tome II, p. xxvi
(S) 1455. Le petit Saintré — avoit perdu toute contenance, fors de entortiller le
pendant de sa sainture entour ses dois, sans mot parler. (Ant. de la Salle.)
(T) — Vous anrez collier et chaisne, ceintures de Behaigne, robbe de Damas
et aultres biens assez. (Idem )
(Y) 1458. Ponr une ceinture d’or, en façon de cordon, ployant à clarnières, bordé de fll d’or, à guippleure , à branches de rosiers esmailliées de leur couleur et à roses blanches enlevées et percées à jour sur un fons bruny, avec une chesnete de mesmes, pendent à la dite ceinture, ponr à icelle atacher deux houppes faictes de fil d’or de Fleurance — pour ceindre et mettre autour <run chappeau. (Comptes royaux.)
(X) 1484. Je me saisy, ( qui fut le bon ),
Quand la voix me fut proférée ,
l>e la saineture de Bourbon (du duc de)
ET RBPBRTOIRE. 197
Ponr mieolx califfier le don ;
Mais elle n’estoit nas ferrée.
(Henry Baude. Supplique au Duc de Bourbon.)
(Y) 1559. Ceintures de cuir d'Allemaigne, garnies de ferreures noires à l’Esjai-
gnolle. (Comptes royaux.)
(Z) 1571. A Pasquier de la Noue, orfèbvre, demonrant à Paris — la somme de
439 livres, ponr payement de deux corps de ceinture de fin or esmaillé de blanc— qu’il a fourny pour nos filles. (Comptes des D. de Lorraine.)
CEINTURE DE chasteté. Des interprétations forcées ont donné une sorte d’existence légale h un conte et servi de passe-poyt h des pièces curieuses de musées d’amateurs. Comme usage établi , ces ceintures n’ont point existé, surtout chez une nation aussi spirituelle quelanôtre; comme lubie de quelque maniaque, elles peuvent avoir été forgées exceptionnellement. Je les rejette donc, et je conseille aux amateurs d'en faire autant. Dans ces sortes de singularités, on est bien fort quand on a pour soi le silence de Brantôme. Or, cette détestable langue, que Talfemantdes Réaux a seul surpassé en médisance, rejette en Italie ce stupide usage. Voyez, au mot Trésor, les passages de quelques auteurs qui ont été interprétés comme s’il s’agissait de ces ceintures.
(A) 1350 *. Je vous rends Panneau de Venise
Qu’on dit avoir vertu exquise. (Ventes d'amour.)
CEINTURE A TROUSSER. Ceinture de femme dans laquelle se prenait la robe quand on voulait la relever; ou disait plus brièvement une troussouère.
(A) 1460. Une troussouère d’argent, sur nng tissu gris. (Lett. de rémission )
(B) 1470, Laquelle respondit qu’elle vouloit avoir une sainture à trousser et que
le tessu fust de pers , et ledit Oudart respondi que quant il vroit au Palais , que il lui acbeteroit. (Lett. de rémiss. , publiée par M. llouet d’Arcq.)
(C) 1474. Peux tissus, deux troussonères — les deux troussonères, l'une ferrée
d’argent et l’autre ferrée de boucles d’or on au moins dorées. (Lettres de rémission.)
CERAYNE, Ceraunia. Citée par Pline, avec un commentaire qui prouve que ce nom désignait un produit volcanique on un météorite , cette pierre fut adoptée, au moyen âge, à cause des propriétés magiques que les anciens lui attribuaient. Jean Corbichmi n’en savait pas plus que B Glenvill, qu’il traduit, et qui copiait les copistes de l’encyclopédiste romain. M. Albert Way, dans une note du Promptorium, confond la ceraunia avec la crapaudine; je crois qu’il se trompe.
(A) 1372. Crraine est une pierre semblable à cristal qni a taches d’azur et croist en Alemaigne et en Espaigne et reluist comme flambe. (Le propriétaire des choses.)
CERCLE. C’est une couronne, ainsi appelée pour la distinguer, par une expression particulière autant que par le détail de ses ornements, des couronnes royales et princières. C’était aussi une ceinture en forme de cercle. Les citations valent mieux que les explications ponr un mot aussi facile à comprendre.
(A) 118©*. Le cercle d’or li ert el chief asit. (Roman de G*rin.)
(B) 1283. Nul bourgeois, ne bourgeoise, ne portera vert ne gris — ne pierres
précieuses, ne ceinture d’or ne à perles, ne couronnes d’or ne d’argent. (Ordonnances.)
