaire entier, très bien escrit, sans notes et a les déni fermoirs

d’or, h tissu d’or trait, et ou fermoir a en chacun un ruby d’Alezandre et iiij perles, et est la pippe d’or i un balay et à vj perles, en un estoy fort fermant J serrure. ^

(6) — Un très petit bréviaire, — et y a deux petits fermoirs d’or à charnières néellez.

ET RÉPERTOIRE. 34i>

(H) 1380. Un petit bréviaire, très bien escript, — et ferme à ij crochets d’argent

dorez.

(I) — Un gros saultier, nommé le psaullier St. Loys, — fermant àij fer-

moirs d’or néellez à fleurs de lys, pendans à deux laz de soye et à deux gros boutons de perles et une petite pippe d’or.

( J ) — Unes très parfaitement belles heures, très noblement escritcs d’or et d’azur, — et sont les fermoirs d’or en façon de crochet et & en chacun un balay à iiij grosses perles et a une très belle pippe d’or où sont un saphir, ij balay s et iiij grosses perles.

•(K) 1384-85. Pour ung cent de fermonrs à livres. C’est assavoir: xxv pour les bibles, xxv pour les petits livres et demi cent pour les saltiers, les antiphoniers et les grées, faiz par Jehan le potier (c’est-à-dire le fondeur), demorant en la grantrue. (Comptes de l’église de Troyes.)

(L) 1389. Deux fermoirs d’argent à façon de bras. (D. de B., 5466.)

(M) 1394. A Pierre Blondel, orfèvre, — pour deux fermouers, tous d’argent

esmaillez, pour mettre ou livre de Boèce. (D. de B., no 5628.)

(N) 1397. A Josset Desture, orfèvre, — pour vint paires de fermouers d’argent,

dorez et esmaillez aux armes du duc d’Orléans. (Ducs de Bourgogne, n» 5779.)

(O) 1399. Une bible en françois, en deux volumes, que le roy Charles le Quint

faisoit porter avec*lny et en chacun volume a quatre fermoirs esmaillez de France à imaiges. (Inventaire de Charles VI.)

. (P) 1410. Unes heures de nostre Dame, — fermans les dites heures à deux bras et deux mains d’or yssans de déni nues, fermans les dites heure» en une boiste de satin vermeil. (Ducs de Bourgogne, n* 6190.)

(Q) 1412-16. Une très belle bible escripte en françois, — à deux fermouers <l 'argent dorez, esmaillez de Adam et Eve. (Inventaire du duc Jehan de Berry.)

v (B) — Le Roman de la Rose, — et est couvert de cuir rouge einpraint, fermant à deux fermouers émargent dorez esqueis a escript : Le Romans de la Rose, et sont les tissus de soye noire et sur chacune aiz a v boulions d’argent dorez.

(S) — Un petit livre en latin, — des lamentations de la morl du roy Charle-

maigne, couvert de cuir vermeil houssié et par dessus une chemise de * drap de damas noir doublé de tiercelin vermeil, garni de deux fer-

mouers d’or, où il a, en l’un un ours et en l’autre un ciguë , tenans chacun un escuçon esmaillé aux armes de Monseigneur.

(T) — Un livre des croniques de France, fait par maistrc Jehan Froissait, —

couvert de cuir rouge houssé et fermant à quatre fermoers de laiton, à façon de crocheta, xl 1. 1.

(U) 1430. Un marchant apporta an suppliant unes heures pour y faire un fer

millet d’argent. (Lettres de rémission.)

FERRONNERIE. Quand on vit, au moyen âge, l’homme se couvrir de fer, et toute son industrie s'appliquer à imaginer des coiffures de fer , des masques de fer. des gants de fer , quand toute justice, toute humanité plia sous la brutalité de ces hommes couverts de fer, on dut croire que l’âge de fer était venu. Cet âge eut eependant ses artistes habiles, qui saisirent, au milieu de [ unique préoccupation d’une défense assurée, quelques instincts d elegance, et en développèrent le goût. A celui qui aimait ses amies , ils les ciselèrent avec talent; à celui-là qui désirait sc faire connaître sous son armure, ils imaginèrent des formes de casque plus élégantes, des écus, des arçons de selle mieux ornés; ils n’ôtèrent nen a la sûreté de la défense, ils ajoutèrent à la beauté de l’armure. Lart s’empara ainsi du fer, et la ferronnerie devint un art, en France , a aine epoque où elle était un simple métier dans le reste de 1 Ku-

rope. A notre imitation , on s'y appliqua dans d’autres pays , et l'Allemagne acquit de bonne heure une réputation méritée, qu’elle conserva jusques assez avant dans le xyli® siècle. Je ne parlerai pas des artnures dans ce Répertoire ; je porte mon attention uniquement sur la feiTonnerie appliquée aux coffres et coffrets, aux Dentures de portes, aux grilles, aux treillis, aux serrures et à leurs clefs, à tous les ustensiles enfin de la vie privée, et je renvoie à ces différents articles.

FERRÉ. C'est-à-dire garni de métal à l'extrémité. ( Voyez Tissu et Mordant.)

(A) 1416. Pour ferrer chacune kmee de deux bous d’argent — viij escus. (Ducs

de Bourgogne, 390.)

(B) 1455. La veit sainte d’ung tissu bleu, ferré d’or, lors la dessaingnit. (Ànt.

de la Salle.)

FERU et Ferra. Frappé, de ferire.

(A) 1399. Un plat d’argent blanc, signé de trois escussons, feruz sur le bort à armes. (Ducs de Bourgogne, no 5907.)

FIER DE MAILLES. Fer de mailles, pour le distinguer de fier de plattes, c'est-à-dire des plaques de rer, dont on composait, ainsi qu’avec des anneaux de maille, les armures et les couvertures de chevaux.

(A) 1358. Ij paires de eouvretnres de chevans de fier de mailles et une paire de couvretures de fier de plattes. (Inv. du Harnas de Mous.de Haynnan.)

FIERTE. Quand il n’est pas question du privilège de saint Romain à Rouen , la fierte est tout simplement une châsse. Le mot a été et est resté particulièrement en tisage dans le nord de la France et en Angleterre.

(A) 1250*. Quant à Arras la fierte vint

Moult biau miracles y avint. (Gauthier de Coincy.)

(B) 1306. Le royLoys commanda que l’église Saint-Denis fust découverte en-

droit les fiertés que son noble père, le roy Dagobert avoit fait couvrir par dehors d’argent pur par grande devocion et commanda que il fust desparti aux povres. i^Cbron. de l’abbaye de Saint-Denis.)

(G) Et si enclos et encagiés

Corne un cors saint en une fierte. (Guill. Guiart.)

(D) 1355. Je devise à Seint Thomas de Hereford un ymage de NostreDame, d’argent surorré, d’estre (a) taché sur son fierte. [Test. d’Elisabeth dn Clare, fille du Comte de ulbncester.)

JE) 1375. Les aoumemens des antelz doivent estre ferretez, escrins à reliques et nobles vesseaux. (Jeh. Goulain. Trad. du Rat. Durandi.)

(F) 1382. Deux fiertés de Limoges. (Invent, des reliques de l’église Sainte-Anne de Douay.)

(6) — Une grande fierte de Notre Dame en laquelle talent iÿ apostâtes, cou-

vert d’argent et vii platines d’argent esmailliez au capitiel de la dite fierte.

w — te fierte saint Murant à laquelle faultnne platine d’argent surl'image. (I) — Une fierte de leton doré, à xiiij esmatu et v boutons de cristal où est le bras Saint JEstienne.

FILLATIÈRKS. Ce qu’on appelle, de nos jours, des lambrequins. Elles étaient réelles ou imitées par la peinture et par la ciselure sur un vase et son cquvercle.

fA) 135Î. Pour iv pièces de cendal des larges pour faire de senttail de 15 filla»-

tières armoyez aux armes d’Espagne et de Bourbon (pour une chambre à parer. Comptes royaux.)

(B) !360.Fillatières qui pendent à un hanap. (Invent, du Duc de Normandie.) (G) — Au dedans du couvescle a une fliatière esmaiilée d’azur,

FINANCE. On disait : faire finance, c’est-à-dire échanger contre de l’argent des objets de valeur, et le mot comme le fait reviennent sans cesse à une époque où, depuis le roi jusqu’au manant, tous étaient aux expédients. Les quatre citations suivantes sont prises au hasard dans le nombre si grand qu’on en pourrait faire, et en lisant les documents , on se dira que si l’on consignait de pareils faits dans des actes authentiques ,des roueries qu’on n’enregistrait pas ne devaient rien avoir de bien édifiant.

(A) 1431. Pour avoir mené de Lille à Valenciennes, en deux panniers, sur ung

cheval , certains joyaux appartenant à MDS (le duc de Bourgogne) pour sur iceulx faire finances. — iiij francs , iii sols. (D. de B. 903.)

(B) 1459. Tandis que le seigneur de léans s’efforçoit de faire finance de plu-

sieurs choses pour festoyer son boste. (Cent Nouvelles nouvelles.)

(C) — J’ay nng affaire qui me touche beaucoup , si vous fault engaiger tous

no* joyaulx— et bailla ce qu’elle avoit d'argent, ses verges, ses tissus, certaines bourses estoffées bien richement, (idetn.)

(D) 1533. Ledit seigneur (François l«) pour demonrer quiet* envers Emmanuel

Riccio de la somme de 4,694 escus soleil , à lny deue par ledit seigneur, pour vente de pelles qu’il luy a délivrées et mises eu ses maius, luy a permis qu’il puisse faire entrer en ce royaume jusqu’au nombre de deux mil trois cent quarante sept pièces de veloux de. toutes coulleurs, tant cramoysi que autre, drap de soye de manufaicture de Gennes , sans pour ce payer l’impôt de deux escus par pièce. (C. roy.)

FIOLE , et phiole , dérivé du grec çiaXr,, bouteille.

(À) 1300. A ma table servoit l’en, devant mes chevaliers, d’une grant phiole de vin et d’une grant phiole d'yaue; si le tremproient si comme ils vouloient. (Joinville.)

(B) 1396. Une fiole d’or, à mectre eaue rose, assise sur une terrasse, esmaiilée de vert — et sur ladite terrasse deux loups et ou millieu de ladicte fiole deux mirouers garnis autour de xxiiij perles. (D. de B., 5735.)

Fizonomie, Physionomie. Son étude précède, ou au moins accompagne, l’étude ae la ressemblance; c’est le fondement sérieux du portrait. Cette considération motive les citations suivantes.

(A) 1298. Et encore voz di ge entr’aus a maint saies d’une art qe s’apelle fiio-

nomie, ce est de conostre les homes et les femes , lor qualités, e ce sunt bueu ou mauves , et ce connoissent, ils véen l’orne ou la feme. (Marco Polo.)

(B) 1350*. Renart est nnebeste de petite estature et a le poil roux et a la queue

longue et moussue et a mauvaise (isonomie. (Moduset Racio.)

(C) 1389. Icelles jeunes femmes monstrèrent aux diz sergens enseigues de la fi-

zonomie et estât dudit Estienne , afin qu'ils le cognus&ent mieulx . (Lettres de rémission.)

(D) 1580. Avant| que se réduire, il avoit près de sa personne ce grand hypo»

chratiste et anatomiste, voir fisionomiste , André Vesaüus, médecin flamand, très fameux , natif de Bruxelles, qui s’advança de luy dire souvent qu’il n’avoit plus guère à vivre. (Brantôme.)

FLACONS. Bouteilles à panse évasée et plate, qu’on portait à l’aide de courroies, et qui, par cette raison, étaient enregistrées dans les inventaires avec les barils. La bouteille en verre, décrite dans la première Jartie de cette notice , donnera l’idée de la forme du flacon et expliquera comment bouteilles et flacons se confondaient.

La manière de les boucher, les flacons avec un couvercle à vis, les bouteilles avec un bouchon, établissait entre eux une distinction. (Voyez Flasques.)

(A) 1 360. Inventaire du duc d’Anjou, 151 à 166, 257, 323 à 384.

(B) 1363. Deux flacons d’or à deux esmaux, chacun des armes Monseigneur le

Duc, à ij conrroyes de soye ferrées d'or, poisent tout ensemble uvij marcs, vj onces. (Inventaire dn doc de Normandie.)

^C) 1380. Deux grands flacoiis, tons esmaillez, à deux anses de serpent, fin tissus d’argent de Cypre, esmailliez tout au long, pesant vj marcs et les donna le -pape Grégoire au rov Jean. (Inventaire «U- Charles V.)

(S) — Un bel flacon , d’argent doré , esmaillé , qui a une anse ployant et un annel au bout et par le pied quatre hommes qui boivent, pesant xviij marcs.

(E) — Deux petits flacons ou barils d’argent blanc.

(F) — Deux petite flacons, tous plains, d’argent blanc, à mettre cane roze,

Saant iij mares, iiij onces.

eux grands flacons, en façon de coquille, et deux dalphins esmaillez sur les deux costés, pesant l marcs, iiij onces et demie.

(H) — Deux flacons d’argent, dorés, en façon de roses deroy encixellées à nn esmail de Neutre Seigneur qui s’apparut à la Magdelaine, et en l’autre une dame qui lui te à un lyon et sont pendus à un tissy de soye azurée, pesant xviij marcs.

(I) 1467. Deux flacons d’argent doré — à toutune sainetnre rouge couverte de clohz. (Ducs de Bourgogne, 2562.) d ( J ) — Deux autres flacons d’argent doré, —et ont iceulx flacons cbascun une anse. (2564 )

(R) 1562. A Mathieu le Vacher, orfèvre, démontant Si Paris, pour dent flascons d’argent, l’un tenant une pinte et l’autre trois-* 166 tt t9 s. (Couples des ducs de Lorraine.)

(L) 1536. Ung flacon d’aegent blancq que ia ducesse de Bavière a donné à l'empereur, de l’ung des costez armoyé aux armes de Bavières, et à l’autre costé il se ouvre par le milieu, où il se peult mectre pain et chair qui teult, eti l’autre le vin, pesant, avec deux serrures de fer qui y sont, ij marcs, xij onces. (Inventaire de Charles-Quint.)

(M) 1582. On ferme bouteilles à bouchons et flaccons à vis. (Tabourot.) *

(N) 1610. Je vous avertis, doctes buveurs, que vous *Ve< flàcons (ils sont bons vaisseaux ferman s avis), vous serez en sûreté. (Le Moyen de parvenir.)

flambeau. Les torches de cire qu'on portait à la main, et que dp flamma, flamme, on appelait flambeaux, ayant été diminuées de grosseur» entrèrent dans les grands chandeliers qu’on nomma dès lors chandelliers à flambeaux et, pour faire plus court, flambeaux. (A) 1443. Cent tua libre ceræ operate in torchhs, flambellis et bogia. (Reg. , eccles. Andeg. ap. Du Gange.)

(B) 1560. Trois chandelliers à flambeaulx. (Comptes royaux.)

(G) 1574. François Guyard, orfèvre du Roy, -pour son payement de deui flambeaulx. (Quittance. Arch. nationales.)

(D) 1587. Ung cbaûdellier d’argent, faict en lyon, portant xmg flambeau éfl ïa. gmetule. (Comptes royaux.)

FLASQUÉS. De fiasco et flasca , flacon, en allemand Flasche.

(A) 1510. Deux flasques d’argent, gaudroanés, moictié dorées et moitié blanches, pesant ensemble ilv m. (Inventaire de Georges I, cardinal d’Amboise.)

(B) 1550. A leurs bourdons pendoit un petit escrit, contenant £ malheur qui leur avoit cause de von »r leur voyage, ils avoient sur leurs espaulles des manteaui courts et le flasque à la ceinture. (Th. Folengo.)

FLEURS ARTIFICIELLES. Les fleurs imitées en métal se sont seules conservées, et c'est d’elles seules dont je pourrai m’occuper dans ce Répertoire. L’émail donnait la couleur il l’orfévre habile , qui étudiait la nature pour l’imiter fidèlement. (Voyez Hôte.)

(A) 1580. Outre le présent du fruit, elle en fit un à l'empereur et an roi d'Espagne d'un ramean de victoire , tout esinaillé ae verd, ses branches toutes chargées de grosses perles et pierreries et qui étoit fort beau à voir et inestimable. (Brantôme.)

FLEURS DE LYS, d’après le vif. Depuis la fleur de lis, qui s’élevait droite sur sa tige devant la sainte Vierge, au moment de l'Annonciation , jusqu'aux fleurs de lis dessinées sur les carreaux du sol ; depuis les fleurs de lis du sceptre et de la couronne jusqu'aux. fleurs de lis du drap mortuaire ; depuis les fleurs de lis, riches joyaux transformés en paix , en agrafe de chape, etc., jusqu’aux fleurs de lis gravées en relief dans le fer, et qui servaient a marquer à chaud les arbres de la forêt, les cuisses des chevaux et r épaule des criminels, ce signe héraldique a promené, pendant les xiit”, xive, ive et xvie siècles , sa gracieuse silhouette sur toutes les œuvres humaines du beau pays de France, sans compter les imitations du dehors. Je me suis occupé ailleurs de fixer les variations de sa forme et de rechercher ses origines ; je ne veux parler ici que du double caractère qui lui est assigné dans la citation suivante. La fleur de lis d'armoirie, héraldique ou de convention, et la flenr de lis après le vif ou d'après nature. C’est un fait d'autant

r lus curieux qu’il vient en aide, bien que d’une date peu reculée, l’explication la plus naturelle de l’ongine de la fleur de lis.

(A)t35i. Pour faire et former une cuilUar il’or, dont le manche est esquarteHé de fleurs de lis d’annoierie et de fleurs de lis après le vi f et sont enverrez d’aiur et de rouge cler et au bout d'en hault nu ehastel , en laquelle cuillier est eutré ij onces, v esterions d’or à xxij caratz pour deebié et façon, xîv liv. (Comptes royaux.)

FLOQUART. C’est le voile flottant qui entoure la coiffure, d’origine allemande , appelée Hennin et qui s'en échappe; c'est aussi une coiffure. (Voyez Henni».),

(A> 1360.. Une dame à un Itorpiart. (terrent, du duc d’Anjou, n. 386.)

(B) UI6. Trois pièces de fincars à ateurner dames Ma manière d’Alemaingne. (Invent, du duc de Berry.)

F© 18 il et Fusil. Briquet. La lame de fer qui, au choc de la piorre, fait jaillir l'étincelle. Cette mètae batterie, appliquée plus tard à l’arme à feu, lui donna son nom. Le foisil figure dans les inventaires de joyaux, parce que l’orfèvrerie s’en était emparée et l’avait enchâssé aor et d’argent émaillé. Philippe le Bon avait le pressentiment du caractère inflammable de son fils, lorsqu’il prit pour devise le foisil, se laissant séduire par l'ancienne forme de ce briquet/qui figurait un B, l’initiale de Bourgogne , et par le jet de ses étiaeelles qui représente en petit la feuitre de Jupiter. 11 le rendit populaire, en imposant à ses orfèvres, peintres, brodeurs et sculpteurs, la tâche de le répéter sur toutes choses. Par extension, on appelle foisil la pierre à aiguiser.

(A) 1080. Habet piricudia vel fusiUos. — Fosillos gallice fourni (Dict. Joba de (Jarlandia.)

(B) 1250*. Le fusil

A aiguiser l’ostil, (L’oustillement an villain.)

(G) 1380. Un foisil d’argent, avec son estuy, pesant un marc,;vii onces. (Invent, de Charles Y.)

(D) — Un foisil d'argent doré, ciselé enlonr, et est le convescle esmaillé des

armes de France, pesant avec le foisil, un marc, vi onces.

(E) 1399. Un foisil d'argent, esmaillé à fleurs de lys, pendant à un laz de soye»

non pesé, car il y a trop de fer. (Invent, de Charles VI.)

(F) 1421. Quatre grans estandars — sur chascun desquels avoit un grant fusil

et la pierre qui y appartient, avec plusieurs flambes et estincellet selon la devise de Monseigneur. (Ducs de Bourgogne, n. 618.)

(G) — Un char paint de vert — et par dessus semé et emplie de fusil* et flam-

bez de fin or et la pierre et les e scias d'argent, à la devise des estandars de Monseigneur. (Ducs de Bourgogne, n. 619.)

(H) 1426. Item dii pennons de bacture, armoyez à ses armes — et au bout des-

dites armes ung grant fusil d’or et le caillou d’argent. (Ducs de Bourgogne, 828.)

(I) 1467. Une couppe d*or où il y a à l’entour — du fritelet trois fusilz et de*

flambes esmaillées de rouge) clerc et dessus les armes de Monseigneur. (Ducs de Bourgogne, 2271.)

(J) — Une autre couppe d’or, toute pleine, où il y a sur le couvescle de*

fuzilz et des flambes esmaillées de noir. (Ducs de Bourgogne, 2273.)

(K) — Une couppe d’or , où il y a dedens les armes de MS.; et dedens le

couvercle et au fritelet trois fusilz, les caillontz esmaillé* et une petite nuée dont il part des flambles esmaillées de rouge cler et au dessus le* armes de MS., pesant iij ni., iiij onces, xv est. (Dncs de Bourg., 2270.)

(L) — Huit fusil* d’or, servans au manteau de MS. de l’ordre de la Toison,

chascun garny d'un dyamant pointa, d'un rubis et de xij perles, les unes pins grandes que le* autres, tout pesant 1 marc, v onces. (Duc* de Bourgogne, 3095.)

(M) ,1620.L’escu (que Constantin est sensé avoir donné à sa capitale) de gueu-

les, à la croix d'or cantonnée de quatre B grecs qn’on appelle luxils. (Àud. Favyn.)

FOISSELLE , corbeille à fromages.

(A) 1300*. Querre li coviendroit benas etescuelles

Et platiaus et Joisselles, grans gastes et menues. (Fahliam.)

(B) — Lt saut à grans gors la cervelle

Si comme fait de la foissele

Le lait quand on fait le fromage. (Ovide cité par Borel.)

(C) 1360. Foisselle d'argent à v pertuis. (Inventaire du duc d’Anjou, n® 773.)

FONTAINE. Les fontaines étaient un des thèmes favoris de

l’orfèvrerie , on en voit des descriptions dans tous les inventaires.

Je n’en citerai que deux qui se complètent par le hanap, la quarte et le gobelet, groupés autour d'elles.

(A) 1353. Une grant fontaine, en guise d’un cbastel, i pilliers de maçonnerie,

à hommes i armes entour, avec le hanap et nnc quarte , semée d’esmaux; tout pesant lx marcs. (Inventaire de l’argenterie.)

(B) — Une fontaine de cristal, i iij brides, arec le gobeliet de cristal dessus,

k couvercle. «

(C) 1360. lurent, du duc d'Anjou, 80, 188, 335, 336, 337, 339, 393, *86.

FONTE. La fonte des métaux, du bronze surtout . est une part de ce grand héritage que tous les peuples reçurent de l’antiquité; et si quelqu’un d’entre eux a, par moment, négligé ce legs précieux , aucun ne s'en est dessaisi complètement. C'est ainsi que , nous découvrons, chaque jour et dans chaque pays, des monuments

importants qui prouvent une pratique constante bien que modeste de l’art du fondeur. Supposer qne nos ouvriers auraient attendu la venue des ouvriers byzantins pour se livrer à cet art, c'est attribuer ani Grecs de Constantinople plus d’influence qu’ils n en ont en, . c’est faine à notre art national un tort non mérité. La description des monuments vaut mieux ici que des textes d’ailleurs pen explicites et fort rares. J’y reviendrai. (Voyez Suger, le moine Théophile, etc.)

POUCES, Forcosces et Forcettes, Ciseaux , dont nous avons conservé Forceps pour désigner les instruments de chirurgie qui ont la forme et le mécanisme des ciseaux sans en avoir l’action tranchante.

(A) 1250*. Ce te mandent les tiens Sis qne tu eslises et prennes lequel que tu

voudras de ces déni choses , on que tes neveux soient mis en religion et tondus de ce» forces, on que ifs soient occis de ceste espée. (Cfifoniqua de Saint-Denis.)

(B) 1254*. Les aiguilles poingnanz

Et les forces tranchant. (L’Onstillement an Villain.)

(C) 135 fi. Or à consteanli or à forcettes. (Enst. Deschamps.)

(D) 1398. Lequel Feïrinet me» et tempté de convoitise rongna d’nne forcesce

quatre desdiz üorins. (Lettres de rémission.)

FOREL. Cure-dent. Voyez Furgette.

(A) 1313. Un Corel d’argent de dentz. (Inventaire de Pierre Oaveston.)

FOUET. Le goût des animaux donna naissance à ces petits fouets, véritables joyaux, qui n’excluaient pas les vrais fouets de nerfs de bœuf , quand besoin était de s’en servir pour chasser les chiens des appartements. 1-es ribauds et leur roi interdisaient de la même manière aux intrus l’entrée de l'hôtel royal. Rien ne donne mieux l’idée du contraste d’élégance et de désordre qui régnaient dans une habitation dn moyen Age que la vue d’une demeure orientale, celle d’un pacha au Caire ou à Damas.

(A) 1384. Un fouet d’yvoirr , à trois pommeanx d’or, esmaillés des armes do

la royne Jeanne de Bourbon, à iiii Chain, ne» d’or. (Inventaire de Charles V.)

(B) — Un fouet, dont le manche est d’or, 8 iii porneaui garnis de perrerie et

au bout dn dit manche a nn gros saphir cane et fait le dit manche cadran et a, eu la chassouère, vii, boutons à xviij perles grosses, pesant ij marcs, j once, ij esterlins.

(C) 1416. Ponr vj grans fonez de nerfs de benf, gamiz lie grosses sonnettes, dé-

livrées auz varies et gens de la chambre d’icelle dame (la Royne) pour chasser les chiens. (Comptes royani.)

m — Six fouez de cristal, garnis d’argent doré, «mailliez de diverses guises, ouvrez à chasleaux et antres choses, — Ix liv. t. (Inventaire du doc de Berry.)

(Il) 1447 . Ung fouet de cristal, garny ès déni bouts d'argent doré et de pertes, dont il n’en f an 1 1 milles et se a neuf boutons de perles, pesant ensemble v o. (Ducs de Bourgogne, 3196.)

FOURCHETTE. Quaud je vois Périclès , Alcibiade et les pins délicats de ce beau temps de la Grèce, manger avec leurs doigts, après s’ètre lavés, il est vrai, comme ou le faisait au moyen âge, et ne connaître, comme nos pères, que la cuiller pour s’aider ; quaud, au beau temps d’Auguste, à l’époque des raffinements du luxe, les vers de Martial, d’Ovide et autres poètes de bonne maison ne laissent pas douter qu’on mangeait à Rome avec ses doigts; quand enfin je

lis dans Plutarque des règles de civilité à observer en mangeant avec ses doigts, je me dis que la propreté est chose conventionnelle, que se servir de ses doigts, en mangeant, n’est une saleté que depuis 1 introduction des fourchettes , enfin que juger une civilisation par l'usage de cet ustensile de la table, c'est la mal juger. Et, en effet, cette propreté est d’autant plus chose conventionnelle que c’est dans rhomme une vertu acquise, le témoignage d’une civilisation avancée, le luxe d’un peuple. Au moyen âge, comme de nos jours en Orient, on tenait plus à l’éclat qu’à la propreté. Par la même raison, on avait, pour puiser dans son assiette les mets liquides, des cuillers, mais en petit nombre , une par personne pour tout le dîner, et pas de fourchette. On mangeait la viande . le poisson, tous les mets solides avec ses doigts, et les délicats donnaient des règles pour s’en servir proprement. Et cependant , dira-t-on , lés fourchettes étaient inventées. Certainement: ainsi Pierre Gaveston, le favori d’Edouard 11, qui avait soixante-neuf cuillers d’argent, possédait aussi trois fourchettes, seulement elles étaient réservées pour mengier poires. En 1328, on trouvait dans l'avoir de la royne Clémence de Hongrie une. trentaine de cuillers et une fourchette d’or. La reine Jeanne d'Évreux laissa, en mourant, une fourchette soigneusement enfermée dans un étui et soixante-quatre cuillers. En 1389, madame la duchesse de Touraine avait neuf douzaines de cuillers d’argent et deux fourchettes d’argent doré. Charles V, enfin, avait des fourchettes en or avec des manches en pierres précieuses, mais à quoi servaient ces rares fourchettes? a faire de ces grillades de fromage d’Auvergne et de Bresse qu’on mangeait avec du sucre et de la cannelle en poudre. Maint fromage à rostir, dit le Roman de Claris. On avait donc , des le ira» siècle, des fourchettes pour quelques mets exceptionnels; on n’en avait pas pour la règle commune. Or, je parle de la cour la plus élégante , de la cour de France et de ses satellites , les cours des princes d Anjou, de Bourgogne, de Berri, d’Orléans, etc.; dans les classes aisées on n’en avait d’aucune sorte. Je ne puis m’étendre sur ce point; je me réfère aux citations variées que j’ai recueillies avec soin, à ce que j’ai dit ailleurs d’usages semblables encore maintenus en Orient {l Orient et le Moyen Age, France littéraire, oct. et nov. 1838), et du véritable développement de la fourchette et de la cuiller, au xvu" siècle, sous l’innuence d'un illustre délicat, de M. de Montausier. (Palais Mazarin, note 371.) Pris dans le sens de petite fourche, le mot fourchette avait quelques significations differentes que j’indique. On trouvera aux mots Bacint à laver, Etcuelles, etc., d’autres indications.

(A) 1297. U y a «ne fourchette décrite dans l’inventaire d’Édouard I.

(B) 1306. ij petii ganieaui et une forche d’argent à trère soupes. (Inventaire d*

Jean, duc de Bretagne.)

(G) 1313. TroisTurchestes d’argent pur mangier poires. (Inv. de F. Gaveston.) (B) 1316. Item vessiaus de cuisine, c’est assavoir : — ij cuilliers perciées. (Inventaire de la comtesse Mahaut d’Artois.)

(E) 1327. Une petite cuillerett*. (Ducs de Bourgogne, n* 5312.)

(F) 1323. iiij petites cuilliers de cristal, v petites broches de coûtait et ij fouet

prisié tout, lu s. (Inventaire de la royne Clémence.)

(G) — ij colliers et une fonrebete d’or gui vindrent de l’eschançonnerir

— valent sui liv.

(H) 1351 . Pour faire et forgier une coillier d’or et au bout d’en hault un chas-

tel. (Comptes royaux.)

(I) 1351*. Set never on fyshe , flesche , beest ne fowle more than two fyngers

and a thombe. (The Boke of Keruynge.)

(J) 1352. Ponr rappareiller et ressouder une cuiller d’argent de cuisine. (C.roy.)

(K) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 212, 220, 221, 262, 757. — Une cuillier

perciée, n® 756.

(L) 1360. Onques ne vi plus grant ordure

Que de mangier en ces plateaux De fustaille, ou chascuns, com veaux ,

A sa barbe, et sa main brouillie. (Eust. Deschamps.)

(M) 1363. Une cuiller d’or et une fourchette et aux deux bouts deux saphirs.

(Inventaire du duc «le Normandie.)

(N) 1372. Une cuillère et une fourchette d’or, pesant une once et xvi esterlins,

prisié xi francs d’or. (Gomp. du test, de la royne Jehanne d’Evreux.)

(O) — Une cuillère d’argent percée, sans le manche qui est de bois, prisié

xxij francs.

(P) 1380. Une cuillier et une fourchette d’or où il y a ij balays et x perles, et

poise ij onces, v esterlins d’or. (Inventaire de Charles Y.)

(Q) — Deux cuillières d’or dont l’un grand , l’autre petite , dont l'une est à

biberon.

(K) — Une grand cuillier d’or à un saphir au bout.

(S) — Une fourchette d’or à manche tuers et un saphir percié au bout pe-

sant x esterlins. *

(T) — Deux petites cuillers d’argent doré à espices.

(U) — Trois chevaliers et trois escuyers de brie faicts en manière de four-

chettes, c’est à scavoir trois clans et trois dorez pour faire les rosties de fourmage pour le Roy, pesant j marc, iiij onces.

(Y) — Une cuiller percée, une cuiller pleine , un hauet et une salliôre aux armes Mons? le Dalphm , pesaus x marcs, vi onces.

(X) 1389. Deux cuillier* et deux fourchetes d’argent dorez, neufdozaines de

cnilliers d’argent blanc. (On ne voit dans ce riche inventaire que ces * deux fourchettes.) (Ducs de Bourgogne, n® 5474.)

(Y) — A Perrin Bon Homme, orfèvre , pour une cuiller d’or. (Ducs de Bour-

gogne, n® 5483.)

(Z) — Pour la vente d’une cuillièrc , une espreuve, une fourchette d’or.

(Ducs de Bourgogne, n® 5485.)

{Vf) 1390. Pour avoir rappareillié une fourchette d’or pour Madame la duchesse d’Orléans, à prendre la souppe ou vin , c’est assavoir refait l’un des fourcherons. (Comptes royaux.)

(AA) 1412. Une cuiller de pierre serpentine, dont le manche est de cristal, garnie d’or avec une petite forchete; tout en un estny de cuir. (C. royaux.)

(BB) — Item une cuiller de cristal, à un manche ployant en deui pièces.

(CC) — Une cullier de corneline à un manche d’argent doré.

(DD) 1416. Une cuiller de cristal , à un manche ployant en deux pièces , en un estuy de cuir — vi liv. t. (Invent, du duc de Berry.)

(EE) — Une broche de cristal, garnie d’or, pour mengier des frèzes, en laquelle a cinq perles — x liv. t.

(FF) — Une petite cuiller, une fourchette avecques une eu redent d ’or, viij liv. t. (GG) — Une cuiller, un couslel, une fourchette, un poinçon, une cureoreille et une curedent, tout de cristal , gamy d’or, en un stuy de cuir et au bout de chacun a une perle — xxxij liv. t.

(HH) — Quatre fourchettes d’argent, à manches de cristal , dedans un estuy de cuir — ri liv. t.

(II) — A Audebert Catin, changeur et bourgeois de Paris , x liv. x s. t. à lui

délivrez ponr une douzaine de cuiUières d’argent — données à Juliotr Digne — le jour de ses nopces.

(JJ) — Une cuiller de corne, en un estuy de cuir garny d'argent, xx s. t.

<KK) — Une cuiller de comeline, à un juanche d’argent doré, en un estuy de cuir, prisé, xl sols t.

(LL) — Une cuilHer d’or, à courte queue, esmaillée aux armes de feu MS le conte d’Estampes, v s. t.

(MM) 1420. Une bien petite fourchette d’or, à manche tortillié, pour mengier meures. (Ducs de Bourgogne, 4137.)

(NN) 1423. Deux fourquettes à pendre, les pbilatières. (Inventaire du Trésor de Donay.)

(00) 1427. Une grande foorqnette d’argent, à prendre les rnoures, pesant une once, vi esterlins parisis. (Ducs de Bourgogne, 5106.)

(EP) 1455. Un estuy à forcettes, v s. t. (pues de Bourgogne, n. 6763.)

(QQ) 1462. Et n’y restoit rien de faulte (au dîner donné aux ambassadeurs anglais par le duc de Bourgogne), fors qu’il n’y a voit autant de bouches ponr mangier comme il y avoit des doigts es mains de» mangeurs* Tout le service du dressoir se fit en vasselle dorée. (O. Cbastellam.) (RR) 1463. Une cuiller d’or pour le Roy — dont le manche est de pierre serpentine à six carrés. (Comptes royaux.)

(SS) — Une xij«« de cuillers d’argent pour icellui seignenr. (Idem.)

(TT) 1467. Une cuilier de cristal à manche d’or. (Ducs de Bourgogne, 2337.) <UU) — Cinq cuilliers de cristal , garnies ou milieu d’or, esmaillée d’un œul. (Ducs de Bourgogne, 2338. Il y a dans ce même inventaire la description de 30 cuillers d’argent blanc, du n. 2705 à 2718.)

(W) — Une petite fourchette de cristal, garnyed’oret de quinze perles autour, pesant ii o. (Ducs de Bourgogne, 3124.)

(XX) 1589. Premièrement ils ne tonchoient jamais la viande arec les mains mais avec des fourchettes, ils la portoient jusque dans leur bouche, en allongeant le col et le corps sur leur assiette. — Ils la prenoient (la salade) avec des fourchettes, car il est défendu en ce pays là de toucher . la viande avec les mains, quelque difficile à prendre qu’elle soit et

ayment mieux que ce petit instrument fourchu touche à leur bouche que leurs doigts. (L’I&le des Hermaphrodites. C’est une satire de la Cour de Henry III.)

(YÏM599 Deux cuilliers de fer, serrans à pot, prisées ensemble x s. (Inventaire de Gabrielle d’Estrées.)

(ZZ) *- Cinq cuilliers et huiot fourchettes d'argent, pesant ensemble un marc sept onces — xi escus, lij sols.

(AB) — Un rocher garny de branches de corail et de naequos de perles, au bout desipjjeUüs y a àchacnn un couteau, une cuillier et des fourchettes au nombre de enacun une douzaine qui font en tout trois douzaines. Le dit rocher sert de fontaine quand Ion veult. Audit rocher il manque d’un curedent, prisé ru escus.

FOURME. Un banc, et son diminutif Fonnet, un escabeau, un tabouret de bois.

(A) 1300- Lequel je trouvé pareillement armé et aussi tons ses chevaliers d’en- ■

' tour lui, séans sur formes. (Joinville.)

(B) 1365- Pour six fourmes, trois de douze pieds et trois de sept pieds de long.

v (Comptes des batimens royaui.)

(C) — Pour quarante six tables fournies de tréteaux et quarante six fourmes ,

üijxx francs d’or, valent lxiiij liv. par.

FOURME. Fenêtre, on plutôt son arc.

tAl 1398. Une fonrme de maçonnerie sur dexu mayneanli. (Compte de la chapelle du monastère des Célestins.)

BT RÉPERTOIRE. 325

fourrer. Garnir, de là l’expression de fourrure appliquée par extension aux peaux velues qui servaient à doubler les vêtements d’hiver. On fourrait une robe avec du satin aussi bien qu’avec du petit-gris, un coffret était dit fourré de cendal, ou de taffetas, quand il était garni de cette étoffe.

FRAIN. Frein, le mors et la bride. Les mors étaient souvent faits en argent et en arçent doré, c’étaient des produits de l’orfèvrerie , bien que d’une orfèvrerie spéciale. Je ne suivrai pas ce mot dans ses diverses acceptions qui sont l’extension de sa première signification. Ainsi on reçut des coups de frain et des étrivières, parce que les couiToies qui's’attachaient au mors, aussi bien que celles qui retenaient les étriers, servaient à ces fustigations.

(A) 1300. Le Roy (S. Louis) renvois ces messages au Vieil (de la Montagne) et li reuvoia grant foison de joians, escarlates, coupes d'or et Trains d’argent. (Joinville.)

FRÈTE. Losange, fretté, losange. Le mot est resté en usage dans la langue du blason.

(A) 1360. Branches laciées par manière de frété. (Enlacées de manière, en se croisant diagonalement, à former des losanges. Invent. dnducd’Anjou, n. 525.)

FRETEL, Fretelet et aussi Fruitelet. Bouton en forme de fruit, de fruitelet ou petit fruit, qui surmonte les couvercles, soit d’un vase, soit d’une châsse, et qui se met à l’extrémité d'un couteau. Il était parfois si volumineux, qu’on pouvait, dans ses différentes parties , retrouver encore un bouton. La citation (B) conduit à la véritable étymologie.

(A) 1 360. Inventaire dn doc d’Anjou, 63, 69 , 71.

(B) 1330. Une ymage îde Nostre Pâme — et son enfant tient en sa main un

fruitelet par manière de sceptre. (Invent, de Charles V.)

(C) 1388. A Simmonet le Bec, orfèvre, ponr sa paine et sallaire d’avoir rassis

une grosse perle sur le frnitelet du gobelet d'or de madame la Royne, , ooquel il a fait une broche d’or, de son or, qui tient ladite perle, pour or et façon svi s. p. (Comptes royaux.)

(D) 1455. Pour un fritelet neuf d'argent doré , mis et assis au bout d’un manche

de Brésil de Cousteau. (Ducs de Bourgogne, 6734.)

FRONT! ER. Frontcl et aussi frontelet. Ornement dn front, en forme de diadème.

(A) 1360. Qui fille a , n’est pas à repos

Terre lui fault premièrement....

Robes, joyaulx, or et argent...

Menu ver, gris, cbapel d’or gay,

Fronteaulx, couronne : be Dieu! quel gay,

Vaisselle, plas, escuelles, pos

Jamais fille ne mariray. (Eust. Deschamps.)

(B) 1380. Un frontier, garny d’or, ouquel a xij balays, xliiij grosses perles et

xxxiii diamans, lequel fut à la royne Jeanne de Bourbon, pesant vii onces. (Inventaire de Charles V.)

(C) 1383. Un petit frontel de perles. (Contrat de mariage cité parDuCange.)

(D) 1460. Une frontière à esponsée garnie de perles. (Lettres de rémission.) FRUITIERS. Vases ou plats à servir les fruits. Je laisse de côté

le titre de l’officier de bouche qui prenait soin du fruit, et dont il est fait mention dans l’Ordonnance de l’hôtel de S. Louis en 1861. (Voyez Tranchoir et Platelets.)

(A)|1599.Dcui grandz fruitiers d'argent cixellé, vermeil doré , percé à jour, pesant trente six marcs — prisé iiijcxxiij eseus. (Invent, de Gabrieile a’Estrées.)

FUM1 GAGIONS J’ai dit, à l’article Parfums, quelques mots sur le goût qu’on avait, au moyen âge, pour les fumigations ; au mot Palette , j'ai parlé de la manière dont on les répandait dans les salles. (A 1416.Un petit sac de toille, où il a plusieurs pierres pour faire fumigacions , prjse us.t. (Inventaire du duc de Berry.)

FURGETTE. (Voyez Coutelet, Espingle , Fusequoir et Esguil lettes à nettoier dens.) L’usage de se curer les dents n’était pas seulement la conséquence d’un Besoin, c’était le résultat d'une mode et, déjà au xive siècle, d’une attitude de grand air. Il y avait des cure-dents qui portaient à l’une des extrémités un cure-oreille. On s’en servait à table et dans les salons.

(A) 1260*. Rasoers, forces et guignoeres

Escnretes et furgoeres. (Fabliaux.)

(B) 1380. Un petit coutelet, à façon de furgette à furgier dens et à curer oreilles

et a le manche esmaillé de vert, pesant iiij esterlins d’or. (Inventaire de Charles V.)

(C) 1427 .Un petit fusequoir de dens d’argent. (Ducs de Bourgogne, 5108.) FURGIER. Fouiller. (Voyez Furgette , Ongle et Coutelet.)

(A) 1390. Robert d’Estouteville, chevalier, seigneur de Valemont , lui esbatent et furgeut ses ongles d’un petit coustel. (Lettres de rémission.)

FUST. Arbre et bois. De là futaie et futaille qui sont restés dans l’usage. Il se faisait, au moyen âge, entre fust et bois, une distinction qu’il est difficile aujourd'hui de saisir, j’en parle au mot Madré. Nous avons perdu le verbe fustery nous avons conservé fustiger .

(A) 1250*. Et qu’ils fnstèrent et bâtirent

Et puis en la crouiz le pendirent.

(Le Roman du Saint-Graal.)

(B) 1260. Quilliers de bois ou de fust. (Registre d’Est. Boileau.)

(C) 1369*. Le pont de fost de L’isle Nostre Dame.

(Compte de Simon Gaucher.)

C. A lace (œuvre de). Les rubis d’Alexandrie n’étaient point extraits de ses rochers, mais ils nous venaient de son port par les navires du commerce. De même la bijouterie de Galace, ou 1 œuvre de Galace, qui me semble être une damasquinerie, était un produit de l’industrie orientale qui nous arrivait, aux xivc et xv siècles, du port d’Aias (Lajaz, le Glaza de Marco Polo, Galace et Galice des poètes), c'est-à-dire la place commerciale restée la plus active pendant et après nos revers en Orient.

(A) 1180*. Et donna à cescnn, por çon qne pé l’or face,

j aniel de fin or de 1 ouvre de Galace. (Le Roman d'Alexandre.)

(B) Une conpe d’or 9n a H rois demandée

D’œnvrc galicienne fn par tems noelée. (Idem.)

(0)1190. Ceignent espées de l’ovre de Galice. (Les Enfances Viviani.)

GALIE et Galiot , vaisseau. Les nefs sont ainsi nommées dans plusieurs inventaires. (Voyez Nef, Navette et Caraque.)

GANTS. L’art du brodeur et de l'orfévrc s’empara aussi des gants, c’es tà ce titre, et dans cette limite, qu’ils figurent dans ce Répertoire.

(A) 1352.Xlviij boutons d’or pour deux paires de gants de chien , couvera de

chevrotin, garnis an îwat de i* boutons de perles. (Comptes royaux.)

(B) ! 424. Uns autres petits pans à prélat , de broderie sur champ d’or et sont

tons plains à esmaux et y faut plusieurs perles, prisez ix solz par. (Inventaire de la chappelle de Charles VI.)

GARDE MENGIER. C’était le titre d’im vallet de cuisine, mais ce mot désignait aussi le garde-manger tel que nous l'avons, seulement plus orné, et encore certain ustensile dp t»ble, dans le genre de nos cloches à couvrir les mets pour les conserver chauds.

(A) !389.Guarda manzariæ duæ, argent! alhi , cmn duabns testis leonuin et

serratnra intaliata ad litteras græcas et aliis operagiis. (Ap. Murator.)

(B) 1397. A Guillaume Tireverge , pour un estuy de cuirbonlly armoyé, pour

mettre un garde mengier fait en façon de deux pâlies à deux ances, — iiij liv. p. (Comptes royaux.)

(C) 1407. A Jehan Tarenne , cbangenr, pour avoir fait faire et forgier un grant

garde mengier, couvert d’argent blanc, à deux ances et un gros anuel sur le couvescle, signés eu plusieurs lieux à ovseaux, hachiez à llcurs de liz, pour ce — viij** xv liv. x s. vj den. (idem.)

GARNIRENT, de garnir. Tout ce qui garnit la toilette d'une personne en pièces de vêtements, en armes, en joy.anx, ou une chambre de broderie, en pièces de tapisseries, ou une chapelle, en habits sacerdotaux. Une robe de six garnimens est ce que nous appelons un habillement de six pièces, et les costumes du moyen âge, comme ceux de rorient, entassaient, avec une telle profusion, vêtements sur vêtements, qu’on en comptait jusqu’à quatorze dans une toilette complète.

(A) 1250*. Que nul evesque puisse rien oter du lien (l’abbaye de Saint-Denis)

ne prendre né calices, né gamiment d’autel, né textes. (Chroniques de S. Denis.)

(B) 1351 Pour monseigneur le duc de Bourgongne pour fourrer une robe de

iiij garnemehs que ledit seigneur ot à la feste de Pasques. (Comptes royaux.)

GAYNE. Chaque chose avait son étui ou sa gaine, étuys et gaines tellement riches , qu'il fallait d’autres étuis, d’autres gaines pour préserver celles-là. Ou ne s’étonnera donc pas de trouver à Paris, au xin« siècle, deux corporations de métier pour cette seule besogne. Je cite les principaux passages des us de ces métiers, j’ai été aussi sobre d’autres citations que j'en pouvais être prodigue.

(A) 1260.Tit. lxv. Des gaaigniers de fouriaux : Qniconques ruent estre gaai-

niers^furreliers, ne ouvrier de cuir bouili en la ville de Paris et en la banlieue estre le pnet —Tait li ménestrel audit mestier puent ouvrer de vache ou de buef et de cheval et de ane et de veel, tant seulement, sanz métré nul autre cuir en huèvre, ne viez ne nouvel — Nus mestre du mestier desosdit ne pnet faire fourrai ne cofiniau, ne autre estui, s'il ri’a double fonz desus et desouz.

Tit. hvi. Des garniseurs de gaaines et faiseurs de viroles de heus et de coispeaus de laiton, d’archal et de qnoivre. — Quiconques veut estre - fesières de viroles de heus et de nommiaus et de garmsières à espées et à coutiaus de laiton et d’archal nùef et viez, à Paris estre le pnet frauebemeut portant qu’il oevre as us et as coutumes de Paris. (Us des mestiers recueillis par le prévost de Paris.)

(B) 1352. Pour une gaine entaillée à ymages d’or. (Comptes royaux.)

(C) 1383. Pour une gayne d’argent, esmailliée à ymages, à tout un conte 1 qui est de la forge Mauloe. (Idem.)

(DJ 1432. A éeorge de Vigne , gaaisnier et ouvrier d’estuis, pour ung estni de cnir pour une des nefz de parement de MDS. iiii liv. pour ij estuis de cuir pour dent des dragoners de parement, il s. pour iiij estuis de ehandelliers pour sa cbappelle, itii liv. x s. pour deux gaaisnes de dagfaes, x s. (Ducs de Bourgogne, 1123.)

«ESTONS. Voyez Gectouers.

(A) 1380. On lit sur un jeton : Gectons : de : la : chambre : des : comptes — de : monseigneur : le : duc : d'Orléans.

GEMME. Ce mot fut employé dès le xiiie siècle dans son ancienne acception de pierres fines soumises à l’action de la taille. Les anciens en avaient une nomenclature d’autant plus étendue qu’une nuance et un accident suffisaient pour motiver un nouveau nom. La classification scientifique en a beaucoup réduit la liste. J’ai cru ne devoir introduire dans ce Répertoire que celles dont la collection de bijoux du Louvre offre quelque échantillon ou qui sont citées clairement dans des documents du moyen âge.

(A) 1345. Se ce ne sont aucun trésor

De gemmes, de monnoie ou d’or

Qui sont en prison ou en serre. (Gnill. de Machault.)

GÉSINE. Les dépenses des couches royales étaient très-considérables, parce que la royne profitait de cette occasion d’augmenter sa garde-robe en se faisant faire une quantité de vêtements d’étiquette qui, étant très-larges, lui servaient plus tard à d’autres usages, et ne lui coûtaient rien, se trouvant portés dans les comptes de la gésine.

(A) 138S.Pour le sallaire d'avoir amené, en leurs brouettes, de l’ostel Michiel du Sablon en l’ostel du dit argentier, la somme de iiij01 liv. t. pour convertir et emploier au fait de la gesine de la dicte madame la Royne, pour ce — vüj s. p. (Comptes royaux.)

GETOEERS. Jetons. Si l’on n’avait pas, depuis l’antiquité jusqu’à la première, scène du Malade imaginaire , la preuve qu’il a existé une manière de compter en nature et par unités, qu’ou a trouvée plus commode et aussi prompte que la manière de compter la plume à la main, en nombres représentés par des lettres et chiffres de convention, on ne croirait pas que les jetons aient pu avoir une si ancienne origine ni une si longue existence. Le fait est certain. Je laisse de côté l’antiquité. Au x* siècle de notre ère, commencent les jetons de cuivre , au xrv° siècle les jetons d’argent, au xv' les jetons d’or. Le mot paraît pour la première fois sur un jeton du un» siècle dans la forme de getouers, puis dans celle de gectouers et successivement jectoirs, gects, jets et jettons, en omettant tout ce que l’indifférence pour une orthographe fixe a autorisé de variantes. Le mot est dérivé de jeter, parce qu’à chaque somme, on jetait sur la table autant de ces pièces que le chiffre énoncé, puis on additionnait à la fin du chapitre la masse des jetons, ainsi que l’indique cette légende même d’un jeton : Jcy comptés et gectés bien, car la fin feravoslre compte. Ce n’est pas seulement à la complication des comptes, ou à l’habitude devenue plus générale d’une bonne comptabilité, que les jetons durent leur immense développement, c’est a la vanité, ce puissant mobile de l’humanité. En effet, fabriquer des jetons à sa devise, à son nom, à ses armes.

était un léger dédommagement au droit île frapper monnaie, droit tant envié, tant regrette et perdu irrévocablement. Qui se serait refusé celte satisfaction ? Hommes et femmes, grands et petits, tout le monde eut ses jetons et s’ingénia pour créer l’occasion d’en augmenter le nombre et d’en varier les types, soit en les spécialisant pour chaque nature de service, soit eu en donnant des bourses pleines a tous ses officiers comptables , à tous ses fermiers. Ayant atteint cette banalité, le jeton n’eut plus de caractère , et le commerce lui 6 ta toute physionomie en remplaçant le noble cri d’armes par des devises baumes et assez sottes qui trament également sur tous les ustensiles et meubles de la vie privée au moyen âge, ou par des dictons pris dans l'usage même du jeton, ou enfin, mais plus tard, par des séries de sujets historiques.

(A) I37ï. Iiij*« iij gettouers d’argent, prisé iiij francs et demy. (Compte do

teat. de la Royne Jeanne d’Evwui.)

(B) 1416. Pour un comptoer de bois poor ledit commis (celhi qni fut chargé de la

recette des biens dn duc de Berry) , — xxx s. 1. (Inv. du duc de Berry.

(C) — Pour iiic de getoinrà vil sols vi d. t. le cent, Valent ixij sols vi den. U

(Idem.)

(B) 1474. La vient le Duc (eh la ebambre des finances) bien souvent , et ne se

cloent nuis comptes sans luy ou sans son sceu. — Luy mesmes il sied aft bout dn bureau, jecte et calcule comme les autres, et n'y a différence en eux, en icehiy exercice, sinon que le Dnc jecte en jects d’or et les autres de ject» (fargent. (Olivier de la Marché. Estât du Duc.) — Les maistres d’hostel, le malstre de la chambre aux deniers, le eontreroüeor jecteot et calculent icelles parties et sur ce sont mises les sommes et pour ce faict, ont tous les ans chascun d’eux, pour un marcq de jects d’argent, aux armes et devises du Prince.

(E) 1530. Caste or throwe — ject. i., m.

— Cormiers, to caste a count with — ject z. m. jecton, s. m.

— Couuter, a countyng honse, comptoyr, s. m. (Palsgrave.)

(FjlS$5. lije gectdns aux armes et devises de la Royne, qui ont servy durant la présente année MS. de Nevets, eontrerolleur de l'argenterie, que à mademoiselle Dogogier à calculer les dépence» d’iceilè. (Comptes royaux.)

(G) 1806. Les courtisans sont semblables aux jets desquels on use pour conter. (H. Est! entre.)

G1BECIÈAE. Gibacier et Gibeoier, transformé par les Anglais en Gypcyére. Une espèce de bourse large et aplatie > dont les miniatures et la sculpture des xni° et xiv« siècles nous ont conserve les modèles. Hommes et femmes les portaient. Ce mot désigna aussi le sac au gifiier. (Voyez Allouyere.)

(A) 1328. Une petite gibecière de l’euvre d’Éngle terre , lx s. p. (lnveut*dela royne Clémence.)

(ft) 1352. A Estieune Castel , ameurier et brondeur de MS. le Dauphin, — pour la façon de deux gibecières faîtes et dyaprêes de menues perles. (Cémptès roy*Ux.)

(C) 1392. An ane.ace and gipsere ail of silke,

Hingat bis girdle, whfte as morow milke. (Gharucer.)

(D) 1399iüne; bourse de drap de soye, faicte par manière de gibecière , à pet*'

dre à l’esoharpe d'un pelleVin. (Inventaire de Charles VI.)

(E) 1410. Pour deux gibessières de toille vermeille , garnies, l’nne de fers de

laiton doré, estoffée d’or de Cbippre et de soie de plusieurs couleurs et lettre dè fers blans, et estoffée aè fil d’argent blanc et de soies comme dessus — pour servir à porter après ledit seigneur eu ceste saison de' gibier. (Compte royal, enté parai. Douet d’Arcq.)

(F) 1421. Item pour xiiij gibessières au pris de v s. vi don. la pièce (Dans nu compte de fauconnerie. Ducs de Bourgogne, 642.)

(6) 1423.^gipcer^de noir velvet , garait d'or, pris 66 s. 8 den. (Inventaire de

(H) 1440. Gypcyere , Cassidile. (Promptorium parvnlorum.)

(I) 1457. Le suppliant — print ung gibecier de cuir, ouquel avoit une cédule.

(Lettres de rémission.)

(J) 1467. Ung petit gibassierd’or,fait à façon de maille , à une petite saincture ,

pesant ij onces eschars. (Ducs de Bourgogne, 3087.)

(K) — Ung autre gibassier, brodé de fil d’or et gara y de pluseurs perles.

(L) — Une petite gibessière d’or, faite de fil laissiez. (Ducs de Bourg., 3113.)

(M) — Une gibessière de toille blanche, à ung fert d’argent doré et y a deux

pendans à deux houppes. (Ducs de Bourgogne, 3210.)

(N) 1480. Et falloit un Grand gibacier,

Plain de rouelles de leton,

Lequel son maistre faulconier

Àttacboitau boutd’ungbaston. (L’enquestede Coquillart.)

(O) 1480. Lors le gallant tire de faict,

De dedens sa gibecière.

Une bourse d’argent légière

Qui estoit pleine de méreaux. (Villon.)

(P) 1580. Les curieux, tant amis qu’ennemis, dudit sieur d’Espcraon, acconroient

ausdits petits cryeurs et porteurs de livres pour voir ce que c’estoit et en achetèrent, lesquels voyant le titre deboursoient de leurs gibbecières pour en faire l’achat. (Brantôme.)

GIEZ. Gects et Jets. La courroie attachée aux jambes des faucons, près de leurs serres, et qui les retenait. Un petit nombre de citations suffira pour montrer leur richesse. Dans une autre acception, c'étaient les fers des prisonniers, mais je n'ai pas à m’en occuper.

(A) 1240. Ab hoc iacti dicuntur, quod cum eis jacinntnr falcones et emittuntur

ad præcfam. (Frédéric II. De arte Venandi.)

(B) 1387. Pour v*xxxij perles de comptes pour faire viij gros boutons de perles

pour Madame la Royne, lesquels elle a donnés an Roy nostre seigneur et à Monseigneur le duc de Bourgongne, pour garnir et estoffer les giez des faucons d’iceolx seigneurs — - ivij h v. xiiij s., viii d. (Comptes royaux.)

(C) 1440. Jessys to bynde hawkys wythe, jactacula. (Promptorium parvul.) GIF. C’est le feldspath qui, coupé en feuilles minces, fait l’office

de vitres; on rencontre souvent des tableaux remplis de reliques ainsi couverts; les titres des manuscrits étaient plaœs sur le plat de la reliure , dans un petit encadrement de métal, et on les recouvrait avec du gif ou de la corne.

(A) 1380. Uns tableaux de deux pièces «marrées où sont plusieurs reliques , cou-

vertes de gif. (Inventaire de Charles V.)

(B) 1399. Deux tableaux de boys , qui sont de gif, par dedans plains de reliques.

(Inventaire de Charles VI.)

GIRASOL. Quartz résinite. C’est le corindon girasol des minéralogistes, une pierre fine, de la nature des opales, mais moins bien douée de ses qualités éclatantes. On le tire des mêmes montagnes qui fournissent l’opale.

G LA CI É. Je ne trouve cette expression que dans l’Inventaire de Charles V et dans celui du duc de Berry . On peut croire qu’elle est particulièrè à leurs rédacteurs. On décrit, dans ces documents, des

sxgiŒss&z ”““‘ » - »«»,“ sa

(A) •«^ünjentrt il av g-bdW. tous glaciez et iiij angelos à l’environ.

(B) rochette de saphir non polie -

(C) Une grant salière - garny d’un gros balay cabochon glacem.

GL°BE. Boule ronde surmontée d’une couronne, celle-ci d’une croix. Symbole de la puissance souveraine, adopté et porté avec cette signification par les empereurs romains, depuis Caracalla et par

les empereurs de l’Orient et de l’Occident. i u“ >-aracaua, etpar

accompagné ue i aiguiere, ou men U était consacré à prendre mé decine , et alors isole La forme était celle d’une coune auand il SSLmÎ p>«d ; celle d’un bol s’emboîtant facüementXisZ étui I »n avait. fi?® d? P1*®- H y en avait à biberon et comme’ tels, ils faisaient fonction de pot a eau; il y en avait îi couvercle arnsi que. leur aiguiere. Ils estaient exécutés en or et en aieent quelquefois en cristal ou en verre, rarement en matières précieuses’

^, “eUrS de médiocrR aisauce’ 011 e“ «a» enS ‘ 1 “ gobelet à c"’ d,lrf •*

- viii liv. (Comptes royaux.)

<C) ,3ï3,rie"(IdLg“)b*Iet ^ Cr‘Sti“’ * UBe 1,15,3 snr le couvercle , à p.erre-

(D) — Pour un gobelet a pié et i couvercle , assis sur un serpent oui fait

pot à yaue, dore et esraaillié, pesant iv marcs, ij onces ** ’ ,U 1

(E) - Un gobelet de cristal, sens couvercle, à j pié d’argent doré nesant

j marc, ij onces, v esterlins. e 9 ™Sânt

— »<’|CaStzl ’ ““.P*?.®4 sf'riî couvercle , le fons et l'embou-

‘h d. f l dore’ P*saüt v“ «“C”5. i* esterlins, prisié viii escns. v

(G) — Trois gobelets , à pies et couvercles , esmaüliez , pesant vu marcs

iv onces. *

(H) — Un gobelet csmaillié snr un trepié, trouvé pesant iv marcs.

(I) > 358. ^IJ u os pitalpbos tcrreos et quatuor gobellos vitreos. (Comput. apnd Bu

(J) 1360. Inventaire du duc d’Anjou. On en compte 39.

(K) 1 363. Gobelet àun biberon. iInv.duB.de Normandie. Voy. Email de Plique.)

(L) t380.Un I gobelet, à façon de calice, à croissant et à anneleta pendans et à

nrôZS’™cl»!gle Cml’!W.debianc' ?a™ï ^ balays, de saphin et de grosses perles, pesant iiij marcs, v onces d’or. (lnv. de Charles V .)

(M) — Un gobelet , avec son aiguière , esmailiiés de gens qui sont sur bettes .

œ,œsacdZa t,n frai*e,et °ù 1 nj æeJïïs

(N> “ !inJ0Utlî, et un* aiguière d’or, esmaillez à vierges , les cou-

8°b«let et aiguières garnis de pierrerie et les fmitelets de marguerites et j saphir dessus, pesant viii marcs, iiij onces.

(O) — Un plus petit gobelet d’or, a couvescle lié de deux fils d’or tuers par

la corps et dedans le rouvescle a un esraail ronce rond où est esent Maria en nne crois d'or, pesant i marc, xv esterlins.

(P) 1380. Un petit gobelot, à biberon , esmaillié à espis de France, de Navarre

et de Bonrgongne, pesant i marc, iij onces et demye d’or.

(Q) — Un gobelet d’or et l'aiguière de mesme, de la façon d’nn eeuf d’os-

trnee , a nn esinail des armes Monseigneur d’Anjou sur le couvesclé du gobelet e.t sur l’esmail de l’aiguière, qui est hachiée, un empereur qui dit : Justice, pesant iiij marcs, iij onces et demie.

(R) — Un gobelet d’or, couvert, et l’aignière de mesme, esmaillé de vert par

dehors et a , ou fons du gobelet , la Tour du Boys et sur le fruitmet deux dams, pesa ns viii marcs, ij onces et demie.

(S) — Un gobelet d’argent, couvert, esmaillié, sur un trépied et est lésinai]

de bestes et d'oyseaux, pesant viii marcs, v onces.

(T) — Beux gobelets d'argent , doré , tons plains, à un couvercle, où le Boy

prend sa médecine, pesant un marc.

(U) — Un gobelet, à une aiguière , pareulz, esmailliei à chappeaux de viol-

lettes entour et sont les fruitelets de pourpre de boutons de roses , pesans vi marcs.

(VJ — Un gobelet d’argent, doré, cizelé et a le fraitelet d’esmail en manié# de saphir, pesant ij marcs, v onces.

(X) — Une pille de gobelets de fou (hêtre), où il en a x en un estuy de fiftC (T) 1416. Une pille de très petix gobelez d’argent et y a dessus un petit saphir non pesez, prisé xii sois, vi den. t. (Invent, du duc de Berry.)

(Z) 1467. Ung gobelet en manière d’nn chandelier. (Dncs de Bourg., 2638.), (AAJ — Ung gobelet , à la faction d’Allemaigne , d’argent doré, goderonaé. à une couronne dessus et nug esinail et ung escripteau dessus : Loé soit Dieu, et poise ij marcs et demi. (Ducs de Bourgogne, 2584.)

(BB) 1386. Un gobelet , avec son couvercle , d’argent doré , pour médeclnéf.

(Inventaire de Marie Stuart.)

GODERONNÉ. Travaillé «à godrons, vaisselle godronnée. Ces locations sont encore employées dans l'orfèvrerie. Alt moyen âgtf* surtout au iv® siècle, ce genre d’ornement était en grande vogue.

(A) 1467. Une nef d'argent, goderonnée, l’un des goderons d’argent et l’autre

blancq. (Dncs de Bourgogne, 2403.)

(B) 1588*. Il avoit nne fraise empesée et godronnée à gros godrons, au bout dé

laquelle il y avoit de belle et grande dentelle, les manchettes estoient godronnées de mesme. (Llsle des Hermaphrodites.)

GODET. Sorte de gobelet évasé, quelquefois fait en manière d* coupe , souvent «ouvert. 11 y en avait en cristal et en métal.

(A) 1328. Un godet, à un esinail ou fous de France et de Hongrie. (Inventai*#

de là royne Clémence.)

(B) — Un godet de cristal, prisé lx s.

(C) 1360. Inventaire du duc d’Anjou. 92, 119* 172, 381, 397.

(D) 1380. Ung grant godet, appel lé aumosnière, do vielle façon, pesant iv marcs»

(Inventaire de Charles V.)

GORGERIX, De g or g ta, gorgale , gorgeria , gorgière , pièce d’armure qui défendait le col, dont nous avons une sorte de remir niscence dans le hausse-col de nos officiers. La pièce d’étoffe, espèce de collerette, qui couvrait la gorge des femmes s'appelait aussi gorgière, et je n’introduis ce mot qu’en raison de la richesse apportée dans la confection de cette partie de i’armnre et de la toilette.

(A) 1336. Item duodeoim gorgfcri# de maylïia, — vii s. gr. (Compte; cité dans l’Histoire du Dauphiné.)

(B) 1352. Gorgiéres de Behaigne pour l'atour de la dite Dam.: ,1a Reine).

(Comptes royaux.)

(C) U30* . Je te donne, pour ton proufllt,

Ce gorgery fait de tele guyse

Qu'il est meslé de barbe grise. (Le Chevalier délibéré.)

(D) 1467. Ung gorgerin de mailles d’or, gariiv de deux platines esmaillées à

deux CC et poise v marcs iiij onces, (lïucs de Bourgogue, 3125.)

GOUT. Si l’oit ne dispute pas des goûts , on peut cependant admettre quelques règles pour le lion goût, et en tout cas fixer la limite qui le sépare du mauvais goût. Au moyen Age, on plaisantait volontiers, mats les plaisanteries étaient peu variées, et un certain gros sel s'y faisait par trop Aprement seutir. 11 me suffira d’avoir fait ainsi mes réserves, je n’at rien voulu citer ici qui ait rapport à ces délicatesses, à ces indélicatesses aussi.

GRÉAL et Graal. Le mètne mot que Grésal. 11 n’est employé, sous la forme de Saiut-Gréal, que pour désigner le vase si prodigieusement célèbre au moyen âge, dans lequel Jésus fit la Cène, qui servit à Joseph d’Arimathie pour recueillir le sang qui coulait des plaies du Christ, et qui, apres avoir fait des miracles en Terre Sainte, à Rome et, selon d'autres, dans la Grande-Bretagne, semblait perdu, lorsque, dans le sac de la ville de Césarée, en 1102. il fut retrouve, devint le partage des Génois et, pendant plusieurs siècles, fut montré aux fidèles dans l’église cathédrale de Gènes sous le nom de Sacro-Catino. Transporté à Paris, à l’époque des guerres et conquêtes de notre révolution, on l’examina et on démontra, sans difficulté, qu’il n'était pas taillé dans une gigantesque émeraude, mais fait de verre, colore d’un beau vert, et la forme qu’en donne la planche alors publiée, fait croire qu’il est d’origine antique. Les romans du Saint-Graal. en prose et en vers, sont d’une lecture monotone et fastidieuse, je le dis pour l’avoir subie ; ils n’en restent pas moins de précieux monuments de la langue du moyen âge et au goût littéraire de nos ancêtres. Une citation suffit ici.

(A) 1200*. D.: sanc i avoit tel planté (dans la mosquée de Césarée) que l’en i avenoit jusqnes el tnilen de la ïambe ; hideuse estoient à véoir ensemble tantes genz occises. Là deitenz fit trouvez uns vessianx de pierres vers et clérès assez, de trop grant biaoté, fez ausint comme uns taillouers. Li Genevois cuidièrent et cuideut encore que ce soit esmeraude — ils l’emportèrent à leur cité et mistreut eu la mestre yglise où ele est encore. (Traduction ancienne de Guillaume de Tyr.)

GIlAMT. Roche composée de grains de feldspath et de mica agglutinés dans du quartz. 11 y a des granits roses, gris, verts et noirs. Toutes les grandes chaînes de montagnes en fournissent, mais de temps immémorial on a extrait de l’Arabie Pétrée et de l’Égypte les plus beaux. Cette superbe matière, qui reçoit tm poli admirable, conserve toutefois dans ses grains et veines de mica une porte onverte à l’altération rapide de ses surfaces. Aussi, tous les granits exposés à l’air dans nos climats en ont-ils subi l'influence fâcheuse. L’expérience faite avec l'Obélisque de Luxor nous apprenda si le granit d'Égypte résiste aux alternatives de gelée et de chaleur, caractères et défauts de notre latitude. Il ne semble pas qu'au moyen âge on se soit donné la peine de tailler et de polir cette dure matière. Aux xvt« et xvu* siècles, on a remis à la mode le goût, qui avait régné à Rome, pour les statues en matières dures et colorées.

GRASAL, Gradal et Grail. Sorte de jatte. Mot dérivé de Graal, et dont il est inutile de rechercher l’étymologie , mais dont il est facile d’établir la popularité à partir dn milieu du m» siècle. (Voyez Gréai.)

(A) 1099. Toutes les escueles et les greaus , en que il (le seneschal) aura servi

le cors dou roy d’on premier mes, doivent être soties. (Assises de Jérnsalem.)

(B) 1180. Gradalis autem, vel gradale, dicitur gallicè scutella lata et aliquan-

tulnm profunda in quâ pretiosæ dapes cuin suo jure divitibus soient apponi et dicitur nomine graal. iHélinand.)

(C) 1316. Item j grant grail, ou pris de xi s. (Inventaire de la Comtesse Mahant

d’Artois.)

(B) 1320. Four un pigne , un ini rouer et un grezale et un estui faitis. (Comptes royaux, cité par Leber.)

(E) 1416.Comme icelle femme enst appareillé un grasal ou jatte plain de prunes ponr porter à mangier à nng lenr portî. (Lettres de rémission.)

GRAVOUERE. Objet pointu qui sert à faire la raie des cheveux. Voy. Pignère , Grève et mes citations qu’il serait inutile de multiplier.

(A) l316.Pour i pingne et j mi rouer, une gravouere et j fourrel (fourreau) de

cuir, Daille à Huet le barbier, — lxxiiij s. (Comptes royaux.)

(B) 1328. Une gravouere de cristal, garnie d’or, xl s. p. (Inventaire de Clémence

de Hongrie.)

(C) 1351. Pour xi pingnes d’ivoire, garnis de petits pingnes et de gravoire,

(Comptes royaux.)

(B) 1 395. Pour vi gravouères d’yvoirc blauc pour la Royne , vii s. parisis.

GRENAT. Pierre fine, plus dure que le quartz hyalin, affectant la forme d’un rhomboïde à douze faces? ayant une couleur d’un rouge de vin , penchant tantôt vers le violet, tantôt vers l’orangé. On en tire de tous pays, la France comprise, et scs dimensions ont permis, de tous temps, de le tailler en tasses et eu coupes. Une estimation faite en 1416, pour l’inventaire du duc de Berry, n’indique pas que le grenat eût une grande valeur au moyeu âge.

(A) 1230*. Porro smaragdi viriditas fldem, sapphiri serenit&s spem, granati ru-

bien udi tas charitatem, topazii claritas operatioaem significat. (Epistoîa Frederici II.)

(B) 1352. tequel chapel estoit — semé par my de grosses perles de compte, de

pièces d’esmaux de plicte et de guergnas. (Comptes royaux.)

(C) 1376. Bèfichmt — duo saphiri et unus grenat — y faut deux perles et huit

grenez. (lavent, de la S*e Chapelle.)

(B) 1416. Un grant grenat, taillé en manière d’une croix double, xl s. t. (Inv* du duc de Berry.)

(E) 1600. Le grenat est un petit bastardeau, salement ombreux, brunissant d'une nuë espesse. (Est. Binet.)

GRENETÉ. De granum, grain, pointillé, travail fin qui formait le fond des dessins ciselés en vignettes, de là l’expression : grenelé de vignetures. On disait des pierreries, qu’elles taisaient un greneia ou grenetis, quand elles étaient petites et répandues en grand nombre sur une pièce d’orfèvrerie. Cette expression s’est conservée pour marquer le petit cordon, composé de grains, qui enferme les légendes des monnaies.

(A) 1390. Inventai»* dn dnc d'Anjon. De nnmbrem eiemples.

(B} !3R3. Tour une eonpe d’or semée de preneiz de pierrerie, de perles et d’esmaiu, à j fritellet sur le couvercle sens pierre. (Invent, royal.)

(C) 1389. Un hanap d’or, ciselé à costes par dehors et l’aiguière de mesme, ledit

hanap greneté. (Invent, de Charles Y.)

(D) — Un henap d’argent doré, sur le plat greneté de grénetnre enlevée et a

un grand esmail ou fons. (Ducs de Bourgogne, n° 1422.)

(E) 1467.Une couppe d’argent , dorée dedens, et dehors grenetée d’une chasse

et d’arhres et sur le couvercle ung bouton frazé blanc. (Ducs de Bour-

GREVE. Ravin, et la raie qui sépare les cheveux dans la coiffure ; par suite , la petite pointe d'or , d’ivoire ou de piquants de. porc-épic, qui sert à faire cette grève. (Voyez Gravouére.)

(À) 1 1 60. Gaiete li remet devant

Et son gent cors et son talent,

Sa face blenche, son douz ris,

Sa belle bouche comme lys,

Ses eux vairs et ses sonrcis

La grève droite en lacervis. (Le Roman d'Atys.)

(B) 1295. La grève de monn chef,

Fêtes la grève au lever. (Gauter de Bibelesworthe.)

(C) 1300. Qn an t nous fumes à Poytiers, je vi nn chevalier qui avoit nom mon-

seigneur Gyeffroy de Rançon; que pour un grant outrage que le conte de la Marche li avoit fait, si comme l’on disoit, avoit juré sur Sains que il ne seroit jamais roingnez en guise de chevalier, mez porteroit grève, ainsi comme les femmes fesoient, jusque* à tant que il se verroit vengié du conte de la Marche. (Joinville.)

($) 141 6. Un pignoer, garuy d’un pigne, d’un miroer et d’une grève d’ivoire en un estuy. (Inventaire du duc de Berry.)

GRIFFON. Cet animal fabuleux, créé par le génie inventeur de Fantimiité, ce lion ailé à tète d’aigle, a donné anx trésors de nos rois, ae nos églises et de quelques curieux du moyen âge, ses griffes ou serres, son bec, et même ses œufs qu’on a montés avec hixe et conservés comme chose très-précieuse. C’est à. ce titre qu’il a un article dans ce Répertoire. Je ue crois pas nécessaire de rechercher à quelles grandes espèces d’aigles ou ae vautours ces débris ont appartenu, et U suffira de quelques citations pour montrer ce que pensaient de cet animal les voyageurs les plus sensés du moyen âge, on jugera mieux ainsi des folies que durent en écrire les imaginations vives et crédules. Un volume ne suffirait pas si l’on voulait enregistrer tout ce fatras. Quant aux œufs, on verra ce que j’en dis, à l’article Œufs d'ostruce , car ces œufs de griffon étaient pondus par ce grand oiseau ; la méprise fut complète, et la mode de ces œufs, si générale, au moins en Angleterre, que certains hanaps eu métal , mais de forme ovale étaient appelés constamment gryppeshey.

(A) 1010. Alind quoque(phylacterinm)jussitparari argento, in quo posait ovum

cujasdam avis, quæ vocatur Grippis. (Helgaldus in Rooerto rege.)

(B) 1247. Une bieste ki snnt sauvages,

Qui ont cors de lions volages.

Qui bien emporte, tout armé,

J homme quant l’a atrapé. (Limage du monde.)

(C) 1298. Là (isle de Madagascar) se trouves des oisiaus grifon , e dient qe eelz

oisiaus hi aparureut certes estai&ouz de l’an ; mes si sachiés qe il ne snnt mie fait ensi corne noslre jens de sa cuhlcnt e corne noz les faison portraire, ce est que nos disons qu’il est me osiaus et mi lyou. (Suit une longue description faite, non pas de visu, mais sur les rapports des balutans. Marco Polo.)

And polyshed was eke so ciene,

That no sygne of the se u lie was sene But, as it were, a grype’s eye. (Gower.)

(E) H333.Item j oef dp Griffon, garnis d'argent, od pié et covercle. (Inventaire

d'Edouard III.)

(F) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 186, 384, 503, 505, 510, 519, 562, 583.

(G) 1399. Item un coupe, fait d’un gripesei, garnlsez d’argent endorrez, stéant

sur un pée de iij kenettes et lecoverkel enaymellez dedeinz et dehors ove ij kenetts, pois ij lb. vj une. di. (Invent, de Henri IV.)

(H) — Six hanaps nommés gryppeshey.

(I) 1419. Ciphus, vocatus a gryp ey, ligatus cum argento et deaurato. (Test*

de William Gascoigue )

(J) 1625 .Un ongle de griffon , assis sur un pied de griffon , d’argent doré et au

bout de la pointe une pomme et sur icelle un oiseau, le tout d’argent doré et au milieu , par dessus ledit ongle une riche amatiste en tond de cuve. Ceste pièce est excellente pour sa rareté d’autant que cest ongle, qui est naturel, est fort grand et gros, de sorte qu’il tient unp pinte et sert de mesure et d’estalon pour la pinte de vin de Sainct- Denys qui est grande ; par ainsi qu’il est aisé a juger que c’est oiseau, nommé griffon , à proportion d’un tel ongle fut d’une monstrueuse grandeur et grosseur. (Doublet, Inv. de Saint-Denis.)

GRILS. Se disait de toute grille, et s’écrivait indifféremment greil, grayl, grail, greil et gril.

(A) 1080. Craticnlas dicuntnr gallice greil. (Dict. Joh. de Garlandia.)

(B) 1350. Mestre esdits fossez et asseoir grails de fer — que aucuns poissons ne

peuuent monter ne avaler. (Apud Du Gange.)

(C) 1380. Deux greilz d’argent blanc. (Invent, de Charles V.)

(D) 1397. Pour avoir fait et forgié un gril d’argent blanc pour servir en la cui-

sine du Roy NS. (Comptes royaux.)

(E) 1421 . Quant ce vint à passer le greil du guichet d'icelle ville .(Let. de réra.)

grolle. Vase, en forme de flacon, à une poignée. L'expression de Grolle était usuelle dès la fin du xme siècle , puisqu’on trouve dès lors des chapitres entiers de grolles dans les grands inventaires. Le mot vient peut-être de gral (voyez Grasal), le vase lui-mème de l’Allemagne.

(A) 1467 .Une grolle d’Allemaigne , d'or, à couvercle couronné, où il a autour

de la couronne garniture de pluseurs balais, saphirs et perles et est le manche brodé, tout à l’entour, de petites perles, où il n’en faut rien, pesant vi marcs, iiij onces. (Ducs de Bourgogne, 2291.)

(B) — Une autre grolle d’or à la dicte manière d’AUemaigne.

fÇ\ — Une aiguière d’or, à manière de grolle d’Allemaigue , assize sur ung pié à jour, garny de plusieurs perles et de saphirs. (D. de B., 2316.) (D) Une grolle (en) Cassidoine , garnie d’argent doré , où il y a une petite poiugnié à tenir ledit crolle à ij dois, le couvercle garny à 1 entour de dentelure. (Ducs de Bourgogne, 2756.)

GUISE. Mode, Façon.

(A) 1345. Tes chevaliers, tes escuiers,

Tes clers, tes servans, tes mestiers,

Vestis ensamble en ordenance,

A la bonne guise de France. (Guill. de Machault.)

(B) 1372. Los ponrflz de ses chapperons ne sont pas assez grans ne de la guise

v qni queurt. (Le chev. de la Tour. Euseig. des Femmes.)

(C) 1394* ij ymagesde l’albastre grans, figurées à guise de conte de Flandres.

(Invent, des garnisons du chastiel de Lille.)

GUY DE CHESJiES. Ce petit fruit n'a ni valeur ni beauté';

est-ce en souvenir de l’ancienne vénération dont il était l'objet chez les Gaulois, qu’on l’employait aux xiv» et xv« siwles?

(A) I37Î. One imaige de gny de cheene de saint Jehan l'évangélisle et est sur un pié d’argent dore tenant un eristail où il y a reliques ; prisé x francs d'er. (Compte dn tesUm. de la royne Jelianne d'Evreui.)

{B; 1 456. Unes patenostres de guy dechesnes, es quelWir y a OHa pièees^t au boni deux signeanti de cassidoyne. (Dues de- Bourgogne, n» 6966.)

HACBIÉ. Gravé en traits creux, simples ou croisés. Nous avons conservé de ce genre de travail, l'expression de dessin en hachures , Il y avait des graveurs spéciaux pour les ornements d’orfèvrerie hachiés, et ils s’appelaient hacheurs.

(A) 1380. Un petit gobelet d'or, hachié à couronnes tout autour, pesant i marc,

iij onces. (Inventaire de Charles V.)

(B) 1397. Fonr avoir refait de neuf un baein d’argent doré, haché sur le bord

de l’ave maria. Durs de Bonrgognc, 5774.)

(C) 1399. A Jehan d’Abeville, potier d’estaing et bachenren orfavrerie, pour

avoir taillé tvi chandeliers de cuivre. (Ducs de Bonrgpgne, n® 5904;)

hanap. Dn vase à boire, en général une coupe, réservé, ce semble, au principal convive, et que le chevalier comme le poète ont sans cesse à la bouche, l’un en le vidant à toute rencontre, l’autre en le chantant à toute occasion. Ce vase, qui est mille fois nommé et souvent décrit, ne laisserait aueuue incertitude sur sa forme, s’il n’avait point été de formes très- variées, mais entre le hanap de saint I-ouis, en forme de petit bacin, jusqu’à ceux de Charles V, en façon d'un calice, façon qui semble avoir été une mode, il y a une certaine distance, et j’âi réuni dans mes citations des indications de hanaps en forme de petits tonneaux cerclés, en guise de tasse, en façon de tour de lampe : les uns sont couverts et avec pied, les autres sans couvercle et sans pied; quand ils étaient couverts, on les fermait quelquefois à clef. Un hanap de jaspe, qui no plut pas au roi, devint une salière, et d’autres , suivante» cela la mode, étaient décrits comme faits de nouvelle façon, lanir forme était donc très-capricieusc et aussi arbitraire que l’étiquette qui présidait à leur usage . On se servait du banap pour boire, aussi rencontre-t-on cette expression «n hanap de coupe. 11 était souvent accompagné de son aiguière ; mais eu même temps je vois des pauvres se serv ir de hanap comme d’éouelle pour recevoir l’aumOne. Voilà pour la forme et l’usage. Quant à la matière, le hanap les mit toutes à contribution, depuis le bois jusqu’à l’or, depuis le cristal jusqu’aux pierres précieuses. On en avait en grand nombre, on en faisait faire par douzaines. Vers 1309 , la Reine achète de Thiebault. l’orfévre, trente-quatre hanaps d’argent. Le 28 novembre 1316, le roi achète et envoie à Coinpiègue soixante et un hanaps du poids de 288 marcs d’argent. L’inventaire de Charles V, dressé en 1380, donne la description de quatorze hanaps et autant d’aiguières, pesant près de 96 marcs a’or, et, en outre , de cent soixante-dix-sept hanaps d’argent dorr) et presque tous émaillés, formant une masse de 503 marcs d'argent. Pour préserver mie vaisselle aussi riche , il y avait des henapiers, c’est-à-dire des faiseurs d'estuy à hanap, et ils étaient

assez nombreux pour former à Paris un corps qui avait ses statuts.

(A) t200. Pateras dicuntur cuppas, benaps. (Dict. Job. de Garlandia.)

(B) 1245. Lors s’atorna comme mesiel

Henap ot et poteote et flanel.

(Roman d’Eustache le Moine.)

(G) l£60.U peut estre serreuriers de.laiton à boites , à escrins et à henapiers, à tables et à coffres qui veut pour qu’il sache fère le mestier. (Le Livre des Mestiers, d’Ét. Boileau.)

(D) — Quiconques veut estre esqueliers à Paris, c’est à savoir venderres d’es-

qpeles, de hanas de fust et de madré.

(E) 1316. Un hanap à trepied esmaillié, iij benaps esmailliés, pesans xxij mars,

iij onces, îii esterlins. (Comptes royaux.)

(F) 1328. Un hanap d’argent doré, en guise de voiire à couvercle, prisié

xviii lib.

(G) — Un hanap de cristal , à couvescle , à pié d’argent , esmaillié , prisié

x lib. xv s. (Inveutoire de la royne Clémence.)

(H) 1332. Item que nuis orfèvres, changeurs, ne autres quiex que il soient, ne

soient si hardiz de faire ni faire faire vessaille, ne grands vesseaux d’argent ne henaps d'or, se n’est pour calices ou vessiaus àsainctuaire pour servir Dieu et hannaps dorés à couvercle. (Ordon. et stat.)

(I) 1353. Un hanap d’or, en guise d’une tasse d’or, à chappelles (ornement

formant ceinture) de bestes et d’oisellez, esmailliez nedens et dehors, pesant ij mars, v onces. (Comptes royaux.)

(J) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 71, 169, 182, 183, 198, 204 à 206, 211,

(K) 1363. Uu hanap de coupe, sans nié, qui est doré et couvesclé et poise ii

marcs. (Inventaire du duc de Normandie.)

(L) — Un hanap couvesclé, doré et esmaillié, qui est assis sur un pié à façon

de iij pieds de gelines, et poise iij marcs, v onces.

(M) — Un hanap doré, ciselé, sans couvescle et sans pied.

(N) 1372. Un henap d’argent doré, à trépié et à couvercle esmaillé de l’histoire

de saint Loys et sur le pié du trépié a iij serpens volans, pesant x marcs, iv onces, prisé liiij francs. (Compte du testament de la royne Jebanue d’Evreux.)

(O) 1380. Un hanap d'or, à couvescle, et une aiguière de mesines, liez en façon

de cerceaulx et a, sur le fruitelet en chacun d’iceulx, nn lis où il a*nn saphir et xv perles et en Tance de l’aiguière a ij perles et y fanlt une perle , pesant viij marcs , vi onces d’or. (Inventaire de Charles Y.)

(P) — Un hanap d’or, godronné, esmaillié par dehors à ymages, qui sont

lettres et à couronnes par dessus et a, ou fruitelet, ung saphir et quatre perles, pesant ij marcs, vi onces.

(Q) — Un hanap d’or, à claveau, sans pied, ouvré à feuillages enlevez, ou

fonds est un grand esmail de plite et v petits environ, pesant ij marcs,

v onces, x esterlins.

(R) — Un hanau d’or, plain, à couvescle, de la façon d’un calice et a un •

fruitelet a’une roze, pesant ij marcs, vi onces, v esterlins.

(S) — Un hanap d'or, à couvescle, esmaillé de la vie de Ste Agnès, pesant

vi marcs.

(T) — Un hanap d’or, sans couvescle , cizelé dedans, et dehors a un esmail

de Nostre Seigneur qui monstre ses playes , pesant ij marcs, i once,

vii e*t. d’or.

(U) — Un hanap d’or, plain, à couvescle, à un grand esmail ou fonds et ou

couvescle des armes de France et d’esmaulx à testes de Roys et de Roy ries, et est le fruitelet esmaillé à Heurs de lys et à K.K parmy, pesant iiij marcs, vii onces.

f V ) 1380 Un hanap d'argent doré, à couvescle, semé d’esmaux, à très pied et de iij yraages qui jouent a’instrumens, pesant xi marcs, iiij onces.

(X) — Un autre hanap d'argent doré, à trépied, à fleurs de lys enlevées et

est le trépied à iij pieds d’oysel, pesant vi marcs, v onces.

(Y) — Un hanap d’argent, doré, sur le plat greneté de vigneteure enlevée

et a un grand esmail ou fons à bestes et oyseaux et faict i’essay d’un • des henaps d’or du Roy, pesant i marc, vii onces et demie.

(Z) — Une xii« de grans hanaps d’argent doré , à façon de tour de lampe et

sont esraailhez on fons des iij mois de l’an, pesans xxxrij marcs.

(AA) — vi hanaps d’argent verrez, esmailliez ou fons aux xii mois de l’an , pesa ns xii marcs et demy.

(BB) — Il ne se recorde pas se ce fu hanap ou gobelet. (Lettres de rémission.) (CC) 1397. A Jehan Hasart, orfèvre, pour vi hanaps d'argent verréz, àchascun un esmail ou fons. (Ducs de Bourgogne n*> 5804.)

(DD) 1412. Pour vi hanaps d’argent dorez de très belle et nouvelle façon et de très bon et gracieux ouvraige , esmail les ou fons , pesans ix marcs, iiij onces, x est. (Dues de Bourgogne , n» 208.)

(EE) — Un hanap de jaspre, couvert, garni d’or et de pierreric. (Comp. roy.) (FF) — Un hanap d’alebastre, couvert, garni d’argent doré.

(GG) — Un hanap de lignum alloes, couvert, garni d’or.

HARNOIS. Harnachement. Ce mot s’appliquait à. toutes sortes d’armures, d’acoutrements et d’ustensiles à l'usage des hommes et des chevaux. On disait : enharnesquier un cheval , s'enharnacher d’orfèvrerie, et le harnois de la cuisine.

(A) 1270.Toute la maison soit garnie de harnais qui sont hesongnables en cui-

sine et partout, selonc ce que au signour appartient. (Trésor de Brunetto Latini.)

(B) 1405. A Collin Rapine, sellier du Roy, ponr cause d'une selle, avecques un

harnois doré et esmaillé , laquelle selle MS. (le duc de Bourgogne) donna avecques uug cheval au Roy MS. (Ducs de Bourgogne , 7(K)

(C) 1410. Un empereur et un roy armez dont les harnois d’icenlx sont d'argent,

un ange armé dont le harnoix est d’argent. (Ducs de Bourg., n° 6199.)

H asti ER , Haste et Aste. La broche , le rôtisseur, et par extension, la chose rôtie.

(A) H80. Et Bne ot un gnnt hastier sessi ,

Plein de bons hastes, qui sont bons et rostis. (Le Rom. de Garin.)

(B) 1260. A tant ez les serjanz qui portent lo mangier,

Li uns porte i paon rosti en un astier. (Panse la Duchesse.)

(G) 1360. Pour les cuisines

Fault poz, paelles, chauderons,

Cramants, rostiers et sausserons,

Broches de fer, hastes de fust. (Etist. Deschamps.)

(D) 1474. Le hastenr tient le compte dn rost avec son ayde. — Les chariots

portent les vaisseaux de cmsine comme chaudières, paelles. grils, h asti ers et autres choses. (Olivier de La Marche, estât du Duc.)

HF.VAPERIE. Les hanaps jouaient un si grand rtle dans l'ensemble de la vaisselle, qu’on disait henaperie à l’égal d’orfévrerie.

(À) MU. le suppliant qni est onvrier de orfavrerie et de banapperie. (Lettre* de rémission.)

hen.nepier. Étui de henap.

(A) 1160. Et ne doit faire nul bennepier qui ne soit de trois cuirs. (Livre des mestiers d'E*t. Boilean.)

HENNINS. Les femmes des Maronites du Liban portent encore, et nous montrent la possibilité de porter, ces cornes sur lesquelles flotte un voile de mousseline. Tantôt droites et s’élevant sur le front, tantôt évasées comme un cor de chasse et se portant de côté , elles sont faites en argent, quelquefois en argent doré. Une sorte de filet ou de carcasse métallique qui entoure la tête, soutient ces cornes que les femmes, par une sorte de superstition ou de simple précaution, ne quittent ni jour ni nuit. C’est tout ce que j’ai voulu aire sur un produit d’orfèvrerie étrangère qui, s’il n’était chez nous, au moyen àçe, qu’une coiffe, n’aurait pas droit à ce titre d’entrer dans ce Répertoire.

(A) 1 300* . Je ne say s’ou appelle potences on corbiaux

Ce qui «mstient. leur cornes, que tant tiennent à biaux,

Mais bien vous ose dire que sainte El ysabiaux N'est pas en Paradis pour porter tiex nabiaiii.

(Test, de Jehan de Meun.)

(B) 1430. Et pareillement blasmoit (le frère Thomas, en 1426), etdilfomoit très

exeellentement les femmes de noble lignée et autres de quelque estât qu’elles fenssent portans sur leurs testes hanlx atours — el il avoit t acouslnme quant il en veoit aucmte de esmonvoir après icelles tous les petis enfans et les admonestoit en donnant certains jours de pardon à eeulx qui ce faisoit— et les faisoit cryer hanlt : au hennin, au hennyn. (Monstrelet.)

H ERSE. Ce mot est resté en usage. Le luminaire des funérailles et celui des saintes reliques était considérable , au moyen âge , et c’est de cette dévotion que nous viennent ces armatures en fer, hérissées de pointes et quelquefois disposées en triangles, sur lesquelles on place les bougies allumées par la piété des fidèles. Les bras d’uae croix étaient aussi nommés la herse.

(A) 1198. Luminaria berciarum.'(Odon Episc. Pans. Du Gange.)

•(B) 1287. Vas ad aqnam benedictam , hercia ad tenebras. (Statuts du synode d’Exeter.)

(C) 1319. Entre touz noz corps ne soit qe une herse de ubc course de luminaire*

(Test, du comte de Hereford.)

(D) 1375. Item pro corpore ficto et hersiâ. (Funérailles de Thomas, abbé de

Cantermiry.)

(E) 1386. Volo quod xxiv torches et v tapers, quolibet taper pondéré x libra-

rum, præparentur pro sepultora mea, absque ullo alio Hercio. (Test, de J. de Nevill.)

(F) 1405. Une grande croix d’or, ouvrée à œuvre de Damas, en laquelle a du

fut de la vraye croix et en la herse a du clon dont fut cloné nostre Seigneur en la croix. (Invent, de la Ste Chapelle de Bourges, pnbl. par M. de Girardot.)

{G) 1717. En certaines fêtes doubles majeures on met devant le sanctuaire une herse appelée Râtelier et Onzaine parce qn’on y met onze cierges. — Un gracia chandelier ou berse avec 24 cierges. (Le sieur de Mauléon, Le Brun des Gharmettes.)

HEERETTES. Les petites heures étaient souvent de véritables bijoux et par leur exécution et par la richesse de leur reliure.

(A) 1380. Unes très petites henrettes, qui ont les ays d’or esmaillé de France et de Navarre et de l’annonciation et sont en un petit estuy de brodettre d’or. (Inventaire de Charles V.)

<B) 1536. Unes heures, toutes couvertes d’argent doré, esmaillées de l’annunciation de Nostre Dame, a tout deux clouans. (lnv. de Charles-Quint.)

H ez et Heus, Ays. (Voyez ce mot.)

(À) 1260. Nus garnisères ne pnet né ne doit métré heut à coûte! se li heus n’est tout d’une pièce et si li heus est de ij pièces , il doit estre sandés bien et loianment, c’est à savoir de saudure d'argent et de saudure de bon métal et se il le fet autrement, l’oevre n’est pas bone ne loiaus, ains doit estre quassée et perdue. (Us des mestiers recueillis par le prevost de Paris.)

(B) 1300*. Cyprès est un grant arbre et bel et qui est tousjonrs verd et pour ce

on le plante voulentiers en cloistres de religieux. Le boys en est très bel et très odorant et en fait on de très beaulx aiz que l’en met sur les instrumens de musique, comme ^uisternes et aussi en toutes autres œuvres déliées. (Pierre de Crescens.)

(C) 1377. Charles — nous sommes tenus à Dyne Rapponde, marchand de Paris

— pour les hez et chemises des chroniques de France et celles que a faites nostre amé et féal chancelier pour ij volumes, une pièce de raudequin xxvi fr. (Mandement. Ducs ae Bourgogne, tome IV.)

HOCHET, Jeu d’enfant; de hocher, remuer.

(A) 1390. A Jehan du Vivier, orfèvre et varlet de chambre du Roy, NS. pour

avoir rappareillié et mis à point on petit moulinet d’or, garni de perles et de balais petits, pour l’esbatement de madame Ysabel de France — xii s. p. (Comptes royaux.)

(B) 1391. Pour avoir refait tout de neuf, un hochet d’argent, — ponriouer et

esbattre madame Jebanne de France, pour ce — xiviij s. p. (Comptes royaux.)

(C) 1416. Un hochet pour esbattre petiz eufans , de brodeure, semé de menues

Sériés et est la tenue d’argent esmaillé aux armes de France. (Invent, u duc de Berry.)

HOUSSE R. De housellus , houseaux, grandes bottes, on a fait se houser et se déhouser. De housia, housse, couverture de cheval et de meubles, on a fait housser, trousser, étoffer, garnir, et il se dit d’un vêtement et d’une salle, d’un cheval et d’un coffre , de l'intérieur d’une voiture et des armoiries d’une chapelle de deuil : un peintre était chargé de cette dernière besogne, c’est pourquoi je cite ces passages.

(A) 1388. En laquelle besongne, pour housser ladite chappelle et armoierie dessus dicte, a esté mis et employé par ledit Colart de Laon . paintre, vij pièces de cendaulx des estrois, c’est assavoir iij pièces ae noirs et iiij pièces de fauves. (Comptes royaux.)

(B) 1450 Après les arcbiers du Duc , suivoient les seigneurs et les nobles hommes de sa compaignie et de son hostel, en grand nombre, tant richement montez, parez et housses que c’estoit noble chose h regarder et estoient plus de deux cens et quarante honssures pendaus jnsques à terre moult nobles et moult ricnes. (Monstrelet.)

huche , Hncean, Hucheau , Huchel, et Hucellus. coffre, bahut, buffet, la huche plus grande que le hucheau, sans qu il soit possible de déterminer sa forme particulière et sa destination spéciale. En raison des objets précieux que les huches renfermaient, des officiers domestiques de l'hôtel royal prirent le titre de garde-huches.

(A) 1250. Si ha (la Sainte Véronique) sa huche deffermée

Et si na prise la semblance, (le suaire, vera icon.)

(Roman du Saint Graal.)

(B) 1300. Si tost comme je fu avalé là où le trésor estoit, je demandé au trésorier du temple que il me baillast les clefz d’une huche qui estoit devant moy et il — dit qu’il ne m’en bailleroit nnlles. Et ie regardé une coiçnée qui gisoit illec, si la levai et dis que je feroie la clef le Roy. (Joinville.)

342 GL09SAIRE

(C) 1319. Un and d'or où e un roby qne ma femme me devisa qc ad tout plein

de coups et est en un petit forcer, en une grannt husche , an bout de la basse gardcrobe. (Test, du comte de Hereford.)

(D) 1352. Coffrene pour le Roy. Guillaume le Bon, coffrier, pour ij bucheaiu à

mectreles torches en la frnctene, îiv liv. p. (Comptes royaux.)

(E) 1368*. The arke (of the testimony.) or hucche, with tbe relikes, Tytns léd-

tfe with hym to Rome, whan he hac scomfyted aile the jewès. (John Manndeville.)

(F) 1380. En la chapelle, emprès l’étude du Roy, fnt trouvé en une husche les

bijoux qui ensuivent. — (Inventaire de Charles V.)

(G) — Si aucun porte huche ou buffet à clef hors de la ville, il doit iv deniers.

(Coût, de Rouen.)

(H) 1399. L’exposant rompit — ledit coffre — et priost dedens — une certaine

quantité de fretin d’argent — avec ledit petit huchcl. (Lettres de rémission.)

(I) — Une huche ou huchel (Idem.)

(J) — La huche doit iiij deniers, le hncheaudoitlj deniers. (Apud Du Cange.)

(K) 1440. Hntche or whyche, Cista. (Promptorinm parvulorum.)

(L) 1475*. These thinges (Household stnff) setye in your whutcbe (votre huche)

or cheste; your jewcllis in your forcier, thatthey he not stolen.(Ca\ton, Boke of Travellers.)

HUCHIER. Celui qui travaille le bois, qui fait les bûches; et comme tous les meubles étaient ornés de sculptures, le huchier «lu moyen âge représente le sculpteur en bois. Les mots ébéniste et menuisier ont remplacé, àpaitir du xvie siècle, Texpression de huchier. (Voyez Menuisier et Ébène.)

(A 1465. (Le 19 novembre \ a Guillaume Basset , huchier, pour avoir esté à Apville, à Montreuil sur mer, à l’abbaye de Fecamp, à Hes-.lin, à Brusselles en Breban, à Nyvelle en Breban, à Lisle en Flandres, à Tornay, à Arras, à Amiens et en plusieurs lieux pour trouveret avoir des ouvriers de hucherie pour abregier l'œuvre aes chaeres. (Cathédrale de Rouen. Archives de la Seine-Inférieure.)

(B) 1541. A maistre Martin Guillebert, hncher, la somme de hnyt vingttlivws pour la menuiserie de hucherie desdites orgues, vîij** livres. (Saint Maclou. Archives de la Seinc-lnf.)

IMAGES MOUVANTES. Une citation suffira ponr motiver ie titre de cet article et me conduire à dire que le moyen âge a été rempli de ces enfantillages.

(A) 1498. lîng tableau de Hercules paint, les sourcilz et yenïx braulans. (Inven-

toire de laroyne Anne de Bretagne.)

(B) 1541. A Nicolas Qnesnel, ymaginier, pour faire dent ytnages de anges

mouvante, pour mettre snr l'admortissement des orgues. (S. Maelofu. Arch. de ia Seine-Inférieure.)

IMAGES OUVRANTES. Nous avons conservé dans les musées, et on fabrique encore de ces images saintes qui, en s'ouvrant connue un tableau à volet, découvrent dans l’intérieur même de leur corps quelques sujets peints ou sculptés en rapport d’intention ou d’allusion avécle personnage. 11 snffira d’nn petit nombre de citations. Le musée du Louvre possède une belle image ouvrante en ivoire. (Voyez la notice des objets divers de la première partie.)

(A) 1380. Un joyau, où est l’annonciacion, et est le ventre de Nostie Dame on-

ET RÉPERTOIRE. 3-fô

vrarnt où est dedans la trinité et sont S. Père et S. Pol aux deux costés du dit joyau. (Inventaire de Charles Y.)

(B) 1380. Une ymage de Nostre Dame, qui dot et emnre , séant et tenant son

enfant, à senestre de laquelle est une trinité à plusieurs saints et saintes, pesant vi onces, xvii oholes.

(C) — Pour don fait par feu le rov Charles, dernier trespassé, dont Dieux ait

l'âme, à l’esglise Nostre Daine de Reinsou mois de juillet l’an mil ccc iiij**, ou voyage que le dit seigneur fit lors à Reins, — c’est assavoir : nne ymage d’or de Nostre Dame, qui se euvre et clost, assise en une chaière d’or et tient en sa main nne fleur de Iis d’or, garnie de iiij balez, iij saffirs et viij perles et un ballessean et en sa couronne viij , ballez, iiij saphirs, viij grosses perles et iiij menues, et dedens ledit

^mage, une coppe d’or, pesant tout xij mars, vii onces d’or. (Avec le pied, le poids est de b4 marcs d’argent doré. Comptes royaux.)

(D) 1389. Un joyau où est l’anunciation et est le ventre de Nostre Dame ou-

vrant où dedans est la trinité et sont sainct Pierre et S. Pol ans dertx costés du dict joyau, — pesant quatre marcs, cinq onces. (Inventaire de Charles VI. C’est le joyau de la citation A, avec le poids.)

(E) 1396. Une fleur de liz de bois, dorée dehors et ouvrant, là où il a dedans

en hanlt nn criuitiement et Nostre Dame et sainte Anne. (Ducs de Bourgogne, n° S741.)

(F) 1416. Une grant fleur de lys d’argent doré qui se ferme à charnières, en

laquelle a, par dedans, la vie et passion de Nostre Seignenr et plusieurs sains tout faiz d’images d’yvoire, — xlv liv. t. (Inventaire du duc de Berry.)

(G) — Une belle pomme d’ambre et de must, qui se euvre par la moitié, en

deux pièces fermant à charnières pendant à une petite chayeune en laquelle a par dedans un ymage ue Nostre Seigneur et un autre de Nostre Dame de painture, — xlv s. t.

(H) 1420. Ung petit yinape d’or de Nostre Dame, ouvrant par le ventre, onquel

est la Trinité dedans, partir en la poitrine d’nn petit rtiby, séant snr ung petit pié d'or, pesant iiy onces, ij est. (Dnes de Bourgogne, 4238.) (I*) 1467. Sons cette date, on trouve plusieurs images ouvrantes dans les Duos de Bourgogne, n« 2073, 2076, 2077, 2079, 26S4, 2103.

(J) 1536. Une pomme de piu d’or, qui se ouvre par le milieu et par dedens est ouvre le mistère de la visitation des trois rois. (Invent. de Charles- Qttint.)

IMAGES D’OR ET D’ARGENT. J’ai extrait les citations suivantes de deux documents seulement, et je les ai choisis dans nne intention spéciale et restreinte, j’ai compris qn 'autrement ce serait donner une idée incomplète, partant une idée fausse, du luxe de nos rois, de nos princes et de nos seigneurs. En effet, un volume suffirait à peine pour citer tontes ces images de saints et de pieux chrétiens, les unes n’étant que le souvenir de ces illustres personnages, les autres servant de reliquaire ou d’accompagnement à des reliques, les premières plies nombreuses que les secondes dans les trésors laïques, et le contraire s'offrant dans les trésors des églises. On compte vingt-trois images d'or et soixante-huit images d’argent dans l’inventaire de Charles V, et ilans le nombre ne sont pas compris les reliquaires. L’inventaire de Charles le Téméraire en a bien une cinquantaine. *

(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 5, <6, ,9, 10, 15, 17 à 22, 38 à 44, 46, 47,

(B) 1380. Un ymage de Nostre Dame, d'argent doré, en estant, sur un entable-

ment d’argent, çsinaillié à apostres et liennent en sa main un reliquaire d’or et y a iiij grosses pertes, j saphir sur le fritelet et îv perles et a la dite ymage nne couronne d’or garnie de pertes de rnbis

d'Alexandre et d’esmeraudes. pesant xxiv marcs, vj onces. (Inventaire de Charles V.)

. (G) 139d.Un saint Geronime , qui oste à un lyon l’espine de son pié, séant en une chaière, sur un entablement à six escnçons de France et une roe devers luy où il a plusieurs figures de livres, tout d’argent doré et au costé de sa ehayère pend un chapeau ronge de cardinal, pesant quatorze marcs, cinq onces. (Inventaire de Charles VI.)