(C) 1380. Le grand cercle , qui fut à la royne Jeanne de Bourbon , auquel a vij
assiettes, garny de aiamans, ballays, saphirs et troches de perles, c'est . assavoir xxiij balays , xvi saphirs, lx di amans et cxvi perles et è* bastons dudit cercle a vij balais, vii saphirs et xiiij aiamans, pesant v marcs, ij onces. (Invent, de Charles Y.)
(D) — Un autre petit cercle étroit, appelle le eercle rouge, ouquel a xx ballays
que petits que grands et il perles, pesant, j marc, une once.
(E) — Une petite couronne d’or, à îiij florons et a, en chascnn floron, une
esmeraude contrefaitte, iii grosses perks et j grenat et autour du cercle à xiij roses de yj perles chacune à j grenat ou milieu et y fault ij perles, pesant v onces.
(F) — Un petit cercle sur une esclisse, esmaillié de vert, ouquel a jx ballays
et xviij grosses perles, pesant iij onces.
(G) 1390. Charles, Roy de France — la somme de treize cens frans pour un cer-
cle d’or — pour notre très chière et très amée compaigne la Hoyne, — donné à Saint PoL, à Paris le vj jning. (Mandement. D. de B. tome IV.)
(H) 1416. Un très bel sercle, en façon d’une couronne, garny de viij gratis fer-
niaulx dont les iiij sont garnis chacun de iij balais et un saphir et ix perles et les autres iiij garny chacun d’un balay, iij saphirs, xij grosses perles et de iij diaraans pointus et uayfs — prisé xiijoi ve Jrancs. (T) — Là estoitla Royne au devant du roy et de lVmnereurà un très riche cercle eu sa leste et bien accompagné de grans uames. (Cbrou. Fr. de Nangis, an. 1377.)
(J) 1455. Puis à chascnn (chevaliers) flst donner son cercle d’or et d’argent
pour saindre sur leurs robbes, dont tous furent esmerveillez. (Ant. de fa Salle.)
(K) — Les premiers officiers de la couronne, sous la troisième race avoient le
titre de Comtes; ils portoient la couronne à boutons qu’on appeloit cercle. Les ducs portoient le chappeau, c’est à dire la couronne à fleurons et les marquis portoient le cercle ehappellé, c’est à dire relevé de fleurs espanouies et de boutons.
CERF VOLANT. L'escarbot, gros insecte dont les cornes garnies • d’argent ont pu servir de cure-dent. Je ne m'explique pas autre-
ment leur presence parmi les joyaux du duc de Berry.
(A) 1416. Deux petites cornes de cerf volant, garnies an bout d’argent doré. (In veut, du duc de Berry.)
CKIAALICT, Chaalit et Ghaliz. Le bois du lit et quelquefois, mais rarement, le coucher tout garni, ainsi que nous l'exprimons par le mot lit. Il faut se reporter aux habitudes peu stables du moyen Age, pour s’expliquer cette expression. Ou trouvait des châlits partout, mais si l’on n’apportait pas avec soi les matelas et les oreillers pour les garnir , on couchait sur la dure.
(A) 1160*. Si ensepvelirent incontinent le corps du Seigneur et le misrent en
ung chaalit couvert d’ungpoille royé, si l’apportèrent au palays et le veillèrent tonte nnyt. (Lancelot du Lac.)
(B) 1444. Four achatter de la paille pour mettre es clializ de Monseigneur (le
duc d 'Orléans^, pour ce que les gens du Roven avoient osté les pailles. (D. de B., n® 6664.)
CHAENE Pt aussi Chesne, Chaisne; de là Chaenetc. De Catena : aussi Trippault, dit-il, que le François italianisé usera du mot Cadene au lieu ae Chaisne, pour la nouve'auté seulement. On les portait au col, à la taille, et elles se faisaient à toutes sortes d’ emblèmes; les ne m'oublies mie étaient les plus goûtées.
(A) 1240*. Ad chaenetes d’or delgiés,
Bien ovrées et bien tadlies
Furent athacié li mantel. (Partonopeus de Blois.)
(B) 1389. Pour l’or et façon d’une chayenne d’or à sonnetes. (D. de B., 5448.)
(C) 1450*. Item monchouers déliez,
Chesnettes à fleurs d’oubli ance.
(L'Amant rendu Gonlelier.)