(D) — Un image d’or de S. Jean l’évangéliste, que donna au Roy monseigneur d’Orléans, lequel tient en sa main dextre un reliquaire d’or ouquel a une boiste de cristal garnie de troys ballaiz, six saphirs et neuf perles et au dessus du dit reliquaire a une palme garnie de trois balais, quatre saphirs et neuf perles, et en la main senestre tient un calice ouquel a serpens esmaillez et une perle ou millieu et a un diadème garny de hiuct perles et un balay ou milieu et siet sur un entablement d’argent doré, esmaillé des armes de monseigneur d’Orléans, et

S Dise le dit image d’or, sans le pié ou entablement qui est d’argent oré, douze marcs, six onces d’or.

(E) — Un image de Nostre Dame, qui tient son enfant assis en un jardin , faict en manière de traille et est esmaillée la dicte Nostre Dame de blanc et l’enfant de rouge clère et a, la dicte image, un fermail en la poictrine garny de six perles et un balay, et an dessus de la teste Nostre Dame a une couronne garnie de deux balesseaux et nu saphir et seize perles, et est tenue la aide couronne de deux angeloz esmaillez de blanc et le dit jardin garny de cinq gros balaiz et cinq saphirs et trente deux perles, et a un lettrin où il y a un livre dessus, garny de douze perles et au devant du dit image y a trois imaiges d’or, e est assavoir Ste Catherine, St Jean baptiste, St Jean l’évangeliste et au dessoubz l'image du Roy à genoulx sur un coissin, garny de quatre perles, armé des armes ae France, et devant luy son livre sur un scanel d’or et derrière luy un tigre, et au devant au Roy de l’autre costé a un chevalier armé, esmaillie de blanc et de bleu, qui tient le heaume du Roy d’or et au dessoubz en bas île l’entablement a un cheval esmaillé de blanc et a la selle et le, harnois d’or, et un varlet esmaillé de blanc et de bleu qui le tient , par une main, par la bride, e^ en l’autre main un baston, et poise environ dix huict marcs d’or et 1 entablement sur quoy les choses dessus dictes sont ordonnées poise environ trente marcs d’argent doré et fut donné par la Reine au Roy, le premier jour de l’an 1404.

(F) — Un jmaige de Nostre Dame sur une mulle noire et St Joseph allant devant qui la maine par le frain sur un entablement esmaillé à arbriceaux environ lequel entablement sont plusieurs esmeraudes , perles, boutons et rubiz a' Alexandre, pesant cinq marcs, trois esterlins.

(G) — Un imaige d’argent de St Lienard tenant un prisonnier à une main et un petit reliquaire de cristal à l’autre, sur un entablement esmaillé des armes de la reyne Jeanne d’Evreux et une royne à genoux devant, pesant quatre marcs, six onces, dix esterlins.

(H) — Un antre imaige de Ste Marguerite qui sault d’un dragon, tenant un livre en sa main et un reliquaire en l’autre, sur un entablement esmaillé de la royne Jeanne a’Evrenx et une royne à genoux devant , pesant six marcs, quatre onces.

INDES (Provenance des). L’Amérique fournit tout d’abord ses riches matières premières , et on aurait pu croire que cette belle région serait restée pendant bien des années sans envoyer en Europe des productions de l’art; cependant, on verra dans la première des citations suivantes une croix envoyée des Indes , à Charles-Quint , dès 1553, présage précoce de cette redoutable concurrence qui fera bientôt trembler l’Europe industrielle.

(A) 1536. Une croii d’ur faite aux Indes, où qu’est Nostre Seigneur en croix, an pied y a une petite teste. (Inventaire de Charos-Qnint.)

ET RÉPERTOIRE. 3<if>

(B) I&60. Une petite borate d'ébène marquetée de nacre de perle , en v rater d'Ynae t sur trois boulles de jaspe , estimée — vi u * . (Inventaire do Roy fait à Fontainebleau.)

impression. La gravure, en creux et en relief, est vieille comme. le monde; et dés une antiquité assez reculée, des caractères mobiles en relief étaient gravés, comme les inscriptions des cachets, dans le sens inverse (le leur lpcture, afin qu’on pût les imprimer à sec dans toutes les matières molles , terre et pâte , avant la cuisson ., métaL et cire au moment de la tonte. Ajoutons que toutes les couleurs grasses étaient employées dans la décoration, que la presse à vis était eu usage, et qu'avec le papyrus, le parchemin et la toile, l’antiquité avait tout l’attirail de l’Imprimeur sur types mobiles aussi bien que sur planches gravées en creux et en relief. L’état avancé de la civilisation chez les Grecs,, l'étendue de l'administration romaine sons les empereurs , demandaient un moyen multiplicateur de l’écriture afin de répandre les créations du génie aussi bien que les ordres innombrables émanés d’nne administration centrale ; et cependant, trois mille années de la plus belle activité humaine attendirent vainement cette découverte simple et féconde que Dieu donna aux Pays-Bas et au monde dans les premières années du xve siècle. J’ai indiqué quelques précurseurs de l’impression aux mots Emprainle, Molle, Taille-douce. Tout ce qui se rattache à cet art n’a droit qu’iudirectement à entrer dans ce Répertoire.

INSCRIPTIONS ÉMAII.I.ÉES On trouvera, disséminées dans divers articles de ce Répertoire, plusieurs indications d’inscriptions gravées eu creux et émaillées. Ce fut d'un usage constant et général. ( Voyez Tombes ë maillées.)

(A) 1345. Et sifenoit une henmnetle.

Trop gracieuse et trop doucette,

A nnc chainnette d’or fin.

Et nu antd d’or en la tin ,

A lettres d’esmail qui lnisoient,

Et qui gardez moi bien disoient, (6uiU. de Machault.)

(B) 1360.UU annel d’or dont la verge est esmailliée et y a escript en la verge':

C'en mon iétir, et y a un saftlr— vi liv. vin a. (Testament de l’archevèque de Reims.)

(C) Mt4. Un collier à SS., de l’ordre dn rov d’Angleterre , et y a zvi SS qui

sont esmaillées du mot à ma vie. et ij barres ès deux bouts, garni d’un balay. (Comptes etinventaire do doc de Bretagne.)

(R) 147%. A André Mangot, orfèvre à Tours, 5 liv. S s. ponr nne pièce platte, d’argent doré, jtesant un once sia gros, et en icelle avoir lait escrire et graver en lettres émaillées : Ret Prancomm Ludovicus XI hoc fecit lieri opus, anno m cccc iaxiiij , qui a esté mise devant la chasse Mr Saint Martin de Tonrs , dn commandement dn Roy, sur nne semblance dn Roy faite d’argeut. (Comptes royain.)

inscriptions françaises. Une légende, l’àme d’une devise, nu propos galant, un rébus, inscrits en langue française sur un objet d’art, n’en marquent point l’oiigme avec autant de certitude qu’on le croit, et cette meertitudo a sou cèté consolant, car il est flatteur d’ètre forcé de. reconnaître et de pouvoir étahlir que la langue française, dès les premières années au un* siècle, était la langue universelle, ou au moins la langue universellement à la mode, celle qu’on parlait dans les cours ètraugéics, qu’on employait dans les correspondances diplomatiques, celle qu’on en-

seignait, en tous pays, aux enfants de la noblesse, dans laquelle enfin un auteur écrivait quand il voulait être lu. La mode avait même raffiné au point de n’admettre, comme élégant et vraiment acceptable , que la façon de parler en usage à la cour de France et dans le domaine dé la couronne , alors peu étendu; aussi , les meilleurs écrivains du centre de la France, nos plus célébrés poètes picards s’excusent-ils de ne pas écrire comme à Paris. Les citations suivantes mettent ces faits hors de doute, et auand je décrirai les monuments, j’en indiquerai plusieurs de provenances étrangères et d'un beau style qui sont accompagnés d’inscriptions françaises.

(A) 1150. Pour ccste chose, devant dite, plot et pensa Monsignor, conte de

4 Melitrée (Roger II de Sicile), qu’il feroit translater en vulgal le croniqne

de Isidorrc, seront la lettre; et pource qu’il set lire et entendre la langue françoize et s’en delitte a fait translater en françois la devant dite chronique et espécialement pour sa délectation et pour la délectation de ses amis. (Cnron. d’Isidore de Seville.)

(B) 1180. Mon langage ont blasmé li François

Et mes cnançons, oyant les Champenois Et la contessê encoir, dont plus me poise.

La Royne ne fit pas que courtoise Qui me reprist, elle et ses fiex li rois;

Encoir ne soit ma parole françoise,

Si la puet on bien entendre en françois.

Ne cil ne sont bien appris né cortois

Qui m’ont reprist, se j’ai dit mot d’Artois

Car je ne fus norriz à Pontoise. (Quenes de Bethune.)

(C) 1200*. D ne fut mie fait en France (le Roman de Florimont)

Mais en la langue, de françoys Le fist Aimes en Leone* (Lyonnais)

Aux François veult de tant servir,

Car ma langue leur est sanvage,

Que j’ay dit en leur language Tout au mieux que je ay sceu dire.

(Aymon de Yarennes.)

(D) 1265. Et s’auscuns demande por quoi chis livres (le Trésor) est escris en

romans selonc le patois de France , puis que noz soines Ytaliens , je diroe que c’est por deux raisons , l’nne est por ce que noz somes en France , l’autre si est por ce que françois est plus delitables langages et plus communs que moult a’autres. (Brunetto Latini.)

(E) 1 270. Tout droit à celui tans que je ci vous devis,

Avoit one coustume, ens el tiois pais (Allemagne)*

Que tout li grant seigneur, li conte, li marchis Avoient , entonr aus , gent françoise tout dis Pour apprendre françois lor filles et lor fils;

Li rois et la roine et Berte , o le cler vis.

Sorent près d’aussi bien le françois de Paris Corne se il fussent ne* el bourc, à Saint Denis.

(Bertbe aux grands piés.)

(F) 1275. La langue françoise coroit parmi le monde et étoit plus délitable à

lire et a oïr qne nnle autre (Martin Canale de Venise.)

(G) 1295. La lingua di oi (langue d’oi) allega per 6e che , per lo suo piu facile

et piu dilettevole volgare, tutto quello çhe e stato txadutto ovyerô ntrovato in prosa volgare e §uo ; cioè la biblia, i fatti deiTrojani e de i Romani , le bellissime favole de) Re Artu et moite altre istone e dottrine. (Dante. En faisant une comparaison entre le provençal ou

langue d'oc , l'italien ou langue de si , le français ou langue d’oS, il établit de cette manière les droits du français. De Vulgari éloquent i a.)

INSCRIPTIONS DÉCORATIVES. En comparant, en rapprochant dans un autre travail , les mœurs actuelles ae l’Orient et les mœurs de l’Occident au moyen âge, j’ai rappelé ces grandes inscriptions qui ornent encore les appartements et les mosquées chez les Musulmans, et dont les peintres calligraphes ont fait, par l’ampleur du trait et la majesté de l’enlacement, des décorations monumentales. Il en fut ainsi au moyen âge en Europe. Au' iiv* siècle surtout, peintres et sculpteurs, assistes de calligraphes doués de ce même instinct , ont su transformer l’écriture gothique en majestueux ornements. Warton, dans son Histoire de la Poésie, dit qu'en France les murs des anciens châteaux étaient couverts de ballades amoureuses ; il aurait pu ajouter qu’ils montraient aussi des pensées religieuses , des sentences morales et des cris de guerre redoutés. Le temps a effacé les inscriptions peintes , il a respecté les belles légendes sculptées, soit dans une frise, comme dans vingt endroits, soit en élégante balustrade à jour, comme au Mans.

(A)t235. Et pour ce que parfondes pensées engendrent rnéïencolies, i] (Thibaut, comte de Champagne) luifnloés d’ancnns sages homes qu’il s’estndiast en bianlx sons de vielle et en donbs chans aélitables. Si fis L entre lui et Gaste Bmllé, les plus belles chansons, les pins délitables et les plus mélodieuses qui oncques fussent oyes en chansons et en vielles. Et les fist escripre en sa salle à Provins et en celle de Troyes. (Chronique de Saint-Denis.)

(R)'.t407. La première salle est embellie de divers tableaux et escripturesd’enseignemens altachiés et pendus aux parois. (Guillebert de Metz. Voyez Collection i particuiieres.)

IVOIRE. Les arts de l’antiquité se lient aux arts du moyen âge par les sculptures sur ivoire plus intimement et avec plus de suite que par tout autre genre de monument. Inutile de faire ressortir les qualités de cette belle matière, elles étaient si bien appréciées au moyeu âge, que les monuments en ivoire parvenus jusqu’à nous, ou décrits dans les inventaires, sont innombrables. On’ se servit d'os en si grande quantité , pendant les xui' et nv* siècles, qu’il faut croire à une certaine pénurie d’ivoire pendant ce temps. L’abondance suivit, à en juger au moins par une recrudescence de vogue et de production de monuments d’ivoire à partir du milieu du xvi' siècle. Je renonce à faire aucune citation.

JACYNTE. Hyacinthe. Les joailliers out conservé ce nom, et ils l’appliquent plutôt à des nuances particulières de différentes pierres, comme le rouge orangé, le brun rougeâtre, qu’à une pierre particulière; c’est ainsi que le grenat, le corindon, la topaze, etc., se partagent ce nom. Je ne crois pas que les anciens lapidaires , et encore moins les rédacteurs d’inventaires du moyeu âge, virent bien clair dans ces distinctions.

(A) 1530. Une grande platte jacynte mise en or, à jour. (Inventaire de Charles- Quint.)

JADE. Pierre compacte, tenace, qui raye le verre et même le quartz. Elle est de couleur verte dans des nuances olivâtres, son poli

n'est jamais brillant, et toujours onctueux. Les Chinois-oties Orientaux remploient avec prédilection, et avec une recherche de difficultés vaincues qui ferait douter de sa dureté, si on ne pouvait opposer à l’incrédulité la patience traditioRBelie des ouvriers do l’Asie. Les anciens eu faisaient un grand cas ; au moyen âge il n’est .pas cùé, j'ignore, s'il était connu ", je suis certain qii’on ne le travaillait pas plus que de nos jours, où les pièces montées par nos orfèvres nous viennent toutes faites de l’Inde et de la Chine.

JARTIÈBE. Lien qui entoure la jambe au-dessous du jarret. Toutes les femmes portaient dos chausses ou caleçons rattachées an bas (bas de chausses), au-dessous du genou, par des jarretières qui pouvaient être d'autant plus ornées, qu’il y avait moins d’inenn veulent à les laisser voir et plus d’occasion de les montrer. En effet, l’exercice du cheval et l’ensemble un peu brusque des habitudes découvraient souvent la jamlie, aussi les bas de chausses étaient-ils richement brodés et les jarretières de véritables bijoux, il faut donc éloigner de son esprit, quand on parle de la jarretière du moyen âge, toutes les pensées legeres qui se rattachent à la nùtre. La duchesse d’Orléans a pu mettre des larmes et des pensées sur ses jarretières, sans s’exposer au ridicule, et Edouard III fouder son ordre (entï47), sans le rabaisser en avouant sou origine.

(A) 1300. Jarttère émaillée, n° 780. (C'est l'Ordre de la Jarretière. lavent, du

duc d'Anjou.)

(B) 13B3. Une jartière, sur nn tissu de sove Inde, gorny d'or, de pertes, de du

rnans et de. balaiz. (Inventaire du duc de Normandie,)

(C ) ' — Une jarretière, à vi balais, iij saphirs et si diamans.

(DH387. A Simonnet le Bec, orfèvre, pont iiij onces dorés, fin vermeil, par lui mis et emploie ès blonqurs et mordant et en plusieurs' clos d'arpent dore pour la ferreute de ij jartière* de satin azur, pour lier les chausses de madame la Royne , lesquels clous, blouques et mordans sont esmaillés. (Comptes royaux.)

(K)dï97. Pour j quartier de satin azur — pour faire jarretières à lier le* chaussas de la Ho y ne — i s. p. (Comptes royaux.)

(Bj 1400. A Jehan le Conte, orfèvre, — pour quatre tissus rte Sue soye azurée , pour faire deux paires de jarretières pour ma dicte Dame (ta duehesso d’Orléaus) xiivi s. p. et pour yceulx avoir ptumv d’arpent doré, ctest assavoir, iiij blouques, ütj mordans et peur roi petits besatts à faire fermeures d’arpent doré. (Ducs de Bourpopne, n° 5904.)

(C;,t435. A Jebau Lessayeur, orfèvre, pour avoir fait doua jaetiiresid’or pour madame la Duchesse (d’Orléans), esiuaillées àiannes et à pensées. (Ducs de Bourpogne, 6742.)

(H) 1560. Sous le souple jarret la .peinte banderole

D’un jartier ondoyant. (Aut. de Balf.)

jaspe. Quartz jaspe. Ses variétés dans le commerce des bijoux etdans la description des objets d'art sont innombrables, car clics dépendent, comme dans les agates, d’une nuance mt d’un accident. Je ne décrirai que le jaspe sanguin, me contentant de mentionner, dans la longue nomenclature des quartz jaspes, les jaspes rubannés, tigrés, arborisés, ag dises . fleuris. On compte, en Sicile seulement, cent variétésde jaspes fleuris; c’est la contrée qui fournit les plus beaux.

(A) 1363. On pobelèt dé jaspe roige, garny d’arpent , et poise i marc , j onc*

(Inventaire du Duc de Normandie.)

(B) — Une petite coupe de jaspe blanc, garnie d'argent:

(G) 1363. Un pot de jaspe noir, garny d’argent, d’ancienne façon.

(D) 1372. Jaspe est nne pierre verde semblable à l’esmeraulde , quant à la cou-

leur, mais elle est pins grosse. Ceste pierre a xvii espèces selon Ysidore, mais la verde est la meilleure. (Le Propriétaire des choses.)

(E) 14t6.Uû coffre de iaspe blanc, garny d’or et à ses iiij coins images garnis

de saphirs, balais , esmeraudes et perles — ci fiv. (Comptes royaux.} (P) 1422. Deux bouteilles de jaspre noir, garnies d’argent doré — xx liv. t. (Invent, du duc de Berry.)

f(M — Un gobelet d’une pierre de jaspre sanz couvercle et garnison, xl s. t. (Hj — Un hannap de jaspre à un couvercle de mesrnes. non garny — lx s. t. (I) — Un dragoner de jaspre, garny d’argent doré et ae plusieurs pierres de diverses manières et perles de petite valeur — xxiiij liv. t.

JASPE SANGUIN. Quartz jaspe. C’est une variété, et la plus belle, des innombrables variétés du quartz jaspe qui n’est luimême qu’une variété du quartz et du quartz agate, dont il se distingue par son opacité. Le jaspe sanguin est d’une dureté à rayer le verre et à faire feu sous le briquet; il ne fond pas à la cfialeur du chalumeau, et il résiste à tous les acides. Il est d’un vert profond et foncé , semé de taches rouges et opaques. L’héliotropé 'est une variété du jaspe sanguin.

(A) 1551. A Robert Mangot, orfèvre, pour ung jaspe vert, goutté de sang , où

est gravé ung Indie, garny a*or, pour l’or et jaspe , cy : — viii liv. v s. t. (Comptes royaux.)

(B) 1573. Une antre table d’autel, d’alyotrope , de liuict poulces de longueur et

de six de large , garnye d’argent par les hordz , ouvrez de quatorze fleurs à jour dedans lesquelles y a des reliquaires et est la bordure d’argent , taillée à y mages , entre les dictes fleurs et le dessonbz de la dicte table est de broderie d’or de Chippre — viii it. (Inventaire de la Sainte-Chapelle.) »

jaspes rubannés, tigrés, arborisés, œillés, agatisés, fleuris, etc. (Voyez Jaspe.) ... t

JAYET. C’est le jais, un bois pétrifié, bitumineux et du plus beau noir. Il se travaille comme l'ébène, dont il semble être la pétrification. Il brûle comme lui, est plus dur, et se polit avec plus d’éclat. La France (Aude et Ariége), la Saxe et l'Espagne fournissent tout le jais qu’on porte , et quand la mode le veut, on en porte beaucoup. Les anciens l’ont connu; au moyen âge, on lui a attribué une grande puissance curative, comme à tous les produits naturels, surtout a cause de sa vertu attractive. On en faisait un grand usage en crucifix, en amulettes contre le mauvais sort, en petits tableaux portatifs, en petites statuettes, en vases, en pâte notre s et en ornements de broderies pour les vêtements. Je citerai des objets d’art exécutés en jais dès les nv« et xv* siècles.

(A) 13Î8. Une patènes très de geest à saigniaut d’or, prisié xii lib. (Invent, de

la royne Clémence.)

(B) 1335. Una crm de ligno , dicte Gestre , mnnita de argenta deanrato cura

crucifiio de ebore. (Invent, de la Sle Chapelle.)

(C) I37Î. Une parure de gest, i i perles d’Escnce, une croisette d’or au boi)t et

Îa li petits boutons d’or, prisé vi francs. (Compte du test, de la royne ebanne d’Evrem.)

(D) 1380. Un hanap à convescle de gest despécié. (Invent, de Charles V.)

(E) — Unes grandes patenostres de jayet noir.

(E) 1393. Item; pateraostres de perles et de jayet, où il v a mvi grosses perles

et ix enseignaulx d’or. (Dons de Philippe le Hardi A sa fille la reine de Bohême.)

(G) 1399. Une croix de jayet, à un crucefix d’ambre blanc et deux angelotz de

mesmes, Nostre Dame, St Jean et un pié d’argent en manière d’une terrasse esmaillée de vert, où sont oz et testes comme de mors. tlav. de Charles YI.)

(H) — Deux chandeliers d’argent, dont les pomeanxsont de cristal et lespiez

et platènes sont 4e pest ou de cor.

(I) — Une peute patenostre de gayet, où y a quarante pièces de gaiest, à

cinq signez d’or à costez et y a hnict pertes d’orient et deux d’escosse et pend à un lacet de soye vermeille.

(J) — Un pare de paternostres d’ore, contenant xxx avez et iiii gandes de

get qe filèrent à mon seignour et mari. (Test. d'Alianor, duchesse de Bloucester.)

(Kj 1405. Une escharpe de geest, besaucée d’argent, à laquelle pent un cornet d’argent. (Ducs de Bourgogne, no 85.)

[L) 1416. Unes patenostres, où il a six seigneaulx d’or, huit autres niendres et

le demouraut de gest et de corail — lx sols t. (Inv. du duc de Berry,)

(M) — Trois pièces de gest, prisées xx sols t.

fN) 15Î4. Ung miroir, assis en gaie noir, fait en manière de coeur et de l’antre costel ung coeur en presse sur une marguerite. (Inventaire de Marguerite d'Autriche.)

(O) — Ung petit sainct Jaques, taillé de geitz noir, assiz sur ung pillier de

mesoie, à trois coquilles en ehiefz.

(P) 1585. Trois petits carquans de geetz — prisé 1 escu. (Invent. des objets

envoyés au ehâteau de Verneoil.)

(0) — Quatre chesnes de geetz noir — prisé 1 escu et demi.

(R) 1586. Coupe de geetz. gamye d’or et les deux sallières de mesmes. (Inveut.

de Marie Stuart.)

(S) 1599. Cinq petis bonnets de satin noir, dont deux en broderie de jetz, un

tout piain, un incarnat et un autre de satin blanc, prisés ensemble iv escus. (învent. de Gabrielle d’Estrées.)

{T) — Une robbe de satin noir, en broderie de getz, par tout le corps et les manches ouvertes et une paire de manches A pointe, prisée il escus.

JAZKü AN. Armure en maille de fer, à 1’ugage dn cavalier et de son cheval, et, par extension, les anneaux de la maille. On disait un bracelet fait en façon de jareran, c'est-à-dire en tonne de chaîne. On disait aussi d’une" étoffe revêtue de maille, qu'elle était jazequenée.

(A) 1260*. Un aubert jacerant li ont fait aporter. (Parisc la Duchesse.)

(B) I3t6 Item trois paires de couvertures gamhoisiées des armes le roy et unes

iodes jazequenées. (Inveut.de Louis le Hutin.)

(C) 1383. Bien estaient armez de nobles jazerant. (Chroniques de Bertrand

Dugueselin.)

(D) — Dont chascun ot cheval couvert de jazerant.

(E) 1530. Gabrielle de Mailly, femme et épouse du Sr Loys de Cambrin, avoit

esté advertye que avyoBS entre noz mains ung bracelet d’or, à fachou de jaserainl à elle appartenant, nous requérant lov vouloir rendre, et, pour ad ce parvenir, nous auroit monstre et exhibé le semblable bracelet qui a esté jugé par Charles Millet, orfèvre de ceste ville (Betbnne) estre semblable. (Arch. de Peronne, cité par M. de la Fons.) fF)1597.Deulx petite chenue à jazerau et ung autre bout à paudres une monstre, ij petit cachetz poisant en or ij on. demi gros, qui valent xviiy Ùv. xxxi s. (Contrat de mariage de Francoyse de Scbomberg.)

JEUX. La passion du jeu suit la marche de la civilisation, non pas eu augmentant, mais en diminuant, à mesure que celle-ci

grandit et s’élève. Au moyen âge, la passion du jeu était extrême, elle se transforma en habitude. La mention des gains et pertes faits au jeu est tellement fréquente dans les comptes, que je suis parvenu, avec ces seules indications, à fixer les séjours de nos rois pendant des mois entiers. J’ai recueilli, dans mes lectures, des cit itions qui présentent la suite presque complète des jeux du moyen âge , je ne puis leur donner place dans cet extrait de mon Glossaire.

JONCHER. Répandre des herbes sèches sur le sol des églises et, des appartements. (Voyez Tapis velus.)

JONCHIF.RE. Je ne cite ici que l’imitation en or et en argent des petits paniers faits en jonc pour préparer l’espèce de fromages, très-estimes au moyen âge, qu’on appelait des jonchés. Le lait prenait dans ces petites corbeilles, sans être soumis à aucime pression, ce qui distinguait ces fromages des fromages de presse.

(A) 4300*. Brillus, autrement dit osier, est ung petit arbret qui naist eu gra-

viers de rivières, — et on en fait corneilles, cannes, cages pour oyseaulx et pour seicher fromages. (Pierre de. Grescenzi.)

(B) 1363. Une jonchière à faire fromages et poise j marc, iij onces. (Inventaire

dn duc de Normandie.)

(C) 1380. Une jonchée à faire fonrmages, pesant un marc, iij onces (ce doit être

le meme j. (Inventaire de Charles V.)

(D) 1426. Deux paires de jonchières d’argent dorées, pesant, toutes ensemble,

x lit. (l)ncs de Bourgogne, 4246.)

(E) 1440. Bredechese, bredehese, jnmtata, junctata. (Prompt, parv.)

j or kl le et aussi Joiel, en latin joellus , joyau. L'explication de ce terme ne m’oblige pas de rappeler quel rôle eurent les joyaux dans la société du moyen âge, ce volume tout entier en contient les preuves, et f inventaire du auc d’Anjou en est le tableau d’ensemble.

(A) 4380. Deux petits jouelles pendans pour mettre en oratoire. (Inventaire de

Charles V.)

(B) 1390. A Jehan du Vivier, orfèvre, pour avoir rappareillié un petit jonel

d’or, fermant à charnières, ouquet a dedens le sépulcre de Nostre Dame d’un eosté et de l’antre costé- l’image de Nostre Dame tenant son enfant, tout d’or, enlevé et esinaillié de blanc, garni de balais, d’esraeraudes et de perles de. compte et par dehors garnv de perles de1 compte autour et en l’un des cottes j miroir et de l’autre partie l’y mage de Nostre Dame esmaillié de rouge cler, — xlij s. p. (Comptes royaux.)

(C) 1 399. Un reliquaire d’or, où dessonbz est Nostre Seigneur couchié ou sépnl-

chre sur nn drap blanc, Nicodemus, Joseph et les trois Maries environ et entour le dit sepulchre les quatre chevaliers et au dessus du dit. reliquaire est Nostre Seigneur monstrant ses plaies et deux angelots tenant la croix, la lance, la couronne et les doux, lequel reliquaire est garny de perles, balais et saphirs, pesant quatre marcs, trois onces d’or. (Inventaire de Charles VI.)

(D) — Un joyau d’or, dont le pié est de feuillages, où sont plusieurs lima-

çons yssant de grosses perles, et au dessoubz est Nostre Seigneur yssant au sépulcre, lequel est. en une nef cbastellée et au dessus est l’y mage Nostre Dame en un tabernacle et au chef du dit joyau est une fleur de lys faicte sur un diament plat, — pesant six marcs, quatre onces d’or.

JOYAUX (garde des) , une des chargés de la cour et un poste de confiance. J’ai parlé, au mot Trésor , du rôle de ces joyaux, d’où ressort l’importance de leur garde.

(A) 1474. Le Duc a un garde des joyaux et son aide et est iceluy garde des joyaux fort privé du Prince, car il a en ses mains un million d'or vaillant et sert à garder les deniers de l’espargne du Prince, tous ses iovatix d’or et pierreries, dont le Duc est riche et lequel en a les plus nelles qu’on sache, et a en sa main toute la vaisselle d’or et d’argent et tons les ornemens de sa chapelle. Et je cuide qu’il a en sa vaisselle d’argent, que Manche que doree, cinquante mille marcs en ses mains. (Olivier de la Marche. Estât du Duc.)

JUIF (ouvrage de). J’ai parlé de ce terme au mot Esmaü , Ouvrage de juif,

(A) 1560. Deux coquilles de perles, garnies d’or, façon de juif, estimées — xxxij tt » (Inventaire du Roy, fait à Fontainebleau.)

JUSTE. Vase ou flacon de table d’une grandeur invariable quant à la capacité, et d’une forme qui variait, tout en se rapprochant de celle des Aiguières. Hydres, Pichiers, etc. Elles étaient à couvercle et à anses , on en faisait en or et en argent, mais surtout en étain, et les petites, les Justelettes, étaient réservées pour boire la bierre.

(A) 1 160. La juste estoit moult bonne et chiere

Tout estoit d’or noblement faite,

Cel qui la tint, avant la traite,

A présent au duc la tendi. (Roman de Wacce.)

(B) 1244. De quadam jnsta ad aqnam, pro domine Comité. (C. ap. Dn Cange.)

(C) 1350. Pour solder et mettre v tiroirs à quatre grans justes et quatre pintes

d’argent. (Comptes royaux.)

(D) 1352. Pour refaire les charnières neuves de lij justes. (Idem.)

(E) — Percipiet etiam quilibet fratrum — cotidie duas jnstas de cervisia.

(Monast. angl.)

(F) 1630. inventaire du Duc d’Anjou, 619, 620.

(G) 1363. ij grands justes d’or fin. (Inventaire du Duc de Normandie.)

(H) — Les iiij grands justes d’argent blanc, qui sont pareilles, dont l'une est

sans couvescle et poise tout ensemble xxxv marcs, ij onces.

{1)1372 .Deux grans justes d'argent blanc, pesant iviij marcs , iij onces et demyes, primé C francs. (Compte du testament de la Royne.)

(J) 1380. xij justes d’or rondes et a, en cbascnne , un esmail rond des armes de

France et poisent vi**vii marcs, vi onces d’or. (Invent, de Charles V.)

(K) — xxvi justes d’argent dorées et ont sur les couvescles chacun un esmail

rond, aux armes deeFrance, pesant ciiij**xiv marcs.

(L) 1404. Un vaissel, appellé Justelette, qui estoit d'estain à quoy l’on boit cer-

voise. (Lettres de rémission.)

(M) 1410. Pour avoir rappareillée et mis à point une juste d'argent doré, — refait

de nnefles charnières, ressoude l’ance d’icelle juste et le cliquetât) couvercle. (Comptes royaux.)

(N) — Deux grans justes d’argent doré , esmaillées chascune sur les cou-

vercles à un chappel, à boutons de rozes, et de fleurettes d’azur parmi.

(O) 1457. Trois pichiers ou justes d’argent, six tasses d’argent pesant chacune

sept marcs et demi. (Lettres de rémission.)

KAXNETJE (Jacobus), poterie de grès. Voici l’origine de cette dénomination, et la date de la plus ancienne autorité sur laquelle on la fonde. Jacqueline, comtesse de Hollande, née en itoo, morte en 1*36, et fameuse dans l’histoire des Pays-Bas, aimait à tirer au papegay, d’autres disent aux lapins, et, pour se rafraîchir

pendant cet exercice, se faisait apporter à boire dans des kannetje qu'elle jetait, une fois vidées, dans les fossés de sou château. En 1635 , on trouva de ces pots de grès dans les fossés du château de Rosenburg, entre Leyde et La Haye, et ce fut assez pour réveiller ce souvenir. Heemskerck, qui écrivait alors sa Batavische Arcadia, dont la première édition est de 1637, accueillit la tradition, et c’est sur cette autorité que repose le fait et le nom. Plusieurs écrivains ont répété les paroles d’Heemskerck, d’autres ont été plus loin, et, sans se fonder sur l’autorité d’aucun document, sans s’inquiéter de la position d’une souveraine et des mœurs du temps, même lorsque cette souveraine est une extravagante, ils ont transformé la princesse Jacqueline en potier de grès, pétrissant la terre, tournant les Kannetje et surveillant la fournée. C’est ainsi qu’on la voit représentée , dans les petits livres populaires de la Hollande. Je parlerai de l’origine véritable et des plus anciens monuments de cette belle fabrication dans la notice des faïences émaillées.

LACS, Lacets, de laqveus. H y avait à Paris , à une époque reculée du moyen àge; deux corps de métier remplis par des ouvriers et des ouvrières qui fabriquaient les lacs, rubans et tissus, dont il est impossible de ne pas parler ici , parce que ce travail de riche passementerie fut aussi et resta, pendant tout le moyen dge, la besogne. élégante et le passe-temps habituel des dames de la cour et de la ville. C’est à la fois un trait de mœurs, et l’explication des textes ainsi que des monuments figurés ou conservés en nature. Dans ce moyen âge assez rude, aux mains de ces femmes du mondé, fort ignorantes sous le rapport littéraire, nous trouvons des ouvrages d’un art et d’une exécution bien supérieurs aux travaux de tapisserie en canevas et autres genres de broderies que nos femmes les plus élégantes et les plus habiles exécutent de nos jours. Les cordons tissés en tuyaux ou circulairement, les rubans plats, les orfrois ou bordures, supposent des procédés très-ingénieux , un goût très-fin, un sentiment des arts développé, et des mains très-adroites. Un de ces tissus, sur lequel se lit une inscription en quatre vers français ( voyez Dnitrie ) , sert d’attache au sceau appendu , par Richard Cœur de Lion , au bas d’une charte datée du 20 juin 1190.

(A) 1 160. Pucelès quatre vins on cent,

Qui fesoient laz et frèsians

Et aumosniëres et joiaus. (Roman de Pôrceval.) »

(B) 1260*. Ele meisme, par déduit,

Fist un firesel de soie estruit

De qu’en dut Taire las à hiaumes. (Roman de l’EseoufOe.) (G) — Bien sachiés que joa referoie,

Joiaus de 111 d'or et de soie,

Kil n V>.t Terne ki tant en hache

D’orTrois, de caintnre, d'attache. (Idem.) (D)t441.LaDamedeFaiel tist nu laqs de loye moult bel et bien fait. (Cbro~ nique du cbast. de Concy.)

Ladakon. Le labdanum, gomme résine qu’on recueille du cisttu ortticvs, qui croit en Crète et en Syrie.

(A) l4S7.Une patrenostre 4o ladanon où il , a nng petit boton de perles an bout. (Duce de Bourgogne, 317t.)

LAICHEFRUITTE. Lèchefrite. Je ne cite cet ustensile (1e cuisine, accessoire obligé de la broche, qu’en raison du précieux métal dont elle était faite pour la cuisine du roi.

(A) 1380. Une laichefrnitte (d’argent blanc) et deui paelles à queue, dont Tune est plus grande que l'autre, pesant xxvi mares, vi onces. (Inventaire de Charles V.)

LAMPE. Ce mot n’a pas besoin d’explication; je ferai remar-

3uer que les cierges, chandelles, torches, flambeaux, reviennent ans les textes bien plus souvent que les lampes. (Voy. Lampier.) (A) 1399. Une lampe de voirre, ouvrée en façon de damas, sans aucune garnison d’argent. (Inventaire de Charles VI.)

LAMPE (tour de). J’ignore quelle forme indique précisément cette expression qu’on rencontre assez souvent dans les inventaires. (A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 198, 211.

(B) 1403. Sii hanaps d’or, en façon de tour de lampe, osmaillez ou fous par dedans aux armes de MS. (Ducs de Bourgogne, n° 5948.)

LAMPIF.R. Support de lampes , formant l’ensemble que nous appelons un lustre. Ce mot désignait aussi les lampistes qui firent inscrire, en 1260, leurs statuts.

(A) 12C0. Titre xlv. C’est le registre des larapiers. Que nus chandelliers decuti’re ne soient faiz de pièces soudées pour mettre sus table, ne lampes ne soient faites que d une pièce se il ne sont à clavail. (Us des Metier» recueillis par Et. Boileau.)

(B) 1376. Item trois larapiers d'arpent pendans devant la grant porte. (Inventaire de la Sainte-Chapelle.)

(C) 1380. Un lampier d’argent, à la façon des antres lampiers, excepté qu’il est plus petit et pnet peser ‘environ deux marcs. (Inventaire de Charles V.)

(D) — Un lampier d’argent pendant à la dite chappelle, lequel est d’argent doré, en façon ae couronne à petitz pilliers, garnis de doubletz de voirre et pend à iij chainettes dorées où il a un pommelet au dessus, pesant vi marcs, j once.

(E) 1403. Un bel chandelier pendant, eu telle manière que douze petites lampe» y puissent estre et soient mises et un cierge au milieu eu l’honneur des treize apostres. (Testament de Louis, duc d’Orléans.)

(F) 1406. Ils apperenrent que les lampiers (de la Sainte-Chapelle de Paris), qui estoient d'argent en estoient ostez et considérèrent comment ce pooit avoir esté fait. (Instrument cité par Du Cange.)

(G) 1472. Un lampier d’argent, pesant xiii marcs, iv onces et demy, ffne le roy a donné à l’église de la Trinité de Vendosme pour estre devant la ♦ Sainte Larme. (Comptes royaux.)

LANGUI ER. Langues de serpent réunies snr une pièce d’orfèvrerie en forme d’arbre on autrement. On rencontre dans les inventaires les languiers décrits dans le chapitre des salières, et la plupart des salières sont accompagnées de langues de serpent. Au nombre de toutes les choses qu'on essayait pour s'assurer qu’elles n'étaient pas empoisonnées, il faut compter le sel, et les langues de serpent servaient à faire cet essai. (Voyez aux mots Serpent et Sallière.)

(A) 1353. Un langnier de langues de serpent, où il ne faut riens, auquel languier avoit un pié, un camahieu ou milieu , semé d’esmaux et doré, pesant vi marcs, yii onces. (Comptes royaux.)

(B) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 81 , 297, 51 J. . a

(G) 1363. Un languierde serpens, à manière d’abre, surun pied et poisevi marcs, vi onces et demie. (Inventaire du duc de Normandie.)

(D) 1380. Un grand lauguier, en façon de sallière «l’argent doré , et ou milieu

dudit lauguier a un grand ‘cainabieu d’une teste de femme — pesant vi marcs. (Inventaire de Charles V.)

(E) 1408. Un arbre de eoural, à cinq lengues et six dens de serpent. (Ducs de

Bourgogne, n° 6088.)

lanterne. On en faisait en or, en argent, en cuivre et en fer. La lumière était préservée du vent par de minces feuilles de corne. C’est notre lanterne d’aujourd’hui. Cet emploi de la corne a servi de prétexte aux pigniers et aux lanterniers nour se réunir dans un seul corps de métier. On employait encore les feuilles de corne pour couvrir les titres des livres qu’on mettiit, dans un petit encadrement, sur le plat des volumes reliés, et aussi pour garantir les reliques dans les reliquaires. C’est chez le lauter nier qu’on s’en fournissait. La lanterne pour mettre les boules de senteurs , appelée» oyselez de Chypre, était un joyau.

(A) 1260. Tit. lxvij. Des pingniers et des lanterniers de Paris. Quiconques veut

estre pingniers et lanterniers de cor et d’ivoire, estre le puet franchement.— N ns pingniers ne doit ne ne pnet nietre cor nuef ne viez en merrien de viez lenternes pour vendre, qnar l’œvre n’est ne bonne ne loial, se il ne le feità la requeste d’aucun preudome qu’il leur requière sa viez lenterne ou son viez pigne pour rapareiliier. (Us des Métiers recueillis par le prevost de Paris )

(B) 1353. Une lanterne d’argent dorée et esmailliée, d’envre de maçonnerie, pe-

sant v marcs, iij onces. (Comptes royaux.)

(G) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 36.

(D) 1372. Une lanterne d’argent — prisiée x francs d'or. (Compte du test, de la

Royne.)

(E) 1380. Une très petite lanterne d’argent dorée, à une chaisne, pour mettre

oisclles de Cipre, pesant une once et demie. (Invent. de Charles V.)

(F) — Une lanterne à six costés, d’argent veré, pesant ij m., j once d’argent,

laquelle lanterne le Roy NS. a prins et retenu par devers lui. (Comptes royaux.)

(G) 1384-85. Pour apparillier le tabliau de cuyvre où sont les reliques, — Pour

cor pour couvrir lesdites reliques, paie au lautemier. (Comptes de l’église de Troyes.)

(H) 1388. A Jehau de Richebourt, chanderonnier, ^our un long cotfre de boys,

ferré par dedens tout an long et par «leuors, à un large huisset de laitton, à petits troux pour mettre un cierge ardant de nuit en la chambre de madame Jehanne de France, pour ce — lxiiij s. p (Comptes royaux.)

(I) 1399. Une lanterne d’argent doré par les bandes, pesant, avec le cor, trois

marcs, cinq onces. (Inventaire de Charles Y).

(J) 141 6. Une lanterne d’argent veré, à trois esmaulx aux armes de feu MS.

d’Estampes, pesant avec le cor, six marcs. (Invent, du duc de Berry.)

(K) 1467. Une petite lanterne d’argent blanc, à trois esmaulx des armes de

madame la douagière de Haynnau. (Ducs de Bourgogne, 2136.)

(L) 1510. Deux pots d’argent, partie dorez, qui ont sur le couvercle deux lan-

ternes où y a des personnages, pesans ensemble xxi® ij°. (Inventaire de Georges I, card. d'Amboise.)

(M) 1528. A Pierre Mango, orfèvre du Roy, pour avoir refaict de neuf, à ungdes

chandeliers, une lenterne, pour avoir redressé et resouldé les quatre grands bassins— liij liv. (Comptes royaux.)

LAPIS ALBAZAHAR. Probablement les parties blanches du

lapis veiné, mot formé dn latin alba, blanche, et de sa traduction arabe sahan, pour zahar. Ces rapprochements, cette fusion de deux langues en une seule, sont assez fréquents. On employait on Sicile, sous les Romains, des mots grecs ainsi rapprochés' de mots latins qui avaient une même signification. Quant à la propriété de cette pierre, d’être souveraine contre le venin, il est inutile de s’en occuper ici.

(A) 1380. Une petite leste de serpent noire, nommée Lapis albatahan. (Inventaire de Charles V.)

LAPIS-LAZUI.I. Pierre bleue, opaque, veinée de blanc et pointillée de pyrites ferrugineuses, qui semblent de l’or. Le lapis fait feu sous le briquet, cependant il est fusible au chalumeau et se dissout dans les acides concentrés. On l'emploie , en choisissant les morceaux les plus bleus, de la nuance la plus égale, et fournis ca pins grande abondance de la poudre d’or dont je viens de parler. Des échantillons qui réunissent ces qualités, ont suffi à des coupes et vases de bonnes dimensions; combinés par fragments plus ou moins grands, ils forment de magnifiques dessus de table. On peut encore , en conservant les parties blanches , l’employer en coupes et bassins. Les anciens l’ont connu et très-fort apprécié. L’outremer était produit uniquement par cette pierre pulvérisée, avant que l’illustre M. Thénard eût découvert la substance chimique qui porte son nom et qui le remplace aujourd’hui. Le lapis le plus beau nous est fourni par la Chine, la Perse et la Russie.,

(A) 1372.Zimech est une pierre on nne veine de terre dont on faict l’asnr si

comme dit le lapidaire. Geste pierre est de tant meilleur comme elle est plus semblable à la couleur du ciel. El a aulcunes taches dorées et entremeslées. Aulcunes de ses pierres sont nng peu blanches et cestes sont plus terrestres et pour ce elles ne sont pas si précieuses. (Le Propriétaire des choses.)

(B) 1336. Ëng annean garni d’nne teste taillée, eslevée, de lapis Lazari (Inven-

taire do Charles Quint.)

(C) 1599. Dent salliéres de lapis , avec leurs couvercles de mesure, garnies d’or

taillées et esmailtées de basse taille , prisées ensemble quatre vingt esens. (Inventaire de Oabrielle d’Estrées.)

LARGESSE. 11 faudrait réunir dans cet article un plus grand nombre de citations, üLétait besoin de prouver que la société militaire et domestique utr moyeu âge était fondée sur cette vertu ou sur cette obligation. J’ai exposé ailleurs mes idées sur ce point, il suffit ici de les indiquer , tout ce volume pouvant faire l’office de preuves.

(AJ1215. Car largesse fait home amer

A trrstons cens de son pais.

Mrïsmement ses anemis Paet l’en conqoerre par demer.

(Chanson dn comte de Bntagne.)

(B) 1345. Bonnet, seignenrs, donne* A tontes mains,

No retenea seulement Ion l'onnenr. (ttoill. de Maehaolt.)

(C) 1433. Les dons et promesses, quant on lespenlt accomplir, les honneurs, les

bonnes chères, selon les gens, esjonissent, lient et emprisonnent leurs cueurs , tellement qne tous sont siens. Et aua officiers les robben de livrée , afin que pour vous tons soient, à ma dame 1a Rojne aucunes fois la belle bacqnenée, aucunes fois le beau cheval pour sa bttière ou pour son chariot. Aui aultres dames selon ce qu’elles sont; aut unes les hanlt atouts , aut anltre» les seintures d’argent bien dorées ; mi

unes fins tissus seulement et aux aultres les belles ferrures; aux unes les gracieux dyamans et aux aultres les verges d’or gentement esmaillées, et les basses damoyselles , gans, bourses, laceetz et espingles . selon ce qu’elles sont. (Ant. de La Salle.)

LARMES DE JOB. Plante arondinacée dont les fruits renferment une semence grosse comme un pois , d'un beau poli et de couleur jaunâtre, tirant sur la brun rouge. On recevait ces grains de POrient.

(A) 1456. Unes patenostres de larme de Job, esquelles y a xxx pièces. [Ducs df* Bourgogne, n° 6967.)

LAVE Pierre opaque, d’un ton gris verdâtre, tachetée et marquée d’accidents qui en varient les effets et ne s’opposent pas à son beau poli. Elle n’est pas très-dure, puisqu'on la travaille avec l’acier, et elle est très-légere. Tous les pays volcaniques la produisent, mais la lave du Vésuve, étant continuellement mise eu œuvre par les bijoutiers italiens, est la plus connue, et on appelle toutes tes Laves, laves du Vésuve.

lavoir. Vase fermé, rempli d’eau chaude, répondant à nos boules et chaufferettes. (Voyez Bacin et Chaufette.)

(A) 1376.Una pelvis sive bacinus , eu ni uno lavatorio, pro servitio custodum

nocturnoruin. (Inventaire de la Sainte-Chapelle.)

(B) 1380. Un petit lavoûer> c’est assavoir chaufette et bassin d’argent veré et

est le pied esmaillé à testes, pesant iij marcs, once et demye. (Inventaire de Charles V.)

(G) 1389. Un lavouer à quarrés, doré, à deux tuiaulx et une ance. (Dncs de Bourgogne, 5471.)

(D) 1416. Le suppliant — print en la ville de Tberouenne deux chauffrettes que

on nomme, an lien, pos lavoirs. (Lettres de rémission.)

(E) 1420. Duas pelves argenteas, tria lavatoria argente a. (Apud Du Cange.)

(F) 1470. Le suppliant print »ing lavouer de terre qu’il trouva sur le bort de la

rivière. (Lettres de rémission.)

LAYETTE. C’était un coffre, mais léger et de petites dimensions, plus particulièrement îéscrvô à la conservation des papiers dans les archives.

(A) 1399. Une layette de bois où sont reliques de sainte Catherine, de S. Lau-

rens et de plusieurs autres saints. (Inventaire de Charles VI.)

(B) — Un petit escrinet. d’ivire blanc, en façon de layette très petite, plain

de reliques, sans aucune garnison.

(C) 1 416. En une layette, plusieurs cayers d’unes très riches heures que faisoient

Pol de Limhourc et ses frères, prisez vc liv. t. (Ducs de Bourgogne, tome I, p. cxxi.)

(D) 1440. Une lalette de bois où sont plusieurs lettres closes. (Ducs de Bour-

gogne, n<> 6568.)

(E) 1448. Le chancellier de Bonrgoingne — a ordonné — que l’on feist faire

bonnes layetes de bois de chaigne et que en chascnne layete, feust fait ung brevet et inventoire particulier de toutes les lettres qui seront mises en icelle layette. (Ducs de Bourgogne, tome I, p. lxx.)

(F) 1459. Une layette de bois, liée d’une cordelette en croix, et scellée sur le

neu de la dite cordelette, de son contre scel (du duc de Bourgogne) snr lamielle layette est escript, en ung lieu, ce qui s’en suit : Testament ae monseigneur le duc Pbl. de Bonrgongne et de Brabant. (Areh* de Dijon, cité par Gachard.)

(G) 1467. Une petite layecte d’or, où il a des reliques, et aussi de dessus, pesant

ij onces. (Ducs de Bourgogne, 2117.)

(H) — Une layectft plainne d’escheez d<> cristal. (Dncs de Bourgogne, 3 157.)

(I) 1599. Plusieurs bouetes et layettes dedans lesqoelles sont Ips pierreries,

bagnes et joyaulx de la dicte défuncte daine. (Inventaire de Gabrielle d’Estrées.)

LETON. Laiton. Los inventaires revaux n'enregistrent que par hasard, et comme à contre-cœur, des objets d'un métal grossier et sans valeur ; les articles que je cite sont presque les seuls que ie rencontre. On remarquera des pots d’argent en façon de pots de cuivre, c’est-à-dire de pots dont la forme était généralement exécutée en cuivre, comme casseroles, chaudrons, poêles.

(A) 1363. Cn reliquaire sur pied de leton. (Invent, du dnede Normandie.)

(B) 1372. Laiton meslé avec estaing et orpin et aultres médecines prent la co-

leur d’or — de tel laiton on fait vaisseaulx de moultz de manières qui semblent estre d'or en leur nonueleté , mays y perdent lenr beaulté petit à petit. (Le Propriétaire des choses.)

(C) 1380. Quatre pots d’argent blanc, en façon de nots de cuivre, dont il y en a

un à queue, pesans ivi marcs, vii onces. (Invent, de Charles Y.)

(D) — Uns tableaux de cuivre où sont plusieurs ymages enlevez, c’est assa-

voir Nostre Dame offrant Nostre Seigneur a St. Simon au temple, enchâssez en ybenne. (Le seul article de cuivre dans les 3670 articles de l’inventaire’ de Charles V.)

(E) -«• Il y eut un seigneur en Béarn, ani s 'appel oit Gaston, moult vaillant

homme aux armes et fut ensevely en réélise des frères minenrs — à Ortaiz et là le trouverez et verrez comme il fut grand de corps et puissant de membres, car, en son vivant, en beau leton, il se Ut former et tailler. (Froissart.)

(F) 1440. Laton, métal, auricalcum. (Prompt, parmi.)

(G) 1586. Item deux coqnemars de franc cnyvre , façon de Lyon. Item ung pot

de cnyvre de la façon de Lyon , bandé de fêr. (Invent. d’Emard Nicolay, président de la chambre des comptes, cité par Monteil.)

LETTRES TAILLÉES. Lps musées et les collections particulières conservent (le ces lettres précieusement travaillées, le Musée du Louvre en possède une qui est charmante. Une F qui, cn se dédoublant, présentait deux F accouplées , a été vrndue avec la collection Deoruges. Un altiste flamand, à ce qu'il semble, aurait excellé dans cette sculpture microscopique, et produit, dans la première moitiédu xvie siècle, ces charmantes inutilités.

(A) (524. Une belle M de bois, bien taillée, à une petite chayne de bois pendant, aux lettres dn nom de Jhesits. (inventoire de Marguerite d’Autriche.)

LETTRES YWAftiNÉES. C'est-à-dire initiales ornées, ou accompagnées d’une miniature.

(A) 1350. En c’est roman ait vi« et vi grosses lettres ymaginées, qui chascunn costoit on florin. (Souscription indiquant le nombre des miniatnres dos romans de Saint Graal et de Merlin. MSS. de la Bibl. Nat. n® 6777, anc. fonds.)

LEl'TK I N Lutrin ou Pupitre. Je laisse de côté l’acception d’Ambon. Pour celle de prie-dieu, voyez Lectrun. Ou pulpitum et pulpitrum est venu le pupitre, et du letrum et leclrum. le lutrin. Il y en avait à mécanisme ingénieux pour mouvoir dans les salles d’étude, et sans les déplacer, les énormes volumes en parchemin, (voyez /tues et Collections p arliculieres). Il y en avait de longs pour servir dans les bibliothèques; il y en avait de toutes formes dans le chœur des églises, mais l’ange etd'aigle aux ailes déployées

ET RÉPEBTOIAB. 359

étant la plus ordinaire, on disait couramment l’ange et l’aigle pour le pupitre, c’est ainsi que le qualifie Villars de Honnecourt, en indiquant un mécanisme pour faire tourner la tète de l’oiseau vers le ûiacre qui lit l’évangile.

(A) I006.Pulpitam ex ære deaurato fabrefactum , in quo ev*Dgelium in missa

canebatnr. (Ann. Ordiai S. Bened. ap. Mabillon.)

(B) 1080. Fulpitnm gallice letrum et nota qnod pulpitum est assensns graduum

ad foeum ubi le^itur, quia letrum sive aualogium est id super quod ponitur liber. (Dict.Joh. de Garlandia.)

(C) 1248*. Ri velt faire i letris por sns lire évangille, ves ent ci le rnellor ma-

nière que jo sace — ves ent ci le portrait. En mi lin dos ii j colon bes • doit avoir une verge qui porte le pumiel sor coi li aile siet — Par chu fait om dorner la teste del aquile vers le diachene kant iist le vangüe. - (Villars de Honnecourt.)

(D) 1363. Cn lestrin de bastons et pièces quarrées. d'argent blanc, à mettre soubz

uu livre, poise xxi marcs, ij onees. (Invent, du duc de Normandie.) (£) 1380. Un letrin de fer, ouvré à fers de moulin. (Inventaire de Charles V. C’est le même article que je cite au mot drier, d’après l’inventaire de 1399.)

(F) 1399. Un letrin en façon d'un coffre lequel est d'ivire blanc et noir et histo-

rié de plusieurs jmaiges. (Inventaire de Charles VI.)

(C) 1450. Letrins volans on à cygoignes sur les chaeses. (Ap. Du Cange.)

(H) 1477. A Guillaume Boyvin, huchier, pour ung marchepté fait pour mectre. devant l’angre au cueur de reglise — xv s. (Archives de la Seine- Inférieure. )

LEUTRUN. Prie-dieu. Leur forme a suivi les modifications du style de l'architecture, f A) 1168*. Devant l’autel s’agegnoilla

Sour un iectran ses ganz jeta. (Roman de Wace.)

(,B) 1454, A Sauve ton Fumelle, menuisier, demeurant à Ghinon, pour avoir fait un leutrin pour mon dit seigneur, (Charles de France), à tenir ses heures devant lui quant il oyt sa messe. Pour ce — v sols. (Comptes royaux.)

(G) — A lui pour une tablette carrée, assise sur une croisée de fort boys et

sur ung pié qui tourne, à mettre dessus les poulpitres et livres où aprant rnondit seigneur — xx s.

(D) 1467. Ung pupitre d’argent blanc en sept pièces, qui poise 1 marc. (Ducs de

Bourgogne, 2246.)

(E) 1478. A Jehan de la Planche, huscher, pour avoir fait huyt leutrins mis en

la librarie. Item pour avoir fait deux lougs iieutrins mis au long de ladite librarie. (Arch. de la Seine-Inférieure.)

LIBRAIRE, librairie. Le libraire était à la fois relieur, écrivain, peintre inmiaturiste et marchand de toutes les fournitures de bureau. La librairie, c'était 1 1 bibliothèque. On ne trouvera rien, dans cet extrait de mon Glossaire, sur ce métier, sur la disposition des bibliothèques, sur les livres en général. Ce serait très-volumineux et trop étranger à la collection des objets d’arts exposés dans les galeries du Louvre.

LICORNE. Longtemps avant Ctésias, c’est-à-dire aux origines de la civilisation, an s’occupait de l’existence d’un animal qui n’avait au front qu’une seule corne et on racontait les vertus merveilleuses de cette corne , contre le poison et les maladies. Cette préoccupation, fut celle de l’antiquité, elle a régné en Europe comme eu Orient pendant tout le moyen âge. Elle n'a cessé en France que dans le xvt« siècle ; on la trouve encore existante dans

les cours de Russie et de Pologne vers la fin du wn'. Il y aurait un livre à faire sur l’origine, les développements et la persistance de ces traditions, je n’ai place que pour quelques lignes, toute mon ambition est d’ètre clair en allant droit au fait. L’antiquité a cru à un unicorne; ses écrivains, et parmi eux des esprits distingués, comme Aristote, César et Pline, l'ont décrit, mais pas un seul ne prétend l’avoir vu. 11 en fut de même au moyen âge, et l’on conçoit comment des descriptions d'un animal qui n’existait pas durent varier à l’infini. Les découvertes les plus modernes ne laissent plus supposer l’existence possible de l’unicorne sur aucun point du globe, à moins qu’on ne veuille compter encore avec les peut-être des .voyageurs Rüsseger, Uüppel et Fresnel. Le rhinocéros, avec sa corne sur le nez, reste la seule base de toutes ces données merveilleuses; si on les examine avec soin, on parvient à les rattacher, quant à leurs éléments essentiels et positifs, à cet être réel. Nous ne savons pas si les coupes taillées dans la défense de l’iinicorne, et qui , séton Ctésias, préservaient du poison, de l'épilepsie et d'autres maladies, rien qu’en buvant dedans de l'eau claire, étaient faites de cornes de rhinocéros, mais nous pouvons affirmer qu’au moyen Age, cet animal était trop connu des voyageurs pour continuer à répondre à des propriétés si merveilleuses, et sa corne trop courte pour être celle que décrivent les inventaires. Il s’agit dans ces documents de cornes droites de trois, quatre, cinq, six et jusqu’à sept pieds de long. Comment le rhinocéros, ayant donné lieu aux traditions dont nous parlons, cette substitution au profit d’un autre animal put-elle se faire ? Tout naturellement. On avait composé un animal fabuleux qui répondait à plusieurs animaux à la fois, toutes les cornes d’animaux nouvellement découverts et prises isolément pouvaient lui avoir appartenu, et lorsque les explorateurs firent mieux connaître ces animaux, tout en continuant à dissimuler l'existence de deux cornes, les encyclopédistes se virent forcés d’admettre, et ils admirent sans hésitation, plusieurs variétés de licornes. Toutefois, une seule , l’oryx , au corps de cerf, pouvait fournir des cornes d’une certaine dimension, et il est probable que, pendant les premiers siècles du moyen âge, les gens superstitieux, et tout le monde l’était, se contentèrent de celles-là. Mais voilà que des navigateurs rencontrent, jetées sur les côtes des mers du Nord, des cornes d’une sorte d’ivoire, allongées en spirales, droites et longues de plusieurs pieds. Ils purent ignorer qu’elles venaient du narval, cétacé du genre des aelphiniens , car détachées dçl’alvéole, on ne

S eut distinguer si elles sont prises sur le front ou dans la mâchoire 'un animal-, si cet animal est un quadrupède ou un cétacé, et l’amour du gain suffisait bien pour engager nos marins à vendre, au retour, cette longue défense pour la véritable corne de La licorne. Peut-être eux-mèmes le croyaient-ils, au risque d’ajouter une queue de poisson à la licorne fabuleuse, si bizarrement construite déjà. Ces mers du nord autour du Spitzberg et du Groëuland étaient alors rarement parcourues, parce qu’elles étaient d’une navigation bien difficile. La récolte des dents de narval dut rester longtemps peu fructueuse, et leur rareté maintenir, élever même leur prix. Un Tait seulement nous est acquis, c’est que la licorne des xtv», xv* et xvi' siècles est bien la dent du narval, et la constatation n’était pas difficile à faire , car, sans chercher a établir qu’aucun animal

BT RÉPERTOIRE.

ne porte des cornes assez longues pour répondre aux cornes droites énumérées dans les inventaires, sans vouloir prouver que le narval seul est muni de défenses droites, s’allongeant en spirales , il suffisait de rappeler que celles qu’on montra, jusqu’à la révolution de 93, dans l'abbaye de Saint-Denis, et qui n’avaient jamais quitté le trésor de cette église, étaient bel et bien des défenses de narval. Quoique arrivant en plus grand nombre sur le marché européen, ces soi-disant cornes de licornes ne baissèrent pas de prix, parce que la confiance dans leur efficacité comme contre-poison, ou an moins comme moyen indicateur de la présence du poison dans les boissons et dans les mets, alla toujours s’augmentant et s’étendant. Il parait qu’à partir du xiv* siècle, la licorne l’emporta à cet égard sur toutes les autres matières et substances usitées ou proposées, elle seule ou presque seule présida aux essais, et bien, qu’on variât beaucoup sur les effets qu’elle devait manifester pour constater la présence ou l’absence du venin, on n’en cnit pas moins d’une manière inébranlable à son efficacité. On acheta , dès l’origine , la licorne en défenses entières, pour les conserver comme curiosité dans les Trésors , mais il n’était donné qu’aux rois, aux princes et aux plus riches seigneurs d’en posséder de complètes; en général, on les débitait par petites pièces, soit pour en faire des épreuves, soit pour les enchâsser dans les coupes, aiguières, plats, etc., avec la prétention que la présence de la licorne agissait comme contrepoison. Des commerçants et des détaillants trafiquèrent spécialement an la licorne, et, comme la fraude était facile, puisqu'il est établi qu’on vendait de l’ivoire pour de la licorne, c’était une sorte de notoriété et de renom lentement acquis qui désignaient à la confiance telle ou telle boutique. Une fois la licorne admise comme contrepoison, on dut croiie que l’eau , dans laquelle on la laissait plonger quelque temps , acquérait cette même vertu , et jusqu’au ivii« siècle on vendit chez ces mêmes marchands de l’eau de licorne. Il faut descendre jusqu'au milieu du xvi* siècle pour trouver, non pas encore l’incrédulité générale, mais la révolte de quelques habiles médecins, d’Ambroise Paré notamment, contre ces piatiques superstitieuses, d’autant plus dangereuses qu’elles empêchaient d’employer des moyens efficaces. Au xvn' siècle, cette croyance n’était pas encore éteinte, et l’origine de ces défenses de narval, dites de licorne, planait encore dans le mystère. Le père Kircher exagère le prix qu’aurait conservé la licorne en 1862, et l’ignorance où l’on était sur sa provenance, pour rendre un chapitic de son ouvrage plus intéressant, et sa découverte plus importante, découverte qu’il devait au comte d’Alfeld. Ce conseiller du roi de Danemark lui raconta qu’une expédition envoyée par son souverain dans les mers du Groenland , non-seulement trouva un grand nombre de ces prétendues cornes de licornes sur le rivage , mais rapporta le cétacé lui-mème, dont c’était la défense, et, d’après sa description, Kircher en donne la figure. Je ne m’occupe pas ici de la licorne, animal symbolique, emblème de la virginité et de la religion, c’est un sujet plus vaste encore et qui m'entraînerait trop loin. (Voyez Essay et Epreuve.)

(A) t250.Une beste qui est apelée en grieH monoceros : c'est en latin unieorne. — Pbysiologes nos ilist île sa nature qu’il est mnlt bel de cors et si n’est mie grant beste, ba cors de ceval et pies d'olifant et teste de

cerf et balte vois et clère et coe torte comme porcel ; et une corne en* mi le front qui de longor a iiij piés, droite et aigue- (Bestiaire.)

(B) 1298.11s ont leofans sauvajes et ont unicornes asez qe ne sont mie guères

raoin qe un leofans : il snnt dou pool dou btifal. Les niés a fait corne leofant; il a un cor enmi le front mont gros et noir. (Marco Polo.)

(C) 1300*. Cors de cheval, piés d’olifant,

Tieste de cerf, vois élevé et grant

Relies hautes com truies ont

Et une corne euimi le front

Qui de longueur a iiij piés

Droite, agne comme espiés. (Image du Monde.)

(D) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 565, 656.

(Ê) 1388. Pour avoir atacbié une espreuve de lincome et mise sur une chayenne d’argent doré et enchaçonnée, — ixiiij s. p. (Comptes royaui.)

(P) 1391. Une espreuve d’une unicorne, enchassié en or, à une chesnete et un anelet au bout. (Ducs de Bourgogne, n. 5513. Voyez aussi n. 79.)

(G) 1399. Une grande pièce de corne d’une unycome de la longueur de trois

piez ou environ et est toutte tnerse, laquelle achepta le Roy am estraines l’an 94. (Inventaire de Charles TI.)

(H) 1405. Une pièce d’unicorne à mettre dedens le pot à vin. (Ducs de Bour-

gogne, n. 80.)

(I) 1414. Une grande couppe d’or godcronnée, qui se met en iij pièces, et y a

an fous licorne et autres choses contre venin que donna au Duc (de Bretagne) le roy d'Angleterre. (Chambre des Comptes de Nantés.)

(f ) 1416. Une tousche, en qnoy a esté mis une pièce de lichorne, pour touschier la viande de Monseigneur, pesant uoe once d’argent blanc. (Ducs de Bourgogne , 300.)

(K) — Une corne d’une unicorne, que le roy de Navarre donna à Monsei-

gneur— 1 liv. t. (Iuvent. du duc de Berry.)

(L) — Une corne entière d’une unicorne — ije liv. t.

(M) 1420. Ung pot d’argent doré, où l’on met la licorne, pesant ix m. vi o. (Ducs

de Bourgogne , 4327.)

(N) — Une pièce de corne de licorne d’environ 1 pié et demy et iiij doye de

long. (Ducs de Bourgogne, 4119.)

(O) — Une bien longue corne de licorne de vii piez et demi de long. (Ducs de

Bourgogne, 4221 .)

(P) 1456. Une licorne noire, pendant à une petite chesne d’or. (Ducs de Bourg.,

(0) 1464. Un petit anneau d’or et une licorne avec quinze grains d’or. (Ducs de Bourgogne, n18 7047.)

(R) 1467. Une aiguière de licorne, garnie d’or et de plusieurs petites perles en-

tour. (Unes de Bourgogne, 2359.)

(S) — Ung gobelet de licorne, garny d'or, où il y a an nié des CC et des YY

esmaillés de noir et de rouge cler et entre deux ues fleurs esmaillés de blanc et de bleu. (Ducs de Bourgogne, 2361.)

(T) — Ung petit rondelet d’escaille de lincome, taillée à l’ymaige Nostre

Dame qui tient son enfant. (Ducs de Bourgogne, 3112.)

(U) — Une espée, le pommfraul de licorne, garni d’or et au dessus six grosses

perles et y a de l’iin des cousté an nommeau l’y mage Nostre Dame esmaillée et de l’autre costé un cruciui. (Ducs de Bourg., 3233.)

(V) — Une licorne garnye autour du bout, par dessonbz, d'or, à la devise

de MS. et a la pointe garnie d’argent doré et depuis l’un des bouta jusques à l’autre garnye de plusieurs filetz d’or et poise x m. 1 o. (Ducs de Bour|;ogue, 3103.’ Voir les numéros 4104 à 3107. Cinq autres licornes, août trois entières.)

(X) 1470. Y avoit (au dîner du Roy, 'sur la table de marbre du Palais) un moult

riche dressoir faict à plusieurs degrés raontans dont les estoreinens estoient beanlx et de merveilleux pris; et pense que ce fut la vaisselle que le duo de Bourgoingne avoit présenté et donné au Roy à son sacre à Rains, hormis trois licornes, qui e.stoient là. mises, que le Duc avoit prestée et dont la moindre avoit eliincq pieds de haiilt. (Chastellain.)

(Y) l470.Une aiguyère dÇ lincorne, gamy d’or. (Ducs de Bourg., 5273.)

(Z) — Ung gobelet de licorne, gamy d’or et le couvercle d’oret sur le fretelet

les armes de Clèves. (Ducs de Bourgogne, 5280.)

(AA) — Ung gobelet tout de lincorne, gamy d'or, esmaillié de cn couplez de peusées dessus , armoyé des armes de Bourgogne à lambiauh, pesant iijm. x«. Prisié à Ixxiii liv. x s. (Ducs de Bourg., 5292.)

(BB) 1474. Le sommelier porte en ses bras la nef d’argent — ensemble le baston d’argent et la licorne dont on faict l’espreuve en la viande du prince. —Et doibt le vallet servant prendre la petite nef où est la licorne et la porter au sommellier qui est an buffet et le sommeiller doit mettre de reane frescbe sur la licorne et en la petite nef et doibt bailler l’essay au sommellier, vuydant de la petite nef eu une tasse et la doibt apporter en sa place et faire son essay devant le Prince, vuydant l’eane de la nef en sa main. (Olivier de la Marche. Estât du Duc.)

(CCI 1481. Une troussouère en lamie lie a une licorne d’or et une poincte de dyament en la teste de la licorne. (Ducs de Bourgogne, n* 7140.)

(DD) 1494. Payé à un compagnon qui accompagna Fhilippe Cotteron, aide garde des joyaux du Roi et de l’Archiduc, de Louvain à Bruxelles pour aller quérir la grande licorne du Roi et de l’archiduc qu’ils vouloient montrer à l’évesque de Mayence et aux princes d'Allemagne' — 36 sols. (Compte royanx.)

(EE) 1495. Quant le seigneur de Ballassat sceut la fuite dndict Pierre de Médicis, il se print à piller tout ce qu’il trouva en ladicte maison (à Florence) et eutre aultres choses, il print une licorne entière qui valloit six ou sept rail ducatz et deux grans pièces d’uue anltre et plusieurs aultres biens. (Commines.)

(FF) 1498. Une licorne, enchâssée d’argent doré par les deux bouts, l’enchassure faicte à feuillages et au graille bout de la dicte enchasseure a ung petit bout d’argent doré, laquelle licorne a six piez de long et plus. (Iuventoire de la royne Anne de Bretagne.)

(GO) — Ung annean d’or en la teste duquel a de la licorne.

(HH) 1512. La licorne est grant et grosse comme un cheval, mais plus courte de jambes, elle est de couleur tannée. 11 est trois manières de ces bestes cy nommées licornes. Aucunes ont corps de cheval et teste de cerf et queuhe de sanglier et si ont cornes noires, plus brunes que les autres. Ceulx-ci ont la corne de deux couldéos de long. Aucuns ne nomment pas ces licornes dont nous venons de parler licornes, mais monoteros ou monoceron. L’autre manière de licornes est appelée eglisseron qui est à dire ehièvre cornue. Ceste cy est grant et haulte comme nng grant cheval et semblable à ung cnevreul et a sa grant corne très aguhe. L’autre manière de licorne est semblable à un neuf et tachée de taches blanches. Gesie cy a sa corne entre noire et brune comme la première manière de licornes dont nous avons parlé. Geste cy estfurienze comme ung tborean, quant elle veoit son ennemy. (Roman d’Alixandre. C’est presque une traduction de l’article Rhinocéros, de l’ouvrage de Glenvil, De prop. rer.)

(Il) 1536. Ung gobelet, tout de lycorue, garny d’or, esmaillé de six conppeletz de pensées dessus, armové des armes de Bourgoingne. (Inventaire do Charles-Quint.)

(JJ) — Ung goblet , gamy d’or, assis sur trois lycornets d’or, esmaillez de hlancq et sur la couverte garni d’ung dyamant, etc., etc.

(KK) 1556.1s igitur (Joannes Mauienus) cnm esset inedicus monaebormn beati Dionysii, nos deduxit ad teniphun illud toto orbe celebratum quod a Lutetia abest tribus millibus passuum. — Ubi cum sepolebra regitm,

statuas , eæteraque ornamenta raarmorea vidissemns , monoeerotis cornu, quod in templo pcudebat, demissuiu diligentius consideravi. (Cardan, de Rer. varietate.)

(LL) 1558. Elles sont cannelées et tournées en viz comme aussi est celle de sainct Reoys qu’estimons la plus grosse qui* ait oncq esté vue. Il n’y a homme quelque grand qu’il soit qui n’ait peine de toucher îusqnes à sa siunmité tant est longue , car elle a sept grands pieds ae hauteur; elle ne pèse que treize livres et qnatre onces; sa figure est droictement comme celle d'un cierge. (Belon. Singularités.)

•MM) 1580. Il y a une corne de licorne qui est gardée, par grande singularité, dans le cœur du grand temple de Straslnnirg, laquelle est de longueur de sept pieds et demy. Encore l’on a couppé lu rti veinent le bout de la poinete, laquelle sans cela seroit encore plus longue. Elle est par le nas de la grosseur d’un bras et va en tortillant comme un cierge qui est tors et s’estend vers la poinete, en forme de pvramide, estant de couleur iioirastre par dehors, comine un blanc sally pour avoir esté manié et par dedans elle est blanche comme yvpire, ayant un trou an milieu comme pour mettre le petit doigt, qm va tout au long. Parlez anjonrdhny à tous les apothicaires ae la France, il n’y a celuy qui ne vous die et asseure avoir de la licorne et de la vraye et quelquefois en assez bonne quantité. — 11 y a une honneste dame, marchande de cornes de licornes en ceste’ ville , demeurant sur le pont au change , qui en a bonne quantité de grosses et de menues , de jeunes et de vieilles. Elle en tient tonsjonrs un assez gros morceau attaché à une chesne d’argent qui trempe ordinairement à une aiguière pleine d’eau, de laquelle elle donne assez volontiers à tous eeulx qui lny en demandent. Je puis assenrer après l’avoir esprouvé plusieurs fois, n’avoir jamais cognu ancnn effect en la corne prétendue de licorne. — Quelqu'un me dira que possible la corne n’estoit de vraye licorne. A qnoy je respons que celle de sainct Denis en France, celle du roy que 1 on tient en grande estime et celles de marchands de Paris, qu’ils vendent à grand prix, ne sont donc pas vrayes cornes de licornes, car ça esté de celles-là que j’ay faicl espreuve. — Je veux bien encore *advertir le lecteur quelle opinion avoit de ceste corne de licorne feu monsieur Ghappelam, premier médecin du roy Charles IX, lequel en son vivant estoit granaen.eut estimé entre les" gens doctes. Un jour luy parlant du grand abus qui se eommettoit en usant de la corne de licorne, le priay, veu l’anthorité qu’il avoit à l’endroit de la personne du Roy, nostre maistre, pour son grand scavoir et expérience , d’en vouloir oster l’usage et principalement d'abolir ceste coustume qu’on avoit de laisser tremper un morceau de licorne dedans la coupe où le roy beùvoit, craignant la poison. Il me feit response que, quant à luy, véritablement il ne coguoisxoit aucune vertu en la corne ae licorne, mais qu’il voyoit l’opinion qu’on avoit d’icelle estre tant invétérée et enracinée au cerveau des princes et du peuple, qn’ores qn’il l’eust volontiers ostée, il eroyoit bien que par raison n’en pourrait estre inaistre. — A vendre le grain d’or tin xi deniers pite, la livre ne vaolt que sept vingts hnict esens sol : et la livre de corne de licorne à vendre dix sols le grain, comme l’on le vend, revient à douze cens soixante et dix escus sol. (Ambroise Paré.)

(NN) — Bien pis fit un que je sçay, qui, vendant un jour une de ses terres à un antre, pour cinquante mille escus, il en prit quarante cinq mille en or et argent, et pour les cinq restant, il pnt une corne de licorne : grande risée pour ceux qni le sçurent. Comme, disoient ils, s’il n’avoit assez de contes chez soy, sans adjouster celle-là. (Brantôme.)

(00) 1589. Une nostre Darfie que on dict de lycorne. (Inventaire de la Sainte- Chapelle du Vivier.)

(PP) 1625. En la première des chappelles, cy dessus, alléguées, dédiée au glorieux sainct Lonys , dedans de grandes armoires est soigneusement • gardée la corne (l’nne licorne, laquelle a six pieds et demy avec un pouce de hauteur, pièce la plus rare et la plus exquise qui soit en

toute l’Europe, voire mesuie en tout le reste du monde. (Doublet. Il accepte toutes les traditions, et Dom Germain Millet le copie eu l’abrégeant.)

(QQ) 1665.Nihil est in rerum natura quod tanto apud imperatores, reges, principes, mundiqtie magnates, mprecio haDeatur, qtiam cornu mon ocerotis, ita ut aurum, gemmée, ej us compara tione mhili ducantur. Quidnam vero illud cornu, aut ex quo animali deciduum sit, nenio est, qui dicei*e possit. (Kirclier, Mundus subt.)

(RR) 1692. Ce sont les tronçons de cette corne, (la défense du narval) que nous vendons à Paris, comme ils se vendent ailleurs, pour véritable corne de licorne (Potuet croyait à l’existence de la licorne) à laquelle quelques personnes attribuent de grandes propriétés, ce que je ne veux uy autoriser uy contredire. (Pomet, Histoire des Drogues.)

METTE. Bandeau, liens et rubans dont on se servait dans la toilette.

(A) 1580. A ses femmes leur partagea tout ce qui luy ponvoit rester de bagnes, de carcaus, de liettes et accoustremeus. (Brantôme. Marie Stuart.)

MEAI.ithe. Mica lamellaire, appelé^anssi lepidolitbe. Pierre violette, pointillée d’argent fp tr argent, j’entends l’effet que produisent les lames de mica, et leurs reflets nacrés ); elle n’est pas dure, puisque la lime l’attaque , elle fond au chalumeau et se transforme en un verre blanc. On la trouve dans tonte l’Europe.

LINCIIEUX. Linceuls et draps de Ut. 11 se disait indifféremment dans l’une et l’autre acception, et je ne sache pas quelque chose do {dus philosophique.

(A) 1250*. Isnelement a fait faire son lit

Cil qui le tist quatre coultes i mist Linceus de soie et as Hors de samis.

(Ogier de Danem&rche.)

(B) 1388. Viii anlnes de toille de Rains pour faire lincheni et drappolez pour

madame Jehanne de France (qui venoit de naître). (Comptes royaux.)

(C) 1407. En la chambre des comptes on livre les draps pour ensevelir. (Guille-

bert de Metz.)

(D) 1420. Toile de lin — que MBS. (le duc de Bourgogne) 8s t prendre — pour

faire des draps de lit. (Dues de Bonrgogne ,003.)

(E) 1459. Et en son Uct le iecta ot la fut il ensevely entre deux iipcenx sans

s'esveillier bien deux jonrs après. (Ont nouvelles.)

(F) 1467. line paire de liusseux de toillerte, l’nn de v toilles de large et dô

xi aulnes de long et l'autre de vi toilles de large et de v aulnes et demie- (Ducs de Bourgogne, 2943.)

LINGOT. Ce vieux mot français appartient bien un peu à l'orfèvrerie, puisqu'il désigne ses matières premières. Robert Etienne ne l’admit pas dans son Dictionnaire, faute d'une bonne expression latine pour le rendre, mais il se trouve daus Nicot, Monnet, etc.

(A) U40. Magnam anri monstravit qnautitatem et inter alia unnm auri liugo-

tnm. (Procès. Egidii de Rays. ap Du Gange.)

(B) 1467. Dix lingoz d’or, grans et petiz, pesans ensemble xvi in. 1 o. (Ducs de

Bourgogne, 2996.)

L1STRÉ et Listé, dont nous avons conservé listel, et, en terme de blason, liston, hordé, et peut-être jaspé, comme le pensait liayuouaril. dette expression, souvent employée dans les descriptions d’objets d’art, mérite l’attention. L’étymologie et l'explication du

droit nobiliaire, appelé listre et lière, reportent à l'idée d’une bordure ou d’une lisière, et cette bordure est quelquefois le faite crénelé d’un palais ou d’un fort.

fA) 1 1 60*. Vengnt es a la cambra del fi marbre listât. (Roman de Fierabras.)

(B) 1185. Son escu devant soi, qui fn à or listés. (Chans. d'Antioche.)

(G) 1200*. Trois fois se pasme sur le inarbre listé. (Enfances Guillaume.)

(D) 1260*. A son col li pendirent j fort escu listé. (Parise la duchesse.)

(E) 1270. Li rois fu en la sale bien painturée à liste. (Roman de Berte.)

(F) 1 35#* . Ochirent le traytre au hault palais listé. (Poème de Hugues Capet.) '(G) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 281, 330.

(H) 1466. Hardi le Roux, en son vivant chevalier, père du suppliant, ala de vie

à trespasseinent et fu ensépultnré en l'église de Gourron, en laquelle le suppliant tUt faire lière et paindre ses armes allentour d’icelle, comme il est de coustume de faire en tel cas. (Lettres de rémission.)

t LIT. Il y avait le petit lit pour la sieste et le grand lit pour dormir la nuit. On s’asseyait sur le pied du petit lit, et cette habitude s’est conservée jusque assez avant dans le xvn« siècle. (Voyez Palais Mazarin , note Bf6) Elle avait son excuse dans la rareté aes meubles, elle se maintint par la morgue de l’étiquette. Le lit à parer est le lit de parade, et c’est à la fin du moyen âge, et surtout a l'époque de la renaissance, qu’il devint par ses sculptures, ses incrustations et ses peintures, un véritable objet d’art, U 'ajourne mes citations, ce meuble n’entrant pas dans la collection au Louvre.)

(A) 1300. Quant nous estions privéement léans, il (S. Louis) s’asséoit ans piés de son lit. (Joinville.)

LITIÈRE. Lit couvert, placé sur un brancard, porté par deux chevaux, comme le tactaravan des Orientaux. C’était aussi une voiture aans laquelle on voyageait couché. Les peintres-selliers , mais aussi les plus habiles peintres, les décoraient avec soin.

(A) 1295. Pur eyse en litier hom chivauche. (Gautier de Bibeleswortb.)

(B) 1344. Ainestre Girart d’Orliens, paintre, pour cause delà façon d’nne litière.

(Ducs de Bourgogne, n® 5341.)

(C) 1352. Parties de la litière et des sambues. EdoartThadeiin, pour deux pièces

de fins draps d'or et de soye tenans sur l’azur, bailfées à Robert de Troies, sellier, pour housser ladicte litière par dedans après la paintnre, 90 escus. — Ledit Robert de Troies pour le fust d’iceile litière, ouvré de painture, pour les doux dorés et antres qui v appartiennent,

Sonr les pommeaux, aneaux et chevillé tes à fermer laaicte litière, tout e cuivre doré et pour le bernois de ij chevaux, c’est assavoir selles, colliers, avallouères et tout ce qui y appartient pour ledit bernois, fait de cordouan vermeil, garniz de clos dorez et les arçons devant et derrière pains de la devise de ladicte litière et ycelle rendre toute preste en la manière que dit est pour ce, 140 liv. par. (Comptes royaux.)

(D)1440. Horsbere, lectica. (Promptorinm parvulorum.)

(E) 1460. Us virent venir une lictièrechevancheresse, que deux chevaux portaient, sur quoy ung chevalier qui bien sembloit navré estoit et le suyvoient deux escnyers. (Pcrceforest).

LIVRE CONTREFAIT. C’est-à-dire un bloc de bois, ou une boite à différents usages, ayant la forme et les ornements extérieurs d’un livre. Les botanistes et les entomologues, sans parler d’emplois vulgaires, ont conservé l’usage de ces livres imites.

(A) 1399. Un grans tableaux d’argent, en façon d’un livre, esmaillé par dehors de l’annnnciation nostre Dame d’une part et de l’autre nostre Dame

et S. Joseph fl la représentation de deux évesqttes agenouillez et par dedans esmaillé d’un cmciBement et de nostre Seigneur qui est en l'étache et en chacun des dits tableanx a dix reliquaires, un garny, pesant cinq marcz, sept onces et demye. (Invent, de Charles VI.)

(B) 1*16. Un livre contrefait d’une pièce de bois painete, en semblhnce d'nn

livre, on il n’a milles feuilles, ne riens escript, couvert de veluiau blanc, à deux fermans d’argent dorez, esmaillez aux armes de Monseigneur, lequel livre Pol de Limbourc et ses deux frères donnèrent à mondit Seigneur ausdictes estraines mil cccc et x. (Inventaire dn duc J. de Berry. Ce l’ol de Limbourg et ses frères étaient à la solde du duc comme peintres enlumineurs.)

(C) 1520. Ung fainct livre, couvert de. velours violet, à deux fermiletz d’argent

dorez aux armes de Madame, à trois escailles, une petite buete <far- • gent et v pinceaux garniz d’argent dedans ledit livre. Le tout servant pour le passe temps de Madame à paindre. (Inventaire de Marguerite d’Autriche.)

LIVRÉE. On a détourné ce mot de son acception première, en oubliant que nos laquais ont remplacé la noble et chevaleresque domesticité du moyen âge. Les rois, les princes et les seigneurs étaient alors entoures de leurs adhérents, auxquels ils donnaient, non pas des appointements fixes, mais une part dans les avantages et gratifications qui leur revenaient comme droits féodaux ou comme droits de guerre, et cela s’appelait des livraisons, ils leur donnaient en outre aes vêtements qui avaient une certaine uniformité par la couleur et plus encore par les devises et les ornements de la manche (on pense à la manche des Montmorency). Ces vêtements se distribuaient à certaines époques de l’année, les livraisons s’en faisaient régulièrement, depuis les princes du sang jusqu'aux plus infimes serviteurs; on les appelait des robes (vêtement complet) de livrée, des draps de livrée, pièces d’étoffes destinées à servir d’habillement, des chapperons de livrée. Ces robes de livrée, toutes pareilles, ce qm permettait de dire des gens d'un seigneur, ils sont vestits d’unité , étaient donc bien une livrée, comme nous l’entendons de nos jours, le signe d’une sorte de dépendance, ou au moins la marque du partisan ; de là l’expression, il est des robes du Roy , des robes de tel seigneur, expression encore usuelle en Italie : sono delta roba del ambassadore, dit-on quand on rejoint sa suite. L’Orient avait , au moyen âge, ces mêmes coutumes, et il les a conservées. Ce que Marco Polo a décrit au xm« siècle, je l’ai trouvé encore en vigueur il y a vingt ans. Tous les ornements à la devise du seigneur servaient à sa livrée sous forme d’enseigne , de broderie appliquées aux vêtements, c’étaient des fleurs de lys à la cour de France, des loups à la cour d’Orléans, des rabots, fusils, etc., à la cour de Bourgogne; et dans la seconde moitié du xivr siècle, les princes du sang recevaient même des chaières et faudesteuils très-ornés pour leur livrée ordinaire. 11 semblerait qu’à la cour d’Angleterre le collier marquait plus particulièrement la livrée, à sa chaîne se montrait l’enseigne ou la devise du prince, et dès 1389 les textes en fout mention.

(A) I ISO. A ceux qui vomiront promit terres

Si Angleterre peut conquerre :

A plusieurs promit livraisons

Riches soudoiers et bons dons. (Roman de Vacce.)

(B) 1285. C’est l’ordenanre de Poste! le Roy. — Les clercs de cuisine et de la

reine prendront leurs gages et leurs robes et aussy comme ils ont coutume. (Ordonn. roy.)

(G) 1298. Sachiez que le grant Ran treize fois le an done riches vestimens à celz douze mille barons et chevaliers et li vestement donne semblable vesteure con lui et de grant vailance. (Marco Polo.)

(D) 1345. Gens vestus d’nnilé. (Guill. de Machanlt.)

(E) i379.*Iteni doit avoir une cote des dras des oliieiers, toutefois que Madame

fera 6a livrée. (Ducs de Bourgogne, tome I, p. lxij.)

(F) 1387 . Achat.de peaulx de chamois pour faire certains sacs et babis de chamois,

tant pour le Roy Nostre Seigneur, comme pour plusieurs seiguenrsde sou sang et autres ses chambellans et serviteurs, à enlx donnés, par le dit seigneur, pour la livrée en ceste saison d’yver, lesquels sacs et habits ont esté brodez à la devise dudit Seigneur et fourres de martre, des-

Îuels seigneurs les noms s’ensnivent, le Roy, MS. de Berry, le roy de emsalem, MS. de Bonrgongue, etc. — (Comptes royaux.)

(G) 1399. A Nicolas Alixandre, drappier, demourant à Paris, pour ÿc xliij aulnes de fin drap vert gay île Londres, pour faire le dessus delxi nouppellandes que le Roy nostre sire a ordonnées faire faire pour lui, pour MS. le dauphin, pour MS. Loys de France et pour MS. Jeban de France et pour NS. les ducs de Berry, de Bonrgoingne, d’Orléans et de Bourbonnois et pour plusieurs autres seigneurs, chevaliers, escniers du sang et lingnage du Roy, du nombre de ijc chevaliers et escniers que le Roy NDS. a ordonnés estre vestuz de livrée, le premier jour de way, — vij« iijj** 1. xvj s. (Comptes royaux.)

(H) 1400. Que monseigneur le Prince ptirra donersa honorable liverée del cigne (probablement un collier) as seigneurs et a ses meignalx gentils. (Stat. Henr. IV.)

(I) 1411. Pour ij« xxvi rabots pour donner aux gentilshommes de l’ostel de Monseigneur (le duc de Bourgogne), ijo lxxiiij liv. xv s. (Dncs de Bourgogne, n. 124.)

(J) 1416. Pour ije xl rabos, ijm iic iiiixx \y\\ rahotures et ix*» Hic v besans, lesquels ont esté rais et assis sur le brodnre et les manenes des robes de livrée de Monseigneur. (Dncs de Bourgogne, n. 372.)

(K) 1422. Colère d’argent de la liveré du roy. (Inventaire de Henry V.)

(L) 1440. Coller of lyvery, torques. (Prompt, parvnl.)

(M) 1455. Puis va aux aultres dames et dainoyselles (de la reine) a chasenne desquelles il donna une vergette d’or, toutes esmaillées à fleurs de souviengne vous de woy, dont nY avoit celle qui tenir se peust de plorer tant l'avoient toutes ayiné et l’amoient. Et quant la royne ouyt le brayt de ces vergettes données, elle appella âaintré et en riant luy dist : Et bean sire, ne sommes nous pas, belle cousine et moy, dames comme les aultres? Que ne nous faites vous de vostre livrée. (Ant, de la Salle.)

LIVRET. A l’article Tableaux cloans, j’ai parlé des tablettes île dévotion que l’on portait sur soi et qui s’ouvraient comme des livres. Les portraits, au xvi® siècle, prirent cette forme et se portaient de la même manière ; on appelait ces tablettes, d’un caractère moins élevé, des livrets.

(A) 1586. Un livret qnarré de deux grands lapis, enchâssés en or esmaillé,daus leipiel sont les portraicts du roy de France Henry III et de la royne sa femme, attache à une chaine d'or faicte de leur chiffre. (Inventaire de Marie Stuart.)

(B) — Autre pareil livret d’or, où sont les portraicts du fen roy de Franoe Franeoys II et de la Royne sa mère.

(C) — Autre pareil livret ayant le portraict de la royne d'Angleterre.

(D) — Autre plus petit livret d’or ayant les portraicts de la royne d’Escosse, de feu son mary et de lent fils.

LOS SE. Couteau à l'usage des bouchers.

(A) 1510. L’on print la propre losse de boncher, de quoy le dit mal faicteur avoit coupé la gonrge à son maistrc et maîtresse et d’icelle meisme l’on lui en fraippoit trois ou iiij grants coupts, parmi la gotirge. (Philippe de Vigneulles.)

LOUCHE j grande cuiller, et à vrai dire la cuiller à pot. Il y en avait de petites sous le nom de louchette. Nous avons conservé le mot louchet pour désigner une pelle à fouir.

(A) 1250*. Et le pot et la louce

Ou la porée grouce. (L’Oustillement an Vilain )

(B) 1297. Item sayze louches d'or. (Inventaire d’Edouard I.)

(C) 1371. Un hanepel d’argent et une petite louchette. (Invent. ap. Du Gange.)

(D) 1484. Le duc a trois queux pour sa bouche, chascun compté par quatre moys

et doibt le queux en sa cuisine commander, ordonner et estre ohéy et doibt avoir une ehaière en tel lien, qu’il puist veoir et congnoistre tout ce que l’on faict en la dicte cuisine et doibt avoir en sa main une grande louche de bois qui luy sert à deux tins, l’une pour assayer potaige et bronet, et l’autre pour chasser les enfans hors de la cuisine et férir si besoing est. (Olivier de la Marche. Estât de la maison du Duc.)

(E) 1536. Un petit potkin d’or — et est audit potkin une petite louchette. d’or.

(Inventaire de Charles-Quint.)

LOU PPE Je ne m'explique pas clairement ce que signifie ce terme , employé ordinairement en compagnie de pierres précieuses, et quelquefois isolément , mais presque toujours à l'occasion de pierres de qualité inférieure.

(A) 1328. Une loupe de saphir encerclée eu or, prisiée li s. p. (Iuventoiro de la

royne Clémence.)

(B) 1380. Un annel, on est assis une louppe du Pny platte, à viij carrez belion-

gues, assis en un annel d’or à Met. (Inventaire de Charles V.)

(C) — Un annel où est une louppe ronde dessus, assise, à fillet, en une verge

d’or.

(D) — Une louppe de saphir ronde dessus, assise en un annel ancien à filet.

(E) 1467. Une louppe d’or à mectre sur une salade, à faceon d’un rosier, es-

niaillée et semée de roses et de boutons, pesant ij marcs, vii onces. (Ducs de Bourgogne, 3231.)

(E) 1536. Une mittre épiscopale, toute semée de perles, garnie de grosses louppes, de saphirs et antres mesebantes pierres. (Inventaire de Charles- Quint.)

LUMIÈRE. Je n’ai sur ce genre de vase d’autre donnée que les citations suivantes, qui n'indiquent ni la forme ni la capacité de cette espèce de lampe que nous appellerions aujourd'hui une veilleuse.

(A) 1388. De rech:ef quatre lumières de cuivre, c’est assavoir une grant et trois

petites. (Document cité par Du Cange.)

(B) 1419. Le suppliant getta une lumière qu’il tenoit en sa main, où il avoit de

l’uille et une rnesche ardant. (Lettre de rémission.)

(C) 1599.Dem grandz potz d’argent doré , appeliez lumières, pesans ensemble

cinquante marcs. (Inventaire de Gabrielle d’Estrées.)

lunette de miroir. C'est le verre étamé ou la plaque de métal poli qui reflète les objets. (Voyez Mirouer.) Le mot vient de sa forme ronde comme la lune et comme une petite lune.

(A) 1411 .Un mirouer d’or, dout la lunette est perdue et de l’autre costé a une

demoiselle cueillant fleurs en un jardin. (Ducs de Bourg., n<> 6213.)

(B) — U& autre mirouer d’or dont la lunette est brisée et de l’autre costé a

une licorne et un chevalier dessus. (Ducs de Bourg., n® 6214.)

I.YF.R . Relier. Je n’ai point voulu faire un article pour la relinre , parce que j'aurais donne une fausse idée des livres du moyen âge, en leur appliquant une expression qui comprend plusieurs procédés et tout un métier, dont on n’a eu, avant la fin du xv' siècle, ni l'idée ni l’emploi. Laissant donc de côté la reliure moderne, qui commence avec l’imprimerie , je dirai quelques mots seulement de la manière de lyer les manuscrits. Les manuscrits en papier étaient cousus très-simplement dans des couvertures molles de cuir ou de parchemin, telles que les Espagnols les ont encore en usage ; les manuscrits en parchemin étaient liés fortement par le dos de leurs cahiers, entre neux ais de bois que des fermoirs retenaient vigoureusement «lu côté de la tranche. Cette couverture bien simple ne demandait ni goût, ni talent, elle exigeait de la conscience dans l’emploi des matériaux, cordes, planches et fermoirs, et du soin pour éviter au parchemin les plis, aux miniatures les frottements. Voilà donc le livre relié, et il restait dans cet état tant qu’il n'était pas vendu, tant qu’il n’avait pas ses cahiers complets; mais changeait-il de situation, aussitôt le copiste ou l’enlumineur, et plus tard le libraire, se chargeaient de le faire couvrir. Oh ! alors le lnxe n’avait plus de limites, et tous les corps de métiers pouvaient concourir à ses ornements. Je me suis longuement étendu sur ce sujet dans mon Glossaire général, mais j’ai dit (au mot Libraire), pourquoi j’omettais tout ce qui a rapport aux livres, d;ms cet extrait de mon travail, d’une portée beaucoup plus restreinte. Je renvoie aux articles Fermoirs, Pipe, Signaulx, etc.

(A) 1306. Pour lier les heures le Roy et pour paindre dehors les armes de France,

liis. (Comptes royaux.)

(B) 1351. Pour une aune de velluan, ouvré à or, baillié à Jehan de Montmartre

enlumineur, pour couvrir les ays de la bible du Koy. (Comptes roy.)

(C) 1359-60. Maistre Jehan Langlois, escrivain, pour sa painne d’un santier que

le Roy debvoit acheter el ne l’acheta pas. Mcssire Jehan le Royer pour un tissu de soie pour faire les fertnouers dudit livre et u’y furent pas mis pour ce que l'on rendit ledit livre sans le acheter. (Livre de la despence de l'ostel du Roy en Angleterre.)

(b) 1416. beux gratis livres de magique, escript en espaignol, l’un couvert d'une pel rouge, et l'autre d'une blanche pel sans aiz. (Invent, du duc J. de Berry.)

LYEl'RKS. Liens qui fixaient les émaux d’applique suc la pièce d’orfèvrerie et leur servaient d’eucadremeut; ou les ornait de pierreries.

(A) 1360. Lycures de.s estnaox, (Inventaire du duc d'Anjou, no -lis.)

MAÇONNERIE, Machoneria , faict de maçonnerie , — qui a uue disposition architecturale et des ornements qui tiennent de l’architecture. Un ange de maçonnerie est plus difficile à expliquer.

(A) 1237.Gonslrui fecimns nostris suinptihus très areos lapideos et illos très a r-

ens lapideos, tenemnr de oinni machoneria nostris suinptibus , etc. (Ckartnl. Mons. S. Que ntini in Insula.)

(B) 1360.Pilliers de maçonnerie qui bontent contre uue tour, no 24. — Un angle

(ange) de maçonnerie qui montre d'une main le dedans du/or [n* 5t4). \o)pi encore 25 , 26, 31, 37, 42, 253, 283, 297, 301, 341, 393, 428, 514, 522, 567. inventaire du duc d’Anjou.)

(Cj 1340. Un encencier d'or à façon de maçonnerie à vi pignons. (Inventaire de Charles V.)

(D) — Un grand encensier d’or pour ta chapelle du Roy à viii chapiteau*, eu façon de maçonnerie, et est le pinacle dudit encencier ouvré à viii esteaux et est le pied ouvré à jour, pesant viii marcs, iiij onces, v esterlins d'or.

(K) 1399. Un imaige de Sainct Georges de brodenre en un estny couvert de sathanin Ynde, â un chapeau en façon de maçonnerie.

(F) 1420. Une croix d'argent doré — sur un pié de maçonnerie, à iij ars boutans. (Ducs de Bourgogne. 4066.)

MADRE et Mazer. Cœur et racine des différents bois employés pour faire des vases à boire. I.a simplicité des mœurs permettait cet usage, quelques idées hygiéniques et superstitieuses le maintinrent. Mœser signifie érable en allemand, et ce mot se développe dans toutes les formes grammaticales des langues du nord. L’adjectif mazerig signifie madré, tacheté; le verbe mazern se traduit par madrer, veiner, enfin mazerlé, comme mæser, désigne l’érable. En anglais, le noyer a pris le nom de mazere, mais madera, en espagnol, se traduit encore par érable. Toutes ces locutions sont déjà une présomption en faveur d'un bois quelconque, mais je ne dis pas en faveur de l’érable , parce que je ne crois pas que le mot madré ait eu cette signification précise. Je dis un bois quelconque, ou plutôt un morceau particulier de tous les bois, comme le cœur et la racine, aussi distingue-t on dans les dépositions faites devant le Prévôt des marchands, en lît>0, les hanaps de fust de ceux de madré, et ce dernier bois n'est pas prescrit dans les statuts des métiers pour la sculpture d images et les travaux de huchcrie; on voit qu’il n’est employé que dans des ouvrages de petites dimensions. Le madre est donc le cœur ou la racine de tous les bois, il est blanc, jaune, vermeil, etc., selon la coloration naturelle de ces bois. 11 sert particulièrement à faire des vases à boire, écuelles, hanaps, coupes, etc. Le cailler était du même genre, peut-être meme un madre de qualité inférieure. Au moyen âge, les vases à boire en bois étaient trèsnombreux ; ainsi, en 1255, dans le rôle du péage de Montlhéry, on les taxe par charretées : « Item la charrestée dyescuelles, hanaps, cuilliers ou poignes de fuist, iiij deniers, le sommier i denier. » Le mot madre s’étendit plus tard à tous les vases à boire , quelle que fût la matière dont ils étaient faits. De là ces chapitres des riches inventaires, intitulés madrés et caillcrs, de là aussi le madeleinier ou madrinierj officier chargé de les conserver. Le madre, cœur ou racine de bois, était très-bon marché , plus cher cependant que le bois, mais moins cher que toute autre matière. Dans l’inventaire d’Édouard 1, les vases à boire en madre sont estimés à quelques deniers, et on verra, dans mes citations, qu’il en test dé même partout, toutes les fois qu'ils sont prisés sans leur garniture. Cela explique l'usage qu’on en faisait dans les tavernes ? dans les cabarets même des villages, et comment un pauvre lepreux demandait l’aumône daus une coupe de madre. C’était un usage fréquent et général, au moyen âge, que d’appliquer des montures trèsriches à des matières assez communes. Aussi le madre est monté avec un grand luxe, et alors son prix s’élève suivant le poids du métal et la finesse du travail. On remarquera le madre mentionné avec d’autres bois tels que le plane, le buis, l'érable et le tremble. Ou verra qu’il est cité aussi, avec d’autres bois, comme une matière

que les fabricants d’écuelles, de pauvres fabricants, peuvent façonner. Ces deux particularités significatives viennent à l’appui de l’interprétatinn nue je donne du mot madie; voici une autTe preuve : un expert écrit, dans un inventaire : Un esninet de cyprès ou de madré ; il pouvait se tromper sur l’espèce de bois à laquelle appartient une racine, mais il ne pouvait confondre le cyprès avec l’agate, l’onyx, la faïence , la porcelaine et autres matières. Toute la difficulté provient de l'indécision et de l’arbitraire des termes au moyen âge. Toutefois, n’oublions pas que le mot bois avait lui-même une signification à la fois plus étendue et plus restreinte que de nos jours, hn 1260, il est question, dans les dépositions faites devant Etienne Boileau, de quilliers de bois ou de fus t ; vers 1300, dans le Dit du Mercier, on parle de cuillers de bois et de tremble ; en 1391, dans les statuts des tailleurs d’images, de bon bois fort ou autre ou noyer. Je ne discuterai pas les objections qu’on peut élever contre mon opinion, je crois avoir été au-devant d’elles dans ce qui précède et dans les citations qui suivent. Aucune autre matière répond-elle aussi bien à ces nombreux extraits de mes lectures ? L’une ae ces objections provient d’une mauvaise lecture. J e cite à l’article Autels benoist, des autels de marbre noir encadrés dans du bois blanc d’Irlande. On a peut-être écrit, et ou a lu madré, mais il s’agit bien certainement d’une pièce de marbre noir, le bois, à cause de sa porosité, n’étant pas reçu pour faire des autels. On a soulevé une autre objection, à propos de la coupe de saint Louis, décrite dans les inventaires de l'abbaye de Saint-Denis, comme étant de madré , et qui se trouve être d’agate ; mais, d’abord, le rédacteur de l’inventaire, au lieu d’une coupe de madré, a peut-être voulu dire un madré en forme de coupe, et, d’ailleurs, on n’a pas fait attention que les coupes de saint Louis étaient tres-nombreuscs et dans le trésor des rois et dans le trésor de l’Abbaye ; rien de plus naturel que la plus riche se soit conservée, celle qui était d’agate, que la plus pauvre se soit perdue, et que la description de la première ait été appliquée à la seconde.

(A) tOSO.Reparatores ciphorum clamant cipbos reparaudos cum fllo ereo et ar-

genteo Cipbos aniem réparant de mnrrmis sive de marris et plan&, brada, de acere et tremulo. Murrinis dicnntur madré; quidam tameu dicnnt quod mnrra, e, dicatur arbor ilia onde. Lucanes : In auro murrave bibunt. iDict. de J. de Garlandia.j

(B) tlîl.Abbas Gualterius dédit — cifum imuin novum multurn bontun ma»—

rium. (Chartul. Arremar., ch. 93, Du Cange.)

(C) 1160*. Venir en fait tout plein un mazerin,

Aubery bust, qu'il ny quist point d'engin. (Rom. d'Aubery.)

(D) I160*. Cil prent touailles, cil bacins,

Cil coupe d'or, cil madrins. (Roman d'Athis.)

(E) ilBO*. Si m'ont tolu et mon pein et mon vin,

Et tu'escnelle, mon hanap mazelin. (Roman de Garin.}

(F) 1233. Pro uno eifo de murra pro Rege, liiii a. (Comptes royaux.)

(G) lîAl.Pro duobus paribus scaquariornm et duobus paribus scacorum ebur-

neorum, pro duobus paribus tabulariomm et pro duobus paribus tabulamm de madica, vi liv. (Comptes royaux.)

(H) 125#*. Tut s'aapareille cum fit laire,

E puis pivot un bauap de maire ,

Ke la Reine li doua,

Le primer an qu'il l'amat,

Mes i de bnis un gros nnel Si s’apaieille un Havel

Un anel d'or trait de sun dei,

Ne set com li puisse duner,

En sun hauap le volt geter.

(Roman de Tristan.)

(I) 1251. Insuper idem Adam contulit prædictæ ecclesiæ Vancellensi in puram

elemosinam qnædam mobilia bons sua, videlicet unam earrucam estofatam, chyphum mazarinnra valentem decem solidos alborum. (Ghart. Valcel., Du Gange.)

(J) 1260. Tit. xlix. Des Esculliers. Quiconque» vent estre esqneliers à Paris,

c’est assavoir venderres d’csquèles , de hanas de fnst et de madré , de auges, fourches, peles, becsches, pestenz et toute autre fustaille, estre le pnet franchement. (Statuts des mestiers.)

(K) — Touz cil qui vendent henas de madré on de fnst, ou escnèles ou pïa-

tians hors de leurs hostieus ou jour de samedi , doivent i denier de tonlieu , on qu’ils vendent hors de leurs hostieus. (Registre des tonlieux de Paris.)

(L) 1270. Et apportèrent estrelins ,

Hanas, coupes et mazerins. (Philip. Monskes.)

(M) 1271.Et tota snpellectilis mea argentea et cyphi de mazaro, cum pedibus et

sine pedibus. (Test. Mag. Geraudi de Abbatis-Villa.)

(N) l295.Ciphus de mazero, qui fuit S. Erkenwaldi. (Inventaire de Saint-Pau!

de Londres.)

(O) — Item ciphns de Aunserne magnus de mazero, cum basso pede et cii'-

culo argenteo.

(T) — Item cupa magna de mazero, ornata pede alto duobus circulis et pomellis argenteis deauratis, de dono Hervei de Borham Decani.

(Q) 1300* . Por ce qu’il nos a herbergié,

Li veil donercest bon henap,

Qui n’est d’érable ne de sap,

Mès de madré bel et poli. (Fabliaux.)

(R) — J’ai fil d’argent à mazelin

Et d’arehal à cens de manières. (Idem.)

(S) — Azerus est arbor satis magna, qnæ in Alpibus invenitnr, quæ optimô

convenit cyphis et parapsidibns et incisonis faciendis et vasculis omnibus. (Petrus de Crescentibns.)

(T) — Axeras est ung arbre assez grant qui est trouvé ès montaignes et est

très bon pour faire hanaps , escuelles et plateaulx et tontes déliées œuvres : car son boys est blanc et fort et le polist on très bien : mais les escuelles s’en fendent légièrement au feu qui ne les fait de quartier, c’est à dire du boys fendu en quatre quartiers ou de la racine qui est toute pleine de nœux ou de nerfz .(Le Bon Mesnager de Pierre des Crescens.)

(U) — Erable, autrement dit polus, est ung grant arbre qui a le boys moult

blanc et ainsi comme axeras dont dessus est ung peu parlé et en fait on très bon jongz aux beufz, et tranchoirs, et escuelles, et autres œuvres déliées. (Idem.)

(V) 130i.j ciphns de mazero parvus, pretii vj den. (Invent, de Edouard I.)

(X) — j ciphus de mazero pretii — xviij den.

(Y) 1316. Le mazelinier mengera à court et aura iij den. de gages et doit retenir

et garder les hanas d’argent. (Ordonnance royale.)

(Z) 1320*. Il i a marchéanz de pion ,

Et de bnsches et de charbon,

• D’estain, de cuivre et de métal,

D’orfaverie et de cristal ,

De madré et de fust et de coivre.

Si i a marchéanz de voirre. (Dict. des marchéans.)

(AA) 1322. j mazer blaunk ove la covercle. (ïnvent. du comte de Hereford.)

(BB) 1328. Un hanap de madré jaune — prisié x s. (Inventaire de la reine Clémence de Hongrie.)

(CC) — Un hanap de madré à pié d’argent — vi lib. x s. p.

(DD) — Une coupe de madré à pié d’argent , prisiée vi lib. x s.

(£E) — ij petites coupes de madré 6anz pié, prisiée iiij lib.

(FF) — Une coupe de madré à pié d’argent, dorée, esmailliée— valent xiiii lib. p.

(GG) — j banap de inadre, xx s.

(HH) 1331. Dédit conventui ciphum madrinum ad pedern argenteiun et deauratiun. (Nécrologue de S. Martin-des-Ghamps.)

(U) 1338. Item duos eitfos rourreos, vaientes tnnc commuui extimatione sexagiuta solidos. (Turon. litt. official. Antiss.)

-{JJ ) 1347. Item, unum ciphum de maxaro, sine copertorip, cum pede argenteo, laborato in medio et deaurato, cum sex esmaltis parvis. (Inventaire de Humbert II.)

(K.K.) — Item, unum alium ciphum minorem, cum copertorio de mazaro, cum pede argenteo, habente unum esmaltum laboratnm in summitatc dicti copertorii. (Idem.)

(LL) 1350. Pour faire et forger la garnison de sa conppe de inadre, de son hennap de jonr et de son cailler de nuit. (Comptes royaux.)

(MM) — A Gile Feret, pour vi aunes d’estamine pour essuier et tenir nettement les dix madrés et cailliers. (Comptes royaux.)

(UN) — Pour la vendue de xi madrés couverts, d’autres xi achetez de luy dès 1e mois de septembre, viii escus le banap couvert, l’un par l’autre. (Comptes royaux.)

(00) — Madrés et eaillers pour boire vins nouveaux : pour un banap de madré fin, à tout le couvercle, duquel l’on sert le Roy à table. (Comptes royaux.)

(PP) — Deux paires de couteaux à trenchier avec les parepains, l’une paire à manches de cèdre, garnis de virolles et de tinglettes d’argent dorées et emaillées de France ei l’autre paire à manches de madré semblables, garnis et émaillez. (Idem.)

(QQ) 1353. Madrés et caillères à boire vins nouveau!*. Jehan l'entin, marchand de Flandres, pour viij grans couppesde madré, pour iij petites et pour xxxiiij eailleres, — vii**xvi escus et demi. (Suivent les noms de ceui auxquels on les donne. Comptes royaux. Bibliothèque de sir Thomas Phillipps.)

(RR) 1355. Odineto, dicto le bossu, madeelinerio in suo hospitio Parisius eiistente ac opus suuin parando ciphos pacifioe faciente. (Lettres de rémission.)

(SS) »-r Dictus Reginaldus confessus fuit unum cyphum madretim, clavo qnodam argenteo munitum, furatum fuisse, (idem.)

(TT) — Marcbans et vendeurs de magd clins, soit magdeliniers ou autres, paieront pour chascune begne de bennaps de madré — Jj sols. (Reg. sign. Pater ex earn. comput. Paris. Du Gange.)

(UU) 135S Item do Alizonæ de Nigella pediceae meæ, — x lihras par. et meum magnum scyphum de madré tjiun pede argenti. (Test. Droconis de Vancelles.)

(YV) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 386, 560, 561.

(XX) 1363. Un henap de madré à un culet d’or et à un frilelet d’or d’un lys. (Inventaire du duc de Normandie.)

(YY) — Un crousequin de madré, garni d’or, à un esmail dessus des armes de Monseigneur et est garni de pierres et de perles.

(ZZ) 1370. They fet him first tbe swete win

And mode eke in a maselin. (Chaucer.)

(AB) 1375. Item omues ciphos tara argenti quam alios de madré. (Document

cité par Du Gange.)

(AC) — Un hanau de madré vermeil, — lequel henap fut prisié douze sols

parisîs. (Lettres dé rémission.)

(AD) 1380. Un banap à parer de madré, couvert, garny de pierrerie et a sur le

frnitelet iij grosses perles. (Inventaire de Charles V.)

(AE) — Un banap de madré, à pied 4’or. *

(AF) — Une coupne de madré, garnie d’or, dont en la patte du pied , qui est

en façon ue rose, sont su ymages enlevez et ou pommel vi roys et est tout les pied à jour.

(AC) — Deux très bien grandz banaps de madré «fine, sans garnison, non pesez.

(AU) — Une chopine de madré à sou âge et a un fritelet d’argent doré avec Dance d’icelle.

(AI) — Un crcuzequin et une aiguière de madré, garnis d’argent.

(AJ) — Une très petite couppette de madré blanc, garny d’argent doré, lé

pied esmaillé aux armes de madame d’Artois et un saphir sur le fruitelet.

(AK) — Un banap de madré, à oreilles de soy même, sans nulle garnison.

(AL) — Un très grand banap de madré où dedans est soubz un cristal la teste

de Nostre Seigneur (c’est-à-dire peinte sous verre).

(AM) 1383. Ranulin Guillet vit anatre banaps de caillier ou de petit madré,

desquels l’en servoit en la ditte taverne, ainsi que l’en fait ès villages, qui puent on povoient estre de valeur ou estimacion de quatre francs on environ. (Lettres de rémission.)

(AN) 1387. Four avoir appareillié et lié de fil d’or le convescle du hauap de

madré de madame la Royne, qui avoit esté despéoié et fendu à cbeoir, onqUel il a mis un petit inembret d’argent dore. (Comptes royaux.)

(AO) 1390. Six banaps convers de fin madré blanc. (Voyez la citation au mot

Madrinier.)

(AP) 1391. Pour avoir rappareillié et mis à poinct le convescle du banap de

madré, blaire du Roy NS. e*est assavoir en ycellui avoir fait une grant confiture «le fil d’or an travers dudit oouvescle, lequel avoit esté fendu et despeeié. (Comptes royaux.)

(AQ) — A Richart de Susay, madelenier, demourant à Paris, pour un hannap

caillier, couvert, acheté de lui, pour faire une couppe à boire de nuit vin nouvel, en la chambre de la Royne, en caste saison d’yver -*vij« xij livres. (Idem.)

(AR) t393.Pour la garnison d’un constat à manche deiftadre x fr. x s. (Ducs de

Bourgogne, 5587.)

(AS) 1399. Ung très petit escrinet de cyprès ou de madré, esmaillé, plein de

reliques. (Inventaire de Charles VI.)

(AT) — Un banap parfond de madré, oui fu Monsr Sainct Thomas de Cantor-

berry et a on fdns un gros boullon d’argent blanc.

(AU) 1400*. Hauap de madré doivent un denier et s’il v a banap de fnst, si

aquite le madré le fust tont pour un denier. (Réglement des péages de Paris.)

(AV) — Du tonlieu des hanaps de madré, de fnst, d’escnelle et de plateaux. (AX) 1400.Uu beonap de madré du pris d’environ six blans. (Lett. de rémis.) (ÀY) 1403. Le suppliant vendi — le haunap de madré à bosse d’argent à un

bennapier. Lettres de rémission.)

(ÀZ} 1405. Y aisselle d’or et d’argent? do madré et de crystal pour l’eschanchonaige. (Invent. deMarguente de Flandres, veuve de Philippe le Hardi.) (BC) 1407. A Jehan Fauconnier, orfèvre, demouiant à Tours, pour sa painne et sallaire d’avoir refait et ressoudé la garnison d’argent doré du bennap de madré blanc du Roy NS. — x s. p. (Comptes royaux.)

(BD) i 40S. Icellni Boy and avoit esté fort blécié pu sa teste d’une grant pierre,

qui estoit cheue sur sa ditte teste et y portoit, comme l'en dit, du madré ou autrement. (Lettres de rémission.)

(BE) — Ung petit lianap de madré, en façon de creusequin, garni d’argent

doré, entaillié d’un liz et a une ance d’argent doré. (Ducs de Bourg.,

(BF) i -114. Un madré couvert, à pié d’argent doré, qui avoit esté achatéà Paris.

* (Comptes du duc de Bretagne.)

(BG) 141G.Un petit hanap de madré dont les pier et fretelet sont d’argent doré

et ou fons esmaillé des armes de feue madame Katherine de France— il? s. i.

(BH) — Un petit hanap dermadre à couvercle, le pié et le fretelet d’or. Ou-

quei fretelet a un saphir et cinq perles — xxiiij liv. t.

(Bl) — Un gobelet de madré, garny d’argent doré, et sur le fretelet du couvercle a une pierre de mine d’or, lequel gobelet un chevalier d’Ale- ' maingne a donné à Monseigneur, prisé viij liv. t.

(BJ) — Un grant creusequin de madré, couvert, les bouz garny d'argent doré

esmaillé au fons à un escu aux armes de Monseigneur, pesant ij marcs, v», xve — iliv. t.

(BK) — Un creusequin de madré, non garny, prisé xlv sols t.

(BL) — A Jousnes, maderinier, en l’ostel de la lloyne, que icelle dame lui

avoit ordonné estre baillé pour plusieurs voirres, godez de. Beauvez et antres vaisselles à boire qu'il a baillé et délivré devers ladicte dame, c’est assavoir de pièca pour xij s. p. et le présent pour xviij s. p. pour ce — xxx s. (Comptes royaux.)

(BM) 1467. Ung liannaüt de madré bordé d’argent. (Ducs de Bourg., 2759.)

(BN) 1470*. Le hanap du roi saint Louis dans lequel il benvoie, fait de madré,

avec sou couvercle de. mestne matière, garai d’un pied d’argent doré et dedans icelui hanap, an milieu du fond, est nn émail de demi-rond taillé de Heurs de lys d’or, à champ d’azur. (Doublet cite cet invent.)

(BO) 1507. Un madré, en faconde conppe , dont le pié, Tance sont d’argen

doré pesant ung marc et demi. (Inv. de la royne Anne de Bretagne.)

(BP) 1575. Le bois d’érable est le plus madré, figuré et damasquiné que. nul

autre , et pour ceste cause , les Flainamls en font des tables merveilleusement belles. (Bernard Palissy.)

(BQ) — Ce cabinet sera couvert d’un esmail blanc , maderé , moucheté et

jaspé de diverses couleurs par dessus ledit blanc.

(BR) 1579. A inazer y wrought of the maple warre

Wherein îs enebased many a fayre sight Of bears and tygers, that maken fiers warre And over them spred a goodly wilde vine Entrailed witlrà wanton yvy twine. (Spenser.)

(BS) 1586. Une grande mazère, garnye d’argent doré. (Iuv.de Marie Stnart.)

(BT) 1600. Le marbre dit d’Auguste est fait à ondes qui se madrent et s’enve-

loppent à mode d’un tourbillon de vent. (Et. Binet.)

(BU) 1692. Il y a encore quantités d’autres sortes d’écorces dont nous ne faisons

aucun commerce comme l’écorce de la racine et du tronc de l’arbre appelé Macer. (Pomet, Hist. des Drogues.)

M ADR INI ER, Madrelinier et Mazelinnier, ouvrier qui fait les vases en madré, et aussi Tofficier qui conserve les madrés. 11 y avait cina mazeliuiers à Paris en 1292 , et im madelinier sur tous les états (les officiers domestiques du Roi.

(A) 1261. Gnillelmus madelinarins — tam pro ciphis quam pro vitris quærendis

et portaudis. (Régi, de l’ostel du Roy.)

(B) I317. Il y aura un madrinier qui servira de voires et de hanaps et aura

iij deniers de gages par jour pour toutes choses. (Ordon. de l’ostel du Roy.)

(C)tâ90. A Robert de Snsay, raadclenier, demourant à Paris, pour six hanaps eonvers , de fin madré blanc achetés de lui le iv« jour d’octobre. C'est assavoir les deux d’icenlx pour faire la couppe et le hanap couvert du Roy nostre sire , pour boire vin nouvel eu ceste saison d’yver — par marché fait 80 liv. p. (Comptes royaux.)

MAHEL1N. La citation suivante nie fournit ce mot ot son explication; quant à sou origine, je l’ai vainement cherchée.

(A)I470. Lequel mareschal ffst dent ferrement en façon d’estrilles — cnidnht que ce fust pour faire des enseignes d’argent ou mahelins. (Lettres de iC mission.

MAISON DIEU. L’hôpital était la Maison Dieu, touchante expression que nous avons conservée dans Hôtel-Dieu; mais l’ostensoir était aussi une sorte de maison de Dieu. En réunissant les deux citations suivantes, je no sais si j’associe deux choses semblables; en tous cas , ce sont deux joyaux qui méritaient de prendre place dans ce Répertoire.

(A) 1320.Pournne maison Pieu dalée d'ivoire et d’ébeînne , garnie d’argent.

(Comptes royaux.)

(B) 1599.Un« grande eegtiie d’argent , oit il y a nn homme d’or esmaillé de

blanc, et derrière lny un arbre d'or, où sont les armes de France et de Savoy e y attachées ; ladite chapelle garnie de pierres de bas prit. (Inventaire de Gabriellc d’Estrées.f

MAISTRE (Main de). Le maistre, pris dans l’acception de celui qtri est passé maitre et reconnu habile, non pas, comme aujourd’hui, avec l’idée absolue de talent sup rieur.

(A) 1345. Une clavette

D’or et de main de maistre faite. (Gnill, de Machault.)

(B) — En une chapelle moulte cointe

D'or et de maiu de maistre pointe. (Idem.)

MALACHITE. Cuivfe carbonate vert, que la nature fournit en stalactites solides et opaques. Il est moins dur que le quartz, fusible au chalumeau, et facilement entamé par l’acide nitrique. Les stalactites, étant sciées dans le sens de leur diamètre, les deux surfaces, produites par la coupure, offrent un dessin rubanné et concentrique aaiis tes nuances les plus belles, depuis le vert le plus foncé jusqu’au vêrt lë plus tondre. Sciées dans la longueur, la coupure sé-

Sare les zones en rubans allongés et parallèles. C’est de la réunion e ces morceaux , et du goût ou de l’habileté avec lesquels on combine cette espèce de mosaïque , que dépend l’effet qu’elle produit. Employée en vases, en coupes, en dessus de tables et en petits objets, la malachite est une belle matière ; ajustée en fauteuils, eu pianos et en portes d’appartement, c’est un contre-sens. Les anciens l’ont connu, je ne crois pas qu’on en ait fait usage au moyen âge.

MALE. Mala , et aussi son diminutif Malelte. Nous avons conservé ce mot dans son ancienne acception , mais nous avons perdu le vetbe emmalcr. Les malles avaient des enveloppes, nommée P bahuts, pour les garantir. (Voyez ce mot.)

(A) 1 170*. Le» chiers avoirs fist emmalcr

Ses draps, ses robes flst entorser.

(Roman de la Gnerre de TrOyes.)

(B) 1250*. Ponr ce fasmes males emplir

Et bien atoumer mon afiaire. (Le Roman du Renard.)

378 GLOSSAIAK

(C) 1316. Ce sunt les parties Ricbart d’Arragon , coffrier : Délivré à Regnaudîn

le Bourguignon, vallet de chambre de la Royne, douze malles, c'est assavoir deux pour le lit de la Royne, deux pour porter ses materai, six pour la garderobbe et deux pour damoyselles , 40 sols pour pièce vallon t 24 livres. (Comptes royaux.)

(D) 1363. Esquieux coffres, estuys et male sont toutes les choses tant d’or comme

d’argent dessus contenues. (Inventaire du duc de Normandie.)

(E) 1387. Pour faire malettes à mettre et porter les robes de la Royne. (Comptes

royaux.)

(F) — A Pierre du Fou coffrier, pour une malle grant, de cuir fauve, garnie

de toille par dedens et de corroies, avec le bahu pour mettre le matras de la Royne — vi liv., viÿ s. p. (Idem.)

(G) 1388. Pour iiij males de cuir fauve, garnies de toille par dedens, de cour-

royes et de bahus pour mettre et porter, c’est assavoir, en l’une : la chambre que l’en porte et tend devant en chemin pour MS. le duc de Thourraine, la seconde pour mettre et porter le matberas, la tierce pour mettre et porter les couvertures et la quarte la chambre de relais d’icelui seigneur, pour ce — xxv liv. xii s. p. (Idem.)

MANCHE. Ce terme n’a pas besoin d'explication. Je l’introduis ici, d’abord narce qu’il était la partie ornée aie beaucoup d'ustensiles , dont la forme et l'usage ne comportaient pas d'ornement , ensuite parce que le mot est moins ancien qu’on ne le croit.

(A) l 360. Inventaire du duc d’Anjou. 63.

(B) 1405. Pour avoir fait un manche auquel avoit une pierre d’nnicorne, servant

à une navette d’argent doré. (Ducs de Bourgogne, 79.)

(C) 1460. La teste (de la masse d’or) estoit de fin acier trempée et la manche

bendée d’or et d’argent. (Rom . de Perceforest.)

(D) 1467. Une salJière d’argent doré à une manche comme nng fuzil que deux

singes tiennent. (Ducs de Bourgogne, 2649.)

(E) — Deux grans pots d’argent doré, mal dorez, ancbes et manches gode-

ronnez et au dessus des manches a quatre esmaulx. (Ducs de Bourg., 2444.)

(F) — Ung viez pot d’argent blanc, le manche à tresle. (D. de Bourg., 2454.) (Gj — Deux potz d’argent blanc, plains, hachiez sur le manche et au dessus.

(Ducs de Bourgogue , 2476.)

(H) 1 536. Une manche d’or, servant à tenir houcquet, esmaillée de blanc*], gris

et violet par losenges, dedens chacune desquelles est une rosette esmaillée de rouge, ayant au dessus dudict manche ung bouton avec deux tables de dyamants et deux de rubis, garai de quatre perles. (Suivent les pierreries. lovent, de Charles-Quint.)

MANCHON. Ce fut la garniture de la manche avant de devenir le manchon. C’est la part du bijoutier qui est faite ici.

(A)l599.Quatro pièces de pierreries pour un manchon, dont il y en a denx qui sont faites en mirouers et des panaches dessus, garnis de diamans, de mhis et d’opalles, prisé quatre cens escus. (Inventaire de Gabrielle d’Estrées.)

MANDE. Corbeille, panier; les ouvriers qui les faisaient se nommaient mandeliers. Le lavement des pieds, le mandatum pauperum, ainsi appelé parce que l’antienne du Jeudi-Saint commence par : Mandatum novum do vobis, se traduisit en Mandé : on disait le mandé, pour désigner cette cérémonie qui se liait à une quête faite au profit des pauvres. La mande, manda, employée pour recueillir 1 aumône , rattache probatdeineut sou étymologie à cette fête et à son nom. Je réunirai ensemble des citations qni se rapportent

et au panier et à la fête du mandé, et à la mande destinée à l'aumône.

(A) 1300.Chascnn samedi après vespres, combien que li jors soient sollempnex

doivent laver les pie* as autres en fesant le mandé. (Joinville.)

(B) i 305 . Qaaelibet confratria habet unum comitem, unum burseriura et unam

mandant. (Consuet. MSS. monast. S. GrucisBurdegal. Apnd Du Gange.)

(C) 1309. Ad supplicalionem dilectomm nostronim præpositi decani et capituli

ecclesiæ Attrebatensis ad augmentât ionem cultus divini in eadem ecclesia et præcipue cujusdam elemosinæ, vulgaliter vocata le mande,

fuæpereos annuatim, certis lemporibus fieri consuevit. (ChartaPhiL ulc. apud Du Gange.)

(D) 1350*. Fesoit la dame un grant mandé,

Là où li povre erent mandé,

Que la dame entor li savoit

A trestoz cels lor piez lavoit

Et besoit après essuier. (Vie de Ste; Elysabel.)

(E) 1400*. Item pour le mande de merlans. (Ghartul. 21. Corb.f ap. Du Cange.)

(F) 1451. Une grande mande quarrée , pour mettre, cbargier et amener par charroy, treiag tableaux de bois — xij s. (Ducs de Bourg., 1466.)

(G)1467.Une grande mande d’argent, à mettre l’aomosne, lyé de cercles d’argent doré et le liaige desdits cercles de fil d’argent blanc et à deux costez deui trous pour la pourter — pesant lviij marcs, iij onces, x est. (Ducs de Bourgogne, 2694.)

(H)!536. Une grande mande d’argent , faicte en façon d'osière , — pesant iiij«xv marcs , iij onces. (Invent, de Charles-^Quint.)

MAX degloire. La Mandragore , plante de la famille des Solanées. Je renvoie au dictionnaire de Trévoux pour les origines du nom, et aux ouvrages sur les anciennes superstitions, pour les vertus attribuées au jus .de cette plante , à son odeur ou à son contact. Déjà à la fin du xv« siècle on combattait f dans des ouvrages en vogue, les contes faits sur la mandragore.

(A)1360. Inventaire du duc d’Anjou, 117, 119, 405, 429.

(B) 1372. Mandragoire est une herbe qui est ainsi appellée pour ce que elle porte sur ses feuilles petites pommes qui sont de bonne et suefve odeur. — Et pour ce que elle a la racine à la forme de ung homme ou de une femme, on donne l'escorce de ceste arbre broyé en vin à une personne quant on le veult tailler , et pour ce il s’endort tellement

3 ne il ne sent point la douleur. Il y a deux manières de ceste herbe ont l’une est femelle — l’autre est masle. Ceste herbe, quant on la prent deuement, dispose les maris àconcepvoir. (Le propriétaire des choses, trad. par J. Gorbichon.)

(C) 1380. Une paire de mandagloire en un estuy de cuir. (Inv. de Charles Y.)

(D)1393.Les mandagores. Les aucuns dient que ce sont arbres qui portent fruits sonef, flairant autel que pomme. Les antres dient que ce sont racines en terre, en manière d’erbe , portans feuilles vers, et ont ces racines figure et façon d’oinmes et de femmes de tons membres et de cbevellure — » et le fruit vault à femmes brehaignes (stériles) pour aidier à concevoir. (Le Ménagier de Paris.)

(E) 1420.Ung petit coffret de cuir noir, ferré de laton, ouquel sont deux madegloires masle et femelle. (Ducs de Bourgogne, 4116.)

(F) 1430. Et en ce temps (frère Richart conlelier) fist ardre plusieurs madagoires

Î[ue maintes sottes gens gardoient en lieux repos et avoient si grant oy en celle ordure , que pour vray ils croyoient fermement que tant comme ils l’avoient, mais qu’il fnst bien nettement en beaux drapeaux de soye on de lin enveloppé , que jamais jour de leurs vies ne seroient pouvres. (Histoire de Charles VI.)

(G)1498. Anciras dient que la femelle a «pire de femme et le m sle a figura d’homme , mais ce n’est nas vray, car natnre ne attribua ornâtes forme humaine à lierbe. Mais bien est vray que aucuns, par artifice, forment celle figure , si comme nous l’avons après ouy dire à aucuns laboureurs des champs. (Le Grand Herbier.)

MATS’ICLE. Bracelet.

(À)i240*. Le fermait de sos le menton

Sont de rubi et li bouton,

Li bras sont fort par les maniclëà Qni faites sont d’or et d’ornicles. (Parthenopex de Blois.) (B) 1599. Beux manicles d’or couverts de rubis d’Inde, priser ensemble cent escus. (Inventaire de Gabrielle d’Estrées.)

MANNEQUIN. Petit homme, diminutif du mot allemand matin. Dans les citations suivantes, il faut prendre le mot dans cette acception, il en avait une autre selon Nicot: On en use, dit-il, pour une manière de panier estroict au fond eteslargissant en montant et sans couvercle. Dans ce cas, il serait le diminutif de manne Otf banne, panier à anse.

(Aj 1467. Une ootippe d'argent, dorée, tortinée et bonllongtiée et sur le couvercle ung friteiet blancq, où il y a nng mannequin dedens, et poise ilj nfc, v onces. (Ducs de Bourgogne, 237fc)

(B) 1524. Ung petit manequin, taillé aussi de mesme bois, à la semblence de maistre Gonrart. (Iuvent. de Marguerite d’Autriche.)

(G) Ung petit manequin tirant une espine hors de son pied, fait de mfabWe

(marbre) blauc, bien exquis. (C'est la statue antique dite le Tireur d’épines.)

MA K u lu. Chaux carbonatêe. Le marbre blanc est seul appelé statuaire , bien que nous possédions des statues antiques sculptée» dans des marbres colorés. Autant l’antiquité grecque et romaine recherchait avec engouement les différentes espèces de marbre, autant il est intéressant d’en arrêter la nomenclature, pour décrire exactement les monuments et d’en indiquer les provenances f pour assigner à plusieurs (le ces monuments leur origine vraie , autant aussi cette étude perd de son importance, quand il s’agit delà statuaire du moyen âge et même de celle de la renaissance en France. (À)1250* . Il monta en la sale les manberins degrés. (Parise la duchesse.)

(B) 1»3. Un cscheqnier de bateure et de cristal, à perles dedens, garny desjenx

dé cristal et de marbre vermeil. (Comptes royaux.)

(C) 1360. Iuvent. du duc d’Anjou. Une pierre comme marbre, n° 162.

(I)) 1380. Un grand autel benoit de marbre vermeil, cousté de blanc, enchassillié d’argent doré, de iiij lionceaulx qui le soustiennent.

(E) — Deux autels benoit bordez d’un pou d’argent verre, dont 1 un est de

jaspe et l’autre de marbre blanc.

(F) — Beux flacons de marbre noir, garnis d’argent, aux armes de Drenx.

(G) 1395. Deux dosseretz à fleurs de lis dont l’nn fut rongné pour tendre sur la

table de marbre an palais le jour de la feste. (Comptes royanx.)

(H) 1399. Uns tableaux d’or où dedans est Nostre Dame lenant la croix noire et

le Roy à genou* devant et dehors sont esmaillez à façon de martrd, pesant sept onces, quinze esterüns. (Invent, de Charles VI.)

(I) 1423. Ung coffre de bos oaint auquel estoyent ixiij coiporaux et une piertè

de malbre à iiscerlesdiz corporaux. (Invent, des joyanx de Donay.)

(J) 4500.Ung plat de martre blanc, faict en façon de bacin à laver. (Invent, de

la1 revue Anne de Bretagne.)

(K) 1524. Ung Jésus taillé en mabre. (Invent, de Marguerite d'Autriche.)

MARBRE. Étoffe marbrée, drap marbré, c'est-à-dire tissus do tils de laine de diverses nuances. Je conserve ce mot, quoiqu’il appartienne aux étoffes, et pour le bien distinguer de la pierre calcaire, dite marbre.

(A) 1316. Pour sim aunes de marbre pour faire une robe pour N. S. le Roy que

il ot à Lions au sacre nostre père le Pappe. (Comptes royaux.)

(B) 1353. Pour j fin marbre et demi, délivré à maistre Rie kart Garot, phisicien

de monseigneur le Danpbin. (Comptes royaux.)

(C) 1300. Et tous draps tixns de diverses laines comme marbrez ou camélias.

(Ord. des Rois de France.)

marcassite. Fer sulfuré. Cette pyrite ferrugineuse, qui ressemble au jargon, tient du cuivre, dont elle a partais l’aspect; elle rave le verre et fait feu sous le briquet. Les plus belles viennent de l’IIe d’Elbe.

(A) 1536. l"ng aigle d’argent, doré en antennes parties, aiant entre les deux

testes en hault une couronne impérialle et au milieu nng miroir de marqnascite, donné à l’empereur par l'ambassadeur de Gennes, nommé Figero, pesant iiij marcs, vi onces. (Invent, de Charles Qnint.)

MARELLES et Merelles, marelli, vierelli. Disques semblables à nos dames, oui servaient à jouer sur le marellier, table carrée sur laquelle des lignes partant des angles ou du milieu de chaque côté et se réunissant au centre, indiquaient la place que devaient occuper et la route que pouvaient suivre les marelles. Ce même mot avait servi antérieurement , c’est-à-dire à partir du xn° siècle, à désigner les médailles ou la monnaie de convention, de plomb, de cuivre et quelquefois d’argent, dont chacun avait droit de faire usage : à l’église, pour constater la présence des moines aux offices; au marché, pour prouver l’acquittement d'un droit; dans les travaux et les ateliers, pour représenter, à la lin de la semaine, le prix des journées, et à autres usages. C’était, en réalité, la suite et l’équivalent des tessères de l’antiquité , et ces méreaux restèrent dans la langue et dans L’usage jusqu'au xvu« siècle. Ils étaient faits en carton, en cire, en plomb, en cuivre; les marelles à jouer étaient le plus souvent d’ivoire et d’os ; on en a fait aussi de divers bois.

(A) 1330* . Riens de tables et d’eschequiers,

De boulles et de merelliers. (Goigneville, Térég. Hum.)

(B) 14i2.Icellui Estienne prist lors toutes marelles et les gettajus du marellier.

(Lettres de rémission.)

(C) — Jehan Aysmes, qui avoit joué aux marelles à six tables, appelle le jeu

de Saint Marry. (Lettres de rémission.)

(D) 1416. Une très belle table, ployant eu trois pièces, en laquelle est le mare-

lier, deux jeux de tables et lVschiquier, fais de pocurflx de Rornrae, jaspre et autres pierres de plusieurs couleurs, prise xii liv. t. (Inventaire du duc de Ikrry.)

I.E) — Une table de bois marquetée du jeu des eschas et de tables et de mareliers et y sont les tresteaulx tenans à la dicte, table.

(F) 1448. A MDS. (le duc d’Orléans) pour jouer aux wereles dedans le bateau.

(G) 1575. Payé pour une estampe à marquer des merraulx de plomb pour bail-

ler aux gens de ce lieu, assistans au salve, au beu de lyards, pisque l’on ne ponvoit trouver de monnoye, — x s. (S. Maclou, Arcb. de la Seine-Inférieure.)

(H) 1593. Je revins donc après disner an Louvre et me présentant pour entrer en la sale liante, comme j'avois fait au matin, l'huissier me refusa parce qu’il vit que je n’estois marqué à l’L et n’avois point de mereau comme j'en vis plusieurs qui entrèrent. (Satire Ménippée.)

MARGUERITE. Une des fleurs populaires au moyen Age, et qui est restée un emblème de l’amour. On lui attribuait des vertus médicinales et une certaine puissance magique. Le nom de Marguerite fut à la mode à partir des premières années du xiv« siècle. Nous avons plusieurs dits de la marguerite. (Voyez, première partie, n» 292.)

MARMITTE. Je cite co mot pour prouver son ancienneté dans ., l’acception même qn’il a conservée.

(A) 1313 Un grant pot d’argent à trois peiz pour chaufer eavve. (Inventaire de

Pierre Gaveston.)

(B) 1388. A Guillemin Forquet , chauderonnier, pour ung grand pot, appelle

marmite, tenant ij seantv d’eane, — pour chauffer l’eaue pour les naings à baignier madame Jebanne de France (une Hile de la reine, nouvellement née), et pour laver les drappellès de la dicte dame, pour ce — exij s. p. (Comptes royaux.)

• ({’.) 1391. Un hault pot, appelle marmite, et un grand convescle pour bouillir

les cueuvrechiefs de madame la duchesse de Tonrraine. (G. roy.)

MARQUE. La difficulté d’assigner une date précise aux produits de l’orfèvrerie disparaîtrait, si l’on avait un guide pour reconnaître et expliquer le poinçon des orfèvres. Maître de nombreuses sources d’information, qui nous manquent aujourd’hui. Leroy pouvait nous donner un tableau chronologique de toutes les marques d’orfèvrerie, avec les noms des orfèvres et dps gaTdes du métier, qui-' s’y rapportent. Sou ouvrage est très -incomplet sur ce point, et nous devrons aux patientes et consciencieuses recherches ue M. Jérôme Pichon le fil conducteur qu’il ne nous a pas donné. J’ai fait appel à son obligeance, et voici d’après lui comment on peut fixer, avec l’autorité des documents, l’établissement de la marque des orfèvres, et des différentes marques qui s’y ajoutèrent. Les poinçons de l’orfévrerie parisienne étaient anciennement de deux sortes. Il y avait le poinçon de maître et le poinçon de maison commune. Le premier, dontil est fait mention dès le commencement du xiv* siecle, représentait la marque, la signature de l’orfévre. C’était au xiv* siècle un emblème quelconque (nne croix, une étoile, etc.) dit contreseing, surmonté d’une fleur de lis. Plus tard, en 1493, la fleur de lis fût accompaguée de deux points , sorte d’emblème destiné à rappeler a l’orfévre que la coutume ne lui accordait que deux grains de remède (c’est-à-uirc que le titre de l’argent employé par lui devait être à 11 deniers, 12 grains, sauf 2 grains de remède pour les soudures). Vingt ans après, vers 1500, les orfèvres ajoutèrent au contre-seing fleurdelisé et aux deux grains les lettres initiales de leurs nom et prénom. La taille de la marque, abandonnée d'abord à la discrétion dps orfèvres, fut fixée par Louis XIV, en 1679, à deux lignes de haut, sur une ligne un quart de large. Cette marque a existé jusqu’en 1790. Le poinçon de maison commune attestait que l’objet, qui en était revêtu, avait été essayé par les gardes et était au titre de Paris ( 11 deniers, 10 à 12 grains valant aujourd’hui 212 ft le k° — 4 à h * de plus que l'orfévrerie moderne). Ce poinçon doit remonter au moins à 1275. C’est

ce qu’on peut induire d’une ordonnance de décembre 1375, citée par Leroy (page 8) et confirmée en juin 1313 par Philippe le Bel. Ce poinçon était, à Paris, une lettre couronnée de l’alphabet, changeant tous les ans avec tes gardes du métier, dont elle établissait la responsabilité, suivant l’ordre de l'alphabet, de sorte que le B succédait à l’A.le C au B, etc. On voit par le catalogue des gardes de l'orfèvrerie, donné en 1 667 et 1673 par Pierre de Rosnel, dans la troisiè.me partie de son Mercure indien, que cette lettre était M eu 1472, mais cette donnée ne suffirait pas pour obtenir la lettre des années suivantes, car il y eut quelques irrégularités, causées par certaines circonstances, et pour obtenir la suite exacte de ces poinçons, il a été nécessaire de dépouiller tous les plumitifs de la cour âes mounaies. Ce poinçon n’a duré que jusqu’en 1783. U était alors la lettre courante. En décembre 1783, Louis XVI assigna à chaque communauté d'orfévres un poinçon invariable. Pans eut alors un P couronné. Après 1789, on ne Voit plus de poinçon jusqu’en 1797. Lorsque les rois eurent établi un impôt sur les ouvrages d’or et d’argent, ces ouvrages durent porter, outre les poinçons dont nous venons de parler, d’autres poinçons destinés à attester le paiement de l’impôt. Après deux essais infructueux, sous Henri III et sous Louis XIII , l'impôt, connu sous le nom de droit de contrôle ou marque sur l’or et l’argent, fut définitivement établi sous Louis XIV, en 1672. lu lettre de la monnaie de la ville, surmontée d’une fleur de Us, établissait alors le paiement du droit. En 1681, les fermiers du contrôle obtinrent du roi que chaque ouvrage commencé serait frappé d’un poinçon , dit de charge , établissant que l’orfévrc était redevable du droit exigible pour cet ouvrage; et, après le paiement de ce ilroit, d’un poinçon dit de décharge, attestant ce paiement. Un ouvrage postérieur à 1681 doit donc porter quatre poinçons : 1° le poinçon de maitrej 2° celui de la maison commune; 3° ‘le poinçon de charge du fermier; 4” le poinçon de décharge. — lus ouvrages vieux étant alors, comme aujourd’hui, redevables d’un nouveau droit, on peut encore trouver sur ces ouvrages d’autres poinçons établissant le paiement des droits acquittés par eux lorsqu’ils furent revendus et rachetés comme ouvrages d’occasion. Pour Paris, le

Soinçon de charge dos fermiers a presque toujours été un A , lettre e la" monnaie de cette ville, accompagné de quelque pièce ou façonné d’une manière différente, lorsque la ferme de la marque changeait de main; le poinçon de décharge, représentant en général une tète (l’homme ou d’animal, changeait également. Chaque fermier a eu des poinçons de charge et de décharge différents pour les gros, pour les moyens, pour les menus ouvrages.

(A) 1313.Cent esqucles d’arpent merebez d’un egle, quarante vitsaussers d’ar-

gent de divers merches. (Invent, de Pierre Gavestoo.)

(B) 1355. Il est à Paris orfevre qui veut et qui faire le scet, pourtant qu'il ait

esté aprentis à orfèvre à Paris, ou ailleurs, aux os et coustumes du mestier, ou qu’il soit tel esprouvé par les inaistres et bonnes gens du mestier estre .«utilisant d'estre orfèvre et de tenir et lever forge et d’avoir poinçon à contreseing. (Statuts des orfèvres de Paris.) a (G) 1487. Que les inaistres dudit mestier {des potiers d'étain) ne vendent — aucun ouvrage plnstot qu’il soit marché (marqué) de. leur marc Qu poiouon.

— Quant aucun ouvrier sera crée maistre, il sera tenu avant toute envre, bailler à justice, en présence d’iceulx jurei dudit mestier, le patron de

son merc dont il voudra oser et marcher son onvraige et dont lesdits jurés en auront autant par devers eulx.

(D) 1554. Deux domaines d'assiettes d'arpent du nouveau poinson , verrées et

armoyées aux armes dudict deffunct. (Invent, des biens de la Dame de Nicolaï.)

(K: — ' Déni rechanffouers d’argent de poinson estrange, dont l’un verré.

(F) — Deux burettes — du poinson de Paris.

MARQUETEURS. Marqueterie, mosaïque en bois, inférieure à son modèle par la pénurie des nuances et le peu de durée d’un travail d’ébénisterie, comparé du moins à l’inaltérable combinaison de la mosaïque en pierres de couleur et en pâtes de verre. Supérieure, pour les meubles, par sa légèreté, plus durable, par une plus grande résistance à l’ébranlement des transports et des chocs, La marqueterie put lutter contre la mosaïque dans certaines applications, et se développer à côté d’elle. I)e même que la mosaïque, elle eut sa renaissance et son grand développement en Italie. Elle fut créée, au xne siècle, en rivalité des mosaïstes, par les huchiers, menuisiers, tabletiers, tailleurs de bois, et elle était en pleine vogue pendant les ni» et un' siècles. Exécutée d’abord en ivoire et en ébène , elle formait des dessins par l’opposition du blanc au noir ; plus tard, elle s’étendit aux bois colorés naturellement , puis aux Dois colorés artificiellement, et dès lors elle tomba dans l’impossible en cherchant à rivaliser, non plus avec la mosaïque, mais avec la peinture. Au xvie siècle, l’Italie excellait dans ces fausses applications, et il n’en est aucune que nous n’ayons cherché et réussi à imiter.

(A) t4tï.Un marrellier de marqneteure. (Comptes royaux.)

(B) 1416. Un tableau de bois, d’ancienne façon, garnis les boni d’argent snrl'nn

des costez et l’ymage, qui est ondit tableau, est fait de poins de marquetenre, iiij lfv. t. (invent, du dnc de Berry.)

(C) — Un grant tableau, où est la passion Nostre Seigneur, fait de poins de

marqneteure et entour de l’un des costez garniz d’argent blanc — xi liv. t.

D) — Trois tableanx de bois où il a vmages de marqueterie, de bien ancienne façon, prisé — x liv. t.

(E) 1498. Ung coffret faict de musaycqne de bois et d'ivoire, assis sur six testes

de dragon faict à ymaiges tout à l’entour, taillées en bosse dorée et bien richement paint. (lnvent. de la royne Anne de Bretagne.)

MAROQUIN. Le cordouan était le cuir fabriqué par les Arabes à Cordoue , et le nom s’étendit «à toutes les imitations , aussi longtemps que les Arabes eurent une industrie en Espagne; plus tard, on fit venir ces mêmes peaux de la côte de Barbarie, et plus particulièrement du Maroc ; de ce moment, le cordouan fut appelé maroquin et Maroquin du Levant. Toutes les imitations de ces cuirs, même ceux d’Espagne, passèrent dans le commerce sous le nom de maroquin.

{A)1516. Pièces de tapisserye de marroquiu ronges, chacune de quatre aulneset demi de longueur et anstant ae large à bendes de painture verde ouvrée dor par dessus.

(B) — Trois autres pièces de tapisserye de maroquin rouge à bendes dorées. •

(Inventaire de Marguerite d’Autriche.)

(C) 1529. A Jehan Colomhet, marchant, demourant en Avignon, vii**mliv.

pour aucunes qniesses pleines de confitures, eaues, et marroquins qu’il a faicts venir pour le service du Roy, NS. d’Espaignc en France. (Comptes royaux.)

(D) 1532*. De la peau (de ces moutons) seront faîctz les beauU marroquins, les- » miels on vendra pour marroquins Tnrqnins on de Monteliraart ou de

ilespaigne pour le pire. (Rabelais, Pantagruel.)

(E) 1590. Une escriptoire, couverte de maroquin du Levant, dorée et argentée,

ferrée d’argent. (Inventaire de la duchesse de Ne vers.)

MASSE. La masse de l’ordre du Saint-Esprit est un objet d’art.

(A)1496.Pour deux grandes masses pour les huissiers d'armes sur chacune desquelles y a une grande couronne dorée faicte à fleurons, semé à l’entour de pierrerie, an milieu de chaque couronne les armes de France, esinaillées d’azur. (Comptes des ducs de Lorraine.)

MÉDAILLES. Le goût des médailles et leur emploi dans l’orfèvrerie et dans la bijouterie datent de l’époque très-reculée, où ces signes d’échange devinrent, par le talent des graveurs, de véritables objets d’art. En même temps qu’elles avaient cours , les monnaies des anciens , en belles épreuves d’or, étaient enchâssées dans leurs bijoux. Après un long sommeil d’indifférence, le goût redevint favorable aux. médailles antiques, et se développa en mémo temps qu’on mettait plus de soin et d’attention à la gravure de sceaux. Pétrarque, parmi les modernes, serait-il vraiment le premier qui ait fait collection de médailles? Quoi qu’il en soit, dès la seconde moitié du xve siècle, c’est à-dire à l’aurore de la renaissance, les médailles antiques devinrent un auxiliaire de la bijouterie.

(A) 141 6. Un grant denier d’or, pesant, ouqnel est contrefait au vif le visage de

Julius César, garny entour de quatre saphirs et huit perles pendant & une chayenne ployant où il a deux perles et au dessus un fermai! où il a un gros saphir et quatre perles et six petis saphirs et perles de petite valeur — exij liv. t. (Inventaire du duc de Berry.)

(B) — Un antre joyau d’or rond ou est d’un costé le visage d’Octoman de

hanlte taille et a escript à ('environ : OCTOMANUS cet. a a aügüstus imper ii NOSTRI anno xl«. garni entour de quatre halais — et, de l’autre costé du dit joyau, a une femme de hanlte taille tenant en une de ses mains une estoulc et en l’autre un fouet et a escript à l’en-** viron d’icelle part : ulia anno ab ijrbe condita — garnie entour de grenas et d’esmeraudes, lequel joyau MDS. acheta de Michiel de Passe — ijri liv. t.

(C) — Un autre joyau d'or, rond , de haulte taille, onquel est contrefait d’nn

des costés Constantin à cheval et a escript à l’environ : constantiniis m.xpo. deo fidelis imper ator. — Lequel joyau MS. acheta en sa ville de Bourges de Anthoine Manchin, marchant de Florence, lors démoliront à Paris — iiijc liv. t. (Idem.)

(D) Un joyau d’or, rond, de hanlte taille , où il a d’un des costez la figure

d'un empereur appelé Eracle en un croissant et son tiltre escript en grec, exposé en François en ceste manière : eracle en iehsds crist rœu

FÉAL EMPEREUR ET MODÉRATEUR, DES ROMMAINS VICTEÜR ET TRIITMrHATEUR —

et de l’autre costé est la figure dudit empereur tenant une croix , assis en nn char à trois chevanlx- et est ledit joyau garny entour de iiij saphirs et iiij grosses perles et pend à une ehayennette d’or engoulée de deux testes ae serpent, prisé ve liv. t.

(E) 1498. En une aultre maison de la ville (Florence) avoit (Pierre de Médicis)

retiré tout ce qu'il avoit vaillant et bien trois mil médailles d’or et. d’argent, bien la pesanteur de quarante livres : et croy qu’il n’y avoit point autant de belles médailles en Italie. (Com mines.)

(F) 1536. Une bien vielle couronne d’empereur, d'or, rompue, faicte à croix;

garnie à tout les deux pendans et la devanture de soixante cincq médailles, de camahieux, saphirs et cornerbalines tant grandes que pètites, etc. (Inventaire de Charles-Quint.)

(G) 1599. Buffet d’argent doré garny d’antique : Premier. Une grande fota-

taiiie d’argent doré couvert de médalles anticques, les tuyaux représentant deux serpens et au dessus un tyon non doré et marque a la fontaine le pied du milieu. Itéra deux grands flaccons d’argent dore, semez d’anticque , au dessus un lyon qui tient un escusson. Item une grande buyre d'argent doré couverte, avec l’anse toute semee d anticques. Item une nef d’argent doré avec son couvercle, sur lequel y a une fleur de lys et sert pour mettre le linge, semée aussy d anticques. Item deux grandes aiguières d’argent dore semées d’anticques et faites en flam lies. Item une grande sallière d’argent doré, semée d’anticqne, avec son couvercle, sur l’empâtement de quatre piedz de cerf et se tire par dessous. Item six petites vaisselles fruitières d’argent doré, sur les bords semée d’auticques, et mancque une médaille sur le nord dune des dites assiettes. Itetu deux tasses d’argent doré que 1 ou apelle drajouère, où il y a à l’entour des jaspes et agates. Le tout ce que dessus avec leurs estuys — prisé quinze cens quarante cinq escus. (Inventaire de Gabrielle d’Estrées.)

MÉDAILLE, dans l’acception de médaillon.

(A) 1529. Trois médalles de bronze, grandes comme le naturel. (Comptes roy.)

(B) — A certains batelliers qui ont mené le Roy par eane, deBoullongne près

Paris à Seuresne, veoir illec des médailles que ledit Seigneur faict faire pour son bastiment du dict Boullongne. (rar Gerosme délia llobbia.) fC) 1530. Trois médalles dout les deux sont d’albastre et l’autre de bronze lesquelles ledict seigneur a prinses et retenues pour en faire a son plaisir et icelles faict mectre, assavoir, les deux a’albastro en son cabinet d’Amboyse, et l’autre de bronze en ses coffres.

(D) 1 536. Une médaillé d’or, où qu'est mis en onvraige eslevé et es maillé le rais-

tère de la Visitation des trois roys, aiant ung rolleau d escnpture par entour contenant ses mois : Reges, etc., la dicte médaille pendante a une petite chaînette d'or. (Invent, de Charles-Qnint.)

(E) lS99.Une bague d’or, où il y a une médaille d’acier gravée et le portrait du

roy prisée deux esc us. (Inventaire de Gabrielle d’Estrees.)

MÉDAILLONS. Les médaillons- portraits furent d’abord l’œuvre des habiles orfèvres, qui gravèrent les admirables sceaux des xve siècles ; la vogue s’en empara au commencement duxvi® siecie. L’Allemague s’est vengée d’ètre venue la dernière, en îa*sa™ s]Jr bois et sur pierre calcaire des portraits admirables de vente, un remarquera qu’à la fin du xvi® siècle la forme ovale se substitua à la forme ronde.

(A) 1538.Beuedict Ramel, pour son payeinentd’un portraict du roy, faict d or> que le dict seigneur a aehepté 300 liv. tournois. (Comptes royaux. )

MENESTREL. Il y avait le ménestrel poêle et improvisateur, puis le ménestrel chantant, enfin le méuestrel joueur d însUiunent^ il y avait les grands et les petits ménestrels, conune nous eûmes plus tard les grands et petits violons; enfin, si i® \nsiP"

meuts de musique , je parlerais d'un ménestrel de vielle et d un ménestrel de guisterne , eu 1377, d’un ménestrel de liai pe eu 13(10, etc. 11 faut laisser tout cela en dehors de ce répertoire, seulement on évitera de confondre ce terme avec celui de menestreus, qui signifie maître ou patron d’un métier, on remarquera des femmes menestcrelles, et enfin on recueillera avec soin les basions du menestrel, chef d’orchestre , faits en ivoire et quelquefois délicieusement sculptés.

(A) 1260. Uns menestreus du meslier, ne pnet avoir que un aprentis. (Livre des

Mestiers.)

(B) 1409. A Gracieuse Alegre, menesterelle du pays d'Espagne, pour sa pension,

xi fr. (Comptes royaux. Hôtel de la Roy ne.)

MENUISIER. Menu, menuerie et menuiserie. Chaque métier avait ses menuisiers, les lrachiers aussi bien que les orfèvres, Tes potiers d’étain, les serruricis, etc. : c'étaient des ouvriers que leur talent et leur aptitude portaient à Inexécution des ouvrages les plus délicats, les plus menus. Dans les lettres-patentes de 1396, il est question des nuchiers-menuisiers, le corps de métier comprenant à la fois les deux genres d’aptitudes : les nuchiers , qui répondent à nos menuisiers; les huchiers-menuisiers, à nos ébénistes. (Voyez Huchier.) L’acception du mot menuisier, restreinte aux ouvriers en bois, date de la fin du xvi® siècle.

(A) !355.Qne nul» orfèvres ne puissent mettre en nulz joyau£ d’argent de menue»

rie, voirrines avec garnaz ne avec pierres fioes. (Ordonnance royale.)

(B) 1474.Ung ouvrier (de serrurerie) mettroit bien quinze jours ou plus à faire

une serrure ou antre chef d’euvre et d’ouvrage de menuiserie, dudit raestier, dent à peine auroit il ung escn; ainsi la main et le labenr de l’ouvrier'passe et excède le chastel et prouftit. (Lettres patentes.)

(C) 1522. Le iiii® jonr de février baillé à Pierre Forbin , menuisier, pour avoir

faiet ung grand cliassy pour le grand autel à mettre lesparemens du dit grand autel — xv sols. (Comptes de Saint-Etienne de Bourges, cités par M. de Girardot.)

(D) 1550. A Marcel Frérot , menusier, pour ung jeu de bille qu’il a faict en la

salle du bal au chasteau de Blois. (Comptes royaux.)

MESXAfiE. On appelait ainsi un ensemble de plats, de vases et d’ustensiles de cuisine qui répondent, mais au sérieux, à l’idée que représentent les petits ménages des enfants. Les inventaires n’en faisaient mentiou que lorsqu’ils étaient en argent doré. Le ménage décrit dans l’inventaire du duc de Normandie en 1363 (n° 695 à 7 1 2 ), se composait de soixante et quinze pièces en argent , sans compter trente-neuf pièces, tels que chaudrons, pots à sauces, coquemars, etc., qui dépendaient de la grand* cuisine (n° 713 à 724). Le mot ménage s’appliquait aussi aux meubles d’une maison. Trois citations suffiront pour expliquer l’acception de meuble et donner l’idée du ménage sérieux des xiv« et xve siècles , et du ménage d’enfant du xvi° siècle.

(A) 1347. Et aveuc ce faite* jurer aux sains Euvangiles lesdiz receveurs et nos

trésoriers — que il ne prendront robbes ne mesnages d’aucun seigneur. (Charte de Philippe VI, citée par Du Cange.)

(B) 1420. Une manière de mesnage de vaisselle, d’argent, portatif, tout d’une

façon, mis en un estny, garny des parties qui s’ensuyvent : un grant bermgant , faisant aiguière , vi banaps dedans, iii doubles salières, chacune à vi quarrez et vi cuillières, toutes les quelles parties néellées et verrées par les hors , pesans ensemble xxiij marcs, vi onces. (Ducs de Bourgogne, 41 93.)

(C) !467.Ung maisnage garny en manière d’une esguièro large descou verte, six

tasses, six colliers, et trois s al lié res plates neslées et entrelacées d’imT et d’un E, pesant tout ensemble xxiij marcs, vi onces. (Ducs de Bourgogne, n. 2628. Voir encore n. 2638.)

(D) 1571. Ung petit ménage d’argent pour enfans , tout complet de buffet , pots,

plats, escuelles et telle autre chose comme on les raict à Paris — pour envoyer à l’enfant de madame la duchesse de Bavière, accouchée. Plus n’agnères. (Lettre de Claude de France, duchesse de Lorraine, à Pierre Hottmann, orfèvre.)

mestier. C’est un chandelier, et je doute que l’étymologie du mot donnée par Olivier de la Marche soit la lionne. On ne doit pas confondre le mestier avec le mortier dans lequel brûlait une

veilleuse près du lit du roi, et que l’étiquette a maintenue jusqu’à la fin du ivine siècle. 11 y avait en même temps que le mortier un bougeoir toujours allume.

(A)1300.Inventaire du duc d'Anjou, n» 735 à 740, pour de grans mestiers, et n<> 742 à 744 pour dp petits.

{B)1363.Iij chandeliers d’or pour mettre mestiers de cire qui poisent chacun viij marcs etdemy. (invent, dn duc de Normandie.)

(C) 1380. Deux chandeliers d’or, appeliez mestiers, et y a au pied iiij esenssons de

France, lesquieulx donna Monsr de Chevreuse aux estreuues de l’an lxxix, pesant iviij marcs, ij onces, xvi esterlins d’or. (Invent, de Charles T).

(D) — Quatre chandelliers, appeliez mestiers d’argent, et a chacun iiij es—

maux de France en façon de lozenge, pesant xx marcs.

(E) — Un petit chandellier à mettre mestier, seigné aux armes de la royne

Jeanne de Bourbon et un petit y dessus l’escu.

(F) 1396. Trois chandeliers d’argent dorés, appellé mestiers, en chacun desqiiels

a trois esmaulx ronds sur les pâtes, des armes de MDS. (le duc d’Orléans). (Ducs de Bourgogne, 5739.)

(6) 1474. L’on nomme, en la maison de Bourgongne, les flambeaux, qui allument autour, des mestiers et se prent nom parce que le fruitier doibt estre homme de mestier et voit faire luy mesine les torses et les flambeaux. (Olivier de la Marche. Estât du Duc.)

(H) 1485. Sur le dressoir, qu’estoit en la chambre de madame (la Duchesse, femme de Charles le Téméraire), avoit tousj ours deux chandeliers d’argent, que l’on apuelle à la cour mestriers, là où il y avoit tousjours deux grands flambeaux ardens. (Alienor de Poietiers.)

MESTIKiî. Métier, le corps des mestiers: il se disait aussi dans le sens d’office. Les six mestiers de l’hôtel (lu Roy comprenaient la domesticité et l’administration des palais et des hôtels. C’étaient la paneteryc, l’escbanconnerie , l’escurie, la cuisine, la fructciie et la lourrière. Celle-ci s’acquittait des menues mises.

METZ. Mets, dans le sens de service. (Voyez Assiette.) Entremets, ce qui se passe entre deux services. (Voyez les Ducs de Bourgogne, n» 4419 à 4438.)

(A) 1460. Vint Liz&ne sa damoiselle qui apportoil l’escnelle du premier meti et

Lvriope eu prit en la main la damoyseile et l’assist par devant le roy Alexandre. — iPerceforest.)

(B) — Lors vindreDt les servans et servirent dn dernier meta qui estoit de

chevrotz de presse, confiti en espices, et c’estoit le souverain nietz que on servis! adonc et le plus noble et en avoit à cbascune escnelle le quartier d’ung. (Idem.)

MEUBLES. Tout l’avoir meuble, y compris les prisonniers, les chevaux, bœufs et moutons. Nous'n'avous conservé de cette façon de parler que l’expression d’immeuble, qui est la chose contraire.

(A) — En pals de pair, nng homme qoi perdrait son prisonnier, il le peut

poursuivre en tonte l’obéissance de son pais; car cest son meuble. (LeJouvencel.)

(B) 1270. Se ainsic avenoit que li gentilbome allast de vie à mort, sans fére par-

tie à ses enfans , et il n’eus t point de famé, tuit si mueble seront a l’aisné. (Ordonnances des Rois.)

(C) 1380. Meubles sont appeliez qn’on peut transporter de lieu en antre et qui

suivent le corps, îmmeumes qui adhèrent au fonds et ne peuvent estre transportez. (Boutillier. Somme rurale. )

'D) 1599. Ponr la prisée et estimation desdits bien meubles, or, argent monoyé, vaisselle d’argent, bagues, joyaux, chevaulx et autres meubles. (Inv. de Gabrielle dTBstrées.)

MELLON. Sans doute une pièce de vaisselle de table dans la citation suivante :

(A)l599.l!n raellon d'argent doré, prisé ixxviij escus. (Inventaire de Gabrielle d'Estrées.)

MINIÈRE. Mine. Les cristallisations merveilleuses qui se forment au sein de la terre furent , de bonne heure , admises dans la chambre des joyaux , à titre de curiosités et de choses précieuses.

(A) 1380. Vii anneaux en nn doig qui sont de pierètea qu’on ne sert nommer et

vindreüt de l'empereur, de sa minière. (Invent, de Charles V.)

(B) 1416. De tu petites pièces du gros d’une non de mine et en icelles a plusieurs

voinnes de fin or. (Inventaire du dnc de Berry.)

(C) — Une antre pièce de mine d’argent.

MIROIR. Ce qu’il y a certainement de plus ancien parmi les ustensiles de l’homme civilisé, c’est le miroir; ce qu’il y a presque de plus moderne parmi ses inventions, c’est l'étamage ues glaces. Après l’onde pure de la fontaine, le métal poli est venu en aide à la coquetterie, et, pendant le moyen Age, on n’a en, comme dans toute l’antiquité, que des miroirs d’or, -d’argent, d’acier et d'étain

§oli. Au xiii' siècle, après avoir tout essayé, et alors que le verre fut evenu plus commun, on eut l’idée de placer une feuille de métal derrière un morceau de verre et de s’en faire un miroir, de là ces expressions de verre à mirer et plus tard de miroirs de cristallin. Il se passa encore un long temps avant qu’on découvrit la propriété du mercure de s’amalgamer à l’étain et d’adhérer au cristal de roche et à la glace, en leur transmettant toute la limpidité de son éclat. A partir de ce moment, les glaces furent en grande vogue. Venise les fabriquait pour le monde entier, et au moyeu du biseau leur donnait l’apparence de miroirs de métal. Je me suis arrête dans mes citations aux générosités de Henri IV en ce genre. On lit, au moyen âge, un

Cd usage de miroirs portatifs, d’abord dans les trousses de’ barou de toilette, ensuite isolément et de dimensions à les porter dans sa poche, puis avec des manches pour les tenir à la main. Toutes les oollectione en possèdent, et chacun pourra, daus les citations qui suivent, trouver la description de ceux qu’il a acquis, sauf toutefois le miroucr à lunette de diamant, qui était un joyau. Miroir se disait aussi de petites plaqnes de métal poli ou de verre doublé de feuille métallique, qu’on enchâssait au milieu des perles et des pierres précieuses.

(A) 1250*. Ici 1er anima (spécula) inclins est spéculum es vitro et plnmbo, qnig vilrurn propter transparentiam meiius recepit radios. (Vincent de Beauvais.)

(B) 1266* . Imago major fit per rellexionem a specolo, quia spéculum densnm estel habrt nliunbum ah altéra sni parte, quod impeuit speciei et ideo spéculum hahet unde recipiat imaginem et reddat. (Roger Bacon.)

(G) 1279. Si res in specnlo ostenduntur per radios reflexos, ut jam patet içitur perspicnitas, per quam species m çrofundum ingreditur specuR, impeditur, non expedit visionem, qnnniam reflexio est a denso per primiun hujus, quia densum est, propter quod spécula vitrea sunt plnmbo suhducta Quod si, ut quidam fabufautur, dyaphoneitas esset essrntialis specnlo, non fieront spécula de ferro et calibe et a dyaphoneiUte remotissimis. Nec etiam de marmore polito, cujus cnntranum tamen videutub lu ferro autein et hujus modi, propter intensiuuem uigredinis, non est etficax speculatio. In quibusdam tamen lapidibus debdis colo-

ris multo clarior est speculatio qnara in vitris. (Perspectiva Joannis Pisani, prop., 7.)

(D) 1313. Une mirour d’argent enamaillé. {Inventaire de Pierre Gaveston.)

(E) 1360. Inventaire du due d’Anjou, n. 783.

(F) 1372. Une damoiselle, en façon d’une serainne, d’argent doré, qui tient un

mironer de cristail en sa main, pesant marc et demye, prisié xiij francs. (Compte du test, de Jehanne d’Evreux.)

(G) 1380. Un reliquaire où dedans est un miroir et la gésine Nostre Dame garnj

à l’un costé d’un balay et iiij perles et de l’autre costé iiij balavs, iiij saphirs, iiij diaraans et xiiij perles, pesant vi onces et demie. (Inventaire de Charles Y.)

(U) — Un miroir d'or où il a iiij balais, iiij saphirs et xxxiiij perles, pesant

iij onces.

(I) — Un mirouer d’or, poinçonné dehors à lis et a un C et un J et dedans

est une annonciation esmail lée sur le blanc.

(J) — Un mirouer d’or et autour la bordeure sont les xii signes esmaillés

sur rouge clair et ou dos est l’ymage de Nostre Dame, Ste Catherine et autres.

(K) — Un miroir d’yvire , garnv d’or, à un esmail de France d’un costé et

d’autre.

(L'i — Un miroir d’argent, dont au doz a un roy séant peint sur verre.

(M) — Deux haultz miroirs à deux piedz d’yvoire , l’un plus grand que

l’autre.

(N) — Deux miroirs d’acier, l’un grand qui est environné de cuivre et de bor-

deure par derrière et l’autre assis sur bois.

(O) Un grand miroir d’acier, doré et ouvré par les bords à orbevoyes et

iiij escuçons de France et de Bourbon.

(P) — Un miroir gamy d’or où est esmaillé Narcisus et Suzanne à la fon-

taine, pesant vi onces, vii esterlins.

(0) — Uns tableaux d’yvire à ymages, garnis d’or, où dedans sont deux miroers garnis d’or et ij escussons de France dessus.

(R) — Uns tableaux d’or, d’estrange taille, où est Nostre Dame qui tient son

enfant, S. Christofle et a lunettes de miroir entour, à lij menues perles, pesant v onces, xii esterlins.

(S) — Un petit mirouer en argent, esmaillé sur les bords et au dos, que

tiennent ij enfans à petits manteaulx et chappeaux longs esmailliez de fleurettes, et un long cul et un fanlx visage sur ij piedz et de&soubz un entablement esmaillié à chasses de cerf, pesant iij marcs, ij onces et demie.

(T) 1389. Pour un mirouer d’or, à ymaiges, esmaillez de rouge cler , gamiz de

perles — acheté à Jehan le Charpentier, orfèvre de Paris. (Mandement au 15 février, Ducs de Bourgogne, tome IV.)

U) 1396. Une fiole d’or à mettre eaue rase, assise sur une terasse, esmaillée de vert, et ou millieu de ladicte fiole deux mirouers garnis autour de xxiiii perles , iiij balais, et iiH saphirs et au dessoubz deux pucelles esmaillées de blanc. (Ducs de Bourgogne, no 5735.)

(V) 1398. Un miroir d’argent doré — qui estoit dessus le couvercle d’une salière.

(Comptes royaux.)

(X) 1405. Un mirouer d’or, à pié, bien petit, duquel la lunette est d’un dya-

ment. (Ducs de Bourgogne, n* 6037.)

(Y) 1408. Ung mirouer garny d’or, où au costé, en ung esmail, est ND. et les

troys Boys de Coulongne, à une bordure. (Ducs de Bourg., n° 6077.)

(Z) — Ung rairoer d’or, sans glace, à onze troches de perles et onze petiz

balais. (Ducs de Bourgogne, n° 6092.)

(AA) — Ung autre mirouer garny d’or, où autour sont huit perles et en l’autre costé est Nostre Dame tenant Nostre Seigneur, de painture, à ung

ET RÉPERTOIRE. 39f

voirre dessus et autour sont vint perles et huit balaiz. (Ducs de Bourg., no 6079.)

(BB) — Ung bien petit minotier d’or, à deux lunettes, où d’un costé est saint Katherine et de l’autre saint Jehan Baptiste. (Ducs de Bourg., n. 6080.)

(CC) — Pour un grant pigne et un mirouer tout divoire — pour servir le Roy, lvi s. p. (Comptes royaux.)

(DD) 1410. Cng mirouer sangle roud, d’un côté la Vierge Marie tenant son enfant et les apostres environ, fait de painture et dessoubz ung verre de cristal — et en l'autre co§té dudit mirouer le verre à mirer, environné de hnit perles. (Ducs de Bourg., n° 6192.}

(EE) 1410. Ung estuy de pignie, dedens lequel a ung miroer d'or, double, l’un au verre environné de séraphins esinaillié de rouge clerc et en l’autre partie du miroer est l'annunciacion Nostre Dame esmaillée. (Ducs de Bourgogne, n° 6193.)

(FF) 141 6. Un mirouer d’or à une lunette esmaillé par derrière de Nostre Dame, un serpent à sept testes, un angle et Saint Jehan l’évangéliste, garny entour de fueillages et d’oisçauli — viii** liv. t. (Inventaire du duc de Berry.)

(GG) — Un petit mirouer à deux lunettes, séant sur un pié d’argent doré et par dessus une femme assise sur le dos d’un homme.

(HH) — Un miroer à deux lunettes, d’argeut doré, ouvré de l’ouvrage de Damas, prisé — Ix s. t.

(II) — Un petit mirouer à deux lunettes, d’argent doré, fait en manière d’une i pirouette, prisé xx s. t.

(JJ) — Un mirouer d’acier, estant en une bourse de soie, prisée, il sols t.

(KK) 1432. Ung miroir, où l’on voit plusieurs abus (effets trompeurs.) (Ducs de Bourgogne, no 945.) *

(LL) 1467. Ung miroir garny d’argent doré et y a devant ung esmail de Nostre Dannne et de son filz, assis dedens une rave de soleil et de l'autre costé a le couronnement Nostre Dame assis sur ung pié et la puignie de cristal et y a de petites perles entour du myroir, pesant iij marcs. (Ducs de Bourgogne, 3150. Voyez en outre les n<>» 3144 etsuiv. pour d'autres miroirs.)

(MM) 1500. Sy recréent et refocillent trop mieux mi’en regardant un miroir de brune glace. (Couronne marg.ae J. Le Maire des Belges.)

(NN) 1528.Troys mironers de cristal garnys chacun d’uue garniture de cuir doré à ouvraiges de moresque. (Comptes royaux.)

(00)1536 Ung grand miroir d’achier, faict à l’anticqne et garni de mère de perles, fermant à deux clouans. (Invent, de Charles-Quint.)

(PP) 1555. A Mathurin Lussault, marchant orfèvre, pour avoir faict rétamer le grant mironer de ladicte dame (la Roy ne) icellui démonté et remis du velloux par dessoubz. (Comptes royaux.)

(QQ) 1566. Ung mironer de cristal à deux endroicts— ivij liv. t. (Inventaire du chas te a u de Ne vers.)

(RR) — Ung petit livre d’or auquel y a ung cadran, les connelettes faictz de fil émaillé, auquel y a dedans ung mirouer de cristal — xxv liv. t.

(SS) 1588. On luy apporta un miroir faict à peu près en forme d’un petit livret

ân’on luy mit dans la pochette droite de ses chausses. ( L’isle des hermaphrodites.)

(TT) 1597. Ung grand miroiron j a derryères nng lappis avccq une chenne à le pandre faicte de chiffres, émaillé de blanc et violet, prizé iiij** livres. (Contrai de mariage de Franzoise de Schomberg.)

(UU) — Ung mirouer de bains garni de sa glasse de Venise et au derryères garni d’argent doré avecq feullayge dé naque de perle, prizé vi liv. (VV) 1 599. Un^ grand mironer d'acier que le Sr de Beringhen a dit avoir esté aporté à Monceanlx do Cabinet de Fontainebleau — par le commandement du Roy pour en prendre son plaisir audit Monceanlx, pendant le

séjour de sa diette audit Mooceanlx, ledit mirouer avec ses châssis, pnsé xxv escus. (Inventaire de Gabrielle d'Estrées.)

(XX) — Un grand mirouer d’ébeyne qui s’ouvre à deux feuilleta, on il y a au dessus des deux fenlletz aenx graus lapiz et sont les deux fenlletz deux jacintes. Au dessus du mirouer une femme d’argent qui a dessous ses pieds un gros lapis tout rond et un baston de lapiz qu’elle a dessous sa main et au costé du mirouer deux pommes d’or et an dessus desdites pommes deux petiz boucquets d'or esmaiilé. Ledit mirouer est tout plaiu et semé de pierreries d’esroeraudes et autres sortes et les bords plains de petits flllets d’or, la face de cristal de roche belle et grande, prisée iiijc escus.

(YY) — Un mirouer d’une glace de Venise enrichi de papillon de verre et esmaillé de plusieurs couleurs estant dans nn tabernacle de bois peint de vert, pnsé iiij escus.

(ZZ) — Un mirouer de cristal de roche, garny d’argent doré esmaiilé, avec le pied fait en triangle, prisé xl escus.

(AB) — Un mirouer sans tainct, garuy d’ébeyne, prisé iij escus.

(AC) — Un mirouer d’or, qui est tout rond, gravé et esmaiilé, prisé Ixx escus.

(AD) — Un grand inirouer de jaspe, où est gravé un Narcis, garni de diamant

et rubis autonr avec peudans d’or, les chiffres du Roy esmaillez de gris, prisé ij« escus.

(AE) — Un autre mirouer tout d’or, au milieu duquel y a une agate, deux figu-

res taillées de relief dessus et s’ouvre le portrait du roy dedans, ledit mironer garni de diamans et rubis — prise ijd escus.

(AF) 1603. Ung mirouer de lapis, estimé neuf livres. (Invent, de la royne Loyse.)

(AG) — Ung grand mirouer d’acier, enchâssé, estimé pareille somme de quatre

livres dix sols.

miroir ardant. Cf! sont aussi des miroirs de métal.

(À) 1300. Autre mireor sunt qui ardent

Les choses, quant ens les regardent,

Qui les set à droit compasser

Por les rais ensemble amasser. (Roman de la Rose.)

(B) 1520.Troys miroirs ardaus, dont l’ung est doré sur la menuyserie. (Inven-

taire de Marguerite d’Autriche-)

(C) — Ung miroir ardant d’assier, tout rond, à deux bords dorez et entre

deux ung sercle d’asur, l’envers dudit miroir tout doré.

(D) 1535. Pour un grand mironer ardant, excellent, enchâssé en boys de noyer>

façon de Millan, — ix liv. tournois. (Comptes royaux.)

(E) 1599. Un mironer ardent, garny d’vvoire, avec de la marguerite, prisé la

somme d’un escu. (Inventaire de Gabrielle dTEstrées.)

miroir MAGIQUE. Miroir métallique, sur lequel sont gravés légèrement des signes et des inscriptions cabalistiques, assez distincts pour être vus sans toutefois troubler les reflets du miroir. Dès F antiquité, ou s’aperçut qu’en présentant cette surface miroitante à un enfant d’une imagination vive, qu’on exaltait davantage par l’odeur de forts parfums, on frappait sou esprit, et que, dans son trouble, il voyait, ou plutôt croyait sincèrement voir, au lieu du reflet de sa figure, au lieu des signes tracés sur la surface du miroir, tout ce qu’on lui demandait, avec l’addition de circonstances étranges, telles qu’une imagination vivement surexcitée peut les enfanter. Depuis la plus haute antiquité, en Asie, jusqu’à la cour du Régent, eu France, jusqu’à nos jours dans le Levant, ces miroirs magiques sont en usage et en vogue mystérieuse. (Voyez mon Commentaire sur l'Exode et les Sombres, p. 23.) miséricorde. Support en forme de cul de lampe pratiqué

dans Une stalle d’église, au-dessous du siège, et qui se relève avec lui. Les stalles, disposées au ehreurde l’église, n’eurent pas de sièges dans les premiers temps ; c’étaient des niches où l’on se tenait debout. La fatigue, causée par cette attitude prolongée, devenant insupportable aux vieillards et aux débiles, on l'allégea, en perrn ttant de s'appuyer la poitrine sur un bâton terminé en tliau ou en béquille ; cet aide n’étant pas suffisant, on pratiqua dans le fond de la stalle un petit support qui pei mettait de s’asseoir à moitié, en restant à moitié debout , et cette concession, comme toutes les concessions pour le maigre, le jeûne, la durée du sommeil, etc., étant accordée per misericordiam, on appela miséricordes ces béquilles et ces supports de stalles. Plus tard, peut-être au commencement du ni' siècle , on transforma les stalles en véritables sièges , mais comme chaque innovation dans l’église se dissimule autant que faire se peut, on conserva les petits supports de manière à ne rien changer à l’aspect de la stalle ; on en nt même un ornement qui dissimulait leur emploi, on les sculptait en rosaces, en feuillages, en groupes de figures , et cos miséricordes, devenues ainsi des spécimens remarquables de la sculpture du moyen âge, sont entrées dans les musées, après la ruine des églises dont elles avaient fait la décoration.

(A) — Primiim in ecclesia qnamdin scilla pnlsatur ante noetnmos sttper niisenrordiaiu sediiis soi, ai opus habet, qniescit. (S. M iüfclini consuet. Uirsaug. ap. Du Gange.) •

MITRE. La réforme que subit en ce moment même la coiffure épiscopale, le retour à la mitre du un* siècle, a été trop généralement approuvé pour qu’il soit nécessaire de démontrer, en citant la suite chronologique des mitres qui sont parvenues jusqu'à nous, comment ce bonnet de proportions justes, naturelles et élégantes, était devenu, par l’exagération, quelque chose de monstrueux comme forme et de parfaitement incommode comme coiffure. Tout ce que le luxe a imaginé de plus resplendissant a été prodigué aux mitres, et les inventaires en font foi. Je n’ai pas cru devoir en rien citer. (Voyez l)ucs de Bourgogne, nM 2208, 2209, 2210, 2211, 2212.) Ia broderie, qui chargeait mo ns la tète, a toujours été préférée pour l’ornement des mitres. Une mitre en parchemin peint se trouvait dans le trésor de l’abbaye d'Ognics près Namur, où on croyait que l'évèque de Ptolémaïs , Jacques de Vitry, l’avait rapportée d’Orient, en y venant finir ses jours. La citation suivante, à grande distance, la rappelle.

(A) 1530. Une mittre de taffetaf on satin Mance, paincte à i’ung des lez de la passion et À l'autre lez du jugement. (Inventaire de Charles-Quint.)

MODE. 11 y a eu des modes pour le costume, des modes pour manger, marcher et s’asseoir, il y a donc eu aussi des modes de beauté, et celles-là ont si bien modifié la beauté naturelle , j’entends les proportions de la tète par la coiffure et la barbe, les proportions au corps par la hauteur de la ceinture, les attitudes parla manière d’écarter les jambes ou de les plier, de porter le ventre en avant ou de l’effacer, d’aplatir la gorge ou de la faire ressortir, que ces différentes manières d’entendre la beauté ou de la transformer deviennent pour l’archéologue des moyens certains de fixer l’àge d’une sculpture, d’une peinture, et de tout monument sur lequel des personnages sont figurés. En ce moment, je ne tire mes

preuves que des textes, et je veux prouver nue sur ce point aussi Us sont d’un grand secours. Les caprices de nos artistes, leurs prédilections variées, leurs tendances mobiles nous disposent à récuser leur autorité, et cependant le moyen âge a donné assez de preuves de sa naïveté, pour inspirer confiance dans leurs devanciers, surtout lorsque les attitudes qu’ils donnent à ses personnages sont exaltées par les écrivains con'emporains comme, les plus élégantes, les seules digues d'une noble dame, d’un chevalier et d’un gentilhomme. Eu 1144 , le jpune Beaudoin succède à la couronne, Guillaume de Tyr décrit sa beauté , et son traducteur, quand il arrive à la barbe, ajoute de son fait que c’était alors la grande mode : Cher eus a voit fors , le visage avoil bien veslu de barbe , qui estait une granl avenance en ce tems. Tous les auteurs, historiens et poètes, ont de ces remarques et descriptions. Lorsque je traiterai des monuments, je donnerai à chaque mode transmise par l'art la sanction d’une certaine autorité fournie par les textes.

(A) ltSO. Wülamtî Limge Espée fu de haulte rslatnre ,

Gros fn par li espaitles, greileqiar la idiainture;

Gambes oot longes dreites, large la forobeure ;

N’esteit mie sa char embrume ne osenre;

Li tez porta hanlt, longe oot la chevelure;

Oils dreits et apers ont, et dolce regardenre,

Mvz a sis anemiz scinla mult fiôre « dure.

Bel liez e bele bûche e bele parlé ure. (Roman de Rou.)

(B) — * Li cuens Reynans en monta le dégré

Gros par espaules. grêles par lo baudré,

Blont ot le poil, menu, recercelé,

En nnle terre n’ot si bian bacheler.

(Bele Erembors. Romancero fr.)

MODE FRANÇAISE. C’est par l’ensemble d’une histoire des arts et l’exposé des diverses influences qui l’ont traversé, qu’on fera ressortir, dans les choses de goût, l’omnipotence de la France depuis les premiers temps de sa monarchie. Je n'ai point recueilli de citations à l’appui de cette opinion , la considérant comme acceptée. Je montrerai cependant des formes de vases dites françaises en Allemagne , en compensation d’autres vases appelés en Fiance à la façon d’Allemaigne.

(A) 1428. Item ein guldin becber, franezoscher forme , mit einem fusse und ist jnuewendig dar inné gesmelcte ein mann mit einem langea grauwen dappart nmf hat ein grunes zwigel in der hant mit einer roten rosen nnd ein jnngfrauwe m einem roten rocke, und ein guldin deckel darezu mit einem gewonden Knopffe nnd innewendig darjnne gesmelcze ein frenwelin mit einem roten rocke, siczet zuschen zweyn grûnen beuuilin nnd nsswendig oÉf dem deckel ist miner frauwen scjiilt gegraben zuschen zweyn bustabeu L und M. (Joyaux de Math, lde de Savoie, engagés par son mari, le Pfalzgrave Louis le Barbn, en 142m. 11 y a quatre banaps de forme française.) Item un hanap d’or de forme françoise, arec nn pied et dans l'intérieur émaillé à un homme, dans un’long dappart gris, qui tient dans la main une branche verte avec une rose ronge et nne jeune femme dans un vête- ' ment ronge et aussi un couvercle d’or avec nn bouton tordu , dan» l’intérieur émaillé à une jeune femme vêtue d’uu costume ronge et assise entre deux arbres verds et à l’extérieur est gravé l’ecosson de ma femme entre les lettres L et M. *

MOLINET. Petit moulin, jouet d’enfant, introduit parfois dans les joyaux, ces joujoux des grauds enfants.

(A) 1390. A Jehan I>n Vivier, orfèvre et varlet de chambre du Roy, pour avoir rappareillié et rais à point un petit moulinet d’or, garni de perles et de Datais petis , pour l’esbatement de madame Ysabel de France. (Comptes royaux.)

MOLLE. Moule. Jeté en molle, fondu dans un moule. On s’exprimait ainsi pour désigner d’abord le moule , puis les pièces fondues , et plus tird l’impression et les livres imprimés sur caractères fondus. On dit encore en province d’uue belle écriture , se rapprochant de la régularité de l’impression : c’est moulé , et d’un enfant, qu’il ne lit pas encore l'écriture, mais qu’il lit le moulé. Ou remarquera que les fondeurs avaient le droit de fondre des lettres isolées, et cela eu 1260 : c’est une des preuves de L’usage des caractères mobiles de l’imprimerie avant la découverte de l’impression.

(A) 1227. Item molle ferreum, cura quo finnt ostie. (Inventaire de Saint-Martial

de Limoges.)

(B) '1260.Nus lormiers ne puet ne ne doit mètre en revre traie manière d’œvre

getée en molle, qnar èle est fansse. (Livre des Métiers.)

(C) — Nus moîères ne puet moler ne fondre chose là où il i ait leitres et se

il le fesoit , il seroit. en la merci le Roi de cors et d’avoir, hors mise leitres , chascune par li, mes en scel ne eu deniers , ne en chose qui porte soupecon, ne puent il moler ne fondre.

(D) 1445. Item pourj doctrinal getté en molle , envoyet quérir à Bruges, par

Marquât, ecripvaiu à Vallenciennes. .(Mémoriaux de Jean le Robert.) (È) 1460. ij grands molles de cuivre à faire plombets pour les grandes coule.vrines etiv petits pour les petites. (Chambre des comptes de Nantes.)

(F) 1474. (Les lettres de naturalisation des trois fondateurs de l’imprimerie à

Paris leur sont données) pour l’exercice de leurs ars et mestiers de faire livres de plusieurs manières d’escriptures en mosle et autrement.

(G) 1476. Item plus uunin molle fusti, cum quo est assuetum facere candelas

sepi. (invent. ap. Du Gange.)

(H) 1496.Pour cent sols unes heures en parchemin escriptes en monle. A Es-

tienne Joudelle ex sots pour unes autres heures en parchemin escriptes en moulle qu’il a baillées pour MDS. (Comptes du dde d’Orléans.)

(I) 1498 .Plusieurs livres, tant en parchemin que en papiers, à la raain et eu

mosle, Laut d’églises que autres, qui estoieot audit château d’Amboise. (Inventaire d’Anne de Bretagne.)

( J)1499. Il (Savonarole) les a faict mettre en molle et se vendent. (Philippe do Commines.)

(K) 1500. Le petit roole ay voulu coucepvoir

Sur vostre cas, afin qu’on le recolle Enprainte en mosle, en note, en prothocolle,

A vostre escolle. (J. O. Alione.)

(L) 1502.Prieï pour celni qui a translaté ce présent traicté de latin en françois

et la raict mettre en moule pour le salut des âmes. (Imprimé au verso du titre d’un livre de morale intitulé : Livret de consolation, Paris, 12®, 1502, pour Geoffroy de Marnef.)

(M) 1523. La Destruction de Troye la grande , rythmée , historiée eu molle et

parchemin. (Inventaire des livres du chasteau de Molius.)

(N) — Les Décades de Titus Livius, en molle, papier et eu latin.

(O) 1553.11s ont (les Tores ) une forme taillée en bois , où il y a quelque belle

fleurette , laquelle forme ils frottent de couleurs , comme quand l’on imprime quelque chose eu moule. (Bclon.)

(P) 1566. Cinq livres escriptx à la main — sept autres petits livres en mole, (in-

ventaire du chasteau de Nevers.)

monde D’OR. Quartz résinitc, l’hydrophane des minéraio-

gistes , connu des bijoutiers sous le nom d’CBfl du monde. Sa qualité spongieuse lui permet d'absorber une quantité d’eau qui, en reflétant les couleurs du spectre solaire, lui donne le chatoiement de l'opale. On le tire de l'Italie et de l'Allemagne, la France en fournit aussi.

(A) ISOS.Quantà la restitution de l’escharhoncle et monde d’or qu’avons présentement en nos mains pour gaige... (Testament de Marguerite d’Autriche.)

monnaie. Les orfèvres et les sculpteurs ont donné de tous temps les modèles des monnaies, médailles et médaillons qu’ils gravaient eux-mèmes; je crois qu'il faut descendre assez bas, et vers la fin du moyen âge, pour trouver des peintres chargés de ce soin. C’est tout ce que je dirai ici sur les monnaies.

{A) 1470. Je, Jehan Hennequart, varlet de chambre et pointre de montrés redoublé seigneur , MS. le duc de Bourgongne , confesse avoir reçu — pour avoir fait plusieurs patrons pour taire coings de nouvelles monnoies, au nombre de trente manières, dont je fis quatre de conteurs, lesquelles MDS. choisit entre les antres. (D. de B., 4035.)

MONTOIR. L'Orient a conservé cet aide pour monter à cheval, en ayant le même besoin qu’au moyen âge, puisqu’il maintient les selles très-élevées et les étriers courts.

(A) 1368. Entre lesquels murs (du Louvre, dans les environs de la nie Frnid-

mantel et de Cbampflori) est le montoir du Roi et de la Reine. (Comptes des bâtimens royaux.)

(B) 1427. Pour ung montoir qu’il avoit fait faire pour monter MDS. à cheval.

(Ducs de Bourgogne, 4929.)

(C) 1500. Mercredi, premier jour d’avril, un ponre homme des champs monta

sur ung puis pour munter sur son cheval, son dit cheval se tira tout à cop près du (lit puis si soubdaiueinent que le dit homme cheut en icefluy puis et fut noyé. (Vergier d’Honneur.)

Montpellier. Argent de, façon de. Voyez tous les inventaires des xiv« et xv» siècles.

(A) 1360. Inventaire du duc d'Anjou, 673, 674, 679, 687 i 689, 716.

MONTURE. Les belles . matières employées dans les bijoux et joyaux du moyen âge n’avaient pas grand prix , c’était la monture et "son poids nui en faisaient la principale valeur. Cependant, quelques pièces ae cristal , de jaspe, de primes d’amétiste et d’emeraudes devaient être estimées a un prix élevé, puisque nous les voyous données eu présent, sans aucune monture, a des princes possesseurs de grandes richesses et habitués à un luxe fastueux. Ce qu’il v a de plus singulier, c’est que ces mêmes pierres reparaissent dans les mêmes inventaires, et cette fois magnifiquement montées, mais aux frais de personnes qui sans doute croyaient devoir faire preuve de leur générosité I .es changeurs achetaient de tous côtés les belles matières brutes , les faisaient tailler et monter, puis, lorsqu’elles avaient toute la séduction de leur complet arrangement, ils les offraient, comme aujourd'hui, en vente daus leur clientèle.

(A) 1416. Un barillet de cristal, garnyd'or et de pierreries, c'est assavoirde xiiÿ petiz balays et xvi troches de perles, en chacun trochet trois perles et pe.nd à un tixn de fil d’or trait, laquelle garnison fut donnée à monseigneur le Duc (de Berry) par MS. de Vendosme, à estraines, le premier jour de l’au mil cccc et sept, et le dit barillet sans garniture lui avoit esté par avant donné par l'évesqne de Chartres, lors son trésorier général, — ij« xtv liv. t. (Inventaire dn duc de Berry.)

(B) 1416. Deux pos de cristal, en chacun une ince de mesmes, fais à plusieurs quarres que la royne donna à Monseigneur, à Meleun , au mois de jning mil cccc et huit, l&squelz mon dit seignenr à faiz garnir d’or et on fretelet du couvercle de chacun sont ses armes faictes d’esmail et donna la dite garnison Lévesque de Lavaux, — ijc liv. t.

MORDANT. Le mordant n’est pas l’ardillon de la boude, comme on le dit dans le Glossaire de Du Gange, et encore moins une même chose que le mors ou mors de chappc. Bien qu’on le trouve énuméré souvent à côté de la boucle, n lui est étranger. Le mordant est la pièce de métal qui s’applique à l'extrémité ue cette partie de la ceinture, qu’on laissait pendre, après le nœud formé autour de la boucle, d’à peu près trente centimètres de longueur, chez les hommes, chez les femmes jusqu’à terre. Ainsi s’explique pourquoi les attachiez ont seul le privilège de fixer les mordants aux ceintures, pourquoi aussi les boucliers ou faiseurs de boucles, en soumettant à Étienne Boileau, qui les enregistre en deux chapitres, les us et coutumes de leur métier, ne parlent pas une seule fois au mordant. Au reste, comment un mordant pourrait-il remplir les fonctions de l’ardillon avec toutes ces pierreries qui le surchargent, et pourquoi serait-il rivé seul et sans boude au bout d’une ceinture, d’un tissu, d’unc courroie et des bandelettes d’une mitre d’évèque ?(Voy. Ardillon.) Au milieu des nombreuses citations que j’ai réunies avec un grand soin , tant il importe d’expliquer cette expression si fréquente dans les textes , on remarquera le passage concluant du Dictionnaire de Jean de Garlaude; la boucle, l’ardillon, le mordant et la courroie y sont distincts, et chacun avec leur rôle. De même, dans le Guide un langage, de Gautier de Bibelsworth, où le mordant s’applique à la pièce de métal fixée à l’extrémité du pendant de la ceinture, on voit en outre figurer la boude et l’ardillon.

(A) 1080. Plusculacii sunt divites per plusculas suas, et lingulas suas et morda-

cula per limas et loralia equiua. — Pluscularii dicuntur gallice boucliers, — plusculas. gallice boucles. — Lingula , de lingua. dicitur gallice hardilon — inordaculum. id est mordant. — Loralia dicuntur gallice lorains, id est poitraus. (I)ict. de J. de Garlaude.)

(B) l260.Quiconques veut estre atachiers à Paris, c’est à savoir fesères de clos

pour cloer boucles , mordans et membres senr corroie , estre le pnet se il set le mestier. (l's des Mestiers, recueillis par Et. Boileau.)

(C) — Quiconqnes veut estre fondères et molères à Paris, c’est à savoir de

boucles et de mordans, de fremans, d’aniaus, de seaus et d’autre menue oevre que on fait de coivre d’archal , estre le puet. (Idem.)

(B) — Charlemagne six espans avoit de seint, sans ce qui pendoit dehors la boucle de la ceinture. (Chroniques de Saint-Denys.)

(E) 1295. Femme par homme est enceynte,

Et de une ceynture est ceynte,

De la ceynture le pendannt Passe par my le mordaunt Qeinsy doyt le hardiloun Passer par tm de sobiloun.

(Gautier de Bibelsworth.)

(F) 1352. Pour faire et forgier la garnison toute blanche d’une espée dont l’ale -

melle estoit à fenestres. C’est assavoir faire la croix, le pommel, la boocle et le mordant et un coipel. ^Comptes royaux.)

(G) — A Pierre des Barres, orfèvre, pour une ceinture ferrée d’or suri tissu

de bronderie de laquelle boucle et le mordent estoient garnis de saphirs, de rubis balais et de grosses perles et les membres de la dite

ceinture faiz à fleurs de Us et à oiselez , tous d’or — ije iv liv. xviii s. (Comptes royaux.)

(H) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 153, courroies, l’une à boucle, l’autre à

mordant, 153, 155, 159.

(I) 1380. Une petite ceinture qui fut à la royne Jehanne de Bourbon, dont la

boucle et le mordant sont d’or et garniz de perles. (Inventaire de Chartes Y.)

(J) — Une autre ceinture — et au mordant de la dite ceinture a v gros sa-

phirs, V rubis, iiij diamanset xx grosses perles et en la boucle aiii gros rubis et vi petits, iij gros saphirs, iiij diamans et xvi grosses perles.

(K) — Une ceinture de soye vermeille, à boucle et mordant d’or, le mordant

néellé aux armes de France et le passent et les fermillières d'or nou pesé.

(L) — Une autre ceinture à tissu vermeil, à boucle et mordant, à viij fer-

mouers d’or beslonge et est le mordant esmaillié de France, une couronne dessus d’un costé et d'autre et une perle au bout , non pesée.

(M) — Une ceinture de soye ynde dont la boucle , le mordant et le passant

sont d’or.

(N) 1393. A Herman Ruissel, pour avoir fait et forgié liiii lettres d’or qui dient :

Eapérancr, avecques xv poins, viij ferraeures, aenx bloncques et deux mordans d’or, les dites fermeures faites en manière de bacins — pour mettre et assoie sur deux ceintures d’or de broderie. (Comptes roy.)

(O) — Fut livré par Hance Rarat, orfèvre, un mordant et iij fermures avec

quatre petiz cloz. tout d’or, pour mettre en une courroye de l’une des espées. (Ducs de Bourgogne, n. 5590.)

(P) 1399. Ung bel estui garnv d’une tresse de soye à deux mordans armoyés aux

armes du Due (de Bourgogne). (Areh. de Dijon.)

(Q) — Une ceinture d’un tissu de soye, où est cscripte l'évangile saint Jehan,

et est une petite boucle , un passant et un mordant , à onze barres d’or petites. (Inventaire de Charles VI.)

(R) 1412. Pour le chariot de madame la Duchesse — xiiij gros pommeaux et

xiiij petis, iiij moutonneaux, xxx fleheures, xij** bouillons, xxxvi mordans, vi mille de petis boulions et plusieurs autres menues pièches tout de cuivre doré. (Ducs de Bourgogne, 260.)

(S) — Pour avoir rivé xii mordans en xii bors de tissu tout de neuf pour

icellui harnois de jambes. (Ducs de Bourgogne, 260.)

(T) 1414. Neuf marcs d’argent blanc ouvrez toutà petits mordans que nousavons

fait inestre et asseoir ès décopures des trois chapperons doublés de brune te. (Ducs de Bourgogne, 6235.)

(U) 1467. Et a deux pemlans servans à ladicte mittre semez de champ pareille-

ment de perles, iiij mordans que dessus que dessoubs garnis de grans garnas, ae petits saphirs.

(Y) — Eta deux peudans servans à ladicte mictre, le champ semé pareillement de perles et de grans mordans, que hault qne bas, garnis de garnas. (Ducs de Bourgogne, 2208 et 2209.)

(X) — Une saincture d’or, en manière d’nn demi chaint, garnye de deux mordans d’or, l’uu mordant esmaillié d'une fleur de blanc csmail , de trois balays, d’un saphir au millieu et de trois trouses de perles iij à iij et de deux oyselets esmaillex et l’autre mordant d’embas garuy de trois saphirs, ungbalay et trois trouses de perles. — (Ducs de Bourg., 3075.)

(V) — Ung chappeau de perles garny de deux mordans d’or, ung demy saint

de perles aussi à deux mordans d’or et une bourse de perles. (Ducs de Bourgogne, 3100.)

Z) — Neuf garnitures d’espées, d’or, avec leurs morgans et clotz. (Ducs de Bourgogne, 3135.)

MORISQUE. A la morisque, c’est-à-dire dans le style arabe.

Nos arabesques étaient, dans l’origine, des dessins àlamorisque. Les morisclcs étaient une monnaie espagnole (Voyez Or arab:ant)% et on appelait de même les restes de la race maure qui émigra d’Espagne, au xvue siècle. (Voyez les mots Espérons et Voirre.) Les citations suivantes montrent combien cette expression s’est longtemps conservée.

(A) 1420. l'ne grant pièce de. monnoye d’or, nommée double morisque d’Espaigne,

et ix pièces d’or de diverses monuoies. (Invent. D. de Bourg., 4182.)

(B) 1536. lieux tableaux de bonne painctnre d’une mesme grandeur, le bora

ouvré à la morisque, l’ung avecq la ligure de l’Empereur et l’antre de l’Imperatrix, clouant l’ung sur l’autre. (Iuvent. de Charles-Quint.)

(C) 1610.Cejonrd’hui, 28 xbre 1610, est arrivé un courrier de Seville où est le

marquis de S. Germain qui est après à faire trouver vaisseanlx pour quelques morisques d* Andalousie qui désirent passer en France. (On leur refusa cet asile. Mém de M. de Puysiewx au Roy.) Vostre Majesté aura sceu comme tons les manrisqües du royanlme de Valence sont passés, le nombre s’est trouvé de cent trente mil. (Lettre de Mf de Vaucelles au Roy, de déc. 1609.)

mors DE CH A PPE. L’agrafe qui retient sur la poitrine les bords de la chape et qui la mord , pour ainsi dire. La sculpture, les miniatures, et même les agrafes de ce genre qui se sont conservées, nous montrent le luxe inouï des mors de chape. On en compte vingt-huit dans l’inventaire de Saint-Paul de Londres, dressé en 1295, dont 3 en or, 13 en argent, le reste en cuivre ou en bois recouvert de lames de cuivre. (Voyez Bille.)

(A) 1250. Firmaculum qnod vulgariter morsus dicitur, avulsit. (Matth. Paris.)

(B) 1295. Morsus Pétri de Bleys triphoriatns de anro cura Kamahntis et aliis

maguis lapidibus et uerlis, sed défait unus Japillus, ponderans xixvi s.

1 d. (Invent, de S.-Paul de Londres.)

(G) — Item septem morsus lingnei, ornati laminis argenteis et lapidibus et nnâ crestâ argenteà.

(D) 1328.iij viez chapes blanches et à chascune un mors d’argent (Invent, de

la royne Clémence.)

(E) 1380. Un aigle d’or en manière d’un pectoral, pour mors à cliappe, garny,

c’est assavoir de xviii balays, quatre grosses esmerandes, viij petites, iiij grosses perles et xxvi menues.

(F) — Deux mors de chappe, en un estuy de cuir boni y, lesquels sont d'une

gésine de Nostre Dame esmailliez de Flandre, dè Dreux et d'un quartier de Bretagne, pesant trois marcs et derny.

mort. 11 passa, sûr la fin du xv® siècle, une lueur sépulcrale qui éclaira la face de l’humanité, tristement animée d’un rire sardonique. A la peste nos pères opposèrent la danse des morts. J’exclus ae ce répertoire tout ce qui se rattache à cet épisode si intéressant de l’histoire de l’art, il a d’innombrables livres spéciaux, et il en aura encore. Je veux marquer, par une seule citation , ce long retentissement qui a donné à nos collections cette foule de crânes décharnés , de lugubres chapelets , les tètes animées, d’un côté, par tous les charmes de la jeunesse, rongées, de l’autre, par le dégoûtant cortège de la mort, cette opposition, en un mot, de Pexisr tence et du néant.

(A) 1599. Un tombeau d’or taillé et esmaillé, fort beau, sur lequel y a un roi qui représente la mort et la vie qui tient en ses mains une éternité, prisé la somme de c esens. (Invent, de Gabricllc d’Estrées.)

MOSAÏQUE. Peinture produite par des cubes de pierre ou d’émail colorés, appliqués sur un fond solide, et combinés de manière

G LOSSAIRB

à reproduire tous les dessins. La mosaïque n'était déjà plus modestement à terre, faisant fonction de pavage, lorsque le moyen âge la reçut des anciens; elle était montée aux murs et avait envahi toute "l’architecture. Les musées de Naples et de ltome peuvent seuls dire à quel degré de perfection cet art était arrivé dans l'antiquité, et remplaçait complètement la peinture dans ses effets grandioses, comme dans son exécution la plus délicate. U;s Grecs qui avaient usé et abusé, à Constantinople, de ce genre de décoration, portèrent tous leurs procédés en Italie ou elle n’eut pas moins de vogue , et où elle resta un monopole presque exclusif. En même temps qu’elle s’exécutait un peu brutalement sur les purs des églises, les mosaïstes les plus habiles l’appliquèrent avec talent à de petits tableaux de sainteté, tableaux portatifs, si l’on veut, mais trop fragiles pour être d’un usage commode, trop difficiles à exécuter pour mètre pas très -chers. En parlant des monuments, je ne citerai que ces petits tableaux, ou mosaïques meubles, et dans le nombre, le plus remarquable peut-être, la Transfiguration du Musée du Louvre, (Pour la mosaïque eu bois, voyez Murqueture, et pour une sorte de mosaïque à l’aiguille, voyez OEwre à l’aigueille.)

mot. C’était la devise, et une sorte de cri d’arme pacifique. (Voyez Devise.)

(A) 1 405-Ponr avoir fait tailler et graver les armes de MS. et son mot sur ycelles verveïles. (Ducs de Bonrgogne, 78.)

MOLCHETTES. La formation de ce mot se trouve dans la citation suivante.

(A)t55Î.Pour nng sysiauz à moucher la chandelle — iij s. (Comptes royaux.)

MO U FJ I. ï.ot' er. Petit moulin à main, semblable à nos moulins à café, seulement, au château de Coingnac, il était en argent.

(A) 1497.Une douzaine cueillers d’argent et nng petit moueiiloner d'argent , le tout pesant environ deux marez. (Inventaire de Charles , comte d’Angonlesme.)

MOlïSTARDIER. La Mustarde ou Moustarde est d’invention fort ancienne. Je trouve au début du xm« siècle des moustardiers en titre d’office à la cour de France, et le pot à moutarde dans la citation suivante.

(A)l*B7.0ng monstardler, le tout d’éstaing. (Inventaire de Charles , comte d’Angouleeme.)

MOYEN AGE. L’expression s’est formée d'ellc-mème, elle est acceptée, elle est bonne. En l’année 500 de notre ère , la ikicadence de Borne était complète, sa tyrannique influence laissait désormais aux langues, aux arts et aux mœurs des différents peuples leur impulsion native et leurs allures propres. L’antiquité, de ce moment, abdique, elle a fait son temps; le moyen âge commence. Cette date est discutable, car il est évident que les peuples de l’Europe n’ont pas marché du même pas ; mais le vi“ siècle peut devenir facilement le rendez-vous général, si un esprit de conciliation préside à cette discussion. 11 en sera de même pour fixer l’époque de la clôture du moyen âge. Le milieu du xv° siècle répond assez bien à la somnolence générale du gothique, à l’épuisement complet des, idées, de l’art, et des traditions du moyen âge. Ici encore, l'Italie, les Flandres et la France pourraient réclamer, comme ayant déjà

lot

donné, cinquante années plus tôt , le signal de ce grand réveil nommé la Renaissance ; mais d’autres peuples , qui comptent dans l'histoire des arts, n'entrèrent dans le mouvement qu’à la fin du xv« siècle, et se trouveraient trop éloignés du point de départ, tandis que tous pourront se rattacher, ceux-ci par des aspirations, ceux-là par des cnefs-d’œuvre , à la date de 1450 qui marquera les débuts de la renaissance.

MUGLIAS. Est-ce le musc, le muguet ou la muscade? Je. pencherais pour le musc (voyez ce mot). C’était en somme une matière dont on Taisait des patenostres odoriférants , et qu’on brûlait en fumigations ; il y avait aussi un tissu du même nom , mais je ne m’en occupe pas ici.

(A) 1380. vi boutons de muglias sur chacun une perte. (Inv. de Charles V.)

(B) — Une patenostre d’or, plaines de muglias.

(C) — xiv boutons de muglias en une bourse de soye estoffée de fil»

(D) — xi patenostres plaines de muglias.

(E) — Une petite cagette d’argent dorée à faire ardoir muglias.

(F) — Un petit bastonnet (peut-être boutonnet) de muglias et y a une perle

au bout.

(G) — vii boutons de muglias d’argent esquieni a en chacun une menue perle.

(H) 1300. Deux pommes d’argent dorées garnies de muglias. (Inv. de Charles VJ.)

(I) — Une pomme de muglias, estoffée d’or, garnie de perles. (Ducs de Bour-

gogne, 6138.)

(J) 1480. Que plus que muge ne que mente

Flaira souef lor renomée, —

On ne sentoit que muglias,

Marjolaines et rommarins. (Coquillart, mon. du Pnys.)

IK) 15*0*. Il fut bouté

Avec les robbes de l'hostesse Qui sentoyent le muglias.

(Les Fr. repues, à la suite de Villon.)

MUMIE (poudre de). On croyait encore, à la fin du xvie siècle, que la poudre de momie d’Égypte était efficace dans les chutes et contusions pour empêcher le sang de se coaguler dans les chairs. Ambroise Paré a fait un discours contre cette croyance. Tl avait raison au fond, mais il se trompait en croyant que des juifs du Caire ne vendaient pas de vraies momies égyptiennes, mais des corps morts qu’ils embaumaient eux-mêmes. Il ignorait que l'ancienne population , embaumée sous la terre de l’Égypte, est bien plus nombreuse que celle qui vit au-dessus, et qu'il est moins cher et plus facile de déterrer une momie que d'embaumer un corps.

(A) 1580. Vous me feites cest honneur de discourir de plusieurs belles choses, entre les autres comme on ne vous aroit point donné à boire de mumie, lors je vous feis responce que j’en estois joyeux, parce qu'elle pouvoit beaucoup plus mure que aider. (Ambroise* Paré.)

MUSQUE. Musc. Matière odorante que sécrète l’espèce de chevreuil de ce nom. J’ai parlé dans l’article Parfum de l’extension que prit, au xvt« siècle, le goût déjà prononcé pour les odeurs fortes. On verra, par les citations suivantes, que ces parfums s’alliaient au travail de l’orfèvrerie. Je renvoie a l’article Muglias pour d’autres citations; le muglias, probablement, n’est pas autre chose que le musc.

(A) 1400. Une pomme d’ôr pleine de musqué, a une grosse perle au bout, gar-

nie d'un gros bouton de perles et un dyamant, — ij«l frans. (Comptes royaux.)

(B) 1414. Un grand tableau d’or et de musqué carré, à la devise de MS. de

Berry, lequel tableau MS. de Guienne avoit donné à madame la duchesse à Paris. (Inventaire du duc de Bretagne.)

(C) 1416. Une belle pomme de must, qui se euvre par le milieu, en deux pièces

fermant à charnières d’or et pendans à une petite chavnne de mesme, painte par dedans à ymages de la main Jehan d’Orléans qui la dite • pomme donna à MS. en décembre l’an mil cccc et huit, x liv. v s.

[inventaire du duc de Berry.)

(«B) — Une très grosse pomme de fin ambre et de must, garnie d’or, à l’ouvra ige de Damas et dessoubz une grosse perle et pend à une bourse. Cl liv. t.

(E) — Une autre pomme de must garnie d’or à l’un des boni et un saphir et

huit perles et à l’autre sept perles, — xx liv. t.

(F) — Une pomme d’argent tqnte wyde ordonnée pour y mettre must.