(D) 1456. Une chesne d’or torse, à quatre donbles (ou tours), garnie de chante-
pleures et. de trois lectres à la devise de Madame (la duchesse d’Orléans). La dicte chesne a esté mise en simple pour saindre ma dicte dame durant le temps qu'elle estoit grosse et est encore en celle façon. Mademoiselle dTsson dit que la dicte cbesne, à Paris, à l’entrée* du roy, fat rompue en iij pièces par le baslard de Bourgoigne, monseigneur Alof ae Glèves et monseigneur de la Grntusc et en ont chascun sa pièce, madame la duchesse présente. (Ducs de Bourgogne.)
GH A 1ER ES et Cheyere. la chaire, expression qni s’étendait dn trône, chaire royale ( Villnardouin), à la chaire percée (Sagesse de Charron). Nous ne l’avons pins conservé qne dans l’acception de chaire à prêcher. Les grandes chaières, appelées faudesteul, les chaières à différents usages, et jusqu’aux plus infimes, étaient le monopole du peintre de la cour. Dire comment se fonda ce privilège , dire pourquoi des hommes de talent en revendiquèrent le droit afin d’en avoir les avantages , c’est ce que je ne saurais , tant y a que plus d’un nom de peintre est venu a notre connaissance, sous ce singulier couvert. J'ai réuni, dans ce même article, les chaières de différentes sortes, y compris les chaières roulantes. Elles avaient d’autant plus de noms dans les inventaires, qu’elles étaient plus rares dans les appartements. Le mot chaise , qui a remplacé chaière, est de la fin au xv* siècle. On trouve dans les manuscrits des modèles de ces meubles, et au moyen de la «rare je parviendrai à déterminer pour chacun son caractère et sa forme propres.
(A) 1240*. Uno chaiere a près dpi lit, ,
l)ont li pecol sont d’or bien cnit. {Partonopeus de Blois.)
-(B) 1316. Pour iij cb aères, ij i laver et uno à séoir et pour ij damoyselles, par escroe, ex sols. (Comptes royani.)
(C) 1352. Four une aulne de veluyau vermeil, en prayne, baillié à maistre Girart d’Orliens, paiutre , pour faire les sièges de ij chaières, délivrées pour le Roy au ait terme de la Toussaint, — vy escus.
(I)) — Ledit maistre Girart, ponr la façon desdites chaières , lesquelles sont ouvrées à orbevoies et parûtes d’azur à fleurs de liz, de fin or, pour le fnst, cnir, cio, franges dp sove Pt façon de chacune, — vj liv.
(E) 1353. A maistre Girart d’Orliens, ponr la Façon , la peintnre , les chaaines
et les franges de iiij cliaaières à dossier couvertes de vplluan pardessus, — que madame la Royne, la Dauphine, la royue de Navarre Pt la duchesse d’Orliens ont eues, eu ce terme , pour cause de leur atuor et de laver leurs chie.fs, x escus la pièce, xl escus. (Comptes royaux.)
(F) 1354. Four une aulne de fort velluau vert , baillé à maistre Girart. d'Orliens ,
— pour faire les sièges de ij chaières à pigner le roy, délivré pour ladicte chambre de Fasques. — v escus. (Le même peintve en exécute dix-huit autres cette même année. Comptes royaux, en possession de M. Thomas Phillipps.)
(G) — Pour deniers paies à Jehan de Lille, orfèvre, ponr j siège qu’il fist du
commandement du Rov pour séoir delèz les saintes reliques en la Saincte Chapelle de Fans. — iiij escus.
(H) — A maistre Girart d’Orliens, paintre, pour la façon, la peinture, et les
franges de soye de vi chaières à parer.
( I ) 1359-60. Maistre Girart d’Orliens, ponr refaire de charpenterie et rejoindre «le nouvel la chaière dn Roy par Giles de Melin et Copin le paiutre. (Etaient-ils de fabrique anglaise, car ce passage est extrait du : Livre
de despence de l’ostel du Roy en Angleterre; ou ces fauteuils étaientils faits à Paris et envoyés à Londres ?)
( J ) 1364. Charles — nous vous mandons que vous allouez — a nostre amé paintre et irallet de chambre, Jehan d'Orléens — pour trois chaères pour nous , vingt six frans et ponr les chaères de nostre sacre douze frans. (Mandement du 24 janvier. Ducs de Bourgogne, tom. IV.)