(G) — Une pomme de must, garnie d’argent, à l’ouvrage de Damas, en la-

quelle a plusieurs menues perles, prisée — xlv sols t. w — Unes patenostres faites de nrost, enfilées eu las, fait d# fl! d’or et de soye bleue, garnies de iij boutons de perles , lesquelles la royne de Ghippre donna à MS., ans estraines, l’an cccc et quinze, — xxx liv. U (R — Une pomme de muât, garnie d'argent, à quatre bendes, en laquelle a une perle au bout et an bout du las menues portes, — iiij liv. t.

(J) — Une pièce de must, faicte en manière d'an reliquaire, à porter an col,

prisée v sols t.

(K) — Un lis de must, dedans une boeste de bois, prisé xl sols t.

(L) 1467. Quatre patrenostres d’or, à façon de Venise, plaiftè de mus et d’ambre

et au bout ung reliquaire. (Duo» de Bourgogne; 3161.)

(M) 1469. Pour faire houppes et boutons’, pour pendre aux patenostres de'

mnsque données au dict Seigneur (le Roy) parla royne de Sicille. (Comptes royaux.)

(N) 1470. Leurs habit* sentoyent le cyprès

Et le muscs si abondamment

Que l'on n’eust sceu estre au plus près

Sans esternner largement. (Arrêts d’amour.)

(O) 1588*. Un antre luy apporta une grande cbaisne, qui estoit en deux ou trois

doubles, de grains de musc, entremeslez de perles et de petits grains d’or. (L’Isle des Hermaphrodites.)

(P) 1591. Pour une grande cbesne de muscq de Levant, arahre gris et civette,

faisant trois tours, dont les grains sont fort gros, iijc l liv. Pour avoir faict1 faire quatre moulles à former les grains de la dict» chesne, dont l’nng est d’argent et l’autre de cuyvrê et le» deux- autres de fer. (Comptes royaui.)

(Q) 1600. L’or qui estoit le principal n’est plus maintenant que 1 accessoire, la

maniiacture est plus précieuse que l’estoffe ; il faut que la besongne soit vermeille, dorée, ou toute d’or, puis massive, puis musquée, cela n’est rien, H la faut relever de mille sortes d’ouvrages. (Et. Binet, les Merveilles de la îiature.)

NASSE et Nasse jonchée (voyez une ordonnance de VS%6). Sorte de corbeille. Il y avait des vases de métal faits en forme dé nasse.

(A) 1599. Une nasse d’argentdoré, garnie de son couvercle, pesant trente-quatre v marcs. (Invent, de Gabrielle d’Estrées.)

BT RÉPERTOIRE.

NATUREL. On disait peint au naturel, émaillé au naturel, c’està-dire d’après nature et suivant les couleurs propres de l’objet.

(A)1530. Jupiter eu estain Jovetian, sus la poictrine ung aigle d’or esmaillé selon le naturel. L'imaige de Saturne tenant sa fanlx, avant aux piedz nue grue d’or, artificiellement esmaillée, selon la compétence des couleurs naifvement deues à l’oyseau saturnin. (Rabelais.)

NAVETTE. Je dirai, au mot Nef, comment cette formedu vaisseau fut adoptée d’abord pour les vases d’église, ensuite et par imitation, pour les vases de la table. La navette destinée au service de l’église, conserva une forme hiératique, mais la navette à sel, à épices, à encre, etc., se rapprochait minutieusement du véritable navire. On lit dans l’inventaire de Jean, duc de Berry, dressé en 141fi : « une sallière en manière d’un petit galiot, avec un rnast d’argent doré. »

(A) 1353.Unc navette de cristal , garnie d’argent , dorée et esmailliée , à faire

salière, pesant iij marcs, iij onces, 15 eslerlins , une autre navette de cristal à mettre encens pesant un marc, vii onces. (Inventaire de l’argenterie.)

(B) 1360. inventaire du Duc d’Anjou, 35.

(C) 1363. Une navette à mettre empire, plume et eanivet, sur un comptoir d'ar-

gent blanc à escussons des armes Monseigneur et poisevi marcs 1 1 onces. (Invent, du Duc de Normandie.)

(D) — Une navette dorée à mettre encens et est esmaillée à angloi et poise

ij marcs.

(E) t330. La navette d’or goderonnée et y met on dedans, quand le Roy est à

table , son essay, sa cuiller, son contelet et sa fourcette et poise. a tout couvescle, iij marcs, v onces et demye. (Invent, de Charles V.)

(F) — Une navette d’argent verra, avec la cuiller, où il a une gargoule, po-

sant ij marcs, j opce, iv eslerlins.

NKP. Vaisseau. Plusieurs vases à différents usages eurent, dans l’origine, et. gardèrent longtemps la forme du vaisseau. On les appelait des nefs, et parfois des navires, les plus petits se nommaient des navettes. L’Eglise fut la première à adopter cette forme,

Sui, au début du christianisme . avait une signification symbolique, 'ans la vie privée , on appelait plus particulièrement la nef un vase allongé et de vaste capacité, qu’on plaçait sur la table, en face du seigneur. Il s’en rencontre des traces dans nos plus anciennes annales. Cette nef contenait tout ce que la cuisine ne fournissait pas; j'entends les épices, les vins , les vases à boire, les cuillers, tout cela enfermé et mis ainsi à l’abri de ce fantôme nui effraya tout le moyen âge, de l’empoisonnement. J’ai dit que l’origine de la tonne avait été le vaisseau, et on la maintint si bien qu’on la poussa jusqu’à la minutie, imitant en argent les ondes, et en soie la voilure, mais cependant ou varia souvent, car il y avait de ces vases en forme de châteaux-forts, et ou ne les nommait pas moins des nefs. C’étaient des vases de grand prix, parce qu’on les fabriquait en or et en argent, et qu’ils étaient très-lourds. Dans l’inventaire de Charles V, on compte cinq nefs d’or émaillées, et elles pèsent 258 marcs d’or, on énumère aussi vinirt et. une nefs d’arpent nui

formèrent1 l’un des entremets du grand repas de noces de Charles le Téméraire étaient l’amplification des nefs d’orlévrerie. L’étiquette de la cour de France maintint là néf jusqu’à la fin du xvnt* siècle, avec des modifications et sous le nom de Cadenas. (Voyez ce mot.) (A) 59t. Ibique nobis rex inissorium magnom, quod ei auro gemmiaq'ie fabri-

eaverat m qmnquagiuta librarum pondéré, ostendit, dicens : Egohæc ad exornaudam atqne nobilitandam Francorum gentera feci. Sed et plurinia adbnc si vita cornes fnerit, faciam. (Grégoire de Tours.)

(B) 1180*. Devant Garin tint Mauvoisin la nef

Tonte fn plene de vin et de claré. (Le Roman de Garin.)

(G) 1217. Do, lego ecclesiæ B. Pétri Belvaeensis — calicem nnum aureum et navem argenteam et missale. (Test, de Philippe, évêque de Beauvais.)

(D) 1300.Tnribnlum cum uavi et ture (in Goncilio Mertonensi).

(E) 1352. Pour une nef d’argent à parer, pesant xxx marcs, iv onces d’argent.

(Comptes royaux.)

(F) — Pour une autre nef, d’argent verrée, pour tous les jours, pesant

xxv marcs, ij onces.

(G) 1353. Pour une grant nef à voille, pesant xlix marcs, iv onces d’argent. (Inv.

de l’argenterie.)

(H) 1360. Invent, dn Duc d’Anjou, 199, 283 à 294.

(I) 1380. Un reliquaire d’or, en façon d’une nef à porter le corps Nostre Seigncnr

que ij angelos soustiennent. (Invent, de Charles Y.)

(J) — La grant nef d’or, à deux angres sur les deux bouts, à iiij escuçons

esmailliez de France, dont les deux sont à îij fleurs de lys et les autres semez de fleurs de lys à vi lyons d’or qui la soustiennent et poise liij marcs, iiij onces d’or.

(K) — La grand nef d'argent, qui fut du Roy Jean, à deux cbasteaux aux

deux bouts et à tournelles tout entour, pesant environ lxx marcs.

(L) — La nef esmailliée de vert, à testes de dames, pesant xliij marcs et demy.

(M) — Une nef d’argent dorée, lozengée d’esmaux et de taille et est assise

snr iiij roues et a, à chacun bout, un lyon enmantele des armes de France, pesaDt xl marcs.

(N) — Une grand nef d’argent dorée, plumetée par dehors et est assise sur

une rivière et a aux deux bouts deux grands dalphins et est assise sur deux angles et deux hommes qui chevauchent, pesant iiij** vii marcs, vi onces.

(O) — Une grand nef d’argent dorée, séant sur vi lyons et à chacun bout a un

chastel où il a un angre et est le corps de la nef tout semé d’esmaulx armoyée de France et de Karolns, non pesée.

(P) 1396. C’est le compte de la nef du Porquépy faite par Hance Croist orfèvre,

varlet de chambre <le MS. le duc d’Orliens. (Ducs de Bourg., 5766.)

(0) 1399. Une autre nef d’or, assize sur quatre tigres et est le corps de la nef bordée de feuillages et a six esinaui des armes de France et de Berry, garnie, tant ladite nef, comme les denx chasteaux d’icelle, de douce balaiz et douze saphirs et de soixante grosses perles , laquelle nef fut donnée le jour de l’an 1404 au Roy par Monseigneur de Berry, pesant la nef treute huit marcs d’or. (Invent, de Charles VI.)

(R) 1407. A Jehan Tarenne, changeur — pour avoir fait faire et forgier une

grant nef d’argeut doré, assise sur vi tigres et est laditte nef esmaillée tout autour à oiseaux enlevez des armes de France et aux deux bouts d’icelle nef sur denx terrasses a deux paons qui font la roue, esraaillées de leur couleur, pesant Ixxiiij marcs d’argent doré. (Comptes royaux.)

(S) 1467. Une grande nef d’argent doré, à pié, garnie de. chastel, tournelles,

lyons de dessus, tenans bannières et douze hommes d’armes dedens iceux chasteaulx et si a sur le pié ij rabos et vi lyons sur quoy le pié est assiz pesant vi**xvij m.

(T) — Une autre nef d’argent doré, on il y a aui deux costés deux penon-

ceaux, armoyés aux armes de France, gaignié à Moutlehery. (Ducs de Bourgogne, 2395 et 2398.)

(U) 1571. Honorable homme, Richard Toutin, marchant orfèvre — confesse

avoir faict marché — de faire et parfaire — une navire couverte, poisant trente deux marcs. (Compte des dépenses pour l’entrée du Roy et de la Roy ne.)

(V) 1586. Une grande nef d’argent dorée, historiée en bosse, de la valleur de cinq cens escus. (Invent, de Marie Stuart.)

(X) 1589. Tout an bout de la table, v avoit no assez grand vaisseau d’argent doré et tout cizelé, fait en forme de nef, excepté qu’il avoit un pied pour le tenir ferme sur la table et cela servoitf à ce que je pus voir par après, à mettre Pesventail et les gants du seigneur-^lame au lieu quand il estoit arrivé. Car ce vaisseau s’ouvroit et fennoit des dent costés, en l’un estoient les serviettes, (lsle des Hermaphrodites.)

NICCOLO. Quand la sardoine très-foncée est recouverte, sans nuances intermédiaires, d'un onyx ou d’une agate blanche, on rappelle Niccolo, qui n’est peut-être qu’un diminutif de Oniccolb dérivé a’onice , onyx. Ce genre d’agate convient aux intailles dont il fait valoir la gravure. Il a été très-souvent employé par les anciens, surtout par les graveurs de Rome. Au moyen âge, on les trouve dans les textes , 9ons la désignation de Camahieu gravé , onyx gravé. Quelques citations suffiront.

(A) 1380. Un camahien gravé qui faict signet où il a un oysel assis en un délié

annel bachié. (Invent. de Charles Y.)

(B) — Un signet où est dedans nn onisse et un homme entaillé dedans.

(C) — Deux signets, en deux anneaux d’or, d’une façon, esquieux sont tailliez

deux camabieui à ij perdrix.

NOlEL, de nodulus, bouton formé d’un nœud, et tout bouton en général;, d’où noueleures, comme on disait boutonneuses.

(A) il 70*. U rois fu sages et courtois ,

Les resnes as notais d orfrois

Ot pris dou pallefroi Hellaine

Il tôt seul la conduit et maine. (La Guerre de Troyes.)

(B) 1180*. J’ai escrins à métré joiai,

* J’ai boites de cuir à noiax. (Roman de Blanche Flore.)

(C) 1260. Noiaus à robe que on fait de os, de cor et de yvoire. (Api Dn Cange»)

(D) 1300. Et vesti (le roi Saint Lonis) les robes que le Soudanc li avoit fait bailler

et tailler, qui estoit de samet noir , forré de vair et de griz et y avoit grant foison de noiaus touz d’or. (Joinville.)

(E) 1380.Un livre sans aiz , fermant à ianièrez et à un nonyan. (Inventaire de

la librairie de Charles V.)

(F) 1406. La suppliante acheta anssi deux noueleures d’argent dorées. (Lett. de

rémission.)

(G) 1473. Deux nolluresde chaperon ou boutonne ares d’argent, valans ensemble

cinquante deux sols et demi les deux. (Lettres de rémission.)

NOIX MU G U ETE et MUSGUETTE. Elle est citée fréquemment dans les recettes culinaires du Ménagier de Paris avec les autres épices; mais il ne semble pas qu'il s’agisse de la même noix, quand elle est décrite comme servant à faire des vases, des aiguières , etc. Dansl’impossibilité de déterminer en quelle espèce de noix ces objets étaient exécutés, j’ai réuni dans le meme article la' noix muguette, qui doit être la muscade, la noix de l'Inde, sans doute le coco, enfin les autres noix sans indications plus précises. On remarquera ces burettes de noix d’Inde rapportées de Constantinople, et ensuite un article où elles sont prisées peu de chose.

(A) 1 295. Geste ysle (de Java) est de mont grant richece. Ils ont pevre e noce*

moscée et espi, e galanga, c cubé W, e garofali, e de toutes chères espicerie que Ion peust trover an monde. (Marco Polo.)

(B) — Us ont (royaume de Samara) grandismes quantité de noces de Ind*

moût groses et bones et mauvesses.

(C) 1328. Une noix d’Inde sur nn pié d’argent, prisié vi lib. (Inventaire de la

royne Clémence.)

(D) 1363. Un pot d’argent qni a le ventre d’une noix mngnete et est parny de

plusieurs grenaz, pesent ij marcs. (Invent, du duc de Normandie.)

(É) 1380. Deux pots de noix muguet te garniz d’argent, dorez.

(F) — Une aiguière d’une noix mnsguette, garnie d'argent.

(G) — Deux pots de noix d’Ynde, l’un plus grand que l’autre , garniz d’ar-

gent aoréz.

(H) 1393: En yver toutes saulces doivent estre plus fortes que en esté.— Prenez

graine gingembre, giroffle, noix mugnettes et du poivre long et canelle et broyez.— Nota que les noix mugnettes, macis et gariugal font douloir la teste. Prenez demi quarteron de fust de giroffle ait baston de giroffle , demi quarteron de canelle — demi quarteron de noix rnuguette. (Ménagier de Paris.)

(I) 1416. Quatorze coquilles de noix garnies dedans de plusieursymages d’ivoire

entaillées et eslevez — 1 sols t. (Inventaire du duc de. Berry.)

(J) — Deux petites pintes, chacuned’une uoix d'Inde, garnies d’argent véré,

prisé — xviiij livr. t.

(K) — Deux burettes de deux noix d’Ynde garnies d’argent doré à nn long col

sans ances , lesquelles messire Jehan de Chasteau Morant apporta de Coustantinoble et les donna à mon dit seigneur ou mois de septembre mil cr.cc et deux, prisée viij livr. t.

(L) — Une noix d’Inde , garnie d’argent doré et dessus le fretelet du cou-

vercle a un l)on auquel pend une langue de serpent, — lx sols t.

(M) 1467.Ung gobelet fait de l’esc aille d’une nois mugnecte , esmaillié de trois

costésde lyon, gamy d’afgent doré. (Ducs de Bourg., u° 2755.)

(N) 1507 .Une couppe faicte d’une noes d’Inde, garnie d’argent doré, avecqnes

le couvercle esmaillé, faicte à plusieurs bestes, le pié pareillement esniaillé, laquelle est paincte, pesant nng marc, sept onces et demi.

(O) — Une antre noez d’Inde non enchâssée. (Inv. de la roy. Anne de Bret.)

(P) 1536. Une ccnppe d’une noix d’Ynde , à pied, sans couvercle , garnye d’ar-

gent dore et y a sur ladicte noix en paincture trois testes de lyon. (Inventaire de Charles-Quint.)

(Q) 15fiO.Cng petit vase dHine noix d’Inde , le pied garuy d’argent doré et es-

maillé, estimé — x tt. (Invent. du chastcau de Fontainebleau.)

(R) 1692. L'endroit de l’Europe où se travaillent mieux ces sortes de fruits (les

cocos) aussi bien que l’i voire , est à Dieppe. (Pomet, Hist. des Drogues.)

NONNAIN (Œuvre de). Un de ces ouvrages de patience tels qu’on n’en pouvait faire que dans la tranquillité du cloître , puis ensuite un genre de broderie qui en avait pris le nom.

(A) 1380 .Un escrinet de broderie de nonnains. (Invent. de Charles V.)

(B) — Une vieille bourse de soye d'œuvre de nonnains.

(C) 1399.Trois petits aiguilliers d’œuvre de nonnain. (Invent. de Charles Yl.j

(D) 1540. Gentille Agnès, plus de los tu mérite,

La cause étant de France recouvrer,

Que ce que peut dedans un cloître ouvrer Close nonnain ou bien dévot hermite.

(Vers attribués à François 1er.)

NOUCHE. C’est un nœud, un fermail, et sans doute une expression d’origine anglaise, et cependant je ne la rencontre dans aucun lexique.

(A) 13‘22.Une nonche d’or où e iii greyns des esmcraudes et noef perles où e

une saphir en mylien. (invent. du comte de Ilerford.)

(B) — j nouchc d’or taillé comme j escu.

obsidienne. Verre volcanique qui ressemble A du verre de bouteille. Il raye le verre, se change en émail gris à la chaleur du chalumeau, et fait feu sous le briquet. Sa couleur est verte foncée et noire. On l'emploie en parures de deuil, comme le jais, auquel il est supérieur en dureté, en ténacité, en poli. Les Péruviens le travaillent en larges plaques, pour miroirs ; les Mexicains l’ont-employé anciennement pour faire des couteaux et des miroirs. Comine l’obsidienne est venue principalement de l’Islande, et qu’on en ignorait la formation primitive, on l’a appelée longtemps Agate d'Islande. On la tire aujourd’hui de l’Amérique du Sud, de l’ile de Lipari et de la Hongrie.

ŒIL DE chat. Corindon nacré, de la série des pierres chatoyantes, et plus dur qu’elles toutes, aussi les raye-t-il. Le duc de Berry avait un saphir, en manière d’œil de chat, qui n’était qu’un saplnr défectueux , aussi est-il estimé xx sols tournois.

(A) i416.Un annel d'or ouquel a deux petites pierres, en manière d'ueil de chat,

rougastres — îxv s. t. (Invent, dn duc de Berry.)

(B) — Deux yeulz de chat enehastonnez en or — xl s. t.

(C) — Deux gros yenlx de chat hors d’euvre — xx s. t.

(D) — Un annel d’acier, auquel a une pierre d’ueil de chat.

(E) — Un saphir en manière d’un œil de chat — xx s. t.

(F) 1420. Ung œil de chat cler et net sur coleur de saphir strin et ij petis dya-

mens plaz aux ij costez, faiz à iij quarrés. (Ducs de Bourg., 4170.)

ŒIL DE POISSON. (Voyez Feldspath nacré.)

ŒUFS peints. C’était une marque d’attention, en Europe comme en Orient , de servir des œuts durs, peints de différentes couleurs. Nous avons conservé l’usage des oeufs durs peints en rouge.

(A) 1300. Les viandes que ils nous donnèrent (les chefs égyptiens devant Damiette), ce furent begnes de fourmages qui estaient rôties au solleil pour ce que les vers u’i venissent et œfe durs cuis de quatre jours ou de cinq ; et pour honneur de nous en les avoit fait peindre par dehors de diverses couleurs. (Joiuville.)

ŒUFS D’OSTRIUE. L’inventaire de Charles V a un chapitre pour les coupes d’ Eu fs d’autruce, et l’inventaire de Charles VI le reproduit. On rencontre ces citations fort tard. L’œuf d’autruche est appendu encore aujourd’hui daus les mosquées de l’Orient, comme il l’était dans nos églises, dès le xue siècle. Plusieurs raisons devaient faire rechercher ces grandes coquilles d’œuf, en premier lieu leur rareté ; puis l’ignorance où l’on était, et les fables qui couraient sur le compte de l’autruche , tellement que beaucoup de ccs œufs sont appelés, daus les textes, des œufs de griffons (Voyez ce mot); enfin , la forme parfaite de son ovale et quelques allusions symboliques dont je me garderai bien de chercher le sens.

(A) 1363.Deux coupes d’œufs d’otrice, couvesclées, essises sur piez d’argent es-

inaillez et les couvescles esmailliez, poisent vi marcs, v onces. (Invent, du duc de Normandie.)

(B) 1380. Une couppe d’un enf d’autrace et est d’argent blanc, grenelé dedans,

csmaillée le pied par dehors et le couvescle pesant iij marcs iij onces. (Inventaire ue Charles V.)

(C) 1 399. Une conppe dont le bassin est d’ostrusse par dedans cizelé, pesant trois

marcs (Invent, de Charles VI.)

(D) 1416. Une conppe d’nnœnf d’autrusse, garnie d’argent, doré, esmaillé, et

sur le couvercle a un R et an C et sur le fretelet une aigle volant — — xxx liv. t. (Invent, du duc de Berry.)

(E) 1467. Ung pot d’un œf d’ostnsse, garny d’argent doré, où il y a sur le cou-

vercle ung esmail taillié et esmaillié d’une estrange beste. (Ducs de Bourgogne, 2747.)

CÉWRE A L’AIGUEILLE. Mosaïques en pièces d'étoffes cousues. La beauté des tapisseries brodées, des *v® et xvi* siècles, ne permet pas de penser que le tapis exécuté par Philippe de Vigneulles , qui était peintre et non dessinateur, n'ait pas été une œuvre d’art.

(A) 1507.Je, Phelippe, fis une pièce d’oewre à l’agneille , la non pareille que

jamais on avoit veu : c’est assavoir que ce fut uug draps taillie et cousu ensemble, auquel draps y avoit plus de viiij mil pièces de drap mises et joinctes ensemble, toutes de biais et à laine, et sembloit à le véoir qu’il fut. peint tant estoit justement fait. Et y avoit à milieu l’imaige Notre Dame et s’y avoit à destre et à senestre l'imaige Ste Katerine et Ste Bairbe. — Kt tout à mey lieu dudit draps furent faits deux bon-hommes habiliiés à la monde do temps passe, lesquels tenoient ung écusson là où estoit fait dedans le signet de qnoy ledit Phelippe husoit en ses lettres; et y avoit en escript tout entoiir dudit escusson : Phelippe de Vigneulles m’ait fait. (Mémoires de Philippe de Vigneulles.)

OISEACX (la Chambre aux). Chaque palais avait un local réservé à cette destination. Je ne ferai pas de nombreuses citations. (À)1233.Gastcllio pro enstoditis avibus usque ad Pascha — xxviii s. iiij . (Comptes royaux.)

(B) 1377.x frans à un vallet qui garde nos tourterelles. (Mandement du Roy.) {C)1378. xx frans donnés à Gobin Days qui garde nos rossignols de nostre chas-

tel du Louvre à Taris. (Sauvai, qui avait sous les yeux les documents alors complets de la Cour des Comptes, écrivait, en 1650 : ■. La Chambre aux oiseaux, au Louvre, avoit neuf toises de long sur quatre et demie de large; en t430, elle étoit mieux garnie et plus riche que celle du palais de l’hotel St Pol, des Tonrnelles, du cbatean de Vincennes et de la Bastille. » )

(D) 1407. Devant le palais demeure une pot lier d’estain qui tenoit des rossignols

qui chantoieut en yver. (Guillebert de Metz.)

(E) 1492. A Louis de Sauvaiges des pays de Languedoc , la somme de dix livres

toumoys, pour luy ayder à soy en retourner en sa maison, dont il estoit venu apporter-plnsieurs ptits oyseaulx estranges à voler et prendre mouches pour Le plaisir ae la dicte Dame. (Comptes royaux.)

(F) 1619. Pour la nourriture et entreteuement des oyseanx qui sont dans la

volière dn Louvre que antres petits rossignols et ojseaux qui sont dans les chambres et cabinets de Sa Majesté. (Comptes royaux.)

(G) 1643.Rftormes dans la maison un Rot : Pnrgez-la de fainéants et de per-

sonnes vicieuses; congédiez vos valets de passe-temps, les machinistes do vos plaisirs ; videz vos écuries Je chevaux , vos estables de chiens, vos volières d’oiseaux inutiles. (Codicille du test, attribué à Louis XIII.)

OLIFANT, Oliphant, et Léophant. Éléphant, et par métonymie la dent de l’éléphant, c’est-à-dire l’ivoire ainsi que le cornet qui en est fait.

(A) 1180. De blanc yvoire d’olifant

Fu li manches.

(Chron. des ducs de Normandie.)

(B) 1247. OUfant vont moli simplement

Eo&anble

Dont li dent qui d’ivoire sont Lignes dras, quant desor est mis N’art pas quant on met carbons vis :

Tantost comme ou desus le met Par la froidor k’en l’ivoire est. (L’Image du Monde.)

(G) 1250*. L’escn ne fu mie de tranble

Ne de boisson estoit il inie,

Ainz fu faiz d’un os d’olifant. (Rom. de Blanehardin.) (D) IMS. E si vox di tout voirement qe en ceste isle naisent léofant plus qe en autre provence et si sachiez qe en tout l’autre monde ne se vendent ne acatent tant deus de léofaal corne fait en ceste ysle. (Marco Polo.)

(JE) 13Q0, Oliphant, sur sa haulie escbine.

Qui de son nez trompe et busine. (Rom. de la Rose») (F) — - Entre les autres joiaus que il (le vieux de la Montagne) envoi a an Roy (St Louis) li envoi un oliphant de cristal moult bien fait et. une beste que l’en appelle orafle (girafe) de cristal. (Joinville.)

(G'l3&0.Un oliffanc qui porte un chastel, no 493. tlci c’est l'éléphant et non pas sa dent. Inventaire du duc d’Anjou.)

(H) Un éleffant esmaiilé de soy mesme (c’est-à-dire de sa couleur» no 735.)

(I) 1 467. Ung cornet d’ivoire, tont ouvré de bestes et antres ouvraiges, non

garny. (Dues de Bourgogne, n. 3190.)

(J) 1468.Y ot fait plusieurs oliffans portails cbasteaulx et gens d’armes , cerfs

portons peoniere de divers mite. (Ducs de Bourgogne, 4429.)

omer Sorte de vase.

(A) 1399. Un omar d’argent doré, à convescle et à une langne de serpent sur le fretelet et trois escussons de France snr la pâte, pesant deux marcs. (Inventaire de Charles VI.)

ONYX. La transparence laiteuse de l'ongle snr la chair du doigt a été comparée, par les anciens, à l’effet produit par la couche ue calcédoine, ou d’agate blanche, sur la sardoine qui est l'agate brune rougeâtre. De là son nom d’onyx qui, à la rigueur, n’est applicable qu’à la sardonyx. L'onyx en lui-même n’est donc qu’une pierre blanche et laiteuse fort indifférente, et si, dans les textes du moyeu âge, il n’est question que de l’onyx, c’est probablement parce qu’on rangeait sous ce nom toutes les intailles d’agate , de même qu’on mettait sous le nom de camaïeux tous les camées , quels crue fussent d’ailleurs le nombre des couches d’agate. Le chapitre des oms-scs taillées de l’inventaire de Charles V ne se compose que de deux articles, mais on en trouve en plus grand nombre dans d'autres documents du même genre. J'en cite un exemple assez moderne, à cause du prix auquel est estimé un onyx, sa m garniture, qui doit se retrouver dans quelque collection.

(A) 1380. Un signet d’un ouïsse et a taillée dedans une teste en manière d’une

pitié, assise en une verge, toute pleine. (Invent* de Charles V.)

(B) 1599. Un pendant d’une onice en laquelle est gravée la fivane du Roy des-

garnie des diamans qui y estoient, — prise c esc us. (Inventaire ae Gabrielle d’Bstrées.)

OPALE. Quartz résinüe, produit volcanique, d’im blanc laiteux et bleuâtre, qui reflète, dans les fissures dont il est traversé, les couleurs du spectre solaire et produit ce chatoiement opalin qui lui est particulier. Cette pierre , moins dure que le cristal de roche, raye cependant le verre et se distingue par sa légèreté de toutes les

GLOSS A I n E

pierres quartzeuses. On en tire de l'Orient, de l’Amérique , de la Silésie et même de la Saxe. Les anciens en faisaient un grand cas, mais il paraîtrait que cette pierre n'était plus connue des joailliers du moyen âge, puisqu'elle lut, pour un homme aussi instruit que Albert le Teuton ou le Grand, un objet nouveau, au milieu du xin® siècle.

(A) 1255. Lapis pretiosus qui in corona imperatoris, non unquam alibi viras est, propter quod orphanus vocatur. Est antein in colore quasi vinosus, snbtilem liabens vinositatem et hic est sicut si candidum nimis micaus penetraret in rubeum clarum viuosum et sit superatus ab ipso et traditiir quod aliquando in nocte fulsit, sed nunc tempore nostro non micat in tenebns. (Albert le Grand )

or. A or et sans or, c’est-à-dire enchâssé, monté en or ou non monté.

(A) 1296. Le cent d’émeraudes, à or et sans or, iij s. chascun cent. (Tarif pour

Paris.)

(B) 1445. Madame alla à son coffret et print ung très bel et gros rnbyz balloyz

en or lié. (Ant. de la Salle.)

OR ARABIANT. Or de provenance orientale, recommandé par le moine Théophile et souvent cité par les poètes. L’or espagnol, que le même orfèvre mentionne également avec un accompagnement étrange des plus sottes recettes, pourrait bien n’avoir pas existé et être le même que l’or arabe. J’en dirai autant de l’or barbarin.

(A) 1180* . Et ota quatre clous d’or fin aiabiant

Sur le fer attachié un confanon pendant.

(Roman d’Alexandre.)

Et de fin or d’arrabe qui mult est convoitiés.

(B) 1190*. l)e l’or d’Arabe vit la mer tanceler. (La chevalerie Vivien.)

(C) 1220.Caput xlvi, De auro arabico. Est et aurum arabicum pretiosissimum

et eiimii ruboris. (Theopbili artium schedula.) Gaput xlvii. Est etiain aurum quod dicitur hispanicum, quod coDflcitur ex mbeo cupro.

(D) — De l’or d'Arabe, bien lettrée.

(La tombe de Blaucheflore, dans la romance de ce nom.)

(E) 1383. En couronnes plaisans d’or fin arabiois.

A pierres et à pelles anssi grosses que pois.

(Histoire de Duguesclin.)

(F) 1397. Icoîlui prisonnier n’avoit que or d'Espaigne, c’est assavoir moriscles,

jusqu’à la somme de quatre cenz soixante et cinq. (Lettres de rémission.)

(G) 1480. Ei equum album magnum cum sella deaurata auro arabiæ — miseront.

(Thwroczius in bist. Hungar.)

or ET argent de chyppre. Les étoffes tissnes de fil d’or firent de très-bonne heure la réputation commerciale de Chypre, et les broderies en fil de soie recouvert de fil d’or, l’or de Chypre, la maintinrent longtemps. Ce til d’or (voyez Or trait ) fut importé en Europe et employé dans les broderies ; sa vogue créa la contrefaçon, et c’est à Gènes suitout quelle se développa. Mais là, comme partout où ces fils fureut imités, ils conservèrent le nom de fil d’or de Chypre, sans y avoir aucun droit.

(A) 1316. Pour nue bource faite à l’aguille, d’or de CUippre, iv liv. (Comptes

royaux.)

(B) 1330. Deux grauds flacons — à un tissu d’argent de Cyprc , esmaillez tout

ou long. (Inventaire de Charles V.)

(C) 1300. A Perrin lleurtault, mercier, pour la vente de deux onces et demie de

ET RÉPERTOIRE, 4|f

ruban d’or de Chipre pmir’.nettre is dictes ii robes, pour attacher les

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(F) idW-Tous marchaos quelzconques repairans et babilans en la ville de Ta-

rn et autres marchans deuiourans hors de la ville de Paris nui s’en tremectront de vendre et faire vendre à Paris or et accent’ (lié fait à

Geanes, qnel’en appelle or et argent de Chippre, qnfl vend en canettes, seront tenns de vendre iceîui or et argent entre suivant et autel dessoubz comme dessus (Satnts dn mestier des merciers de Paris.)

OR CLINQUANT. C’est du fil de cuivre aplati en lump et pml!’°/el>. conjmc le fll d'or, pour la mer et broder les étoffes seulement lor clinquant n était porté que par les laquais, les batteleurs et les masques. (Voyez Aurichalcum, Archal et Lelon.)

(A) U55.Pour une (demie livre d’or clinquant pour emploier en une jaquette

fatale jour de Karesme prenant, - is s., ijden. (Ducs dÆrg“

(B) 1457. A Mery Baudet, plumasseur, deinourant à Tours, pour avoir garni

d or clinquant srrai plumeaux pour mettre sur les salades des gens dn Duc (de Bretagne). (Chambre (Tes Comptes de Nantes) 8

nies à K /*“ de l’airain et tous deux sont pro-

pres a battre . on fait du letton 1 or clinquant. (Etienne Binet.) *

OR DE CORNOUAILLE. S'agit-il de la province anglaise ’ Ou

iu“demaîn?Une eXf,ressio'1 dérisoire, l'Angleterre ne produisant

(A) 1300*. Certes ’e ne le ferois

Pour l’or de Coruuaillc. (Fabliaui.)

OR D’ESCLAVONIE, c’est-à-dire de Turquie.

(A) 1185. Quinze muls de snrie

tous cbargies de besans et d’or d’Esclavonie.

(Graindor. Ch. d’Antioche.)

.„?R r!EM;î,E- 0n explique cette locution, qui est fréquente, au moins dans les poètes, par or incrusté de pierreries. Cette explication ne me satisfait pas, et j’aurais voulu trouver quelque autorité pour la traduire par le travail de damasquinure dont nos croisés admirèrent les beaux produits en Orient, et dont les poètes ornaient les armures de leurs chevaliers. 11 y a dans ce mot qui peut être .une contraction de géminé , et dériver de geminare, doubler, l’idée d une association de l’or à nn autre métal.

Lescu ac à Mn coI> el cap l’elme gematz (Roman de Fierabras.) B) 1160. Rollans féri sor son elme gemmé. (Gerart de Vienne.)

(G) 1 1 85. Et a lachiê son elme, qui est à or gemés. (Chanson d’Antioche.)

LVcqu,,s> (les villes de l’Italie où l’indus- Prlt le plus b’rand essor. Cet or était inférieur en titre * fi"1 ni i- s’ et cetui qu’on trouve mentionné dans les comptes

r n ,l l,.l i,'l°ir’ COmim.e l?T de Ch>'Pre et de Gènes. Il s’employait pour les broderies de toutes especes. F J

(A) 1260. Nus ne nulle ne pue t border d'or de Lnquc texns ne chapians, ne

a taches. (Us des Mestiers, recueillis par Et. Boileau.) P

(B) m6.La bote d’or de Lucqne, viii d. - Item la bote d’argent de Lucque

vin cl. (Tarif pour Pans.) ^

(0) 1420. A Marc Gnideron et Philippe Rapponde, marchants de Lnoques, démon rant à Bruges, — pour nn baldaquin vermeil, brochie d’or de Lucques. (Ducs die Bourgogne, n. 002 )

OR DE MILAN. Ce fil d'or n’est pas cité, à ma connaissance^ dans des documents anciens; la fabrique ne s'en développa, a Milan, qu’au xvi® siècle.

(A) 1600. L’argent de Paris et l’or de Milan sont très bons pour faire les platfonds. (Et. Binet.)

OR DE MONTPELLIER. Il est cité dans les dictons populaires du xui® siècle, et i’ai parlé, dans la première partie, des progrès que de bonne heure 1 orfevrene avait faits dans cette ville.

(A) 1260*. N’en prendroie lot l’or qui soit à Monpellier.

(Parise la Duchesse.)

OR OBRlsÉ. On a disserté sur la signification de ce mot et la qualité de cet or, sans arriver à rien de concluant, et je suis obligé ae m’en tenir aux citations suivantes.

(A) 1200*.Obryxum auruin dictum, quod obradiet splendore. Est enim coloris

optimi, quod Hebræi Ophax, Græci Carion dieunt. (Papias.)

(B) 1530. Sus latroisiesme (colonne) Phoebus en or obriié, en sa main dextre

ung cocq blanc. (Rabelais.)

(G) A urom obryzum, reald gold, i, nibrnm aunim. (OElfricus, Gloss, saxon .)

OR DE PLITTE. Or d’applique. (Voyez Esmaux de plitte.) (A),1351. Lequel chappel garny de boutons, de perles rondetes et menues et orfroisiées de bisete d’or de plitte et de grosses perles. (Comptes roy.)

OR de RHODES. Il ne s'agit pas de fil d’or, dans la citation suivante , mais d’un or provenant de Rhodes, ou d'un alliage particulier à l’industrie de cette ile.

(A)1417. A Michel Blondel, orfèvre, demeurant à Blois, pour une buxlete d'or de Rodes, esmaillée à personnages et y a lettres blanches et noires à l’environ, en laquelle a de lanaire et du voyle de madame Saincte Arragonde, jadis roy ne de France. (Ducs de Bourgogne , u<> 6253.)

OR SOUDIS. Dans quelques ornements de robes, cet or était à xvi fr. le marc, et l’argent blanc à xii. On disait aussi des sauldis , en omettant le mot or.

(A) 1405.Item fut livré pour ladicte feste (de Compiègne) rxvi bouches d’esen

que d’or que d’argeut — dont il y avoit une d’or et une autre d’or souldiz. (Ducs de Bourg., n» 83.)

(B) 1412. Pour avoir fait, pour ycellcs manches dudit Hainselin, deux mille

feuilles d’or soûlais pour mettre et asseoir sur les manches. (Ducs de Bourgogne, n<> 155.)

(C) — Pour viiic iiij**vi rudhes d’argent blanc en chascnne ruche une mouche

d’or souldix. (Ducs de Bourgogne, t09.)

(D) 1416. xxi marcs de sauldis, au pris de xiiÿ escus de irviii gros 1 esterlinc le

marc, valent iij« xiii escus, xii s. p. (Ducs de Bourgogne, 372.)

OR DE TOUCHE. L’or qui est d'un bon titre, ou au moins du titre qui permet encore de le bien travailler; appelé ainsi probablement parce qu'il résistait fortement à l’épreuve de la pierre de touche.

(A) 1352.Pour faire et forgier la garnison d’un bacinet, c’est assavoir xxxv ver-

velles, xii bocettes ponr le fronteau, tout d’or de touche , et une couronne d’or pour mettresur icelui bacinet. (Comptes royaux.)

(B) 1353. À Jehan de Lille, orfèvre, pour xv esterlins d’or de touche à faire un

collier pour le petit chiennet dudit seigneur (le Roy) v escus ii s. x d. (Comptes royaux.)

(C) 1423. Pour un pou avoir amendé x marcs, ij onces, xv esterlins dudit or,

estant à xix karas, pour faire auître vaisselle et l’avoir fait venir à xix karas et j uuint, qui est or de touche et au dessoubz n’oseroit ou ouvrer. (Ducs de Bourgogne, 682.)

(D) 1566. Il est de bas or, il craint la touche. (Rob. Estienne.)

or trait. C’est de For ou de l’argent doré, étiré, et d’une grande ténuité. Cette expression est encore en usage, et cet or servait à la passementerie. Le procédé s’est conservé absolument le même, et il est trop connu pour qu’il soit besoin de le décrire. La merveilleuse malléabilité de l'or et de l’argent a, de bien bonne heure, amené à leur perfection les métiers du tireur et du batteur d’or. Cet or, trait ou étiré dans les trous de la filière, forme une petite lame quand on le fait passer sous la pression d’un cylindre, et il sert, en cet état, dans la broderie et le tissage des étoffes dites lamées, ou bien enroulé autour d’un fil de soie, il lui sert d’enveloppe, en lui donnant l’apparence d’un fil d’or massif. Ces fils d’or étaient appelés Or de Chyppre au moyen âge. (Voyez ces mots.)

(A)1380.Une ceinture d’or à pierrerie sur un orfrois (galon) d’or trait. (Invent, de Charles V.)

( ) 1600.11 y a des ouvrages qui ne veulent eslre faits que d’or battu, ou bien un peu plat, d’autres qui sont d’or trait au molinet et subtilizé an rouet, qui est l’or de la rue St. Denis où sans cesse on va passant et repassant cet argent doré par des pertuis grands et petits. (Etienne Binet, les Merv. delà Nature.)

(C) — L’argent de Paris et l’or de Milan sont très bons pour faire les platfonds. L’or de France monstre trop sa soye, il s’ouvre en le retoraant, celuy de Milan est le plus couvert et ne s’entrouve pas si aisément, mon.strant la soye parla fente, car le dedans du fil d’or et d’argent, ce n’est que soye. (Et. Binet.)

OR TREMBLANT. Feuilles d’or clinquant cousues sur desvètements de mascarade, de manière à trembler au moindre mouvement. (Voyez Branlans.)

(A)1427.Une beste tout ebargiée de fremailles et d’or trarablant, le plus dru que faire se peut. (Ducs de Bourgogne, 868. Voyez la description de ces habits à uanser la morisque.)

OR DE VENISE. J’ignore par quelle nuance dans la couleur, ou par quelle particularité, ce fil se distinguait de celui qui était dit de Chypre , de Lucques et de Milan.

(A) 1481 . Une grant cordelière de fil d’or de Venise. (Comptes des ducs de Bref.) ORBATTEUR. Batteur d’or.

(A) 1351. Nuis changeurs, orfèvres, orbateurs, ne autres, sur laditte peine, ne

soit si hardi de faire ne ouvrer, ne faire faire orbatene, vaisselle ne vaisseaux d’argent. (Ordonnances royales.)

(B) 1389. Pour iij marcs, xvij esterlins et ob. d’or fin, & xxiij quaras, baillé à

Estieüiwd’Espernou, orbatenr,pour aplatiret mettre enplate, pour mettre et tailler en forme de fleurs de genestes pour assoir sur deux pourpoints de broderie pour le roy — viij^v liv. xii s. ix d. p. (Comptes royaux.)

ORBESVOIES. Ouvertures, arcades et fenêtres aveugles ou feintes. Nous employons encore l’expression de mur orbe pour exprimer l’idée d’une muraille sur laquelle sont figurées de fausses

fenêtres, des orbesvoies. destinées à continuer, par la décoration, de véritables fenêtres, et leur servant de pendant. Cette expression revient continuellement dans la description des bijoux faits en maçonnerie, c'est-à-dire dans l’imitation des formes de l'architecture -

(A) 1360, Inventaire du duc d’Anjoo, 93 , 97, 107, 110, llî, I4Î, 147.

(B) 1380. Mes il le nous fanlt esclarcir,

. Car les voies sont trop orbettes- (Froissart.)

(C) 1400. F.t les dits masous ferront mea&ons pur tii images, c’est assavoir vi a

Pline costé et vi à l’autre costé du dite tombe (celle de Richard II], et le remanauntdu dite tombe sera fait ove orbes accordanntz et semblable as dites measous. (Devis publié par Rymer.)

OREI.OGE. Est-il besoin que l’horloge, pour mériter ce nom, ait acquis tous les perfectionnements doijt ce genre d’instrument de précision est susceptible? L’horloge alors est de récente invention. Mais s’il suffit, pour une horloge, qu’un moteur quelconque ait pu, pendant douze heures , faire tourner régulièrement des aiguilles, de manière à ce qu’elles parcourent sur un cadran, dans le temps voulu, l’espace marqué pour chaque division, et qu’il ait simultanément fait agir une sonnerie qui annonce l’heure, ou les fractions de l’heure, par un bruit perceptible, dès lors on pent déclarer digne de ce nom celle qu’Aaronn-el-Raschid envoya à Charlemagne. Le poids, substitué , au xi» siècle, à l’eau et an sable; l’échappement , cette pièce admirable, donnant, presqn’à la même époque , au balancier son principe de régularité, des ressorts faisant battre un marteau sur un timbre, dès le xir> siècle , complétèrent si bien la machine, qu’on ne se préoccupa plu6 de la perfectionner, mais de la compliquer de surprises et d’enfantillages. De là les horloges à personnages mécaniques, les fameux Jaquemarts. L’idée d’une horloge portative , c’est-à-dire d’une montre, vint avec l’invention d’un nouveau moteur qui n’avait plus besoin d'une position fixe et perpendiculaire, le ressort en spirale ouvrit à l’horlogerie cette nouvelle ère, au xv» siècle, et dès le xvi», on avait des montres si petites, qu’elles tenaient et allaient dans le chaton d'une bague. Les citations qui suivent n’ajouteront rien à ce, que nous apprend l'histoire de l’horlogerie, mais il est intéressant de trouver des indications positives appuyées sur des dates certaines. J 'ai évité les répétitions, et ce petit nombre de citations m’a paru de quelque intérêt, quand ce ne serait que pour faire comprendre comment l'horloge qui monstre les heures est devenue, dans le langage, la montre ; comment enfin cette expression a été réservée aux horloges portatives. "Wilars de Honecort'nous a donné, au xiirt siècle, dans son ctirienx album, le dessin d’une tour d’horloge, il l’intitule ainsi : Ki velt faire le maison d'une ierloge vesent ci une que. jo vi une fois. Je le reproduirai à la suite de l’inventaire de Charles V.

(A) I350*.Cestuy raaistre Jehan des Orloges a fait de son temps grandes œu-

vres, — entre lesquels ma v rts il a fait un instrument, par aucuns appelé sphère, ou orioge du mouvement du ciel : auquel instrument sont tous les motivemens des signes et des planètes — et est faite si soubtjlement cette sphère que nonobstant ta multitude des rœs, qui ne se pourroient nombrer bonnement sans défaire l’instrument, tout le mouvement d'icelle esl gouverné par un tout seul contrepoids. (Le Songe du Viel pelerin.)

(B) 136S. Philippe Sirassc, huchier, pour avoir faict de bois d'Islande un estuy

pour bebergier l'orloge de M. le Dauphin qui sonne les sures au dft Loovie. (Comptes des bâtiments royaui.)

ET RÉPERTOIRE. 41t>

(C) 1370. L’orloge est, an vray considérer,

Un instrument très bel et très notable Et est aussy plaisant et pourfitable Car nuiet et jour les heures nous aprent...

Et pour ce que li orloge ne poet Aller de soy, ne noient ne se inoet Se il n’a qui le garde et qui en songe,

Pour ce il fault à sa propre besongne Un g orlogier avoir, qui tart et teinpre,

Diligemment l’administre et attempre,

Les pions reliève et met à leur debvoir. (Froissart.)

(D) 1377. Charles — nous vous mandons que la somme de cent francs d’or vous

allouez — à nostre amé orlogeur, Pierre de sainte Bealte, en rabat et déduction de la somme de deux cens frans d’or qu’il doit avoir de nons pour la façon d’un oreloge que nous lui faisons faire pour nostre hostel de Beauté. (Mandement du 28 octobre. Ducs de Bourgogne , tome IV.)

(E) - Charles vi** frans d’or pour paier un orloge portative que nous

avons acheté de maistre Pierre de saincte Béate, notre orlogeur, item lxv frans d’or pour paier un timbre que nous avons acheté ae maistre Jehan Jouvence pour faire un orloge en nostre hostel de Beauté sur Marne. (Mandement du 24 novembre. Ducs de Bourgogne, tome IYj)

(F) 1379. Le premier jour de janvier fu marchandé à Pierre Daimleville, faiseur

d’orelo^es, demoraut à Lille , ponr faire une oreloge. (Voyez tout le marche dans les Ducs de Bourgogne, tome I, p. lxi.)

(6) 1380. Un graut oreloge de mer, de deux grandes fioles pleines de sablon, en un grand estuy de bois garuy d'arclial. (Inventaire de Charles V.)

(H) — A l’oratoire a un oreloge en façon d’un timbre que donna Monsr de

Berry au Roy.

(I) — Un reloge d’argent tout entièrement, sans fer, qui fut du roy Pbelippe

le Bel avec deux contrepoix d’argent emplis de plom.

(J) — Un reloge d’argent blanc, qui se met sur un pillier, qui s’appelle orlo-

gium athas, pesant iij marcs, iij onces, v est.

(£) — Dépense pour le reloige. Pour apparillier le dit reloige et faire tourner tout par la manière qu’il souloit. Pour repeindre le dit reloige et relTaire les ymaiges des heures, rescrirc les noms des mois, et réparer l’ymaige dés signes et de celluy qui fit premier le dit reloige. (Comptes de l’église de Troyes.)

(L) 1393. Pour faire sablon k mettre à orloges. Prenez le limon qui se chiet du

siage de marbre quant l'en sie ces grans tombes de marbre noir. (Menagier de Paris.)

(M) 1407. A Jehan d’Alemaige, serrurier, — pour un mouvement, ou petite <M*>

loge, acheté de lui pour mettre eu la chambre de Madame. (Does de Bourgogne, U. 6060.)

(N) 1417. A Hue de Boulongne, paintre et gonverneur de l’orloge, gayoles, ver-

rières et engins d'eshatement du chastel de Hesdin, trente livres. (Ducs de Bourgogne, 3998.)

(O) 1420. Ung petit reloge, quarré, doré par dehors et son zodiaque blanc es-

maïïlé à un tymLre dessus pour sonner heures. (Ducs de Bourgogne, 4216.)

(P) — Baldetus de Coulomb y, horologiator, parisiis commemorans, pro taxa-

tione sibi facta, per dominum regem, pro vadiis suis — et custodie et regiminis horologii castri de Lnpera. (Comptes royaux. Ducs de Bourgogne, tome IV.)

(Q) 14ii. A Colin d’Aubespicrre garde de l’orloge de Monseigneur. (Ducs &

Bourgogne, 647.)

(B) 1435. A Pierret Lombard, sur plusieurs orloges, cadrans et autres choses do son mestier et science. (Ducs de Bourgogne, 1190.)

(S) 1437. A Une de Boulongoe, varie I de chambre, et paintre — à cause du dit office de paindre et de gouverner l’orloge — du chastel de Hesdin. (Ducs de Bourgogne, tome I, p. lv.)

(Tl 1453. Louis Carel, maistre faiseur de mouvemens d’orloige. (Ducs de Bourgogne, 7261.) .

(U) 1470. Ung orloige d’or, garnj de plusieurs personnaiges et sur le piet garny

de douze rubis — et dessus Voinme qui monstre les heures, — pesant, parmi ung plonc qui est dedans, viii marcs, prisée à iic iiij** xii liv.

(V) 1529. A Jullien Conldroy, orlogeur du dit seigneur, xlix livres, iv sols tour-

nois, pour son payement de deux monstres d’orloges sans contrepoix, livrées au dit Seigneur (le Roy). (Compte* royaui.)

(X) 1560.ÏJng orloge en pirainide, assis sur ung rocher, garny d’argent doré,

esmaillé et enricby de plusieurs pierres, — le dit orloge à rocher assis sur troys petits monstres, — cl. (inventaire du chasteau de Fontainebleau. Voyez Critlal , citation EE.)

(Y) 1599. Une monstre d’or, fort belle, avec une quantité de diamans, une

perle an bout estant en poire, prisée sept cens cscns. (Inventaire de Gabrielle d'Estrées.)

ORFEVRE. C’était le véritable artiste du moyen âge, le génie à la fois et la science trônaient dans l’atelier de l’orfèvre. Ilne s’agit ici que du métier et de son nom, qui est dérivé de aurifaber , quelquefois écrit aurifaver sur des monuments et dans les textes.

(A) 1212. Terriens (ou Broricus), aurifaver, fecit hoc feretrum anno Yerbi in-

carnati, millesimo ducentesimo duodeciino mensi septembri tempore Alberici Archi. Remensis. (Inscription citée dans les inventaires de Reims.)

(B) 1260.11 est à Paris orfèvres qui veut, et qui faire le set, ponr qu’il oevre ad

us et as coushimes du mestier qui tei sunt : Nus orfèvre ne puet ouvrer d'or à Paris qu’il ne soit à la touche de Paris ou miendres, laquele touche passe tous les ors de quoi on oevre en nnlp terre — Nus orfèvres ne puer ouvrer à Paris d’argent que il ne soit aussi bon comme estelins on miendres. — Nus orfèvres ne puet ouvrer de nuit, se ce n’est à Penvre Jou Roy, la Rovne, leur anfans, leur frères et l’evesque de Paris. (Statuts des Mestïers recueillis par Et. Boileau.)

(C) 1355. Et ut aurifabri parisiensesde cetero et (ad) huins modi aurifabriæ opus

libentius et ferventins sint inteuti. (Ord. des Rois.)

orfèvrerie. L’histoire de l’orfèvrerie est à la sculpture ce que l’histoire de la broderie est à la peinture, une introduction et un complément; elle l’est, à plus juste titre , parce que de l’atelier de l’orfévre sortirent, au moyen âge, tous les sculpteurs renommés, et généralement tous les grands artistes. 11 est impossible d'essayer de résumer dans ce répertoire les vicissitudes qu’imposèrent à l’orfèvrerie les variations du goût, et les coups que portèrent à ses plus belles productions d’abord la mode, leur plus terrible adversaire, ensuite les destructions commises par les Vandales de toutes sortes, depuis les vrais Vandales jusqu'à leurs successeurs tout modernes, et puis enfin la fonte patriotique, cette comédie improductive pour l'Etat, iatale à l’orfèvrerie, avantageuse seulement à quelques drôles. L’orfèvrerie embrasse presque toute l'ornementation religieuse, et une bonne part du costume ainsi que de l’ameublement ; on portait des habits or/èvrès, et, comme disait Martial d’Auvergne, on s enharnachoit d’orfavrerie , il aurait pu ajouter qu’on succombait sous le poids. (A)t345. Car couvert sont d’or et d’argent

De velles et de perrerie

Plu qu’yinaige d'or entaillie. (Guill. de Machault.)

(B) 1393. A Jehan Mandole pour la fourreure d’une houppelande à ini jambe, de

satin noir, à girons, en la manche senestre de laquelle a un tigre de rnontaigne qui boit, dedens une fontaine, tout de broderie et en laditte fontaineun bacin d'ord’orfavrerie pour MS. le duc d'Orléans— iïjj**xiÿ liv. ▼ s. vii d. p. { Comptes royaux.)

(C) 1395. A Hennann Russel, orfèvre, pour avoir fait et forgé deux couronnes

d’or oft il a, en ebascnne,enta»llié le mot dudit seigneur qui dit : James et deux cosses pendans an bout de chascune, l’une esmaillié de blanc et l’autre de vert pour asseoir au col de deux tigres, fais de broderie, sur les manches senestres de deux houppelandes bastardes de veluiau noir — vi liv.zh s. ^Comptes roy. Ducs de Bourgogne, IV.)

(D) 1460. Pour emploier aux iaeqnettes d’orfévrie qui naguères avoient esté

faites aux archiers ordonnés à la garde du Duc — xv C. liv.

(E) 1462. Tous (la suite du duc de Bourgogne à rentrée du Roi àRheiras,en 146i)

en abillernens de drap d’or, d’orfévrie ou de velours, non tontesvoies à couvertes de ehevanlx, mais enhamassiés de soye et de brodure et d’orfévrie par différence et par envy l’ung de l’aultre jusques à avoir les scelles terrées d'or. (G. Cbastellain.)

orfèvrerie prête à mettre esrnaux. J’ai dû faire un article à part pour la citation suivante qui explique , mieux que tout autre commentaire, l’application, aux pièces d’orfév rerie, des émaux exécutés à part sur plaques de métal de petites dimensions. On remarquera que ces deux bacins étaient entièrement terminés, que l’un d’eux était même verré, c’est-à-dire doré par parties , et cette particularité exclut l’idée que l’émail eût pu passer au leu sur la pièce même, on sait que la dorure s’altère à la température nécessaire pour mettre l’émail en fusion.

(A)i499. (14 janv. 1498.) Deux pans bacins à laver, martelez, en l’un des quieulx a nng biberon, les bors et le fonz verrez, pretz à inectre esinaulx, pesans ensemble quinze marcs, troys onces, déni gros d’argent. (Invent, de la roy ne Anne de Bretagne.)

orfraiz et orfrois. Broderie employée en bordure, l’équivalent de nos galons. De là orfroisier , boraer. U y avait des orfrois d’or de Chypre , représentant des sujets compliqués et larges de 20 à 50 centimètres, des orfrois de perles, c’est-à-dire brodés de perles, enfin les bordures ciselées sur les images en métal s’appelaient aussi des orfrois. Je ne comprends pas l’expression de chapeau d’orfrois , à moins qu’il ne s’agisse d’un chapeau bordé et peut-être couvert de galons, c’est-à-dire d’orfrois.

(A) lt80. Bien fa vestuë d’un paille de Biterne

Et un orfrois a rais dessus sa teste. (Le Roman de Garin;)

(B) 4300. Un cbapel de roses tout frais

Ot dessus le chapel d’orfrais. (Roman de la Roæ.)

(C) — Et un chapeau d’orfrays eut neuf,

Le plus beau fut de dix nenf,

Jamais nul jour où je n'avoye Chapeau si bien ouvré de soye. (Idem.)

(D) 1351. Chapeaux de Bièvre — orfroisiezautourdebonorfroy d’Arras. (Comples

royaux )

(E) 1352. Deux paires d’orfrois pour orfroisier les gamemens delà chapelle.

(Comptes royaux.)

(F) 1380. Une eeintnre d’or à pierreries sur un orfrois d’or trait. (ïnv. de

Chartes V.)

(G) — Une tunique d&lmatique de camocas blanc orfroisiez d’or trait et pare-

mens à y triages.

(H) 1405. Un grant chef de saint Ursin muré, d’argent doré , où il y a plusieurs

esmanx autour l'entablement aux armes de Monseigneur. Et environ le col a lin orfroy où sont plusieurs demy images esinaillés , saphirs , grenats, esmeraudes et perles de petite valeur. (Invent, de la Sainte- Chapelle de Bourges. Ann. archéol. de Didron.)

(1) 1469. Devise des orfraie qui doivent estre fais pour la chappe du Roy. Et

firemièrement le chapperon desdits orfraiz sera de uemye aulne de arge et en iceluy sein tait le miracle du concile général quant la terre se leva soubz monseigneur Saint Hilaire , en disant : Domini ett terra. Item les premiers eoppous à dextre et à senestre seront faiz ani armes du Roy et à deux anges qui les tiendront. Le second du eousté dextre sera réglise de monseigneur Saint Hilaire, du clochier de laquelle souldra une columpne de feu et le saint dedans ladite église qui dira : Surge et ambuia. — Le second coppon du costé senestre sera le roy de France estant en sa tente brodée à fleurs de lys et apparoistra )e roy sur sa couche comme dormant, et la clarté dudit clochier yra frapper iusqties sur son visage.— (Je passe les autres pièces.) — Et seront taiz les orfraiz , le champ et les lasères d’or de Chipre bien lin et tonz les tabernacles d’or, et les ymages de soye et seront du large d’une feuille de papier lesdits orfraiz. (Ce devis appartenait aux archives de l’église Saint-Hilaire de Poitiers réunies aux archives du département de la Vienne. Il a été publié par M. Ledet dans les Annales archéologiques de M. Didron.)

ORGUE. L’orgue, syrinx, ou flûte de Pan mécanique, a charmé l’antiquité avant de nous arriver de l’Orient par Constantinople. A un moteur hydraulique avait déjà, à cette époque, succède le soufflet, et c’est avec raide de ce mécanisme que l’orgue devint d’un usage général dans nos églises, à partir du x® siècle. Son introduction en Europe doit être placée, suivant Eginhart, en 757 ; à cette époque, Pépin reçut de 1 empereur de Constantinople, avec d’autres présents, un orgue mécanique.

orillier. Oreillier. Ce mot est cité ici parce que le luxe avait fait de l’oreiller un véritable objet de prix. Il était brodé de perles et orné de boutons d’orfèvrerie.

(A) 1260 *. La conte est par devision

Faite de soye et de coton,

De bran paile li chevecex . . .

Et li bouton de l'oreillier Furent moult préciex et chier.

(Roman de Blanchardin.)

(B) 1353. Un orillier de velnyau vermeil, semé de perles d'Orient, losengié d’arraoyerie de France et de Bonrgoigne, et y a arbreciaux d’or et v taillent les 4 boutons de perles des iv corneiz et xv autres perles. (Cf. roy.) ORINAL. Urinai. Le luxe s’en était emparé.

(A) 1416. Un petit orinal de voirre garni et pendantà quatre cbaiennes d’or, — Lx sols t. (Inventaire du duc de Berry.)

ORLAUGEUR. Horloger.

(A) 1395. A maistre Mahieu de Ghand, orlogeur, pour sa pension par lui desservie à avoir visité, atempiré à heure et gouverné l’orloge du belfroit de la dite ville (de Tournay). (Ducs de Bourgogne, tome I, p. xciv.) (B) 1396. Pierre Lequeux, orlaugeur, — la somme de trente escus d’or — pour la vente de trois aulorges. (Ducs de Bourgogne, d. 5761.)

OR M IER. Or pur, de là le lormier pour l’orfévre. D’un autre côté, les éperons a’ormier, selon Fauchet, devraient se traduire par éperons dorés et conduiraient à l’expression de lormier appliquée au sellier. Je ne suis pas en mesure de trancher cette difficulté.

(A) L’espée cbainte an poing d’ormier.

(Roman du comte de Poitiers.)

(B) Car en mon trésor seront pris Lei treze mil besant d’onnier. (L’Ordène de Chevalerie.)

(C) Item le lormier qui fait ouvres dorées. (Ap. Dn Cange.)

O R PI N et Orpiment. Combinaison d’arsenic et de soufre qu’on trouve en veines dans les matières volcaniques, et qui fournit une couleur jaime brillante.

* A) 1372.0rpiu, qui autrement est appelle arsénié, est une vaine de terre qui a couleur d’or. (Le Propriétaire des choses.)

(B) 1431. Orpiment se fait ainsi : prenez oille et encre et jus d’espine noire et son escorce raoienne bien broyée en un mortier et mettez tout ensamble en un pot et li laissiez une nuit reposer, puis le metez un pou bonlir... (Receptes de Jeban le Bègue.)

os. L’ivoire devait devenir rare, tant était universel remploi qu’on en faisait ; on le remplaça par de l’os dans les travaux de marqueterie et ensuite dans la sculpture des tableaux cloans , coffres, etc. Pour un œil exercé, Va différence est sensible, elle ne parait pas avoir frappé les experts , car il est rare qu'ils la marquent dans les inventaires, tout y est décrit sous la rubrique ivire ou yvoire.

(A) 1380. Un hault coffret, carré, ouvre d’os, noir et blanc, en façon de quoy

on faict les selles. (Invent, de Charles Y.)

(B) 1554. Deux paires de patenostres d’os blanc — garnies d’une houppe de soye

noire. (Invent, des biens de la Dame de Nicolaï.)

OSTEAU, O, ou OTIAU est le grand cercle à reudents placé dans la partie supérieure d’une fenêtre à meneaux. Telle est l’explication donnée par M. Lassus. architecte, mais elle se modifie dans l’usage , car osteau , appliqué aux objets d’orfèvrerie , signifie une rosace et un médaillon.

(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou. 151, 181, 202, 348, 351, 353, 360, 370,

(B) 1378-79. A Jehan Thierry, raassou , — nonr mestre les barreaux on deux

petites formes dessoubs le grand O. (Comptes de l’église de Troyes. Ducs de Bourgogne, tome 111, introduction.)

(C) 1380. Une basse conppe d’argent dorée, gauderonnée, sans couvesele et a un

esrnail rond ou fons à vi osteaux ronds à testes de diverses bestes, pesant ij marcs. (In vent, de Charles V.)

(D) — Deux angelots d’argent, à genoux sur un entablement à lozenges de

France et un dalpliin tenant nn grand ostean , couvert de voirre, ouquel soûl plusieurs reliques , pesant iiij marcs, iij onces et demy.

(E) — Deux chandeliers d’or à façon de deux osteaux , chacun à trois pieds,

pesant quatre onces.

(F) — Un estuy de boys, garny d’argent, ouvré à osteaux sur voirre ainsi

comme on fait les eousteartx.

(6) 1398 .Un cercle de fer rond, pour l’O de la grant forme, de maçonnerie avec ix barreaulx loquetez pour asseoir les verrières d'icelles formes. (Compte de la chapelle du monastère des Célestins. Arcli. nat. K, 272. Il a été pnhlie par M. Lassus.)

(H) — En l’osleau de dessus ladicte forme (fenêtre) est Pimaige de Nostre

Seigneur mis ou sépulcre, les iiij Maries autour dudit sépulcre et , en iv demi rons qui sont autour dudit osteau, a vi augeloz.

(I) 1399. Uns tableaux d’or faiz d’enleveure — et ou milieu a sept osleaux à

mettre reliques. (Inv. de Charles VI.)

(J) — Un bassin d’argent , à un osteau esmaillé de France, assis snr un pié

de laton, ouvré à la fadJn de Damas.

(K) 1407. A Saint Anthoine (de Paris) est ung ostal de bois entaillié ezcellement. (Description de Paris, par Guillebert de Metz.)

OSTENSOIR et Monstrance. Parmi les ustensiles sacrés, c’est presque le plus moderne , il est né de l’institution de la fête du Saint-Sacrement. Destiné à contenir et à montrer l’hostie consacrée, il dut prendre sa forme , mais comme cette hostie remplaça d*s lors les reliques qu’on offrait à l’adoration des fidèles, on la plaça , au début , dans des reliquaires ou monstrances , et ensuite oh imita leur forme , quelque peu favorable qu’elle fût au disque de l’hostie. Cette hostie sainte devait éclater de splendeur. Quoi de plus naturel que d'imiter le, soleil et de la placer au milieu de ses rayons! Ce parti fut adopté généralement et est encore suivi. Je ne ferai que trois citations : l’une montre l’emploi des rayons, l'autre la transformation d’une croix en ostensoir, la troisième le bel art de la renaissance aux prises avec l’ostensoir. Je renvoie aux grands inventaires que je publie dans la collection des documents inédits.

ÇA)1360. Inventaire du duc d’Anjou, no 272.

01) 1405. Un grant vaissol ront de cristal, de deux nièces pareilles, faites en manière d’un soleil, garny d’or en façon d'une grande couple et sur le fretelet du couvercle y a un gros saphir, trois balays et trois perles et pèse ledit cristal v marcs, ij onces, vi esterlins, et l’or pèse xn man», îv onces, xix esterlins et deray. (Inventaire de la Sainte Chapelle de Bourges, publié par M. de Girardot.)

(C) 1467. Une croix de calcidoine, garnie d'argent doré, an nrilien un g cristal

pour mectre corpus Domiui, ouvré aiix costés de tabernacles ou il a en tout cinq ymagés de sains et saintes, d'argent blanc et, aux iiij bouts d’icelle croix, iiij fleurs de lys blanches, assise sur ung pié longuet où U a tout à l'entour des esmaux de testes d’apostrea et de personnaiges jouaus d’instrumens. (Ducs de Bourgogne, 2049.)

(D) 1560. Une sainte hostie d’or émaillée de blanc. Une autre d'une Sïostre Dame

d’nug costé et une sainte Barbe de l’autre, et une petite chapelle d'or , de Louette portée par deux petitz anges, le tout pesant j once et demye,

estimé xij tt. (Invent, de François II, dressé à Fontainebleau.)

OUBLIER. C’était, dès le xm' siècle, le chef pâtissier de l’hostel du Roy, et il figure, à titre d’office, dans l’état de la maison de saint Louis, avec la ration qui lui est accordée pour son chevaL Les oublier*, oublaycurs et oblayers de Paris, formaient dès lors une corporation, et criaient dans les rues leurs oublies, leurs nieulcs et leurs gaufres. (Voyez Oublies.)

OUBLIES. Oblata, partis ad saeri/îcium oblalus ; en Allemagne, on dit encore oblat. 11 ne s’agit pas d’écrire ici l'histoire des oublies, il suffira de dire que la pâte légère et des fers pareils à ceux qui servaient à faire les hosties destinées au sacrement de l’Eucharistie, étaient employés pour fabriquer des pâtis? cries légères, telles que les gauffres et les oublies, qui étaient uos plaisirs. Les oublieurs, qui en faisaient métier, étendirent leur spécialité à toute la pâtisserie «n général. Les statuts de ce métier prouvent qu’en 1397-1406, il y avait à Paris vingt-neuf oblayers qui pouvaient faire chacun . par jour, mille oublies de différentes espèces. Ils les débitaient dans les mes et les jouaient aux dés sur le coffret qui les contenait. Nous avons dans les marchands de macarons et de plaisirs, les dernières lueurs de cet usage. On fit, pour l’église, des boites dans lesquelles on enfermait la provision d’oublies ou d’hosties non consacrées ; après la consécration, elles entraient dans le ciboire (Voyez Pyxis).

On fit d'autres boîtes pour garder les oublies à manger, ainsi que le prouvent les citationssuivantes. (Voyez aussi Pain à chanter.) Quand je décrirai les monuments, les anciens gaufriers des 111e, xm« et, xive siècles, pour hosties et pour gaufres, qui sont parvenus jusqu’à nous, ne seront pas omis, car us offrent une preuve sensible de cette extension générale de l’art qui transforme en objets précieux les ustensiles les plus vulgaires de la vie privée. (Voyez Esimouère.)

(A) 1185. N’ot à l’autel que lui, et Dieu qu’il sacrclie,

Es mains tint le calisse et Touillée à saisie.

(Graindor. Ch. d’Antioche.)

(B) 1300. Heures font les fers aus oublées. (Fabliaux.)

(C) 1316. Il y aura un paticier à qni l’en fera marché de faire le P ai n de bou-

che, les oublées et les pastez de bouche et du commun. (RésrtemeDto de l’hôtel de la Reine.) : ■

(D) 139Î.PIusenrs bonnes gens qui estoient vennz oudlt hostel pour enli es-

batre et mengier pain ferez, ratons, crespes et autres choses. (Lettres* de rémission.)

(E) 1397-1406. Que nul ne puisse tenir ouvrouer ne estre ouvrier en la dicte

ville de Paris ne ès forbours, se il ne scet faire en un jour au moins v« de grans oublées, iijc de supplication et ij« d’estrées dudit mestier, , bons et souttisaus et faire sa paste pour le dit ouvrage. (Statuts des oubloyers de Paris.)

(P) — Item que femme, quelle qu’elle soit , ne puisse faire pain à célébrer en l’église et aussi ne puisse porter aval la ville vendre autre chose du dit mestier.

(G) — Item que aucun onbloyer ne puisse jouer aux dez à argent sec, fors

seulement aux oublées, en portant son mestier.

(H) — Item que nul dudit mestier ne puisse racheter son coffin que du pareil

mestier qu’il jouera.

(I) 1467. Un coffin à oublies, d’argent blanc, fermant à clé, à la devise de Mon-

seigneur et armcyé de ses armes, qui poise xviij marcs, v onces. (Ducs de Bourgogne, 2617.)

(J) 1474. L’oublieur doibt prendre le fléau de ses oublies d’achapt et prendre enr

la cuisine le sucre, le bois et le charbon : il doibt avoir un estuy d’argent pour mettre les oublies du Prince. (Olivier de la Marthe. Estai du Prince.)

(K) 1 536. Ung couffin d’argent blancq, servant à rnectre oublies et gaufrettes

pesant avec la serrure de fer qui y est, et la clef, x marcs, j once, xvi est. (Inventaire de Charles-Quint.)

OULTREMEB (commerce d’). Il suffit de rappeler les rapports intimes du commerce de nos ports maritimes avec l'Orient. Lorsque Benjamin de Tudèle passait, vers 1160, à Montpellier, il y trouva des marchands de l’Europe entière et des négociants de toutes les contrées de l’Orient, parmi eux des Arabes du Garb ou de l’ouest par rapport à l’Egypte, c’est-à-dire de la Barbarie (transformés assez plaisamment, par le juif Asher. en Arabes du Portugal, dans la dernière et la moins exacte des traductions du célèbre voyageur).

(A) 1160. C’est une ville commerçante (Montpellier), fréquentée par des gens de diverses nations, des arabes du Garb, des marchands de Syrie, de la Lombardie, de Rome, de Gènes, de Pise, de l’Egypte, des Gaules, de l’Espagne et de l’Angleterre. Ces hommes de toutes les langues se réunirent là pour trafiquer avec les Génois et les Pisans. (Benjamin de Tudèle, Itin.)

OULTREMER (ouvrage d’). Fait à ouvrage d'oultre mer , c’està-dire dans ce goût oriental qui suivit les chrétiens en Europe à

leur retour des croisades, que les fabriques de Venise entretinrent longtemps et que toutes les nations imitèrent. Le mot oultremer était appliqué d'ailleurs à tout ce qui venait de cette partie de l’Orient que nous appelons plus particulièrement le Levant. (Voyez Rose.) On disait les voyages, les expéditions, les histoires d’oultremer; quelquefois même nos poètes, faisant parler les Sarrasins, désignent les chrétiens comme gens d’oultremer, ce qui est d’ailleurs de bonne justice.

(A) 1185. Corkarans d’Oliferne l'en priât à regarder,

Amedelis apelle : Sai-tu celui nomerî Munit sait ores ses armes joliement porter !

Sire, Engherant l’apelent cele geDt d’ontremer.

(Chanson d’Antioche.)

(B) 1348. A Guillaume de Vandestat, orfèvre, pour nne cassete d'outremer

garnie d’argent et une croisette d’or, iiiij liv., viÿ s. p. (Comptes royaux.)

(C) 1363. Un pot de pinte d’argent dore, faict outre mer, taillé à escnssons

plains et à \ ignette et est l'anse d’une serpentellc et le fritelet d’un petit lion, achaté lors viij escus le marc de Martin Harselle, orfèvre, et poise iij marcs et iij onces. (Inventaire dn duc de Normandie.)

(D) — Un biberon d'argent doré faict pour ledit pot par Rogier de la Postne

(ou Postrie).

(E) 1380. Une grand croix d’or à perrerie, à jour, appellée la croix de Troyes,

faicte d’onvrage d’ontremer.

(F) — Une autre croix, à ouvrage d’outre mer, garnie devant et derrière de

menue pierrerie.

(G) — Une antre croix faicte à façon d’outremer.

(H) 1399. Une petite croix d’argent, double , en fasson d’outremer, qui est d*

fust dedans et semé de pierrerie. (Inventaire de Charles VI.)

(I) 1408. Ung pié et ung couvescle d’un gobellet de terre d’oultremer, d’argent

dore. (Ducs de Bourgogne, n. 6096.)

OURUEL , Orcel , Orceau et Ancel. Bénitier. Le Brun des Marettes remarquait, au commencement du dernier siècle, dans ses voyages liturgiques, que l’expression d’orceau était encore en usage dariï le pays chartrain.

(A) 1241. Item 1 ourcel d’argent, à tout l’esperges d’argent, ou pris de ni Ht.

(Inventaire de la comtesse Mahaut d’Artois.)

(B) 1320*. Si ai l’ençans etl’encanssier,

L’orcnel a tote la cuillier. (Dict du Mercier.)

(C) 13î8.Itom unnm orcellum et baculum ad as|»ergendum aquam benedictam,

de argento. (Doe. cité par Du Cange.)

(D) — Un orcell d’argent i eane benoiste. (Invent, de la royne Clémence.)

(E) — Un orcel à eaue benoiste à tout le guerineur.

(F) 1381.L’anceli l’iau henoite. (Comptes de l’église de Troyes.)

OUVRAGE DE GREGE. Les inventaires désignent ainsi les objets

d’art, vases d’église, croix, reliquaires et bijoux, que rapportèrent de Constantinople les croisés, que contrefirent habilement les Vénitiens et les Génois, qu’imitèrent grossièrement, parmi nous, les artistes obligés, par leur médiocrité , à se consacrer à cette méchante besogne. On distingue aujourd’hui ces contrefaçons , au moyen de tous les caractères qui servent à dépister une copie, et aussi à un signe particulier qui est l’incorrection des inscriptions. Mes citations sont tontes prises dans l’inventaire des biens et jovaux, laissé par Jean , duc de Berry ; on jugera mieux , par là, au genre de

laveur dont jouissaient ces ouvrages byzantins. Les pailes grégois étaient également en grande vogue, et nos trouvères les citent continuellement ; mais je n'ai à m’occuper ici ni des étoffes ni des costumes.

(A) 14! 6. Une croix de fer, couverte de vielz argent blanc, où il a plusieurs

vinages dont les noms sont escrips en grec qui fut nrinso dessus le tableau de saincte Elène et apportée, par messire Jehan de Cbasteaumorant, de Constantinoble. (invent, du duc de Berry.)

(B) — Sept tableaui esquelz a plusieurs ymages d’ouvrage de Grèce et sont

garnis d’argent doré dnait ouvrage et pendent chacun à un petit annel, prisez iiij« liv. t.

(C) — Un tableau, dudit ouvrage, de l’istoire de la pnrificacion Nostre Dame,

garny sur les bouz d’argent blanc , prisé iiij liv. t.

(D) — Un bénoistier d’or avecqnes le guipillon qui est d’argent, tenant à une

chayenne d’or lequel benoistier est de façon ancienne, fait à ymages par dehors , où il a escript lettres grecques esmaillées de plusieurs rneilles enlevées — iijclxxij liv. t.

(E) — Une pierre estrange de couleur tannée, yssue d’un petit tableau d'or,

qnarré, de la grandeur du fons de la main, en laquelle a nn yraage de Nostre Dame tenant son enfant, une sépulture et plusieurs autres ymages et escript par derrière de lettres grecques, pnsé — xx s. t.

(F) — Une boeste de bois de l’ouvrage de Grèce, dedans laquelle a du baulme

approuvé par le patriarche de Constantinoble, par sa certifie ation qui est dedans.

(G) — Un roulean plat d’ambre et de must, fait en manière d’une bulette ou-

vré à lettres grecques, pendant à un las de soie vert, prisé xx s. t.

OUVRAGE DE NAPLES. Peut-être une marqueterie.

(A)1507.Une chaize de bois d’ouvraigede Naples. (Invent. des meubles du duc de Bourbon.)

OUVRAGE D’YNDIE. C’est à partir des premières années du xve siècle qu’on recul directement des objets fabriqués aux Indes %

ou à la Chine, et qtfils sont décrits comme tels dans les inventaires.

(A)l 529. À Pierre Lemoyne? marchant demourant à Portugal, la somme de deux cens quatre vingts sept livres tournois pour son payement d’un chalict, marqueté à feuillages de nacle de perle, faict an paysd’Andye, ensemble d’une chaire, faicte à la mode audit pays d’Inaye, vernissée de noir et enrichie de feuillaiges et figures a’or, lesquels chalict et chaire ledict seigneur (le Roi) a prins et achaptez de luy et iceulx faict mettre eu son cabinet du ebitean du Louvre à Paris. (Comptes royaux.)

OUVRAGE TRÉGITÉ. De transjicere ou transjactare , ouvrage percé à jour.

(A) 1250*. I cercle ot an son chié, d’une ovre trégitée,

Et fu de riches pierres tôt amy l’or orlée.

(Panse la Duchesse.)

OUVRAIGE. Œuvre, dans le sens de travail (A)1399.Un petit fenneillet d’or, de très grand ouvraige , et a, on milieu, une dame et deux cerfs sur une terasse, et est sur ladite terasse un chastel de maçonnerie et est sur le fruitelet une grQsse perle de compte à deux balessaux aux denxcostez, pesant deux onces, (invent. deCharles VI.)

OVIER, Coquetier. Il est assez singulier devoir un ustensile aussi nécessaire paraître si tard sur la table , et son nom trouver tant de difficulté à entrer dans la langue.

(A) 1363.Un vaisselet d'argent à mangier œufs que donna à Monseigneur Mons*

d’Estampes. (Invent, du duc de Normandie.)

(B) 1389.0b engin à mettre et asseoir œufs. (Ducs de Bourgogne, n. 5473.)

(C) 1391. Un pié ront, pardessus d’argent doré, à mettre un euf dedens , assis

sur iij petis pie* pour madame la duchesse d’Orliens. (Comptes roy.)

(D) 1403. Un ovier d’or, aux armes de la Royne, et on couvescle une langue

blanche de serpent. (Ducs de Bourgogne, n. 5979.)

"(E) 1408.Une chose d’argent dorée, à mettre l’euf de Madame. (D. de B., 5158.)

(F) 1415. Deux petits creusequins d’or, fennans en manière d’une boette, pour

tenir œufs à manger. (Invent. ap. Du Cange.)

(G) 1420.Ung œfvier d’or, double, ouvré à arbreceaulx et feuillaiges de frèsiers.

(Ducs de Bourgogne, 4192.)

(H) 1487.Une sallière carrée à mettre les œufs. (Ducs de Bourg., n. 7177.)

(I) 1536. Une sallière d’or, double , pour servir les œufs à table, garnye de pe-

tites branches à manière de vigne , et de deux saphirs, trois balais et de plusieurs perles tant branlans que ferme. (Inv. de Gharles-Quint.)

(J) 1586. Une chauffrette d’argent et une plattine pour des œufs. (Inventaire de

Marie Stuart.)

OYSELETS. De nombreux témoignages écrits, l'organisation des oiseleurs en corporation, les particularités de leurs reglements, la force, de leur organisation et l’étendue de leurs privilèges, la protection accordée aux menus oiseaux de chant et de plaisir, tout prouve le goût qui s’était partout répandu. Les linottes, les étourneaux, et jusqu’aux simples passereaux, se vendaient des prix fous qui ne s’expliquent que par les gentillesses, les tours et le parler qu’on leur enseignait. De là le luxe des cages et la raison de cet article.

(A) 1233.Castellio pro custoditis avibns nsqne ad Pascha , xxviij s. iiij d.

(Compte royaux.) ...

(B) 1377. x frans à un vallet mii garde nos tourterelles. (Mandement du Roy, du

# 23 décembre. Ducs de Bourgogne, tome 1Y.)

(C) 1379. ix frans donnés à Gobin Days qui garde nos rossignols de notre chas-

tel du Louvre à Paris. (Manaem. du Roy du 5 juin. D. de B., t. IV.)

(D) 1393. Pour faire pondre , couver et nourrir oiseatilx en une cage. Nota que

en la cage de Hesdin qui est la plus grant de ce royaume (voyez les Ducs de Bourgogne , tome I, p. lv.), ne en la cage du Koy à Saint Pol (voyez Sauvai, II, 282) , ne en la cage messire Hugues Anbriot (voyez une note de M. J. Pichon, dans le Ménagier), ne porent oncuues estre convés et après parnourris petis oyseaulx et en la cage Chariot si font. (Ce Chariot était quelquuyseleur.) (Ménagier de Paris.)

{£) 1415. A Jacquet Saulnier , garde haraois, ponr avoir acheté du blé , rafllet, chauevis et navette, pour les turtes et petiz oiselez de la Royne. (Comptes royaux.)

(F) — A Gilet de Savigny, oiseleur, pour vii petiz oiselez en cage, c’est assa-

voir iij tarins et iifj chardonnerez délivrez devers la Royne, et depuis ponr xv antres petiz oiseaux délivrés comme dessus, — Ixxvj s. p.

(G) 1416. Au varlet des petits chiens,— iiq liv. t. Anvaletdes oiseaux,— iiij liv. t.

(Compte de l'exécution du testament du duc de Berry.)

(H) 1466. Aux pipeurs du Roy, pour don à eulx fait pour ce qu’ilz lui apportent

des petits oyseanx. (Ducs de Bourgogne, n.705t.)

OYSELETS DE chypÊre. Boules parfumées, faites en forme d’oiseaux, peut-être même recouvertes de plumages d’oiseaux, et qu’on crevait pour eu répandre la poudre odoraute , employée également en fumigations. Le goût des parfums avait transformé

en bijoux de prix les boites destinées à contenir les oiselets de Chypre, et on leur donnait toute espèce de forme, et plus partilièrement celle d’une cage.

(A) 13 80. Un poisson (Tarant à mettre oyselets de Chipre , pesant xii esterlins.

(Inventaire de Charles Y.)

(B) — Un hault coffret carré, ouvré d’os, noir et blanc , en façon de quoyon

faict les selles, plain d’oisselles de Chippre , ostés les oy selles.

(O — Une petite lanterne d'argent, dorée, à une chaisne, pour mettre oiselles de Cipre, pesant une once et demie.

(D) 1391. Un estuy de cuir bonilly ponr mettre et porter la cage d’or à oyseles

de Chyppre du Roy. (Comptes royaux.)

(E) 1396. Pour demi cent d’ozelez de Chippre— mis tant ou retrait on galelasen

lasale ou le Roy manga, iîx s. tournois. (Ducs de Bourg., n. 5756.)

(P) — Un estuy de cuir boully pour mettre et porter une cagette d'argent pour mettre oizelez de Cnippre en la chappelle du Roy. (Comptes roy.) (6) 1399 .Un chandelier, à troys testes de lyons en semble et un lis dessus, pour mettre oizelles de Chippre, pesant un marc, une once et deinye d’argent. (Invent, de Charles Vl.)

(H) — Une potence d’argent veré , à pendre une cagette pour mettre oyseaux

de Chyppre, «sise sur un pié doré, hachié des armes du sire de'Cbasteaufromont, pesant un marc, cinq onces, deux esterlins.

(I) — Une poirette ronde d’argent doré, à mettre oiselez de Chippre, pendant

à un laz de soye vieil, pesant deux onces.

(J) 141 6. Un petit chandelier d’argent veré, pour mettre oiselez de Chyppre, où

il a escript dessus : Pour vous servir. (Il y en a cinq autres pareils. Inventaire du duc de Berry.)

(K) — Un petit encensier d'argent doré , ponr mettre oiselez de Chippre ,

onqnel a cinq petites tournelles par dessus , pendans à cinq petites chayues d’argent doré.

(L) — Une cage d’argent doré , où il a deux petites perchettes par dedans

et deux oisellez dessus, pour tenir oiselez de Chippre, pesant un marc, sept onces.;

(if) — Une pomme d’argent verré pour mettre oisellez de Chippre ou antres fumigations de plusieurs manières. — x liv. t.

(N) — Deux petites cagettes d’argent, dorées, pour mettre oyselles de Chippre

à la devise de Monseigneur. — x liv. x s.

(O) — Un balay, deux petis saphirs et vi perles yssus d’un petit ours d’or,

esmaillé de noir, qui porte une bote et est le dit ours tout creux pour mettre dedens oyselez de Chippre ardans pour parfumer,— vi liv. t.

(P) 1455. Des autres dames et damoyselles de la court, n’y eut celle qui ne lny

donnast chemises brodées â’or et de soye, arcanuolles, bourses et gants brodés tout à la façon du pays, mistes oyselletz de Chippre et tant d’aultres odorifiques* odeurs que très longue chose seroit à voloir tout réciter. (Ant. de la Salle.)

(Q) 1456. Cinq caisses d’argent à mectre oiseaux de Chippre. (D. de B., n. 6959.)

(R) 1467. Une grosse pomme ronde, d’argent doré, à mectre oyselés de Chippre.

pertomsée à f «ailes, pesant j marc, iiij onces. (Ducs de Bourg., 3404.)

(S) 1497.€ng petit coffret d’y voire , ferré d’argent doré, onqnel y a plusieurs

senteurs et oyselletz de Chyppre. (Inv. de Charles, comte d’Angoul.)

PAELLE, paellon, paielle, et poasle. Poêle. Cette traduction n’est exacte que si l’on admet des poêles de tontes formes ; ainsi , celle que l’on voit dans l’inventaire du duc d’Anjou, pour cuir e poiston (n° 770), n’a pas de quene, mais deux anses, et elle était

très-profonde. Il y en avait pour laver les pieds, pour faire la lessive et la bouillie, et de très-plates sans doute pour rôtir des marrons. (Voyez Papin.)

(A) 1300. Si ne prit carde et jeta sa touaille dont elle avoit la tête entortillée

au ebief de la paielle de fer où le soigne la Royne ardoit. (Joinville.)

(B) 1316. Pour une paelle à piez laver. (Comptes royaux.)

j(C) 1363. Trois paelles d’argent à queues. (Invent, du due de Normandie.) *

(D) 1380. Un paellon d'argent verré, à un gros manche tout esmaillé de France,

et a dedans un flacon, ij tasses à un couvescle à nn fruitelet, et sont du petit mesnage, pesant viii marcs. (Invent, de Charles V.)

(E) 1338. A Ancel Baine, chauderonnier, pour une prant pelle de fer, bordée

par les hors, à porter brèze par les chambres. (Comptes royaux.)

(F) 1301. Pour avoir refait et ressoudé les fons d’une paielle d’argent blanc à

faire la boullie de madame Ysabelle de France, — x s. vi a. p. (Idem.)

(G) 1393.Quatre cuilliers de bois, une paelle de fer, quatre grans paelles à ance.

(Le Ménagier de Paris.)

(H) 1395. Ponr une paelle d’airain à queue pour bouillir les cueuvrescbiefs des

dittes dames et damoiselles. (Comptes royaux.)

(I ) 1423. iij payelles de keuvre à servir en yver pour ceffer en chantant messe. (Invent, du Trésor de Douay.)

(J) 1453. Une paelle percée à frire poissons. (Inv. cité par M. Douet d’Areq.)

(K) 1497. Une grant poasle , quatre moyennes et trois petites. (Inv. de Charles»

comte d’Angouléme.)

(L) — Trois poasles blanches à queue (de fer blanc).

(M) - Trois autres poasles à frire.

(N) 1540. Une pelle à chastaignes vieille. (Inv. du card. d’Amboise, Georges U.)

(O) 1554. Une poisle, unp poislon, une esciunoner, une cueillier, une bassinoire

et une coullouere, le tout d’arain, à queue de fer, — prisé il s. t. (Inventaire de la Dame de Nicolai.)

PAIN A chanter. Le pain sans levain, le pain azyme, les hosties. Les diacres ou les sous-diacres étaient , dans quelques églises, seuls chargés de le faire. Il y avait des fers particuliers et un local réservé pour cet usage. Cependant les oblayers les fabriguaient aussi, seulement on voit dans les statuts de leurs métiers, nxés en 1397-1406, qu’il était interdit aux femmes de faire des hosties, et aux hommes d’en vendre sans qu’elles eussent été visitées par les maîtres. Une des citations suivantes semble marquer que ce pain était cher. L’expression à chanter, à chanter en cuer, à chanter messe , s’appliquait à l’eau , au vin et aux hosties consacrés pour l’autel.

fA) 1328. Une boueste d’yvoire à mettre pain à chanter, garnie d’argent, — il s. (Inv. de la royne.)

(B) 1360. Inventaire du duc d'Anjon, 34, 45.

(C) 1363. Une boeste d’argent, à une teste de Dieu esmaillée, à metlre pain à

chanter, et poise un marc etviij esterlins. (Inv. du duc de Normand.)

(D) J 379. Ponr pain i chanter en cuer. (Comptes de l’église de Troyes.)

(E) 1416. Une boette d’argent doré , à mettre pain à chanter, séant sur un pié

esmaillé par dedans, ouvré de fenestrages en manière d’osteaux, et autour du pié a trois petits serpens volans. (Invent, du duc de Berry.)

(F) 1422. Une boiste d’or à six qnarré6 , à mettre pain à chanter messes, où est

la Passion entaillée et enlevée à iij fenestrages, et escrite la patenostre et l’évangile S. Jehan. — cxxvij liv. (Comptes royaux.)

(G) — ij bnrettes d’or à mettre le vin et l’eane à chanter à la chapelle du Roy

' nostre sire.

^H) 1461. A messire Nicolas Thevenot, prostré, pour avoir fourny pain à chanter, viij liv. v s. (Compte des obsèques de Charles VII.)

(I) 1517. Item. Y a un lien appelé la Seerétonerie, là où on fait le pain à chanter, qui est très beau et de grant édiffiee. (Visite de la royne de Sicile à Clainranx , document cité par M. Michelant.)

PAIX. Le baiser de paix, recommandé par saint Panl aux Corinthiens, ne put être pratiqué longtemps dans l'église, sans choquer à la fois la morale et la distinction des rangs. Ou lui substitua ifü baiser symbolique qui conservait son principe de communauté fraternelle, par la partici nation de tous à cette cérémonie dans laquelle on se servait d’un seul et même osculatoriutn. Cet objet n'étant qu’un prétexte, on put offrir indifféremment au baiser de tous, un crucifix, une croix, la couverture d’un texte ou une relique ; seulement, à la longue, chaque office de l’église ayant ses ustensiles, on consacra plus particulièrement à celui-ci de petits tableaux faits en matières précieuses, en or, en argent ou en bois, représentant des sujets de la Passion, et quelquefois le patron de l’église, ciselés, gTavés, émaillés ou peints. Ces tableaux reçurent différents noms qui s’appliquent à la destination de l’objet, sans considération de la forme : Osculatoriutn , deosculatorium tabella , tabula paciSj ins t rumen tum pacis, asser ad pacem, paxillum , paxiila, paxy paix et porte-paix. L’usage tardif d’uu instrument spécial pour recueillir le baiser de paix , explique pourquoi à un usage très-ancien je ne puis appliquer que des citations comparativement modernes. Ges citations mêmes je les borne à quelques descriptions de paix d’une grande richesse ou d’un travail remarquable. J’aurais pu descendre jusqu'à l’inventaire du trésor de Saint -Denis, pour citer la paix décrite dans la première partie de cette notice.

(A) 1295. Item unum osculatorium. (Invent, de St. Paul de Londres.)

(B) 1322. J table de pees ove une ymage d’argent suzorré. (Invent, du comte de

Hereford.)

(C) 1328. Un portepais d’argent pesant dens mars, prisié iiij lil). (Inventaire de

la royne Clémence.)

(U) 1341. Unam pacem deosculator’ in qua continentnr reliquiadiversorum sanctorom. (Invent. d’Edouard I1T.)

(E) 1360. Invent, du duc d’Anjou. 3. Un grant esmail à donner la pais. 63.

(F) 1363. Une paix à façon d’une fleur de lis esmaillée aux armes de Monsei-

gneur. (Inventaire du duc de Normandie.)

(6) 1380. Une porte paix pour la chappelle des confesseurs, laquelle est cizelée an dos et esmailfiée d’un sus esmail de l’ymage de Nostre Dame qui reçoit son enfant tenant 1 pomme, St. Joseau, les pasteurs de^oubz et au’dessus les anges, pesant 1 marc et demy d’or. (Inv. de Charles V.)

(H) 1416.Un porte paix d’or, où il a un angle tenant un cnicefix, couvert par

dessus d’un cristal et gamy entour de sept balaisseaux et seze perles— iiij« liv. t. (Invent, du duc de Berry.)

(I) — Un porte paix d’or, où il a un cristal rond on milieu et dessoubz une

trimté et entour sont les quatre euvangelistes, esmailliez, garnie de pierreries — ijcxxvliv. t.

(J) 1423. A Jehan Pentin , orfèvre, demeurant à Bourges — pour une paix de

fin or, bien riche, esmaillée au milieu d’une ymage de Nostre Daraef au dessus de laquelle paix a une croix, aussi esmaillée d’une autre

Image et autour de laaitte ymage a quatre bien grosses perles que lonseignenr a fait prendre et achetter dudit orfèvre par marchié fait vi«iviy francs et icelle a donnée à ung evesque de Portingàl qui, aveé

plusieurs aultres Portungalois estoit venu devers luy en ambaxade de par le Roy de Portugal. (Ducs de Bourgogne, 676.)

(K) 1470. Une paix d’or, a façon de fleur de lis, armoyé an champ des armes Je

feu le duc Philippe, an fleuron du hauit ung crusificx et anx deux cœtez Nostre Ilame et Saint Jehan et au piet d'embas Saint Jehan Baptiste, Saint Denis et Saint Anlhoine, prisié à iiij**xvi liv. (Ducs de Bourgogne, 5293.)

(L) 1500. Gomme Martin chantoit la messe,

Son hoste estoit de lèpre plain,

En baisant la paix enht liesse •

Car il fust guéri tout à plain.

(Légende de la tapisserie de Montpezat.)

(M) 1510. Une paix grande d’argent doré et esmaillé , où est figuré par devant

Nostre Dame et au dolx Sainct Jherosme, pesant iv marcs, vii onces. (Invent, du card. d 'Am boise, Georges II.)

(N) — Une antre paix d’argent doré, esmaillée, faicte en façon de reliquaire,

pesant ii marcs, v onces.

(O) 1560. Ung tableau d’argent doré d’une nativité, sonbz ung cristal, enrichy de

petits rubis et perles, ledit tableau servant de paix, estimé — xxxv n. (Invent, dn chasteau de Fontainebleau.]

(P) 1599. Une boete à mettre pain à chanter dont le couvercle sert de paix.

(Inventaire de Gabrielle d’Éstrées.)

PALES. Les côtes perpendiculaires d’un vase.

(A) 1360,Pot à sept pales, n® 122. (Inventaire du duc d’Anjou.)

(B) — Pot fizelés par pâlies, n® 410 et suiv.

PALETTE. Bougeoir en forme de petite pelle , qu’on appelait aussi cullier, parce qu’elle servait à brûler les parfums. On offrait aussi des confitures, du cotignac d’Orléans, par exemple, sur des palettes. (Voyez Esconce et Platine.)

(A) 1295.Discus et navis ad incensnm. Unus disons argenteus plauus, cum co-

cleari et catbenula parvnla, ponderis x s. (Inventaire ae Saint Paul de Londres.)

(B) 1389. Une pallette d’y voire. (Inventaire de Charles V.)

(C) — Une palette à condongnac , armoyé de France et de la royne Jeanne

de Bourbon.

(D) — Une petite palette d’yvoire à tenir chandelle garnie d’un petit d’argent. W — Une petite palette d’argent à faire fumée.

(F) — Une palette d’argent, à un manche de boys, pour mettre fnmigacions.

(G) 1399. Une palette d’ivoire, dont le cio à mettre la chandelle est d’argent, non

pesé. (Inventaire de Charles VI.)

(H) 1395. A Perrin Bernart, gainier, pour unestuy de cuir bonlly, poinçonnez et

annoiez auxarmesae France, pour mettre et porter une palette d’ivoire, • garnie d’or, pour mettre une chandelle pour tenir devant le Roy i aire ses heures, comme dit est. (Comptes royaux.)

(I) 1416. Une palette d’argent blanc pour mettre feu à faire fumée — x liv. L

(Invent, du doc de Berry.)

J) 1599. Cinq placques garnies de leurs bobèches, aussy d’argent, prisées ensemble trente six marez — ij« xxviii escus. (Inventaire de Gabrielle d’Estrées.)

PALISSY (Bernard). J’ai réservé , pour la notice des faïences émaillées, le résultat de mes recherches sur les fabriques arabes, la famille des délia Robbia et l’œuvre de Bernard Palissy; je dirai ici quelques mots seulement des successeurs et des imitateurs de notre grand potier de terre. Chaque maître dans les arts est suivi par une

troupe servile, à plus forte raison dans les arts multiplicateurs dont tes procédés sont une propriété. Les neveux de Bernard Palissy ne laissèrent pas ses procédés se perdre, ils eurent le tort de contribuer à les laisser dégénérer. Dans leurs mains, ce qu’il y avait de goût et de bonheur dans les arrangements de l'inventeur disparait, ce qu’il y avait de vivacité et souvent de vérité s’évanouit. On n’a plus qu’un pâle décalque et des répétitions monotones. C’est encore bien pis avec leurs successeurs.

tA)1540.Il me fut monstré une coupe de terre tournée et esmaillée d’une telle beauté que dès lors j’entray en dispute avec ma propre pensée, pn me remémorant plnsieurs propos qu’aucuns m’avoient tenus en se mocquant de moy, lorsque je peinaois des images. (Bernard Palissy.)

(B) 1570. A Bernard, Nicolas et Mathurin Pallissis sculteurs en terre, la somme de quatre cens livres tournoys — sur et tant moings de la somme de deux mil six cens livres tournoys pour tous les ouvraigesde terre cuite esmaillée qui restoyent à faire pour parfaire et parachever les quatre pons (pans) ou pourtour de dedans de la grotte encommencée pour la Royne en son pallais à Paris (plus bas : lèz le Louvre à Paris) suivant le marché faict avecq enlx. (Despence faicte à cause de la grotte esmaillée. Comptes royaux.)

^C) 1599. A Jehan Chipault et son flls émail leur en terre — i escus.

— A Jehan Biot, dict Mercure, émaillenr en terre et verre — x escus. (Estât des off. domestiques du Roy. Arch. nationales.)

(D) 1609. Ces mêmes trois emailleurs, chacun avec trente livres de gages par an.

(Estât des off. Domestiques du Roy pour l'année 1609.)

(E) 1642. L’année passée a esté establie une. verrerie royale par lettres patentes

du Rov données au mois de mars 1640 en faveur du sieur Antoine Clericf, ouvrier de sa Majesté en terre sigillée et de ses assossiés. (Les merv. de Fontainebleau par le père Dan.)

PALLETOT etPalletocqs. Vêtement ordinaire, qu’on ne sera pas Surpris de rencontrer dans quelques textes, avec une surcharge d’orfèvrerie, tant étaient grands le luxe et la profusion.

(A) 1455.Les suppliants issireut de la maison en leurs pourpoins ou palletocqs

à touts leurs bonnets. (Lettres de rémission.)

(B) 1474. Le duc a soixante deux archers pour son corps — ils ont tons les ans,

on souvent, palletots d’orfavrerie richement chargez. (Olivier de la Marche. Estât du Duc.)

PANIOT ou Paviot. Pierre de l’espèce des opales.

-(A)1416.Un petit reliquaire d’or, où il a une pierre appellée paniot, verte et contre le jour vermeille, en laquelle a par devant un ymage de femme et derrière une croix en terre, îvi liv. v s. t. (lnv. du duc de Berry.)

panniers. C'est un corollaire des malles, coffres, bahuts dont j’ai parlé dans plusieurs articles de ce glossaire. Comme ces paniers étaient chargés sur bêtes de somme, on les achetait par paires , et 1m grand bahut ou enveloppe les couvrait tous les deux.

(A) 1352* Pour une paire de panniers, fermans à clef, à tout le bahn, pour mectre

et garder la cire et antres choses nécessaires en la fruicterie. (Compt. royaux.)

(B) 1387. A Pierre du Fou, coffrier, pour ij panniers d’ozier convers de cuir de

• truye, ferrez et clouez ainsi qu’il appartient et fermans à clefz, gamys

de crox, de fer et de corroie*, pour porter à somier (à cheval) les espices dn Roy nostre seigueur — viij liv. p. (Comptes royaux.)

PAP1LLOCTES, Paillole, Paillette et Papillete d’or. Il est ques-

tion de plumes papiliotées. c’est-à-dire ayant sans doute à leurs extrémités des papillotes d or.

(A) 1300*. Trouvèrent moult très grant trésor

Or en paillole et en tarin. (Roman de Cleomades.)

(B) 1311. Item au marc d'or fin, en or en plate et en paillole. (Àpud Du Cange.)

(C) 1420. Un chappel de plumes de paon, papiliotées de papilloctes d’or. (Ducs

de Bourgogne, no 6409.)

(D) 1599. Une robbe de satin noir, un bandage à l’entour découpé à triangle

gamy de papil lottes — prisée xx escus. {Iny. de- GabrielJe d’Estrées.)

PAPIN. Bouillie. J’ai déjà cité un paelle à faire la bouillie. (Voyez Paelle.)

(A) 1380.Une paesle à une cuillier d’argent blanc pour faire papin. (Inventaire

de Charles V.)

(B) 1388. A Jehan Tonqnin, ferron, pour un petit treppié de fer pour mettre sus

18. feu à brûler le pappin ae madame Jehanne de France, pour ceiij s. iiij d. p. (Comptes royaux.)

PAREPAIN. Dans les trousses de couteaux, dites paire de couteaux, plus ou moins bien garnies, se trouvait presque toujours un parepain, on le rencontre aussi quelquefois isolé. Que pouvait faire ce couteau, sinon parer ou peler le pain, c’est-à-dire le chapeler? Les citations qui suivent, et que j’aurais pu multiplier, suffisent pour établir cette explication.

(A) 1300*. La pomme prist, si la para.

En l’i auge mist la pareure Qni s’en alla grant aleure Si corne l’aue I’enportoit. ( Ap. Du Cange.)

(B) 1332. Coutellerie pour le Roy. Thomas le Fieuvillier , coutelier, pour deux

paires de couteaux à trancher devant le Roy, à tons les parepains garnis de viroles et de cingletes d’argent, dorées et esmaülés aux armes de France, C sols pour paire valent x liv. p. (Comptes royaax.)

(C) 1366. Il la féry d’un petit coustel à taillier pain — tant saigna — que le

lendemain par cas de fortune ala de vie à trépassement. (Lettres do rémission.) %

(D) 1380. Une paire de couteaux à trancher, c’est à scavoir ij grandz. un petit et

le partpain de mesmes, à manche d’argent doré, rond, à fleurs de lys. (Invent, de Charles V.)

(E) 1407. A Thomas Dorgeret, cousteîlier, pour une paire de grans cousteauîx à

manches esquartelez d’ivoire et de cèdre, chascun à trois virolles d’argent doré, esmaillé aux armes de France, garnis de parepains et de petit coustel engaingnés — xii Mv. p. (Comptes royaux.)

(F) 1410. Pour une naire de grans cousteaux — garnis de parepains et de petit

coustel. (domptes royaux.)

(G) 14t4.Une pomme parée, fendue en quatre quartiers, remise en ses parures.

(Lettres de rémission.)

(H) 1415. Item un couteau, nommé parpain en une guaine. (Invent, apud Du

Cange.)

(I) 1474. Le vallet servant doibt chappeller le pain. (Olivier de la Marche.)

(J) 1487.Une paire de cousteaux — servant à cbappeler le pain en la panne-

terie. (Comptes royanx.)

PARIS (Façon de, or de, argent de). Voyez l’inventaire du duc d’Anjou, n° 700, et tous les inventaires des xiii®, xiv® et xv« siècles.

PARFUMS. Après l’indifférence pour les mauvaises odeurs vient le goût pour les odeurs fortes, et enfin, comme marque de la plus

haute civilisation, l’éloignement décidé pour tous les parfums, quand ils sont autre chose qu’une imprégnation générale , et comme nu. souvenir éloigné de senteurs simples et douces. Le peu de propreté des premiers siècles du moyen âge est un fait sur lequel il est inutile de s’appesantir. A cette indifférence succède la passion pour le musc et la civette, dans leur âcre pureté. Au xvi® siècle, des composés adoucis, mais si abondants, qu’on en trouve partout; plus tard, à la fin du xvii« siècle, l’iris, la violette , et très-sobrement. Je ne ferai qu’un petit nombre de citations, remarquant que le safran servait à la fois de teinture et de parfum. (Voyez Musc et Ambre.)

(A) 1250*. J’ai les guimples eosaffrenées. (Le Dit du Mercier.)

(B) 1250*. Et si ot guimple ensafrenée. (Li roumaus des Sept Sages.)

(C) 1528. A Francoys d’Escobat, espaignol, varlet de chambre et parfumeur du

Roy NS. pour sou payement des parfums, eaues , musqués de nafle» cassollettes et ganas perfumez qu’u faict présentement par recommandation du Roy pour envoyer au roy d’Angleterre. (Comptes royaux.)

(D) 1536. Une grenade d’or creuse, avec sa queue servant à inectre senteur.

(Inventaire de Charles-Quint.)

(E) — Ung cueur faict de menu ouvraige de fll d’or traict, servant à mectre

senteurs et esmaillé à l’ung coste de trois rosettes.

(F) 1597. Une chenue de parfum garni de gerbes d’or émaillez de blancq,

prizé 1 liv. (Contrat de mariage de Françoyse de Schomberg )

(G) — Douze boutons de parfum garny de feulle de feuchères d’or, prizé — x liv.

(H) 1599.Une chesne de parfum garnie d’or, où il y a des triangles.et trophées

d'armes, prisée c escus. (Iuvent. de Gabrielle d’Estrées.)

(I) — Une chesne, toute de parfum, de soixante trois olives à grands ronds,

prisée iij« escus.

(J) — Une main de parfum, garnie d’or, où y a une bague turquoyse, prisée

dix escuz.

(K) — Une poire de parfum, garnie d’or, prisée six escuz.

(L) — Six boutons d’or et de diamants , ausqnelz y en a à chacun dix sept

diamans et sont percez à jonr et plains de parfum, prisé ije escus.

(M) — Un bracelet d'or, esmaillé d’or en plusieurs couleurs et petites senteurs,

où il y a trente cinq diamans , et entre deux des gobeletz et des peynes d’amour, prisé ijc esc os. *

PASSANT. Anneau formant appendice à la boucle ou indépendant d’elle, mais qui servait à enrouler le pendant de la ceinture ; on ne le confondra pas avec le mordant, qui est tout autre chose. (Voyez Mordant et Ceinture.)

(A) 1380. Une ceinture de soye vermeille, à boucle et mordant d’or, le mordant

néellé aux armes de France et le passant et les fermillières d’or. (Inventaire de Charles V.)

(B) — Une large ceinture , pour boys , de cuir d’abaye , dont la boucle, le

mordant et le passant sont dw, non pesé.

PATE CUITE. Un orfèvre ou un sculpteur, au moyen âge ces deux arts se confondaient, modelait en cire un bas-relief de petite dimension, prenait une empreinte de cette cire dans un mastic résistant et moulait dans ce creux, autant de fois qu’il voulait, ce bas-relief dans une pâte qu’on faisait sécher au four et qu’on appliquait ensuite sur de petits coffrets de bois. Une dorure générale Confondait la pâte avec le fond du coffret de bois et donnait à ce travail léger et facile l’apparence d’une œuvre d'orfèvrerie. Le style de ces petites compositions est pris dans les maîtres italiens et se

montre partout identiquement le même. Il paraîtrait que cette invention vénitienue est de la fin duxv« siècle. Aucune inscription, aucune marque ne m’a indiqué jusqu’à présent sa localité précise, ce procédé n'a pas reçu de développements en France , mais il y fut exploité. Aujourd’hui, il est du domaine de nos confiseurs et de nos cuisiniers. Nombre de productions anciennes et très-élégantes se rencontrent dans les collections. J'en parlerai ailleurs. (Voyez, dans la première partie de cette notice, les objets divers.)

(A) 1520. Sept coffres, que grans que petit, faitz de pâte cnyte, à la mode d’Ita-

lie, bien ouvrez et dorez. (Inventaire de Marguerite d'Autriche.)

(B) — Ung beau coffret, à la mode d'Italie, fait de pale cuyte, doré, bien

ouvré, a vj blasons à l’entour d’ycelle, aux armes de Bourgogne, assis sur iiq pomeaux de bois doré.

(G) — Ung aultre coffre, plat, carré, fait de pâte cuyte, bien ouvré, à x personnaiges, et sur le couvercle, qui est de mesine, à une roye au milieu. (B) — Beux poiequins, une fiole et deux flacons de pâte cuyte, dorez et bien ouvrez.

(E) — Beux myroirs de pâte cuyte, bien ouvrez et dorez, ayant chacun ung

boton et hoppea y pendans.

(F) 1 599.Un rocher de masticq, couvert de petites feuilles d’or, avec de la nacqne

de perles et des pierreries non fines et des peUs personnaiges d’or esmaillés de couleur et sur le hault du rocher un petit amour d’or esmaillé, prisé xxx escus. (Inventaire de Gabrielle d’Estrées.)

P AT EXE. Le plat dans lequel on offrait le pain, alors que l’on communiait sous les deux especes. Depuis l’introduction des hosties, y ers le xc siècle, le ciboire a remplace ce plat, et la patène, ne servant plus qu’à couvrir le calice et à recevoir les débris de l'hostie du prêtre, a pu sans inconvénient être diminuée de plus de moitié. Les Grecs, qui ont conservé l’ancien rite, ont aussi les patènes de grande dimension, ils continuent à l’appeler disque (Atoxô;). Saint Anastase et d'autres écrivains ecclésiastiques, tous antérieurs au vme siècle, parlent déjà de patènes d’or et d’argent richement ornées par le travail de l’orfevre ; le moine Théophile y consacre un chapitre.

(A) 1220. Cap. xuu. De patena calicis. (Theopbilus.)

(B) 1380. Un calice d’or hautelet et a, eu la patène, un long cnicefit esmaillié

sur fleurs de lys et fut acheté par le Roy, des Jacobius d’Orliens, pesant iii marcs, vii onces d’or. (Inventaire de Charles V.) ,

(C) — Un calice d’argent doré, tout plain, où il a en la patène un Dieu qui

monstre ses playes, esmaillié.

PATENOSTRES et Patrenostres. Chapelet , grains de chapelet, et aussi tout grain qui s’enfilait pour quelque destination que c* fut. 1} y avait à Paris trois corps de métiers qui, sous le nom de pâte- . nostriers, fabriquaient les chapelets; ils se distinguaient suivant les matières qu’ils mettaient en œuvre : 1" les patenostriers d'os et de cor (corne) ; 2» de corail et de coquille (nacre de perle) ; 3° d’ambre et de gest. Les orfèvres faisaient en outre les chapelets en pierres précieuses, en bois, etc., etc. La ville de Jérusalem, qui a encore aujourd'hui son bazar de patenostres divisé par spécialités de chapelets, peut seule donner l’idée de cette fabrication en grand. Il y avait en outre les patrenostrins qui faisaient les noiaus à robe que on fait d’os, de cor et de yvoire, c’est-à-dire tous les grains enfilés servant à orner les tissus, sans qu’aucune idée de dévotion y fut, attachée. •

(A) 1260. T.t. xi.ni. Des patrenostriers et faisiers de bouclètes à sanlers. Il pnet

estre patrenostriers à Paris qui veut, c’est assavoir faisières de tontes - manières de patrenostres et de boucletes à sanlers que on fait de laiton, de arcbal et de quoivre uucf et vies et de noians à robe que on fait de os, de cor et de yvoire, se il set le mestier. (Us des Métiers, enregistrés par Etienne Boileau.)

(B) 1349. Mon très doulz cuer, je vous envoie ce que vous m’avez mandé et vos

patemostres et vous promet loyalmeut que je les ai portées, tout en restât que je les vous envoie, deus nuis et trois jours sans oster d’entour moi et depuis que li fremailles fn fais. Si vous pri que vous les veuilliez porter et je vous envoie unes autres petites. Et les ai ainsi portées longuement en l’environ de mon bras. (Agnès de Navarre à Guillaume de Machault.)

(C) 1380. Unes patenostres d’or signées à enseignes de tabliers et eschiquiers.

(Inventaire de Charles Y.;

(D) — Unes patenostres esmailliées pendans à une croix où il y a pierres et

perles.

(E) — Unes patenostres de gest à segneaux d’or et de perles, pendans à un

fermait et à ij rubis. •

(F) — Unes patenostres de perles à seigneanx de gest.

(G) 1467. Patrenostres de coral, d’or et d’argent. (Voyez ce chapitre de l’inven-

taire des joyaux laissés par Philippe le Bon à sou fils Charles. Ducs de Bourgogne, n«* 3156 à 3177.)

PATIN. Je n’introduis pas ce mot dans le glossaire, seulement pour avoir l'occasion de faire remarquer que le patin était une sorte ae galoche qu’on transformait en patin, pour aller sur la glace, par la simple addition, soit d’une ferrure pour patiner, soit de clous pour éviter de glisser, mais je tiens à constater que l’orfèvrerie s’était emparée des patins et galoches, et des brides qui les retenaient aux pieds. A partir du xvi® siècle , cette expression désigna plus particulièrement ime chaussure propre aux femmes du grand monde.

(A) 1295.Nec etiam in ecclesia vel clanstro portabunt (canonici) patinos sive

soccosferralosstrepitum magnum facientes. (Stat. MS.Eccles. Aqueos. apud Du Cange.)

(B) 1333. Item pro tino paro de palitis, pro Domino (Comptes de Humbert II.)

(C) 141 6. Pierre Boy vin acheta du bois convenable à faire patins et galoches.

(Lettres de rémission.)

(D) 1420. A Jehan de Grote, patinier, pour huit douzaines de paires de patins.

(Ducs de Bourgogne, 609.)

(E) 1423. j peir de galages faitz d’estreyn , iv den. (Invent, de Henry Y.)

(F) 1427. Pour une douzaine et demie de patins pour Monseigneur, xviij s.

(G) . — Pour ferrer iij paires desdits patins pour aler sur la glace, vis.,

(H) *- Pour carreler iij paires de grossoulliers pour iceulz faire ferrer, chacune

paire de inj fers, à façon de fers de chevanli et en iceulx mis iiij gros doux à grosses pointes, pour aler sur la glace. (Ducs de Bourgogne, 4904 à 4906.)

(I) 1454. A Jehan Adam, peletier, pour deux paires de patins pour Monsei-

gneur (le duc d’Orléans. Ducs de Bourgogne, 6803.)

(J) — A Jehan Marchant, cordonnier — pour quatre paires de galoches de

liège, du pris de xii sols, vi deniers la paire, livrez à ladicte dame (la Royne.) (Comptes royaux.)

(R) 145 5. Des souliers et des patins qui soient bien faietz. (Ant. de la Salle.)

(L 1599. Six paires de patins de velours de plusieurs couleurs, prisés ix escus. (Invent, de Gabrielle d’Estrées.)

(M) - Une autre paire, de satin incamatin en broderie d’or, prisé iij escus. *

(N) — Huict paires d’autres patins de marroquin de plusieurs couleurs.

(O) 1600. C<*nt mille façons de carqnans, brasselets, — miroirvdrageoiw, an-

guilles et poinçons estoillex d’escarboueles, voire jusques sur les patins. (Etienne Binet, les Merv. de la nature.)

(P) — Des brides de patins toutes de fin or.

PATRONS. Dessins en projet, modèle et plan. (Voyez Pourtraict.)

(A) 143I.Pour plusieurs patrons qu’ils avoient fait faire en papier et parchemin

pour aucuns onvraiges que Monseigneur venlt, et a intention de faire faire en sa chapelle à Dijon. (Ducs de Bourgogne, 907.)

(B) 1435. Pour avoir paint, en patron, la situation de la ville de Calais et icelle

présentée à Monseigneur. (Ducs de Bourgogne, 1191.)

(C) 1455. Et quant il fut du tout délibéré à ce, il envoya à Florance ung patron

de toille paint. (Ant. de la Salle.)

(D) 1470. A Jehan Chenuan, Guillemin Poissonnier, orfèvres à Tours, Lambert

de Sey, orfèvre à Amboise, pour plusieurs patrons de coupes tant d’estain, de terre que en peinture sur papier, xi Hv. (Comptes royaux.)

(E) 1474. A Michau Colombe, tailleur d'image et Jehan Fouquet, peintre à

Tours, 22 livres, scavoir, au dit Colombe, 13 liv. 15 s. pour avoir taillé <*ti pierre un petit patron en forme de tombe qu’il a fait du commandement du Roy et à sa pourtraitture et semblance pour surce avoir avis à la tombe que le Roy ordonnera estre faitte pour sa sépulture et au» dit Fouquet pour avoir tiré et peint sur parchemin un autre patron pour semblable cause. (Comptes royaux.)

(F) 1548. Maistre Nycolas sera tenu de tailler et copper ung beneyti de pierre de

marbre — jouxte la forme d’ung patron laid et pourtraict en ung folliet de papier. (Marché passé avec maistre Nicolas Ducré, tailleur de pierres.)

(G) 1554. Patrons pour brodeurs , lingières, massons, verriers et autres gens

d’esperit. Paris, tin volume in 4°.

Patrons de diverses manières Inventés très subtilement Dnysans à brodeurs et lingières ...

Aux orphèvres et gentils tapissiers.

On les vend à Lyon.

PAUMELLE. Est-ce une sorte de raquette et un joyau de cette forme?

(A) (363. Jnnel (joyau) rond , fait à manière d’nne panmolle qwe les enfans ont à l'escolle. (Inventaire du duc de Normandie.)

PEINTRES-IM aciers. Du xi" au xive siècle, la coloration et la domrc étaient l’accompagnement constant de la sculpture; et la sculpture en bois, pour garantir la durée de cette coloration, (levait être recouverte de toile solidement marouflée , enduite de blanc, peinte à la colle ou à l’huile et dorée. Les prescriptions n’ont pas manqué pour que ces apprêts fussent faits solidement, et si la fraude s’est quelquefois iouee de toute surveillance, nous retrouvons , sur un grand nombre de monuments des xn» , 1111e et xive siècles, l'admirable solidité de ces travaux. A partir de la seconde moitié du xiv» siècle , on abandonna la préparation de la toile, on la remplaça par un enduit d'huile et une couche de céruse ; là encore , l’état de sécheresse complète du bois était bien nécessaire et vivement recommandé. L'union des peintres et des sculpteurs , on le voit, était obligée : le peintre complétait et terminait l’œuvre du sculpteur , aussi formaient-ils un seul corps de métier; et lorsque le peintre se livrait à la peinture proprement dite, et qu’011 appelait plate peinture pour la distinguer de la peinture sur relief, il cessait, comme tel , d’appartenir à un corps de

ET RÉPERTOIRE. i3S

métier ; il s'attachait à un roi , à une abbaye , à un prince ou seigneur, et devenait ici frère lai, là officier domestique, et comme tel , il peignait les cartons des tapisseries , les murs des églises , les tableaux d’&utels et de chevets , les miniatures des livres, et toutes sortes d’ouvrages que nous appellerions aujourd’hui de métier , mais dont il se chargeait sans aucune honte , je veux parler des fauteuils , des litières , des chaises percées , des plats d’un dîner, tels, par exemple, qu’un pâté, etc. (Voyez Fau- r desteutls, Chaieres, Litières, etc.) Je n’en dirai pas ici davantage; on trouvera dans mon grand Glossaire tout ce qui concerne Ja peinture.

i A) liSO.Trr. lxi. Des ymagiers- tailleurs de Paris et de cens qni taillent ernebefs à Paris. — Qmconriiies vent estre ymagiers à Paris , ce est à savoir taillières de crnceflz , de manches a contiaus et de toute autre manière de taille, quèle que èle sait, que on face d’os, d’yvoire, de fust et de toute autre manière d’estoffe , quèle qne èle soit, estre le pnet franchement. (Dès l’année 1303, on décide qne : ) nns ymagiers , fore ceux qui taillent ymages de sains, ne seront tenus pour ymagiers.

.(B) - Tir. lxh. Des pair.tres et taillières ymagiers à Paris. Il pnet est» pamtre et taillières ymagiers à Paris qui veut pour tant que il ouevte aus us et aus coustnmes du mestier et que il le sace faire et puet ouvrer de tontes manières, de fust, de pierres, de os, de cor,' de yvoire et de toutes manières de peintures boues et léaus.— Li yinagier paintre sont qui te del guet, quar leurs mestiers les aquite par la reison de ce qne leurs mestiers n'apartient fors que au service de nostre Seingneur et de ses sains et à la honnerance de sainte Yglise. (Us des Mesliers recueillis pu le prévôt de Paris.)

(G) 1391. Que nulle imager, ne peintre, ne commence à peindre aucune image de quelque bois qu’elle soit ne en quelque manière que ce soit jusqirà tant qu’il ayt este seiche au four à son droit et visité par les gardes du mestier. Item quant au peindre les dites images de bois, elles doivent estre bien et fidèlement enclonées et les fentes collées et nuis blanchie» à lerrr droit et peintes de fines couleurs et ce qui aevra estre doré , soit de tin or ou d’argent bmny et doré de teinte. (Statuts du Mestier des peintres imagiers.)

PEINTURE (plate). Les peintres imagiers (voyez ce mot) peignaient la ronde bosse, les bas-reliefs et toutes les sculptures qui servaient à l'ornementation ; les peintres, tels que nous les contenons aujourd’hui, étaient rares et, comme tels, ne formaient pas une corporation ; ce qu’ils peignaient sur mur, sur châssis ou sur toile était désigné par cette expression de plate peinture, par opposition à la peinture appliquée sur ronde bosse. Ce terme s’est conservé jusqu’au xvu® siecle.

(À) 1571. Lesquelles figures, aeeompaignées de leurs ornemens et de deux festons et piédestal, seront ae platte paincture sur toille. (Comptes de l’entrée de Charles IX.)

(B) — Puis, par cy par là, poor l’ornement de la dicte fontaine, des couches

et gneulles de lvons couvertes, qui feront semblant de gecter de l’eaue. Le tout <le sculpture paincte , selon qu’il sera nécessaire et commandé.

(C) 1573. A Mre Antoine le Charron, peintre, pour deux batailles (de cinq pieds

de long sur trots pieds de haut) faites de platte peinture en forme de bmæ. Ua autre tableau faiet de platte peinture où estoit représenté Mars sur un chariot triomphai. (Entrée de Henry, duc d -Anjou, comme roy de Pologne.)

PELOTTE D'ÉPINGLE. Les pelotes qu'on mettait sur les toi-

lettes étaient des coffrets ou écrins, et s'appelaient tabourets; les autres, plus petites, et qn’on portait à la ceinture, avaient le nom de pelotes, et elles étaient aune grande richesse. Ces perfectionnements du luxe sont assez modernes; Jean de Menng , pour exprimer une profusioû d’épingles, ne dit pas qu'elles couvraient une pelote, mais qu'elles remplissaient une écuellë, ainsi que nous les trouvons encore chez les marchands.

(A) 1300. Mais il y a d’espingles pins de demie escnelle

Fichées ès ij cornes et entour la rouelle.

(Roman de la Rose.)

(B) 1389*. Après cela on luy apporta un petit coffret, qu’ils appellent une pe-

lotte, dans lequel y avoit force anneaux. (Isle des Hermaphrodites.)

(C) 1599. Une pelotte d’or, à pendre à la ceinture, garnie de diamans, d’un costé

esmaillée de violet et de l’antre costé esraaillé de fleurs, ayant quatre perles aux quatre coings, prisée soixante dix escus. (Inventaire de tiabrielle d’Estrées.)

PENDANT, dans l’acception de pendants d’oreilles: les femmes les portaient par paires, les hommes à une seule oreille ; les pendants d’oreilles décrits aans l’inventaire de Gabrielle d'Estrées sont tous isolés, excepté une seule paire. (Voyez Anneaulx d’oreille.)

(A) 1399. Un pendant à clefs, à deux boutons de perles. (Inventaire de Gabrielle

d’Estrées.)

(B) 1600. A peine le monde estoit esclos que desja les orfèvres avoient façonné

des pendants à Rebecca, à Rachel et aux premières femmes du monde. (Et. Binet, les Merveilles de la nature.)

PENT A COL. Un bijou, aui, comme nos médaillons, se portait au cou. Dans l’inventaire ae la reine Clémence on en rencontre huit faits en saphirs.

(A) 1328. Un fermai! où il a un saphir ou millieu, des armes de France, à iiij ba-

lais et xvi perles, prisié 1 liv. (Invent, de la royne Clémence.)

(B) — Un fermail ront, à pent à col, où il a une esmeraude parmi et vi que

balais que rubis et nj grosses perles, 1 liv. fG) — Un pentacol d’un saphir, dedens une bourse, prisié c liv.

(D) 1353. Un pentacol où il avoit xij perles et iij esmeraudes, prisié vi escus.

(E) — Un autre pentacol à ymages d’un camabieu , garny de perles et de

pierrerie, prisié x escus. (Inventaire de l'argenterie.)

(F) 1380. Un petit reliquaire de jaspre, en façon d’un pentacol, environné de

menue pierrerie, pesant i marc, iij onces et demie. (Inv. de Charles V.)

(G) — Un petit à col à façon d’unes verges à nettoyer robes, garny de iij ba-

lais, ij saphirs et viij perles, pesant iij onces, ij esterliûs.

PEIIIDOT. Pierre fine, d’un vert jaunâtre, moins dure que le cristal de roche , mais rayant le verre. Sa cristallisation est en prisme droit rectangulaire.

(A) 1200. Annulas , pii fuit super digitum suuni, en ni dicto Peritot , tempore,

quo gladiis unpiorum occubuit. (Monast. angl. de rel. S. Thomæ.j .

(B) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 520.

(C) 1416. line pierre, appellée peridon, enchâssée en or, n sols t. (Inventaire du

duc ae Berry.)

PERLE. Concrétion calcaire qui s’étend en couche épaisse dans l’intérieur des mulettes et des anodontes , et forme la perle, soit par son agglomération autour de quelques molécules réuuies , restant isolés dans l’eau de l’huitre, soit en formant une exubérance dans la couche intérieure, mais alors c’est la perle dite baroque. On recueille

ks perles les plus régulières dans l’avicule perlière, avicula margarxtifera; ks plus belles nous viennent aujourd'hui de la mer des Indes, et particulièrement de l'ile de Ceylan. Toute l’antiquité a connu les perles, et le luxe des Romains en a fait la plus l>elle par rare. On sait les anecdotes sur ks perles. Leur dissolution lente dans l’acide est un fait reconnu, mais il reste à expliquer comment Cléopitre, et après elle nombre d’imitateurs, ont pu dissoudre de grosses perles dans le court espace du service d’un dîner. Au moyen lige, sans tomber dans ces raffinements, on recherchait beaucoup’les perles. Les inventaires et les comptes prouvent qu’on en mettait partout. II est question, dans ces documents, de perles d’Orient, de perks d’ECosse, mais aussi, et cela mérite une explication, de perles de Compiègne. On conçoit que ces dernières n’étaient pas pècnées, mais achetées dans cette ville , a l’époque des grandes foires. Les anciens statuts des métiers défendaient de mêler dans un même bijou les perles d’Orient avec les perles des autres provenances, mais on tolérait ce mélange pour les joyaux d’église, pour les grands faudesteuils. etc., etc. (Voyez ks mots Perles de compte. Semence de perles, Trockes, Orfrois, etc., etc.) Il suffira ici de. faire un petit nombre de citations.

(A)ii95. Quant le» homme»qe sunt en le» petites li arche s, isent des barches et vent seosTaivee, tel quatre pas et tel cinq jusque in douze, e dénieront toute corne il pins puent, e quant ils snnt au font de la mer, ils trouvent laiens capare ans le orne appellent hostrige de mer et en oeste ostrice se trenvent les perles grosses et menues è de tontes faisons. (Marco Polo. Isle de Ceylan.)

one semé de pertwie et une perle de Compïègne , prisiée vii lib. (lovent, de la rnyne Clémence.)

(C) 1353. Ponr iiiic pelles, que d’Oriant, que d'Escoce, que de Compiègne pour le

dit tamiestenil — atriïj eseis. (Comptes royaui.)

(D) 1355. Orfèvre ne peut mettre en œuvre d’or ne d’argent parles d’Escoce avec

parles d’Orient, se ce n’est en grand jôyaulx d’église. (Statuts des OreStiers.y

(E) 1 372. l’r, tressond d’or oft y a clxxv perles assia sur une bisetc, à petites

perles indes et à chastous rouges, prisé zs francs d'or. (Compte du testament de la royne-Jehann» d’Bivrens.)

(E) 13V*. La perte du bas coing destre es* cnmme une bonteille, i pel très Manche et très clère, «t pose ri car. (lavent, des pierreries de 1a couronne du doad’Anjen.),

(G) 1416. Une grosse perle, nommée la grosse perle de Berri, assise en nn annel

d'or eamaille de noir — ëtjes uv. t. (lavent, du duc de Berry.)

(H) d4#9. Onze perle* brntes, enflltées, qni fnrent prestées à feu Chardon, du-

rant sa maladie. (Ducs de Bourgogne, 6960.)

PEULE Baroque. L’expression est moins ancienne que la mode de ces petites monstruosités. On doit la placer dans la seconde moitié d» ivt*' siècle, et j’aurai plus tard à eu citer de singuliers monuments conservé» dans les collections princières et publique»:

(A) t41». Un petit tabernacle d’nr ml il ans ymage de Nostre Dame, grosse, dont

te rentre es* de nacre de perle, ceint d’une ceinture, tenant en sa main un livre et nne autre ymage de Sainte Elizabeth qui embrasse ledit yauage doNostw Dame — gsrnydedeua camahieni, quatre sa» plaire, Ote. — iÿfXBVÜ L z *. (Invent, du due de Berry.)

(B) 1599. Un grand baril de serpentin , garny d’argent doré, avec de petites

perles de barocques et des roses de petis salirs, prisé six vingt escus. (lavant, de Gabriclle d’Estrées.)

PERLE DE compte. Perles assez grosses pour être comptées, trop petites pour être estimées selon leur grosseur. Elles se vendaient au cent et au quarteron. Je suppose que celles qui servirent à la musique brodée sur la robe de la duchesse d’Orléans, étaient de cette qualité.

(A) 1414. La somme Je 276 liv. 7 s. 6 den. t. ponr prix de 060 perles destinées

à orner une robe; snr les manches est escript de broderie, tout au long, le dit de la chanson : Madame, je suis plus joyeutx, etnottétout au long sur chacune des dites detu manches — 36S perles ponr servir à former les nottes de la dite chanson, où il a 142 nottes, c'est assavoir ponr chacune notte 4 perles en carré. (Ducs de Bourg., 6241.)

PERLES fausses. Je ne saurais fixer l’époque de ces imitations des perles fines; les citations suivantes permettent d’hésiter entre la première moitié du nu' siècle et la dernière moitié du xvii* siècle. Il est probable qu’on les imita en tous temps, mais avec divprs procédés.

JA) 1260.Tit. lxxv. Des merciers. Nus ne nulle du dit mestier ne puet faire chapiaus, ne ataches, ne treçons sns parchemin, ne sus toile, ne ne puet métré aucunes flnnes pelles fausses, pelles blanches ne dorées, s’elles ne sont d'argent; car telles euvressont fausses. (Us des Mestiers recueillis par le prévôt de Paris.)

(B) 1691. Les perles fausses argentées en dedans, qui sont de nouvelle inven-

tion et qui imitent parfaitement les naturelles, se vendent dans la rue du petit lion. (Livre des Adresses.)

PERLE A L'OIGNON.* S’ugit-il ’de sa tonne , s’agit-il de sa couleur ? Ÿ

(A) 1599. Deux boneqneti de perles i l’oignon, montant environ six cens soixante dix perles, prisés trois cens trente cinq escus. (Invent, de GabrieUe d'Estrées.)

PERLE PUCELLE. Qui est telle qu’on l’a extraite de la coquille.

(A) 1531. A Jehan Rousseley, marchant florentin, pour son paiement d'une bien grosse perle pucelle et non percée que le Roy a achapté de luy, — cc liv. t. (Comptes royaux.)

PERLE (semence de). Cette expression est encore en usage pour désigner des perles trop petites pour les compter, qui se vendent au poids, et qu’on emploie en grande abondance dans la broderie. (A) 1352. A Bethoumet Thnrel, mercier, pour un marc de perles, acheté de lui l’once xx escus et pourvii marc, i) onces d’autres perles plus menues, l'once xvi escus, baillées et délivrées au dit Estienue Castel pourbrouder et enrichir un chaperon, — iijcxx escus à ivi s. p. la pièce. (Comptes royaux.)

PERLE (mère de). En allemand, Perlmutter , la nacre qui engendre la perle baroque dans l’huitre perlière (Voyez Pourcelaine.)

PERS. Couleur bleue dans toutes ses nuances, puisqu’on rencontre dans les textes des étoiles dites de pers clair, azuré, etc. En général cependant, c’est un bleu foncé, tellement foncé même tju’il peut servir de tenture de deuil, ce que nous appelons le noir-bleu. Aussi parle-t-on, dans une ordonnance de police, en 1533, de draps pers et autres accoustumés estre tendus es mortuaires. M. Ch. Caiier traduit: Theca persica, un coffre de travail persan; ne serait-ce pas plutôt un coffre émaillé de couleur bleue? Persici coloris.

(A) 1220. Tant la bâti qu’ele en fn perse taincte.

(Cuens Gms dans le romancero français de M . Paulin Péris.)

PESTEIL. Pilon.

(A) 4 328. j mortier et nn pesteil àbatre espices. (Invent, de la royne Clémence.)

(B) 1383*. Li uns porte un pestel et li autre un mortier. (Bertr. Du Guesclin.)

phillatiÈres. Phylactère, reliquaire suspendu à des fillatières. (Voyez ce mot. )

(A) 1180*. Reliques et cors saints iist moult tost avant traire,

Filatièreset testes et antres saintuaires,

Ni lessa croix, ne chasse , ne galice. (Roman de Ron.J

(B) 1250*. Li filatère de l'église (de Laon),

Qui riche et bel sunt à devise,

Porté furent en Engleterre •

Por guaignier et por aquerre.

(Miroir de la Vierge. G. de Goincy.)

(G) 1290*. Qui dont oist vilain jurer

De crois, de Dius et de philatères,

Qu'il fu pendus ainsi con Ierres. (Le Renard couronné.) (D) 1400*. S’enssuit les relicques, tant en phillatières, comme en bourses, estant en ung coffret de bos point , qu'on pent an ceur quant ou dresche le candélabre. (Inventaire sans date et sans indication d’église, mais qu'on peut placer en 1400, et aux environs de Lille.)

(EJ1502. Tertia imago est major ceteris , argentea deaurata , tenens coram se phylacterium esmaillatum reliquiis plénum. (Invent, de Laon publié par M. Darras.)

pichier. Pot à eau et à vin , encore en usage en Dauphiné.

(A) 1240. De mentres me faites livrer

Deux beax pichers de beau vin cler.

(Partonopex de Blois.)

(B) *— .... Un pichier

Moult petit de fontaine plain. (Idem.)

(C) 1347.Exhibuit duospicherios magnos, com copertoriis, argenteos deauratos.

Signatos cnm scuteto, continente iu una parte duas claves transfixas et in alia parte sex rosas parvulas, una cum barra in medio transversa. (Inventaire de Humbert II.)

(D) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 498.

PIÉ, pied. Les orfèvres exécutaient, et l’on recueillait, dans les chambres des joyaux, des pieds de coupes et de verres qui s’adaptaient, selon le besoin, à des coupes et a des verres fort peu dignes de cette élégance et de cette richesse. Aussi quelques-uns de ces joyaux n’avaient-ils souvent de valeur que par leur pied et leur couvercle, le corps du joyau en était le prétexte.

(A) 1399.Un pié d’or à mettre un voirre et le couvescle de mesmes, à façon d’un

soleil , et est le pommeau du pié gamy de seize perles et le fruitelet du couvescle de unze perles, et un saphir ou milieu , pesant un marc, deux onces, quinze esterlius. (Inventaire de Charles VI.)

(B) — Un autre pié d’or, à mettre un voire riolé, à quatre compas, un angre

en chacun, lesquels tiennent chascun un escu aux armes de France et d’Evreni, et est la tige torse et a au pommel : Monjoye, à quatre esdisons, pesant cinq onces.

Pierre de voirre, de jaspe, de pourcelainc, dans l'acception de pièce ou de morceau; on s’est servi plus tard, dans la même acception , du mot caillou.

(A) 1360. Pierre de cristal azurée, n° 422. (Inventaire du duc d’Anjou.).

(B) — Pierre de voirre, fait en manière d’esmail, n° 452.

(G)1399.Ud reliquaire d’argent doré , par pièces, sur le rond, ouquel sont des

reliques (le saint Thibault et de plusieurs autres saints, et «t'environné de plusieurs pierre de voirre. (Inventaire de Charles VL)

(D) — Un reliquaire d’argent doré, sur un pié hachié à feuillaiges , ou milieu duquel est Nostre Dame esmaillée, et audessus est Nostre Seigneur en estant, et à. l’environ du dit reliquaire huit pierres ronges de voirre.

E) — Deux couronnes d’argent despéciées , garnies de perles et de pierrerie de voirre.

PIERRE d’aigle. Pierres appelées Œtites. C'est une variété géodiqüe de fer hydroxydé renfermant un noyau mobile. On la trouve abondamment en France près de Trévoux. On disait qu'elles étaient portées par l'aigle dans se» nid . et on les croyait douées de vertus particulières pour diminuer les douleurs de l'enfantement. Pline, Dioscorides, Mathiole, etc., avaient déià fourni ou recueilli tous les contes et superstitions qui s'y rattachent et dont le moyen âge s'est engoué.

(A) 1322. iij pares de eagle. (lavent, du comte de Hereford et de sa femme, etc*)

(B) 1^53. Ou y trouve (dans le désert des lacs natrous) si grande quantité de

pierres (P aigle, qu’il y eu a à charger navires. (Beloo. U parle de leur emploi superstitieux.)

(C) 1604» Jehai* de GlmnMtaft lègue à sa douai ae une pierre d’aigle gamye-d’av

?;ent„ la plus belle et bonne quy se puisse voyr. Elle soulage fort les emines grosses en leur acoucnement , la lyant à la eië*se gauche , et la.fault retirer incontinent que l’enfaut est au monde. (Passage d’un twrtamerrt copié par M. Mélicoq dans les archives de Bétuune.)

(D) 1692. On appelle pierre d’aigle oertainev pierres qui sont creuses vers leur milieu et qui renfermant im noyau pterreuret argileux qui fait du bruit quand on secoue la pierre. — On attribue de grandes propriétés à cette pierre, scavoir de faire; accoucher les femmes heureusement 9t d’empêcher quelles, ne tombent h>rsqH>Ues sont grosses. Quelques uns oui écrit que le& aigles vont chercher cette pierre iaeqjne dau6 les grandes Indes, pour faire éclora leurs petits. (Punie t, ÉLisL des Drog.)

PIERRE DES AMAZONES. (Vojçz Mdspath vert.}

PIERRE aplany. C’est-à-dü» pjecre taillée.

(A) UOO* Ung cadre d’or mis sur sa tresse

Si riche, si plaisant, si bel,

Qu’onques on ne vist le pareil,*

De pierres estoit fort garny

Précieuses et aplany. (Roman de la Rese.>

PIERRE BLANCHE. J’ai dit, aux mots Cas Sidoine, Onyx, Car neline , Jaspre , qu’il n’était pas possible de confondre le camaïeu avec «s pierre*, puisqu’eHes sont citées avec leur propre nom ; l’e*riressiori de pierre blanche comprend peut-être les agates à couches Blanches, dont les rédacteurs du moyen âge ne connaissaient pas les noms ou pour lesquelles ils n’en avaient pas encore créé. D autres conjectures sont peut-être admissibles, mais je n’ai riea trouvé qui leur donne une autorité quelconque.

(A) 1380.Un signet en une pierre blanche, ronde dessus, oè dedans est taillié un homme nu qui a un enfant devant lu y et est assis à fille t en un« verge <For plaine. (Inventaire de Charles V.)

(»T — Une coupette d’euf d*autruce dont le henap est d'une pierre blanche cassée.

(C) — Deux petits barillets de pierre blanche qui ont les fond* rompus et pendent à deux- chainettae d'argent

(BV -*• Ùn> reliquaire quarrô d’une pierre blanche», où est la* gésine Noet»

Dame d’une part, bordé d'un peu d’argent, pesant ij onces, i esterlins. '(E) 1403. Un pot fait par manière d’une pinte, lequel est d’une pierre blanche et garny d’argent doré à un petit esmail d’un œil sur le couvescle. (Ducs de Bourgogne, n. 5980.)

(F) — Un hennap à couvescle, d’une pierre blanchastre, garny d’argent doré

par les bors. (Ducs de Bourgogne, n. 5981.)

(G) 1507. Ung gobelet de pierre blanche, enchâssé en argent doré, le couvercle

en façon de pavillon fait d’esinail, auquel a plusieurs lettres et l’embassement fait à feuillages, pesant ung marc, six onces. (Inventaire de la reine Anne de Bretagne.) «

(H) — Ung couvercle d’une couppe ou gobelet de pierre blanche, enchâssé

en argent doré et le dessus fait d’esinail, auquel a ung enffant tenant un petit moulinet à vent, à cheval sur ung baston; lequel couvercle est rompu par dessus et en deux pièces, pesant ensemble sept onces.

PIERRE SUR LE CENDRE. Pierre, de couleur grise, probablement le calcaire compacte, dit pierre lithographique.

, IA) 1420. En grant tableau quarré, de bois, ouqnel a ou milieu une nostre Dame, d’uue manière de pierre sur le cendre, eslevée et plusieurs autres histoires pareils Je Dieu et de nostre Dame. (Ducs de Bourgogne . 4078.)

pierre DE CHAPPON. Une pierre extraite du gésier d’un chapon et qui aurait eu quelque vertu magique.

(A) 1416.Une pierre de chappon , tachée de blanc et de rouge, assize en un annel d’or, — iiij liv. t. ^Inventaire du duc de Berry.)

PIERRE SUR CIRE. Se disait des pierres fines, non montées, que Ton fixait, comme on le fait de nos jours, dans de la cire appliquée sur des feuilles de carton.

* (A) 1416. Une grant esmeraude contrefaite, eniprainte en cire, iiij liv. t. (Inventaire du duc de Berry.)

.. (B) — Six petites esmëraudes en cire, prisées xx sols t.

pierre ESTRANGE. L’ignorance d’un rédacteur d’inventaire ne doit pas nous occuper longtemps; une pierre étrange était une pierre étrangère à. ses connaissances et à laquelle il supposait des qualités merveilleuses.

(A) 1416.Une pierre estrange, enchâssée en or, pendant à une eliayenne d’or,

— xxx s. t. (Inventaire du duc de Berry.)

(B) 1455. Une grosse pierre estrange, hors euvre, qu’on dit estre convenable et

aidant à faire enfanter femmes estans en mal d’enfant. (Ducs de Bourgogne, 6953.) ‘ *'

(C) 1467. Ung petit tableau, garny d’or et de pierre estraingère, et y est Dieu

et ses appostres à moictié ymages. ^Ducs de Bourgogne, 2154.)

(D) 1482. Pour une pierre estrange, semée d’estoilles, que la dicte Dame (la

royne Charlotte) a eue, — iiij liv. xvi s. (Comptes royaux.)

(E) — A Thomas de Saint Pol , orfèvre demeurant à Tours , pour or et façon

d’avoir mis en œuvre la dite pierre estrange, — xlviij s. (Idem.)

(F) 1498. Ung tableau d’une pierre estrange, enchâssé en ung tableau de bois,

le dict tableau enchâssé d’argent doré, Faict à lozanges et roses, ouquel tableau est le mistaire de la passion et dix huit histoires taillées en demie bosse. (Inventaires de la royne Anne de Bretagne.) PIERRE FAUSSE L’imitation des pierres fines a pris naissance dans leur valeur et dans le gain qu’on tirait de cette contrefaçon. Elle remonte à l’antiquité et s'est retrouvée en pleine activité au moyen âge, aussi désigne-t-on les joailliers par ces mots les pierriers de pierres natureus} et ils s’engagent, dans les us de leur

corporation, à ne pas employer de verre de couleur. Désignations, engagements, rien n’y fit, on fabriqua de fausses pierres et, dès le mi® siècle, on les imitait si bien, que les uns étaient trompés, que les antres en achetaient sciemment pour orner les reliquaires des églises, les couronnes royales et les plus riches vêtements. La reine Jeanne d’Évreux laissa a sa mort, en 1372, vingt-quatre couronnes et chapeaux, dont deux étaient couverts de pierres fausses.

{A) 1260. Titre xxx. Des cnstalliers et des pierriers de pierres sutureus. — Nus ne puet ne ne doit joindre voire en couleur de cristal pour tainture ne pour paimure nule, quar l’ocvre en est fausse et doit estre quassée et aespéciée. (Us des Mestiers, recueillis par Et. Boileau.)

(B) 1355. Nu) ne puet faire, ne faire mettre en or, doublés de voirrines, pour

vendre ne pour s’en user, si ce n’est pour ie roy et pour la reyue ou ses enfaus. (Statuts des orfèvres de Pans.)

(C) — Nul ne puet faîte tailler diamans de bericle. (Ord. des Rois. Voyes

Diamant.)

(D) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 9, 10,13, 18, 64, 274, 451, 452 , 455,

(E) 1363. Une petite croix d’or, à pierres de voirre, à mettre en l’oratoire Mon-

seigneur, une Monsgr d’Anjou son frère li donna aui estrennes l’an ccc lxiij. (Inventaire du duc de Normandie.)

(F) 1372.1tem ij chapelets d’or (petites couronnes) de vouarre vers et vermauis

et a en chacun liiiij perles, prisez ij° xxx francs d’or. (Compte du testament de la royne Jehanne d’Ëvreux.)

(G) — Un autre chapel d’esmeraudes de vouarre et de besans, chascune de iv

perles et a un rubit de vouarre,

(fl) — Aulcunes foys les faulces pierres sont si semblables aux vrayes, qae ceulx qui myeulx si cognoissent, y sont bien souvent déceulz. (Le Etoprié taire des choses.)

(I) 1376. Le chief S. Climent en i vaissel — aorné de pierre de voirre, — et y

faut dessus les corne de la mitre deux pierres de verres perciez. (Inventaire de Ja Sainte-Chapelle.)

(J) 138<b Une attache, qui fut à la royne Jehanne de Bourbon, garnie de pierres t

faulces, c’est assavoir douLuaiz rouges et voirres verds, à xv troches de perles chacune de iiij perles, pesant iiij onces. (Inventaire de Charles V.)

(K) 1300. Un petit annel d’argent I une pierre de voire. (Lettres de rémission.

(L) 1399. Une couronne d’or à treize fleurons, en chascnn une esmeraude contra-

riété. (Inventaire de Charles VI.)

(31) 141 6. Un grant doublet quarré, contrefait comme nu saphir, assis en un culet, que MS. a fait faire — xvi liv. t. (Inventaire du duc de Berry.)

(N) — Une aiguière de voirre, tainte en manière d’agathe, sans couvercle,

ance et biberon, non garnie, prisé j sol, iij den. t.

(O) — Un gros saphir sur couleur, de voirre, pertuisé , pendant à un annelet

d’or, — iiii liv. t.

(P) — Une pierre de voirre, contrefaicte en manière d’esmeraude, assise en

cire noire, — xl s. t.

(0) — Un onis d'esmail , ou voirre taint de couleur d’esmeraude , enchastonné en or, en manière d’un fermalllet, lequel MS. a fait faire, — xxxij liv. fc.

PIERRE FONDUE. Un seul exemple de cette expression ne suffit pas pour en donner le sens 3 je me contenterai de citer le passage.

(A) 1560. üng pot de pierre fondue, avec son couvercle d’or, estimé xx. (Inventaire du roy Franrois II, dressé à Fontainebleau.)

PIERRES d’israel. J’ai dit qu’on attribua une vertu magique

ET RÉPEBT01AE. 443

à chique pierre précieuse, et on ne s'arrêta pas là, une fois entré dans ce champ de la crédulité qui n’a pas ae bornes. L’antiquité avait légué d’innombrables pierres gravées au moyen âge, qui les conserva sans y attacher un grand prix. Il les enchâssa dans ses calices et ses reliquaires^ il s’en servit en bagues et en cachets pour sceller ses lettres. Le reliquaire se trouvait ainsi paré de métamorphoses fort peu morales , les cachets présentaient des sujets qu'on n'aurait su expliquer, et des inscriptions qu’on ne comprenait pas; mais peu importe, c'étaient de belles pierres, on savait la difficulté de les tailler, et on était sous le charme des beautés de l’art. Lorsque la crédulité-, du xi* au xiv« siècle , prit des formes nouvelles pour produire de nouvelles absurdités , ces pierres gravées furent considérées comme d’origine hébraïque, et se revêtirent d’une autorité cabalistique, on les appela pierres d’Israël, et on rédigea un code en règle de leurs propriétés magiques, non plus d’après leur nature, mais d’après les sujets qu’elles représentaient. J’ai voulu donner, d’après les textes, l’indication des sujets antiques qui av.iient frappé l’attention dès cette époque du moyen âge. Quant à ces pierres d’Israël, c’était tout simplement des intailles , et des camées antiques; j’en ai parlé, aux mots Camahieu et Onisse.

(A) 1300*. Item quidam lapis de Israël, exprimens majestatem Dei, albi coloris,

cuin sex circulis argenteis etdeauratis, in quibus inseruntur sex magni lapides et sei minores. (Invent, de S. Paul de Londres.)

(B) t313.Ilem un eamaeu en or, de Israël. (Invent, de Pierre Gaveston.)

(C) 1370*. Cy après s’ensuyvent plusieurs pierres entaillées et orientées, lesquel-

les sont appelées pierres d'Israël, selon les saiges philosophes, les aucunes sont artificielles, c’est à dire qu’elles ont été ouvrées. Premièrement : en quelque manière de pierre que tu trouveras entaillé à Tymaige du mouton, ou dn lyon,on du sagittaire, elles sont consacrées du signe du ciel. Elles sont très vertueuses, car elles rendent Tomme amyaole et gracieulx à tous; elles résisterft aux fièvres cothidianes, quartaines et autres de froide najnre. Elles guérissent les ydropiques • et les palatiqnes et aguisent l’engin etrendent beau parler et font estre senr en tous lieux et acroist honneur à celluy qui la porte, especialement Tymage du lyon. En quelque pierre que vous trouverez entaillée ou eslevé Tymage du tourel ou d*ttne vierge ou du capricorne. (Je supprime les qualités et vertus attribuées à chacune de ces pierres.) — jumeaux et balances et laquaire — Tescrevisse et Tescorpion — nng vieiilart et a en sa dextre main une faulx — ymage d'homme qui tient la teste dn mouton — ung homme armé ou une vierge vestue de larges vestemens, tenant ung rain d'olivier — une ymage tenant une palme en sa main — une ymage qui a esles ès pies et eu la senestre main une verge et ung serpent enveloppé entour elle — ung venenr, la lune, ung chien, nng serf, ung lièvre — nng serpent , une bnire et dessus la queue du serpent ung corbeau — ung omrne séant en nng trépié jtisques aux espaules et jusques aux genoulx — un nez et une vielle — ung lyon et ung chien en sa bouche — ung homme tenant une faulx et une espée — ung aigle —un cheval àelles que on appelle Pegasus — une ymage de femme qui a les ebeveulx espars et les tient en ses mains — une ymage de vierge qui ait sesuuams en manière de croix et soit à trois courtes ung chief et soit assise eu une chaire — nng homme qui tient ung serpent eu sa destre main — ung homme qui fléchisse son genoil et en sa dextre main tienne vourle dont il tue ung lyon et tiengne une courte faulse beste contre nature faicte. — Deux Varies et nng serpent — Ung homme à tout ung escu à son col ou en sa main et tiengne en l’antre main une lance et degsouhz ses piés soit ung serpent — ung homme qui ait longues oreille^*— ung lyon — un aigle et capricorne — ung dromadaire qui ait ses cheveulx'épars sur

m GLOSSAIRE

les esnaules - ung homme en ung mont de pierres, assis on debout tenant en sa main une pierre — ung sagittaire en «emblence de vassal — une beau chief bien pigné qui ait une belle face — un lait chief hérice nui ait la face yree — un cliief qui ait long dieveuU et entremeslez en semblance et face de vicllart fort barbu — ung homme qm tient en sa destre main ung livre et en la senestre une verge — ung homme couronné tenant en sa destre main une serre et en la senestre une Dalme — ung homme qui en sa destre main tient une lampe et en la senestre une teste de femme — ung torel et ung mouton — ung homme qui a estes ès pies — ung homme qui tient une verge en sa main — ung homme qui a un cor à son col — ung homme qui est . moitié bœuf - une nef à tout le mast et une voille - une femme qui a en une de ses mains un soleil et en l’antre ung poisson une tortereUe avec ung rain d’olivier - ung serpent et ung sagittaire qui se combatent - moitié figure de femme et de poisson comme la serayne ung homme séant sur un liépart et tiengue en sa main une. ceduLe escrinte — ung homme qui tient en sa main la figure d ung dyable qui a cornes et esles et en l’autre main ung serpent et dessonbi ses picz nng lvon et sus ses figures soit la figure du soleil et de la lune — une vma"e d'ouime qni porte en son col nng faisseau d arbres — un homme portant ung sestre en une main ei en 1 antre ung Oise! qm ait ses esles tendues et au dessus une figure cothodille (crocodile) — ung homme tenant en sa destre main ung livre et en sa senestre une verge — ung homme fort et robuste lequel ait face terrible et soit comme courroucé et yreui, restraingnant en soy le front , tenant en sa main destre une lance, et en sa main senestre nng cheval et qu il y ait dessoubz ses piés ung homme qui soit gissant. (Le Lapidaire en francovs, attribué au voyageur Jean de Mandeville, qui mourut en 1372, imprimé sans date vers 1500.)

m\ 1330. Une grand ydre d’argent doré — semé de pierre de taille d’Israël.

V ' '(Invent, de Charles Y.)

(E) 1389. Un annel d’or, à une pierre de Israël taillée, ii s. (Test, de l'archev.

de Rheims.)

(F) 1405 Un annel d’une verge entaillée ouqnel a un ymage d’une pierre

' d'Israël. (Ducs de Bourgogne, 6041 .)

(G11460 Yeit un carrel sur la poictrine au damoisel, qni estait sellé dp ci A- ' ' i aulne et d’une pierre d’Israël et avoit dessus une main qui sembloit qu’elle voulsist dire, madame, ouvrez et regardez. (Perceforest.)

PIERRE DE LARD, dite agalmatolithe, stéatite, pagodite, talc cranhioue, etc. Pierre tendre, de couleur verdâtre dans les nuances tendres sans transparence comme sans éclat , et a un poli gras. Travaillée par les Chinois avec une merveilleuse habileté, cette matière n’est pas citée et ne semble pas avoir été connue au moyen âge. . .

PIERRE DE LIAIS. Les belles statues des porches de nos cathédrales et les monuments funéraires sont sculptées en pierre de liais mais cette qualification est rarement employée ; je ne sms mémo pas bien sur que Graindnr ait entendu ainsi le mot qui se trouve dans la citation (A). Il m’est impossible cependant de 1 interpréter autrement que l’a fait M. P. Pàns, le savant éditeur de la Chanson d’Antioche, et j’ajouterai que i ai pour autorité le souvenir des magnifiques murs de la ville d Antioche, construits en pierre de liais de la plus belle qualité.

(Al 1185 Moult fu fors Antioche, li mur haut et pleinier, v 1 ' Cinquante tours i ot de marbre et de liier.

0 (Chanson d’Antioche.)

(B) 1364. Pour déni grans couvcrtures.de pierre de lyais , — l’une poar l’hni*-

sérié de la sale neuve <ln roy, et l'antre pour l'huisserie de la sale neuve de la Royne , audit Louvre , chacune pièce achetée cinq francs d’or. (Comptes des bâtimens royaux.)

PIERRE MIXTE. Je ne saurais donner àfcette expression d’autre commentaire que les citations suivantes.

(A) 1560. Une grande pierre de mixte, en façon de navire , estimée x liv. (In-

ventaire des joyaux trouvés au château de Fontainebleau.)

(B) — Deux autres petits vaisseaux de pierre de mixte, estimez xx liv.

(C) — Ung antre de semblable pierre , en façon de navire , garny d’argent

doré, estimé — xx liv.

PIERRE DE TAILLE. C’est-à-dire pierre taillée.

(A) 1380. Pierre de taille d’Israël. (Invent, de Charles T.)

PIERRE DE TOUCHE. Toute pierre assez dure pour n’ètre pas rayée par l’or et l’argent, et qui en même temps résiste à l’action de l’acide nitrique (eau-forte) devient une pierre de touche ou un, touchau, quelles que soient son origine, sa formation et sa couleur. Ou conçoit toutefois que la couleur foncée permet mieux de juger l’action* corrosive de l’acide sur la trace du métal qu’on lui soumet. Ainsi donc, on choisira de préférence les basaltes, serpentine, trapp noir et silex foncés. Au moyen âge , non-seulement on faisait usage de la pierre de touche, mais il semblerait, d’après la citation (B), qu’on aurait composé un tableau de la pierre elle-même et des ors, à différents titres, qu’011 vient ordinairement soumettre à. sou épreuvp. La curiosité et l’ambition de s’instruire ont été les motifs, du duc de Berry pour acquérir ce tableau.

(A) 1313.Uu touche pourassaer or. (Inventaire de Pierre Gaveston.)

(B) 1416. Un grant tableau d’une pierre à toucher or, fait d’un costé et d’antre

d’ymages d’or de plusieurs touches el garny par les hors de bois — xxxij liv. t. (Invent, dn duc de Beqry.)

(C) 1453. Une salière d’or, garnie de pierreries, à personnage d’une damoiselle à

la façon d’Angleterre, laquelle a esté touchée et pesée et ont. rapporté crue Por est à xvi carats. (Compte de la vente des biens de Jacques Cœur.)

PIERRES CONTRE LE VENIN. Voyez aussi Languier, Serpent, et particulièrement les mots Essay et Espreuve. Ces superstitions se sont perpétuées si tard, qu’on pourrait prolonger les citations bien au delà des limites de cet ouvrage.

(A) 1380.Une petite boeste où dedans sont pend ans, aune chaisnette d’or, cha-

cune deux pières en or, bonnes contre le venin, c'est assavoir une . petite teste de serpent noire, nommée Lapis Albazahan, et un autre petit osselet blanc quarré. (Inventaire de Charles V.)

(B) 1408. Un annel d’or, où estune pièce que l’on dit estre bonne contre le venin.

(Ducs de Bourgogne, n» 6087.)

(C) 141 6. Une pierre contre le venin, appellée bauzac, comme d’or, pendant à

iij petites chaynettes d'or. (Invent, dn duc de Berry.)

(D) — Une espreuve d’or, où il a plusieurs langues de serpens, nnicornes et

autres pierres contre le venin — lxxv liv. t.

(E) — Six pierres contre le venin, — v sols t.

(F) 1586. Une pierre noire contre le poyson, delà forme et grosseur d’un œuf de

pigeon, ayant sa couverture d’or. (Invent, de Marie Stuart.)

" PIERRES. (Leur puissance.) La croyance dans la puissance des pierres précieuses, pour la guérison «les maladies, soit que, broyées, on en avale la poudre, soit que, portées au doigt ou au cou, elles

agissent par un pouvoir magnétique, est d’invention tellement ancienne, qu’on peut croire quelle naquit avec l’homme, et, en effet, ou la rencontre dans les traditions de l’antiquité la plus reculée. Cette même croyance devint tout à fait générale au moyen âge, tant eu Occident qu’en Orient. Chrétiens et Musulmans furent également aveugles, et aveugles au point, non-seulement d’attribuer à ces jpierres des pouvoirs surnaturels, comme de rendre invisibles, invincibles, immortels , etc. , mais d’accorder à une même pierre des vertus différentes, contradictoires, inconciliables. J. Corbichon, au xiv® siècle, ajouta beaucoup, dans son Propriétaire des choses, à ce qu’avait recueilli déjà le franciscain Barthélemi Glanvill, d’après Isidore de Séville et les auteurs les plus en vogue de son temps. La description de chaque pierre est suivie de rémunération de ses qualités médicinales et magiques. Si la description, qui eut été intéressante , est fort courte, l’appendice, par contre ? qui est absurde , est très - long. Pour les croyances analogues qui régnaient en Orient, la Pharmacopœa persica du carme Ange de Saint -Joseph est étendue et suffisamment complète. On trouvera ci-après trois passages tirés des inventaires royaux, et différents passages extraits d’ouvrages célèbres en leur temps et qui faisaient autorité. Mon but étant uniquement d’expliquer pourquoi ces pierres étaient devenues précieuses . pourquoi aussi elles étaient richement montées, je ne comprendrais pas l'utilité d’autres citations. Quant à la facilité de les multiplier, il suffit d’entrer quelque peu dans là littérature du moyen âge pour en être convaincu.

(A) 1263. Nulle (religieuse) ne. doit porter aneaulz ne pierres précieuses , se ce

n’est pour causede maladie. (Stat. de l’Hôtel bien leuomtedeTroyes.)

(B) 1280. Moût riches pierres en aport (de la terre du prestre Jean)

Qui font resnsclter le mort...

De mort ne doutera menaces Cil qui les porte. (Rûtebeuf.)

(C) 1295. A tnit furent tronches le teste for que a huit homes seularaant et à

ceste ne prient fer trancher la teste et ce avenoit por vertu de pieres qu’ils avoient, car il avoient chascun une pi ères en son braz dedans entre la cars e la pelle, si qe ne poroit dehors, e de ceste pieres estoit si encauté, et avoit tel vertu qe. tant corne l’en l’aust soure. ne poroit morir por fer. Et les baronz que fu lor dit l’achaison que ce! ne prient morir por fer, il les font amazer con manne et celz monirent rnaintinant, puis font il traire de les brace eel pieres e le tienent mont chier. (Marco Polo.)

(D) 1372. Le béril à cestny qui le porte vault contre le péril de ses enflerais et

le garde d’estre vaincu et le faict estre de bon eur et lui donne bon enging et si vault contre les maladies du foye et contre les souspirs et les roctes qui viennent de l’estomac et ganst les yenli qui sout trop moistes. Le béril art la main de celui qui le porte se on le mect à l’opposite du soleil, il magnifie en apparance celluy qui le porte et faict aymer son mariage. (Le Propriétaire des choses.)

(E) 1380. Une pierre, appellée la pierre sainte, qui avde aux femmes à avoir en-

fans, laquell»* est enchâssée eu or et y sont iiij perles, vi esmeraudes, deux balays et au dos y a un escu de France, estant en un estuv de cuir. (Inventaire de Charles V.)

(F) — La pierre qui garit de la goutte , en laquelle est entaillié un Roy à

lettres en ebrieu d’un coste et d’autre, laquelle est assise en or à met et a escripture au dos sur le dit filet. Et est ladite pierre en un estuy de • cuir bouly, pendant à un laz de soye, où il y a deux boutuus de perles.

(G)1456.Cne grosse pierre estrange, hors euvre, qu'on dit estre convenable et aidant à faire enfanter femmes estans en mal d’enfant. (Ducs de Bourgogne, n. 6953.)

PIERRERIES. Je renonce à donner, par des citations, une idée de l’état nomade des pierres ânes et des perles. Ce oui ornait une couronne passe à des patins, ce qui formait la partie brillante d’un fermail , d'une armure , va étincoller indifféremment s»r une ceinture, sur un pourpoint, etc., etc. La lecture des inventaires et des comptes est très-instructive sous ce rapport; c>r elle prouve la grande et sérieuse place que prenait dans la vie du moyen âge ce qu’on a raison d’appeler des futilités dans la nôtre.

(A) I380.ün chappel à vi gros saphirs, vi bailavs, alviij perles eu xij trocbcs, esmeranaes et rubis d’Alexandre , pesant i marc, ij onces, duquel chappel out esté ostés, comme (il est dit) dessus, les vi gros balays et les vi gros saphirs et une perle. (Ou lit en marge :) Le Roy (Charles VI) a pris le demeurant du dit chapel pour le faiet de ses pourpoins pour l’entrée de la Royne,le xte jour de juillet ccc iiij«ix. (Inventaire de Charles V.)

PIERK1ÈRE. Carrière de pierres. C’était aussi le nom d’une machine de guerre avec laquelle on lançait des pierres. Je cite ce mot pour éviter quelque confusion avec lé mot Pierreries.

(A) 1240*. Si garnissiez si vos chasteax

lie perieres, de mangoueax. (Fartonop. de Blois.)

(B) 1300*.Fra;terea dedi eis tnrhariam et petrariam et quarerieram ubicnmqup

invenire poternnt. (Monast. Anghc.)

(G) 1555. Paris est environné de toutes parts de pierrières que le peuple appelé par corruption carrières. (Pasquier Reçu, hist.)

PIGNE. Le peigne a succédé aux doigts de la main aussitôt que l’homme a eu quelque sentiment de la propreté : c’est donc un objet usuel aussi vieux que le monde, et c’était depuis longtemps un objet d’art lorsque débuta le moyen âge. Constantinople nous a fourni les plus beaux modèles de peigne parmi les plus anciens de ceux qui appartiennent à cette époque, l/industrie de nos pères a bientôt combattu avec succès ces importations étrangères. L’ivoire et le bois ont été, comme ils sont encore, les matières préférées, et quand j’arriverai a la recherche des monuments, je ne serai embarrassé que par le choix. Les perfectionnements introduits dans la fabrication des peignes, les uns ornés de marquetterie, les autres taillés à jour, et tous à dents régulièrement espacées, auraient sans doute disposé à laisser détruire les vieux peignes , si la vénération pour la mémoire de quelques grands saints ou d’évèques renommés n’avait transformé en véritables reliques les peignes dont ils se servaient à l'église pour leur toilette, avant d officier. Quant aux peignes moins anciens, ils ont été préservés par la perfection de leur exécution, la finesse de leurs découpures, la beauté de leurs sculptures, la singularité de petits aménagements intérieurs ferT més à secret, renfermant tous les objets d’une trousse de toilette. D’ailleurs, leur valeur matérielle étant nulle, ne provoquait pas la destruction. Il y avait i Paris un métier de pingnier, mais les coustelliers avaient en outre le droit de faire des peignes. (Voyez Cousleaux.) On en fabriquait de gros, de moyens et de fins. On les cite rarement dans les inventaires royaux, mais en grand nombre dans les inventaires des églises et des couvents. J’en rencontre un

or et un autre restauré en arpent, comme celui qu’on voit, avec son ancienne restauration, dans la montre des ivoires du Louvre. Le passage du Livre des Mestiers de 1200, qui défend certaines restaurations, explique celle-là. Emporter ses peignes et ses miroirs signifiait, pour une femme, autant que partir, décamper.

(A) 837. De parainento vero capellæ nostræ ciboreum cnm cruce aurea— pec-

ten anro paratum nnum concedimus. (Test, Everardi Coin.)

(B) 915. Pectenem ebarneam nnam , tabulas eburneas duas. (Test. Riculfl ,

episc.)

^C) 1260.Qniconques vent estrepingniers et lanterniers de cor et d’ivoire, estre le puet franchement. Plus pignières ne puet ne ne doit ranareillier pigne vie z en la manière que. il semblera pigne nuef, que rœvre est iause et mauveise. (Us des alestiers, recueillis par Et. Boileau.)

(D) t295.Tres pectines eburnei, spissi et magni et très tenues et usuales de

ebore. (Inventaire de Saint-Paul de Londres.)

(E) — Duo pectines eburnei sufficientes.

<F) 1322.1 pigne. d’or et j mirour d'argent. (Irfyent. du comte de Hereford.)

(6) 1393. Pour un gros pigne d’ivoyre, mis en un estny de cuir boullv, pour faire cheveulr moyens pour le Boy NDS., pour ce — xl s. p. (domptes royaux.)

(H) 1395. Livré pour la Royne un grant pigne et un petit à templières, d’y voire

blanc. (Comptes royaux.)

(I) 1399. Un vieil pigne à pigner cheveux et est taillé d'un costé et d’autre.

(Inventaire do. Charles VI.)

tJ) — Un petit pigne d’argent, esm aillé de France, pesant une once. (Ce même peigne est déjà porté dans l’inventaire de Charles Y.)

(K) 1425. Pour deux grans pignes, ung miroir et ij gravoirs d’y voire. (Ducs de

Bourgogne, 771.)

(L) 1455. Pour deux platines d’argent, mises et assises an paigne d’ivoire de

madame la duchesse (d’Orléans), lequel estoit rompu. (Ducs de Bourgogne, n. 6735.)

(M) — Pour quatre paygnes d’ivoire, iiij liv., v s. (Ducs de Bourg., n. 6779.)

(N) 1459. Vous ue fustes pas parti d’nng mois après, qu’elle ne troussast pygnes

et miroirs et s’en alla bouteren l’oste l d’ung marchant. (Cent Nouvelles nouvelles.)

0)1538. A Jehan Cousin l’aisné, orfèvre de Paris, pour son paiement d’un èstuy de peigues de boys d’ébène, garny de trois peignes, ung myrouer, une père de cizeaulx et une Drosse à nectoyer les dits peignes, le tout tailfé à la moresque et remply d’or fin, semé de rubiz et turquoyses enchâssées en or, an dessus auquel estny y a «ne orloge et art couvercle d’icelle ung grand saphir. (Comptes royaux.)

■(P) 1595. Pour huict grands peigues de bonys à l'escrevisse. (Comptes royaux.)

PIGNKRE Estuy qui renfermait les peignes, rasoirs, gravoirs, ciseaux, miroirs et autres objets de toilette. On la remettait au barbier dont c’était le fait. Il nous est resté nombre de ces étuis, et on les voit représentés , dans les miniatures, accrochés aux murs des boutiques de barbiers. De tous ces ustensiles , aucun ne réclame tTexplieation, si ce n’est le gravoir, qu’on appelait aussi brochette, petite pointe en ivoire qui servait, comme aujourd’hui l’extrémité des peignes à queuç, à suivre sur la tête une ligne droite pour séparer les cheveux régulièrement. (Voyez Gravouére.)

(A) 1404. Four deux pingnes, un miroir et une gravotre tout d'ivoire, mis en un

estuy de cuir bonlly. (Comptes royaux.)

(B) 1483. A riiilippe Daniel, pignier et tablotier, demeurant à Paris, pour une

pignière garnie de deux pignes, deux brochettes et ung mirouer

d’ivoire, deux rasoirs garnis d'argent et armoiés aux armes de MS- (Iç duc de Bourgogne) — xv francs. (Ducs de Bourgogne, 1141.)

(C) 1425. U ng esiuy de cuyr armoyé aux armes de Monseigneur, et à sa devise,

pour la pignière d’icellui seigneur, pour i quartier et demi de satiij pour en faire faire bourse pour mettre la dicte pignière. (Ducs de Bourgogne, 771.)

(D) 1470. AOlivier le Mauvais, varlet de chambre et barbier du corps (d£

Louis XI) pour un estuy garny de razouers d’argent doré de fin or, ciseaux, peignes et wirouer. (Comptes royaux.)

PINCETTE. Nous avons vu que, dans l'hôtel des rois et de princes, les ustensiles les plus vulgaires de la vie domestique étaient souvent faits en argent. Je ne pense pas cependant que dans l’une des citations suivantes il puisse être question d’une pmcette à feu.

(A) 1365. Pour une tenaille, une pincette et deux pelles de fer, xvi s. (Comptes

des bâtiments royaux.)

(B) 1380. Unes pincettes d’argent blanc, toutes pleines, pesant un marc, i once

et derny (Inventaire de Charles V.)

PINTE. La pinte accompagnait l'aiguière, mais quand on lit : une pinte avec V aiguière de mesme , cela s’entend ae la décoration qui était la même , car la forme différait , et un comptable le remarque dans Tune des citations suivantes. Quant à la capacité, il s'agit souvent de gens qui vont boire seuls , et à deux, une pinte de vin; puis on trouve des indications qui prouvent qu’il entrait deux pmtes dans la quarte, et deux chopines dans la pinte. L’expression latine ciphus , pour scyphus , doit correspondre à la

{>in te, qui était une mesure de capacité, plutôt qu’à la tasse, comme e veut Du Gange. La grandeur ae la tasse était arbitraire.

(A) i322.Nicolaus de Nigella , aurifaber parisiensis , pro uno cipbo argenteo esmaillato , ad tripedem, et duobus potis, uno ad vinmn et altero ad aquarn, liberatis Régi, — imxix nv. p. (Comptes royaux.)

(B) 1353.Uae pinte semée d’eynaux, et y a, erreur, car en ladite exécution est dit : une aiguière semée «Tesinaux , et en ce présent inventaire est dit : une pinte. (Inventaire de l’argenterie.)

(C) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 141, 372.

(D) 1363. Une petite pinte d’argent, esmaillée aux armes Eniorant de Marrigny, avecYaiguiere de mesme , pesaut viij marcs, ij onces. (Inventaire du duc de Normandie.)

(E) — Une pinte quarrée , dorée et esmaillée , à aymaux enlevez.

(F) — Une pinte raoude , dorée , fuilletée , boneotée et esmaillée , avec il’ajguière de meismes, laquelle n’a point de cuil, poise viij marcs. et demy.

(G) 1380. Deux pintes d’argent doré, tailliées -eu deux lieux à enlasseures, et sur lescouvescles a un esraail rond des armes de France, pesant viij marcs. (Inventaire de Charles V.)

(H) — Une pinte d’argent , dorée , tnerse , taillée par les costez , à y mages , pesant iij marcs.

(1)4364 Alons boire un pintal de vin. (Lettres de rémission.)

(J) 1395. Icelle Huguette — demanda un pintot de vin. (Idem.)

P1PPE. Du Cange, Roquefort, tous les glossateurs, interprètent ainsi : boutou fixé sur le plat d’un livre et auquel vient s'adapter le fermoir. A cette erreur il faut opposer que ce bouton, petite tige de métal, qui par ses fonctions ne peut pas admettre d'ornements, est mentionné en même temps que la pippe surchargée de pierreries, et que celle-ci est toujours seule, même quand il y a deux et

quatre fermoirs. La pippe est donc autre cliose. C’est une tige de métal ou bien une pierre, même un rubis , aussi long que l’épaisseur du parchemin, et auquel s’attachent les sinetsou signaux. On l’orna ae ciselures , d’émail et de pierres précieuses , et l’usage s’en est conservé pour les livres d’église jusqu’à nos jours, en pre-

Îiant quelquefois le nom de registre, de tuyau à tourner les feuilets, et de pençoir. Dans les citations que je vais faire, on remarquera un bréviaire â deux fermoirs et deux boutons, et où la pippe manque ; une pippe faite comme un bâton , comme un tuyau , ou avec un camocas de plusieurs couleurs , bourrelet d'où sortent les signets, etc., etc. J’ai cité des livres d’église munis de leur pippe, parce qu’on avait besoin de marquer des passages en plusieurs endroits ; J’ai cité aussi des ouvrages pourvus de leur pippe et qui ne semblaient pas devoir réclamer ce soin.

(A) 13i6.Four la couverture de son Messel (du Roy) et pour paindre les dehors . des armes de France, pour les fermouers d’argent et pour une pippe

d’argent esmaillée , à testes d’apostres. — iiij liv. viij s. (C. royaux.)

(B) 1360. inventaire du duc d’Anjou, 267.

(C) 1380. Un grand bréviaire entier très noblement escrit, — et sont les fermoirs d’or, et en l’un ’in roy et en l’autre un ymage à genoux, et est la pippe ouvrée à une orbevoye. (Inventaire de Charles V.)

(D) — Un petit bréviaire très bel et très noblement escrit, — à deux fermoirs d’or à deux boutons de perles, et est la pipe d’une grosse perle , ou milieu un saphir à un balay ou milieu , d’un camocas de plusieurs sortes.

(E) — Un petit bréviaire en deux volumes, — et sont les fermoirs du premier volume d’or à ij ymages et du second d’or arinoyés de France, l’un et l’autre d’Evreux et a , ou premier volume , une pipe d’or où a un saphir et un ballay aux ij bouts et une perle ou milieu , et sont en deux estny de broderie.

(F) — Un grand bréviaire , sans note, très bien escrit, couvert de veluiau broaé à fleurs de lis, et sont les fermouers d’or et esmaillez ani armes de France, et est la pippe aussy d’or, esmaillée sur le demy rond des dites armes.

(G) — Un antre bréviaire plus petit en un volume très bien escrit, — et sont les fermoirs d’or , esmanlez aux armes de France, à une pipe d’or à trois boillonnez.

(H) 1390. A Guillaume Arode , orfèvre , pour vi petites pipes d’argent dorés, achetés de luy pour mettre ès petites heures et autres livres du roy, xviij s. p. (Comptes royaux.)

(I) 1399. Un journal à l’ordinaire de Rome, couvert d’une chemise de sathanin. à deux fermouers d’argent dorez et à une pipe d’un bouton de perles. (Inventaire de Charles VI.)

. ) — Un livret qui a les ais con verts de brodure de fleurs de lys, — à une pippe où est un diamant et deux perles , et deui fermoers d’or à deux grosses perles au bout, et est en un estuy à fleurs de lys.

(K) — Un très beau bréviaire, sans note, à l’usaige de Paris, dont le brief est en françois, à deux fermoirs d’or et deux boutons de perles et y fault la pipe. '(Voyez an mot Fermoir le psautier de saint Louis qui est ainsi décrit avec la pippe.)

(L) — Unes bien petites heures couvertes de satin Ynde à une pipe d’nne teste de lyon et deux grosses perles et y a un fermoir de six perles où y a un Y. S. P.

(M) — Une très belle bible en françois — a quatre fermoirs d’or esmaillet dedans et a une pipe d’or à trois petits esmanx.

(N) 1405.Ujn livret de plusieurs orisons — et au pençoir des enseigoes iiij petites

ET RÉPERTOIRE. 45i

perles et ij mauvaises pierres, mis en une bourse vermeille. (Inventaire de la librairie du due de Bourgogne. Arch. de Dijon.)

(O) 1405.Unes grandes heures, couvertes de cuir rouge, à cloans d’or, à j pen-

çoir garni de ix grosses perles.

(P) 1406. Le livre de Lucan , à iiij fermanlx d’argent doré et une pipe d’argent

doré et couvert de camocas. (Dncs de Bourgogne, n° 6131.)

(Q) 1416. Une belle bible, escripte en francois, de lettre de fourme, bien histo-

riée et au commancement du second feuillet a escript des généracions caym. xvi. Couvert de veluyan vermeil, ouvré, à deux fermoers d’ar-

Sent doréz, esmailliez de Adam et Eve et cinq bouillons de cuivre orez sur chacun aiz et une pippe d'argent dorée à plusieurs seigneaulx de soye, prisée ijc liv. t. (lavent, du duc de Berry.)

(R) — Une belle bible en deux volumes, escripte en frauçois, — et au premier volume a une pippe d'or et on second n’en a point.

(S) — Unes très grans moult belles et riches heures, très notablement enluminées et historiées de grans histoires, de la main Jaquemart de Hesdin — couvertes de veluiau violet et fermaus à deux grans fermouers d’or garnis chascun d’un balay, un saphir et vi grosses perles et y a une pippe d’or où sont attachiez les seignauli.

(T) — Une pippe d’une très belles heures de Nostre Dame — rais en gage

four la feste et jouste faicte à Bourges, les xxi et xxij jours d'avni, an mccccv.

(U) — Une très belle bible en françois, escripte de lettres de fourme, très richement historiée au commencement. Garnie de quatre fermoers d’or, ès deux desquels a deux balaiz et ès deux autres deux saphirs, en chacun deux perles esmaillés des armes de France et aux bouz des tirans en chacun un bouton de perles et sur le tixn d’un chacun petites fleurs de liz d’or, clouées, et y a une pippe de deux testes de serpent, garnie de seigncaulx — iijc liv. t.

lV) — Un bien petiot livret, onqnel a plusieurs oroisons — fermant à deux petiz fermoers d’or, sans tixu, auquel MDS. a fait mettre une pippe a’or'garny d'un grain ’de ruby et de deux pointes de diamant, lequel livre le Roy donna à MS. prisé xij liv. t.

(X) 1423. Les belles heures de ma Dame (la duchesse de Bourgogne, veuve de Jean sans Peur) à ung tuyau d’or à tourner les fouillez, garni de deux perles et ung petit runy ou milieu. (Arch. de Dijon. Invent, de Marguerite veuve de Jean sans Peur.)

(Y) — Ung psanltier hvstorié et enluminé, garni de deux fermaulx d’argent dorez, armoiez d’azur, ouquel a ung tuyau d'argent doré pour tourner les feuillez à trois escussous. (Idem.)

(Z) 1455. Une pipe d’or, à mectre signeaulx de livres, à deux perles an boutz. (Ducs ae Bourgogne, 6957.)

(ÀA)1515.A monsieur l’évêque de Paris, comme ecclesiastique, lui furent données de belles et riches heures. Elles étoient toutes garnies d’or, il y avoit sur les deux fermaux deux superbes tables de dyamant et pour tenir le registre un grand balay longuet tout à jour, que l’on estimoit plus de mille florins et auquel étoient attachés les cordonnets de soie au nombre de vingt-cinq garnis chacun d’une perle. (Etat des présents faits par Marguerite d’Autriche.)

(BB) 1536. Unes petites heures de Nostre Dame, où il y a ung calendrier, couvertes d’argent, dorez et esmaillez de l’ung costé de ly mai ge de Nostre Saolfveur qui couronne Nostre Dame et de l’autre costé Ste Amelberge aiant à ses pieds ung poisson et ung religieux à geuoulx et y a ung registre d’argent doré, à tout les cordes , pesant ensemble iiij o. (Inventaire de Charles Quint.)

(CC) — Unes antres vieilles heures de parchemin, bien illuminées, garnies de deux clouans d’or, armoiez paraedens des armes de feu le doc Charles

et couvertes de drap d’or, aiantnng baston d’or ou tiennent les registres faictes de soye avec houppettes de fil d’or.

pirouette. Sorte de moulin, joyau en forme de jouet d’enfant.

(A) 1599. Déni pirouettes d’or esmaillées de couleur, attaché à un petit pallier de nacques de perles, prisé cinq escus. (lovent, de Gabrielle d'Estrées.)

PLACET. Tabouret, petit siège de femme ou d’enfant, qui n'a m bras ni dossier. Telle est la définition que Furetière donnait de ce meuble, à une époque où il allait être abandonné par la mode. On a commencé à s’en servir à la fin du xvie siècle. Je ne répéterai pas ce que i’en ai dit dans le Palais Mazarin (note 365.) La citation (G) prouve combien l'habitude de s’asseoir à terre s'est longtemps maintenue.

(A) 1300. Je le vi (le roi S. Louis) aucune foizen esté, que pour délivrer sa gent

il venoit au jardin de Paris — un chapel de paon blanc sur sa teste 6\t faisoit estendre tapis pour nous séoir f utour li. Et tout le peuple qui avoit à faire par devant li, estoit entour li en estant. (Joinvjlle.)

(B) 1599.Donze plasetz de bois de noyer, dont six grands et six moyens. (Inv.

de Gabrielle d'Estrées.)

(C) 1722. En arrivant, il (Louis XV) alla faire sa prière à la chapelle (de Vas-

sailles) où le saint sacrement était expose, de là auoiqn’il fit très eh and il alla dans les bosquets. 11 revint ensuite dans la galerie et se reposa à terre sur le parquet, tout le monde en fit de même. (Journal de Barbier.)

PLACTRE BLANC. S’il s’agissait, dans les citations suivantes, des pâtes avec lesquelles on exécutait de fins travaux à Venise (voyez Pâte cuite), il aurait été dit, dans l’inventaire, qu’ils avaient cette origine , et de ces pâtes nous n’en connaissons que revêtues de feuille d’or et d’un travail qui ne remonte pas plus haut que le xvi® siècle. Faut-il voir dans ce plactre blanc T&ume de mer, ou bien le plâtre , qui semble bien peu propre à un joyau et à un miroir portatif d’un usage quotidien ?

(A) l467.Ung miroir, garny d’argent doré, où il a l’imaige de Nostre Dame de

plactre blanche. (Ducs de Bourgogne, 3146.)

(B) Ung autre miroir garny d’argent doré et derrière ung emperenr en ung chariot et de chevauh de piastre blanc. (Ducs de Bourg., 3143.)

(C) 1490*. Item, en la dicte région de Paris, a une autre moult noble condition,

car là est la riche minière de. pierres tant dures comme tendres qui sont moult propres pour édifier et entre les autres est trouvé la minière d'une pierre blaucheet tendre quiestappelée piastre, de laquelle pierre, quant elle est cuite et batue, elle est 6i blanclu* comme farine et quant elle est destrempée, il convient qu’elle soit incontinent mise en envre. (C’est le secret de l’hiatoire naturelle , contenant les IKqrveilles du Monde.)

PLATELETS. De petits plats nui semblent, par la description des inventaires, réservés pour les fruits.

(A) 1328. li plas à fruit et j graut à couvercle — valent Uii lib. (Invent, de la

royne Clémence.)

(B) 1360. Plateaux de fruiterie. (Invent, du duc d’Anjou, 748 à 750.)

(C) 1392. A messire Bureau, sire de la Riviere, chevalier, premier chambellan

du Roy NS. pour deniers à luy paiez qui deubz lui estaient pour ii xii«* de plateles d’argent à fruit, c est assavoir une xiie d'argent doré et une xiie d’argent blanc, desquels le Roy NDS. fu servi de fmit, le jour de caresine prenant ccc iiij” et xi et lesquels plateles appartiennent audit messire Bureau de son droit comme premier chambellan et les quels il a délaissiez en l’ostel du dit seigneur, pour le service d’icellni — viij** liv. p. (Comptes royaux.)

PLATINE. Patène et Palette. Ce tenue est pris dans ces acceptions différentes, sur la même page d’un inventaire de Charles le Téméraire. (Voyez Palette. )

(A) 1408 Une platine à estnde, d’y voire. (Ducs de Bourgogne, G093.)

(B) 4467. Ung calixe garuye de platine. (Ducs de Bourgogne, 2434.)

(C) — Une platine à mettre chandeille, d’argent blanc, pesant iij onces. (Ducs

de Bourgogne, 2137.)

PLATS. J'ai dit que la vaisselle d’or et d’argent était la fortune mobilière de nos ancêtres, la ressource en toutes occasions; je ne reviendrai pas sur cette considération qui explique l’emploi de l’or et la profusion de l’argent eu vaisselle. On énumère, dans l'inventaire ae Charles V, sept douzaines de plats d’or représentant im poids de 355 marcs d'or, et 157 plats d’argent, du poids de 564 marcs, sans compter 181 plats d’argent blanc, dix-huit douzaines d’écuelles dorées et 301 écuelles d’argent blanc. Dans l’un des inventaires d’Anne de Bretagne, on rencontre encore trois douzaines de plats d’or pesant 178 marcs d’or, et trois douzaines d'écuelles d’or, du poids ae 125 marcs. (Voyez plus loin Plats à aumosne , à laver, et aussi Thiphènes.)

(A) 1347.Exbibuit du as scutellas argenteas pro fructibus reponenilis. (Invent.

du dauphin.)

(B) 1360. Invent, du duc d’Anjou, 222 à 245, 263, 264, 265, 751, 752.

(C) 1380. Trois douzaines de grands plats d’or tous plains d’une façon, pesant

ijcuvij marcs, iiij onces d’or. (Inventaire ae Charles V.)

(D) — Six grans plats d’argent dorez, à mettre viandes, à iij fleurs de lys snr

les bords, pesant xxviii marcs, iij onces.

(E) — xxvi plats d’argent dorez, à porter fruit, cizelés sur les bords, pesant*

xxvi marcs.

(F) 1420.vii xii»«* et xi plaz, que grans que petis, d’argent blanc, armoyé sur

les bors aux armes de MDS. pesans tous ensemble — voi marc, ij onces. (Ducs de Bourgogne, 4198.)

PLAT A AUMOSNE. (Voyez au mot Pot à aumosne)

(A) 1399. Un plat à aumosne , snr un pie à deux ances dont l’une esloit ostée, tout d’argent doré, armoyé sur les bords en deux lieux des armes messire Pierre de Craon, pesaot quatre marcs. (Invent, de Charles VI.)

PLAT A espices. Remplissant les fonctions du drageoir. (Voyez Dragée.) ,

(A) 1322.1 plate d’argpnt, pur espices, ove le pié oveescuchonsde divers armes, et ij autres plates playnes d’argent, pur espices. (Invent, dn comte de Hereford.)

plats A LAVER. Les bassins à laver, tels que nous les trouvons dans les collections , tels qu'ils sont décrits dans les inventaires, ont si peu de profondeur qu’on peut sans inconvénient les appeler des plats. Il suffit donc ae revoir l’explication donnée au mot Bacin.

(A) 1363. Deux grands plats d’argent, dorés, à laver, flnv. du duc de Normand.)

(B) — Deux plats d’argent , dorez , à laver, à un esmail d’un escu des armes

de Monseigneur en chacun fonds.

(C) — Deux grands plats à laver, d’argent, dorez sur les bords, à un esmail

rond ou fonds, assis en uue rose d’argent dorée.

(D) — Deux petits plats d’argent blanc pour chapelle, à laver, qui furent de

la chapelle quotidienne de Monseigneur, et poisent iiij marcs , j once et demie.

(E) 1375. Les aoumemens des autels doivent estre ferretez, escrins à reliques — et plats pour laver les mains du prélat. (Jehan tioulain. Trad. du Rationale.)

plom HEURES. Ouvrages en plomb.

(A) 1514. A Jehan Pothyn , ymaginier, pour avoir taillé de boys de noyer ung prophète pour faire ung moule et patron pour les plombeures , xlv sols. (S. Maclou. Arch. de la Seine-Inférieure.)

PLOUSTRE. Cadenas, et peut-être aussi serrure.

(A) 1383.0nqnel mur entroit le verrouil d’icellui huis et par lequel on le fer-

moil, à un ploustre, par ledit cloi&tre. (Lettres de rémission.)

(B) 1398. Pour avoir assis en chacun huys un ploustre à ressort. (Compte de la

chapelle des Célestins.)

(C) 1400. Un coffret en manière d’une longue laiette fermée d’uu petit ploustre.

(Lettres de rémission.)

PLUME KM AILLÉE. Sans doute avec un manche émaillé.

(A) 1416.Uue escriptoire en laquelle avoit un canivet et une plume esmaillée aux armes de MS., et au bout de la plume un petit saphir. (Inventaire du duc de Berry.)

PHTMETÉ. Ouvrage fait en manière de plume, genre de travail qui, comme le pointillé, le greneté, le taillé, variait l’aspect des pièces d’orfèvrerie d’pr et d’argent. L'expression, comme le travail Iui-méme, a été en usage pendant près de trois siècles et s’est conservée dans la langue du blason. Là, le plumeté, comme le papelonné, est un dessin en forme d’ écailles ou de demi-cercle que l’on fait sur un écu. On emploie encore dans le métier des brodeurs le terme de plumetis, mais il s’applique à un point plutôt qu’à qn . dessin.

(A) 1380. Un ti.inaj! d’or couvert plumeté dehors et l’aiguière de mesme greneté

dedans. [Inventaire de Charles V.)

(B) — Une aiguière d’or ulumetée et taillée, le couvescle garny de pierrerie

et est fe fmitelet d’un balay, pesant v marcs d’or.

(C) 1416. Un grant hanap de jaspre vermeil , garny d’argent doré , couvert,

ouvre en manière de plumes et snr le freUïlet du couvercle sont les armes de feu MS. d’Orléans, — viij*» Hy. t. [Inventaire du dnc de Berry.)

(D) 1498. Ung calice d’argent doré— en la platine duquel a cinq antres apoustres

environnés d’un plumetis. (Inventaire d’Anne de Bretagne.)

POCHOXNE, Pocon et Poconnet. Écuelle et aussi la cuillier à pot.

(A) 1300*. Deux saussières, ou un pocon,

Ou un platel, ou escueile. (Le dict de la Maaille.)

(B) i320\Adoneques la dite Marotte priât un poconnet et vint à ce missel et

volt puisier de l’iaue. — Ele respondi que ele i aloit pour ce que ele puisast de l’iane à un poconnet. (Miracles de S. Louis.)

(C) 1453. Jehan Esperon, cuisinier, frappa le suppliant d’une cuillier, autre-

ment dit poche de bois. (Lettres de rémission.)

(D) 1467. Cinq petis pochonnes de terre à boire tisaine, garnis le bort de lecton.

(Ducs de Bourgogne, 3275.)

(E) — Deux autres pochonnes d’une autre façon , garais de lecton, l’un, et

l’autre de painture. (Ducs de Bourgogne* 3276.)

POIGNÉES. Je ne parle pas des poignées d’épées, j'en ai dit quelques mots à l’article Espée, il s’agit ici d'une poignée toute spéciale.

(A) 1399. Deux poignées d’argent, neellées de France, à porter la palme le jour

deFasques tlories, posans sia onces et demye. (Invent, de Charles VI .]

(B) 1422. Une poignée d’argent doré à tenir la palme du roy, pesant ij onces ,

prisé lij sols. (Comptes royana.)

pot IÆ. Poêle. Le mot était en usage dés le iv« siècle, et plus particulièrement appliqué aux usages de l’Allemagne; aussi est-ce de ce pays que nous avons reçu les premières plaques de faïences ornées de bas-reliefs émaillés en vert, destinées à servir de revêtement à des poêles.

(A) 1435. S’il faict froit, ils s’en Yoot à ces polies d’Allemaigne.

(Ant. de la Salle.)

POINÇONNÉ. Le poinçon donne un travail de pointillé. C’est le genre "d’ornement le plus ordinaire au xvc siècle.

(A) 1 467 . Une couppe, à façon d’une cloche, poinçonnée à branche et à oyscanlx, le pié assis sur trois tourelles et par dedans le couvercle a uugesmail où a escript : (ont plut y pente, et poise iiij marcs demi, (nues de Bourgogne, 2378.)

POINDRE. Coudre, mais aussi picquer, de p unctare. Les brodeurs étaient, au moyen âge, de véritables artistes qui peignaient souvent eux -mêmes les modèles de leurs broderies sur des cartons qu’ils piquaient ensuite, transportant sur l’étoffe le contour de leurs compositions par un procédé bien connu. Cette opération capitale dans leur métier exigeait un travail assez long, et devait être mentionnée pour sa part dans la rémunération qui leur était accordée. Les poin-

Sneurs d’alesne appartiennent à la corroycrie, et leur nom découle e la même étymologie. Poindre est aussi une des variantes de l’orthographe du mot peindre.

(A) 1351. A Jehan Broartet Thevenin le Bourguignon, brodeurs, pour poindre et ouvrer les garuemcDS de ij paires de robes, lesquelles lurent ordonnées estre brodées à perles — viiir Iriii esens. (Comptes royaux.)

(B) 1352. Four vi livres de soye de plusieurs couleurs, baillées à Estienne le Bourguignon (tapissier) pour poindre et ouvrer les chambres de Mous, le Dauphin. (Idem.)

poire. Petits flacons en forme de poires; d’autres fois, ces poires s’ouvraient pour montrer les reliquaires et les tableaux de dévotion qu’elles contenaient ; dans ce cas, on les portait dans sa poche, et on les plaçait devant soi, toutes ouvertes, en disant ses oraisons.

(A) 13S0.Une poire d’or. à mettre eatie roze, à un petit entonnoir d’or. (Inventaire de Charles Y.)

(B) 1392. A Jehan Quatre, orfèvre, deux poires d’or esmaillées, où il y a eu chascune un ymage de Nostre Dame et un diamant. (Ducs de Bourgogne, n. 5338.)

pomme BONBONNIÈRE. Le drageoir solennel, transformé en bonbonnière , devait se trouver dans les joyaux de Gabrieile d’Estrées.

(A) 1399. Une pomme de cristal de roche , gamy d’or, esmaillée de couleur, à mettre dragées, prisé xxv escus. (Invent, de Cabrielle d’Estrées.)

POMMES A REFROIDIR MAINS. C’est de l’enfantillage ou du raffinement, c’est aussi assez exceptionnel, quoique se rencontrant à des dates fort éloignées.

(A) 1467. Une pomme de cristal ronde à refroidir mains. (D. de B., 3151.)

(B) 1599. Une pomme d’agate, garnie d'argent, pour rafraischir la main des malades. (Invent, de Gabrielle d’Estrées.)

POMME A CHAUFFER MAINS. Les citations suivantes, que j’ai échelonnées à de longues distances, expliquent l’usage ae ces pommes de métal creuses qui remplaçaient les pots à feu qu’on porte encore à la main en Italie.

(A) 1380.Une pomme d’argent à chauffer mains en hiver. (Inv. de Charles Y.)

(B) — Une grosse pomme d’argent , dorée , à chauffer mains , laquelle est

ronde, — pesant j marc, iij onces.

C) 1399.Une pomme d'argent, à chauffer mains en y ver , blanche . à esmaui d’Arragon, celle qui est demourée à St Germain, pesant deux marcs, deux onces, dix esterlins. (Invent, de Charles YI.)

(D) 141 6. Une pomme d’argent doré , pour eschauffer mains, taillée à plusieurs

' rosettes, où il y a plusieurs pertuis. (Invent, du duc de Berry.)

(E) 1420. Une grosse pomme d’argent, dorée , ciselée, pendant à une cliaenno v 1 d'argent dorée, en laquelle l’on met feu à chauffer mains, pesant

ij marcs, j once. (Ducsae Bourgogne, 4243.)

(F) lb02.Poraum argenteum , deauratum , foratum in plerisqne locis, bahens \ 1 receptaculum etiam argenteum in quo solet poni ferrnm candens , ad

calefacieudas manus sacerdotis celebrantis tempore liyemali. (Invent, de Laon.)

(G) 1540.Une pomme de cuivre, ouvrée par dessus en façon d’estuve. (Invent, du

cardinal d'Amboise, Georges Tl.)

POMME A MECTRE SENTEURS. C’était nn petit joyau trèscoquet , très-raffiné et qui a dù être en usage plus anciennement qirù l’époque à laquelle se rapportent mes citations. Je ne crois pas cependant que j’aurais omis de le citer, si je l’avais rencontré dans de plus vieux documents (Voyez Parfums.)

(A) 1528. Trois pommes rondes, d’or, à mectre senteurs, en chascune desquelles

y a ung myrouer et ung caderan. (Comptes royaux.)

(B) — Une pomme d’or faicte à pennes passées , servant à mectre senteurs.

(Comptes royaux.)

POMME (tableau à façon de). Une fois qu'il était entré dans les habitudes de porter des* images de sainteté sur soi, tant comme compagnie protectrice et salutaire que pour fixer les yeux et l’attention dans les actes de dévotion , il était naturel de leur donner une forme portative et commode. Pour les images peintes, ciselées sur un métal ou esmaillées , les tables carrées et rondes présentaient la disposition la meilleure. Pour les images et compositions sculptées en relief, la forme de boule permettait de disposer plusieurs plans et de faire entrer une infinité de détails. J’en parlerai plus longuement en décrivant quelques monuments. (Voyez aussi Poire.)

(A) 1400. Pour avoir rappareillé et mis à point la pomme d'argent de ma dicte

V dame en laquelle est d’un costé le ebief de madame saincte Kathe-

rine, esmaillé de blanc , — icelle pomme avoir esinaillé, par dehors, tout de ronge clere. (Ducs de Bourgogne, 5921.)

(B) 1467. Ung tableau d’or, à façon de pomme de pin, et entre deux taillié de la v 1 gésïne de Nostre Dame et des trois Rois, pesant ij onces demie. (Ducs

de Bourgogne, 2073.)

(C) — Ung tableau d’or, à façon de pomme, qui se met en deux pièces , eu

l'une des pièces Nostre Dame et en l'autre St Jehan. (Ducs de Bourgogne, 2076.)

(1)) 1467 .Une pomme d'or pendant à trois chainecies, et y a au dehors ung petit ymage de saint Pierre et saint Pol, garnye de vii] perles , pesant ij onces. (Ducs de Bourgogne, 2081.)

PORC ESPV. Louis XII avait pris cet animal pour emblème avec la devise : commis et eminus , de près et de loin. Pour la comprendre, il faut savoir qu’on croyait généralement, au moyen âge, que le porc-épic avait la faculté non-seulement de hérisser , mais ae lancer au loin ses piquants. Wilars de llonecort dessina cet animal dans sou album , au xmc siècle, et il écrivit au-dessous cette légende : Vesci I porc espi , c'est une biestelete qui lance se soie qcint ele e corecte. (liibl. nation. S(i Lat. 1104.) J'ai exclu, de cet extrait de mon glossaire , la collection de devises que j’ai formée avec soin ; ce mot lie figure ici que pour introduire les broches et brochettes faites de piquants de porc-épic , et qui servaient dans la toilette à tracer la raie des cheveux. (Voyez Gravouère.)

(A) 1380. Une brochette de porc espy, garnie d’un pou d'or. (Inv. de Charles V.)

(B) 1410. Cm1 manière de broche, de porc espi, d’argent, au bout de laquelle a

un long dyament nayfz, enchâssé en or. (Ducs de Bourg., 4241.)

PORPHYRE. Roche formée par des grains de quartz agglutinés dans un ciment impénétrable a l'humidité. Cette matière est, de toutes les grandes roches; la plus dure, la plus difficile à tailler et à polir, la plus durable à l’air. J’en ai trouvé, dans l’Arabie Pétrée, des montagnes entières et des blocs sans fissures de dimensions colossales. Les Egyptiens, et à leur imitation tous les peuples de l’antiquité, l’ont employé dans la statuaire et pour les monuments les plus fins de la décoration meuble; je doute fort qu'on se soit donné la peine de le tailler et de le polir, au moyen âge. I-e vase de Suger, (voyez la premij^ partie de cette notice) ne doit au xu° siècle que sa monture. On sait le retour et la réaction qui se firent, au milieu du xvi» siècle, en faveur des belles matières.

(A)1140*.Nee minus porphyrilicnm vas sculptons et politoris manu admirable factum, cum per multos annos in scrinio vacasset, de amphora irr aquilæ fnnuaiH transferendo auri argentiqne materia altaris servicio anaptavimus. (Suger, De rebus in administration stià gestis.)

Portugal (Façon de!. Je ne sais si les pièces d’orfèvrerie portugaise étaient très-répandues en Europe, au xvrt siècle, j’eu doute très-fort, n’ayant rencontré qu’une fois cette désignation, et elle se trouve dans l’inventaire de Charles le Téméraire, dressé presqu’au moment où il venait d’hériter de son père, marié, comme on sait, à une infante de Portugal. Le drageoir, dont il est question dans la citation suivante , a très-bien pu appartenir à cette princMpe : quoi qu’il en soit, il est bon d’apprendre que l’orrévrerie de ce pays avait une façon particulière et qui lui était propre.

(A)1467. Ung drageoir d’argent, à façon de Porlingal, armoyé d’un escu vert et ung oiseau au milieu. (Ducs de Bourgogue, 2418.)

POT. Au mot Aiguière, j’ai expliqué l’association du pot et de l’aiguière, de la pinte, de la quai b: et autres vases avec l’aiguière; ici. je veux indiquer, par une suitede citations, les variétés de formes et l’orucmentatiou ae ces pots.

(A) 13}3. Un pot d'argent dorré énamaillé pur ewe. (Inv. de Pierre Gaveston.)

(B) 1360. Inventaire du duc d'Anjou, 69, 70, 113, 122 à 124, 132, 134, 136, 142,

(G) 1363. Un pot reont,doré,où il aescuciaux enlevez, duquel l anse est esmail— lée aux armes de France, qui poise, avec l’aiguière de mesme, xi marcs. (Inventaire du duc de Normandie.)

(D) — Un pot quarré, tout esmaillé, qui poise, avec l’aiguière, xiii marcs,

vi onces.

(E) 1380. Un pot quarré, long et gresle, pesant viii marcs, ij onces et demied’or.

(In veut, de Charles Y.)

(F) — Deux grands pots d’argent, dore* et esmaillez à chauves souris, pesans

xxi marcs, i ouce et demie .

(G) — Un pot et une aiguière d’argent dorez, cizelez, semez d’esmaux vers ^

oy selles, pesans viii marcs, vi onces.

(H) — Un grand pot d’argent doré, greneté en manière d’aiguière, pesant

viii marcs, une once et demie.

(I) — Un pot rond, tout esmaillié à bestelettes et à oyselles, pesant viii m.

vi onces.

(J) — Un long pot à biberon, d’ancienne façon, semé de plusieurs esmaux et

de testes et roses enlevées, à un fritelet* rond de cristal, pesant ix marcs, vi onces.

(K) 1453. Deux pots d’argent verez, à mectre eaue, à chacun une gourgolle, les

anses torées à branches coppées, pesant viij marcs. (Compte de lavante des biens de Jacques Cœur.)

(L) 1470. Deux pots, de bleu esmaillés, d’une sorte, assis sur piéz d’argent doré,

beudé de deux beudes au milieu et au couvercle une couronne, les hanches d'argent doré, pesans ensemble v marcs. (D. de Bourg., 5265.) (211)1597. Quarante petits potz de cristal, garni d’or, prisés — xxx liv. (Contrat de mariage de Francoyse de Schomberg.)

POT A AUMOSNE. On disait aussi un aumosnier. (Voyez aux mots Corbeille, Plat et Escuelle.) L’aumône était une vertu estimée et d'autant plus pratiquée que la dispropoi^pn des avantages et des charges était plus grande. En guerre , non-seulement les combattants avaient leur part de butin . mais un chef généreux y faisait participer les pauvres. Graindor ait de nos croisés, en 1185 : u Aus povres de par Uost firent la livraison. ». Nous avons, dans les miniatures et dans les plaintes intéressées des poètes, la preuve qu'on faisait aussi l’aumône aux chiens qui circulaient autour de la table. Les comptes de nos rois ont des registres de plusieurs centaines de feuillets, dans lesquels sont consignées leurs aumônes d’une seule année, et on fut obkgé d’instituer un commis au gouvernement des aumosnes , qui avait sous lui des valets de l’aumône du roi. On comprend doue comment s’établit cette coutume de réserver une part aux pauvres au milieu de U abondance des repas ; cette part, ou bi recueillait à la ronde dans des pots, des plats et des corneilles. ffserait injuste de taxer cette coutume d'ostentation, car elle était admise partout, depuis la table du Louvre jusqu'à celle de i'évéque de Reims ou des bourgeois de Paris, qui avaient ces pots à aumône en étain.

(A) 1313.En un cofre un graut esqoel d’argent pur l’amoine. (Inventaire de

Pierre Gaveston.)

(B) 1322.1 nef d’argent pnr auraoigne. (Inventaire du comte de Hereford.)

(C) 1328. Un pot à aumosne d’argent blanc, prisié xxxvij lib. (Invcntoire de la

royne Clémence.)

(D) — Un pannier blanc pour aumosne, x s. p. (Il est rangé avec la vaisselle

d’estain.)

(E) 1360. Inventaire du dnc d’Anjou, 200, 624, 677, 698.

(F) 1363. üu pot à aumosne ciselé et esmaillié, des armes Monseigneur, sur les

anses, poise xij marcs, vi onces. (Inventaire du duc de Normandie.)

(G) 1372 Un pot à aumosne d’argent, pesant ii marcs. (Inventaire de R. Picque,

arcbevesque de Rheims.)

(H) 1380. Un bien grand pot à aumosne , à deux anses de deux lyons, à iiij

escnssons de France par pied , pesant xxxvi marcs , v onces d’or. (Inventaire de Charles V.)

(I) — Un autre pot d'or à aumosne, de celle même façon, pesant xx marcs,

iiij onces et demie d’or.

(J) — Un grand godet, nommé anmosnier, à deux anses, taiilié de vieille

façon, pesant xij marcs, iiij onces d’or.

(K) — Un pot à aumosne d’argent doré , esmaillé d’azur , semé d’estoilles ,

pesant xxviij marcs, iiij onces.

(L) — Un petit pot (à aumosne) couvert, à deux anses, de deux serpentelles,

esmaillié de bestes et de compas et de lettres sarazines, pesant v marcs, vi onces.

(M) — Un grand godet, appellé aumosnière, de vieille façon, pesant iiij marcs

(d’argent).

(N) __ Un vaissel d’argent verré, faict en manière de roze, pour esciielle d’au-

inosne, séant sur vi lyons dorez et ont ou fous un esmail à un escusson des armes de Chambly, pesant viii marcs, iij onces.

(O) — Un très petit pot à aumosne, d’argent blanc, pesant ij ouces.

(P) 1390. Deux pots de trois chopines, à façon d’argent, un pot à aumosne et

une ehopine de potin, (inventaire fait des biens demourés ou décès de Richard, archevesqne ae Reims.)

(Q) 1393. Et aussi marchandera de la vaisselle, d’étaim, c’est assavoir dix dou-

zaines d’escuelles, deux pos à aumosue. (Ménagier de Paris.)

(R) 1467. Ung pot d’argent d’anmosne, véré au pié et an dessus à deux anses

pour tenir, et armoyé aux armes de Monseigneur et poise xii marcs et demi. (Ducs de Bourgogne, 2484.)

(S) 1468. Une table au millieu sans sièges, bien ordonnée comme les aultres où

seront sprvis tous les frères et seurs qui seront trespassez — et après disner les anlmosniers les distribuent (ce qui a été servi sur cette table) aux povres personnes et aux povres de la maison Dieu et aux povres prisonniers et aux povres de la maison Dieu. — — (Statuts et ordonnances de la noble et dévote confrarie Nostre Dame de Paris, publiés par SJ. Leroux de Lincy.)

(T) 1474.L’aumosnier distribue et répartit l’argent de l’offrande du Prince — et

doibt l’amnosnier lever la nef on est l’aumosne devant le Prince, et puis oster la nappe de la table. (Olivier de la Marche. Estât du Duc.)

(U) — Le sommelier porte en ses bras la nef d'argent qui sert aux aumosnes

(il la place devant le duc).

POT OE CHAMBRE. Pot à eau servant dans une chambre de toilette.

(A)ibGO.lTng pot do chambre, ressemblant à eacydoine, estimé 1 ft. (Inventaire de François II dressé à Fontainebleau.)

POT lavoir. I,e pot qui contenait l’ean dont on se servait pour se laver les mains dans un bassin. (Voyez Pot à yaue et liaccin.)

(A) 1297. Item nn pot lavoir d'argent à une fnellie desns le couvercle, s'est

seméis d’escnchons et de compas Csleveis , à une Leste passant enlrc le col et le broceron. (Inventaire d'Edouard I.)

(B) — Item un pot lavoir à ymaginettes.

POT A YACE. On a toujours subtilisé en fait d’étymologie. Comme on trouve mentionnes des pots de la contenance" d'un lot, d’un demi-lot, dits pots à lot, pots a demi-lot, on en a tiré une

conséquence que rendent inadmissible les citations suivantes. Elles prouvent, an contraire, que c’étaient bien des pots à eau. Quant a la foi me, elle se rapprochait de celle de l’aiguière , puisque l’on confondait ensemble ces deux sortes de vases.

(A) 1328. j petit pot à eane d'argent doré, prisié viij lib. (Inventaire de la royne

Clémence.)

(B) — ij pos à eaue Mans, prisié — ixv lib.

(C) 1353. Un pot à yaue de cristal. (Inventaire de l'argenterie.)

(D) — Un pot à eane d’on bomme à elles, esmaillié, pesant yiii marcs ,

xv esterlins.

(E) — Un pot à eane d’on lyon, sur qnoy un bomme enmantcllé «et, pesant

ix marcs, iij onces.

(F) — Un homme enmantellé sur une Leste, jouant d’une cornemuse, qui

fait pot à eaue, pesant v marcs.

(G) — Un pot à eane, en guise d’un serpent, et une femme dessus, tenant un

languier on autrement, devisé parmi le contenu de cest inventoire une aiguière d'unp femme assise sur un serpent doré et esmaillié, pesant iij marcs, iij onces.

\H) 1372. Un pot d’argent à ean, esmaillé en sernblance de moitié homme et moitié serpent, pesant iij marcs, iij onces, v esterlins, prisé xxviij francs d’or. (Compte du test, de la reine Jehanne d’Evrenx.)

(I) 1467. Deux potz de lot de cristal blanc à hanses et en fachon de goderons et sur le biberon ung castelet tout blanc et plain. (Ducs de Bourgogne, 2741.)

POT A traire VACHES. Ceci n’exige pas d’explication. (A)!328.Ij pos d’arain à traire vaches. (Invent, de la royne Clémence.)

POTENCE. Béquilles, et une sorte de béquille isolée, nommée appui al , sur laquelle on s'appuie la noitrine pour se reposer debout quand on est malade, et dans les églises de l’Orient ou les chaises sont inconnues, quand on est à l’office. J’ai entendu la messe dans le grand couvent de l’oasis des Lacs Natrons, ainsi appuyé sur une potence. (Voyez Miséricorde et Baston de chantre.) La crux com- \ fnissa, variété de la croix, semblable \ celle que saint Antoine porte à la main, avait la forme du Tau et s’appelait Potence.

(A) 1297. llabitum vero cum signo qnod potenciam vocant, in honorera ipsius

B. Anthonii tara ahbas quam canonici seu fratres præfati juxta morem soli tirai ipsius hospitalis, semper et ubique déportent. (Bulle, du pape Boniface VIII.)

(B) 1350*. Estait si malade que il aloit toziors à potences sous sescsseles ne au-

trement il ne pooit aler et sembloit que il eust le dos rompu. (Miracles de S. Loys.)

(G) 138®. Un baston tors, en manière de potence, et dont la poignée est. d’nn lyon couchant, assiz sur iiij oyseaux estranges. (Invent, de Charles V.

(D) 1422. Une potence d’argent, laquelle est garnie d'un baston de bois par de-

dans et est ladicte potence pour soustenir un bomme mal dispose*, prisée xxiij liv. v s. v den. (Comptes royaux.)

(E) 1467. Une petite, potence de Saint Anlhoinue d’or, pendant à ung flllet de

noire soye. (Ducs de Bourgogne, 31 12.)

(F) 1487. Une potanse de Saint Anthoine, en laquelle a cinq ballais et douze

grosses perles. (Ducs de Bourgogne, 7173.)

(G) 1586. Depuis ung mois il estoit détenu de malladie à raison de laquelle il ne

se ponvoit. transporter facilement de sa maison — et se seroit acheminé au devant dudict Moslin avec deux potences. (Acte judiciaire. Arch. de Péronne, cité par M. de la Fons.)

poteries. Le moyen âge, à son début, répudia l’héritage céramique de l’antiquité, et avec la domination romaine s’endormit cet art si fécond qui avait donné, qui devait produire encore des chefsd'œuvre. la poterie toutefois 11e fut pas abandonnée : l’homme a,

Four ses besoins, des procédés qui raccompagnent partout, dans ancien comme dans le nouveau monde , à l’origine des sociétés comme dans leur complète décadence. I.a poterie est du nombre^ seulement, elle ne devient un art qu’aux époques exubérantes, alors que le bois, l’ivoire, les métaux et les matières précieuses ne suffisent plus à l'activité productive. Les Arabes, dans leur renaissance du viu* siècle, semblent avoir fait sortir la poterie émaillée de son long sommeil, et lui avoir imprimé le cachet d’un goût original, qui se distingue par une certaine harmonie de tons et une disposition particulière d’ornements, qui est le style arabe. Nos pères, au retour des pèlerinages et des croisades, rapportèrent d’Orient, comme des souvenirs de ces pénibles voyages et comme de pieux trophées de la sainte guerre, quelques vases, coupes, écuelles en teire entaillée, de fabrication arabe, ou peut-être aussi d’imitation grecque, car, au dire du moine Théophile, dès le xue siècle, les artistes de Constantinople, si ingénieux pour mettre en œuvre tous les procédés, s’étaient emparés de celui-là. Dans les inventaires, ces échantillons de la céramique orientale sont qualifiés mivrcd'oultremer, ouvrage de Damas , ete., etc. On les conserva précieusement, à cause de leur origine, pour ainsi.dire sanctifiée; on ne songea pas à les imiter, parce que le goût n'était pas encore assez épuré en Europe pour admettre qu'une chose eût de la valeur, sans être rare, et pût avoir de la beauté, sans être précieuse. Je n’insiste pas sur ce pioiiit de vue, il suffira de l’indiquer; on comprendra pourquoi les poteries de Beauvais, de Schelestadt, et d’autres villes du centre de l'Europe, restèrent dans l’ombre, aux xm* et xive siècles, leurs innombrables productions n’étant pas vivifiées par les grands artistes, ni soutenues par les riches commandes. Les Arabes avaient transporté en Sicile et on Espagne l’usage des revêtements de l’architecture, eh plaques de faïence émaillées (Voyez Carreaux). Ce mode de construction, si élégant et si riche, donna, dans leurs provinces, l’essor à l’art céramique, et des modèles à 1 Europe. Dès le xive siècle, leurs procédés passaient en Italie, et Lueca délia Rohbia, au commencement du xv, en activa la vogue, non pas seulement par son prodigieux talent de sculpteur, mats par un goût particulier et une souplesse ingénieuse qui lui permit, de prime abord, de tirer de la céramique ses plus beaux effets, en même temps qu’il lui trouva sa meilleure application. Je m’arrête à ces considérations générales, ayant consigné tous les faits particuliers dans la notice des objets en faïence émaillée exposés dans les galeries du Louvre; il suffira de ce peu de mots pour faire comprendre la pénurie de renseignements dans laquelle nous laissent tous les documents.

(A)1225. Lib. n. Cap. aiii — ivi. De vasis he.tilibtis diverso colore vitri pieds. Græei faciunt pretiosos scyphos ad pntandnm, décorantes ens auro hoc modo — scotellas quoqne' tlctiles et navieula faciunt, abaque vasa Hctilia pingentes ea hoc modo. (Theophili, Divers, art. schedma.)

(B) 1292. Taille de Paris. 54 potiers, parmi ein quatre seulement sont qualiüéf potiers de terre , les antres peuvent avoir été potiers d'étaim.

(C) 1380. ling petit pot de terre en faeon de Damas, (luveut. de Charles V.)

(D) 1380.Denx grands pots d« terre, un onvré et ira autre moindre.

(E) — Ung pot de terre à biberon, sans garnyson, de la façon de Damas

(F) — Un grand plat de terre, xii grandes escnelles et iiij petites, toutes d’une

façon .

(G) — Un plat de terre, où il a vi petitz barils d’eane rose , esm aillez par lès

fons des xii mois de l’an, pesant les vi barilz environ vi mareset demy.

(H) 1389.Pnnr huit petit pos de terre., pour mettre cnccrfs. (Obsèques de l’ar-

cbevesqne de Rheims.)

(I) 1403. A ung homme qui a apporté à Lyon trompetes de terre. (Ducs de Bour-

gogne, 5972.)

(J) 1407. Pour pos de terre à mettre le sain d’iceulx pourceauix,— viiis. (Comptes

royaux.)

(K) 1416. A Regnand Morel , pour un pot de Damas , plein de gingembre vert,

ycellui gingembre pesant iij litres et demi, délivré devers la Royne. {Comptes royaux. Hôtel de la Royne.)

(L) 141 7. Pour composte de choux , avecques un pot de terre pour ladite Dame.

(Idem.)

(M) 1420.Ung pot de terre, de l’ouvraige de Damas, blanc et bleu, garni le pié,

et couvescle qui est de jaspre d’argent doré , à une ance a’un serpent d’argent doré. (Ducs de Bourgogne, 4201.)

(N) 1459. A Guillaume Herman, potier de terre, pour ung marmouset servant

sur une grande fenestre à l'ostel de la salle dudit chastel (de Lille). (Ducs de Bourgogne, 4026.)

(O) 1467. Ung autre petit gobelet de terre, ouvré et chiqueté , garny seulement

d’un couvercle d’argent doré. (Ducs de Bourgogne, 2728.)

{P) — Un potteqnin de terre à boire servoise. (Ducs de Bourgogne, 2729.)

(Q) — Ung gobelet de terre , garny d’or, et an dessus ung couvercle d’or,

pesant ledit couvercle iij onces et demie. (Ducs de Bourg., 2365.)

(R) — Ung hault gobelet de terre , ouvré et chiqueté , à ung visaige d’nn

heremite , garny au dessus et au dessoubz d’argent doré , et le couvercle aussi d’argent doré. (2723.)

(S) 1524. Deux grosses nommes etnng concombre, de terre cuyte, painetz. (In-

ventaire de Marguerite d’Autriche.)

(T) 1 633. Un goublet antique, de terre rustieqne. (Compt. des ducs de Lorraine.) POTERIES DE VALENCE. J'ai parlé longuement des faïences

émaillées du comtat Venaisin et du midi de la France, dans la notice des faïences émaillées exposées dans les galeries du Louvre, j'y renvoie.

(A) 1467.Une boitelecte où il y a une petite escuelle de Valence et trois petites fioles de verre, plainue de baulme. (Ducs de Bourgogne, 3213.)

POTERIE CRUE. J’ai renvoyé, pour tout ce qui concerne la poterie, à la notice des faïences* émaillées exposées dans les galeries du Louvre ; la citation qui suit fait allusion à une poterie crue qui est en dehors des poteries connues.

(A) 1248. On prent kaus et tyr.ule mulne de paiens et feres kume autretant de l’une cum de l’antre et%n poi plus del tyeule de païens , taunt corne Mis color vainke les antres. Destemprez ce ciment d’oile de linos. S’en poez faire nu vassel pur euge tenir. (Willars de Honnecourt.)

POTERIE DE BEAUVAIS. Il y avait à Beauvais, dès le xne siècle, une fabrique de vases, dont les qualités particulières étaient appréciées et la rendaient spéciale pour certains usages. Ces vases devaient avoir de la valeur, puisqu’on les trouve décrits dans les inventaires avec l’accompagnement d’ornements d'argent doré. Aussi la fabrique de Beauvais eut-elle une réputation pôpu-

laire et proverbiale : On fait des godes à Beauvais et des poales à Villedieu. (Leroux de Lincy. Proverbes français.)

(A) 1393. Si vous voulez garder roses vermeilles, — les mellez en une cruche de

terre de Beauvais et non mie d’autre terre et remuiez de vertjus. (Le Ménagier de Paris.)

(B) 1399. Un godet de terre de Beauvais, garny d’argent. (Inv. de Charles VI.)

(C) 141 6. Pour plusieurs voirres, godez de Beanvez et autres vaisselles à boire.

ni s. p. (Comptes royaux.)

(D) 1456. Lettres du Roy, du mois de septembre, fixant les droits à percevoir sur

les poteries de Beauvais.

(E) 1542. Je veuli ériger en ce lieu un beau trophée, dist Panurge, — une gne-

doufle de vinaigre, — une corne où ilsmettoyent le sel ,— une brousse où ils saulsoyent, - une salière de terre et ung goubelet de Beanvovs. (Rabelais. Pentagruel.)

POTERIES DE PONTAILLÉ. Je trouve parmi les proverbes du xine siècle: les Hennas de Pont aillé, qui étaient faits sans doute de faïence émaillée. Je n’ai aucun renseignement sur l’existence et la durée de cette fabrique de lq. Bourgogne , qui s'acquit ainsi une célébrité. Pontaillier est situé à six lieues de Dijon , sur la Saône.

POTERIES DE SCHELESTADT. J'ai parlé de ces poteries plus haut, article Poteries , et je n’ai rien à ajouter au peu de mois que j’en ai dit.

(A) 1283. Obiit, figulns Stezlstatt qui primns in Alsatia vitro vasa lictilia vestiebat. (Ursticius. Ann. Dom. script, rer. Germ.)

, POTIER. Quand on trouve ce mot seul, il est plus probable qu’il s agit d'un potier d’étain et de plomb que d’un potier de terre ; dans la taille de Paris, pour l’année 1292, on compte un grand nombre * de potiers, et quatre d’entre eux seulement sont qualifiés potiers de terre.

(A) 1346. Corne li consaulx de la ville (de Tournayf euist ordené, par aucun

raportque on leur en fist, que Pieres de Bruges, potier d’estain, savoit faire aucuns engiens, appiellés connoilles. (Ducs de Bourgogne, tome I, p. xxiiv.)

(B) 1410. A Henri le potier, pour trois chapelles à eau , qu'il a faites pour la

roine, c’est assavoir pour deux cens et une livre de plomb, à vi deniers la livre, et pour la façon, au prix de iv deniers la livre. (Comptes royaux.)

POTKIN et Potequin. Diminutif de pot, comme mankin et manequin sont le diminutif de man et signifient un petit homme.

(A) 1467. Ung potteqnin de terre à boire seryoi.se, couvert de cuir, à une anse

et le bort dessus garny d’argent doré et ung couvercle aussi d'argent doré, à un fusil poinçonné. (Ducs de Bourgogne, 2729.)

(B) 1536. Ung petit potkin d’or avec une hance, à trois demi ronds, ledit potkin

esmaillé dessoubz par dehors et à l’entour de diverses couleurs, mesine d’une rosette vermeille au milieu du bas et est audit potkin une petite loochette d'or. (Inventaire de Charles-Quint.)

poulaine. Les miniatures, la peinture et la sculpture nous montrent ce que fut cette singulière mode des souliers à la poulaine, que les agrafes, pour rattacher la pointe à la jambe, ou les baleines pour les maintenir droites, rendaient seules possibles, ce qui n’empêchait pas qu'on ne marchât dessus. Les- textes nous prouvent que cette mode passait, aux yeux des contemporains, pour

tout aussi ridicule qu’elle peut nous le paraître, et des statuts ecclésiastiques défendent aux clercs et aux moines de la porter, en la taxant de maudite: sans aucune poulaine quelconque, de Dieu maudite. Tout cela, pas plus que le Glossaire de Du Cange (aux mots Poulainia, Rostra calceorum, Anna Comnène, etc.), ne nous enseigne quel est le droit de la Pologne à se parer de l’honneur (si honneur il y a) de cette invention. Les Orientaux et les Grecs fie Byzance n’y avaient-ils pas plus de droit?

(A) 1352. Pour faire et forgier nue paire de contes et poulains tous poinçon-

nez de feuillaiges verrez et esmaillez de ses armes (du Dauphin). (Comptes royaui.)

(B) 1389. A Jehan de Sanmur, cordonannier et varlet de chambre du Roy,

Monseigneur, — pour iii paires de sollers sans poullaine pour longue robe, au pris de v s. p. la paire. (Comptes royaux.)

(C) 1390. — Pour faire ij paires de chausses, sans poulaine, à chausser soubs

souliers de broderie d’or, pour le Roy. (Idem.)

(D) 1391 . — Pour lxxj paires de chausses seinelées, brodées, desquelles sont Lxviij

paires à longues poulaines de balaine pour le Roy NS. au pris de vi s. p., pom* chacune paire semeler. (Idem.)

(E) 1392. Ainsi que ilz dauçoient, fn marchié par aucun de la dance sur la

poulaine des sollerê de l’on d’iceui. (Lettres de rémission.)

(F) 1404. Pour estre passé (inaistre chaussetier j qne il sache tailler de une ânlne

de drap, deux paires de chausses, toutes à poil, dont l’une soit à pdiriaine et l’autre au niieulx qu'il pourra, à tout de bon bihais. (Statuts de Pontoise.)

(G) 1455. Le seigneur de Loisseleuch, baron de Poullaine, — et quatre barons,

aussi de Poullaine. Lors par Brunsvicb, le hérault qui avecques lny estoit tist lire sa lectre d’armes et déclairer du langaige poullaiü en francoys (Ant. de la Salle.)

(H) 1465. Plusieurs enfans de grant maison

Ou fait de guerre estoieut nouveanlx,

Et leur sambloit, pour leurs poulaines,

Leurs harnoiz, pompes et joy aulx,

Qu’ilz abatroient lns- gens en haines.

(Chron. rlmée dé Charles VII.)

(I) 1530. Soulier a poulaines. — Sho with a longé becke. (Palsgrave , Esclair-

cissemens de la langue française.)

(J) 1554. Davantage portaient les hommes des souliers ay ans une longue pointe

devant, de demi pied de longueur; les plus riches et appareils en portaient d’un pied et les princes de deux pieds, qui estait chose la plus absurde et ridicule que l’on enst sceu voir. Et puis quand les hommes se faschèrent de cette chaussure aigue qu’on nommoit la polaine, Ion ■fit d’autres souliers qu’on nommoit bec de cane, ayans un bec devant de quatre ou cinq doigts de longueur Depuis furent faites des pantoufles si larges devant qu’elles excédaient de largeur la mesure d’un bon pied et ne scavoient les gens lors comme ils se dévoient desgniser. (Gmll. Paradin.)

POUI.DRIF.R 1, 'usage 'rte la pondre, pour sécher l’encre rapidement, est fort ancien, e les boites à poudre ou poudriers ne le sont pas moins, mais je n’en ai pas rencontré de mention dans des documents plus anciens que ceux dont j’ai tiré les citations suivantes.

(A) 1556. Pour une boette pom' servir à mettre pouldre et l’avoir emplie de pouldrc de bois, pour servir à la chambre dn Roy, 7 s. t. (Comptes royani.)

B) 1599. Un poudrier de porcelayne, garoy d’argent, avec un cordon de soyc

grise et d'argent, avec son estuv, prisé x escus. (Invent, de Galirielle d’Estrées.)

POUPÉE. On prenait ce mot dans le sens de maquette, dessin, modèle; ainsi Wilars de Hnnrcnrt nous donne le dessin d’une stalle de chœur avec cette légende : Vesci une le'giére poupée d’uns estaus.

On l’employait aussi pour désigner les mannequins de toilette , et

enfin les jouets d’enfants. *

(A) 1396. A Robert de Varennes, brodeur et varlet de chambre dn Roy, pour

poupées et marnages d’iceUes pour la royne d’Angleterre — 459 liv.

16 s. (Comptes royaux.)

(B) t485.Pour troys quartiers de Carisy — pour faire couvertures anx pouppées

de ladicte dame. (Comptes royaux.)

(C) 1496. Pour avoir fait faire et refaire par deux fois, par l’ordonnance et com-

mandement d’icelle dame (la Itoyne), mie grande pouppée, pour envoyer à la royne d’Ëspaigne. (Comptes royaux.)

(D) 1550. Pour six pouppées apportées de Paris pour Mesdames, ix liv. iiij s.

(Comptes royaux.)

(E) 1571. Elle vous prie lui envoyer des poupées, non trop grandes et jusqnes à

quatre ou six, des mieux abillees que vous pourez trouver, pour envoyer à l’enfant (qui est une fille) de madame la duchesse de Bavière * accouchée puis n'agnéres. (Claude de France, duchesse de Lorraine, à P. Hottmau.)

POUPPKTIElt. Les ornemanistes, qui travaillaient en stuc et en papier miellé, s'appellent, dans les comptes des travaux exécutés a Fontainebleau pour le Roi, au commencement du xvie siècle, des pouppetiers, et cette expression est souvent répétée.

(A)1540. A Pierre Cardin (suivent les noms) qui sont treize, tous paintres et pouppetiers, la somme de 247 livres, pour avoir vacqné aux meslées de terre, pappier fit plastie, pour la venue et réception du Sr Empereur, audit Foutainelilean,à raison de 20 s. par jour. (Renaissance des Arts à la Cour de France.)

POURCELAINE. Nacre de perle, concrétion calcaire qui s'étend en couche épaisse dans l'intérieur de toutes les coquilles de mer, et particulièrement dans les mulcttes et les anodontes, qni sont les traîtres perlières. Les anciens , ayant trouvé ou cherché une ressemblance entre ce qu’ils appelaient Porca et certaines coquilles, donnèrent à celles-là le nom de PorceUa. Le moyeu âge accepta cette analogie, en appelant porcelaine une famille entière de ces coquilles et aussi les ouvrages qui étaient faits de nacre de perle.

Ce nom désigne encore, de nos jours, la Cypraa, genre de mollusques gastéropodes, pectinibranches, de la famille des enroulés. Aujourd’hui les ouvrages en nacre sont fabriqués avec des coquilles connues dans le commerce par lenr provenance. La nacre franche de la Chine est la plus belle, elle présente des dimensions surprenantes, la nacre bâtarde de la mer Rouge et la nacre de Panama sont aussi très-sonffcnt employées. Ce mot de Pourculaine n’avait nas encore été interprété de cette manière, et cette solution, je ne l'ai trouvée qu’après une étude attentive des textes, avec quelque connaissance des usages du moyen âge et une certaine familiarité contractée avec ses monuments. Si je voulais conduire le lecteur par la longue route que, j’ai suivie pour arriver à ce but, je réclamerais longtemps son attention, mais il se soucie médiocrement du labeur d’un auteur, il demande un résultat, le voici :

A partir du commencement du xive siècle, les gardes des joyaux

décrivent en grand nombre , dans les inventaires, et les experts mentionnent ou estiment, dans leurs rapporte, des vases, des ustensiles de table, des tableaux de dévotion et des joyaux faits de pourctlaine. Cette expression, à travers quelques variantes sans importance, reste la même et s’applique à la même chose jusqu'au xvi» siècle. De ce moment, elle se bifurque, pour conserver d’une part, sa vieille signification, et pour s’étendre, de l’autre, à des vases et ustensilesd’importation étrangère, qui offraient la même blancheur nacrée. C’était la poterie émaillée de la Chine qui s’emparait de ce nom, auquel elle n’avait droit que par une analogie de teinte et de grain, car tous ceux quelle avait portés dans le Céleste-Empire et dans les pays qui avoisinent son berceau n’avaient aucun rapport avec le nom de porcelaine. C’est Tsee et Tseeki en chinois, Ychere eu mantchou, Jakimono-no en japonais, et Sanni en arabe. Quand cet envahissement fut consacré par l’usage, des objets désignés jusqu’alors sous le nom de pourcelaine furent décrits , sinon tous , au moins la plupart, sous celui de coquille et de nacre de perle. Cette expression de pourcelaine désignait donc la grande famille des coquilles de mer nacrées, et par métonymie, la nacre seule extraite de la coquille. Cette matière, en effet, répond seule aux conditions suivantes qui ressortent comme obligatoires, des extraits nombreux que j’ai faits de mes lectures : une provenance étrangère, une grande abondance, par conséquent une petite valeur, des dimensions bornées, une certaine fragilité, la possibilité d’être taillée en toutes formes et sculptée sur les deux faces, d’imiter le camée, et enfin, cette particularité qui ressort de la description des sujets, d’avoir été travaillé par des mains chrétiennes, européennes et presque exclusivement françaises. On objecterasque la cnguille porcelaine , pas plus que toute autre coquille, ne peut se débiter dans des dimensions capables de fournir des pots, des aiguières et des plats : je répondrai que la nacre offre des pièces assez grandes, que les anses de ces vases ne sont jamais prises dans la masse, mais ajoutées en or et en argent, enfin qu'il n’est pas nécessaire qu’ils aient été faits d’une seule pièce. Au reste, puisque je cite des pots, des aiguières et des plats en coquille de perle, en escaille de perle, en escorche de perle, il est inutile de prouver que ces mêmes objets ont pu être faits en coquille dite pourcelaine. On objectera encore qu’on n’aurait pas dit une pierre de pourcelayne, ce terme nous paraissant aujourd'hui plus propre à désigner la véritable porcelaine de Chine. Ma réponse est daus ce répertoire même qui offre vingt exemples du mot pierre employé sans signification précise. Je n’analyserai pas les nombreuses citations qui suivent, elles sont péniblement extraites de documents très-variés, et elles parlent d’ellesmèmes, je signalerai toutefois le passage de Belon, qui n’est compréhensible qu’à la condition d'a^epter mon interprétation du mot de pourcelaine. Il prouve, en outre, que les Romains pouvaient bien ignorer d’où leur venaient leurs vases murrhins, c’est-à-dire les belles porcelaines colorées de la Chine, transportées par les caravanes, et transmises de mains en mains, depuis le fond de l’Asie, puisqu’on voyageur, d’ailleurs intelligent, ne pouvait comprendre, en 1534, étant au Caire, d’où venaient les porcelaines de la Chine qui se vendaient en immense quantité sur le marché même de cette ville. Les extraits des inventaires de Marguerite d’Autriche, des

châteaux de Nevers et de Fontainebleau, ainsi qne le passage de l’ouvrage du Père Dan, ont rapport à ees premières importations de l’Inde. Ou trouve entre deux citations, l'une de 151G et l’autre de 1524, la date approximative de l'introduction des porcelaines chinoises en Europe. En effet, le portrait du roi d’Espagne sur feuille de pourcelaine, c’est encore de la nacre sculptée, tandis qu’un pot de porcelaine bleue c’est déjà un produit chinois. Ceci dit , dois-je discuter les opinions qui diffèrent de la mienne? je ne le crois pas. Le cadre de cet ouvrage m’imposerait une grande brièveté, si meme elle n’était pas dans mes goûts. Je rapporterai seulement deux de ces opinions. Elles ont pour elles une apparence de probabilité et l’autorité des auteurs qui les ont mises pn avant. Plusieurs archéologues, et j’entends des plus érudits, ont cru que cette expression avait toujours désigné la vraie porcelaine de la Chine, avant comme après les grandes navigations des Portugais et des Espagnols. 11 n’est pas douteux pour moi que la porcelaine des Chinois a pénétré en Europe dès l’antiquité. Ces vases murrhins, que les Romains recherchaient si avidement, sans se douter de leur provenance, étaient des vases de porcelaine de Chine. Mais ces produ ts d’une civilisation, dès lors si avancée, devinrent très-rares en Europe, lorsque les grandes routes de caravanes furent interrompues et tout à fait inconnues au moyen àgc, jusqu’à ce que la navigation de la mer Rouge par les chrétiens eût rétabli les anciennes relations avec l’Asie. Une seule réponse suffit, au reste, pour renverser ces objections : US TABLEAU FIGURANT EN RELIEF, d’un CÔTE, LA NATIVITÉ RE NOTRE SEIGNEUR, DE L’AUTRE CÔTE L’ADORATION DES MAGES, POUVAIT-IL ÊTRE FAIT EN PORCELLAINE ET EN CHINE, AU QUATORZIÈME SIÈCLE ? D’aU-

tres, et parmi eux M. La Barte, opinent pour l’agate laiteuse. Cette pierre , dit celui-ci, devait itre une matière précieuse, car l'objet auquel elle est employée est presque toujours richement monté en or, émaillé avec des perles et des pierres fines ; c’était sans doute une espèce d’agate, la calcédoine peut-être qui, de sa nature est nébuleuse, d'un blanc mat ou blanc de lait, ou mieux encore la calcédoine saphirine qui montre un ton bleuâtre. Cette opinion repose sur une erreur. La jaonture faisait la valeur des joyaux et des productions de l'orfèvrerie. La pièce montée, souvent de madré, c’està-dire de bois, de porcelaine, c’est-à-dire de nacre, de noix d’Inde ou de coco, d’œuf d’antmehe, etc., était de très-peu de valeur intrinsèquement, mais elle acquérait du prix par le métal précieux , les pierres fines et le travail habile qni s’y ajoutaient. Deux écuelles de porcelaine sont estimées un sol, trois deniers, elles auraient valu cinquante livres, si elles avaient été montées. 11 m’a semblé intéressant de poursuivre, par mes citations, le mot porcelaine, jusqu'au moment où il passe des coquilles ou de la nacre de perle à la vraie porcelaine chinoise, jusqu’au jour, bien voisin de nous, où sa signification plus générale s’applique à tout le service île la table qui u’est pas eu métal. En Angleterre, l’expression China ware, marchandise chinoise, désigne aujourd’hui la faïence émaillée de l’Italie, que nous appelons Majolika. Au temps de Sliakspeare en était-dl ainsi? le grand poète ne pensait-il pas à la vraie porcelaine de Chine?

(A) 1295. Item quatuor vasa de Nacchara. — Item unain cnpam de Nacchara (lavent, ap. Du Gange.)

(B) 1295. Ils ont (les habitans de Garajan) monoie en tel mainère con je voz

dirai, car ils espendent porcelaine blance , celle qe se trovent en la mer, et qe se matent au cuel des chienz et vailent les quatre vingt porcelaines un saie d’arjent qe sunt deux venesians gros. (Marco Polo.)

(C) — Ils ont (les habitants d’une autre province soumise également au grand

Khan) tant or qe je voz di q’il donent un saie d’or por sex d'arjent. Et encore en ceste provence s’espendent les porcelaine qe je voz contai desoure pormonoi. Et voz di qe en celle provence ne se trouvent celles porcelaines, mès hi vienent de Yndie.

(D) — Lor monoie (les habitants de Zardandan ) est or et encore hi se espe-

nent les porcelaines.

(E) — Et in ista provineia ( royaume de Fuchin) est una civitas in qua sunt

• pulcriores paraxides de mundo et ista civitas vocatur Tirai gm et istæ sculellæ sunt de porcellanis et non fiunt in aliquo modo de mundo nisi in ista civitate et inde portantnr ad oinnes partes muudi et pro uno veneto grosso habet homo très paraxides de porcellanis pulcriores de mundo. (Je donne le texte latin et français de cette importante citation.) Et encore voz di qe en ceste provence , en une cité qe est apuellé Timigni , se font escuelle de porcellaine grant et pitet les plus belles qe l’en puisse deviser. Et en une autre part n’en s’en font se ne . en cest cité et d’iluec se portent por mi le monde et bi ni a assez et grant raerchiés , si grant qe bien en anrest «or un venesian gros trois escueles si belles qe miaus ne le seusent nul deviser.

(F) — De ceste reigne (l’isle de Sardan près Java) vont toutes les porcelaine

qe s’espenent en toutes provences.

(G) 132i.iij petiz quilliers d’argent où e kockilies de lameer. (Invent, du comte

de Hereford.)

(H) 1328.Un coq d’une perle et une geline de perle de coquille, pesant ensemble

x marcs, une once, prisé vii livres. (Invent, de la royne Clémence.)

(I) — Un hanap d’une coquille de perle, à couvescle , sus un pié esmaillié ,

— prisié xlij liv. p.

(J) 1337. Unnm gobelettum de nacro, circnmligatum circum, circa, inferius ,

superius et in medio, cum argento deanrato cum uno copertorio de nacra, circumdato de argento deaurato et esinallato, inlùs et extra, cum uno pulcro saphiro in summitate ejusdem posito. (Ïnv./Je Humbert II.) (K 1 353.Cne coquille d’une perle , à pié et à couvescle , dorée et esmailliée , trouvée pesant iv mares, v onces. (Compte de l’argenterie du Roy.)

(L) — Une autre coquille, d’une perle despeciée, à pié et à couvescle, d’argent

doré, pesant ij marcs, vi onces. *

(M) i3G0. Inventaire du duc d’Anjou , 268, 300, 301, 306, 511,512, 515 à 518.

(N) 1363. xvii coquilles de perles, garnies d’argent, dont il y en 3 x couvesclées

et vii sans couvescles, et poise tout ensemble lix marcs. (Invent, (tu duc de Normandie.)

(O) — Un dragon volant de perle, assis sur un arbre d’argent doré , qui a le

pié semé de perles.

(P) — Uns tableaux peintx de plusieurs ymages, de coquilles de perles, tou6

dépeciez.

(Q) — Un tableau de pourceiaine , qiiarré , de plusieurs pièces et ou milieu

l’ymage Nostre Dame, garny d’argent doré, à ouvrage d’onltremer.

(R) — Une coquille de perles qui a le pied d’un lys d’argent doré, avec I*

couvescle, pesant ij marcs.

(S) — Deux plats, iiij escuelles et iiij saussières de pourceiaine.

(T) — Un tableau de pourceline , où sont deux ymages armés en estant ,

ij esens de St George et deux glaives où sont en la bordeure xiij perles, iiij saphirs et iiij balais, pesans iij onces d'or.

(U) 1372. Un pot à eau de pierre de pourceiaine , à un couvercle d’argent et

ET REPEBTCHRB. (469

borté d'argent doré, pesant nn mare, iiij onces, xvii esterlini, peiné aiiij rr. d or. (Compte du lest, do la royne Jelianne d'Evreui.)

(V)tJ80. Un tableau quarté de poorcelaine où d'un costé est l’ymage Nostre Dame en nn esrnail d’aiur et plusieurs autres yraages à ['environ et de 1 anstre costé a un ymage de St. Pol et est environné de perles tout autour et y faülent quatre pieres (ou pièces) pesant une once, xvii eiterlins. (Invent. de Charles V.)

(K) — Un tableau de ponreelaine qnarré où d’un oosté est l’ymage Nostre Dame et les nj apostres entour et de l’autre costé a plusieurs ymaeeB et a 1 environ iiij grosses perles, vi esmerandes etvrubis d’Aleiant&e pesant mj onces, ▼ est.

{T) - Un charnel sur «ne terrasse, garny de perles, balais et saphirs et a le charnel la boc* d’une coquille de perles etdeux chandeliers aux costé* pesant 1 marc, ij esterlins. *

(Z) — Dns petits tableaux carres de pourcelaine où est eataillié un crucefiement Nostre Dame et St Jean, sans nnlle garnison.

(AA) — Uns petits tableam de pourcelaines, enchâssiez en or, où est on dns nn demy ymage de Nostre Dame, non pesié.

(BB) T- Uns petits tableam d’or où il a une pitié qui est de coquilles de nerles et a sur le cbappiteau vij petites perles, pesant vi esleriins.

(CC) — Une petite pierre de pourceline , entaiüié à Ti petits ymages, garni»

(DD)ta«r Un UbluMc deux pièces ouvre de coquilles de peries. (Inventaire

(EE)t«08.Ung petit miroiter, garni d'or, où est, de une coquille de nerles nof ùO’9 ) "De lcorne el ““S homme.monté dessus. (Ducs de Bourgogne’

(ÏT)i4i6^Um coquille en manière de limaçon , prisée x sols t. (Invent, du duc

(G«) — Un petit sac, ouquel a plusieurs perles de nacre de perles, montans en somme a vi sens, prisé chacun cent iij s. p., valent ut sols t.

(HH) — Un gros nacre de peries — v sols t.

(II) — Une grosse perle comme d’une nacle , prisée xi liv. x sols t.

(«) — Un estny d’argent, ouquel a uns tableaux de pourcelaine et ou dit estuy a esmanlx des armes de France et d’Evrenx et quatre autres petis esonçons ou il a en chacun une semblance de tour, qui fut de feu Monseigneur d’JEstampes, x liv. t. 1

(LL) — Un plat fait de pourcelaine, sans aucune garnison, estant dedans un estuy de cuir, non prisé pour ce qu’il a esté rompu en amenant de Bourges à Pans.

(MM) — Un pot de pourcelaine à une ance d’argent blanc et le demourant avec lecouvercle, garai d’argentdoré et dessus le couvercle aun esmaii de pellte, prisé c sols t.

(NN) — Un autre, pot de pourcelaine, avec l'ance de mesme (c’est-à-dire d’argent comme dans l’article précédent) garni d’argent doré et dessus le fretelet une rose d’argent, dorée — c sols t. °

(00) — Deux petites escuelies de ponreelaine, prisées i sol, iij den.

(fP) — Jn grant tableau de bois où il a ou milieu un ymage de Nostre Dame de pourcelaine et plusieurs antres ymages de ponreelaine autour, de la aie£î-S,ra etde Nostre Dame garav d’un descostés à l'entour

(1 argent doré, à 1 euvre de Damas, prisé xvi liv. t.

(QO) — Une pièce de ponreelaine pour faire nn porte paix, en laquelle est le baptisement Nostre Seigneur, prisee — x sols t. ^

(RR)14t6.Une coquille deperle garnie d’or, crû il y a trois balaisscaulx, un saphir et trois esmerauaes , prisé x liv. t.

•(SS) 1420. üng petit coffret d’escorches de perles. (Ducs de Bonrg., 6270.)

(TT)t467.Une esgnière d’escaille de perle, garnie d’argent doré, semée sur le pié de quatre esroaulx esmaiîliés de personnages et de pluseurs pierres et perles de petite valeur. (Ducs de Bourgogne, 2761.)

(UU) — Item une autre escaille de perle, sans pié. garny d’argent, taillié à l’entour des hors au bault à ouvrages et de qnatre petites feulles enlevées. (Ducs de Bourgogne, 2762.)

(VY) — Item une antre escaille de perle, assise sans pié, garnie d’argent doré, esmaillée à l’entour des bordures de plusieurs testes de personnaiges et semée les bords de pairrie et de perles de petite valeur. (Ducs de Bourgogne, 2763.)

(XX) — Deux petites paix de coquilles de perles, garnyes d'areent doré, l’une à l’image Saint Michiel et l’autre ae trois roys. (Ducsae Bourg., 2164.)

(YY) — Uneesguière d’escaille de perle, garnie d’argent doré, semée sur le pié de iiij esmeauli esmaiîliés de personnages et de plusieurs pierres et perles de petite valeur et pareillement au dessus d’icelle aiguière a garniture de pareilles pierres et esmeauli et sur le fntelet au couvercle a uug escureul esmaillié de bleu, pesant iij marcs, iij onces. (Ducs de Bourgogne, 2761.)

(ZZ) — Une coquille de perle, à manière d'une nef, gamyc d’or, ayant cbastean devant et derrière, garnye de fnzils, pierres et estincellesà jour. (Ducs de Bourgogne, 314a.) Dans l’inventaire de Charles le Téméraire, cette nef est estimée lx liv. xv s.

(AB)1470.Une aiguyère de perles, cassée, garnie d’argent doré, semé sur le piet de quatre esmaulx esmaillésde personnaiges et de pluiseurs perles et pierries de petite valeur et sur le fertelet a ung escureul, esmaillié de bleu, pesant iij marcs. (Ducs de Bourgogne, 5269.)

[ÂC)1498.Ung tableau d’or ouquel a ung crucifiement et xii autres histoires au dessous, le tout de nacle de perle, enfermé en ung tabernacle de boys. (Inventoire de la royne Anne de Bretagne.)

(AD) — Une petite croix de nacre de perles.

(AE) — Une escaille de perle, dont l’un des lwrotz est garny d’argent doré et

y a une teste de lnysart.

,<AF)- Une sallière d’escaille de perles en laquelle y a un petit salleron de jaspe garnie d’or, où il y a plusieurs perles et rubiz au pié, pesante six onces, denx gros d’argent.

(AG) — Une paix, faicte de escaille de perles, enchâssée en argent doré, où il

y a six perles et plusieurs autres pierres doublez, an crucifix au millieu, Nostre Dame, Saint Jehan et les deux Maries.

(AH) 15i6.Ung tablaux d’argent doré, d’ongne nonciade, a deux feuillies de

porselleÿne, là où est (l’ymaige) de feu roy don Philippe et la reyne donne Joanne sa famé, (invent, de Marguerite d’Autriche.)

(AI) 1524. Ung beau grant pot de porcelaine bleue à deux agneaux (anneaux)

d’argent. (Second inventaire de Marguerite.)

(AJ) — Deux autres petits pots de pourcelaine.

(AK) — J Six plats et escuelles et salières de ponreelayne, de plusieurs sortes.

(AL) — Une coquille de lymesson de mer.

(AM) — Quatre autres moiens potz de ponreelayne.

(AN) — Ung pot de porcelaine, sans couvercle, bien bean, tirant sur gris.

(AO) — Jix petiz crousetz de porcelayne, comprins ung moien.

(AF) — i,Une esgnière de porcelayne sus gris, garnie, le convecle, le piez et le manche d’argent doré, bien ouvré.

(AQ) — Deux aultres esguières d’une sorte de porcelayne bleue, garnies les couvecles d’argent doré.

(AR) 1524 .Ung beau gobelet de porcelayne blanche, à couvecle, painct à l’ea-

tour de personnaiges d^bommeset femmes.

(AS) 1528. A Guillaume Hoisson, lappidaire, demourant à Paris, la somme de

xxxiij liv. iiij s. pour ungpoignart ayant le manche de cristal et garny par la gueisne de troys camayeux de ponrcelayne. (Comptes royaux.)

(AT) l532*.La tierce (Natif ) pour devise avoyt ung beau et profond hanap de

porcelaine. (Rabelais. Pantagruel.)

(AU) 1536. Une paix d’or où il y a une crucifix et autres ymaiges dessoubz de

coquilles de perles, garnyes à l’entour de sept saphirs, sept esmerauldes et quatorze perles en potences. (Invent, de Charles-JQmut.)

(AY) — Une couppe d’argent couverte, dorée par dehors et par dedens. garnie de trente deux ponrcbelains à manière de camahieux, taillez ae plusieurs personnaiges et d’oiseauh et de rolletz où il y a escript : Bien en adviengne , et sur le fretelet les armes de feu MS. Charles et de Madame sa compaigne en une rosette en façon de marguerite, pesant vii marcs, vii onces.

(AX) — Une imaige de l’annonciation de Nostrc Dame en porcelaine, mise eir

or et à l’autre costé est esmaillé de noir Sainte Marguerite.

(AY) 1540.Deux plaz de porcelaine. (Invent, du card. Georges d’Amboise.)

(BC) 1553. Des vases de porcelaine que l’on vend au Caire et du nitre. Cha-

pitre un. — 11 y a grande quantité de vaisseaux de porcelaine que les marchands vendent en public au Caire. Et les voyant nommez d’une appellation moderne et cherchant leur étymologie francoise,, j’ay trouvé qu’ils sont nommez du nom que tient une espèce de coquille de porcelaine. Mais l’atiinité de la diction murex correspond i murrhina, toutes fois je ne cherche l’étymologie que du nom françois en ce que nous disons vaisseaux de porcelaine sachant que les Grecs, nomment la mirrhe détourna. Les vaisseaux qu’on vend pour le iourd’huy en uoz pais, nommez de porcelaine, ne tiennent tache ae la. nature des anciens : et combien que les meilleurs ouvriers d’Italie rt’eri font point de telz ; toutes fois ils vendent leurs ouvrages pour vaisseanlx de. porcelaine, combien qu’ils n’ont pas la matière de mesrne. Ce nom de porcelaine est donné à plusieurs coquilles de. mer, et poutr ce qu’un beau vaisseau d’une coquille de mer ne se pourrait rendre mieux à propos su y van t le nom antique, que de l’appeler porcelaine, j’ay pensé que les coquilles polies et luysantes, ressemblants à nacre de perles, ont quelqu «itlinité avec la matière des vases de porcelaine antique, joinct aussi que le peuple françois nomme les patenostres. faictes de gros vignols, patenostres de porcelaine. Les susdits va setf de porcelaine sont transparents et constent bien cher ail Caire et disent mesmement qu’ils les apportent des Indes. Mais cela ne me . sembla vraysemblable : car on n’en voirroit pas si grande quantité,

ne de si grandes pièces s’il les falloit apporter ae si loing. Une esguièfe, un pot , ou un autre vaisseau pour petite qu'elle soit conste un ducat: si c'est quelque grand vase, il constera davantage. (Belon.)

(BD) 1554. Une ymaige à mectrc à ung chappeau, de ponrceline, à nng ymaige

sainct Christofles, garnye d’or, — prisée xij liv. t. (Invent, des biens de la Dame de Nicolaï.)

(BE) 1556.A Jehan Doublet, orfèvre de MDS. (le Roy), pour treize boutions

d’or, taillez «à l’entour, d’espargne, esmaillez de noir et rdhanlsez de blanc, esquels y a en chascun ung camabyeu de porselaine, taillés de petites histoires différentes, — lij liv. (Comptes royaux.)

(BF) 1557. Ovurum putaminaet marinnrum couchas umbiliconim (porcellanae

species homm sunt ; onde et nomen) in tennissimum redigunt pollinem, quem aqna subactum, vasormn facie informant, snbtusque ter^ram condunt. (Scaliger, Exerc. xcii.)

(BG) 1560. Ung bassin creux de nacre de perle, enrichy de plusieurs pierres

faulces, estimées — 1 44. (Inventaire de François II , fait à Fontai- » nebleau.)

ffi

(BU) 1560. Déni grandes esgnières anssy de nacre de perle, dont l'une est gamié d’argent doré avec plusieurs pierres faulces et l'antre presque semblablement garnie de lethon, estimées — 1

(BI) — Ung grant vase de nacre de perle, garny d’argent doré , enricby de

six saphirs, xxxiiij rubis et ong ballay avec quelques petites perles , t estime iij« ft. •

(BJ) — Ung orloge sur ung grant vase d’argent doré enrichy de plusieurs

i pourcetenues, pierres faulces et mauvaises perles, — vij** xiiij ft.

(BK) — Une coffret d’argent doré, garny de plusieurs pourcelenes et de quatre

tables d’or esmaulées de plusieurs conteurs, de bastaille, estimé— 1 tfc„ l«0 — Une grant couppe d’argent doré, onvraige de jmf, garnie de plusieurs pourcelenes, — c ft.

IBM)- Une grande coquille de nacque de perte garnie d’argent doré, où il y a dessus un Baccus, enrichi de xlix rubis et d’ung diamant en table ,

— iij« ft.

ON) — Uu petit vase de pourcelene, avec son couvercle. Tance, le pied et le biberon d’argent doré, estimé — xx ft.

(BOl — Une grande enseigne d’or d’ung S. Michel, armé de diamants, fui combat ung diable de nacre de perle, enrichy de turquoises et rubis,

- ijc ft.

(BP) ^ Neuf flacons de coquille de perte , garnis d’or et enriebix de deui

petits rubis, estimés — viij» viij ft.

(BQ) — Une salliëre de. pourcelene, couverte, garnie d’or, estimée v ft.

(BR) - Un antre poignart garny d’argent doré et de pourcellynes desquelles

il y en a une perdue.

(BS) — Ung tableau carré d’or auquel a ung cruciflxement et deux larrons

faits de poorcellynes, émaillé d'n» demi son de noir.

(BT) 4666. Huit cuillers de porcelyne, garayes d’argent doré. (Inventaire de

mademoiselle d’Isles , duchesse de Clèves.)

(BU) — Ung tableau de porcelaine, garny d’or, — xxxvi liv. t,

(BV) — Ung estang garny d’or, auquel y a dedans ung signe de nacre et à l’en-

viron dudit estang y a plusieurs petites pertes , — xxx liv. t.

(JlX) — Deux salières , avec leurs couvertures d’argent doré , assise chacune d’icelte sur oue coquille de porcelyne , faicte en façon de dragon , — xix liv. t.

(BY) — Déni sallières d’argent doré , assises sur trois estanx (alias escotx), le fonds d’agatte garayes de doublets. Les estaulx garny de médalles de porcelyne pesant ung mare, déni onces, — xxij liv. t.

(HZ) — Une petite canette de porcelaine # garnye d’argent, poise sept livres,

(CA) — Trois cuillier de pourcellaines , garayes d’argent doré , à meufles de

lyon , manegées de coral à braueges, aux yenlx desquels meuffles y a des urmelles.

(CB) 1670. Vasa murrbyns ex China tôt generum quæ porcellaoæ patrio sermon»

appellantur. — Ex isto palatio — idibus Ang. MDLXX. (A, Ciacon ad pnncipem Gard,)

(CG)iÔ86.Deoxcuillièresde ponreelaines, garayes l'one d’or et l’autre d’argent. (Inventaire de Marie Stuart.)

(CD) — Hem une imaige à mectre à ung chappeau, de pourceline, à hnaige de sainct Christophe, garnie d’or. (Invent. d'Emard de Nicolay, président de la Cour des Comptes.)

(ÇE) 1699. Un fruetier de nacre, de pertes , à escaille de poisson , où il y a plusieurs petites pierres vertes et rouges faulses, tout à l’entour, — prisé xxx escus. (lurent, de Gabrielle d'Estrées.)

(CF) — Un grand bassin de nacque de perles , aussy à escailles de poisson , bordé d’argent doré, servant à laver mains, — prisé lxx escus.

(CG) 1590. Deux vases de nacque de perles, on coquilles, garnis d’argent doré, à

l’un desquels est représenté le devant d’un lyon, le pied d*une femme qui soustient le vase, — prisé lx escus.

(CH) — Un yaze de nacnues de perles , où y a tin buberon , garuy d’argent

doré et au bout au couvercle seize perles , — prisé xl escus.

(CI) — Un boucguart de naeques de perles, garny d'argent doré, — prisé

xij escus.

(C J) — Deux gondolles de naeques de perles ayant une patte et un couvercle chascune, et toute la garniture d’argent doré; — prisé xl escus.

(CK) — Deux sallières de naeques de perles , couvertes et garnies d’argent

doré, — prisées la pièce xv escus.

(CL) — Un vinaigrier de naeques de perles, fait en limasson, avec un cou-

vercle garny d'argent doré, — prisé x escus.

(CM) — Trois sallières de semences de perles , couvertes et garnies d’argent

doré, esmaillées de couleur, faite en dragon , — prisé lx escus.

(CN) — Deux (milliers, une naeques de perles et l’autre- de quelques escaillés ,

les manches de corail, — prisés lx sols.

(CO) — Deux cocquilles de lymasson de naeques de perles, — prisés ensemble

la somme de quatre escus.

(CP) — Un poudrier de porcelayne , garny d’argent , avec un cordon de soye

grise et d’argent, avec sou étuy, — prise x esens.

(CQ) 1603. Clown : Sir. we had but two (stew’d primes) in tbe bouse whicli

at that very distant time stood , as it were in a fruit dish , a disb of some tbree pence ; your honours bave seen such dishes , they are not China dishes, but very good dishes.— Esc a lgs : Go to, goto, no matter for tbe dish, Sir. (Shakspeare. Measure for Measure.)

(CR) 1608. Les fraizes de pied et demy de long, qui n’avoient esté erapezées

depuis qu’ilz partirent d’Espagne , faittes de cousty blanc , sy roides qu’elles sembloient estre pourcelayne. (Satire contre don Pèdre.)

(CS) 1640. Du Cabinet des Curiositez : Il s’y void encore quelques vase» et vais-

selles de porcelaine et de cristal, fort curieusement travaillées , avec une infinité de petites gentillesses, dont l’on avoit fait présent à ctf. roy (François 1er), et à Henry II, avec quelques ouvrages des Indes, de la Chine et de Turquie et antres curiositez de cabinet qui ne se peuvent pas décrire. (Le Père Daniel. Trésor des Merveilles de Fontainebleau.)

(CT) 1692. Ce que nons appelions Porcelaines en coquillages, et les latins Concha

vene.rea, sont de petites coquilles blanches que l’on nous apporte de plusieurs endroits des Indes, tant orientales qu’occidentales, enfilées en manière de chapelets et par panies, si bien que dans un paquet où il y a plusieurs de ces pantes, il s’y trouvera plus d’un millier de ces petites coquilles. (Pomet. Histoire des Drogues.)

(GU) 1705.11 y a des vases dorés et des vernissés, il y en a de cristal et de verre,, et tout cela est appelé porcelaine. (Génie de la langue françoise.)

POURPOINT. Bien que je ne conserve pas, dans cet extrait de mon glossaire , les termes qui désignent les vêtements, je transcrirai un des articles qui . se rapportent au pourpoint que le roi fit faire, en 1391, pour son entrevue avec le roi d’Angleterre. Il faut savoir que vingt joyaux très-riches furent mis à contribution, de la même manière et pour le même objet.

(A)1399.Üue couronne d’or — de laquelle couronne fustostée,le douzième jour de may (1391) cent dix sept perles, dont il yen ot quatre brisées, reste cent treize perles baillées à Chariot Poupart, argentier, pour la façon de certains pourpoins et joyaux qu’il fit faire pour le Roy , pour son voyage de St-Omer, où le Roy d Angleterre devoit estre en personne. (Invent, de Charles VI.)

pourtraict. Portrait, aussi dessin, même im dessin qui n’es* pas une imitation, mais un projet.

(A) 1382.Pour un ponrtraict fait en parchemin, ponr le Jubé, par Henry de

Brnisselles, maçon, ponr monstrer aux bonrçois et aux ouvriers de la ville, encontre ûng autre pourtraict fait par Michelin le maçon, onquel ponrtraict fait par ledit Henry lesdi* boorgois et ouvriers se sbrttteiroA oonr estre le meilleur. (Comptes de l’église de Troyes. Vdyea Ducs de Bourgogne, tome IV, et l’introduction du tome 111» dans lequel je mentionne Ja publication de M. Gadan )

(B) 1505. S’ensuyt l’ordonnance de la tascbe de Brou , touchant l'église —seront

tenus les massons de fère deux sépultures, belles et houestes , selon l’ordonnance du pourtraict.

(G) 1535. A Claude Badouin, pour avoir fait un grand pourtrait pour l’un des tableaux qu’il convenoit faire en l’un des parquets contre le mur. (Rcn. des arts à la Cour de France, I, 397.)

PO U RT R Al CTU H ES. Histoires peintes, peintures.

(A) 1407.Aux Celestinsjde Paris) est paradis et enfer, en painture, avec autres

pourtraitures de noble envre en nng cuerà part. (Voyage de Paris par Gnillebert de Meta. Je me sers d’une copie que M. Leroux de Lincy a fait faire à Bruxelles et qu’il m’a communiquée.)

(B) 1 420. La pourtraitture de iiij euvangelistes sur taffetas blanc. (D. de B. 4111.)

PR ASM E. Prime. Cristal de roche coloré, qui prend le nom de la pierre line dont il se rapproche le plus par sa nuance : prasme d’esmeraude, prasme d’améthyste. Les joailliers du moyeu âge ont tiré un grand parti de ces à peu près de pierres précieuses.

(A) 1360.Inventaire du duc d’Anjou. Uns tableaus de. presme d’csmeraude,

(B) 1416. Une grant prasme d’esmeraude, où il a en un costé une gésine de

Nostre Dame et de l’autre costé un vmage de Nostre Dame — xiij liv» x 8. t. (Inventaire du duc de Berry.)

(G) — Deux gosses de genestre, l’une de prame d’esmeraude et l'autre de nacre ae perle — vi liv. t.

PRÉSENTS. Il est inutile de revenir sur l’usage de faire des

Œs et de donner des gratifications; l’organisation de la société était établie sur cette base. Les citations qui suivent n’ont rapport qu’à des présents faits au loin, ou offerts à des personnages qui viennent de loin et qui remportent ces objets avec eux. Quand Aaroun-el-Raschid envoie à Charlemagne une horloge, il est évident qu'il exerce en Europe une influence sur l’art du mécanicien , et cet exemple me suffira pour motiver cet article du Répertoire.

(A) 1355. Joyaux pour les dons du Roy. A Jaquin Lenglois, changent et bour-

geois de Paris, pour nne belle ymage de Nostre Dame assise sur j grant tabernacle et dessus a j cruxehement de Nostre Seigneur, — pour donner à j évesque de Dampnemarche , üij» iiij“ iv escus. (Comptes royaux.)

(B) 1390. Charles, — roy de France, — * pour trois hennaps et trois aiguières

d’argent doré — que nous avons données à trois chevaliers d’Angleterre qui estaient venus de Barbarie. (Cab. généal. Mandement. Ducs de Bourgogne, IV.)

(G) 1400. Pour nû bennap et une aîgoière d’or que le Roy NDS. a fait acheter et présenter de par lui à l’empereur de Gontentinoble, — üjc lniij liv. a s. p. (Comptes royaux.)

(D) 1423. A Jehan Pentin , orfèvre . demourant à Bourges, — pour nne paix de fin or, bien riche, esmaillée au milieu d’une ymage de Nostre Dame, au dessus de laquelle paix a une croix, aussi esmaillée d’une autre

ymaige et antour de la ditte ymaige a quatre bien growes perle» qne MS. â fait prendre et achetter dudit orfèvre , par marcbié fait*, vi** xviij frans et icelle a donnée à ung évesque de Fortingal qui, avec plusieurs autres Portungalois, estoit venu devers lui en ambaxade de par le roy de Portugal. (Ducs de Bourgogne, n. 676.)

( E } 1 432. Item, pour avoir fait enluminer les deux premières paiges de deux livre» des ordonnances de la Tboison d’or, portez à Rom me (D. de B, 943.) (F) 1470. À Gnillemin Poissonnier, orfèvre, — pour tasses et esguières données à Robert Lasdre, chevalier du pays a’Escosse, — ccccvii liv., riv s., vi den. (Comptes royaux.)

PROFIL. J’ignore s'il existe une pierre de ce nom; je suppose une erreur : le rédacteur de l’inventaire de Charles-Quint n’aurat-il pas voulu écrire porphyre? (Voyez ce mot.)

(A) 1536. Ung gonblet à pied et couverte de pierre ressemblant à iaspe , appelée profil, lequel fu donné à l’empereur par Don Nymgo de Gouzman. (Inventaire de Charles-Quint.) •*«

PUISETE. Petit seau.

(A) 1400. Pour une pnisete d’arain à puisier eaue, xvi s. p. (Comptes royaux.) PUNNIAUL. Poignée, se disait d’une épée.

(A) 1358. Une espée estoffée d’argent, à i fourianl de velniel, à punniaul et bal-

dure d’argent. (Inventaire du Hamas de Mons. de. Haynnau.) , •,

(B) — Une petite espée à baldure d’argent : sa i puniaul de rouge pierre.

QUARTE. Vase d’une capacité de convention, variant selon les lieux et parfois égal à la pinte. Il était associé à l’aiguière. (Voyeace mot.)

(A) 1363. Deux quartes d’or fin, pleines, à deux fritelez d’or, tous grenetex, qui

poisent xii marcs, iij onces. (Inventaire du duc de Normandie.)

(B) — Une quarte dorée et esmaillée d’aymaux vers, à oisele», avec L’aiguière

de meismes, pèsent viij marcs, ri onces.

(C) 1380. Une quarte et une aiguière d’argent doré, semées d’esmaux aux armes

de la dnché et comte de Bourgogne , pesant xi marcs , une once , xv esterlins. (Inventaire de Charles Y.)

(D) — xii quartes d’or de pleine façon, esmaillié d’un esmail rond sur cha-

cun convescle, et poise üij«* marcs, xv esterlins d’or.

(E) — Une quarte d’or, armoyée en la panse des armes d’un pape, et est

d’anmenn» façon et poise v ii marcs, tt onces.

(F) — Deux quartes d’argent, pareilles, verrées, à deux esmaux de Lyon sur

le convescle, pesans x marcs.

QU Alt TZ-Ati ATE. A gâte, mot dérivé, par 1rs anciens, d’un fleuve de Sicile, Achates, aujourd'hui la Drilla.qui roulait cette sorte de pierres dans son lit. La nuance distinctive de l’agate est le blanc laiteux et grisâtre. Des accidents ont introduit dans ces pierres, au moment de leur transformation, des éclats métalliques assez semblables à des fougères, à de la mousse, et même, si on veut s’y prêter avec quelque nonne volonté, à des figures; de là les noms d'agates arborisées, fierborisées, mousseuses, figurées, ponctuées, etc., etc. On les tirait de l’Orient, mais l’Europe, depuis le fond de la Uusssic et de la Sicile jusqu’à l’Ecosse, les produit en abondance et en grande variété. Le quartz chatoyant, variété de l’agate , est traversé de filets d’amiante qui reflètent les couleurs du spectre solaire. La pesanteur spécifique ae cette pierre est de 8,60, celle d’un coryndon chatoyant

est de 4, la confusion n’est donc pas possible; ajoutez que la première est moins dure que la seconde. Les descriptions des inventaires ont trop peu de précision pour permettre de déterminer à quel genre appartiennent les agates qu’ils énumèrent en grand nombre. Je ferai les deux citations suivantes, pour marquer le prix auquel pouvait être estimée une agate dépourvue de toute monture,* à la lin du xvi* siècle.

(AJ1599. Un grand vaze d’agatlie faict en une auticque taillé et leauel n'est point garny, prisé deux cens escus. (Invent, de Gabrielle a'Estrées.)

(B) — Un petit tableau qui s’ouvre à deux fueilletz. Ce sont deui agatlies, où il y a lui sauveur d'un costéetnne Nostre l)aine de l'autre, e&maillé de noir et de perles, prisé cinquante escns.

QUENNE. Uu vase de forme allongée et d’une capacité convenue.

(AH 360. Inventaire du duo d’Anjou, 167.

(B) 1382. Prima die adventus, magistro Johanni, uuaui quennam viui, xixij den. (Compte cité par Du Cauge.)

QUERRE. Coin, esmail à iij querres, a trois coins on cotés. (A)(360.Un pot quarré, dont il y a quatre querres à ymages. (Inveut. du duc d’Anjou, n« 416.)

QUEURRE. Chariot, la voiture du temps, orné de peintures'qui étaient exécutées , à la Cour, par le peintre en titre d’office du roi, et ailleurs par des artistes de talent.

(A)1391. A Jehan Biterne, paintre, — pour paindre et mirer un queurn* pour madame la duchesse. (Ducs de Bourgogne, no 5516.)

QUIQUANDAKNE. Sorte de grand vase, énuméré patmi les ustensiles des ménages les plus modestes, et que je cite ici comme se trouvant dans l’inventaire du duc de Bourgogne, parmi les bassins d’argent blanc.

(A) 1295. Ung quemiuel, j den , une qnicandaine, j den. (Apud Du Cange.)

(B) 1467*. Une petite miitandaine (d’argeut) à une biberon, poinçonnée à per-

sonnages de berghiers et moutons et sur le couvercle une ymaige de Nostre Dame , esraaillée , à une petite ansse à le tenir pesant ij marcs, xv esterlins. (Ducs de Bourgogne, 2693.)

(C) 1487. Une quiquandeine. (Ducs de Bourgogne, no 7178.)

RABOT. Lorsque Louis d’Orléans eut pris pour .devise le bâton noueux, le duc de Bourgogne choisit le raDot, et la menace fut suivie de près par l’assassinat. Les citations suivantes ne feront qu'indiquer avec quelle profusion et quelles dépenses on mettait en œuvre ces fantaisies de l’imagination.

(A) 1413. Pour une grande quantité de raboteures rondes d’argent blanc pour

mettre et assoir sur la broderie d’une jaquette de drap noir. (Ducs de Bourgogne, 270.)

(B) 1416. Pour iiijciiii** rabos, iiij«niiiiclij rabotures et xix»iiije bezans d’argent

blanc pour asseoir sur la brodure de iiij** robes. (Ducs de Bourg., 373.)

(C) — Pour vicliij rabos d’or sauldis que l’on a mis et assis sur les manches.

(Ducs de Bourgogne, 374.)

(D) 1467. Une saintnre d’argent doré, pour mectre sur harnois de joustes , à

xxiiij barroyers pendans et à dix rabos fermés et y fault ung rabot, pesant vin marcs, iij onces. (Ducs de Bourgogne, 3184.)

RANG 1ER. Renne, le cerf du Nord.

h y (Aa<v^[e

(Â)II89.t'n rangier d'or, esmaillié de blanc , les cornes d’or. (D. de B. , 5460.)-

RAZOITER. Le rasoir et aussi le grattoir. Dans la citation suivante, ce mot a la première signification, et un rasoir d’argent doré doit s'entendre d’un rasoir en acier, à manche d’argent doré.

(À) 1Î50*. S’a dedans nn razoir tîové ,

Oui moult estoit bien afilé Kt nn cisianx et nn bacin De laton bon et cler et An. (Roman dn Renard.)

(B) 1476. A Olivier le mauvais (on le daim) varlet de chambre et barbier du corps — xx liv. xii s. ponr un estuy garny de razouers d’argent doré de nn or, ciseaux, peignes et mirouer. (Comptes royaux.)

RÉFREDOER. Vase à rafraîchir.

(A)1416.Un réfredoer à vin, de cuivre, ouvré à euvre de Damas, prisé x liv. t. (Inventaire dn duc de Berry.)

RELAIS. Dans les transports de voyage, il y avait double équipage, celai qui partait le soir pour faire le logis de la journée suivante, et celui dont on se servait. De là ces expressions : Coffre de relais, lit de relais, linge de relais, etc., etc.

(A) 1307. A Robin Garnier, coffrier, pour deux coffres de relais, fermans chacun à deux fe rreures, ferrez et douez ainsi qu’il appartient — pour mettre et porter eu chariot le linge de relaiz de MS. fe duc d’Orléans, pour ce — vi liv. viij s. p. (Comptes royaux.)

RELIQUAIRES. Ils sont de toutes formes, depuis la grande châsse en forme d’église, jusqu'au médaillon qu’on portait au col ; depuis les bustes en argent, les membres recouverts ou vêtus en métal, les berceaux pour les saints Innocents, les boites de toutes sortes et de tontes matières, jusqu'aux tableaux qui présentaient les reliques classées et étiquetées comme des collections d’objets d'histoire naturelle. Tous ces reliquaires sont longuement décrits dans les inventaires: j’y renvoie, remarquant seulement que toutes ces Variétés se réduisent à vingt ou vingt-cinq modèles qu’on retrouve dans les trésors des églises et dans les collections publiques, mais, à la vérité, disséminés en tous pays.

(A) 1250*. L’os que il (Clovis II) avoit folement desevré du corps (S. Denis) ftet

vestir et aerner d’or pur et de pierres précieuses et le fist remettre en la chasse avec le corps. (Ghron. de S. Denis.)*

(B) 1306. L’an mil et trois cens et six ans,

Ot à Paris joie nouvele,

Car li rois mit en sa chapele,

Que S. Lovs fist tele faire Qu’à tout fe monde devroit plaire,

Le chief de lui si richement Et si très- honorablement,

Que par raison de la bel euvre

Que li dons saint u aire queurre

Le vessel où l’en la mis prisent

Toutes personnes qui l’avisent. (Guil. Guiart.)

(C) 1360. Inventaire du duo d’Anjou, II, 12, 13, 14* 15, 24, 273.

(D) 1372. Une boitelette d’or à mettre reliques, armoiée des armes de France.

prisée tv francs d’or. (Compte dn test, de la reine Jehaune d’É vreux.j

(E) — Un angel d’argent doré qui tient en sa main une petite chapeUt d’ov

où il y a plusieurs reliquaires, — pnsié xxx fr.

(F) — Une pomme d’argent nui pendoit au costier ma dicte dame, en laquelle

il a relicques et fn à la royne de Navarre sa mère que Diex tbsoille. (Test, de la royne Jehanne‘d’Evrenx.)

(G) 4390. A Jehan do Vivier, orfèvre et varlet de chambre dn Roy NS., pour

avoir fait et forgié un petit reliquaire d'or pendant à une ehayenue d’or, onquel a de la vraye croix de Rodes et de plusieurs antres reliqoes pour mettre et porter au col du dit seigneur, — xviij liy. xyr s. p. (Comptes royaux.)

(H) 1405. Un chef d’or fait en révérence de saint Jehan Baptiste, lequel est en

un plat de jaspre, goderonné, bordé d’or autour, garni de pierrerie et de quatre ballays, huit saphirs, quatre émeraudes et seize troches de perle, contenant, chacun trochet, quatre perles, qui font soixante quatre perles, pezant tout ensemble trente marcs, une once. (Inventaire de la Saiute-Cbapelle de Bourges.)

(I) 1407. A l’église des Innocens (de Paris) est ung innocent entier enchâssé

d’or et d’argent. (Description de Paris par Goillebert de Metz.)

(J) Ung reliquaire d’or, en façon de pomme, où dedans est l’annunciacon et dehors est esmaillée d’apostres et nne perle dessus. (Ducs de Bourgogne, 6070.)

(K) 1416. Un petit joyau d’or, en façon de cuvette, h mettre relicques, esmaillé

d une yrnage de Nostre Dame que donna MS. Charles de Bourbon, — iv liv. t. (Inventaire du duc de Berry.)

(U) — Un petit reliquaire d’or, pour porter au col, onquel a en l’un des costés une croix qr.e Monseigneur tist faire d'un balay qui poise xxxviii caras et demi et de l’autre costé dudit reliquaire a une croix de diamant,—dedans lequel reliquaire a plusieurs reliques, prisé — iiijc liv. t,

(M) — Une petite croix de bois en manière d’un sautoer, laquelle est de la

croix où saint Andry fu crucefié.

(N) 1420. Un reliquaire d’or, en façon d’une pomme ciselée, à yrnages dehors,

ouvrans par moitié, esmaillié d’un costé ND. et une vierge et de l’autre costé saint Jehan Baptiste et saint Andry, pendant à ung laz de sove (Ducs de Bourgogne, 4183.)

(O) 1467. Un reliquaire de cristal, à façon de boiste , où il y a eu du lait Nostre

Dame, garny d’or. (Ducs de Bourgogne, 2118.)

“ Ung petit relicquaire d’or, à façon de sallière, cù il a du lincheul où Nostre Seigneur fut enveloppé et a plusieurs perles sur le couvercle, pesant ij onces, v esterlins. (Ducs ae Bourgogne, n. 2110. Voyez aussi 2124.)

(Q) — Ung relicquaire d’or en fachon d’un cuer, où il a plusieurs relicques.

(R) 1472. Guillaume Poissonnier, orfèvre à Tours, pour un reliquaire, en façon

de berceau, donné par le rov à l’église de S. Sarny d’Avranches, pour mettre le saint Innocent de la dicte église , — ccxxi liv., i s. (Comptes royaux.)

(S) 1480. Un bras d’or, pesant 500 escus d’or, ponr enchâsser le bras de MS.

S. Andry. (Comptes royaux.)

(T) 1517. Ung vasseau d’argent doré, de forme ronde, de la longueur de près

d’uDe aulne de Paris, dedans lequel estoit le roseau qui,fust baillé à NS. Jésus Crist, quant Pilate dict aux Juifz : Ecce horao. (Visite de la reine de Sicile à Clairvaux, document publié par M. Michelant.)

reliques d’affection. Avec les objets rendus précieux grands souvenirs se transmettaient d’autres objets que la P1®*® plaçait à leur niveau. C'étaient des souvenirs de famille légués par affection de génération en génération.

(A) 1313. Une coupe d’or, enamaillé od perie, que la reigne Alianore devisa au

roy, qui ore est, od (avec) sa nenicéon. (Inventaire de P. Gaveston.)

(B) 1372. Un petit dyamant que le roy de Navarre, frère de ma dite dame, li

avoit pieça donné , lequel il portoit tousjours sur luy, pour ce qu’il avoit esté à leur père que Diex absoille. (Légué à la' royne Blanche par la royne Jehanne d’Evreux.)

1372. Un annel et un rubis d’Oriaut, qui fut le roy Philippe son père, que Diex absoille.

(C) 1398. Un fermaile d’or del veil manere et escriptz les nons de Dieu en chescun part d’ycelle fermaile, laqnele ma très honourée dame et mier la reigne , que Dieu assoille , me donna en comandant qe jeo le gardasse ovecque sa benison et voille q’il la garde ovecqe la bemson de Dieu et la mien. (Test, du duc de Lancaster, père de Henry IV.)

RELIQUES HISTORIQUES. On comprend pourquoi je n’ai pas réservé un article aux reliques saintes, leur abondance eût snfn, A elle seule, à me l’interdire; mais j’ai cherché partout ce qui pouvait se rapporter de près ou de loin à un fait Historique, et, sans avoir épuisé la matière, je crois avoir réuni une suite de citations intéressantes. J'ai donne tout entier l’inventaire du château d’Amboise. Cette collection complète de reliques guerrières a de l'intérêt par son ensemble même. La valeur des rois mis sur le même rang que celle des plus simples écuyers, les hauts faits placés sur le même niveau, quel qu en soit fauteur, offrent un spectacle imposant. On conservait donc ces pieux souvenirs ; il ne faut pas toutefois se former une idée exagerée du respect qu’on avait pour eux. En 1359. le roi Jean donne au roi d’Angleterre une coupe qui lui venait de saint Louis, et dans laquelle il buvait. En 1422, pour payer les obsèques de Charles VI , on vend de la vaisselle, et une autre coupe du saint roi est comprise dans les articles à fondre.

(A) 1254. Cinq troncs de cèdres du Liban qne nous tenons de la piété de saint

Louis qui les apporta au retour de son voyage de la terre sainte, ils sont bruts et inutiles, vêtus de leur écorce et au même état que S. Louis nons les a laissés. Plusieurs morceaux de porphyre des colonnes et des degrés dn temple de Salomon rapportés par S. Louis. (Je place cette tradition, mentionnée par Sauvai, et dont il n* y a pas heu de douter, à la date du retour de S. Louis.)

(B) 1313. Un anel d’or, à un saphir, lequel seint Dunstan forga de ses mayns.

(Inventaire de Pierre Oaveston.)

(C) 131 6. Item un couteau, à manche de fnst et de fer, qui fn sainct Louys, si

comme l’eu dit. (Inventaire de Louis X.)

(D) — Item la coupe d’or St Loys, où l’on ne boit point. (Idem).

(E) 1329. Mises des chapelles. L’aumosnier pour faire lier et couvrir le messel

qui fn monsieur Saint Louys, xx s. (Comptes royaux.)

(F) 1352. Ponr faire et forgier le tuyau du pié de la couppe St Louys et le

reburnir tout de nouvel. (Idem.)

(6)l359»Aung escuier dn Roy d’Angleterre, qui apporta au Roy le propre gobelet à quoy ledit Rov d’Angleterre buvoit, que il li envoioit en aoti et le Roy li envoia, en don, le propre benap à qnoy il buvoit, qui fn monseigneur Loys. (Idem.)

(H) 1360.L’escharpe Monseigneur (le Dauphin , Charles V) , que il ot quant il

vint à Paris après la mort du prevost des marchands et de ses compagnons de Paris traistres.

(I) 1363. La coupe qui fut Charlemaine, avec son Übnvescle, poise vi marcs,

vi onces. Le Roi l’a. (Invent, du duc de Normandie.)

(J) — Une coupe d’or qui fut Saint Loys, qui poise avec son couvescle

iii marcs, vi onces.

(K) — Un benap d’or, sans couvescle et sans souage, de très ancienne façon,

qui fu St Loys, qui poise ii marcs, vi onces.

(L) — Un petit voire d’or, qui fat St Loys, qui poise 1 marc et demye once.

(M) — Une croisette d’or qui fut St Loys.

(N) 1372. Le coustel à pointe qui fu monseigneur S. Loys de France, qu’il avoit

pendu à se* pilles quant il fut pris à la Massoys. (Legs fait au Roi par la royne Johanne d'Evreux.)

(O) 1380 .Une sallière d’or, où sont deui coquilles d’or à couvescle et sur le

couvescle de chascune aunpouunelet esinaillié de France et une perle ronde et au dessus est la grant serpent, qui estoitou I .ouvre d’ancienneté, assise en or, en laquelle penaent, à chainettes d'or, ij esmeraudes, iy saphirs, ij langues de serpent, ij escuçons de France et viij autres pierres — vi marcs v onces d’or. (Invent, de Charles Y.)

(P) — La coupe d’or qui fut Charlemagne, laquelle a les saphirs à jour et

poise v marcs, v onces et demie d’or. (Voyez la citation I.)

(Q) — La coupe d'or, qui fut monseigneur St Louis, avec son aiguière, plaine

sans esmaux, pesant vii marcs, vi onces. m — Une antre couppe esm&illiée qui fut audit monseigneur St Louis, pesant v marcs.

(S) — Une grosse couppe d'or, toute plaine, qui fut aa roy Dagoubert, à tout

son couvescle, pesant iiij marcs d’or.

(T) — Une très petite conppete d'or, plaine, en façon d’un voirre, qui fnt

Mous* St Loys , onquel il mesurait la portion de l’eaue qu’il buvoit en son vin, pesant un 'mare demie once d’or.*

(U) — Un hanap, en forme d’un petit bacin d’or, qui fnt monseigneur

St Louis, qui est d'anciens esmaux, pesant ij marcs, vi onces d’or.

(Y) — Un bacin d’or, qui fut i Mousr Si Loys, esmaillié, pesant ij mires,

v onces.

(X) — Un aunel, où est un gros ruby à la façon d’une demye febve, et est le

ruby qui fut St Loys, et toujours a esté gardé successivement par les Roys ue France.

(Y) — Un annel où il a d’un costé un aigle entaillée et d’autre costé une fleur

de lys et a un ruby fin rabouebonà façon de triangle et le donna l’empereur Charles le liÿ*1, oncle du Roy , quand il le vint voir à Taris.

(Z) — Une autre verge, où est un ruby violet, qui a un trou emply d’or et est

escrit en la verge qu’il fut St Louis et le donna au Roy la royne Jeanne d’Evreux.

(AA)— Une bourse, à v petits boutons, où dedans est la croix que l’empereur Constantin portoit en bataille mise en un joyau d’or. (Ceci est fort douteux.)

(BB) — Une patenostre d’or, àlij freze tes d’or, viii perles d'Escosseet j saphir

et ansdits patenostres pend une croix d’or, néellée de fleure de lys, et est la croix que monseigneur St Loys portoit sur luy.

(CC) — Une bible en francois, en deux volumes, que le roy Charles (CharlesY, l’inventaire fut continué après sa mort), portoit avec luy et a, en chacun volume, quatre fermoirs esmaillez de France.

(DD) — Un annel, où est assise une pierre ronde dessus, où est escrit du sépalchre de Ste Catherine. (Cette relique pieuse, et les suivantes, pouvaient être des fragments rapportés de Terre Sainte par nos Croisés ou par saint Louis lui-mème. Par cette raison, j’ai fait pour elles une exception.) (EE) — Une pierre, ronde dessus, assise à fillct, escriptc en la verge de l’atache où Dieu fnt bâta.

(FF) — Une pierrelilanche , ronde , où en la verge est escript : du sépulchre Nostre Seigneur.

(GG) — Une grand ydre d’argent doré , cizelé, à deux serpentelles conrans en lieu d’ansces, que donna le pape Grégoire au Roy, et fut à l’empereur Constantin , et est semé de pierre de taille d’Israël , pesant xv marcs ,

vi onces.

(HH)- Un petit reliquaire d’argent, où il a de la teste St Loys que deux angelots soutiennent, pesant vii onces.

(U) — Un coustel de quoy St Lonis se combatit quand il fnt pris. (On lit dans l’inventaire alphabétique ces mots ajoutés) : en terre sainte deffendant la foy chrestienne à l’encontre des infidèles. (Yoyez U citation N.)

( JJ ) 1380. La croii dr Godefroy de Billon, en laquelle il a un cruceflx vieil Dar manière d esmail, et d’autre part uu ymage de Dieu , et pend à une chaînette d or, pesant ij onces, ij esterlins. 1 ®

(KK) — Le Psautier St Loys, à une chemise de toille, à dem fermoirs d’argent.

(LL) *397. Pour avoir rappareillé et mis à point une couppe d’or pour le Rov NS., appellee la couppe Saint Loys, laquelle U a ressoudé,- ijii s p. (Comptes rojanx.) 7 F

(MM) 1399.0ne couppe d’or àconvescle, et est le poramel d’esmaui de plite et a en la couppe et ou couvescle, en chacun , cinq gros saphirs dont les yuatre sont a jçrar et est le pominel du fraitelet de feuillages enlevés a quatre saphirs et un saphir long an bout dn fruitelet, et fu la couppe Charlemagne, et poise cinq marcs, cinq onces et demye. (Voyez les citabons I et O.) (Invent, de Charles VI.) 3 v 3

(NN) — Un saphir longuet, a une broche d’or, et aescrit eu la broche • C'eit' le sapntr St. Emané , pendant à un laz vermeil.

(00) — Un hanap perfond de madré, qni fu Monsr sainct Thomas de Cantorherry, et a on fons un gros boullon d’argent h Jane.

(PP) 1404. A Guillaume Arodc, orfèvre, pour avoir rappareillé et mis à point la conppe d or du Roy, uostre sire, appellée la rouppc Saint Loys , c’est assavoir refait et redrécié la pale et hy pommeau , et miz une platine d argent dore dedeus. — liihij s. (Comptes royaux.)

(00)1420. La chemise Saint Loys, dont il fault une manche, et une pièce du mantel, et une cedule de parchemin, par manière de rolle, escripte de la main de Monseigneur Saint Loys, des enseignemens qu’il euvova à sa «lie.. (In vent, de Charles VI.) 1

(RR) — Une petite hoiste longuette d’ivoire où sont les escourgées (fouets! do fer de Monseigneur Saint Loys, dont il se batoit.

(SS) — Ung ancien psaultier de grosse lettre et y est escripl que c’est le psamtrer Monseigneur Saint Lovs, ouquel il à prit eu son enfance, garni de dem rermaul» d argent doré, armoyéz aux armes de France et une pipe d argent doré. (Irncs de Bourgogne, 4255.)

(TT) - Une riche et ancienne table d'autel, de brodeure que un dit que la. première emperrenz chrestiennc Üst. (Ducs de Bourgogne, 4092!)

(Ut) — Une grant dent de sanglier que l'on dit.la dent du sanglier Lorrain Gann. (Une fable et aussi un fait.) (Ducs de Bourgogne, 4220.)

(W) 1422.D’nne coupe d’or couverte, nommée la coupe Saint Louis pesant n) marcs, iij onces d’or, vendue à Jacques Trolet, changeur ii’.ii liv nj s. viij don. (Comptes royaux.) 3 '*

(XX) 1450. Le roi d’Angleterre, Heury VI, fait retirer de la trésorerie da' 1 Echiquier une crois d’or ayant appartenu à Saint Louis, rov do France. (Archives de 1 Echiquier, ciie par M. Delpit.) J

(YT) 1457. Après donna laiens le hanap Salomon qui est d'or pnr et d’esme raudes fines et fins granes, si merveilleusement ouvré me dans tous les royaumes du monde ne fit oncqnes œuvres si soubtille. (Monstrelet Il n V a nen d historique dans la prétention de faire remonter ce hanan a Salomon, lies moines de Saint Denis attribuaient la même origine à 1 aiguière de enstal de roche qui est décrite dans la première partie - «pensant, j’at cru pouvoir citer ce hanap qui devait être une pièce d orfèvrerie fort ancienne.) 1

(ZZ) 1467. Plusieurs pièces de la porte dorée (de Jérusalem). (D. de B., 3215 )

(AB) - ^;;“P"c'ie32^p *1°' f“‘ 1 Messire Bertran de Claiquin. (Ducs de

(AC) 4499. Meubles estans en l’armenrerie du chasteau d’Amboise en lamelle

sont les anciennes armenres qui de tout temps ont esté gardées et fait garder Dar les Rovsdpffnnta inemuei urécoi .

(AD) 1499 .Une dague emmanchée de licorne, la poignéede cristalin, nommée la

dague Saint Charlemaigne.

(AE) — Une espée emmanchée de fer, garnie en fason de clef, nommée l’espée

de Lancelot du Lac et dit-on qn’elle est fée.

(AF) — Une espée d’armes, garnie de fouet blanc, et au pommeau a une Nostre

Dame d’un costé et ung souleil de l’autre, nommée l’espée de victoire.

(AG) — Une espée d’armes, la poignée garnie de fouet blanc et au pommeau

une Nostre Dame d’un costé et ung souleil de l’autre, nommée l’espée du roy Charles VII, appellée la bien amée.

(AH) — Une autre espée d’armes, la poignée, de fouet blanc et au pommeau il

y a une Nostre Dame d’un costé et de l’antre costé ung souleil, nommée l'espée du Roy qui fonda Saint-Denis. t

(AI) — Une espée d’armes, la poignée couverte de fouet blanc et au pommeau

a une Nostre-Dame d’un costé et ung Saint Michel de l’autre, nommée l’espée du Roy de France, qui fist armes contre ung géant à Paris et le conquist.

(AJ) — L’espée aux anles du pape Caliste: le fourreau gamy d’argent doré et

ung chappeau de veloux cramoisy garny et semencés de perles que le Roy, que Dieu pardoinct, fistmectre en son armeurerye.

(AK) — Une espée d’armes, la poignée de fouet blanc, an pommeau d’un costé

a une Nostre Dame et de l’autre costé ung Sainct Michel, et fut à Jéhan de Brezé, lequel en couppa le poing à ung homme d’armes avecques le canon et le gantelet.

(AL) — Une espée, la poignée de fouet blanc , au pommeau une Nostre Dame

d’un costé et saint Michel de l’autre, nommée l’espée du roy d’Escosse, qui fust fort hardy, laquelle fust donnée au feu roy Loys quant il espousa madame la Dauphine.

(AM) — Une espée, la poignée de fouet blanc, le pommeau long, d’nn costé

une Nostre Dame, de l’autre costé ung saint Martin, nommée la bonne espée du roy Loys qu’il avoit à la conqueste qu’il fist premier sur les Suysscs, nommée Estrefuze.

(AN) — Une espée, la poignée de fouet blanc, ung pommeau long en façon de

cuenr, esinaille de blanc et rouge, nommée l’espée du roy Charles septiesme qu’il portoit sur son coürset.

(AO) — Une espée, la poignée de fouet blanc, le pommeau en façon d’un

etieur , où il a quatre lozenges , deux d’un costé et deux de l’autre , nommée l’espée de Philippe le Bel.

(AP) — Une espée garnie do fouet blanc, la poignée sans esmail, nommée l’es-

•* pée du roy Jehan.

(AQ) — Ung Cousteau en façon de semeterre, nommé le constcau de saint

Pierre de Luxembourg.

(AR) — Une espée, le fourcau blanc, la poignée garnie de boys, an pommeau

une Nostre Dame d’un costé et ung saint Martin de l’autre, nommée l’espée dn pape, qu’il envoya au roy Loys.

(AS) — Une espée garnie de cuir rouge à longpoinmean, nommée l’espée du

Géan, qu fust conquist par ung roy de France, en l’isle Nostre Dame.

(AT) — Une espée longue, rabatue, à creusetz pendans, qui fut au conte de

Vistamhert.

(AU) — Une espée, la poignée de cuir rouge, nommée l’espée qui fut trouvée

en ung fondement de boulevart de la porte neufve de Tours et fut trouvée an près une beste dont la teste tenoiteinq ou six seaulxdc aue.

(AV) — Une dague à rouelle de boys, emboestée en ung estuy de cuir que feu

roy Loys faisoit tousjonrs porter quant et luy.

(AX) — Une hache à une main qui fut au roy saint Loys.

(ÀY) — Une autre hache à deux mains, autresfois esmaillez de fleurs de liz, qui fut audit roy saint Loys.

(AZ) 1499. Une hache à deux mains qui estnit à ung roy de France, qui conquist le géan en l’isle Nostre Daine à Paris.

(BC) — Une hache en façon de congnée, le manche loiïg, nommée la hache

du grant turc.

(BD) — Une hache ouvrée, nommée la hache du roy Glovys, premier roy

Christian.

(BE) — Une hache à trois poinctes de dy amant, nommée la hache de messire

Bertrand de Glasquin.

(BF) — Une hache couverte, toute de fer, nommée la hache mie ung roy de

France conquesta sur ung payan à Paris, qui fu trouve au Rouvre à Paris.

(BG) — Une hache à deux mains, en façon de fleurs de litz, nommée la hache

d’un allemant qui fist tant d’armes à Nu*.

(BH) — Une espée d’armes , le fourreau de veloux noir, qui fu audit feu roy

Charles huitiesme , laquelle il avoit à l’arson de sa selle à la journée de Fornauve.

(BI) — Une autre espée, le fourreau de veloux noir, que le dit feu roy Charles

huitiesme avoit en sa main à la dicte journée de Fornauve.

(BJ) — Ung fer de lance court à trois guerres tranchans.

(BK) — Harnoys de la Pucelle, garniz de garde braz, d’une paire de mytons et

d’un abillement de teste, où il y a ung gorgerey de maille, le bort doré, le dedans garny de satin cramoisy, doublé de mesine.

(BL) — Une hrigandine de Tallebot, couverte de veloux noir tout usé et sa sal-

lade noire couverte d'nn honlx de broderie fait sur veloux noir tout

usé

Fait (à) Amboise, le xxiije jour de septembre mil iiij<* iiij**xix. (Inventaire, du château d'Amboise réuni aux inventaires de la reine Anne de Bretagne.)

(BM) 1599. Pardonnez, s’il vous plaist, mon importunité, et ne vous mocquez»

Monsieur, d’ung advis que je vous vay donner, c’est que ung eappitaine estaut venu icy, pour le recouvrement de quelques marchandises appartenantes* à Monsieur De Lussan, gouverneur de Blaye, m’auroit diet que le dict Sieur auroit promis au comte de Cherosbery de luy rendre Pespée de Talbot, duquel le dict comte est descendu , qui fut tué l’an 1453 devant Cbastillon, en la dernière et pins mémorable bataille qne nous avons gaigné sur les Anglois, par laquelle, horsmis Calais, ilz furent un tout chassez de France. J’ay autres fois veti la dicte espée, et me semble qu'elle mériteroit d’estre au cabinet du Roy. Sa Majesté commandera au sieur de Lussan de l’y mettre, si vous le. trouvez bon. Car l’on nous monstre icy volontiers les canons gaignez sur nous, et ne pouvons moins que ae leur monstrer l’espée de Thalbot. (M. de Boissize, ambassadeur en Angleterre, à M. de Yilleroy. Cette pièce m’a été indiquée par M. Bordier.)

(BN) 1633. Le casque du duc de Bourgogne, tué à la bataille de Nancy. (Inven-

taire des ducs de Lorraine. Renaissance des arts à la cour de France.)

RENAISSANCE. Ce mot , dans son acception moderne , est heureux, gardons-le. En 1450, l’Enrope entière, sons le charme d’un délicieux réveil, se trouva ilans les bras de l’antiquité tou jours jeune, toujours belle, toujours féconde. Si l'architecture en Italie, la peinture dans les Flandres , la sculpture en France, manifestent une tendance nouvelle dès la fin du xiv* siècle, c’est en 1 450 seulement qne s’unissent ces efforts pour faire appel au monde. Je ne tenterai pas d’apprécier cet admirable mouvement, ie dirai seulement que nous sommes fils de la Renaissance, petits-fils du Moyen âge, et que le respect est dû i nos grands parents, bien dignes, quoiqu’à des titres différents, d’exciter l’admiration et de provoquer des études

sérieuses. L’art moderne succède à la renaissance au commencement du xvn' siècle. (Voyez Art moderne et Moyen âge.)

REPOUSSÉ (Travail de). La fonte offre à l’artiste un moyen facile de reproduire, dans une matière dure, une sculpture qu’il a modelée commodément dans une matière molle ; mais, sauf un travail de reprise, cet objet fondu n'est plus son œuvre, c’est une copie; aussi ce procédé expéditif fut-il le résultat du développement des arts, et la concession obligée, mais fâcheuse, faite à une production hâtive. A la belle époque de l’art antique, le sculpteur mettait en relief La pensée de son génie dans le marbre comme dans l’or, l’argent ou le bronze, eu conduisant lui-même habilement et patiemment ses outils. La sculpture en métal , c’était le repoussé, c’est-à-dire les idées de l’artiste mises en relief à coups de marteaux, dans une plaque de métal posée surun mastic élastique. L’antiquité a fait des merveilles en ce genre , le moyen âge a produit, avec ce procédé, ses chefs-d’œuvre les plus remarquables. Châsses, tombes, reliquaires, bijoux, toutenfin fut ainsi exécuté quand le métal employé était assez précieux pour l’épargner, l’œuvre assez recommandable pour la travailler avec soui et la laisser unique. Quand on demanda à l’artiste plus d’ouvrages qu’il n’en pouvait produire, il eut recours à la fonte, et, dans l'antiquité comme au moyen âge, le repoussé ne fut plus que d’un emploi exceptionnel.

REPRÉSENTACION. Portrait, quelque chose qui représente la

Îiersonne absente. Cette expression s’ employait particulièrement dans es cérémonies des obsèques , pour designer la figure moulée et peinte qui représentait le défunt. 11 suffira d’une citation pour chaque acception. Le médecin italien Cardan avait vu, chez le cardinal de Tournon, l’effigie de François Ier, modelée par Fr. Clouet; on a conservé longtemps celle dés deux Guise assassinés à Blois , et qui servit à la cérémonie funèbre de Toulouse. On l’attribuait à Bachelier II. L’effigie de Henri IV, qu’on voit encore à Chantilly, est très -précieuse, car c’est, je crois, la dernière représentation royale qui fut faite. Voyez Cire ouvrée.

(À)1388. A PiorrePagant, mercier, pour iij pièces de. drap de racamas aehattées de lu y pour faire le poille à faire la représentation dudit deffunt (le courte d'Ku'i baillée à Colart de Laon, paintre, demeurant à Paris, pour ce faire, pour ce xlviij liv. p. (Comptes royaux.)

(B) 1402. Soit faicte une couche ou litière d’estraiu de devant ledit crucifix et sur ycelle litière soyt faicte une baulce d’aisselles, comme seroit uug large plat, l’nysel couvert d’ung blanc linceul tant seulement et an chief d’icelle * baulce ait une croix de boys large et compétente de baulteur, sur laquelle croyx ait trois chandelles , sur ehescun bras une etchescime pesante troys livres et sur ladicte baulce ait couché une ymage de cire, en forme d’homme mort estenu, estemé du poids de xx livres. (Somme rurale. Testament de Jehau le BoutiUier.)

(C) 1415. Item, jeTueil et ordonne que, oudit habit (des religieux Céleslins), je sove mis sur nue cloye à la pure terre, sanz aucune chose mettre sur ladicte cloye, aiant mon visaige et mes mains descouvers. Toutes voies se mon corps ne se povoit garder sanz trop puer, si en soit faicte seulement représentation. (Testament du dut de Berry.)

(B) 1422. Sur toutes choses fut mise (dans la littière) l’image du Rov la plus propice qu’on la pouvoit faire à ia semblante du tioy. (Obsèques de Charles VI.)

(E) 1457. Deux paremens d’autel de tapisserie d’Arras ymageriez de la

ET BÉPERTOIHE. 485

Passion, et esqnels sommes nous et nostre compagne en présentation. (Testament du duc de Bretagne.)

(F) 1460. Gisoit le corps sur une litière, parée d’ung drap d’or vermeil, bordé

d’azur .à fleurs de lis d’or et avoit sa pourtraicture, comme de vive imaige, chaussée et vestue, couronné a'or en teste, blancs ganset anneaulx et avoit deuxescus en ses mains l’nng d'or, l’autre d’argent. (G. Chastellain.)

(G) 1466. A André Mangot, orfèvre de Tours, xxxvi livres pour employer en la

dorure de partie d'une jmage d’argent que. le Roy a fait faire de sa représentation pour donner à Monseigneur de St Martin de Tours. (Comptes royaux.)

(11)1498. Incontinent après lediet grant escuver, marchoient les seize gentilshommes qui portoient la lictière où 'estoit le corps et audessus dudict corps la stature et représentation du Roy faictc au vif. (L’ordre tenu à l’enterrement dn roy Charles VIII.)

( I) !M0. Et sur lediet drap estoit l’elligie dudict seigneur pourtraite au vif ornée d’habits archiépiscopaux. (Obsèques de Georges d’Amboyse.)

(J) 1513. Sur lequel drap d’or estoit une faincte et remembrance faicte près du

vif après la face de ladicte dame (où avoit besongné Jean de Paris, paintre et varlet de chambre du Roy, nostre sire, et de la feue noble dame, lequel ouvra moult en toutes ces affaires). Laquelle remembrante avoit une couronne d'or enrichie de pierrerie sur son chef et estoit vestue en habit royal, comme devant a esté déclaré, tenant en sa main dextre le sceptre royal et à senestre la main de justice. (Ordre tenu à l'enterrement de la royne Anne de Bretagne.)

(K) 1526. La figure et repTésentacion au vif de fen monseigneur le dnc Philibert

de Savoye. (Marché passé avec Conrard Meyt, sculpteur.)

(L) — Item fera aussi le personnaige de la représentacion de madame Mar-

guerite de Bourbon.

(M) 1531. Sur ledit drap estoit l’effigie dudict sieur (Louis de Brézc) ponrtraicte

au plus près du v ifl* que faire on peult. Description.des obsèques de ce seigneur.)

(N) 1547. Obsèques de François I. (Voir, pour de longs et cnrieux détails, la

Renaissance des arts à la Cour de France, 1. 1, p. 82.)

(O) 1584. Sus ce grant lict d’honneur estoit posée l'effigie dudit feu seigneur tirée

an vif,etaprèsle naturel, les yeux levez vers le ciel, les mains joinctes. (Enterrement de François, duc d'Anjou.)

(P) 1643. Avant que le Roy (Louis XIII) fut ambaumé, MS. do Souvré permit à

deux sculpteurs du Roy d’en tirer chacun uug moule. (Je n’ai pas trouvé trace de représentation dans ce procès-verbal, l'embaumement dès lors la remplaça.)

RESMAILLER. Émailler de nouveau ou réemraailler, j’hésite.

(A)1555. A Gillesde Suraulmone,orfèbvre, pour avoir redressé et rcsmaillé trois pièces de brodureset cordcllières. (Comptes royaux.)

retrait. Appartement retiré, réservé, cabinet privé où on faisait sa toilette, et où on déposait les chaises de retrait.

(A) 1396. Douze harillez d’eau roze de Damas — mis tout en quatre barillez, c’est

assavoir deux d’or et deux d’argent, comme en une fiole d’or garnie de pierrerie mis on retrait de là Royne. (Ducs de Bourg., no 5755.)

(B) 1401. A Nicolas Rappine, scellier — pour une chaière perciéepour le retrait

de Mons* d'Orléans, pour servir quand il est devers Madame. (Ducs de Bourgogne, no 5937.)

(C) 1402. Tour une cbaière à dos et ung petit dressoir — lesqnelz nous avons

faict raectrc on retrait d’emprès la chambre. (Ducs de Bourgogne, no 5945.)

ROE. Pupitre disposé en forme de roue tournante, soit horizon-

talcmont sur le pivot dressé perpendiculairement au centre , soit verticalement sur un axe horizontal , de manière à maintenir à tous les volumes qu’il soutient la même inclinaison. Les miniatures des manuscrits présentent ce meuble dans tontes ses variétés. On voit, dans l’une des salles de la bibliothèque de l’Arsenal à Paris, et dans la bibliothèque de Wolfenbüttcl , duché de Brunswick, de ces pupitres anciens à mouvement vertical. (Voyez Leutrin.)

(A) 1353. Jacques de Parvis et Jean Groshois, bnebiers, pour leur peine d’avoir

dessemblé tous les bancs et deui roes qui estoient eu la librairie du ltoy au palais, et iceulx fait venir audit Louvre avec tes lettrins. (Comptes des Bàtimeus royaui.)

(B) 1391. Icellui Chariot, escolier à Orliens, mist hors dndit hostel toutes ses

choses, excepté sa roe et sa chayère. (Lettres de rémission.)

(C) 1420. Un vmage de saint Jherosme, cardinal, d'argent doré , paint de noir,

séant en une chayère. A laquelle pend un chapeau ronge de cardinal. Et devant lui a un lion paint d’un costé et dessoubz un livre ouvert , et de l'autre costé, devant lui, a une roe d’estude , sur laquelle a plusieurs livres en ij estaiges, séans sur nn bas entablement qnarré d’argent doré , arrnoyé par devant à ùj esenssons , aux armes de mon dit , Seigneur, pesant tout xiii] marcs, v onces. (Ducs de Bourgogne, 407 1 .) *

(D) 1467 .Ung saint Gerosme, d'argent doré,, tenant ung lvon devant luy d’une

part, et d’autre tme renwe chargée de Livres, et sur le mé armoyé des amies MS. le duc Jehan, pesant : xiv marcs, v onces. (Ducs de Bourgogne, 2025, C’est l’image d’argent doré décrite dans la citation précédente.)

KOllART. Sans doute pour Itohal , le cristal de roche.

(A) 1350. Dnx normanni.T sibi retinct— ebnr, rohanlum, lapides pretiosos. — Et

dans la version française : l’ivire et le rochal et tes pierres précieuses. (Ailleurs, r chai. Coutumes de Normandie.)

(B) 1399. Un constel b un vieil manche de rohart, dont le manche est viroilé en ' manière de croii, en unegayned’argentesmaillée. (lnv. deChariesVl.)

itoLLÉ. Boulé, manière de hrnnir ou de fourbir les cottes de mailles. On les remuait et roulait dans un sac de teille.

(A) 1185. Si ont burais les elmes, les haubers ont rollés.

(Graindor. Ch. d’Antioche.)

ROSE. C’était autre chose, en bijouterie, nue la représentation d’une fleur, c’était un médaillon, et l’usage de ce terme s'est conservé dans l’architecture pour désigner les grandes fenêtres en rosaces de nos cathédrales.

(A) 1360. Une roze à nos armes, n° 206. (Inventaire du duc d’Anjou.)

IB) 1380. Une rose d’or, où est esmaillié le Roy à genoux devant Monseigneur ' St Denis et l’évangéliste St Jean, csorite au dos, pesant v onces d or.

(Inventaire de Charles V .)

rose D'OiiTRF.MER. Est-ce la rose de Jéricho? Bien que les pèlerins l’eussent fait connaître , était-elle déjà employée dans l'ornementation? N’était-ce pas plutôt la rose de Damas, une véritable rose vivante et odorante , dont il est souvent fait mention dans les textes, du xm° au xvi' siècle, ou bien la rose de Provins, si célèbre?

(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 515.

(B) 1590. Of ail flowers (save lhe Damaske rose) they are (les giroflées) the most

pleasant to sight and smeil. (Lawson.)

ROSIER Si, comme on le croit, l’institution des roses d’or, bénies par le pape au dimanche Lætare , appelé Dominica rosarum, est

duc à Urbain V, en 1366, la citation qui suit se rapporte à une des premières qui furent envoyées aux souverains de la chrétienté , mais il est très-probable qùe cette cérémonie et cet usage sont plus anciens. Quand je traiterai des monuments , je citerai quelquesunes de ces roses d'or qui sont parvenues jusqu’à nous.

(A) 1380. Un rosier d’or, à tenir en sa main, ouqnel a ij pommelles rons et est

la rose, que le pape donne, le jour de la mi caresme, au plus noble, pesant marc et demy. (Inventaire de Charles Y.)

(B) 1467. Ung arbre d’or, en manière d’un rosier, où il y a au dessus une rose

et aedens ung saphir, qui poise ensemble i m., vii o. (Ducs de Bourgogne, 3101.)

ROTISSOIR. C’est, dans la citation suivante, plutôt un objet de luxe qu'un ustensile de cuisine. Le mot est, à ce titre, inséré dans ce Répertoire.

(A) 1467. Ung rotissoir d’argent blanc, à rôtir Toties, armoié au milieu des armes de MS. et de l’un costé ung fuzil et de l'antre deux CC , et poise iiij marcs, v est. (Ducs de Bourgogne, 2707.)

ROUELLE Disque, roue, et, par extension, des médaillons et des enseignes qui avaient cette forme. Nous avons vu, au mot Enseigne , qu’on imposa, pendant le cours du moyen âge, aux juifs comme aux filles publiques, un signe qxii les faisait connaître à première vue. Cette enseigne est qualifiée de rouelle daus l’ordonnance de 1363, ordonnance qui révolte nos consciences, habitués nue nous sommes aux manières distinguées et au désintéressement aes juifs européens, mais qui semble déjà moins déplacée lorsqu'on séiourne en Orient, où la race israélite a conservé tous ses instincts abjects; là, on n’est pas fâché de reconnaître un juif au costume qui lui est imposé, non pour lui faire le moindre mal, mais pour l’éviter honnêtement.

(A) 1180. En son bec tint une roelle,

La roelle estoit un topace,

Qui plus estoit elère que glace. (Flore et Blancetlore.)

(B) 1363. Qne tons Juifs de quelque estât qu'il soient et en quelque terre qu’il

demonrront dores-cn-avant, porteront une grant rouelle bien notable, de la grandeur de nostre grant séel, partie de rouge et de blanc et telle que l’en puisse bien appercevoir ou vestement dessus, soit mantel ou autre habit en tel lieu qu’il ne la puissent musser. (Ordonn. royale datée de Rheims.)

(C) — Que touz les juys qui demeurent ou demourront en notre royaume

portent sur touz leurs vestemens et bouces le signe, tel comme ordené a esté par nous à Reins, sur les dictes honces par dehors et en tel lieu qu’il puisse être veu tout à plain et les diz juys congneus tout appertement. (Ordonnance royale datée d'Amiens.)

(D) 1586. Une rouelle de licorne garnye d’or, attachée à une chaisne d’or. ^In-

veutaire. de Marie Stuart.)

ROULEAU. Il ne différait aue par la forme de la pomme à eschauffer mains. (Voyez ce mot.)

(A) 1416. Un roolleau d’argent doré pour eschauffer mains et aux deux bouz hachiez aux armes de feu MS. d’Estampes. (Inventaire du duc de Berry.) ^

RURIS. Corindon hyalin rouge. Sa forme priKitive est un dodécaèdre bi-pyramidal qui est composé de deux pyramides à six faces. Il n’est rayé que par le diamant, et il raye toutes les autres pierres. Sa pesanteur spécifique est de 4,2, l’eau étant représentée

par 1. Dans sa pins grande beauté, il doit être d’un rouge de cochenille vif et transparent, et s’il dépasse quatre karats il approche du prix d’un diamant. Au moyen âge, on P estimait à un prix beaucoup plus élevé, on en verra la preuve dans les citations suivantes. Le rubis de Guienne , de l’inventaire du duc de Berry , valait 2,250 livres. Dans ce document figurent d’autres rubis avec leur nom , c’étaient les ulus beaux ; à côté, on en cite qui sont ou de foible couleur ou ae mauvaise couleur . Les rubis d’Alexandrie étaient ceux qu’on achetait sur ce grand marché. (Voyez Balay et Espinelle pour les variétés du rubis.)

(A) 1295. Et voz diron do la plus précieuse chose qe soient au monde, car je voz

di qe en ceste isle (de Gevlan) naisent les nobles et bnen robin, ne en nula autre part don monde non naisent et encore hi naisent les zaünz et les topas et les amatist et encore mainte autres bones pieres. (Marco Polo.)

(B) 1328. vi petis rubis d’Alixandre. (Inventaire de la royne Clémence.)

(C) 1360. Inventaire du dnc d’Anjou, 23, 302.

• (I>) 1416. Ung gros ruby, lequel MS. appelle le roy des rubis, en un annel d’or qne MS. de Bonrgoingne donna à MS. au mois de juillet Pan mil cccc et xiü et fu de Loy» Gradenigo, marchant de Venise. (Inventaire du duc de Berry.) **

.(E) — Un très bon rnby plat sur le longuet , appelle le ruby de Berry, assiz en un annel d’ôr, qne MS. acheta de ma Dame d’Orléans , au mois d’avril l’an mil cccc et huit, et à l’entour dudit annel a xix dyamans plas, — xviriiij«vij liv., x s. t.

(F) — Un ruby de la Montaingne, assiz en nu annel d’or, prisé xv« liv. t.

(G) — Un grant balay plat à viij pans, en un fermai! d’or, — viijoul fr.

(H) — Un antre rnby, appellé de la Nue, assis en un annel d’or, — xiexxv liv. t.

(I) — Un rnby plat, en façon de targe , en j annel d’or, appelé le robi de

Bourgogne, in. fr.

( 4)1591. Ung petit rubiz taillé et gravé , pour servir de cachet, — xxvi tt. (Comptes royaux.)

(K) 1599. Un rubis gravé, où est 1a peinture du Roy, garny de rubis et diamant, — prisé c escus. (Invent, de Gabrielle d'Ëstrées.)

SABLIER. On sait que cet instrument et la clepsydre vinrent compléter les ressources qne l’antiquité avait trouvées dans le cadran solaire. De ces trois modes fort simples de suivre et de connaître la marche du temps, la clepsydre seule est abandonnée. Plusieurs sabliers du moyen âge et de la renaissance sont parvenus jusqu’à nous; comme tous les ustensiles de ces époques fécondes, ils sont pleins d'élégauce.

SACHETS A PAIN. De saccus, sac et sachet.

(A) 1 349. Four les tonaillcs pour faire sachez à pain de bouche et chapes à servir de pain de commun. (Comptée royaux.)

SAIGNER. Bénir, faire le signe de la croix. (Voy. les numéros 50 et GO de l'inventaire du duc d’Anjou et l’article Haston à seigner .1 Il se prend auM dans l’acception qu’il a conservée : escuelles a saingnœr, u“ 8*du même document.

(A) 1185. L’apostoles les a seigniés et benêts.

(Graindor. Ch.d'Antiocbe.)

(B) 1461. Soubz la main Thibault d’Anssigny,

S’evesque il est soignant les rues. (Fr. Villon, test.)

SALADIER et Verduricr. Aux xvB et xvi« siècles on employait ces mots simultanément et dans le même sens de fournisseur de légumes , soit qu’il fût question de remplir un office de cour ou d’exercer un métier. De nos jours, saladier désigne le vase dans lequel on sert la salade, et verdnrier le marchand de légumes.

SALAMANDRE. Ce reptile amphibie, qui passait, au moyen âge , pour avoir la faculté de vivre dans le feu , serait Usté confondu dans les bestiaires avec nombre d’animaux doués de talents aussi remarquables, si François Ier, la prenant pour devise, n’avait assuré à tout jamais sa célébrité. Le roi de France lui avait donné la légende bien connue : mjtrisco et exstinguo.

(A) 1209. Salamandre est une bestc

Kp de la conwe et de la teste Ke le cors resemble lesarde.

Si n’ad paour ke uul feu Tarde.

(Bestiaire rimé.)

(B) 4247. Une bieste i r’a Salamandre,

Oui en feu vist et si s'en paist,

De cele bieste laine si uaist Dont on fait cbaintures et dras Qu’au feu durent et n’ardent pas.

(L’Image du monde.) s

(C) 1379. Un petit reliquaire d’argent, où il a une pièce qu’on dit qui est de

la sallamamlre. (On trouve dans un compte de. 1380 ce même article avec cette note : Lequel reliquaire a esté* prins par le Roy.) (Comptes royaux.)

SALIÈRE. Je ne cite que les salières d’une richesse remarquable ou d’une forme particulière, comme il s’en trouvait eu grand nombre dans les trésors des princes et des riches seigneurs. On en compte trente, et des plus riches, dans l'inventaire de Jean, duc de Berry. Avec la nef c’était, sur la table, la pièce importante, et ce rôle lui resta si tard, qne François Ier ayant sous la maiu le plus grand orfèvre de l’Italie, ne sut 'mieux faire que de lui commander une salière. (Benvenuto Cellini en parle longuement dans ses Mémoires. On sait qu’elle se trouve aujourd’hui dans le trésor impérial de Vienne.) La salière servait aussi à faire l’épreuve ou l'essai, et à cet effet, elle était entourée de langues de serpent. On ferait fausse route, je l’ai dit souvent, si on jugeait de l’ordinaire de la vie du moyen âge par le tableau de son luxe. La simplicité et le dénûment le côtoyaient. Pour les salières, dans l’habitude de la vie, on se contentait de morceaux de mie de pain découpés, et cela non-seulement dans de modestes intérieurs, comme ceux décrits dans le Ménagier de Paris, mais aussi sur la table du plus fastueux des ducs de Bourgogne.

(A) i347 . Exhibuit imam saleriam parvam, duplicatam, argenteam, etesmalta-

tam , umn tribus prdibus iu qualibet tam inferiori qtiam superiori.

(Inventaire du Dauphin.)

(B) — Unam aliam saleriam clansam, argenteam, factam ad modem pixidis.

(G) 1360. Inventaire dn dnc d’Anjou, 268, 298 à 322, 572.

(1)) 1363. Une sallière d’argent à pendre 1 la cheminée. (Inventaire dn duc de Normandie.)

(E) 1363. Une salière de cristal et d’or, à la façon d’une coupe couverte, où il

iij dames qui le tiennent, poise tout iij.

(F) 1380. Une salière d’or, en manière de nef, garnie de pierrerie et am deux

bouts a deux dalphins et dedans deux singes qui tiennent deux avirons et autour de la sallière a viii balays et viii saphirs et xxviii perles et au long du mast de la nef, (pii est d’or, a iiij cordes de menues perles et y a deux balays et deux saphirs percez et une grosse perle à moulinet, pendant à une ch ai sue d’or au col d’un singe qui est sur le mast et au pied de ladite sallière a vi balais et vi saphirs et ixiiij perles, pesant viii marcs, iij onces. (Inventaire de Charles Y.)

(G) — La grande sallière, à façon d'une nef, que la ville de Paris donna au

Roy et est pareille à la grand nef dont cy dessus est faicte mension, pesant xv marcs, vi onces d’or.

(H) — Une sallière d’or en façon de coquille — pesant ij marcs, vii onces.

(I) — Une sallière sur un lyon, séant sur un esmail vert semé de raargue-

ritesà deux escuçons et un fritelet esmaillé de France, pesant ij marcs, vii onces.

(J) — Une sallière d’argent par manière de navette.

(K) — Une sallière d’argent en manière d’une couppe, armoyée d’esmaux de

France, pesant ij marcs, vi onces.

(L) — Une antre sallière d’argent, petite, qui fait deux sallières, à iiij lan-

gues de serpent.

(M) — Une belle sallière d’argent dorée, de cristal, esmailliée d’un pied semé

de marguerites et est le fritelet de v langues de serpent, pesant xi marcs, iij onces.

+ (N)1416.Une grant sallière, appellée la sallière au paveillon, dont le fons est

de eassidoine en façon d’une coquille, garnie d’or en manière d’une nef et les bords sont garniz de cinq balais, cinq saphirs et xvi perles et aux deux bouz deux chasteaulx ou il a, en l'nng, un cyne naure esmaillé de blanc, au col duquel pend un escncon aux armes de Monseigneur, garni entour ledit chastel de deux balais et deux saphirs et sur chacune touruelle une perle et sur l’autre chastel a un ours portant un heaume sur sa teste, esmaillé aux armes de MDS. garni en tont ledit chastel de deux balais et deux saphirs et sur chacune tournelle une perle et le couvercle d’icelle est d’or, fait en manière, d’un paveillon esmaillé de blanc et sur le fretelet du couvercle a une fleur de liz d’or à quatre florons, en chacun floron un saphir et une perle dessus et ou milieu de ladite fleur de liz a un balay et une perle dessus et souloit seoir ladite salière sur un chariot d’or à quatre roes où il avoit au moyeu de chacune roe une perle — ra liv. t. (inventaire dn duc de Berry.)

(O) — Une sallière d’agathe dont le couvercle est d’or — assise sur quatre

roes d’or, en manière d’un chariot, et au bout du moyeu de chacune roe a une. perle — vi** liv. t.

(P) — Une salière, faicte en manière d’nn serpent volant, d’argent doré, qui

a en la gueule une petite langue de serpent, séant sur un pié d’argent doré, ouvré en manière de branches fueillueset dessonbz la teste dudit serpent est le lien ponr mettre le sel qui est d’une petite pierre de jaspre vermeil — xij liv. t.

(0)1 453. Pour avoir enchâssé en or une pierre de jaspe, en façon d’un petit hanap où il a fait une brodeure dentelée, gamy par dessôubz de Ml de guipenre dentelé avec ung pyé et ung couvercle en manière d’une couppe et y avoir assis deux camahieux que ledit seigneur (le Roi) lui a fait bailler et délivrer; en l’un desquelza une teste, et en l’autre une figure de personnage. Laquelle couppe le Roi, NDS. n’a pas eu agréable et à ceste cause eu a fait faire une sallière couverte.

(R) 1467. Une salière d’or que une damoiselle tient, esmaillée de rouge clertiré d’or inolu, et est ladite damoiselle en cheveux, estant sur une terraebe

mist sur ung petit pie d'or et est ladite salière de serpentine. (Ducs de Bourgogne, 2302.)

(S) 1467. Une salière d'or, à ung y mage fait en façon de pucelle et soni les

deux sallerons de serpentine, assises en* chèvre, semblablement esmaillées et au dessus ung personnaige d'empereur esmaillé de blanc, pesant iiij marcs. (Ducs de Bourgogne, 2309.)

(T) — Une salière , à ung homme babillié en façon de turcq à la morisque ,

tenant une targecte devant lu y, garny de rubis et de perles et sont les sallerons d'agathe. (Ducs de Bourgogne, 2343.)

(U) — Une sallière de Cassidoine, garnie d’or, que ung personnaige de femme

habillée à façon de Paris, esinaillié, porte sur sa teste. — (Ducs de Bourgogne, 2363.)

(Y) — Une salière d'or, à façon de nef, à six tournelles autour, assise sur ung pié à façon de pillierê et garny le couvercle de cinq balais, cinq saphirs et xvij perles, que grandes que petites et ung saphir perchié au dessus, pesaut i marc, ij onces. (Ducs ae Bourgogne, 2295.)

(X) — Une autre petite sallière d’or à façon de chaude trappe. (Ducs do

* Bourgogne, 2296.)

(Y) 1474. Le saussier doibt livrer le sel qui se despend par les estats (les grades

des officiers) et doibt avoir le pain en chascun estât, sur quoy on met le sel pour faire la sallière. (Olivier de la Marche, Estât du Duc.)

(Z) 1485. La salière doit être au milieu de la table. (Aliéner de Poictiers.)

(AA) 1536. Une sallière d’or, ayant par dedens une orloige, garaye par ernbas

sur le pied de douze cailloux de rubis et de douze perles, la pungnie garaye de personnaiges (J’omets un grand nombre de pierreries).

(Inventaire de Cliarles-Quint.)

(BB) 1550. C’est la déclaration de ce qui est nécessaire à dédier une église. —

Du pain pour faire sallières. (J. Tbiboust, valet de Marguerite, duchesse de Berry, cité par M. de Girardot.)

SAMBUE. La selle des femmes, siège pratiqué entre les arçons avec une planchette pour reposer les pieds. La sambue est citée dans les comptes et dans les inventaires avec la litière, et on a eu tort de la confondre avec elle ; les citations suivantes ne laisseront aucun doute, et la richesse de ces sambucs m’autorise à les introduire dans mon Répertoire , au même titre que les selles des hommes. (Y' oyez Selle.) Lorsque Catherine de Médecis eut La gracieuse idée d’avancer sa jambe sur Uarcon de devant afin de regarder, ainsi que le fait le cavalier, le but où se dirige le cheval , elle opéra une révolution dans l’équitation , et dans la sellerie , qui se prêtèrent l'une et l’autre avec succès à cette innovatiou. f

(A) 1180. Li palefrois» sor coi la dame sist,

Estoit plus blanc que nulle flor de lis.

Li loreins vaut mil sols parisis Et la sanbue nul plus riche ne vist.

(Le Roman de Garin.)

(B) 1250.Habent cambucas de corio , diversis coloribus depicto, cum auro

midto inserto, ex utroque equi iatere dependentes. (Vincent du Beauvais.)

(C) 1300. Comme royne fnst vestue

Et chevauchast à grand sambue. (Roman de la Rose.)

(D) 4328. Une sambue sur violet et sont les arçons d’argent trot et est le siège

d’un veluau noir broudé de rosetes et est le lorain garni d’argent et la garnison de la sele aussi. (Inventoire de la royne Clémence.)

(E) — iij sarabues pour damoiselles.

(F) 1339. Pour une sambue à parer, toute de soye, les couvertouers devant et

derrière d’argent doré , ferée en tas de menues fleurs enfretez

et ou milieu des dites arçonnières , un compas de huit serpens, les corps d’argent, les elles esmaillées, le fond d’argent esmaillées d’azur et sus le fond une dame d’ivoire, gamiz de souaige tout doré à fleuret les paus doublez de ij veluelz brodez , forez de coudai inde, pour le lorrain et tout le dcmourant. (Compte de Raoul, connétable d’Éu, cité parM. Douet d’Areq.)

(G) 1580. Elle étoit (Catherine de Médicis) fort bien à cheval et hardie et s’y tenoit de fort bonne grâce , ayant esté la première qui avoit mis la jambe sur l’arcon, d'antaot que la grâce y estoit bien plus belle et apparoissante que sur la planchette. (Brantôme.)

SAPHIR. Le corindon hyalin bleu. Cette superbe pierre, même lorsqu’elle est d’un beau bleu indigo, ne vaut que le quart d’un rubis du même poids. Le corindon astérie ou saphir étoilé , et le dichroïte ou saphir d’eau, sont les variétés inférieures du vrai saphir ; quant au disthèue , pierre d’un bleu céleste, c’est probablement le saphir du Puy et d’Allemagne qui, au moyeu âge comme de nos jours, était peu estimé. A cette époque on le gravait.

(A) 1349. Tons cilz qui vous ont veu, vous compèrent an saphir qui garis de tons

maulz. — (GuiU. de Machault à Agnes de Navarre.)

(B) 1363. Le grant saphir rond en un annel. (Inventaire du duc de Normandie.) (G) — Le grant saphir dn comte de Tanquarville.

(D) — L saphirs, qne grans que petitz, en anneaux.

(É) 1374. Un saphir large comme bellonc, à viij quarrés à plate et très necte face qui est de très fine et vive azuré coulenr, et poise xxiij car. (Compte des pierreries de la couronne du dnc d’Anjou.)

(F) 1380. Un reliquaire d’or, sur un pied bellong, à vi quarrés et est le dessus

fait à façon de maçonnerie et on milieu a une proesme. d’esmeraude où est on milieu Nostre Dame à ij ymages aux aeuxeostez et au dos de la dicte proesme la gésine Nostré Dame et au dessus est un saphir où est entaiüié un yrnage de Nostre Dame ouquel reliquaire a vii saphirs, un balay, ii diamans et ij perles, pesant ij marcs , ij onces, iiÿ est. (Inventaire ae Charles Y.)

(G) 1399. Un saphir carré, très excellamment fin de coulenr et de taille, assis

à jour et à croisette sur une verge d’or greslette. (Inventaire de Charles VI.)

(H) — Un autre saphir, à huict costés, un peu comble dessus, assis sur une

verge d’or esmaillée de blanc où il y a escripteaux d’esmail tanné à lettres d’or.

(I) — Un saphir du Puy, -bien fossoyé, a six carres en un annel d’or à filet.

(J) — Un mauvais saphir du Puy assis à filet en une verge d’or ronde.

(K) 1416.Un scp.l d’or ouquel a taillé un duc en un saphir, que le Roy donna à

Monseigneur, — lxrii liv. x s. t. (Inventaire dn duc de Berry.)

(L) — Un sac de cuir où dedans a plusieurs menues pierres de la rivière du

Puy, — iiii liv. t.

saphistrin. La topaze, saohir inférieur, le saphir d’Allemagne. On sait que des minéralogistes très -distingués ont cru pouvoir appeler tous les corindons t quelles que fussent leurs couleurs, des saphirs, et ont ainsi donné à la topaze le nom de saphir jaune; ce système explique comment, dans les exemples suivants, saphistrin est une topaze. (Voyez Saphir.)

{^) 1416. Un saphir citrin quarré, hors œuvre, — x liv. t. (Inventaire du duc de Berry.)

(B) 144$. Demanda icellui Vincent qu’elle pierre c’estoit; et icellui feu Jour"dain respondi que c’estoit ung saphistrin d’Almaigne ou topasse. — Icellui Genilhac dist qu’il ne cnidoit point que ce feust saphistrin , et

ledit Vincent dist que c’estoit ambre , et le suppliant dist que c'estoit criatail on béricle. {Lettres de rémission.)

SARDOINE. Quartz-agate d’une couleur brune dans une nuance orangée. On l'imite parfaitement , mais les quartz se distinguent par une teinte pommelée et une grande pureté, tandis que les pâtes vitreuses se trahissent par de petites bulles d’air qui se rencontrent dans les mieux réussies. Isolée , la sardoine a été gravée et elle a servi à faire des vases : mais elle a du prix quand , associée à la chalcédoine, elle se prête au travail des camées.

sardonyx. Une agate rubanée, c’est-à-dire une sardoine associée à une couche de chalcédoine et à une couche d’onyx, qui ne sont, comme elle, que des nuances de l’agate, devient une sardonyx et se prèle admirablement au talent du graveur en camée , quand ses couches sont bien tranchées, ou à l'habileté du joaillier pour être taillée en vases et en coupes, quand les nuances de ses couches se fondent ensemble. Le camée antique, qui de la Sainte-Chapelle a passé au Cabinet des Antiques de la Bibliothèque nationale, est une sardonyx à quatre couches dont deux nuances de sardoine , une de chalcédoine et une d’onyx. Le camée de Vienne qui représente le même sujet, l’apothéose d’Auguste, est, après le camée de la Sainte-Chapelle , un des plus grands. On comprend que le talent du graveur consiste dans la combinaison d'un sujet suivant les dispositions de ces couches de nuances différentes , oh dans la recherche d’une sardonyx qui se prête à une composition arrêtée d’avance. Si . par exemple il doit rendre une Minerve; une fois la pierre trouvée , il réserve la couche supérieure pour l’armure, l’égide , le casque et les cheveux, la seconde couche pour les chairs, et la troisième, qui est la sardoine, d’une teinte foncée, pour le fond sur lequel se détache le tout. S’agit-il de présenter une tète d'Africain, c est le même système mais renverse, et il suffira d’une pierre à deux couches ; la sardoine pour le relief de la tête , la couche laiteuse pour le fond. Si l’artiste a dans son talent les ressources nécessaires, il modifiera sa composition pendant l’avancement même s de son travail, profitant à chaque pas des nouvelles ressources que lui offrent de nouvelles nuances , tirant parti des accidents mêmes de sa pierre.

(A) U40*.Comparavimns eliamprafati altaris oIHciis calicem preciosum de nuo

et continue) sardonice, ouod est de sardio et onice, qno nno usqne adeo sardii rnbror a nigridine onichini proprietatem variando discriminât, ut altéra in altérant proprietatem usurpare inniti æstimetur. Vas quoque aliud, huic ipsi materia non forma persimile , ad instar amphora adjunximus. (Pour ce dernier vase, voyez la première partie de la notice. Snger. De rebns gestis.) #

(B) 141 6. l’n annel d’or où il y a une agathe blanche et raiéeque MS. acheta —

iiij liv. t. (Invent, do duc de Berry.)

SARRAZIN (Lettres de) , et aussi lettres de Damas. Inscriptions arabes imitées de celles qui décoraient les étoffes, et les vases de métal ou de faïence émaillés , venus d’Orient, mais imitées avec une si complète ignorance de la langue, qu’elles ne conservent des caractères arabes que la forme rudimentaire et comme l’apparence. (Voyez aux mots Oultremer et Ouvrage de Damas.)

(A) 1360 Inventaire du doc d’Anjou, 142, 147, 149, 178, 182.

(B) 1 380. Deux pièces de soudamins parails, sur champ roze, ouvré de grans

fenillaiges à pommes d’or et entre les dictes pommes avoit lettres de sarazin et feuillaiges enlaciez, desqnelsa esté fait quatre houppelandes pour le Roy et Monseigneur de Valois. (Comptes royaux.)

sarrazins (liens de). Une forme particulière de nœuds.

(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 256.

SARRAZINS (œuvTe de). On appelait œuvre de sarrazin, au moyen àgc, tout ce qui avait un air oriental , le gTec , ou comme nous l'appelons, le byzantin, compris. Ainsi, lorsque l'architecte Willars de Honnecourt dessine de souvenir, au xm« siècle, le Tombeau d’un Sarrazin, il est clair qu'il nous met sous les yeux un monument romain de la décadence, ou grec des bas temps. (Voyez son curieux Album, conservé à la Bibliothèque nationale, sous le n° S.G. Latins n° 1108.) Les étoffes sarrazinoises sont dans le même cas. Le modèle avait été fait en Orient; toutes les imitations fabriquées à Venise, à Paris , à Arras, à Bruxelles, étaient censées faites de main sarrazinoise. (Voyez Œuvre de Damas , Tapissier et Lettres de Sarazin.)

(A) U60*.j bort (bordure) d’ueuvre sarrazinoise. (Roman dePerCeval.)

(B) 1180*. Un riche paile qne fisrent Sarrasin. (Le Roman de Garin.)

(C) 1350* . En dras d’or et de soie en sarrazin ouvrés. (Le Brun de la Montagne.)

(B) 1380. Un pot rniarré, semé d’esmaux longues de pli te et est le fruitelet

d’œu jtc de sarrasins, pesant vii marcs, iiij onces d’or.

— Une cniller de bois, à façon de beslong, à la manière des sarrazins.

(E) 1383*. Et de beaux draps ouvrez de main sarrazinois. (Chroniques de

Dnguesclin. )

(F) 1390. A Robert Poinçon, tapnissicr Sarrazinois, demourant à Paris, pour sa

peine sallaire et façon «ravoir fait de son mestier «1e tappisserie îj grans manches ès quelles a branches et cosses de genestes. (Comptes roy.)

SAVLCIÈRES. Les sauces se servaient à table, dans des pots appelés saulcières , dont la forme déduite de l’usage, se rapprochait de celle que uous avons conservée ; l'office de saulcier ou saussier avait une certaine importance. Les attributions de cet officier domestique sont fixées par les ordonnances de l’Hôtel. 11 avait sous lui des clercs, varlets et galopins de saulcerie.

(A) 1328. xxiiij saussières d’argent, prisiées livij lib. (Inventoire de la royne

Clémence.)

(B) 1360. Inventaire du dnc d’Anjou, 775 à 777.

(C) 1372.iii pots d’argent à brosseron, à mettre satisse, prisié lvj francs.

(Compte du testament de la Royne.)

SCEL. Si l'iiistoire de la peinture du moyen âge ne peut s’écrire, faute d'anciens tableaux, qu’avec l’étude des miniatures , l'histoire de la sculpture doit appeler à son aide la gravure des sceaux, qui comble bien des lacunes. Ces monuments sont tous d’une date certaine et quelques-uns d'une beauté de composition, d’une perfection de travail qui font i’admiratiou de l’homme de goût. Les graveurs de sceaux ne formaient pas un corps de métier, et cela s’explique puisqu’ils étaieuttous orfèvres et ne faisaient pas de cet art une spécialité. (Voyez Signet, et dans mes Ducs de Bourgogne les noms des meilleurs graveurs flamands.)

(A.) 1326. Johannes de Tornaco, talliator sive scultor sigillornm, pro denariis sibi debitis pvo sigillis dicti Regis faciendo , — uiiij liv.

(B) 1349.Martis (j die mardi, Joliannis Latboini, inciser sigillornm, pro faceone

BT RÉPERTOIRE. 495

sigillorum combattis Engolismensis de precepto Domini Regis, — vin liv. p. (Comptes royaux.)

(C)t420. Guiottis de Hanin,&cissor eugnorum monete — ratione mutationis per dominum regem facta super facto suarum monetarum. (Comptes royaux.)

SCEPTRE. Bâton court surmonté d’un aigle , d’une fleur, d'une boule ou autre ornement que les consuls et les empereurs romains, les empereurs grecs et les souverains de l’Europe portèrent de la main droite comme symbole de l’autorité suprême. Je fixerai , d’après les monuments, la date de son adoption et la chronologie des modifications apportées à sa forme.

SEILLE. Seillet et Celet, vase particulièrement employé pour porter l’eau bénite, mais qui était aussi à d’autres usages.

(A) 1401. Le dit Gilet suppliant avisa un vaissel, nommé seille, où il avoit cer-

tains poissons. (Lettres de rémission.)

(B) 1423. Une seille ferrée, à mettre l’iau benoîte. (Inventaire du Trésor de

Douay.)

SELLE. Siège sur lequel on s'asseoit, et son diminutif sellette; le très-ancien proverbe , entre deux selles s’asseoir par terre , s’applique plus naturellement à la selle, siège d’appartement, qu’à la selle, harnais de cheval.

(A) Il 40". Détint ergo repellens et a saeculo repuisa, inter duas, ut dicitnr, sel-

las formeras, (s. Bernard.)

(B) 1322. Aucuns des frères de la dite maison, mis à la sellette pour aucun mef-

fait. (Document cité par Du Cange.)

(C) 1498. Là fust le povre amant assis

Tout senl a part sur une selle. (J. Molinet.)

SELLE. Les arçons, si élevés devant et derrière la selle orientale, furent, chez les Grecs du Bas-Empire , un refuge dn luxe le

S lus désordonné, à tel point que les empereurs Théodose et Léon urent restreindre par des lois la masse d’or qu’on y entassait. Nos chevaliers, dont les armures ne permettaient aucun ornement, aucune marque distinctive, mirent sur les arçons de leurs selles des couleurs et des figures ; et ce fut là l’origine peut-être des armoiries et certainement l’occasion de remarquables travaux d’art. Pierre de Blois , au xn* siècle , parle de combats de cavalerie peints sur les arçonnières, et le moine Théophile, auxm« siècle, décrit cette ornementation comme étant de vogue et dès longtemps établie. Les selliers , les chapuisiers , les blasonniers et les borreliers avaient le privilège de préparer les selles pour le peintre, pour l’orfévre émailleur, pour le tabletier à incrustation et l'ymagier sculpteur. Je ne m’occupe des selles que sous ce rapport. (Voyez Arçonnières.) (A) 1220. Lib. i. Gap. ixn.De sellis equestribos. (Theophili. Schedula div. art.) (B) 1260. Nos ne puet paindre de couleur à or sèle derrière, se elle n’est couverte de fin or, c’est à dire d’or sans mesleure d’argent, que on apèle or parti, mes l'arcon devant puet il paindre de ce que li plera. (Us des Métiers, recueillis par le prévôt de Paris.)

(G) 1352. Les bernois de ij chevaux, c’est assavoir : selles, colliers, avallouères et tout ce qui y appartient, — et les arçons devant et derrière, pains de la devise de la dicte libéré. (Devise de Blanche de Bourbon.) (Comptes royani.)

(D) 1397. A Jehan de Troyes, sellier et varlet de chambre du Roy NS. pour une riche selle de broderie à chevaucher (pour 1a duchesse d’Orléans,

voyez la description] — et le harnois fait de broderie et clonez de clozd’or fin et faiz semblés à soulavs et à tréfilés volans par dessus et les carrefonrs esmailliez de turterelles, dorées de fin or et le mors et les estriers de hauite taille. (Ducs de Bourgogne, n. 5773.)

(E) 1405. A Collin Rapine, sellier du Roy, pour cause d’une selle avecqties nn

harnois doré et esmaillé, laquelle monseigneur (le duc de Bourgogne) donna avec un cheval au Roy nostre sire. (Ducs de Bourg., n. 70.)

(F) 1455. A Jehan Lessaienr, orfèvre de Monseigneur (le duc d’Orléans) pour

avoir baillé et livré le cuivre de la garniture de l’arçon de la selle neufve de madame la Duchesse et icelluy taillé et esmaillé à la devise de ma dicte dame, x) s. t., et pour l’avoir doré par deux fois,, xiviii s. t. (Ducs de Bourgogne, n. 6719.)

SELLE NÉCESSAIRE. Chaise de retrait dont la fourniture était, aux cours de France et de Bourgogne, un privilège des peintres en titre d’office. C’est à ce titre qu’une place leur est reservée dans ce Répertoire.

(A) 1352. A maistre Girart d’Orliens, paintre, pour ij selles nécessaires, feutrées

et couvertes de cuir et de drap, délivrées pour l'ordinaire de la chambre du Roy. (Comptes royaui.)

(B) — A maistre Girart (d’Orléans, peintre du Roy), pour vi selles néces-

saires, feutrées et couvertes de cuir, — iviii liv. p. (Idem.)

SEMALTE. Bleu, sans doute une couleur de provenance anglaise, et (t laquelle ie commerce avait conservé son nom anglais de smalt. Je n’ai pas rencontré ce terme antérieurement aux grands travaux de Fontainebleau, je ne l’ai pas retrouvé plus tard.

(A) 1535. A maistre Mathieu Dalmasat, veronnois, la somme de 27 livres, pour huit livres de semalte et quatre livres de verre de terre pour les ouvrages de painture (de Fontainebleau). (Renaissance des arts à la cour de France, p. 386.)

SEMBLANCE. Ressemblance. Peinture faite à la semblance, un

r rirait. J’ai développé ailleurs l’opinion (La Renaissance des Arts la cour de France, page 46, tome I ), que la recherche d’une ressemblance exacte et surtout le talent qui la produisait, étaient qualités assez modernes. J’ai fixé cette heureuse tendance et ses succès vers les débuts du un* siècle, tout en admettant d’ailleurs le goût inné et persévérant de l’homme pour le portrait ressemblant. Dans la pensée au poète, auteur du roman dePerceval, la Sarrasinoise pourrait bien être une artiste de Constantinople. Une Grecque, verstl60, était seule capable d’exécuter un portrait en peinture, en mosaïque, ou en broderie, dans toutes les conditions que suppose le récit suivant.

(A) 1160. Je soi Gauvain, Gauvain fet elle.

Sire donques vons désarmez,

Car véoir vueil, sanz couverture, Vostre vis et vostre figure.

Et Gauvain respont je l’octroi.

Lors se désarmé isnelîemeDt Et elle li dist franchement :

Bian sire léens m’en irai En ma chambre et tost revendrai.

Si vous saurai lores à dire S’estec Gauvain, ou non, biau sire.

11 l’i octroie et elle i vait,

I chier paille sonsliève et trait.

Qui la chambre ot avironnée,

Si ele par desous «ns entrée,

Léens ot une Sarrazinne,

Qui vint des chambres laRoyne,

Genièvre, qui moult fu courtoise,

I bort d’ueuvre sarrazinoise Ot cele fet, qui moult fu sage,

Si avoit pourtraite l’image Monseigneur G au va in, en ce bort,

Ne lot pas fet boçu, ne tort,

Mes tout autel com il estoit,

Com il s’armoit et desarmoit.

Si proprement avoit pourtraite L’ymage à lui, et semblant faite,

Que nuiz homs du mont ni fansist A lui connoistre qui veut,

La pourtraiture et lui ensemble Si très finement le resemble. •

Et quant la pncèle ot voue L’ymage, si est hors issue Et si a Gauvain regardé,

Qui le mantel ot affublé,

Au vis, et an commencement Sot bien c’est Gauvain vraiement,

Lors vient à lui et si l’erabrace,

Les yeux li baise et puis la face,

Plus de h fois. (Roman de Percerai.)

(B) 1250*. On dist qu’ele ha une semblance

De Jhesn, dont feit remembrance.

(Roman de Saint Graal.)

(C) 1310* Corne, perché di lor memoria sia,

Sovra sepolti le tombe tecragno Portan segnato quel ch’egli eran pria Onde R moite volte si ripiagne Per la puntora délia rimembranza Che solo a pii da delle calcagne. (Pnrgat. Dante.)

(D) 1416. Un ioyan d’or, rond, non garny, auquel a en l’un des costez un image

deNostre Dame tenant son enfant et quatre angeloz portans un paveulon sur ledit image, et de l’autre costô a un demy vinage faict à la semblance de Monseigneur, tenant en sa main un tableau d’or. Lequel joyau MS. acheta de Michelet Saulmon, son paintre, — lxx liv. t. (Inventaire du duc de Berry.)

SERPENT (Langue de). Épreuve servant à faire l’essai (voyez ce mot). Après avoir bonnement cru que la langue du serpent pouvait dénoncer la présence du poison , ou s’est imaginé que cette même langue pulvérisée agirait comme contre-poison. Cette confiance a abandonné la médecine sérieuse seulement depuis un siècle, elle règne encore dans la médecine empirique.

(À) 1363.Un arbre semé de langues de serpens, sans pied, àescussonsde France.

(lovent, du due de Normandie.)

(B) — Deux broches garnies de langues de serpent.

(G) 1498. Six langues de serpen6 , dont y en a une grande, deux moiennes et troys petites. Ladicte dame (la Reyne) les a baillées à la norrisse. (Inventoires de la royne Anne de Bretagne.)

(D) 1670. Sainte Foy, premier valet de chambre de Monsieur (le duc d’Orléans) lui (Henriette d’Angleterre) apporta de la poudre de vipère ; elle lui dit qu’elle la prenoit de sa main, parce qu’elle se fioit à lui. On lui fit £rendre ^plusieurs drogues dans cette pensée du poison. (Comtesse de

SERRURE. Deux corps de métier distincts faisaient des serrures, les uns travaillaient pour le bâtiment, les autres pour les petits meubles et ces innombrables coffres et étuis qui enfermaient toutes choses. A tous il était recommandé de mettre des gardes aux serrures qu’ils vendaient, et de ne faire de clef que pour les serrures qu’on leur confiait. Ces précautions, sages en tous temps , étaient dès lors très-nécessaires. (Voyez Féronnerie.) La serrurerie n’était pas un art, mais parce que tout participait de l’art, elle suivit ce grand mouvement, et dans ses pentures, ses marteaux, gonds et serrures, elle se montra la digne émule de toutes les industries qui devaient à l’art leur impulsion, auxquelles l’art devait leurs habiles et délicieuses applications.

(A) 1260.Tit. xviii. Des serreuriers de Paris et de l’Ordenance de leur mestier.

— Nus serreuriers ne puet vendre à Paris serrenre nueve se èle n’est garnie de toutes gardes, qnar èle est fausse. — Nus serreuriers ne puet Faire clef à serreure, se la serreure u’est devant lui en son hostel. (Us des métiers recueillis par Etienne Boileau.)

(B) — Tit. xix. Des boistiers faiséeurs de serreures à boistes. — Il puet estre

serreuriers de laiton à boistes, à escrins et à heDapiers, à tables et à cofres qui veut, pour qu’il sache faire le mestier et il ait de coy. — Qniconques fera serreure ou mestier dessus dit sans ressort, la serreure seroit fausse.

(C) 1365. Pour cinq serrures de fust (pour le Louvre. Comptes des bâtiments

royaux.)

(D) 1393. Pour avoir fait pour la Royne, en iij coffre* de Venize, iij serreures

d’argent doré. (Comptes royaux.)

(E) 1407. L’ostel de GuiUemin Sanguin, en la rue Bourbonnois, d’excellent édi-

fice, où il a de sereures autant comme il a de jours en l’an. (Descript. de Paris par Guillebert de Metz.)

(F) 1416. A Jehan de Chaalons, serrurier, pour une grosse serrure à ressort,

fermans a ij clés, garnis de iiij grans crampons et une gasche— xiiiij s. (Comptes roy. Hôtel de la Royne.)

(G) 1464.Andrieu du Vergier pour faire en la salle du Louvre un grand ser-

rure et une clef, en l’huis de la graud chapelle une serrure a boce, un verrouil et une clef à l’huis de la chambre M. d’Estampes, en montant à la tour une serrure plate à l’entrée de la salle au chastelain. (Gompt. des bâtiments royaux.)

siège. Il y a eu une mode pour s'asseoir comme pour marcher, • s’habiller et manger. Les chaises dures et anguleuses des deux premières races furent remplacées, au un* siècle, pur des coussins et des tapis étendus par terre, à l’orientale ; on revint ensuite aux sièges cette fois plus confortables et d'un grand luxe, variés de nom comme de forme (voyez Faudesteuil ), puis à la fin dn xvi* siècle, on reprit la mode des tapis et des coussins, sur lesquels on s’étendait aux pieds des dames. Cet usage un peu débonnaire, relevé par la galanterie, persista assez avant dans le xvu* siècle, et ne fut abandonné que pied à' pied, cédant d’abord au placet; puis aux tabourets et autres petits sièges bas, enfin aux chaises, aux fauteuils et, en dernier lieu, aux canapés.

(A) 1387. Pour toillc vermeille ponr doubler une couverture du siège où le Roy se agenoille — m s. p. (Comptes royaui.)

SIGNALEMENT. J’eutends parler de signalements peints, c’estp à-dire de peintures destinées à représenter soit une personne, soit un événement, de la façon la plus fidèle. 11 y a dans ce fait, comme

BT RÉPERTOIRE. 499

dans les représentations et les envoûtements (voyez ces mots), une des sources créatrices du portrait, une des bases de la réalité dans l’art.

(A) 1477.Pour ce que Gabriel Le Fèvre, paintre, demourant à Evreux, en en-

suivant le vouloir et plaisir du Roy — a fait de son mestier la peinture de cinq tableaux de aez — en chacun desquelx tableaux est paint et nourtrait la stature et épitaffe de messire Jehàn de Chaalon, prince d’Orange, pendu la teste en bas et les piés en hanlt, en le réprouvant tel que le Roy nostre dit seigneur, la déciairé et que escript est en chacun desdiz tableaux. — - Donné à Evreux. (Voyez la Renaissance des arts à la Cour de France, p. 51, tomel.)

(B) 1495. Fut ladite joune fille menée au pillory et avoit ung grant paipier ata-

chié à ladite roue, auquel avoit ung enffant en pointure et sa mère qui le tuoit. (Journal de Ph. de Vigneulles.)

SIGNAULX. Ce sont les gros grains qui forment les séparations entre les grains de chapelets. Ils étaient faits d'or et de toutes matières.

(A)1467.xiii signaulx d’or, faix à c c et à fusilx, pour mectre à patenostres. (Ducsae Bourgogne, 3049.)

SlGNEAU. De soigner, marquer. Sinet. On se servait de ce terme pour désigner la pippe a où pendent les signaux ou sinets, et les signaux eux-mêmes, cordonnets de soie, de diverses nuances, qui * de la pippe passent entre les feuillets, et ressortent par en bas. (Voyez Pippe.)

(A) 1355. De l'inventaire de feu Charles d’Espaigne, jadis Conestable de France,

pour unes heures couvertes debroudene et frétées de perles àj signeau d’un rubi et de ij grosses perles, à ij formoirs cror — Uvi escus. (Comptes royaux.)

(B) 1401. A Jacqne Richier — pour avoir relié un grant livre — et chappitulé

de plusieurs soyes aux deux bous. (Ducs de Bourgogne, n° 5940.)

(C) 1416. Un livre appellé le livre de la fleor des histoires de la terre d’Orient —

couvert de veluiau vermeil, à deux fermouers d'argent doré, esmaillex aux armes de feu Monseigneur de Bourgongne et seignaulx de plusieurs couleurs et sur chascune aiz, v boulions d’argent dorez, hachiez, lequel livre mon dit seigneur de Bourgoigne donna à Monsr à Paris. (Inventaire du duc de Berry.)

(I)) 1498. Dam Prieur, vers l’après-disnée,

Si trouva, à sa saintnrelle,

Deux ou trois brins de violette

Qu'il portoit pour seigner ses heures. (J. Mol inet.)

signer. Marquer une pièce d'orfèvrerie ou d’étoffe; il se dit aussi des signes en couleur par lesquels on marque les paragraphes * dans les manuscrits.

(A) 1260. Nus mesureur ne puet mesurer nule manière de grain, à mile mesure

qui ne soit seigniée au seing le Roi. (Statuts des métiers.)

(B) 1 349. A Jehan Malin, orfèvre, pour seigner, ans armes de Monseigneur leDuc,

v douzaines d'escnelles et xij plas d’argent — xlv s. t. (Compt. roy.)

(C) 1350. A Lorens de Marsoy pour visiter et mettre en nombre et signer les

pseaumes et respons dn grand et petit bréviaire de MS. le Duc. (Comptes royaux.)

(D) 1363. A Guillaume de Vaudetar pour faire signer ladicle vaisselle (deux

douzaines d’écuelles d’argent) chacune pièce en deux lieux aux armes de Monseigneur, iiij fr. et ii tiers. (Invent, du duc de Normandie.)

(E) 1389. Pour avoir signé et ourlé une douzaine de touailles de taille de Reins —

pour servir en la chambre du Roy — iiij s. p. (Comptes royaux.) •

SIGNET. Le sceau authentique était apposé aux lettres-patentes.

le sceau de secret aux lettres closes, le sinet était le plus souvent un anneau qu’on portait à son doigt , et avec lequel on scellait le courant.

(A)t297. C’est le sinet du roy saint Loys. (Inscription de la bagne de 9. Louis, provenant du. trésor de Saint-Denis, gravée en caractères du xme siècle, à l'époque de la canonisation dn saint Roi.)

(6) 1349. A Josseran de Mascon pour un signet d'or avec QQ£ bourse faite à perles dont il est couvert. (Comptes royaux.)

(G) 1358. Nous avons entendu que plusieurs lettres pendens ont esté on temps passé scellées de nostre secret, senz ce que elles aient esté venes ne examinées en la chancellerie. Nous avons ordonné et ordonons que dores en avant aucunes lettres patentes ne soient scellées pour quelconque cause que ce soit dudit scel du secret, mais seulement lettres closes. (Ord. des Rois de France.)

(D) 1380. Le siçnet du Roi, qui est de la teste d'un Roy, sans barbe et est d’un

fin ruby d'Orient et est celuy de auov le Roy scelle les lettres qu'il escrit de sa main. (Inventaire de Charles Y.)

— Un signet d’or et une verge tonte plaine où a un ruby taillé à une teste d’un roy.

(E) 1416. Pour l’or et façon du scel de secret et ung signet d’or à signer leç

lettres closes — ét pour iceulx scel et signet avoir fait graver aux. noms et armes de MDS. — ij«xvi liv. (Ducs de Bourgogne, 498.)

SINGE. Cet animal figure dans nombre de monuments de la sculpture et de la peinture ; sur plusieurs on le voit, en compagnie de son conducteur, faisant grimaces et gambades. On n’oublie pas que ces grimaces étaient appelées monnaie de singe, parce qu’elles payaient le péage sur les ponts et les droits d’entrée dans les villes.

(A)1260.Li singes au marchant doit iiij deniers se il, pour vendre, le porte et se li singes est à home qui l'ait acheté por sou déduit, si est qui tes et si li singes est au joueur, jouer en doit devant le péagier et pour son ieu doit estre quites de toute chose qu’il achète a son usage. (Registre d’Êst. Boileau )

SITU IN. Je n’ai pas une opinion arrêtée sur la signification de ce mot. Des quatre citations qui suivent, la première prouve que des patenostres en chapelets étaient faits de sitrin, la seconde que le sitrin ou cestrin n’etait ni l’ébène, ni les hyacinthes, ni les grenats, ni les topazes, ni les rubis, la troisième qu’il y avait des saphirs citrins, la quatrième eufinqu’ou décorait une riche croix d’or émaillée de cinq grandes pierres (c’est-à-dire pièces) de citrin. Est-ce un bois ..odoriférant? Est-ce une pierre de teinte jaunâtre? Est-ce l’aloës, dont les plus beaux échantillons venaient ue l'ile de Socotora dans la mer Rouge, et qui aurait été appelé, dès le moyen âge, par les Arabes de nos comptoirs européens, socotrin, et par contraction cestrin ? Est-ce enfin la gomme résineuse du même arbre qui se nomme encore aujourd’hui chicotin? ht laisse tout cela à l’état de conjecture.

(A) 1416. Un saphir citrin quarré , hors œnvre, — x liv. t. (Inventaire du duc

de Berry.)

(B) 1456.Unes patinostres de sitrin, plates et deux de sitrin faictes à lozenges

au bout. (Ducs de Bourgogne, n° 6965.)

(G) l$>30.Ce dict, luy vouloit tirer ses patenostres, qui estoyent de cestrin, anecques grosses marques d’or. — En aymerez vous mieulx d’or bien „ . esmadlé en forme de grosses sphères ou de beaulx lacz d’amours, ou

, bien toutes massifves comme gros lingotz, ou si en voulez d’ébene ou

de gros hyacinthes, de gros grenatz taillez avecqnes les marques de Unes turquoises ou de beanlx topazes marquez de fins sapkiz, ou de

ET RÉPERTOIRE. BOf

beaulx balays à tout grosses marqnex de diamaus à vingt et huyct quarres? (Rabelais.)

(D) 1536. Une croix d’or platte, en fourme de bagne, garnie de cincq grandes pierres de citrin, mises en chattons d’or et y a, aux quatre coings de la croisnre, quatre poinctes d’or à mectre perles et à Vautre costé de la dicte croix est une Nostre Dame, aiant à chacun costé ung ange et nng autre petit en hault, le tout desmaillé. (Invent de Charles Quint.)

SOMME et Soume, un poids, une charge, puis aussi la selle ou le bât sur lequel on chargeait les coffres; ae là. sommier, le cheval, le mulet et la bête de somme. Je laisse de côté les autres acceptions.

(A) 1260. Nus séliers ne doit fere lège en sa soume, ne en l'antrui, c'est à savoir ce qni gist seur le bout des arçons des soumes qui portent les coffres, se il n’est fais de cuir de cheval , ou de truie , ou de vache ou d’autre cuir ausi souffisant et tout d’nne pièche. (Us des mestiers de Paris.)

SOUAGE. Moulure, sorte de boudin enroulé autour du pied des pièces d'orfèvrerie, tantôt simple, tantôt double, quelquefois triple. Les souagcs étaient souvent v'errés, c'est-à-dire qu'ils se détachaient par la dorure sur l'argent. (Voyez, dans l’inventaire de 1360, les numéros 390, 428, 492. 566, 672, 690.) Il y avait aussi des souages aux bords supérieurs aes vases, des corbeilles, des bacquets (voyez ces mots), et ils servaient quelquefois d'anses. Le mot fut par extension appliqué aux bordures des vêtements. Enfin je trouve des souages qui font sallières.

(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou. Ce terme revient dans presque chaque

article, je citerai : un Tounel lié de plusieurs souages (no 76).

(B) 1380.Une paire de bacins à laver, — et ont lesdits bacins souages par des-

sus au dehors pour les tenir. (Invent, de Charles V.)

(C) — Un petit dragouer d’or, sans piez, tont plain et a un souage par des-

soobz à le tenir, et a on fons un esraail de France rond , pesant ij marcs, v onces et demie d’or.

(D) 1388.Un gobelet d’or, à couvescle, à un souage à iour, armoyé d’nne. Véro-

nique et a le fretelet d’un lis blanc. (Ducs de Bourgogne, 5421.)

(E) 1399.Un gTand banap doré , à couvescle, à un grand pié par manière de

souaige à bestes enlevées , donné par le pape Grégoire au Roy, pesant vingt trois marez, une once. (Invent, de Charles Yl.)

(F) — Un hanap à souaige et couvescle.

(G) 1408. Deux souages rons, d’argent dorez, assis chacun sur trois piez, à mettre

sel sur table. (Ducs de Bourgogne, 6101.)

(H) 1467 .Une couppe d’or plaine , où il y a à l’entour des souages de petites

fleurs estraingnes gectans graine, et au dessus du fritelet, les armes « de MS. garny de fil ronc plein : iij marcs, vii onces. (D. de B., 2269.)

(I) — Six tasses d’argent, garnies d’un couvercle, goderonnées à souages, et

l’un des godrons blanc et l’autre doré , et au inilieu ung esmail des mois de l'an. (Ducs de Bourgogne, 2523.)

(J) — Ung gobelet d’argent, le souage d’or, le bort et le fritelet d’or. (Ducs

de Bourgogne, 2605.)

(R) 1600. Gironner nn suage, c’est à dire, donner la rondeur à une pièce d'ouvrage, la plier en rond , la voûter on plier en arcade, lui donner le plis. (Et. Binet. Merveilles de la Nature.)

SOUFFLET. Ustensile de cheminée , connu très-anciennement. On appelait souffletier le faiseur de soufflets, puis, par extension, ce même mot de soufflet désigna le coup qui, en frappant sur la joue, éclate bruyamment. On disait aussi soufflace. (Voyez Buffet.)

( A)1 360. Pour j soufflet pour la chambre du Roy, xvi den. (Comptes royaux.)

(B) 1365.Ponr cinq soufflets neufs, les aucuns ouvres de taille (c'est-à-dire

sculptés) ij francs d'or, zzxij s. p. (Comptes des bâtiments royani.)

(C) 1380. Un soufflet d'or, esmaillié, à un petit annelet esmaillié de noir, à une

grosse perle qui fut Made Ysabel. (Inventaire de Charles V.)

(D) — Un petit soufflet d'argent, esmaillié de fleurs de lys.

(E) — Un soufflet d'argent à ij esmani des armes monseigneur le Dalphin, '

pesant, à tonte sa garnison, ij marcs, ij onces.

(F) 1391. A Guillaume Arode, pour avoir faitet forgié iij bubos d’argent blanc

ponr rnectre en iij soufflez de bouys, ouvrez à feuliez, et pour iij annelez d’argent à les pendre — ni s. p. (Comptes royaui.)

(G) 1396. Icellni Perrin lui alast donner une belle soufflace ou butté. (Lettres de

rémission.)

(H) MOO.T»y toi tu n’yez pas digne de parler, mets ta teste en un soufflet.

(Idem).

(I ) 4467. Ponr donner à tlago, le foui, en récompense de souffleta qui ltty forent

baillés en sa présence (du duc de Bretagne) — t escu neuf. (Chambre des comptes de Nantes.)

SOULIERS CAMUS. Aux souliers à pointe, dits à poulaine » succédèrent très-rapidement, ainsi que la mode procède dans ses excès , les souliers camus, et je ne relèverais pas cette particularité du costume, si elle ne servait pas mieux que toute autre à fixer la date de beaucoup de monuments qui,. autrement, sur ces confins du moyen âge et de la renaissance, laisseraient dans l’indécision.

(A) 1485. Souliers camnz, bouflz comme nng crapault. (Henri Bande. Ballade.)

SOYMESME. De sa nature, de sa couleur et de sa masse. Un animal émaillé de soymesme , c’est-à-dire de sa couleur naturelle ; un vase avec les auses de soymesme, c’est-à-dire prises dans sa masse.

STUCQ. Cette pierre factice était connue des anciens , elle fut réinventée au commencement du xiv° siècle en Italie, où le climat sollicite et protège cette manière commode et peu coûteuse d’orner l’intérieur et même l’extérieur des habitations. En France, elle ne me sembla pas avoir été introduite avant le n i' siècle. C’est François Ier qui l’appliqua à la décoration magnifique , mais un peu hâtive, de son cnàteau de Fontainebleau. 11 fit venir des stuccatenra d’Italie, et ces artistes apportèrent avec eux la chose et son nom. De stucco noos avons fait stneq.

(A) 1633. A Barthélemy de Minuto, paintre florentin, — pont neuf mois entiers

qu’il a vacqné à besongner ponr le Roy, ès ouvrages de stneq. (Renaissance des Arts i la conr de France.)

(B) 1585. A Francisqne Primadicis , dit de Bonilongne , conducteur et deviseor

desdits ouvrages de stucq et paintore, — zzv liv. (Idem.)

(C) l?71.Ceste Ju non estoit faicte d’estnc si blanc et si bien taillé qu’il n’y

avoii cellny qni ne le print pont vray marbre. (Entrée de Charles IX i Paris.)

STYLE. EtiXoî, Stilus, poinçon en métal, en ivoire, en os, pointu par un bout et aplati par l’autre, avec lequel les anciens, dès l’origine de l’écriture , ont tracé leurs pensées sur la surface de la cire on de tout antre enduit mou. La pointe du style servait à graver les caractères, et l’extrémité opposée, de forme applatie, à le* effacer en rétablissant sur la cire une surface plane. Par métonymie , on appela style l’écriture tracée avec le style , non pas l’écriture en elle-même, mais une forme particulière de la pensée

et la manière de la rendre. Cette extension donnée à un mot se rencontre dans beaucoup d’autres; on dit d’un professeur en calligraphie : c’est un bon écrivain, quelque sot qu’il soit; et de Bossuet : c’est un excellent écrivain , sans songer nullement à son écriture. Le style de Cicéron, le style de Voltaire marque donc la forme littéraire qui enveloppe et exprime la pensée de ces hommes. L’artiste qui communique son sentiment par la sculpture ou par tout autre art , était trop près de l'écrivain gui le rend avec sa plume, pour que la même expression ne s’appliauàt pas aussi à ses

Sroductions ; on a donc dit le style de Phidias, de Michel- Ange, de ean Goujon ; mais, en appliquant ce mot à la manière des grands artistes, on arriva, par la comparaison de leurs styles si différents, à se former l’idée d’un style par excellence. De là cette autre acception du même mot. On ait : cet ouvrage, si bien achevé) n’a pas ue style ; cette œuvre, dans toute son imperfection, a du style. Ces façons de dire sont anciennes quant aux lettres, on les rencontre dans les bons auteurs grecs et latins; mais ni les uns, ni les autres ne les ont étendues aux arte , et il faut descendre aux écrivains du dernier siècle pour voir ces manières de s’exprimer prendre pied dans la langue. Les besoins de la critique et les subtilités des auteurs didactiques exigeaient cette extension. Le style peut être , comme le beau, quelque chose d’absolu, et il est, dans les productions de la littérature et des arts, le caractère propre à des époques particulières, ides contrées différentes, à des artistes isolés. Fixer les règles du style, déterminer les caractères des styles différents, c’est enseigner l’histoire de l’art et les règles délicates qui peimettent de rapporter des œuvres anonymes à d’antres œuvres d’un même temps, d’une même contrée, d’un même artiste. Ce glossaire ne permet pas de semblables développements.

SITCCADES. Dragées, épices qu’on servait dans le drngeoir.

(A) 1498. J’ai veu deux on trois isles, (l'Amérique)

Trouvées en mon temps.

De chueades fertiles. (J. Molinet.)

(B) 1536. Une fôrcetle d’argent à prendre succadcs. — Pesant j marc, v onces. (Invent. de Charles-Qnint.)

(C) — Ung pot de snccade d’argent, innové des armes dn feu roy de Castille, gravées dessus, pesant Tl marcs, iiij onces.

SUJETS bizarres. On en trouve la description d’un grand nombre dans les inventaires, et quelques-nns, en nature, dans les collections. Le clergé, les moines , les hiérarchies ne sont pas plus ménagés que la décence, quant au goût, il n’en faut pas parler : sur ce point, chaque époque a ses prétentions et ses préventions. (Voyez Gotlf.)

(A) 1 352. Une aiguière d’un homme séant sur nn demi coq, à une teste d’évesque, qui tient une crosse, pesant vi marcs, vi onces d'argent. (Comptes voy.)

(B) 1363. Une pic, estant en son ny, assis sur un hault pié d'argent doré et esmaillé, pesant vii marcs. (Inventaire de l’argenterye du Boy.)

(C) — Un oisel, qui a visage d’ome ou cul et le chevauche une fame et poise iiij raat-cs, v onces et demie. (Inventaire dn duc de Normandie. Ce joyau se retrouve dans l’inventaire du Duc, devenu roi de France sous le nom de Charles V.)

(D) 1467. Un ymage d'argent doré, de Nostre Dame, tenant son Sis, monstrant sa mamelle qui est de cristal, pesant vii marcs, iii onces. (Ducs de Bourgogne, Î0i7.)

SURDORÉ. Doré. Expression provinciale du Bourbonnois.

(A) 1361. Une fontayne (le cristaul Ramie de pié et de couvercle d'argent sur-

doré et émaillée. (Inventaire des joyaux du duc de Bourbonnois.)

(B) Ung saint Michel d’argent snrdoré, avecques une cronea surdorée qui

tient en la main.

SYENNE (ouvrage de). Il est bien probable que la citation suivante désigne un travail de mosaïque ou de marqueterie exécuté à Sienne, en Italie. (Voyez Marqueture.)

(A) 1348. Pour la vendue d’un tabliaux de l'ouvrage de Syenne la yieille. (Comptes royaux.)

TABERNACLE. Au mot Ciboire , j’ai expliqué comment le tabernacle s’est développé sur l’autel : dans la citation suivante, il est pris dans l’acception du ciboire déposé dans le tabernacle.

(A) 1459. B sceust que l’ung de ses gens avoit desrobé, en une église, le tabernacle où l'on met corpus Domini qui estait grant et beau, et d'argent doré, très gentement esmaiilié. (Cent Nouvelles nouvelles.)

TABLE. Diamailten table, rubis etbalays en table, c’est-à-dire taillés sur deux faces bien dressées avec un biseau et des pans ou facettes sur la tranche. (Voyez Diamant.)

(A) 1560. Une fort grant labié de diamant, àtplain fons, un pen longnet et escorné de deux coings, accompaigné d’une grosse perle en œuf, qui est cellny que acbepta le roy François Premier et luy cousta soixante cinq mil escuz. (Inventaire des joyaux remis ès mains du Roy par la royne Marie (Stuart) après le trespas du feu Roy.)

TABLE (pour manger). Les Romains introduisirent dans les Gaules tous leurs usages, et on dîna couché dans les palais des vainqueurs , tandis que. les vaincus maintenaient des habitudes beaucoup plus simples. Je serais disposé à voir dans le plateau placé, en Orient, sur un escabeau, au milieu des convives assis sur des coussins tout autour, la table en usage durant les règnes de nos deux premières races, et je m'explique ainsi la forme et le genre de décoration de ces tables d’or et d’argent que nos pères possédaient. Charlemagne en fit faire quatre, une d’or et trois d’argent , celles-ci ornées des plans cavaliers et des cartes de Rome, de Constantinople et du monde entier. La table dressée sur ses pieds et le banc pour s’asseoir prirent le dessus après les trois siècles de fer qui pesèrent sur l’humanité quand Charlemagne ne la protégea plus, et alors qu’on n'avait plus ni or pour faire des tables, ni moelleux coussins pour s’asseoir.

TABLES A pourtraire et Tables à escrire. Avant l’usage du parchemin, avant l’invention du papier, alors que le papyrus, tissu végétal, d’une grande ténuité, était cher et rare, on se servit, chez les peuplesde l'antiquité, dans l’habitude de la vie, de tablettes enduites de cire, sur lesquelles on écrivait, au moyen de la pointe d’un style. L’extrémité opposée de cet instrument était aplatie, et permettait d’effacer les caractères tracés et de donner à la cire une nouvelle surface unie. Ces tablettes si commodes sont restées d’uu usage général jusqu’au xiv» siècle, et exceptionnellement jusqu'au xvne. I,es tablettes d’ivoire, sans enduit de cire, sur lesquelles on écrivait avec la mine de plomb, leur ont succède et se sont mainte-

nues jusqu’à nos jours en créant le calepin et l’agenda. Formées, dans l’origine, de deux tablettes d'ivoire, réunies par une charnière, on les appelait diptiques dans l’antiquité, et on les orna, à l’extérieur, de sculptures, dès l’epoque de l’empire. Ces sculptures représentaient les fêtes du Cirque, quand elles rappelaient l’élévation d’un consul; des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament, quand ou les destinait à un évêque, ou bien l’artiste cherchait daDS le symbolisme dés allusions à la nouvelle position des convertis. C’est avec le secours de ces petits monuments qu’on doit étudier la marche de la sculpture, depuis la décadence de l’art antique jusqu'au x' siècle, car on sait à quoi se réduisent les grands et petits monuments de la sculpture de cette triste période.

(A) 1260.De cens oui font tables à escrire à Paris. — Quiconque» veut estre

tabletier a Paris estre le puet franchement et ouvrer de bois et de toutes manières de fust; d’ivoire et de toutes manières de cor. — Nus tabletier ne puet faire tables de quoi ii un fuelles soit, de buis et li autre de faune, ne métré avec buis nule autre manière de fust qui ne soit plus chier que buis, c’est à savoir cadre benus, brésil et ciprès; ne nus tabletier ne puet métré suif avec cire. (Us des me.stiers de Paris.)

(B) 1359. A Franchequin, l’orfèvre, pour unes tables à pourtraire, achetée par le

Roy, — xiiî s. iiij den. (Comptes royaux.)

(C) 1372. Les tables où on escript, qui sont de fust, couverte de cire verte ou

de cire rouge ou noire. (J. Corbichon.)

(D) 1380. Unes tables à ponrtraire, dont les ays sont de cor, à eroissans d’or et

y a un estuy ouvré de cuir fauve pendant à un 1ns à deux petits boutons de perles et dedans icelny estuy a un petit grelfe d’or tuers. (Inventaire de Charles Y.)

(E) — Unes tables à escrire, et l’estuy d’argent doré, aux armes de France et

de Navarre, pesant i marc.

* (F) — Unes petites tables à cire , d’argent, et sont les couvescles d’ymages enlevez, pesant ij onces, xiiy esterlins.

(G) — Unes tables d’argent à escripre, en cire, esmailliées par dehors et poi-

sent j marc, ij onces, v esterlins d’argent.

(H) — Un estuy d’or à mettre unes tables à portraire, pesant ij onces, xi ester-

lins.

(I) 1399. Une table d’argent, à escrire en cire , esmaillée par dehors. (Invent.

de Charles VI.)

(J) 1440. Hand tablys, Pngillaris. (Prompt, parvulorum.)

(K) 1455. Trois tablectes à escripre x s', t. (Bues de Bourgogne, n<> 6762.) TABLEAU. L’histoire de la peinture est intéressée à posséder le

catalogue complet de tous les tableaux peints que décrivent les inventaires, les comptes, les testaments et autres documents. Ce serait dépasser le but de ce répertoire que de l’insérer ici. J'en extrais seulement la liste entière des tableaux peints que le duc de Berry possédait en 1416, époque de sa mort. On îugera mieux, par le chiffre total, par les sujets, par l’estimation, de la place qu’occupaient les tableaux peints au milieu des grands manuscrits à milfiers de fines miniatures, au milieu des tableaux d’or et d’argent, au milieu des joyaux, chez un prince qui avait «l’illustres peintres à ses gages , et qui fit exécuter ac grandes peintures murales.

(A) 1416. Un tableau de bois, quarré, où il a on milieu un ymage de Nostre Dame tenant son enfant qne deux angels couronnent et à l’un costé a nu ymage de saint Jehan Baptiste et l’autre un ymage de saint Jehan* l’envangeliste et tout an dessus nn ymage de Dieu le père, couronné de plusieurs petiz angelz, tout faiz de painture d'or, sur un

champ de ronge cler et sont lesdiz ymages tous couvera d’une grant pièce de voirre plate et les hors dudit tableau sont pains d’or bruny — x sols t. (Inventaire du duc de Berry.)

(B) 1416. Item quatre tableaux de painture ployans, esquels sont an vif les

visages du roy Charles, de l’Empereur, du roy Jehan et de Edonart, roy d’Angleterre, prisez par Julien Simon, Albert du Molin et Hermant Kanise (tous trois orfèvres experts) à xxij liv. t.

(C) — Uns tableaux de bois à pignons, en sept pièces, fais de painture, de la

vie de monseigneur saint Laurens et ou tableau du milieu a un crucefiement, Nostre Dame et saint Jehan aux costez, prisé — lvi liv. t. (B) - Uns autres tableaux de painture , en deux pièces, où il a plusieurs petis ymages de painture et en chacun plusieurs ymages de poins de marqueterie et armoyé sur les hors de plusieurs armes , prisé viij liv. t.

(E) — Un petit tableau de bois, bien ancien, garny nar devant d’argent doré à ouvrage de Venise, auquel a un ymage de Nostre Dame tenant son enfant et un ymage de femme à genonlx tout fait de painture ancienne et a le dit yrnace de Nostre Dame, en sa poictrine, un petit fermaillet d’or en façon d’une estoille , çarny d’un petit ruby ou milieu et de douze petites perles entour, prisé xivij liv. t.

(P) — Uns tableaux de bois, en iiij pièces, atachiez et acouplez, où est l’annunciacion , la nativité et passion nostre Seigneur et l’assumpcion nostre Dame, tout de paintnre, prisez xxxvi liv. t.

(G) — Uns antres anciens tableaux à pignon, fait de painture de la passion

nostre Seigneur, en iiij pièces fermans, acouplez et y a plusieurs fioles de cuivre doré , ïesquelz tableaux la royne de Chippre donna à mondit seigneur, — xl hv. t.

(H) — Une petite pierre serpentine, quarrée, garnye d’or, en laquelle a d'un

costé un petit ymage de nostre Dame, tenant son enfant fait de pointure, laquelle pierre ainsi faicte et garnye fut donnée à Monseigneur aux estraines, — iiij liv. t.

(I) — Un tableau de bois, quarré, où il y a une pitié de Nostre Dame tenant

une couronne d’espine taché de sang, tout de painture.

(J) — Uns grans tableaux, en deux pièces, de painture, l’un de la passion

nostre Seigneur et l'autre du Jugement.

(K) — Un tableau de bois, de painture, où il a un ymage de nostre Dame

tenant son enfant et en Vautre main un livre et devant ledit ymage, à l’un des costez est le roy Jehan et Monseigneur de Berry derrière, et de l’autre costé un évesque tenant sa crosse et an livre devant luy, — prisé — xi liv. v s. t.

TABLEAU ASTRONOMIQUE. Voyez Astrolabe et Cadran.

(A) 1380. Uns tableaux d’argent blanc, de la liautesse du soleil, en an estuy de cair noir, aux armes Monsieur d’Anjou, pesant iij ouces, xv esterlins. (Inventaire de Charles Y.)

TABLEAU CI.OANT, ployant et ouvrant. Tableaux composés de deux, trois et jusqu’à cinq pièces, liées par des charnières et se repliant sur elles-mêmes. C’est une confusion de les appeler diptyques et triptyques. Lorsque les iconoclastes eurent rendu plus générale l’habitude de porter dans sa poche ou dans son sein de petits tableaux de dévotion, les diptyques sculptés à l’extérieur et lisses à l’intérieur, différence notable, étaient hors d’usage. C’est donc une confusion, je le répète, que d’appeler les uns et les autres du même nom. Je serai très-sobre de citations; j’en aurais pu remplir vingt pages; je remarquerai seulement que ces tableaux ont été faits de toutes matières et décorés à l’intérieur par la peinture , la sculpture. l’émaillerie, la broderie, etc., etc. Au xvie siècle ou les appelait livrets. (Voyez ce mot.)

ËT RÉPERTOIRE. 507

(A) 1399. Uns tableaux de bois clnans de quatre pièces et y a painct en l'un le

roy Cbarles-Quint, le roy Jean, son pete, l’emperem* son oncle, et Ëdonart, roy d’Angleterre. (Inventaire de Charles VI.)

(B) — Uns tableaux de bois, de quatre pièces, que fist Gérard d’Orléans.

(C) — Uns tableaux de fust, de deux pièces, où sont pains une pitié et nostre

Dame. «

(D) 141 6. Quatre tableaux de painture ployans. (Inventaire du dnc de Berry.) (£) 1467. Ung tableau, à deux cloans, à l'image Nostre Dame et ès feuilles chas>

cun trois y mages d’albastre. (Ducs de Bourgogne, 2231.)

(F) — Ung petit tableau d’or, onvrant , esmaillié dehors de saint Jehan

Baptiste et saint Jehan l’évange liste, pesant ij onces. (Ducs de Bourgogne, 2082.)

(G) — Ung tableau d*or rond, qui se euvre, et y a dedans un crnceâi d’ivoire

et une annonciation et y a «script : il me larde. (Ducs de Bourgogne, n. 2079.)

(H) — Ung petit tableau d’or, qui se euvre, à une chainecte, esmaillié de la

resurrexion et de la Magdelaine, pesant iij o. demie. (D. de B. 2078.)

tableau d’or et d’argent. Le nombre des tableaux d’or et d’argent décrits dans les inventaires est véritablement prodigieux. Ces tableaux d*or servaient aux actes de dévotion, et un grand nombre renfermaient des reliques. Un tableau en forme de croissant est une exception ; la reine qui le possédait avait pris le croissant pour devise.

(A) 1328. Un petit tableau- d’or en guise de croissant, prisié x lib. (Inventaire de la royne Clémence.)

^B)1363.1i petits tableaux d’or esmaillez et pareils. (Inventaire du dnc de Normandie.)

(C) 1380. Uns tableaux d’or à ymagerie et sont les fermoirs à dalphins émaillés,

pèsent iiij onces, ij est. ob. (Inventaire de Charles V.)

(D) — Un grand tableau d’argent ouquel il a par dedans un image de la tri-

nité dont le crucifix est chen et un ymage de St Estienne, au dessoubz lagésine Nostre Dame et dedans et dehors sont les aisles esmailliées et historiées sur un eutableinent de iiij lyonceaux et a petites ymages enlevé devant, pesant xxv marcs.

(E) — Un autre tablean d’argent doré ouquel est la trinité au hanlt estage

comme dessus, a un petit enfant à costé et dessonhz la gésine Nostre Dame et sont les ailes esmaillées par dedans de la vie de Dien et de Nostre Dame et est sur un entablement d’argent doré, à iiij marmousets, ouquel sont les armes de la royne Jeanne d’Euvreux, pesant xij marcs et deray.

(F) — Uns tableaux d’argent doréz où il a ung ymage de Nostre Dame dedans

paint et a cristal devant.

(G) — Uns tableaux d’argent, dorez, par dehors à la trinité et de l’annoncia-

tion et est esmaillié par dedans et St Jean qui escrit devant loy et èz ailles dudit tableau sont Ste Catherine et Ste Agnès et sont lesdits tableaux assis sur un haut pied cizelé, pesant v marcs, iiij onces et demie.

(H) 1399. Uns tableaux d’or où au millieu est un ymage de Nostre Dame esmaillé,

et sur le tabeau a une croisette où fault une petite esmeraude et est garny de plusieurs esmerandes grans et petites , plusieurs rubis a’Alixandre grands et petits, plusieurs perles grosses et menues, pesant un marc , dix esterlins. (invent, de Charles VI.)

TABLEAU A frais. Genre de peinture sur mur, appelée par les Italiens al fresco , et qu’ils renouvelèrent des anciens. C’est à l’époque de la renaissance que la colonie italienne, installée ù Fontainebleau par François Ier, introduisit en France, ou au moins mit

en pratique sur une grande échelle ce procédé qne le moyen âge n’a pas connu. On sait qu’il consiste à enduire la muraille de mortier et à peindre sur cette surface encore fraîche avec des couleurs à l’eau, qui ne restent pas à la surface mais qui pénètrent dans la muraille même : de la l’expression de la peinture à frais, à frez , ou comme récrivait Félibien , à la lin du xvn« siècle, à fraisque, fondant ensemble les expressions italienne et française.

(A) 1540. A Badouyn , paintre, pour avoir vacqué tant à la façon des patrons des tapisseries, que à la façon et painiure d’un tableau à frais , en façon de, tapisserie , contre la muraille , en la salle des poisles , an grand pavillon près l’estang dudit lien , à raison de xx liv. par mois. (La Renaiss. des Arls à la cour de France, I, p. 431.)

tableau de mosaïque. J’ai parlé de la mosaïque (voyez ce mot), un des doyens de l’art; il ne sera question ici que de tableaux de mosaïque, genre de Florence, exécutes en France.

(A) 1540. if Jean le Roux dit Ticart, et Dominique Florentin, iraagers, pour ^voir fait vingt deux tableaux , façon de grotesques , dedans les compartiuiens faits de pierre cristallines, dedans lesquels il y a des masques faits de petits cailloux de diverses couleurs. (Renaissance des Arts à la cour de France, tome 1, p. 421.)

tableau rond. Cette forme de tableau est rare au moyen âge, j’entends les tableaux peints, car les tableaux d'or ronds, avec un miroir en regard, sont très-communs.

(A) 1390. Pour un estuy de cuir bonlly — ponr mettre et porter un tableau tout

rond, de la cbappelle du Roy NS., ouquel est Nostre Seigneur, Nostre Dame, saint Jehan et les trois Maries, pour ce, — xij s. p. (Comptes royaux.)

(B) 1420.Un tableau d’or, rond, de environ nnc paulme de large,, à un saint

Jehan et sainte Katherine, painturez soubz ung cristal rond au milieu garny environ de iiij petiz nalaiz, viij moyennes perles brutes , et par derrière un mirouer. (Ducs de Bourgogne, 4186.)

tableaux. Leur usage. J’aurais voulu indiquer, d’après les textes , l’usage des tableaux et la place qu’ils occupent dans la décoration des appartements. Malheureusement , ces indications sont rarement données. Pour un tableau qu’on pend au chevet du ftoy> pour un autre tableau attachié au mur , il y aura cinquante descriptions qui omettent la destination. Les miniatures seront moins discrètes que les textes, et je les interrogerai à leur tour.

(A) 135i.Ponrun coffret, couvert de cuir bonilly, armoyé de France, fermant

à clef, pour mettre et porter uns tableaux que le Roy met à son chevais. (Comptes royaux.)

(B) 1380. Un tableau attachié au mur, où sont St Père et St Pol. (Inventaire de

Charles V.)

(C) 1391. Un estuy — pour mectre et porter les tableaulx à ymaiges du Roy

NS. à mectre dessus son lit. (Comptes royaux.)

(D) — A Guillaume Arode , pour avoir fait et forgié une petite chaienne

d’argent blanc , avec un crochet, pour pendre un petit tableau , où il a une yraage de Nostre Dame, à pendre sur le chevez du lit de la Royne, pour ce — ix s. ix d. p. (Comptes royaux.)

(E) 1396.Un petit tableau benoit, enchacillé, pour dire messe. (D. de B. 5717.)

(F) 1420. Pour un estuy de cuir à mettre le tableau qne Monseigneur fait tou-

jours mener avec lui. (Ducs de Bourgogne, 607.)

(G) 1496. A Jehan Cbassenay, mennsier, — ung tableau sonbzpendn à la che-

minée de la chambre de la Royne, audit heu de Plessis. (Comptes roy.)

TABLETTES. Elles servaient, enduites de cire, à écrire (voyez Tables à pourtraire), on, évidécs, à renfermer nn portrait.

(À) 1345.Tablette à mettre ymage. (Guillaume de Machault.)

(B) 1557. A Jehan Doublet, orfèvre de MS- le Dauphin, — pour son payement d’une paire de tablettes d’or. (Comptes royaux.)

TABLETTES HISTORIÉES. Ce sont des tableaux ouvrants. (A) 1420. Unes petites tabletes quarrées, d’argent doré, à v fneilles historiées de Nostre Dame , du cruceffiement et plusieurs antres sains de painture csdiz feuillez, pesant iij onces. (Ducs de Bourgogne, 4076.)

TABLETTE A SAVOIR LES HEURES. Cadran. (Voy. ce mot.) (A) 1363. Une petite tablette d’argent à «ravoir les heures, hebergiée en un estuy de cuir. (Invent, du due de’ Normandie.)

tabletier. Faiseurs de tabliers (voyez ce mot), et de tablettes sculptées, ce que nous appelons un bimbelotier.

(A) 1407. La rue de la Tableterie où l’en faisoit pignes, oeilles, tables et autres

ouvrages d’ivoire. (Description de Paris, par Guillebert de Metz.)

(B) 1454. A Hemy de Senlis, tabletier, demourant à Paris, pour deux petiz

tableaux d'ivoire achetez de lui — iij fr., ij s. vi den. (Comptes royaux.)

tablier. La table, non pas seulement du jeu des tables, mais de tous les jeux qui se jouent avec des pièces mobiles sur une surface plane. C est ainsi que le livret des divers jeux partis du tablier , manuscrit du xive siècle (Bibl. nat. anc. fonds, 7918), comprend les règles de l’échiquier, du trictrac et du jeu des tables. Le tablier, en s’ouvrant et en se dédoublant, présentait les cases d’au moins deux de ces jeux, et ils étaient tellement dans les goûts du moyen âge, qu’apiès avoir fait partie, pour ainsi dire, de l’éducation, ils devenaient la passion la plus persévérante de toute la vie; aussi, ne s’étonnera-t-on pas que ces tabliers fussent souvent exécutés dans les matières les plus précieuses, comme l'or, l’argent, le cuivre émaillé, le cristal de roche, ou les bois les plus rares incrustés d’ivoire, de nacre de perle, d'ambre, etc., etc. Les pigniers, fabricants de peignes, faisaient et vendaient ces jeux, comme les bimbelotiers les ont encore aujourd’hui dans leur commerce. Je laisse .de côté la nappe de table, qui s’appelait aussi un tablier.

(A) H 90*. Tables d’argent et esches d’or. (Guillaume d’Angleterre.)

(B) 1250. Quant l’anfès ot xv anz et corapliz et passez

Premiers aprist à letres, tant qu’il eu sot assez,

Puis aprist il as tables et a escnas joier.

(Parise la duchesse.)

(C) 1352. Un tablier de fust garny de jeux, de tables, et d’eschez pour la garde-

robe dudit seigneur (le Boy.) (Comptes royaux.)

(D) 1389.Tabolerium unum lahoratum ad gnara et de jaspide cum schacchis et

merellis. (Document cité par Muratori.)

(E) 1391 . A Henry des Grez, pignier, pour v tables d’ivoyre et iiij autres tables

de corne et vi pyonnes achetés de lui et baillé à Andriet le Maire, var" let de garderobbe de la Boyne, pour la garnison du tablier de laditte dame, pour ce xii s. p. (Comptes royaux.)

(F) 1416. Un tablier d’argent doré ployant nar moytié, fait par dedans de pièces

de naclc et garny de tables et a’escbaz — ij« liv. t. (Invent, du duc de Berry.)

G) — Un grant tablier et escliiqnier quarré, de cyprès, très bien ouvréfde marqueture, garny de grosses tables et eschas d’yvoire et de bois noir

et est dedans tin estuy de bois, paint par dessus à un escuçon, aux armes de Monseigneur, prisé îüi liv. i s. t.

(11)1427. Ung tablier de marbre blanc et noir, bordé par dedens, ouvré tout autour à ymaiges de petiz enfans nuz et est percié, entre le tablier et Teschiquier, à mectre une petite layette de bois ou sont les tables et eschéez de yvoire blanc et noir et sont les diz eschéez faiz d’ymaigeset de divers personnaiges bien jolyement faiz. (Ducs de Bourg., 643 2.)

(I) 1467. Ung bel eschecqoier d’ivoire, armoyé des armes de madame (la

duchesse de Bourgogne) et de rautre cousté nng tablier et est en un estuy. (Ducs de Bourgogne, 3265.)

(J) — Ung escbaquier, d'un costé d’ivoire, entaillié à l’entour bien et gente-

ment et de l’autre costé tablier. (Ducs de Bourgogne, 3271.)

(R) 1524. Ung tablier garnis d’ivoire, eschequeté d’nng costel blanc et noir et de l’autre costé pour joué au plus de peins et il y a une petite ouehue de serpent de mesme pour joué ausdiz poins. (Inventaire de Marguerite d’Autriche.)

TAILLE DOUCE. Dans la citation suivante cette expression est un terme d’orfèvrerie, et signifiait la gravure au burin et en hachure sur les pièces de vaisselle. Ni Robert Etienne , en 1539, ni Jean Nicot, en 1606, n’ont admis cette expression. Monet, en 1635, la prend encore dans le sens de travail a’orfévrerie, sans application à l’impression : Tailler en taille douce. C'est dans le xvn* siècle * seulement qu'on distingua , dans le commerce des estampes , les épreuves de la gravure en taille douce de celles que fournissent les travaux de la pointe sèche, les eaux-fortes et les tailles de bois en relief.

(A) 1541 . François — nous voulons que — vous paiez comptant à nostre cher et

bien âmé Simon Dotières (on Potières) marchand joyaulier, la somme de quatre cens cinquante livres tournois — pour sou paiement d’nn coffre d’émail, garny d’argentdoré, taillé au burin. (Mandement donné à Lyon.)

(B) 1566. Ung tableau figuré, taillé en taille doulce, auquel il y a ung histoyre

de passion, estant le tout d’or — ivj liv. t. (Inventaire du château de Nevers.)

(C) 1599. Deux coupes d’argent vermeil doré, de taille douce, pesant ensemble

sept marcs quatre onces. (Invent, de Gabrielle d’Estrees.)

TAILLE (haute). Je ne crois pas que les rédacteurs des inventaires et les comptables se soient rendu bien compte de la différence qui doit exister entre le travail de haute et de basse taille , ils employaient indifféremment les deux termes.

(A)4410.Uns tableaux d’ivoire, en deux pièces, où il a plusieurs ymages de baulte taille très déhéement ouvrées de plusieurs histoires , garnies d’argent par les bors, esmaillés aux armes de MS. prisés— vin» liv. t. (Invént. au duc de Berry.)

TAILLOIR, exprime la même idée et désigne le même objet que le mot Tranchoir. Il est peut-être moins ancien. Jean de Garlande, Marco Polo, Froissart, Joinville, Guillaume de Machault et d’autres l’emploient.

(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 85, 266.

TALOCHE'. Talorhia et Taulachia. Petit bouclier; dans l'une des citations suivantes (C), c’est presque un objet d'orfèvrerie.

(A) 1388.Un boucler ou taloche. (Lettres de rémission.)

(B) 1397. Une taloche de fer. (Idem.)

(C) UOS.Une eapée et une taloche d’or, le pamel d'un balay et la taloche envi-

ronnée de huit perles et ung dyamant en la boce de ladicte taloche.

(Ducs de Bourgogne, 6104.)

TAPIS. Les tapisseries sont des objets d’art qui entrent dans nos collections, et qui ornent les murs de la salle des émaux et objets divers du moyen âge dans les galeries du Louvre. A ce titre, je pourrais les faire entrer dans ce répertoire sans dépasser les limités que je me suis fixées, mais le plus long des articles de ce répertoire offre à peine assez d’étendue pour effleurer ce sujet ; je ne ferai donc aucune citation, je réserve l’article Tapisserie pour mon Glossaire général, et je me contenterai d’indiquer, d’après les textes, les distinctions essentielles qui se présentaient dans les divers genres et origines de tapis et de tapisseries. J'ajouterai seulement que dans cette belle industrie, ou pour mieux dire dans cct art, la France ne se laissa devancer par personne. Au xie siècle , elle fabriquait elle-même ses tapisseries ; mais bientôt les Flandres et l’Artois, protégés par des arrivages de laine à meilleur marché et par une teinture très-perfectionnée, prirent la tète dans la concurrence et la gardèrent avec une supériorité incontestable, jusqu’à ce que les manufactures des Gobelins et de Beauvais la leur eussent enlevée.

tapis D’ESPAHlNE. C’était évidemment des tapis orientaux fabriqués par les Maures , et cette industrie resta dans le pays. (A; 1150*. Tune operosa suis Hispana tapetia villis Hinc rnbeas, virides inde feront species.

(De Conflictu avis et fini. Poésies pnbl. par M. E. Du Méril.)

(B) 1416. Un tappis velu blanc, de l’ouvrage d’Espaigne, — xl liv. 1. (Invent.

du dnc de Berry.)

(C) — Un tappis velu blanc, aux armes de Castelle, de l’ouvrage d'Espaigne,

contenant sept aulnes de long et deui aulnes de large, — xlv liv. t.

TAPIS (Fil à). Les tapis étaient tissés, cousus ou brodés, sur une chaîne de fils de chanvre, mais ils n’étaient pas en chanvre, et c’est ainsi qu’il faut comprendre la citation suivante.

(A) 1296. Le cent de fille de chanvre à tappis. (Tarif pour Paris.)

TAPIS DE BASSE LISSE. Tapisseries dont on faisait les tentures , les coussins , et généralement tout l’ameublement d’une chambre ou salle de tapisserie. C’est le même travail que la haute lisse; seulement, les dimensions en étant moins grandes permettent d’étendre horizontalement sur un métier les fils de la chaîne, et l’ouvrier travaille à l’endroit , son modèle devant lui. La manufacture de Beauvais s’est conservé cette spécialité.

TAPIS DE IIAUI.TE LIS.se. Tapisserie qu’on tendait sur les murs des appartements, véritables tableaux tissés sur une chaîne de chanvre avec des lames nuancéps qui produisent, par la juxtaposition des couleurs, tous les effets et toutes les difficultés de la grande peinture. Les fils de la chaine sont perpendiculaires, l’ouvrier travaille à l’envers. La manufacture des Gobelins exécute exclusivement les tapisseries de haute lisse.

TAPIS DE MURAILLE. Lorsqu’on cessa de joncher les salles, lorsque les tapis velus, presque tous de Turquie, eurent remplace les herbes et fes feuilles, on appela tapis de murailles les tapisseries à personnages qui les couvraient et qu’il fallait distinguer des autres tapis étendus sur le sol.

(A) 1461. A Pasqtiier Grenier, marchant tapissier, demourant à Tonrnay, — pour plusieurs pièces de tapisserie, ouvrées de fil, de laine et de soye, garnies de toile, franges, cordes et rubans, contenant en tout vij cent aulnes ou environ. C’est assavoir: six tapis de muraille, pour parer

une sale, faix et ouvrés de l’istoire du roy Assuere, vijc lib. (Ducs

de Bourgogne, 1871.)

TAPIS nostres et Tapis tissus rez, c’est-à-dire ras ou lisses, par opposition aux tapis velus. Cette expression s’employait de la même manière pour distinguer la laine longue de la laine courte, les brunettes anglaises à long poil de* brunettcs françaises, les fourrures des lapins angora des fourrures de lapins à poil ra*s, les raies bouclées des raies lisses, c’est-à-dire qui n’ont pas de piquants sur la queue, etc., etc. Ce terme, bientôt abandonné , ne lut plus compris, et on ne sauiait accepter l’interprétation qu’en donnait, en 1756, l’auteur du nouveau recueil des statuts et règlements des maîtres marchands tapissiers hauteliciers-sarrazinois.

(A) 1 260 . Tit. lit. Des tapisiers de tapiz nostrez. Noz tapissier de tapiz nostrez

ne puet ne ne doit ouvrer ae nul file fors que de file de laine bon et loial, fors es cbiès (lisières) que il puet ouvrer de tonte manière de file. — Chascnnc manière de tapis nostrez doit estre tout d’un lé. (Us des Mestiers recueillis par Et. Boileau.)

(B) 1295. Des faiseurs de tapis notrés. (Les additions aux statuts primitifs sont

sans intérêt.)

(C) 1296. Le cent de congnins nostrés d’Auvergne et de Prouvenee et de lièvres

d’Allemagne, iiij den. (Tarif pour Paris.)

(D) 134*. Il est ordonné que tontes les brouettes faites de laine englesqne soient

listellées et scellées de deux sceaulx du lainage et deux sceaulx du recousage et toutes les brunettes de laine uostiet, les meilleures soient listellées d’un de chacun desdits sceaulx. (Roquefort. Ban de la draperie de Douai.)

(E) 1342. Ordonnance du prévost des marchands qui défend aux tapiciers de

tapis notrés de les faire en poil de vache. (Citée par Jtf. Depping.)

(F) 1352. Maistre Jehan, le fol du Roy, pour fourrer nn couvertoir pour son

lit, une penne de connins nottrez, c sols par. (Comptes royaux.)

^G) 1360*. Sor et blanc harenc frès poudré.

Harenc nostré vendre vondré.

(Gnill. de Villeneuve. Crieries de Paris.)

(H) 1393. Raye est bonne en septembre. — Celle qui n’a que une queue est

notrée et les autres qui ont plusieurs queues non. (Ménagier ae Paris.)

(I) 1420.Ung tapis rez, fait de petiz poins quarrez, bleus et ronges. (Ducs de

Bourgogne, 4308.)

(J) 1427. On banist Donas Dauby à Saint-Lambert du Liège et à 50 livres pour

ce qu’estant drapper de laine englesqne, s’est ensonnié de faire drapper de lame nostrée. (Reg. aa banissement du 23 juillet. Roquefort.)

TAPIS de parchemin. Il faut bien admettre cette expression, puisqu’elle se rencontre dans im document, mais il n'est pas facile de l’expliquer.

(A) 1599. Un grand tapis de parchemin, façon de point coupé, rompu par un bout, prisé deux escus. (Inventaire de Gamielle d’Estrées.)

TAPIS DE PARIS. J’ignore de quel genre de travail étaient ces tapis.

(A) 141 6. Deux tappis vers de l’ouvrage de Paris, à un arbre d’orangier ou milieu et y pend un escn, — valent xviij liv. t. (Inv. du duc de Berry.)

tapis A personnages. Tapisseries de haulte ou basse lisse.

qu’on n'étendait jamais parterre, mais qu’on suspendait contre les murailles. (Voyez Tapis, Tapis de muraille et Tapis velus.)

TAPIS AU UROS POINCT. Peut-être un travail analogue à nos tapisseries de canevas.

(A) 1554- Trois petites chaises basses faictesde tapisserie au gros point. (Inventaire de la Dame de Nicolaï.)

TAPIS sarrazinois. Tapis dans le goût ou dans la facondes Orientaux. Ainsi que les aumonières sarrasinoizes, leur fabrication était assez étendue, en 1260, pour foimer un métier à Paris. Il ne faut pas songer à voir dans ce terme, qui revient très-souvent, des tapis turcs, qui sont désignés comme tels : une seule citation le prouvera (B); il serait facile d’en faire un plus grand nombre.

(A) 1260. Quiconqups veut estre tapicier de tapis sarrazinois à Paris, estre le

puet franchement (Livre des Mestiers, d’Est. Boileau.)

(B) 1 3S9. A Jehan de Croisetes, tapicier sarrazinois, demonrant à Arras, — pour

un tappis sarrazinois de histoire de Charlemaine. (D. de B., 5450.)

(C) 1398. Pour douze tappis velus du pais de Turquie, dont il y en a dix petits

et deux moyens. (Ducs de Bourgogne, 5855.)

TAPIS VELUS. Les tapis de haute et basse lisse forment un dessin par le flanc d’un brin de laine colorée, qui s’enroule autour du fil de chanvre dont la chaîne est composée; le tapis velu, appelé plus tard tapis de Turquie et façon de Turquie, est formé au contraire, de même que le velours, de fils de laine, qui, après s’ètre noués autour de la chaîne , la dépassent en longues mèches iuxta-

? osées. Ces mèches, coupées également à leur extrémité , offrent à œil l’intérieur et le velu de la laine. Les tapis velus figurant des fleurs s’étendaient par terre comme les tapis de nos jours , tandis* que les tapis de haute et basse lisse, jamais foulés aux pieds, mais accrochés contre les murs, décoraient les appartements. Il était fréquent de voir des tapisseries dans les maisons, il était très-rare de trouver des tapis velus sur le parquet; c’était un grand luxe et une recherche qu’on bornait le plus souvent à un cabinet élégant et au tour du lit. Partout ailleurs, et à l’église, le sol était jonché ou poudré d’herbes sèches, telles que foin, joncs, etc.

(A) 1240. Et n’ert pas ioncliié de jonc,

Mais d’Inde flor de violete. (Partonopex.)

(B) 1271. Item debet jonebare domum D. Episcopi, de junchura D. Episcopi. (Ap. Du Cange.)

(C) 1322. Laquelle (chambre) devoit estre poudrée de blanc feurre onde jonez, selon la saison que il venoit. (Ap. Du Cange.)

(D) 1328. Ij tapis velus d’outremer, viij Iib. (Invent, de la royne Clémence.)

(E) — Un tapis velu de Rommenie.

(F) 1379. Un thapis vcolu d’onltremer, à mettre par terre, devant le grant autel ans grans festes. (Invent, de l’église du Saint-Sépulcre.)

(G) 1448. Ne pooient lesdits habitans — prendre herbe esdils marais se n 'estait les samedis après disner et autres festes, pour jonequier leurs maisons. (Ap. Du Cange.)

(H) 1485. La chambre autour n’estait tendue que de soye verde, et an bas tautte tapissée de tapis velus iusques à l’huis , et entre les grands licts, et tout partout. (Aliénor de Poictiers.)

(I ) 1532.Reposteros qui servent d’aller avec les lietz qui vont devant et derrière par les champs tendre la tapisserie, nestoyer les tappiz veluz que l’on mect en terre en la chambre. (Comptes 3e la Royne.)

(J) 1554.Ung tapis -velu, façon de Turquie. (Invent, de la Dame de Nicolaï.)

(K) 1599. Un tappis de Turquie , contenant trois aulnes de long sur une aulne

de large. (Invent, de Gahrielle d’Estrées.)

TAS (Férus en). Frappé ou estampé sur de petits enclumeaux’ d'acier qu’on nommait encore tas, au xvn* siècle, suivant Forfôvre Le Roy.

(A) 1355. Que nuis orfèvres ne puissent faire planches de boutons ferües en tas,

3 ni ne se reviennent massives et toutes pleines. (Statuts des orfèvres e Paris.)

TASSE et Tassette, bourse. Tassetier, faiseur de tasses. L’étymologie reporte au mot Tasche des Allemands , tasca des Italiens et de la basse latinité, tasque du xvi® siècle.

(A)1295. Che dal collo a ciascnn pendea una tasca. (Dante.)

(B) 1359. Beaudoin, le tassetier de Londres, pour ij tasses et ij corroies de cuir noir pour monseigneur Philippe. (Comptes royaux.)

(C) 1400*. Pera, sacculus, qui tasca vulgo vocatur. (Jean de Janua.)

(D) 1530. Et y synapisa de ponldre de diamerdis, qu’il portoyt tousiours en une de ses tasques. (Rabelais.)

tasse. Il yen avait à couvercle et à anses, plus tard aussi à biberon. Jacques Cœur avait donné aux siennes une forme qui faisait allusion à son nom. On confondait dans l’usage, au moins à partir duxvi* siècle, les tasses avec les coupes, hanaps, gobelets, etc.

(A)1380. Invent, du duc d’Anjou, 556, 557, 664 à 666, 673, 674.

(B) 1380. Une tasse d’or toute plaine à un petit souage et à un couvescle bien plat et dessus le couvescle a un pommelet d’or à vi carrés et dedans à un esmail aux armes de France à une estoille ou milieu et poise iij marcs, vi onces. (Invent, de Charles Y.)

(C) — iiij petites tassettes d’or, qui ont chacune deux oreilles, csquelles a une dame qui tient en sa main deux peuonceaux et a deux dragons aux deux costés, pesant iij marcs, vii onces d’or.

(D) i 453. Cinq tasses d’argent, faictes à cuers, pesant xiiij marcs, vij onces.

(Compte de la vente des biens de J. Coeur.)

(E) 1467. Six tasses d’argent, garnies d’un couvercle. (Ducs de Bourg., 2523.)

(F) 1530. Pays nous commanda estre hanapz, tasses et goubeletz présente*, d’or, d’argent et de crystalin et feusmes gracieusement invitez à boire de la liqueur sourdante d’icelle fontaine. (Rabelais.)

(G) 1536. Une tasse d’argent blancq à biberon, et couvercle, faicte à la mode d’Espaigne, pesant iij marcs, xv onces. (Invent de Charles-Quint.)

tassel. Le mors de chappe , ou tout autre ornement de forme carrée placé sur la poitrine.

(A)1371. Item un tassel doret, qnarret, à pierres verdes et ronges. (Invent. ap. Dn Cange.)

(B) 1382. iij cappes vermeilles, l’une à un tassiel de keuvre couvert d’argent nellé et historié de ranminciation Nostre Dame et sainte Anne et le tassiel de l’aultre cappe de keuvre, quaré, à ij ymaiges d’argent eslevez et derrière ii ninneles, l’un d’argent et l’autre de keuvre et le tierce que on dist de Monseigneur l’évesque des asnes à un tassiel de keuvre et ij boutons de cristal. (Invent, de l’église Sainte-Anne de Douai.) (0) — Le cappe Monseigneur Piedargent à un tassiel de keuvre esmailliée à iij ymaiges de Nostre Dame, de saint Pierre et de saint Pol. (Idem.) (D) 1382-83. Pour apparüJier le tassel de la chappe de monseigneur le Dean pour y mettre le pois d’un gros d’argent et le esm ailler et dorer tout a nuei par Jehan de Premierfait, orfèvre. (Comptes de l’église de Troyes publiés par M. Gadan.)

(E) 1456. Icelle jeune fille se complaignoit que icellui Arnoulet violenteinent et contre son gré lui avoit oste de son saing et poitrine une petite pièce de drap qu’elle y mettoit pour soy parer et estre plus honnestement, laquelle pièce de drap on nomme tasseau ou pays de lieuault ctenviron. (Lettres de rémission.) *

T.4YSIER. Ce pourrait être un pot de terre si, dans la citation suivante. le taysier ne contait pas seize francs : qu’est-ce alors? Peutêtre uu décrottoir, dérivé du mot tay, qui signifie boue et fumier.

(A)1377. ivi francs bailliez à un ouvrier qui nous a fait un taysier pour nostre chambre. (Mandement du Roy. Cab. gén. Ducs de Bourgogne.)

TEXAILLES. C’est la matière qui fait de cet outil une œuvre d'orfévre; autrement c’était, dans la garniture de chemiDée, avec la pincette et le tirtifeu, un ustensile très-ordinaire.

(A) t365. Pour une tenaille, unes pincettes, et un tirtifeu, ponr ce avis. p.

(Comptes des Bat. royaux.)

(B) 1380. Unes tenailles d’argent blanc, pesant quatre onces. (Inventaire de

Charles Y.)

(C) 1554. Deux chesnetz à pommes, une pelle, une tenailles, une fourchette, le

tout de fer garmz de flolles et pommes de cuivre, prisé iiij liv. t. (Invent, de la Dame de Nicolaï.)

TEXTE. Le livre des Evangiles qui fait partie du mobilier de l’autel. Mais ce n’est pas le texte lui-même qu'on décrit dans les inventaires, c’est la couverture ou la boite ornée qui le renferme, tellement qu’on cite des textes sans escriptures. Chaque église en possédait plusieurs, on en énumère onze dans l’inventaire de Saint- Paul de Londres.

(A) 12 50 ‘.Entre les trésors que le Roy aporta d’Espaigne furent troovés très-

riches vaissels qui appartiennent au service de l’autel ; c’est à savoir soixante calices d’or très riches et très précieux, quinze patènes et vingt textes d’évangile. (Chron. de S. Denis.)

(B) l295.Textus grossæ literæ, ornatus exterius prelatis argenteis deauratis cum

crucifixo et lateralibus yinaginibus, operis levati anterius et ymagine majestatis nigellata posterins. (Invent, de St.-Paul de Londres.)

(C) — Dédit idem rex serenissimus Augustus quatuor evaugeliomm librum,

qui textus dicitur, ctijus postes sunt mirabili schemate compositi, nt unum electri aureolum conformet peripitisma, alterum vero eburis pulchre cœlatnra distinguât iconisma. (Annales Fr. Anianenses.)

(D) 1382. Deux textes sans escriptures dont li bors sont desconvers en plu-

sieurs liex. (Invent, du trésor de l’église Ste-Anne de Douai.)

(E) — Un texte d’argent ouqneî est le crucifiement, ouquel fault une êle à

l’un des angles et descouvers en plusieurs liex.

(F) 1423.Uu texte de évangile couvert à ung les et à l’aulire d’argent, où est

figurée la croix. (Autre inventaire de la même église.)

(G) — Ung aultre texte configuré de l’annunciacion et couvert d’argent et

bordé de queuvre.

(H) — Ung aultre texte nommé le livre d’argent.

TIHPHÉNE, Thipheniers et Thiphanie. Vase gui avait quelque emploi particulier dans la fête des Rois ou de l'Épiphanie , quon nommait au moyen Age Thénhanie . et qui était un terme de paiement; il se rapprochait quelquefois de la forme des drageoirs, à en juger d’après les descriptions.

(A) 1260. x&v deniers a paier au Roy à la Tiphanie, et à Pasqucs xxij, et à la

Saint Jehan Baptiste v deniers. (Livre des Métiers )

(B) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 644 à 651, 653.

(C) 1380. Dmu grands platz appeliez thiphenns, godcronnez, esmaillez ou fons

et ès bords, chacun pesant environ x mares d’argent (il v en a deux antres de même description et de même poids), (inv. de Charles V.)

(D) 1399. Deux grans plas, appeliez thipheniers, goderonnez et esmaillez, pesant

chacun deux marcs et demi d'argent. (Inv. de Gabrielle d’Estrées.)

THOILLETTE. La toile qui servait à envelopper (les vêtements ou objets précieux, celle aussi qui contenait tout ce qui était nécessaire a l'ajustement (l'une femme. On étendait cette toile, ou petite toile, toilette, sur une table qui en prit le nom, ainsi que l'ensemble du vêtement qu'on ajustait devant elle. Une femme est assise devant sa toilette; sa toilette est terminée. Cette expression n’est pas ancienne.

(A) 1579. Pour une toilette ianlne pour envelopper une robbe à une nayne de

la dicte, dame (la Royne), — xv s. t. (Comptes royaux.)

(B) 1599. Un petit coffre de nuit, de broderie d’or, doublé par dedans de satin,

prise xxx escus. Bans lequel s’est trouvé une thoulette de thoile d’or en broderie de mesine et son sac de nuit de mesme avec des franges et crespines à la dite thoilette et sac garny de ses honpes. Ladite thoilette et sac doublé de salin de Bruges, prisés ensembfe xxx escus. (Inventaire de Gabrielle d’Estrées.)

TIIUR i Bl’Ll’M. Dérivé de Thus, encens. Encensoir. Les auteurs ecclésiastiques se servent de ce mot, qu’on trouve déjà chez les écrivains de l'antiquité, pour désigner l encensoir mobile et portatif, ils semblent reserver aux vases fixes, où brûlait l’encens près de l’autel, un autre mot dérivé du grec, le thymiamaterium. (Voyez ces deux mots dans le Glossaire de Du Gange, et dans celui-ci : Encensoir et Acérofaires.)

timbre. Les sonnettes à main, pour avertir les fidèles delà marche du service divin, ne me semblent pas avoir été d’un usage bien général, à en juger par la rareté de ces sonnettes d'une époque même peu reculée, telle que le xne ou xiu« siècle.

(A) 1372. Et devons savoir qu’il y a en l’église cinq manières de cloches. C’est assavoir esquelles, timbres, noies, noletes et cloches. La cloche sonne en l’église, l’esquelle ou refectouer, le timbre ou cloistre, la noie ou chœur, la noletie en l’horloge. (Jean Gonlain , trad. du Ration.de Durand.)

tiroirs. Se dit des lanières qui s'attachent aux fermoirs de livres.

(A) 1380. Un très bel inessel, bien escrit et bien enluminé, qui est pour le Roy

en son oratoire, à deux fermoirs d’or, bâchiez à fleurs de lys et les tiroirs des chaioettes d’or à un petit lis au bout. (Inventaire de Charles V.) *

(B) — Unes heures plates de grosse lettre bien escrite — et a tironers et fer-

mouers d'or.

TIRTIFBU. Cet ustensile fait partie d’une garniture de cheminée avec les chenets, soufflets, pincettes, tenailles, pelles et escrans à feu; c’était donc un instrument différent. Qu’était-ce? On pense involontairement au poker des Anglais, qui semble cependant d’invention moderne et se lie intimement à l’emploi du charbon de terre. •

(A) 1365. Quatre paires de chenels de fer (comptes des bat. royaux).

(B) — Une tenaille, unes pincettes et un tirtifeo.

(G) — Trois tenailles, trois tirtifeux et deux pelles de fer.

(D) — Cinq soufflets neufs. (Comptes des bâtiments royaux.)

TISSU. Le galon, le ruban, ou le morceau d'étoffe qui formaient le corps et la partie résistante d’une ceinture, d’une jarretière ou d’un tiroir de livre. Sur ce tissu on fixait, soit à l’aiguille, soit avec des clous, les pièces en or, quelquefois à charnières, gravées, niellées ou émaillées, qui en faisaient l’ornement et le prix, alors le tissu était dit ferré d'or ou d’argent.

(A) 13l6.Pour six tissus esmailliez, pour quatre tissus d’or esmailliez, pour

douze tissus à perles, ferrez d’argent. (Comptes royaux.)

(B) 1380. Beux flacons d’or à tissus de soye esmailliez d’un escusson et d’un tim-

bre des armes de Monsf le. Dalphiu, pesant xxviii marcs, ij onces d’or. (Inventaire de Charles V .)

(C) 1459. Maintenant elle plaint sa robe, maintenantson queuvrechief et l’autre

foys son tixu. (Cent nouv. nouvelles.)

(D) 1500. Puis fut ceinte d'un tissu batu à or, tout esmaillé de pierrerie, auquel

pendoit une ausmonière faite à ouvrage d’esguille de merveilleuse façon. (J. le Maire des Belges.)

TOMBES. La tombe se composa d’abord d’une dalle de pierre, sur laquelle une simple croix sollicitait la prière du passant. On grava ensuite la figure du défunt, et ces traits furent remplis de noir. Plus tard, on y apporta du luxe, et d’une lame de cuivre gravée on fit un demi-relief, puis un haut relief, enfin un tombeau avec figure en ronde-bosse, s’élevant sur un soubassement orné d’autres figures. On pourrait extraire des testaments nombre de passages faisant allusion à la disposition des tombeaux, mais ils apprendraient moins qu’une revue générale de nos monuments funéraires.

(A) 1282. Rostre sépulture de nostre orde charoigne, nous élisons chés les frères

meneurs oe Paris et la sépulture de uostre mauves cuer, nous élisons chés les frères préechenrs de Paris, quelque part que nous inuirons — Et ordonnons et prions et commentions estroitement à nos exécuteurs que eus ne mettent pas plus de cinquante livres tournois en toutes choses à fère tombe sur nostre cors, ne plus de trente livres tournois à faire tombe sur nostre cuer. (Test, du comte d’Alençon.)

(B) 1407. Y a forsbours moult grans (à Paris) comme se ce feust une ville à

part, s’y y demouroient ouvriers de divers mestiers, especianlemcnt bouchiers, tainturiers, ouvriers de tombes et de hunes et autres. (Description de Paris par Guillebert de Metz.)

(G) 1461. Item j’ordonne à Saincle Avoye

(Et non ailleurs) ma sépulture,

Etattin quechascun me voye

Non pas en chair, mais en paincture

Que f’on tire ma pourtraicture

D’ancre, s’il ne coustoit trop cher

De tumbel, rien , je n’en a y cure

Car il greveroit le plancher. (Fr. Villon, gr. Test.)

TOMBES ÉMAILLÉES. On a vu dans la première partie de cette notice, page 61 et suivantes, la réputation de l’émailleric de Limoges s’étendre au dehors , en même temps qu’une application nouvelle de l’émail aux monuments funéraires attirait de tous côtés des commandes. Je réunirai dans cet article la description des monuments de ce genre dont nous avons conservé les dessins, et deux passages dans lesquels il est question de tombes émaillées. (A) Gaignières avait formé, comme on sait, nue collection immense de dessins faits d'après nos monuments : il semblait avoir le pressentiment de la ruine qui les menaçait. Cette collection, acquise par le roi, s’est réfu-

giée au cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale , excepté seize volumes qui ont passe le détroit et sont entrés dans la Bibliothèque Bodleienne, à Oxford. J’ai relevé avec soin les monuments dont se compose ce bien carieux démembrement de notre grand rccaeil, et je citerai ici les dessins de tombes en cuivre émaillé : — 1° La tombe de Jean de France , fils de saint Louis (il en a été question dans la notice, page 65) ; 2° de Blanche de France, fille de saint Louis (je la cite également, page 67) ; 3o de Philippe de Dreux, à gauche du grand autel , dans le chœur de l'église cathédrale de Beauvais. La figure en haut relief, étendue sur la plaque, était émaillée comme le fond; 4° de Marie de Bourbon, femme de Jean 1er du nom, comte de Dreux et de Braines, morte en 1274. Cette tombe était placée moitié au dedans, moitié au dehors du chœur de l'église de l'abbaye Saint-Yved de Braines; elle était entourée de figures posées dans des niches et de trente- -six écussons. 5° D’Alix, comtesse de Bretagne, + 1221, et de Iolande de Bretagne, + 1272. Ces deux figures couchées, en relief de cuivre émaillé et doré, reposaient sur une plaque dorée soutenue sur des lions. Toutes les parois et jusqu’à la base étaient criblées de petits écussons éinaillés. Celte tombe était placée au milieu du sanctuaire de l’église de Villeneuve. 6oDe l’archevêque Simon de Beaulieu, figure couchée, en relief, eu cuivre émaillé et doré. Cette tombe se voyait dans le chœur de l’église de l’abbaye de Jouy. 7° Un monument funéraire , sorte de Châsse à six pans , en cuivre émaillé, destiné à conserver le cœur de Thibault, roi de Navarre. Il avait plus d’un mètre de diamètre et était placé dans l’église de Provins, devant les marches du chœur. Une inscription en or, sur fond d’émail rouge, courait au-dessus des niches de six moines en prières; elle disait : « Ici gist le gentien qner le roy Tiebaud, roy de Navarre, cuens palatins de Cbampoigne et de Brye. 8° Tombe eh cuivre émaillé de Jean Cholet, en grand costume de cardinal , f 1292, dans l’église de l’abbaye de Saint-Lucien de Beauvais. 9o Idem de Michel de Vüloysean , évêque d’ Angers, f 1249, magnifiqoe tombe émaillée qu'on voyait dans le chœur des Jacobins d’Angers. 10o Idem de Guillaume Rollant, tombe émaillée, d’un grand caractère, dans l’église de l'abbaye de Notre-Dame-de-Chainpaigne , au Maine. 1 ioUn guerrier armé, sans nom, au milieu du chœur de l’église de l’abbaye de Fontaine-Daniel, an Maine. 12° Un guerrier armé, sans nom, à gauche du grand autel de l’église de l’abbaye d’Evron , au Maine. — Tous ces dessins, exécutés en couleur et avec nne fidélité dont on peut s'assurer par les tombes des enfants de saint Louis que nous avons conservées, laissent dans notre collection une lacune déplorable ; pour la combler, j’ai proposé au comité des arts de les faire copier exactement, et l’assentiment que j’ai obtenu doit faire espérer que bientôt nous n’aurons plus besoin d’aller en Angleterre pour étudier nos monnments français. Les volumes 164 à 171 de la collection Gaiguières de Paris, contiennent une suite de tombeaux dans lesquels j’ai trouvé une répétition du dessin de la tombe de Michel de Villoyseau, et la suivant qui, n’étant pas dans la liste précédente, prendra le n° 13. La tombe d’Ulger, évêque d’Angers f 1149, en forme de châsse, avec sa figure en piédémaillee sur une plaque de cuivre de 35 centimètres de hauteur, (tome 164, folio 67.)

1220. Sire, fait ele, à raoy entens

Car faisons faire un toinbel grans,

Fait soit de marbre et de cristal,

D’or et d’argent et à esmal ,

Morte est Blancheflors , ce dirons.

Onques mes por une pucèle Ne fu faite tombe tant bêle,

De riches listes est listée,

De bons esmaus avironnée...

Toute iert la tombe néelée. (Flore et Blancheflore.)

(C) 1457. (René d’Anjou, se laissant aller an mouvement de son imagination, raconte qu’il entre dans le cimetière de l’hôpital d’Amour et qu’il y voit six tombes, celles de Boccace, de Jehan Gloppinel, de Pétrarque, d’Alain Chartier et d’Ovide.l Joignant à cette tombe, haulte et auctentique à merveille, riche, belle, plaisant et faicte de grant estoffe, estoit celle de Machault, poeste renommé, laquelle estoit sans tabernacle nnl, mais tontesfois n’estoit-ce moins qu’elle ne fnst d’arpent fin toute faicte et à l’entour escripte d’esmail bleu, vert et violet et incise à chaczon bien notées, à virelay aussi, à servantoys, à laiz et à motets, en diverses facsons faictes et composées. Aussi une épitaphe en peu de vers escripte avoit pareillement :

Guillaume de Macbault, ainsi avoye nom;

Né en Champaigne fuz et si euz grand renom.

(L’hôpital d’Amour.)

TOMB1ER. Faiseur de tombes, mais en réalité un marbrier, car outre les tombes, sa principale et grande besogne, il faisait des autels en marbre, etc. (Voyez Autel benoist.)

TONNELET. Vase à boire, en forme de petit tonneau. (Voyez Bar r U.) Tonneau véritable et employé , exceptionnellement sans doute, pour envoyer des livres.

(A) 1353. Pour redrecier et rebrunir le tonnelet d'argent ouquel maistre Jehan,

le fol du roy, boit, — xx s. p. (Comptes royaux.)

(B) 1389. Un tonnelet à mettre les livres d’église et aultres pour rapporter a

Reims, lesquelx avoient esté apportés à Paris pour prisier iiij s. (Dépenses d’exécution du testament de l’arcb. de Kheims.)

TOPAZE. Corindon jaune doré, la chrysolithe des anciens; on le confond avec les quartz hyalins jauues, oui offrent les mêmes nuances, et proviennent comme lui des entrailles de la terre ; il n'y a cependant rien de commun entre cette pierre précieuse et ces cristaux de roche colorés en jaune. La vraie topaze est un prisme à huit pans striés, sa pesanteur spécifique est semblable à celle du diamant, elle est plus dure que le cnstal de roche et crue l'émeraude, moins dure que le rubis. Elle s'électrise par le frottement et conserve longtemps sa puissance. Les plus belles topazes viennent aujourd’hui de l’Inde, du Brésil, des monts (Durais, mais il en a toujours été extrait des montagnes de la Saxe et de la Sibérie. (A) 1507. Ung reliquaire faict en croix ronde, — le tout fermant à petiz couppletz d’argent doré et sur lesquels a plusieurs pierres et ou millieu une toupasse. (Inventoires de la royne Anne de Bretagne.)

TORSIER. Torcbier, de t or cia , dont nous avons fait plus tard, torcière et torchère. Chandeliers dans lesquels on brûlait des torches, et qu’on plaçait dans le milieu des grandes salles. Celui qui est décrit dans l’inventaire du duc d’Anjou pesait plus de cinquante et un marcs d’argent et avait toute l'apparence d’une tour ae château fort. Les torenes qu’on y brûlait s’appelaient torse de chambre , elles étaient faites d’«nc poignié de chandeilles de cire.

(A) 1269. Administrait et dictus capicerius ad pascha duos torsios qui accen-

dentur quotidie in majori missa,inelevationecorporis Cbristi, ad quos antea canonici dictæ ecclesiæ tenebantur quorum quilibet très libras continebit. Cartulaire de S.-Etienne-des-Grés.)

(B) 1300. Il venist lors en repostaille.

On par nuit devers les cortils.

Sans chandèle et sans tortils. (Roman de la Rose.)

(C) 1360. Inventaire du duc d’Aniou, n. 741. Dans ce document le torsie» est

décrit dans le chapitre des Mestiers.

(DJ 1380. Et adonc allumèrent grand foison de fallots et de tortis , pourtant qu’il faisoit moult brun. (Froissart.)

(E) 1475. Recopie des torsins de chire deus au terme de Chandeleur. (Compte cité par Du Gange.)

TOUTINEE. Tordu, de torquere, torser.

(A) t467.Une couppe d’argent dorée, torüuée et boullongnée. (Ducs de Bour-

(B) — Deux grans potz d’argent doré, ances et manches tortinez et ung

souage au milieu. (Ducs de Bourgogne, 2443.)

TOUR ET. J’ai parlé longuement de cette coiffure dans nne note (367) de la description du palais Mazar in. L’intervention de l’orfévre dans la confection de ces tourets explique pourquoi je conserve ce mot dans cet extrait de mon Glossaire.

(A) 1529. A Pierre Maugot, orfèvre du Roy NS., pour le racoustement d’une

brodenre d’abillement d’un touret à femme, qui estoit rompu, en façon de ronlleanx et nenx de cordellière faicts à canetes et icelles émaillé; xv liv., vii s., vi den. (Comptes royaux.)

(B) 1560. Une brodnre de touret, faicte à canettes, esmaillée de ronge et à tous

les bizeatilx y a des F couronnées, garnis de neuf tables de diamans de plusieurs grandeurs et buict coupole tz de perles entre deus , en chacun desquelz y a des perles, s. (inventaire des joyaux remis ès % mains du Roy par la royne Marie (Stuart) après le trespas du feu Roy.)

TOURET. Anneau double qui empêche les jects d’un faucon ou toute autre courroie de s’embrouiller.

(A) 1380. Un cor noir, dont les conrroyes sont de cuir fauve accouplées à un

touret d’argent doré. (Inventaire de Charles Y.)

(B) 1421. A Jehan de Zeelande, orfèvre, demourant à Gand, pour vii xii^d#

to tirez et vervelles d’argent, dorées et esmailléses aux noms et armes de Monseigneur — pour ses oyseaulx. (Ducs de Bourgogne, 644.)

TOURMALINE. Cette pierre fine, qui a la dureté de l’émeraude, une pesanteur spécifique de 3, et une cristallisation en rhomboïde obtus , se présentant sous les couleurs du rubis, du saphir et de l’émeraude, doit être soigneusement distinguée de ces pierres de grand prix, dont elle n’atteint pas la valeur.

TOURNOI R. Toumehroche.

(A) 1316. Item une paele de Pnille, ij poz de cuivre, un bacin, j trepié, j tournoir de fer, une leichefrite, une paele à queue et un grant trépié de • cuisine, tout ou pris de viij lib. (Inventaire üe la comtesse Mahaut d’Artois.)

TRAINEAU. Corne ouchaussoir. (Voyez Chaussepied.)

(A) 1300*. Traineax, pignes, mireors. (Fabliaux.)

TRANCHE (doré sur). Je doute fort qu’il s'agisse, dans la citation suivante, de la dorure appliquée sur la tranche des feuillets, telle que la pratiquent les relieurs d’aujourd'hui.

(A) 1465. Unes heure» couvertes de cuir vermeil empraint et doré sur tranche. (Ducs de Bonrgogne, n. 6770.)

TRAKC1IÉEURS. Dans le rôle de la taille, payée par la ville de Paris, en 1292, on trouve sept individus qui portent la désignation de trenchéeur. Roquefort interprète cette expression par mineur, Geraud par tisserand ; ne serait-ce pas plutôt le faiseur de tranchoirs ?

tranchoir. Plaques de métal rondes, plus souvent oblon-

gués, et quelquefois carrées, sur lesquelles l'écuyer tranchant, arme des cousteaulx à couper devant le Roy , coupait les viandes. Il plaçait sur un second tranchoir de métal trois ou quatre tranchoirs* faits de minces tranches d’un pain bis, fabriqué exprès à Corbeil, et sur cette sorte de coussin, il déposait les morceaux de viandes bouillies et rôties, d'abord pour le prince, ensuite pour ses convives. Ces tranchoirs étaient a or et d’argent; dès qu’on les orna de ciselures et gravures^ les armoiries y prirent place. Leur forme et leur usage étaient si bien connus, qu’on disait couramment : de la grandeur d’un tranchoir; qu’on appelait les palettes des peintres des tranchoirs, et le jeu dans lequel on se servait de disques de bois ou de métal, espèce de palets, le jeu du trenchoir. Il est inutile, après les auteurs qui, comme Olivier de la Marche , décrivent l’ordre des grands festins du moyen âge, après l’auteur du Ménagier de Paris, qui nous apprend ce qu’étaient les repas dans de modestes intérieurs, de s’étendre plus longuement sur l’usage des tranchoirs ; je renvoie aux citations qui suivent, me contentant d’ajouter qu’il n’est parvenu jusqu’à nous aucun tranchoir en nature, mais qu’ils sont représentés dans nombre d’anciennes miniatures. A partir du xvi« siècle, on leur substitua des plats, et ceux qui servaient de la même manière à découper les viandes se nommaient plats trancheurs. (Voyez Tailloir.)

(A) 1080. Romndalia, gallice taillienrs (trencheurs) et dicuntur a rotunditate,

(Dict. de J. de Garlande.)

(B) 1160*. Après vint un vallet moult gent

Qui tint un tailleor d’argent,

Ënvelopé en un amit,

Riche et bel, d’un vermoil samit. (Perceval.)

(G) 1250*. — Atant vint une damoisellc qui tint deux petits tailloirs d’argent, on il y avoit des viandes assés, (Le Roman de Merlin.)

(D) 1298. Et quant l’en vuelt faire noses ou convit, il vunt à ceste palais et là

font lor noses et lor feste et iluec treuvent toutes les aparoilleraent qe berongne au convivie , ce est de vaicellemant et de tailleor et d’escnelle. (Marco Polo.)

— Ils ne menient (provincede Lar)en scuelle ne en talieor, mes menjent lor viandes en sus fuieles de pome de parais (Idem).

(E) 1300. Et à une autre table devant le Roy, à l’endroit du conte de Dreux,

mengeoit le Roy de Navarre — devant lequel je tranchoie. Devant le roy S. Loys servoient du manger, le conte d’Artois et son frère et le bon conte de Soissons, qui tranclieoit du coustel. (Joinville.)

(F) — En qnaresme et ès auvens croissoit le nombre des poures et plusenrs

foii avint que le roy (S. Louis) les servoit et leur mettoit la viande devant euli et leur tranchoit la viande devaut eulz.

(G) — Lors li flst aporter, le roy des Tartarins, un grant taillouer d’or chargé

de joians à pierres précieuses et li dit : Gognoistn ces joiaus.

(H) 1333. Angelo de apparere, per manus Guillelmi de Blés, magistri Coquinæ

Domini, pro incisoriis, parascidibus, salzeriis, astis, palis et aliis rebus. (Comptes de Humbertll, Dauphiu Viennois.)

(I ) 1336. De quatuor panibns albis de bocha — et de oeto panibus parvis quorum quilibet sit pouderis unius libræ, vel circa, pro incisono facieudo. (Idem.)

(J) 1 340. Ipsi namque soliardi in omnibus obediant magistro coquinæ , nec

obmittant lavare scutellas et incisorios et alia vasa coquinæ. (Ordon. de flumbert II.)

(K) 1345, Vallès tranebans

Et pour leur maistre pain parer

Faire tailloir, demander nappes. (Guill. de Machault.)

(L) 1363. Une tranchoire à pied plainet doré, poise 1 marc etvii onces. (Invent.

da duc de Normandie.)

(M) — Trois tranchoirs plats, d’argent, à trenchier viande sur table.

(N) 1380. vi tranchoirs d’argent quarrez, d’or, pesant v marcs et demv. (Inv.

de Charles Y.)

(O) — Un tranchonere à pié doré — 1 marc, vii onces, x est. d’argent.

(Comptes royaux.)

(P) 1389. Vint quatre tranchonerz dorez, tout neufz, pesant vint quatre mars.

(Ducs de Bourg., no 5472.)

(Q) 1390. i rV* et xxx dozaines de petit pain, item pour pain à faire treneboirs.

(Disner de l’exèqne de Richard, archevesqne ae Reims.)

(R) 1393. Pain de tranchouers, trois douzaines de demi pié d’ample et quatre

dois de large de haut , cuit de quatre jours devant et sera brun, on qu’il soit pris ès halles pain de Corbeil. (Ménagier de Paris.)

(S) — (Ordonnance d’un repas de noces de 40 convives ) Deux porte chappes,

dont l’un cbappelera pain et fera tranchouers et sallières de pain et porteront et le sel et le pain et tranchouers aux tables (L’auteur du Ménagier connaissait aussi les tranchoirs de métal, et celui qu’il va citer en était on :) Jay oy dire que qui avoit de nuit un ou plusieurs tranchouersqui fenssentpàr dessus oins de glus et mis parmi la chambre, ou milieu de chascun tranchouer une chandelle ardant, les puces sy venroient engluer et prendre.

(T) — Rogier Percepot, sommeiller de nos napes — en venant querre la nef

et les tranchouoirs d’argent que l’en met à. table devant nous. (Lettres de rémission.)

(U) 1399. Six tranchouers d’or, tout plains, sans nulle fasson, excepté la bor-

deurc et en chacun a unront taillié et armoyé des armes de France, losqnienlx ont l'aict faire Michiel du Sablon et RogerLemire, receveurs des aydes en la ville et viconté de Paris, et présentez au Roy le premier jour de l’an quatre vingt onatorze, pesansunze marcs, six onces, cinq estetlins. (Inventaire de Charles YI.)

(Y) 1416. Six tranchoirs quarrez, d’argent doré, chacun à un escn taillé aux armes de MS., pesant vij marcs, iv onces, vesterl. (Invent, du duc de Berry.)

(X) 1420. vi tranchouers quarrez, d’argent dorez, pesans vi marcs, v onces.

(Ducs de Bourgogne, 4196.)

(Y) 1455. Plusieurs marchans et antres gens de LuÇon commancèrent à jouer

pour le vin, aux transchoners, pour les mettre et getter au plus près d’une merche qui estoit sut nne table. (Lettres de rémission.)

C$f - Tenez vos mains et vos ongles netz et le surplus de vostre corps au mieiilx que vous pourrez ; car en tons les olllces de servir seigneur à table, le vostre le requiert. (Ant. de la Salle.)

(AA)1459.Le bon évesque d’assaillir ces perdris car tant avoit haste que oncqnes ne donna loisir à son esc nier qni devant lui traneboit , qu’il enst mis son pain et ses cousteanx à point. (Cent nonv. nouvelles.)

(BB) 1460. Le heanlme est volontiers de cair bonlly et perluisé dessus (pour

placer le timbre) à la largeur d’nng tranchoires de bois et la veue en est barrée de fer. (Le roi Réné.)

(CC) 1467.Une demie xii"« de tranchoirs d’argent doré, servans à la nef du Roy, armoyé an dos de trois fleurs de lys. Une xii«»« de trenchoirs d’argeDt blanc, quarrez. Une demie xii»« d'autres trenchoirs plus longs. (Ducs de Bourgogne, 2681 à 2684.)

(DD) — Lesquels compaignons se prmdrent à jouer au jeu du transcheur. (Ap. Du Gange.)

(EE) — Pour vi douzaines de trencoirs de bois , pour sur iceulx mettre couleurs à olle et pour les tenir en la main. (Ducs de Bourg., 4669c)

(FF) 1474. Le sommeiller porte en ses brus la nef d’argent, oui sert aux amnosnes et dedanz icelle nef d’argent sont les trencnoirs d’argent et la petite sallière et une autre petite nef, ensemble le bastou d’argent et licorne dont on faict l’espreuve en la viande du prince. (Olivier de la Marche, Estât du Duc.)

(GG) — Le vallet servant doibt chappeller le pain et pareillement des pain» bis doibt il faire treneoirs et en doibt faire huit pilles de quatre trençoirs, — et quand le prince est venu et assis et la viande venue, la vallet servant doibt desnouer la serviette où sont iceulx Irène hoirs et les mettre en ordre et par pilles devant la nef.

(HH) — Doncqnes le Dnc a un premier escnyer tranchant lequel a cinquante escnyers trenchans soubs luy et sont gouvernez et conduits à la paix et à la guerre par cinq chefs de chambre. — (Olivier de la Marche détaille son service , et il continue ainsi :) Si c’est viande qu’il faille trencher il doibt prendre un trenchoir d’argent et mectre dessus quatre treuchoirs de pain et les mettre devant le Prince et devant soy doit mettre quatre treuchoirs de pain et sur icenlx un autre qui font lu cinquiesme trenchoir de la crouste pour soustenir le fais du trenchoir et an Cousteau.

(Il) 1475. Ils ont tranchouers

Qui demeurent du pain dessus la table.

(Martial, les Vigiles de Charles VII.)

(JJ) 1479. Item a Olivier Rerthaud, pour pain blanc et pain à faire tranchouer* pour ledit banquet, pour ce lxxvi solz, x deniers. (Comptes de la ville ae Tours.)

(KK) 1485. La salière au milieu de la table et le pain anprès enveloppé en une serviette et les tranchoirs d’argent. (Aliéner de Poictiers.)

(LL) 1487. Deux tranchouers dorez d’nn cos té. (Ducs de Bourgogne, n. 7238.) (MM) l50<Lflnatre tranchoirs d’or, dont en y a deux ronds et deux carrés , pe- ■ps ensemble x marcs, iij onces, vii gros. (Inventoire de la royue Anne de Bretagne )

(NN) 1510. Six tranchoenrs d’or, pesant ensemble vin m., ij o. demy grain. (Idem.)

(00)1516. A Robin Rousseau, orfèvre, demonrant à Tours, pour avoir faict — ung tranchoir à queue — pour le service de ma dicte dame Charlotte. (Comptes royaux.)

(PP) 1524. (On trouve une vingtaine de Iranehoirs dans l’inventaire de Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas, dans les chapitres intitulés : Paneterie et Sautserie. 11 serait inutile de les citer, maisjo copierai ce passage :) xiij petits tableaux , faits comme il semble tout d’une main, de grandeur et largeur ung chacun d’ung tranchoir, flguréz de la vie NS. (Inventaire de Marguerite d’Autriche.)

(QQ) 1536. Six trenchoirs d’argent blancq en fachon de saucerons, pesant ensemble viij marcs, vii onces, xix est. (Inventaire de Charles-Quint.) (RR) 1 543. Plats trancheurs et grazals d’est aim et autres fournitures et utencilles nécessaires pour bien et bonestement estre servis dans leurs réfections. (Document cité par Du Cange.)

(SS) 1539. Délivré au prince (de Jeunesse, sorte de balladin) une douzaine de doubles trenchoirs de iij deniers, deux doubles louches de xii den. — Délivré au Prince, le jour des cendres, cinq oscuelles, une xii* de trenchoirs, six tailloirs rondz et sept louches de pot, sont iiij sols, iii den. (Arch. de Béthune cité par M. de la Fons-Mélicocq.)

TRANCHOIRS POUR fruits. Il y a eu, dans tout le moyen âge, des plats et plateaux pour mettre sur la table et présenter les fruits. L'Angleterre, qui ne semble pas avoir fait un usage général de nos tranchoirs à découper, donna ce nom, à la fin du xv« siècle, à des plateaux de bois qui avaient la forme plate et carrée de nos

tranchoirs. Ces plateaux étaient peints de rinceaux, de fleurs et de feuillage et ornes de devises et sentences rimées; on les enfermait par demi-douzaines dans des étuis, et il s'en est conservé un bon nombre.

(A) 1313. Deui niâtes d’argent pnr fruit des armes le roj d’Engleterre. (Inven-

taire ne Pierre Gaveston.)

(B) 1360. Plateaux de fruiterie. (Inventaire du duc d’Anjou, 748 à 750.)

(C) ii>89.There be also another like epigrams that were sent nsually for new

yare’s gifts or to be printed or put npon banketling dishes of sngar plates — we call them poésies and do paint them now-a-dayes npon the back sides of our fruit treuchers of wood. (Art of english poesie.

TRANSPORT. Tous les meubles se transportaient au moindre déplacement; les voyages de nos rois ressemblaient assez à des déménagements, et jusqu’à la fin du xvi® siècle, on eut ces embarras. Le service des transports et les soins de l’emballage durent donc avoir une place importante dans l’administration royale et dans les habitudes de tout le monde. 11 serait impossible de donner, au moyen de quelques extraits , une idée de ce remue-ménage. La citation suivante offre quelques expressions en usage dans ces occasions.

(A) 1431. Charles, — roy de France, — nous vous mandons que la somme de soixante dix sept livres, dix sols tonrnois que par nostre ordonnance nostre amé et féal secrétaire — mis sus pour nostre sacre, et couronnement— a paié et délivré pour mettre, lyer, enfardeler, couvrir, porter, mener et conduire, de la ville d’Avignon jusque» par devers nous, certaines drogueries ainsi que nous avons ordonné faire pour le fait de nostre personne , — donné à Loches le 26 juing 143t. (Cab. généal. Ducs de Bourgogne, IY.) ^

TREILLIS. C’est un grillage qu’on mettait aux fenê^s pour cacher les femmes, autour des monuments pour empêcher les passants d’approcher , ou autour d’un cabinet de résidence royale pour interdire 1 entrée aux rats et aux souris ; c’était aussi un moyen de garantir les riches verrières contre les caillous des enfants. On faisait ces grillages selon les besoins, en bois, en fil de fei'ou d’arcbal, en fil d'argent aussi. Je ne parle pas des treillages qui devinrent de mode dans l’ornement des jardins, au xvit® siècle : on doit des modèles en ce genre à un artiste, d’une fécondité surprenante, sous ce titre : Bersseauxet trilliages inventés et gravés par D. Marot, architecte.

(A) l300.Toutesles herberges (du soudanc d'Egypte), estoient close» de treillis

de fnst et par dehors estoient les treillis convers de toilles yndes.pour ce que ceulz qui estoient dehors ne peussent véoir dedans. (Joinville.)

(B) 1455. Quant le roy onyt le bruyet des gens,fist lever les damoyselles qui en

la chambre gysoient dout scavoir qne c’esloit. Lors allèrent aux fenestres treUliées — Le Hoy, a tout son abillement de nnyt sur sa teste, vint à la grant fenestre et la Royne aux treilliz. (Ant. de la Salle.)

(C) 1479. Pour assembler et lever â Pari» la quantité de 1500 marcs d’argent

blanc pour convertir en l'ouvrage et façon du treillis d’argent estant à l’entour de la châsse où repose le glorieux corps St. Martin de Tours — 72 liv. — A Jehan Galant, orphèvre du Roy commis à faire certains treillis d’argent que le Roy avoit voué et ordonné estre fait et posé sur le tombeau de St. Martin de Tours , 10, 250 liv. (Comptes royaux. On saitque François I** fit fondre ce grillage d’argent. Yoy. la citation F.)

(D) 1493. Paiement de certain treillis de fer mis autour de la maison du Plessis

lei Tours, par ordre du Roy — 3,000 livres. (Comptes royaux.)

(E) 1555. A Franroys Riverv, mennsief ordinaire de'Ma Royno, pour estre allé

devant apareiller les chambres de ladictc dame finaud elle a esté par pays — pour avoir foiirnv de buffect en sa chamure et retables en sa garderobbe savoir est es lieux de Chambourg, Blovs — Chenonceaux, Amboyse, etc. — pour avoir calfeutré nne croisée en la chambre de ladicte dame au lieu de Chambourg el unedeinye en sou cabinet — pour des treillis de boys mis autour de son cabinet à Tours, pour empescher les rats et sonrys d’y entrer. (Comptes royaux.)

(F) 1647. Le Roi se rend à Pavie. Ce fut dans le cimetière de saint Martin, dont

quelques uns prirent occasion déjuger que c’estoit en vengeance de ce qu'il avoit fait ester les grilles d’argent qui estoient an presbitaire de sainct Martin de Tours, pour en faire des testons à soldoyer ses gens d’armes qu’il vouloit mener à Milan. Il avoit promis d’en faire remettre d’aussi belles et mienx faites à son retour, ce qui ne s’est pas exéenté. (Pierre de St. Romuald, P. Guilleband. Trésor List.)

TRÉPIÉ. Siège et ustensile de cuisine.

(A) 400.Sedebat auteur S. Martinus in sellula rnsticana, lit est in usihns servit-

lornni, quas nos rustici Galli tripetias, vos seholastici , aut perte tu, qui do Gracia venis, tripodas nuncupatis. (Severus Sulpitius, apud mi Cange.)

(B) 1360. Invent, du duc d’Anjon, 73, 439, 772.

TRES. Le trait, le dessin.

(A)I398. A maistre Le Noir (architecte) — pour visiter et solliciter les ouvriers et leur faire les irez de la devise desdiz onvraiges. (Dncs de Bourg., 5854. )

TRESOR Le trésor des rois fut dans l'origine la seule caisse de l’Etat ; il resta, jusqu’à l’administration de Sully, peut-être même jusqu’à celte de Colbert , une ressource capitale dans les grandes crises. Lorsque Chilpèric maria sa fille , il s’étonna des richesses qu’elle emportait , et crut un instant que la reine avait fait main liasse sur son trésor; les députés partagèrent cette crainte et se rassurèrent avec lui en entendant les explications de la reine. les richesses ainsi accumulées n’étaient point de l’argent monnayé, mais de la vaisselle d’or et d’argent, des bijoux et des pierres précieuses. Les manuscrits et les tapisseries à personnages y entrèrent par la suite, en raison de ce qu’ils coûtaient et du pnx qu’ils représentaient. Dans toutes les cérémonies, ou mettait dehors ces richesses , soit pour en faire parade , soit, au cri de largesse, pour en donner une partie. Un étranger arrivait-il, on lui en faisait les honneurs, en lui permettant de les voir, en lui offrant d’y prendre quelque chose. Les trésors de l’église avaient une autre origine, un autre but, et ils auraient dû avoir un antre emploi ; maisils servirent aussi forcément dans l’occasion à la défense de la maison de Dieu. On montrait aux fidèles les reliques et avec plus d’orgueil encore, les reliquaiies de prix qui les contenaient. A l'imitation des églises, des rois et des princes souverains , les seigneurs et les particuliers enrichis eurent leur trésor, et nne femme put appeler ainsi le coffre oû elle renfermait ses bijoux. J’ai cité plusieurs passages des poésies de Guillaume de Machaud et des lettres d’Agnès de Navarre, parce qu’on a vu dans les expressions de trésor et de clef du trésor, toute autre chose que ce qui était dans la pensée des auteurs. (Voyez Ceinture de chasteté.)

(A) 591 .Ne pntrtis.o viri, quicqwam hic de tbesanris anterioroin regnm haheri, omnia enim qu:r cernitis de mea proprielato oblatasunt,— et sic animes regis dotnsus est. (Grégoire de Tours.)

(B) 1 1 90. Rois, vous avés trésor d’or et d’argent,

Pins que nos rois n’ot onqnes, ce m'est vis,

Si en devés donner pins largement.

(Chansons attrib. à Quenes de Béthune.)

(C) 1345. Adonc la belle m’acola

Si attaingni une clavette D’or, et ae main de maistre faite,

Et dist ceste clef porterés.

Amis et bien la garde rés,

Car c’est la clef ae mon trésor.

Je vous en fais seigneur des or;

Et desseur tout en serez rnestre Et si J’aim plus que mon œil destre Car c’est m’onncur ; c’est ma richesse C’est ce dont je puis faire largesse,

(Guillaume de Machault.)

(D) 1349.Yous meystes et envelopastes mon cner en fin azur et l’enfermâtes an

trésor dont vous avez la clef, il ne fut cbangié et ne sera toute ma vie. (Guillaume de Machault à Agnès de Navarre.)

(E) — Ne veuillez mie perdre la clef du coffre que i’ai , car si elle estoit per-

due , je ne croi mie que je eusse jamais parfaite joie. Car, par Dieu , il ne. sera jamais deffermées d’autre clef que celle que vous avés, et il le sera quant il vous plaira, car en ce monde je n’ai de riens si grant désir. (Agnès de Navarre à Machault.)

(F) — Et vous aussi m'avés envoié de vos joiaus, liquel ont esté pris en vostre

riche trésor; par m’ame je veuil que vous sachiés certainement que se vous poies faire chose qui me puist déplaire , cils présens que vous m’avez envoié, me despîairoit. — Quant à la clef que je porte du très riche et gracieus trésor qui est en coffre où toute joie , toute grâce , toute douceur sont, n’aiés doubte qu’elle sera très bien gardée , sa Dieu plaist et je puis : et la vous porterai le plus briement que je porrai pour véoir les grâces, les gloires et les richesses de cest amoureus trésor. (Guill. de Machanlt a Agnès de Navarre.)

(G) — Je vous pri, tant doucement comme je puis, que vous ne vous veuillés

conrroncier dn jouiau que je vous ai envoie , par votre sécrétaire , lequel a esté pnns en votre trésor. Car je vous jur, par tous les sermens que nulz puet faire, que puis que je vous vi , je n’en ostai nulz fors ciîz que je vous ay envoié. (Agnès, princesse de Navarre, à G. de Machault.)

(H) 1360. Que quinz ans nay, je vous dis.

Moult est mes trésors jolis;

S’en garderay la clavette. (Eust. Deschamps.)

(I ) 1448. Aux clercs de la Sainte Chapelle de Bourges , pour don à eux fait par MDS. (le duc d’Orléans) pour ce que ils avoient monstré les ornements de ladite église. (Ducs de Bourgogne, 6674.)

(J) 1466. Iis rebus omnibus peractis, Dux (Philippe le Bon) roisit ad Dominum (le baron de Rnsmital) in diversorium eumqne in thesanrarium suum deduci jussit, ibique omnes gemmas preciosas , varia nomina sortitas et vestes suas margaritis et gemmis adornatas , in mensam exponi et commoustrari curavit. Manaavit qneconsiliariis, ut dominum orarent ut quodeunque placeret exiiis clenodiis, quæ videret, ob ducis sui honorem auferret. Sed dominus quicquam accipere noluit. (Voyage dn baron bohémien de Rosmital.)

TRESSON D’OR. Tresse ou galon.

(A)1390.Une paire de galons, ou tressons d’or, à petis rubis d’Alexandre. (Invent, de Charles V.)

TRIACLE et Tyriacle. La thériaque de notre pharmacie, composition qui a perdu toute valeur, mais qu’on croyait être un remède

souverain contre le venin des animaux. Il s’agissait seulement de l’avoir bien pure , c’est-à-dire provenant directement des sécrétions de l’animal qui la produisait, ou de son corps mis en poussière. Venise passa long-temps pour savoir fabriquer la meilleure. Montpellier s’acquit plus tard une réputation pour cette drogue. Quoi qu’il en soit, et comme la véritable thériaque venait de très-loin, quand elle ne guérissait pas, on ne faisait pas le procès à la nature même du remède, mais à la qualité de celui qu’on avait employé. On appelait Triaclier le vase dans lequel on conservait le tnacle ; on appelait aussi triaclier ou triacleur celui qui le vendait comme celui qui savait l’appliquer. Je cite ce remède à cause du luxe qu'on apportait dans l’exécution des triacliers.

(A) 1130. Antidolum tyriacum de corpore serpentis conftci dicitur. (Foulcher

de Chartres.)

(B) USO.Mitto vobis arapullam tyriaca probatissima plenain. Etienne, évêque

de Tournay.)

(C) 1247 . Autres i a, qu’a non Tygris,

Que l’on prent aucune lois vis,

C’est cil dont l’en triade fait

Qu’autre veuim oste et deffait. (L’Image dn Monde.)

(D, 1250. Ne savez qn’est triade anqnant, si com je cuit.

C’est une bostelete où mult a de déduit;

Mes tant het le venin que tout adès le fuit.

(Ledit de Triade et de Venin .)

(E) — Li triades si est nne beste coranz.

(F) — Ansi com li triades, ne mué ne changié,

Eschive le venin qui bien la eslongié,

Eslonge li vrai Diez félonie et péchié.

(6) 1300. Car il ne resuscitera

Si Deablcs n’i font miracles

On par venins on par triades. (Roman de la Rose.)

(H) 1380. Un petit barillet d’or, à mettre triade, que le roy faict porter avec

luy continuellement et est ouvré à vii osteanx et au milieu aux armes de la reyne Jeanne de Bourgongne et pent à une cbaisne d’or. (Inventaire de Charles V.)

(I) — Un petit flacon d’argent, à mectre triade, qui pend à nne chaisne

d’argent.

(J) — Un triaclier du reliquaire de cassidoine blanc, rond, à ij petites anses,

gamy d’un très pon d’or.

(K) — Un petit triaclier, en façon d’un barillet, lequel est de jaspre et y a

nn pertuis.

(L) Un petit triaclier d’argent , en façon d’un pommeau de coustel , à mettre triade, pesant j once.

(M) — Un triache d’argent blanc, rond sur le plat à ij escussons de Jéru-

salem , pesant, à tout le tyriacle et nn las rouge à quoy il pend , ij onces,

(N) 1381. Jehan Merlin, cirrurgien de romptme et de taille, — s’estant accom-

pagniez d’un triaclier, pour aler par pais pour leur pain gaignier de leurs sciences on mestiers. (Lettres de rémission.)

(O) 1448. A maistre Jehan de Trepoy, pour don à luy fait par MDS. (le duc

d’Orléans), pour ce qu’il a esprouvé le basrae elle triade devant mon dit Seigneur. (Ducs de Bourgogne, 6691.)

(P) 1460. Icelle femme bailla entre deux escailles ou qnoqnilles de jamblesqui

croissent en la mer, une chose resemblant de couleur à Tiriacle on metridat. (Lettres de rémission.)

TE IP ET et aussi Tripot. Sorte de gobelet.

(A) 13Ô3. Un petit gobelet d’or, qu'on appelle tripet et est esmaillé ou fonds aux

armes de France, poise, avec son couvescle, i marc et v onces. (Inventaire du duc de Normandie.)

(B) 1380. Un petit gobelet d’or, rond, tout plain, appellé tripet et a un petit

fritelet dessus le couvescle, à une grosse perle et par dedans le couvescle a un K couronné, taillié, pesant ii mares, iv esterlins. (Inventaire de Charles V.)

(C) 1388. Un gobelet d’or, a couvescle, appellé tripet. (Ducs de Bourg., 5423.)

(D) 1399. Un tripet noir qui a le pié et le couvescle d'argeut et perles à l’entour

du ventre. (Inventaire ae Charles VI.)

TRIPHOIRE. Œuvre triphoire, ouvrage incrusté. Se disait principalement des pierres précieuses qui alors n'étaient pas montées, mais enchâssées et incrustées.

(A) 980. Ex vasis qu® dicunt fuisse Salomonis Quaeomnia cnm solido fabri-

cata forent auro , gemmisque ornata opère inclusorio. (Aimonius, Hist. Franc.)

(B) 1180. D’or avoit deseure un oisel

A trifoire et à néel. (Flore et Blancbeflore.)

(C) — Les listes snnt d’or fin à trifoire fondn.

(Roman d’Alexandre.

(D) 1250*. Aucuns disoient que ils avoient esté (différents ustensiles des églises

de Tolède) des joiaux Salemon le roy, car ils estaient de fin or esmeré et aornés de très riches pierres précieuses, d’œuvre triphoire. (Ghrou. de Saint-Denis.)

trociie. Trousseau, réunion de pierres précieuses et de perles cil boutons, fleurs, etc.

(A) 1349.Symoni cfo Insula, civi et aurifabro parisiensi, pro plu ri bus partibus

trochiarum et boutannorum aureorum et argenteorum, rie xl liv. (Comptes royaux.)

(B) 1352. Les parties de Jehau le Braillier, orfèvre du Roy, pour rapparei lier sa

bonne estoille d’or, refaire deux troches et fut res taille toute rebu raie et tous les cliastaDS et les troches rivées de nouvel. (Idem.)

(C) 1374. Après a une troche de iiij très grosses perles, très blanches et très

elères, dont l’une poise xii car. (Compte des pierreries de la couronne du duc d’Anjou.)

— Une troche de iiij très grosses perles, roondes, blanches et elères, assises sur le roont, estimées pesant de riij à ix car.

(D) 1380. Un chappel à vi gros ballays. vi esmerandes, xii troches qui font

lixij perles. (Inventaire de Charles Y.)

(E) — Un chappel à vi gros saphirs, vi balays, xlviÿ perdes en xij troches.

(F) — Un chappel à xx saphirs, x balays, x esmerandes et xx troches en cha-

cune iiij et iij perles et font ixx perles, pesant j marc , iiij onces, x esterlins.

trompe. Nous avons conservé ce mot dans le langage de la vénerie avec l’acception qu'il avait alors. Les trompes anglaises étaient renommées.

<A)t467.Une trompe d'or, pendant à ung large tint de soye noir, ferré d'or, garnye la dicte trompe de neuf dyamans, tant tables que escussnns, de neuf rubis et de xviij perles et poise tout ensemble v marcs, vi o. (Dues de Bourgogne, 3057.)

(B) — line autre trompe d'argent uéellée et sur les arecles et aux déni bouts garnye d'or. (3058.)

{ C ) — Une autre trompe d’Angleterre, garnye d’un tiiu de soye gris et d'argent doré. (Ducs de Bourgogne, 3060.)

TROUSSE. Carquois, boite garnie de plusieurs choses, du Yerbe trosser, charger.

A)1 1 70* . Ses chiers avoirs fist enmaler

Ses draps, ses robes fist entorser.

(Roman de la Guerre de Troyes.)

{B) 1180*. Troserjsomiers, les charetes garnir.

(Le Roman de Garin.)

(C) 1425. Ceux qui sauront tirer de l’arc qu’ils aient tare, trousse, cappeline,ete.

(Lettres de Jean, duc de Bretagne.)

TROUSSOUÈRE. L’agrafe qui servait à relever la robe.

(A) 1481. Une troussouère en laquelle a une licorne d’or et une poincte de dya-

mant en la teste de la licorne. (Ducs de Bourgogne, 7140.)

(B) 1498. Mais entre les autres j’y vis

Dont l’une y donna un bréviaire :

Et l’autre un calice à devis ;

Et sa dame une cordelière,

Pour lui faire une troussouaire. (J. Molmet.)

TRUQCOISE. Tenaille à plusieurs usages, et entre autres à casser les noisettes.

(A) I372.üne tmqnoise d’argent à casser noisettes, pesant vi onces, prisiée

ix francs. (Compte an testament de la royne Jebanne d’Evreux.)

(B) 1500. 11 y eust deux maistres bairbiers qui le tiroient avec des trécoixes , et

n'en savoient venir à bout de l’avoir. (Journal de Ph. de Vigneulles.)

TUEL et Tueil. Tuyau et aussi goulot.

(A) 1360. Invent, du duc d'Anjou, 159, 160, 403, 328.

(B) 1397. Ainsi que icelle Jebanne reculoit, par cas d’aventure et fortune bouta

son pie dedens le tuel de la cheminée de la cnisine dndit hostel — et parmi ieeliui tuel passa ladite Jebanne. (Lettres de rémission.)

(C) 1420. Ouquel patron de cire n’y avoitque l’esprainle et enseigne du tuel do

la serrure. — En manière d’une clef à tnel. (Lettres de rémission.)

TUPPIN. De Tubba, vase, pot de terre servant à des usages ordinaires. L’artisan qui les faisait se nommait Tuppinier.

(A) 1080. In unoqnoqne foro unam junctam salis, et de uno tupinario indeter- *

minato unam tnpinam.

(B) 1318. De cenls qni vendent ès dittes foires chairs cuites en chaudières,

iv deniers , et de cetdx qni vendent chairs cuites en tnpins deniers.

(Chartul S. Mart. Ang.)

(C) 1510.Tuppins de bure fonda — Ladite Allemande fut prinse et mise en

prixon et le samedi apreifnt menée an chaircran emprexdn piloreiavec sestnppinsataichiés entonr d'elle. (Journal de Philippe de Vigneulles.

turquoises fossii.es. Les os et les dents fossiles, colorés par le phosphate de fer, deviennent des turquoises. Le Muséum du Jardin des Plantes possède une main entière changée en turquoise.

Ces os ont la même couleur que les turquoises minérales, mais leur beau bleu, aussi intense au jour, prend un tou verdâtre et terne à la lumière, et avec le temps il pâlit et disparait. Ces turquoises sont atteiutes par les acides et perdent leur couleur dans le vinaigre distillé, elles se consument an chalumeau, et exhalent une odeur d’os brûlé. Tous les pays produisent cette variété de la turquoise.

TURQUOISE MINÉRALE. Cuivre hydraté silicifère. Pierre opaque, couleur Meu de ciel, d'une dureté à rayer le verre, d’une pesanteur spécifique de ï,45. Ni la chaleur du chalumeau, ni la vivacité des acides n’attaquent ses surfaces, elles altèrent seulement sa couleur, qui ne change pas à la lumière. On la tire de l’Asie et de la Russie. 11 est inutile de faire des citations, je remarquerai seulement que nos poètes parlent souvent de p errières turcoises , et il s’agit alors, comme dans le passage suivant, de machines à la turque pour lancer des projectiles.

(A) 1185. A perrières turcoises qu'il i ont establie Ont jetées les testes et cbascune lancié.

(Graindor. Ch. d’Antioche.)

TUYAU. Vers le xc siècle, en même temps que les hosties étaient substituées au pain, les fidèles, qui vinrent recevoir la communion, burent le vin, non plus à même le calice, mais en humant, an moyen d’un chalumeau ou tuyau, le liquidé consacré. Ces changements ne semblent avoir eu pour but que d’éviter la perte de miettes de pain ou de gouttes de vin , conséquences de maladresses trop faciles, et reudues plus graves par le caractère désormais fixe de l’eucharistie. Ces tuyaux sont appelés différemment par les auteurs ecclésiastiques; on lit : Fistule r, tuelli et tutelti, cannai, canolœ, arundines , pipœ , calami, siphones et même p ugillares, parce qu’on les tenait à la main. Jusqu’assez avant dans le xvi» siècle, ils restèrent en usage ; l’église de Saint-Denis les maintint par privilège, et le pape, à sa messe solennelle, s’en sert encore , mais uniquement comme souvenir des anciens usages, et sans y attacher aucune signification. Ces tuyaux étaient en or et eu argent, tout droits et quelquefois accompagnés d’une poignée, ou au moins d’un renflement ou bouton que le moine Théophile décrit: les églises ^pauvres en avaient en cuivre et en verre, fl va sans cure qu'on se servait de ces tuyaux, dans la vie privée, pour humer les liquides, et particulièrement pour venir en aide aux malades.

(A) l050*.Seypbus argenteus major; minores argentei 4. ex aurichalco 1. tutelli

argentei 4. urcei argentei cum aqu&manillibus. f Gbron. Centulense Hariulfi.)

(B) 1087.Divisitecclcsiis ernees, altaria, scrinia, textos, candelabra, situlas, fis-

tulas ac ornaraenta varia. (Florentins wigorn.)

(C) 1200*. Erant fistule quinqoe , ad commuuicandum , argentee deaurate.

Erant cole argentee novem, per quas vinum poterat colari si necesse fuisset; prêter eam que attinebat calici aureo, et nec anrea erat. ( Christianus, Chron. Mogunt.)

(I) ) 1220.Caput mv. De fistula (Tbeophüi, diversar. artium Schedula.)

(E) 1295.Calix grecus sine patena, cum duobus calamis argentels deauratis,

cnm ymaginibus in circuitu , opéré fusorio lervatis, ponderis vi 1. (Inv. de S. Paul.)

(F) 1 328. Un escrin d’arpent à pondre, esmailWé et un tuian d’argent à boire lait

pour les yel*. (Inventoire des biens moebles de la royne Clémence.) (6) 1343. Duo tuelli argentei deaurati, ad bauriendum vinum post couununionem in die p asc lie. (Invent, de Nostre Dame de Paris.)

(II) 1363. Une cuiller d’or et un twyau d’or à administrer et recevoir le corps

N. S. (Inventaire du doc de Normandie.)

(I) 1372. Une cuillier et un tniau d’argent à abreuver malades, prisié xxv s. p. (Compte du test, de la Royne.)

ET RÉPERTOIRE. 53f

(J) 1380. Un petit tuyau à boire, d’argent blanc, pesant xij esteriins. (lavent.

de Charles Y.)

(K) — Deux tuyaux d'or à boire, quand on est malade, pesant vi onces et

demie.

(L) — Un calice (for, à un tuyau carré.

(M) 1399. Deux tuyaux d’or à tirer le sang notre seigneur ou calice. (Invent, de

Charles VI.)

iN)1502.Duo caiami longi, argentei, deaurati in extremitatihus et in inedio, habentes pomellnm deauratum, nec non ansnlam qua tenerl possunt. olim deservientes ad ministrandnm sangiiinem pretiosum Domini nostri, sub speciebus vini, diacono et subdiacono. (Invent, de Laon.)

I R ane. Demi-métal, d'un bleu foncé, faisant l’effet d'une pierre de Labrador ou d’un morceau de lave. La Saxe et la Bohème le fournissent.

VAISSEL. Vases de toutes sortes fabriqués en argent. De là notre mot vaisselle.

(A) 1363. Un vaissel rond à deux ten rons torn et est mis devant Monseignenr

quand il mange, pesent rviij marcs et demy. (Inventaire du duc de Normandie.)

(B) 1380. Un vaissel à mettre sel, pour porter en chemin avec le Roy, pesant

xv marcs. ^Inventaire de Charles V.)

VAISSELLE. Cette expression répond à l’idée qu’on se faisait encore, il y a soixante ans, du mot argenterie, c’est-à-dire une partie assez considérable de la fortune, qui flattait la vanité en temps prospères, et en toutes circonstances, grandes et petites, parait aux oifficultès pécuniaires. Elle se composait de vases de toutes sortes (vaissels), plats, etc. On disait aussi vaissellemente. Il y avait déjà au moyen âge la vaisselle usuelle , qu’on ne plaçait pas sur les dressoirs, et la vaisselle de parement qui les ornait.

(A) 1241. Pro vassallamento coquine comitis Pictaviensis, empto Landiaci (le

Lendit), per Adam cocum,— xvii liv., vii s., vi d. (Comptes royaux.)

(B) 1294. Que toutes manières de genz quiex que il soient, «rivez ou estrangers

en nostre Roianme, qui n’ont six mille livres de rente à Tournois , n’usent, ne ne puissent user, en leur bostiex ne hors, de vesselement d’or ne d’argent pour boire ne pour mengier, ne pour autre usaige. (Ord. des rois de France.)

(G) 1300*. Mainte riche vaisselemente

Trouvèrent, bielle et noble et gente,

Pos, hanas et platiaolx d’argent.

(Roman de Cîéomades.)

(D) 1302. Et aura elle tonte nos vaissellementes d’or et d’argent, se comme pos

grans et petits, etc., etc. (Lettres de rémission.)

(E) 1347.Inventarium vassellæ de argento Dom. Delphini secum portât® in

expedttiooe transmarina, ad opus et ministeria hospitii sui. (Inventaire de Humbert II.)

(F) 1381. Le satnedy ensnivant, M. le duc dist au Roy, en la présence de son

conseil, à Compïègne, que puisque la roine de Sezile s’estoit accordée à son adversaire il n’ontendoit point à poursuivre son entreprinse et offri au roy la vaisselle qu’il li avoit baillé, montant 50,000 francs. (Journal de l’evéqne de Chartres, cité par Le Laboureur.)

(G) 1388. Volurans, — vaissella nostra, quæ erit per executores nostros, venda-

tor pro debilis nostris persolvendis. (Test. Pétri de Crozo, cardia. Arcbiep. Arelat.)

(H) U07. L'on estimoit l'or, l'argent, et pierrerie, estans am relicqnes et vais-

sellemente des églises de Paris, valoir iiag grant royaume. (Description de Paris, de Guiïtebert de Metz.)

(I) 1459. Les parens et amis de uostre bonne espottsée furent bien esbahys de

véoir l’ostel d'ung si jeune gentil homme si bien fottrny de vaisselle, de tapissserie et de tout autre meuble et se réputoyent bien euretu d'avoir si bien aliée leur belle fille. (Cent Nouvelles nouvelles.)

(J) 1467. Au milieu d'icelle salle a esté fait un grant dreçoir pour parer et aor-

ner de vaisselle — et pour servir ès autres jouis ont esté faiz autre» déni dreçoirs à l'un des costez de la dite salle pour semblablement mettre vaisselle de parement. (Ducs de Bourgogne, tome II, p. 298.)

VAISSELLE USUELLE. Dans quelle mesure la vaisselle d’or ciselée, les aiguières en cristal de roche, les assiettes en émail, les flacons et huires en majolica, les plats de Bernard Palissy ont-ils été en usage dans la vie privée? C’est une question qu’on se fait et une difficulté qui se présente, aussitôt qu’on oublie un trait particulier des mœurs de nos pères. Cette particularité, c’est l’opposition et aussi l'union d’un grand luxe et d’une grande simplicité, poussée quelquefois jusqu’à la pénurie, conséquence du désordre. Ce contraste explique les dressoirs couverts d objets précieux, les tables servies avec une vaisselle embellie par tout ce que l’ait avait imaginé de plus riche, et le reste du temps des murs dégarnis de tout ornement, des dressoirs vides et la vaisselle d’étain à l’usage de chaque jour. Quand on a bien présent à l’esprit cette opposition , on se figure très-bien, d'un coté . l’art merveilleux et le travail précieux appliqués à ces objets, ae l’autre, leur usage réel, mais à des jours solennels seulement.

(A) 1580. Y enstdenz longues tables couvertes d'onze à douze cens pièces de

vaisselle de faénze , plaines de confitures sèches et dragées de tonies sortes , accomodées en cbasteanx , piramides, plaie formes et autres façons magnifiques. La plupart de laquelle vaisselle fut rompue et mise en pièces par les pages et laquais de la Cour, comme ifs sont d’insolente nature, qui fîist une grande perte, car toute la vaisselle esloit eicellemment belle. (Mcm. de l’EstoUe. Description de la collation donnée au roi par le cardinal de Biragnes.)

(B) 1585. Elles estoient (les salades) dans de grands plats esmaillez qui estovent

tout faits par petites niches. (Liste des Hermaphrodites.)

VALET. Dans l’acception d’élève d'un altiste. On sait comment s’est formé ce mot et quelles ont été ses vicissitudes. Loi sqne les grands vassaux, vassals, étaient appelés aux armes par leur seigneur, ils réunissaient leurs propres vassaux qui, pour avoir de grands noms et pour être des hommes illustres, n'en étaient pas moins de petits vassaux, comparés à leur chef; aussi portaient-ils le nom de vasseleti et vasleti, puis vallet et varlct. Cette désignation était encore attachée à une position respectable , lorsque nous la trouvons dans les Us des Mestiers recueillis par Étienne Boileau, en 1260. Iri, elle s’applique à un degré intermédiaire entre le maître et l’apprenti, c’est-à-dire à l’élève qui a déjà fait ses preuves, et elle a cours dans tous les ateliers. En même temps, il est vrai, il est question de vallet à servir, et c’est là l'origine de la seule acception mie nous ayons conservée , mais il suffit de s'être rendu compte de la différence qui existe entre la domesticité du moyen

ET RÉPBRTOIRE.

Age et ce qu'elle est devenue de nos jours, pour comprendre que, même dans ce sens, le valet du nu» siècle était autre chose que le nôtre.

(A) 1 292. Raoul, vallet à servir, — xii den. (Le livre de la taille de Paris.)

(B) 1355. Se aucun apprentis (orfèvre) se rachcpte de son maistre, il ne pourra

tenir ne lever forge se il n’a servi son maistre , ou antre, de remenant de liuit ans comme apprentis ou comme vallet servant, gaaignant argent. (Statuts des orfèvres de Paris.)

(C) 1378-79. A maistre Guillaume Brisetout, verrier et depuis que fu parti, à

ses vallés, pour verrer une des formes de la croisée. (Comptes de l’église de Troyes.)

1 132. A ni varlets de Johannes D’eyck (Jean van Eyck) paintre, pour don par monseigneur à euix fait quand mondit Seigneur a esté en son kostel veoir certain ouvraige faict par ledit Johannes,— itvs. p. (D.deB. 939.)

VANDALISME. On appelle ainsi tout procédé destructeur, qui anéantit ce qui commandait le respect par son Age , ses souvenirs ou ses beautés. Chaque époque ayant des méfaits de ce genre à reprocher à sa devancière, et ne se sentant pas elle-même la conscience bien nette, on est tombé d'accord qu’on rejetterait le tout sur les Vandales, qui ne réclameront pas. Le vandalisme, en fait, c’est la profanation du culte des souvenirs par la domination du bien-être particulier ou de l’utilité publique, c'est un vice de tous les temps; et n’était le défaut d’espace, je ferais ici une longue énumoratiou d'anciennes destructions opérées sans nécessité. Cet examen renverrait les parties plaignantes dos à dos , et tous dépens compensés. Oui, le moyen Age a été pins indifférent des choses du passé que la renaissance; à son tour, la renaissance eu a fait litière avec plus d’insouciance que les temps modernes. A toutes ces époques , c’est sans le moindre scrupule, sans regret même , qu’on remplaçait d’anciens édifices par île nouvelles constructions, de respecta- Ides châsses, de vieille, orfèvrerie , des bijoux séculaires par des chAsses à la nouvelle mode, de l’orfèvrerie neuve et îles bijoux modernes; on fondait, on vendait au poids les plus beaux objets d’art pour satisfaire aux caprices les plus vulgaires, aux nécessités les moins pressantes. Vit-on, par exemple, de nos jours, non pas dans la tourmente de l’émeute, mais en plein respect de tout ce qui est respectable, un procédé pareil à celui qu’emploie Charles V, dit le Sage, pour activer les travaux de restauration du Louvre? Je laisse parler les registres de la ehambre des Comptes ; il s’agit des matériaux qu’on emploie pour faire la nouvelle vis élevée dans la cour; oii ernit-on qu’on va les chercher? Il y a vingt carrières autour de Paris, on en invente une nouvelle, c'est le cimetière des Innocents ■ le repos des morts ne sera pas respecté, et leurs tombes serviront a faire les marches de l'escalier. Dans une antre circonstance, à un siècle de distance, on a besoin d’une pierre pour faire un autel, on déterre un mort, on lui prend sa hierre, et tout est dit. LA, du moins, l’intention et la destination excusent peut-être la profanation! Disons-le donc, A la satisfaction de notre amourpropre, et A l’encontre de cette disposition morose qui anime trop souvent contre le présent, le respect pour les monuments et les choses du passé date du moment où l’on eut si bien détruit, qu’il ne restait plus, pour ainsi dire , ni monuments, ni choses du passé à conserver, il date de nos jours.

(A) 1364. A Thibaut de la Nasse', marguillier de Saint Innocent, pour dix lum-

bes dont l’on a faict marches en la grand via neuve dudit Lonvrp, achetée de li, chacune tumbe, pris ou cimetière dudit Saint-Innocent, à xüij sols p., par quittance vii liv. p. (Compte des bâtimens royaux.)

(B) 145’j. Pour faire venir de l'église de Romorantin audit chastel (de Romo-

ramin), la tumbe dont a esté fait ledit autel et pour avoir comblé de terre le lieu où étoit ladite tumbe. (Unes de Bourgogne, 6798.)

vases. L’antiquité a introduit beaucoup d’arbitraire dans les noms de ses vases; au moyen âge, ce fut pis encore, le caprice était maître de leur donner les destinations les plus opposées et de les désigner comme bon lui semblait. J’ai vainement cherché, au moyen des textes, à arriver à quelque précision ; plus mes recherches ont été approfondies, plus la confusion sVst augmentée. J’espère être plus heureux avec les monuments figurés et avec les objets euxmêmes, conservés dans les collections. Les dédions suivantes ne viennent ici que pour corroborer l’impression générale qui ressort de ces recherches.

(A) 59I.Denique nesciens qualiter dolnm sunm deliniret, discum ei magnum

argenteum pro gratia dédit. — Tbeudericus vero qneritnr ad suos, nmla exstanti causa snum perdidisse catinum. (Grégoire de Tours.)

(B) 1416. Une petite boeste faicte à Paris d’uue pierre bleue en manière d’un

cornet à mettre ancre, garnie d’or, séant sur iiij niez — et la fait mon dit seigneur emplir de civette, — xxx liv. t, (Inventaire du duc de Berry.)

(C) — Une grant sallière d’agathe, en façon d’unbannap, goderonnee, gar-

nie d’or, le pié et couvercle d’or esmaillé de bleu — vi*> liv. t.

(D) — Une salière de cristal, garnie d’argent , en laquelle souloit avoir des

reliques — lx s. t.

VAUDEI.UQUES. Sanctus Vultus de Luca ou Luecnsis , sainct Voult de Luqtics, par contraction Vaudeluqnes, et par altération Vaudelu et Godelu. 11 y a là une de ces erreurs que tout le monde signale, que personne ne corrige. La sainte-Face de la Véronique , le Vera icon île Rome était célébré; le Christ en croix, de Lucques, sculpture attribuée à Nicodème, le devint à son tour. Des imitations de celui-ci furent portées de tons côtés, et bien qu’elles représentassent une figure entière, on la confondit avec la Sainte-Face et on lui donna le nom de Saint-Voull (de vuttus , visage), qui désignait la Sainte-Face de Rome, et qui aurait dû lui être réservée. La copie qu’on avait exposée dans l’église du Saint-Sépulcre, à Paris, était nommée par le peuple Saint-Vaudelu et Godeleu.

(A) 983 à 996. S. Vult de Luca. (Légende du revers d’un denier du règne

d’Othon.)

(B) 11 SS. Douze deniers de Luque i chascun flst douer. (Ch. d’Antioche.)

(C) 1420. Une croii d’or, où il y a ung croccîx, en façon de Yandeluques, p.ir-

nie, ès iiij bon ta, de deux bons balaiz et de deux bons saphirs. (lovent, de Ph. le Bon. Ducs de Bourgogne, 4065.)

VENDREDI. Ce jour de tristesse, consacré au jeune et au maigre, avait son silence obligé et ses prièreB consacrées. Le Roi, pour ne pas l’oublier , portait un anneau particulier, et s’agenouillait devant des tableaux réservés pour le vendredi et qui le lui rappelaient.

A)1260.Le vendredi de croix aourée (vendredi saint) ne crient pas crienrs, les diemenges, les vendredis et les viij jours de Nouel et les vigiles qu’ils ne crient que une fois. (Statuts des Mestiers.)

(B) 1380. Un annel d'or — et le porte le Rov communément les vendredi. (Inv.

de Charles V.)

(C) 1391. A Jehan du Vivier, orfèvre, pour avoir rappareilliez et mis à point la

Sarnison d’or de l’estuy des tableaux d’or au Roy NS. que ron met evant lui les vendredi — xxiiij s. p. (Comptes royaux.)

VENISE (ouvrage de). Cette expression n’implique pas forcément un ouvrage fait à Venise, mais bien un travail exécuté dans le goût, dans le style adopté à Venise. Quel était ce style du xm« au xve siècle? L’aspect général de la ville comme l’étude de ses édifices, le disent assez; c’était un mélange de réminiscences antiques importées de Byzance et d’invasion orientale produite par le mouvement des croisades et entretenue par les relations commerciales avec le Levant. (Voyez Damas.) J’exclus de ce Répertoire les étoffes; je ne parle donc pas de celles de Venise.

(A) 1380. Une croix d’or, garnie de x camahieux, xij balais, viii esraeraudes, xxx perles et est ladite perrerie assise sur ouvrage de Venise et par derrière est néellée. (Inventaire de Charles V.)

(B) Une grand croix d’argent doré, de l’œuvre de Venise, garnie de doublets et de voirrines, sans pied, à tout le cmcefix, pesant xxxiii marcs et demy et est le pied de la dite croix de cuivre doré , non pesé pour ce qu’il est de cuivre.

(C) 1393. Pour avoir fait, pour la royne, en iij coffrez de Venize, iij serreures d’argent dorées. (Comptes royaux.)

(D) 1399. Un grand gobelet à pié et à convescle d’or, de la fasson de Venize, à fleurs de lys — et le donna an Roy monseigneur de Berry et poise cinq marcs, sept onces et demve d’or. (Inventaire de Charles VI.)

(E) 1403. Une grant espée toute couverte d’or, à l’ouvrage de Venise. (Ducs de Bourgogne, 5970.)

(F) 1480. Item nna alia pnlcherrima crux, auro cooperta, de opéré Venecie. (Inventaire de la Sainte-Chapelle.)

(6) 1498. Ung tableau d’argent fermant à clef, de la Nativité nostre Seigneur, à plusieurs ymaiges, de la façon de Venize, ouquel il y a ung crucifiement, Nostre Dame et saint Jehan, en boce, auquel tableau a xxiiij rubiz et neuf perles et au dessus Dieu le père. (Inventaire de la royne Anne de Bretagne.)

(H) 1529. A Pierre Dallières, lappidaire, demourant à Lyon, pour ung pot vert, ouvraige de Venise, — vi liv. 1. (Comptes royaux.)

(I) 1536.Une coupe de jaspère rouge, à deux hansses, garnye d’or, ouvraige de Venise (Inventaire de Charle s-Quint.)

(J) 1573. La croix de Venise est de boys par dedans, tante couverte de bon or. (Inventaire de la Sainte-Chapelle. C’est la traduction en français de la citation F.)

VENTRE d’une image formant reliquaire. (Voyez Images ouvrantes.

(A) 1200. Erat et alia crux lignea auro optirno vestita, in qua imago erat aurea domini erneitixi, que imago cuiuslibet communis hominis magnitudinem eicedebat, concava sed multum spissa coins venter plenns erat reliquiis et gemmis preciosissimis. Dicebatnr aulem nec Romanum imperium meliores babere. Hcc crux poterat dissolvi membratim in ianctaris, primo in talo, in genubns, iu femore, iu bnmeris, in cubito, in manibus, in collo ubi corpori inberebat; cetera pars corporis , dorsum scilicet et venter, pariter coherebant ; et hoc iaeo, ut commodins et secarins posset in area sibi ad hoc deputata specialiter reservari. Hec raro ponebatur, nisi forte présente rege vel alio magno principe et in festis pasche vel natalis Domini et pontiflee hoc jubente. Cuir» autem boc neri opertebat, tune in loco valae eminenti in templo snper

trabem, nbi nulli alieno patebat accessns, a ministris fldelibus locabattir. In h u jus imaginis capite, loco oculorum evant dne géminé quas c arbunculos vocaut, tante inagnitudinis ut duo vitelli ovorum qui in teuebris coruscabant. Huic crnci inscriptus erat versus iste : Auri sexcentas babet bec crux aurea libras — vocabatnr antem Beuna. (Gbristiani Mogunt. Cbrou.)

VERGE. Du latin, virga , avec deux significations distinctes. C'est un bâton, et dans ce sens il est applique aux crosses des évêques ; c’est une baguette, et comme telle un signe d’autorité quand elle est portée par les officiers de iustice; c’est une allusion, quand on la bnse aux pieds des criminels, devant des mariés ou sur la tombe des rois, et quand elle est portée en signe de paix ; c’est même un instrument d'espièglerie dans les mains d’un fou . c’est enfin un ustensile de toilette quand elle sert à battre les haoits, et nous avons conservé le mot vergette. La souplesse de cette baguette, la facilité de la nouer en forme d’anneau a développé uue autre acception, c’est le cercle de la bague distinct du cliatou, c’est aussi l’anneau qui réunit les bagues. Telle est la seconde signification. On les trouvera confondues, mais faciles à distinguer, dans les citations suivantes.

(A) 094. Virga tua qna in urbe sedis meæ pro pretioso bactenns costodiebator

thesauro, etc. (Ap. Du Cange.)

(B) 1300. Une blanche verge en signe de peas. (Ap. Du Gange.)

{C)1346. Ac si ipsæ infra virgam hospitii noslri, etc. (Ap. Dn Cange.)

(D) 1340. Je vous raerev trop humblement de la belle et bonne verge que vous

m’avez envoie et certes il ne fant mye que vous me pryés de la bien garder; car i’en soi tout pryés. (Guill. de Machaolt à Agiles, princesse ae Navarre.)

(E) — Si li donné* cette verge d’or et H dittes que je le pri qu’il la porte pour

l’amour de moi. (Agnès à Guill. de Macbault.)

(F) 135*1. Pour faire et forgier la garnison d’argent d'une verge de ballaine ,

dont Ipü virolles sont esm aillées des armes du Roy, de madame la royne, faicte, par commandement de MS. le Dalphiü, pour Mitton le fol. (Compte* royaux.)

(G) 1372. Un chapel d’or auquel a six balays, vi esmeraudes , xij troches de

perles et en chascune troc ht- a vij perles et est le cercle de ij verges» esiuaillez, priséz vij« francs d’or. (Compte du testament de la royne Jebanne d’Êvreux.)

(ET) 1380. Un petit à col (pent à col), à façon d’une verge à nettoier robes. (Inventaire de Charles V.)

(If) — Un annel où il a nn ruby à jour et a en la verge un K et un Y.

(J) — Un annel où il a un ruby qui tient du violet en une verge taillée à

feuillages.

(K) — Une verge où est nn ruby violet qui a nn trou emply d’or.

(L) — Une petite vergette, où il" a un petit ruby rond et est assis à crampons

et est une partie de la verge et le cnlet taillez.

(M) 1389. Un annel d’or dont la verge est esmaillée. (Testament de l’arcbevesque

de Rbeims.)

(N) 1390. Par signe de désobéissance le prévost getta, par dessus la porte, en la

dite bassecourt, une verge de l'un des sergens qui estoient avec lui et s’en parti. (Lettres de rémission.)

(O) 1394. Deux grans bans pour ploier verges de arbalestres et ung autre banc

pour dréchier les dites verges. (Inventaire des garnisons du chastel de Lille.)

(P) 141 6. Iiîj verges d’or rondes tontes plaines qui servent à tenir les anneaux

de Monseigneur. (Inventaire du duc de Berry.)

(0/ 1438. Pour achettor xviiiverges à nettoyer robes pour MI)S. (le duc de Bourgogne). (Ducs de Bourgogne, 1280.)

(R) 1450*. Anneaux ou verge d’aliance

Où fut escript: Mon cœur avez.

(L’Amant rendu Cordelier.)

(S) 1450. Et en approbacion de ce je vous donne ceste verge qui est d'or esmail-

lié de larmes noires. (Cent Nouvelles nouvelles.)

(T) 1460. A tant fnt mis en terre (le roy Charles VI, 1422) emprès ses pères,

lors où les officiers huissiers rompirent verges et basions, les gectèrent en la fosse tous plorans. (George Chastellain.)

(U) 1483. Pour plusieurs verges, espousettes, descrotoires. (Compte de la royne

Charlotte.)

VERNIS. Les citations suivantes donnent “l’explication de ce terme dont j’ignore l’étymologie. Je ne sais si cette pondre, étant rouge, a pu prendre son nom du fard, dont les femmes se vernissaient les joues.

(A) 1400*. Qui sp vernissent, qui se Daignent,

Qui se fardillent et qui sanglent.

(Miroir de la sainte Vierge.)

(B) 1416.1' ne boeste d’argent doré, pour mettre vernis à getter sur escripture.

(Inventaire du duc de Berry.)

(C) — Une boistelette d’argent doré, en façon de poire , pour mettre vernis

qui sert pour nn comptoner.

verre noir. Il parait qu’au xvi« siècle, le verre noir fit concurrence au jais et vint à la mode. (Voyez Jayet.)

(A) 1580. J’ai connu une fort belle et honnête dame laquelle étant en ces doux bains — il lui advint qu’ayant un pendant d’oreille d’une corne d’abondance qui n’étoit que de verre noir, comme on les portoit alors, il vint à se rompre. (Brantôme.)

VERRE riollÉ. S’agit-il, dans la citation suivante, du verre filiçraué de Venise? Nous n’en connaissons pas de plus ancien que de Ta seconde moitié du xvc siècle. Il faudrait plusieurs rencontres de ce genre daus les textes pour fixer le sens précis de cette expression. (Voyez du verre torsé à l’article Voirre , citation GG.)

(A) 1380. Un pied de verre riollé de iiij compas et à chaque compas a nn angre et est la tige tuerse. (Inventaire de Charles V.)

VERRE , Envoirré et Vairné. Vitré, muni de vitres.

(A) 1240*. Et bien verrées les fenestres. (Partonopex de Blois.)

(B) 1391. Et doivent estre (les tabernacles à mettre Corpus Domini) envoirez et

fermans à clef, et doit estre le verre assis , et ouvré , et enclavé bien et souffisament. (Statuts des tailleurs d’ymages.)

(C) 1455. Damp Abbez mena ma Dame en sa chambre chauffer, qui estoit très

bien tendue et necte, tapissée, verrée. (Ant. de La Salle.)

(D) 1459.11 respondit qu’il estoit plus aise que ceulx qui ont leurs belles cham-

bres verrées, nattées et pavées. (Cent Nouvelles nouvelles.)

(E) 1509. Fumes au cloistre de ladite église qui est vairnés. (Journal <le Philippe

de Vigneulles.)

VERRIER. Le fabricant de verre et aussi le peintre-verrier, celui qui peignait les vitraux , soit sur feuilles de verre teint en masse, soit sur feuilles de verre blanc. Les verriers avaient des prétentions à la noblesse, et elles étaient fondées. Cette noblesse remontait aux grands privilèges et à l’estime toute particulière que le sénat de Venise accorda aux artistes de Murano dès le

mi' siecle. Les rois de France se montrèrent aussi généreux que ces orgueilleux patriciens; ceux-ci donnaient de la noblesse aux verriers pour conserver à Venise le monopole de la verrerie ceux-là durent faire les mêmes concessions pour le leur arracher* 11 n y a donc pas à mettre en doute cette noblesse, et je ne ferai aucun effort pour la prouver. La citation E est tirée d’une pièce inédite que j’ai trouvée dans la grande collection de Lorraine de la Bibliothèque nationale de Paris, et dont l’authenticité a quelque valeur dans la question. Les metteifrs en plomb et les marchands de vitres blanches , qui les uns et les autres mettaient le verre en œuvre, s appelaient verriers comme les fabricants de verre : ils s aidaient de peintres qui travaillaient dans leurs ateliers ; quand ils étaient peintres eux-mêmes, ils ne manquaient pas de s'appeler peintres-verriers.

(V) ttt 6. Jehan Fmiquaut le jeune , escuyer, faiseur de verres, — demeurant en la paroisse d’Oison. (Lettres de rémission.)

(B) 142t. Le dict Annienl dist que ja soit ce qu’il fut voirrier, si ne poindoit il'

point et ne scavoit poindre, se ne avoit point à devenir du dit mestier. (Archives de la ville de Namur, voyez la pièce entière, Ducs de Bourgogne , 1. 1, p. xxxyi.)

(C) 1477. A Guillaume Barbe , voirrier, pour avoir ouvré de son mestier en la

vie forme de hault de la nef, en costé de la Magdalène , laquelle forme contient iiii jours, laquelle a esté desassize, refaite, retaillée et mis en gros plomb neuf, lavée, escupée pièce après pièce, reliée tout de neuf, rassize et mise en sa place, et deux panneaulx ont esté faiz de voirre neuf, ix liv. xvij s. (Archiv. de Biouen , Ducs de Bourgogne, volume IY.) ®

(D) 1491. A Esiiennede Salles, verrier, pour deux lozenges de verre mises aux

verrières de la chambre du retrait dudit Seigneur (le Roy) , ii solz. (Comptes royaux.)

(E) 1536. Tons ceulx qui ces présentes lettres verront, etc., — Jehan, fils du Boy

de Jérusalem, d’Arrâgon et de Cécile, etc., duc de Calabre et de Lor— raine^ comme en l'an mil quatre centz quarante huicts, nous heussions bailliez et concédez nos lettres à nos bien araez Pierre "Wiswalle , fils de Jehan Wiswalle, Henry fils, Nicolas Mengin fils, Jacquot Guillaume du Ti soir et Jebau son frère tous verriers ouvriers ès verrières de Je b an Wiswalle et que par feu de fortune icelles nos lettres ayent eslés brulîées et destrnetes à Fontenyn où icelles estoient, dernièrement qu’elle a esté hrullée. Pourquoy iceulx nous ayant exhibé une copie signée autentiiquemeut —leur avons octroyé et concédé nos lettres en pareille forme qn ils les avoient et dont la teneur s’ensuyt : Jehan fils du Roy de Jérusalem, etc. — (On voit, par ces lettres, que tontes ces verreries étaient ès bois et fourest de Monseigneur en sa prévosté et près de Darney en son duché de Lorraine, et que ces ouvriers verriers jouissaient de titres et privilèges qui les plaçaient au rang de la noblesse :) Comme lesdits maistres et ouvriers de. voires soient à cause de leur mestier et doibvent eatre prévillegiez et ayant plusieurs beaulx droitz, libertez et franchises, icenlx maistres et ouvriers avoient certaines lettres des prédécesseurs de Monseigneur, ducs de Lorraine, èsquelles estoient déelairiez les droizet previllegcs onctroyez auxdiz verrière. Soit sans que en ce lenr ait mis aucuns empesebemout. Desquels droiz et franchises et prérogatives et dont eulx et leurs prédécessenrs aient joy et usé de tout temps passé et esté tenus et répntés en telle franchise que chevaliers, escuyers, et gens nobles dudit dnehiée de Lorraine. (Cette charte originale, en parchemin, munie du sceau en cire, est du 11 septembre 1526. Elle a été reliée dans le volume 474 de la collection ae Lorraine, avec beaucoup de pièces concernant les verreries du duché de Lorraine. Je les ai lues avec intérêt, mais je ne puis insérer ici mes extraits, qui ont un caractère et un intérêt tont industriels, je citerai

seulement ces premiers mots d’un Mémoire adressé au Due le 19 juin 1597 : ) ■ A son Altesse, remonstrent très humblement les gentilshommes des verrières, au bailliage de Clermont, que fenz de très heureuse mémoire messeigneurs les Ducs, ancestres de votre allesse , les tutoient, et leurs prédécesseurs, doués de plusieurs beaux privilèges pour les attirer ès pays de Y. A. pour l’exercice de la verrerye laquelle ils auoient desrobée du plus secret cabinet de nature. »

(F) 1553. Les François ayant, n’a pas longtemps, commencé à faire les verres rrystallins, ont faict servir le sablon d’Estempes an lieu des cailloux du Tessin, que les ouvriers ont trouvé uieUlenr que iedict caillou de Pavie. Mais ils n’ont encores sceu inventer chose qui puisse servir au lieu de la susdicte cendre (la soude d’Egypte). (Belou.)

VERRIÈRES et Voirrières. 11 ne s’agit ici que d’indiquer l’expression dont on se servait pour désigner les fenêtres ornées de vitraux. Quant aux vitraux, te renvoie aux ouvrages qui traitent de la peinture sur verre, ce Del art tout français. Avec les premiers verres appliqués aux ouvertures des clôtures de,fenètre6 faites en marbre, commencèrent les vitraux des églises, car on ne pouvait songer à fermer ces jours que pour en varier l’effet et l’associer, par l’éclat des verres coloriés, a La richesse des mosaïques et des peintures. Les Pères de l’Eglise parlent de ces premières verrières , chaque siècle y apporta son perfectionnement , mais il serait aussi utile qu’il est difficile d’assigner à chacun d’eux une date précise. (Voyez Verrines et Voirre.)

(A) 1245. De ipsis obventionibns et oblationibus verrerias «jusdem cappella*

refiei et reparari vohunus quotiens opus fuerit. (Lettres de fondation de S. Louis pour la Sainte-Chapelle.)

(B) 1 350* . Tont autressi con vous vrés

Que îi solâus est escanfés Con il trépassé la verière La où ele est li pins entière.

(La vie de Jésus-Christ.)

(C) 1499. Ung tableau fermant, peint sur verre, enchâssé en boys, contenant le

mistaire de la passion de N. S. (Inventaire de la roync Anne de Bretagne.)

(D) 1589. Une image d’argent doré de Sainct René, portant une verrière devant

luy. (In vent, de la S. Chapelle du Vivier.)

VERRIÈRES de papier ou en canevas. Ce ne fut pas simplement un expédient, comme il se pourrait présenter même de nos jours, c'était une habitude, et la cherté des vitres explique comment cette manière de se clore est aussi ancienne, comment elle se prolongea si tard.

(A) 1291 .Pro canaho ad feuestrallas, ad scaccarium reginæ apudWestmonaste-

rium, iij d. (Exécution du testament de la reine Eleanor.)

(B) 1413. Item pour la vernie de madame la duchesse de Berry pour aller à

Montpensier faire faire certains chassitz aux fenaist rages audit chastel

Sour les aosires de tailles sirées par défault de verrerie. (Compte de ean Avin, receveur général d’Auvergne.)

(C) 1467. Pour xx pièces de bois à faire cassiz de voirrières de papier, servant aux fenestres des chambres, là où l’on fait les diz ouvrages. (Ducs de Bourgogne, 4749.)

(D) 1491. Item quinze châssis de papier, xxxvii soit, vi den. — Item à Meneston dix châssis de papier. — Item à La Palisse deux châssis de papier. — Item à Saint Sanhorien huit châssis de papier. — Item à Lyon cinq châssis de papier. (Comptes de l’ostel du Roy.)

(E) 1500. Glasen wyndowis let in tbe lyght and kepe ont the wiode, paper or

lvn clotbe straked acrosse with losyngys rnake fenestrals in stede of glasen wyndowes. (Horman).

(F) 1530. Fenestrall, châssis de toilie ou de paupier. (Palsgrave.)

vekrines et Voirincs. Vitres et verrières. On disait aussi verinier pour peintre verrier.

/AUAifi ITn tableau de bols (suit la description des images) et sont les diz (A| 6 «mages tous couve* d'une : grant p èce devoir* plate etlesj bors du n.-.ins d'or brunv. (Inventaire du duc de Berry .)

inférieure.) . . , .

miiM V Guillaume Belanoe, paintre et verinier, pour deux panneaulx de (C) 14BX. A uuiuauu e . • * t t u avoir mls ies armes de Mb. et

re Ma"poûrcfil* s. (Archives du château de Tancarv.lle . extraits publiés par M. Deville.)

(DM499 A Jacfluelin de Molisson, pouc avoir fait un patron de voirine où ' est une nativité de Nostre Seigneur. (Archives de Bourges, cité pai

. .. . ... . Déni tableaux, chacun d’une ymaige Nostre Dame, l'un ystorié garny (E)t5a4.Dei» tableairi^c^ ^ d(f broderie. (inventaire de la Dame

de Nicolaï.)

vfrveli.es Aux courroies qui tenaient les oiseaux par les nattesR^t qu’on appelait jets (voyez G ica), étaient fixés des anneaux ou venelles. Quelques citations suffiront pour montrer que 1 ematlîm'iert l’orfèvrerie étaient chargées de les exécuter.

(0 1430. ^ehapfzUlandpS WjJ ^^irTy' m?s et “I rn^ardSttpudXs, ^ -ses oyseaolr. (Ducs de Bottr-

W.SOO.^S comme ur

VÊTEMENS ÉMAILLÉS. C’est-à-dire ornés de pièces dorfévierie émaillées. (Voyez d gnr sontrès puissant des-

(A)t4S5. Tellement qne le Seigneu Sai t Sèment honssés d’orfavrerie,

^'ar-mesT -Tctaint de sa iance le Turc,,. (Aut de

‘î!‘ i"m"rm SSTc'oStSn™,' S“q”,*çSa

A Cire ouvrée.

ET RÉPERTOIRE. 54f

(A )t 300. Vous ferez nue chose, eue se Dieu tous rameinne en France, que vous )i promettrés une nef d’argent de cinq mars. — Quand la Royne, que Dieu absoille , feu revenue en France , elle Ast fère la nef d’argent à Taris; et estoit en la nef le Roy , la Royne et les trois enfans, touz d’argent; le marinier, le mat , le gouvernail et les cordes tout d’argent, et le voile tout d’argent, et me dit la Royne que la façon avoit cousté cent livres. (Joinville.)

(B) 1403. Un ven d’or ouquel a une dame esmaillée qui tient un oisellet. (Ducs

de Bourgogne, 5977.)

(C) 1493. A Jehan Gallant , orfavre, demeurant à Tours, pour dix marcs d’ar-

gent par lny mis et employé à faire UDg veu, à faezon d’une jambe , que la dicte dame a donné et envoyé à ND. du Carme de Rennes, — vi«xv liv. (Comptes royaux.)

(D) 1495. Or avoit promis Pbelippe , dès qu’il estoit au retour de Rome , ung

voioige à St Nicollay avec aulcuns dons de cire. (Journal de PkiliuDe de Yigneulles )

(E) 1528. Une enseigne taillée de basse taille , en laquelle y a d’un costé ung

soleil et de l’autre ung personnage estant en mer sur une barque desrompue et sy prochaine du rivaige que ledit personnaige a moyen de recouvrer pour salut à une branche u’arbre plantée sur icelle. (Comptes royaux.)

VIANDE. Nourriture en général, de victvs , qu’elle soit de poisson, de végétaux ou de chair* de là viandier, dans l'acception d’hospitalier, exerçant l’hospitalité , et ce mot servant de titre à un livre qui répond au Guide des cuisiniers. On trouve encore cette acception dans une traduction de Le Maistre de Sacy, de 1668 : Et on annonça sa vie durant à Louis XIV que sa viande était servie. (à)11B4.U« jour advint qu’Esaü estoit allé à la chasse; son frère alla cueillir une certaine viande qu'il» avoient coustume de manger en ce temps là, nommée lantille. (Le Roman do -

(B) 1387 . Le pain, qui est le principal et la plus noble viande pour sustentacion

de corps humain. (Ordonnances des rois de France.)

(C) 1480*. Adoncques il leur demanda

Quelz viandes vouloyent menger,

L’ung de bon poysson souhaita.

L’autre demanda de la chair. (Les Fr. repues.)

(D) 1485. Cj après s’ensuyt le viandier pour appareiller toutes manières de

viandes que Taillevent, queuli du Roy nostresire, fit,4ant pour abiller que appareiller boully, ronsty, poissons de mer, et d’eaue doulce : saulces, espices et aultres choses à ce convenables et nécessaires comme cy après sera dit. (Imprimé vers 1485.)

{E) 157 1 . N’y a sorte de fruict qui se puisse trouver au monde, en quelque saison que ce soict, qui ne fust là avec ung plat de toutes viandes de poissons. (Description du diner donné par la ville de Paris à la Reine ; c’était un vendredi.)

(F) 1651. Le Roy mangeoit souvent hors de chez lny, comme chez la Reyne

chez monsieur le maréchal de Villeroy, son gouverneur, au P’allès Brion , où il faisoit toujours porter là une partie de sa viande. (Mémoires de Dubois.)

vie nomade. Pendant tout le moyen âge, et jusqu’au xvne siècle, la société^ européenne a eu les habitudes nomades que les populations de l’Asie conservent encore de nos jours. La cour et les riches seigneurs emportaient, en quittant leurs châteaux, les vitres peintes qui brillaient aux fenêtres , les riches tapisseries qui ornaient les murs, les meubles des chambres, et jusqu’aux magnifiques serrures des portes. Alors le château confié à la garde de quelque

vieux serviteur, hanté par les oiseaux de nuit et battu par 1 1 tempête, attendait de nouveaux habitants pour redevenir habitable. Des nécessités de ce genre de vie découlent, comme conséquences naturelles, la forme des meubles, leur pénurie, l’abondance des coffres, bahuts, étuis , etc., etc. Je ne veux rien citer, il suffit d'ouvrir cette vue.

VIELE. Notre violon à son origine. La citation suivante motive l'exception à la règle que je me suis faite de ne point introduire les instruments de musique dans ce répertoire. On voit dans ces deux vers que la bijouterie venait en aide à la fabrication des vièles , au moins à l'ornement de leurs manches ; la nécessité de la rime ne semble être pour rien dans l’intervention des saphirs incrustés, car il nous est parvenu des vielles ou violes du xv® siècle à manches très-ornés.

(A) Ü80. Li uns tiennent une vièle, l'arçon fu de saphir.

Et l’autre une harpe, moult fu boine à oir.

(Roman d’Alexandre )

VIF, près du vif, d’après le vif et au vif, c’est-à-dire d'après nature ; les vifs d’une statue s'appliquaient à ses parties charnues. Ces anciennes locutions ont à peme disparu ae notre langue usuelle.

(A) 1248.Saciés bien que cis lions fu contrefais al vif. (Villars de Honnecourt.)

(B) 141 6. Un signet d’or ouquel est le visaige de Monseigneur (le duc de Berry}

contrefait au vif, — xiij liv. t. (Invent, du duc de Berry.)

(C) — Un grant denier d’or, ouquel est contrefait au vif le visage de Julius

César.

(D) 1468. Maistre Jebannet de Milan, peintre du duc de Milan, pour un tableau

où sont tirés, auprès du vif, le feu duc de Milan et son fils, — 41 liv. 5 s. (Comptes royaux.)

(E) 1517. Derrière icelluy grand aultel y a trois beaulx et riches anltelz d’al-

bastre dont celluy du milieu est l’autel monseigneur sainct Bernard sur lequel est son ymaige, fait snr le vif, incontinant après son trespas, et avoit le visaige , à veoir la dicte imaige , magre et contemplatif. (Visite de la Reine de Sicile à Clairvaux.)

(F) 1526. Maistre Conrard — fera les pièces qui s’ensnyvent de sa main , assa-

voir les visaiges, mains et les vifs. (Marche passé avec Conrard , le sculpteur.)

(G) 1530. Jean achapta deux rares et prétieux tableaux , en l’un desquels estoyt

an vif painct le visaige d’ung appellant, en l’autre estoyt le pourtraict d’ung varlet qui cherche maistre , — painct et inventé par maistre Charles Charmoys, painctre du Roy Mégiste. (Rabelais.)

(H) 1533. A maistre Bernard Dorlet (d’Orley) ,peintre à la Reine, pour un

tableau de la portraiture de la Reine, fait après le vif, de deux pieds en carré, — 13 liv. (Compte de l’iiôtel de la reine Marie d’Autriche.)

( 1 ) 1600. Pour traire et enlever an vif une personne. (Et. Binet.)

VIGNETURE. Ornement de feuilles de vignes qui couvrait les bordures des miniatures, dites alors vignetées. Notre mot Vignette vient de ces ornements, mais nous l’appliquons différemment.

(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 120, 123, 124, 127, 128.

(B) 1467. Une couppe d’or, poinçonnée, en façon de viugneture et dedens ung

petit esmail de marguerite. (Dues de Bourgogne, 2275.)

(C) 1470. Pour deux histoires faictes ès diz deux livres, vignetés et parquées de

ronx compas, — pour la fachon de deux autres grandes histoires, en

semble les grandes lettres fatales à la devise de MDS. (Philippe le Bon) sans vignette. (Inventaire. Ducs de Bourgogne, 4035.)

VINAIGRIER. Ce que nous appelons un huillier.

(A) 1599. Un vinaigrier (l'argent vermeil, doré , noisant un marc , quatre onces et demie, ’xij escns. (Invent, de Gabrielte d’Estrées.)

visage. Dans l’acception de portrait, et faux visage dans le sens de masque.

(A) 1250. L’nns d’ens nne femme savoit

Ri de lni nn visage avoit.

(Roman du Saint Graal.)

(B) 1436. A Piètre, le paintre , pour xiiij fanlx visaiges et xiiij barbes. (Unes de

Bourgogne, 11S2.)

vitrier, et pins généralement Verrier. (Voyez cet article.) Peu ;l peu le premier de ces termes a éclipsé l’autre, et il a désigné, à la fois, le fournisseur des vitres blanches, le metteur eu œuvre des vitraux, et l’entrepreneur des verrières des églises, trois industries distinctes, souvent exercées par une seule personne.

(A) 1477. A Arnold de la Poincte victrier, a esté paie sur la voirrerie de la cha-

pellp de MS. — xxx livres. — A Geoffroy Masson , voirier, pour avoir victré denx croisées — où il v a des armaries et bardnres, — xviij liv. (S. Ouen. Arch. de la Seine-Inf.)

(B) 1484. Item d’avoir payé à Olivier le Coq et Jehan Le Lenevan, vitriers, pour

atoir fait et babillé lesdenx vittresétantan eloistre,dnntl’uno d’icelles estait rompue. (Comptes de la cathédrale, de Tréguier.)

(C) 1527. Jean Castellan, vitrier, promet de faire et livrer et asseoir, pour le

Rov, ès éditfiees que ledit sire'putend faire faire et édiffiecs à réparer a Ponlaineblean, tous et ehasrun les ouvrages de verre qui y seront nécessaires, tant de verre blanc, on façon de borne ou carré que des eseussons, armoiries, devises et antres verrières naintes. (Comptes des Bâtimens royaux. Renaiss. des arts à la cour de France.)

(D) 1535. Ouvrages de voirrerie. A Jean Cbasteilan et Jean de la Ilainée, mais-

tres vitriers, pour tons les ouvrages de voirrerie qu'ils ont faits audit Fontainebleau. (Idem.)

VOIRRE. Les anciens sont encore nos maîtres dans le bel art de la verrerie, la dimension et le bon marché n’étant pas, aux yeux de l’homme de goût, le dernier mot du progrès. Les Grecs de Constantinople, ainsi que les Arabes de Badgad et de Damas, héritèrent des procédés de l’antiquité, sinon de soit talent, à nne époque où en Europe on se contentait de souffler de grosses bouteilles, île fabriquer des imitations de pierres fausses et ces feuilles de verre , teintes dans la masse en couleurs éclatantes, produisant des effets admirables dans les verrières de nos églises. Vers 1225, le moine allemand Théophile constate, en Italie, cet état de choses. Ce que j’ai dit de la poterie peut donc s’appliquer à notre verrerie occidentale. Comme pour la faïence, de meme daus la verrerie, une fabrication vulgaire et non interrompue, un dédain pour les progrès, puis une renaissauce , d’abord par l’imitation des produits de l’Orient, à la façon de Damas, ensuite par des productions originales, propres au génie de nos contrées. Si cette renaissance s’étendit un peu partout : en Flandre, au nv* siècle ; en France, presqu’à la même époque, à en juger par l’énumération des différents verres dont Humbert I impose la redevance annuelle aux verriers du Dauphiné; enfin en Allemagne, au xvi" siècle, c’est à Venise qu’elle débuta eu prenant, dès le xm«, les proportions grandioses que

favorisaient une protection libérale autant qu’intelligente et des rapports commerciaux avec l’Europe entière, le monde" d’alors.

VOIRRE. Les verres à boire, les coupes, h maps et ustensiles de table en verre étaient encore choses assez rares, aux xiv® et xv® siècles. On les rencontre exceptionnellement dans les inventaires et par la raison qu’ils venaient uc l’Orient, qu’ils étaient montés en or et en argent, ou parce que la peinture leur donnait quelque prix. Dans l’habitude de la vie, il ne semble pas que le verre ait joué un grand rôle jusqu'au commencement du xv® siècle, où les verreries de Venise exportèrent sur tous les marchés les produits de leurs habiles contrefaçons.

(A) 1220. De constructione furni ad operandum vitrons. — Quomodo, fiant vasa

vitrea, etc. Invcninntur vascnla diversa eorundem colorain, quæcollignnt Franci, in hoc opéré peritissimi, et saphirenm quidem fundunt in fornis suis addentes ei modicnm vitri clan et albi et faciunt tabulas saphiri pretiosas ac satis utiles in fenestris — Græci vero facinnt ex eisdem saphireis lapidibus pretiosos scyphos ad potanduin, décorantes eos auro. (Theophilus.)

(B) 1264.Tam pro scyphis, quam pro vitris quærendis. (Ordonnance de l'hoslel

du Roy.)

(C) 4 300. Le conte dTEu dressoit sa bible do long de nostre table et nous brisoit

nos pos et nos vouerres. (Joinville.)

(D) — Qne les chatons et les espingles (des boutons) soient percées du voerre

de Montpellier ou cas que l’on en pourroit trouver a Pari? car antre voerre n’y est pas soutirant. (Addition aux ns des mestiers recueillis par Est. Boileau.)

(E) 1328. Un vairre d’argent doré à coste, prisié vi lib. (Invent, de la royne

Clémence )

(F) 1 300. Inventaire du duc d’Anjou, 361, 564, 571.

(G) 1363. Une choppine de voirre ronge, garnie d'argent blanc, et poisenn marc

v onces. (Invent, du duc de Normandie.)

(H) 1372. Combien que tout voirre soit précieux toutesfovs le blanc est le plus

honnorable qui en couleur approche du cristal. (Le Propriétaire des choses.)

(il) 1380. Trois pots de voirre rouge, à la façon de Damas. (Inv. de Charles V.)

(J) — Ung petit voirre, ouvré par dehors à ymages,à la façon de Damas.

(K) — iij grands platz de voires ouvrez et peinds et iiij escuelles de mesmes.

(L) — ij grans platz de voirre et vi escuelles peintes.

(M) — Une lampe de voirre, ouvrée en façon de Damas, sans aucune garnison

d’argent.

(N) — Un très petit hanap de voirre, en la façon de Damas.

(O) — Une poire de voire azuré, garnie d’un pou d’argent doré aa bout

dessus.

(P) — Un bacin plat de voirre, peint à façon de Damas et une bordure d’ar-

gent esmaillée de France et de Bourgogne.

(Q) — tJng gobelet et une aiguière de voirre blant de Flandres, garny

d’argent.

(R) 1382. A Guillaume, le voirrier, lequel avoit présenté au Roy voirres, pour don

fait à. luy, le Roy an Louvre — lxiiij s. p. (Comptes royaux.)

(S) — A Jehan, le voirrier, de la forest Dotle, lequel avoit présenté an Roy

voirres par plusieurs fois, pour don à lui fait — Ixiiij s. p.

(T) — A maistre Johan de Montage, secrettaire, pour don fait par lui aux

voirriers, près de la forest de Chevreuze, ou le Roy estoit alcz veoir faire les voirres, par commandement dudit seigneur et de MS. de Bourgogne — vii liv. iiij s.

(U) 1394. Philippe, duc de Bourgoingne — nous voulons que vous paiez — pour

deux singes trèze frans, pour sèzc voirres et une escnelle ne voirre, des voirres que les galées de Venise ont a van apportez en nostre pays de Flandres (an porl de l’Escluse), quatre fraus. (Ducs de Borîrg., 3092.)

(V) 1399. Une longue aiguière de voirre garnie d’argent doré et a le biberon

d’un bomme qui baille et est le fruitelet de feuillages dont il ysoit nn glay. (lavent, de Charles VI.)

(X) — Une couppe de voirre, peint à la inorisqne.

(Y) — Une bouteille de voirre, à deux ances, paint comme dessus,

(Z) 1416. Un gobelet et un pot de voirre, en manière d’esmail blanc, garni d’or

— xxiiij liv. t. (In vent, du duc de Berry.)

(AA) — Un hannap de voirre, au fons duquel a un 1. couronné et un las d’amours, estant en un estny de cuir — i s. t.

(BB) — Un voirre fait en guise de burette, garni d’or, pendant à trois petites chayennes d’or, prisé vi liv. t.

(GC) — Une antre burette de voirre, garnie et pendant à cinq cbaynnes d’or, prisée viii liv. t.

(DD) — Uns petis tableaux d’argent dorez, garny l’un des cos tez de voirre bleu où il a par dessou bz un erneefiement d’argent, Saint Jehan Baptiste et Saint Jehan l’euvangéliste et de l’antre costé de voirre vermeil où il a dessoubz un ymage de Nostre Dame, Ste Catherine et la Magdelaine, vij liv. t.

(EE}l4i6.Une aiguière sanz couvercle, large par dessus, qui est de voirre taint sur la couleur du bassin que le grant prieur de Thonlouse donna à MDS. (le duc de Berry) au mois de décembre l’an mil cccc et sept — i liv. t.

(FF) 1467. Une mitre, brodée d’argent doré, dont le camp est de satin blanc — on milieu vi fermilles garais pareillement de voirres bleui. (Voyez la description, Ducs de Bourg., *840.)

(6G) — Une couppe de voirre jaune, garnye d’or, de xxv perles peudans dessoubz et (te xii perles dessus le fretelet du couvercle et ledit fretelet ouvré à fusilz. (Ducs de Bourg., 2347.)

(HH)- Une couppe de voirre vert — une couppe de voirre blanc — ung pot de voirre — ung pot de voirre de couleur vert — nue aiguière de voirre vert torsée. — (Tontes ces pièces aussi richement ornées qne la coupe de la citation GG. Ducs de Bourgogne, 2346 à 2352.)

(II) — Ung gobelet couvert, de plusieurs couleurs, de verre fondu et à fachon de barres. (Ducs de Bourg., 2742.)

(JJ) — Une trompe de verre blanche. (Ducs de Bourg., 3289.)

(RÉ) — Six trompes de veire, à ch asc un ung estny. (Ducs de Bonrg., 3282.) (LL) 1470. Ung pot de voire de Venise, jaune, garny d’or hault et bas et de vingt perles pendans autour du col, à devise de fusilz, prisié à lx liv. (Ducs de Bonrg., 5283.)

VOIRRE grinei.LÉ. Ne scraitrce pas le craquelé des Vénitiens? J'appellerai l’attention sur cet article.

(A) 1353. Déni petites bouteilles de voirre grinelé , garnies d'argent. (Comptes royaux.)

VOIRRES DE PROVENCE. Le comte d’Artois mourut en t302, c’est donc dans les dernières années du xine siècle qu’il acheta des bouteilles et vases de verre d’Aubigny , de Provence et d’autres pays. Nulle raison de mettre en doute’ l’existence de verreries, à cette époque , dans le midi de la France; quant aux autres pays , il s’agit évidemment de Venise et de l’Orient.

(A) 1316. Grant planté de poz de voirre et de voirres d Auhigny et de Provence , et d'antres pais, et de diverses coieurs et bocanz et bariz tont

du temps de monseigneur d’Artois , qui bien valoient, 1 libr. {Invent- » de la comtesse Mahaut d’Artois.)

VOIR HE UE VE \ DOME. C’était un dicton populaire au xtii* sièclfe, et les verreries de cette importante ville du departement de Loir-et-Cher sont encore en activité.

WILLO (Coquille de). Je ne crois pas avoir mal lu le passage soi vaut dans un des comptes de l’hôtel de Philippe le Bon , dnc de Bourgogne, et cependant je ne puis découvrir ae quoi il s’agit.

(A) 1467 .Une coquille d’un willo, garnye d'argent doré. (D. de B., 3218.)

W18 , ou vis. Ce mot était en usage anciennement et on en fit l’escalier à vis ou tournant, qu’on appela brièvement la vis.

(A) 1300.11s tenoient leur parlement en nne via qui descendoit de hune cham-

bre en l’autre. (Joinville.)

(B) 1380. Une petite vris de « d'or à attachier un chappenm à mojme. (Inven-

taire de Charles V.)

(C) 1451. Le suppliant monta par la vifs en la salle du chastel de Senecey, ius-

ques a l’uys de la chambre de la dame , après ce descendit par laditte vifz. (Lettres de rémission.)

XIT.OPALE. I.c Peclistein ligniforme d06 minéralogistes allemands, appelé Hoxopale par Wcrner. Cette pierre sc rapproche du Feldspath résinite, elle raie le verre et présente, au milieu des différentes nuances du feldspath, des reflets bleuâtres qu’il n’a pas. On la tire de la Bohème.

T GRÉGEOIS. Y grec. On sait la signification de cette lettre, dont la forme peut figurer une croix; peut-être faut-il chercher cette allusion dans les citations suivantes.

(A) 1380. Un petit fermail d'or, à nn Y grégeois on milieu, et autour a i perles.

■ (Inventaire de Charles V.)

(B) 1416. Un Y grégeois d’nn saphir, assis en nn annal d’or, qui fut donné à

Monseigneur, — vi liv. t. (Inventaire du duc de Berry.)

YBENUS. Le bois de l’ébénier (voyes Ebène). Il était employé quelquefois avec une intention de deuil.

(A) 135î. Coutellerie ponr le Roy. Deur paires de eonBteanv à trancher devant

le Roy — l'une paire à manches d’ybenus pour la saison du Aaresme et l’autre paire à manches d’y voire pour la teste de Basques. (Comptes royaur.) • .

(B) 1376. Un baston de ybenus aorné d’argent — pour l’office dn chantre. (Inv.

de la Ste Chapelle.)

(01380. Une boiste d’ilienns, garnie de bandes d’or esmailUéesde Liane, el les * ' antres hachiées à nn cercle autour esmailHes de Y et de L, a esmanx dedans et dehors des armes de la royne Jeanne de Bourbon, en laquelle avoit plusieurs anneam et estoil yoelte dedans un coure de cyprès. (Inventaire de Charles Y .)

D) — Un petit letrin ployant d’ibenus noir.

(E)1399. Un encrier d’ybenns ouvré. (Invent, de Charles YI.)

YCLE. S'agit-il d*une merre jaune, (l’une pierre en stalactite, et, dans ce cas, dérivée de l'allemand Eis, et en anglais Ice? Je pourrais décider, mais je préfère avouer que je n’en sais rien.

(A)1416.Une teste d’homme taillée en nne pierre appelée ycle — prisée x liv. t. (Inventaire du due de Berry.)

YORK. Grand vase , en forme de cruche et de flacon, à mettre l’eau, quelquefois fermé à clef. L’ydrie de Cana, dont parle le roi René (H), est une urne antique en porphyre. (Voyez ce mot.)

(A) 1080. Ydrias dicuntnr al) ydros, quod est aqua; gallice potrean. (Dict.de

Jean de Garlande.)

(B) 1357. Plenst à Dieu, pour moy esbatre

Qn’en tonisse trois los ou quatre.

Voire une isdrie touta plaine.

Si en beuvroie à grant alaine. (Hist. des trois Maris.)

(C) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 161, 334.

(D) 1379. Charles — savoir vous faisons que nous sommes tenus à Jehan de

Maucroix, orfèvre de Paris, en la somme de ixriix frans, iij deniers tournois, pour un ydre en manière d’un flascon d’or. (Mandement du 26 juillet. Ducs de Bourgogne, tome IV.)

(E) 1380. Deux ydresd’or, à mettre eaue, où il a ou milieu la teste d’un lyon

sur le rond et y a en chascnn costé un homme sauvage qui porte l’anse et six esmanlx de France au pied dessoubz et ou milieu un esmail à ymage pesant xlij marcs, j once d’or. (Invent, de Charles V.)

(F) — Item, une autre ydre d’or plain, fermant à clef, à deux esmaulx de

fleurs de lys enlevées, pesant xv marcs, une once d’or.

(G) 1399. Un idre d’argent doré, à fraiu faict à charnières et y a deux lyons qui

soustiennent le frain et a, on ventre en chacun coste, un osteau et est esmaillé par le ventre à plusieurs escussons et est le pié de quatre hommes, pesant dix huict marez. (Invent, de Charles VT.) *

(H) 1474. Une des ydries , esqnelles nostre Seigne.nr fist miracle en conversion

d’eaue en vin ès nopcesd’Arcbitriclin. (Test, du roy René.)

Y El RE et Lyarre. Lierre. Souvent employé dans les ornements d’orfèvrerie.

(A) 1360. Feuillage de yeire (N° 113 de l’inventaire du duc d’Anjou.)

(B) 1444. Pour tendre la tapisserie, nétaier les sales et conpper le lyarre qui

tenoit à la grant salle. (Ducs de Bourg., n° 6663.)

YENITE. Pierre dure, d'un brun foncé; elle sc change en verre noir à la chaleur du chalumeau; elle fait feu sous le briquet. On la tire de la Corse.

ymagÈse. Voyez Images.

(AU394.Une ymagène de Nostre Dame de franque pierre engourdinée. (Inv. des garnisons du chastel de Lille.)

Y.MAGER. Sculpteur.

(A) 1364. Charles — nous avons commis notre amé Andrieu Bianneveu , nostre ymager, à faire faire les tumbes que nons avons ordonnées. (Mandement. Dncs de Bonrgogne, tome IV.)

YMAGIKÉ. Orné d’images, c’est-à-dire de figures sculptées, gravées, peintes ou émaillées.

(A) 1297 .Une conpe d’argent, dorée, dont le piés est une rose à six fnelles, s’est

ymaginee de rois. (Inventaire d’Edouard 1er.)

(B) — Item un pot purement dorei et portrait d’ymaginerie sans esmail.

(C) i353.Un gobelet d’argent, esmaillié et doré , à quatre piez, ymaginez à trois

pèlerins. (Lettres de rémission.)

YRAINGKÉF. DE FER. Grillage destiné particulièrement à ga- VanUr les verrières peintes des pierres que les enfants, de tous les siècles, se sont amusés à jeter contre elles.

(A) 1398. A Philippe de Fernune , serrurier, pour deui yraingniés de fer, — assises au devant des deux fenestres du revestiaire. (Compte de la chapelle du monastère des Géleslins.)

ZIHECU. Voyez Lapis -lazuli, citation.

zodiacre. Zodiaque.

(A) 1389. Vue orloge et un zodiacre de cuivre doré, prisié xij liv. p. (Testament de l’archevesqne de Rheims.)

un.

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