(K) 1387. Pour faire et garnir le siège d’une chaière à pigner le chief dn Roy
nostre dit seigneur — xl s. p. (Comptes royaux/)
(L) 1390. Pour mettre et porter à sommier la chaière à pignier et la chaièrc
nécessaire du Roy nostre seigneur. (Idem.)
(M) 1391. Pour ij grans chaières de sale appellées fanlx d’estueils, ouvrées de
pourtraiture, garnies, brodées et frangiées. (Idem.)
(N) 1393. Ponr une autre chaère, pour atourner, à un docier de taille , painte
de fines couleurs. (Idem.)
(O) 1415. A Mahier le charron, demourant à Paris, pour une chaière de noier,
assise sur un roes, par manière de chariot , pour porter et mener la dicte Dame (Isabeau de Bavière) durant une sienne maladie — xxxvi s.
(P) 1423. Trois cay ères ploy ans, à tenir coer. (Inventaire des joyaux de l’église
de Douay.)
(Q) 1468. Pour une aulne de toille — pour servir à la chaère de retraict dudit
Seigneur (le Roy). (Comptes royaux.)
(R) 1507. Une chayze de fer qui estoit garnie de veloux. (Inventaire du duc de
Bourbonuoys.)
— Une chayze de Florance.
— Une chayze de bois d’ouvraige de Naples.
(S) 1541. Ponr deux anlnes de velloux vert ponr faire bourletz à cbaize percée.
(Comptes royaux.)
(T) 1599. Trois chaizes de velours vert, façonnées à petis carreaux, deux à
braz et l’autre sans braz , garnies de soye verte et franges d’argent et doux d’argent, prisées vil escus. (Invent, de Gabriellc d’Estrées.)
(U) — Neuf chaizes de bois de noyer d'or, cinq à vertngadin et quatre à bras,
couvertes par le siège, à dossier de cuir orangé, garnies de doux argentez, prisées ensemble huict escus.
(V) 1651 La prière du Roy finie, il se mettoit dans sa chère , où se peignoit et
luy donnoit on nu petit habit. (Mémoires de Dubois.)
chalcÉdoine. Quartz agate, de couleur blanche, laiteuse et quelquefois bleuâtre ou sapmrine. Les anciens lui ont donné le nom de la ville de Chalcedone, en Bithynie, et il a été altéré dans la basse latinité en Cassidonia , dont nous avons fait Gassidoine. A toutes les époques on l'a gravé avec succès. On évitera, dans la lecture des textes, de confondre ce mot avec le nom d'une plante que Gaston Pbœbus appelle la Célidoine, et avec une pierre rouge, peut-être la Crapaudine , que Marbode nomme Chélonite.
(A) 1313. Un veil seal entaillé e une perre de calcédoine. (Invent, de Pierre
Gaveston.)
(B) 1360. Invent, du duc d’Anjou, 283, 307.
(C) 1372.Calcidoine est une pierre pâlie et de couleur obscure, qui est ainsy
comme moyenne entre la couleur du béril et de jacinte. Geste pierre est engendrée de la rousée si comme dient aulcuns. (Le propriétaire des choses.)
(D) 1380. Un signet d’or à un cassidoine, où est taillié la teste d’une femme.
(Invent, de Charles V.)
(E) 141 6. Un pot de cassidoine, ouvré à un couvercle de mesraes, garny d’or et
au fretelet du couvercle a un saphir et trois perles, — lxx 1. t. (Inv. du duc de Berry.)
(F) 1467. Deux grosses bouteilles noires, de pierre, en manière de cassidoine, à
barres de la dicte pierre et à deux testes de lyon ou liépart à chasctm costé. (D. de B., 2741.)
(G) 1482. A Jehan George, pour or et façon d’avoir mis en œuvre une coquille
de cassidoyne. (Mél. de Clairembault , Bibl. nat.)
(H) 1498.Dozc patenostres de cassidoynes et jaspes enfillées en ung cordon.
(Invent, de la royne Anne de Bretagne.)
CHAMBRE. Une pièce de l’appartement, mais aussi les tapisseries et tapis qui composent l'ameublement d'une chambre, particulièrement de la chambre à coucher. Les inventaires et les comptes sont remplis de détails sur les chambres de nos rois, princes et riches seigneurs. Par extension, le mot chambre désignait les menues dépenses de toilette et d’intérieur, on a dit aussi chambre aux deniers, etc.
(A) 1240. Por ço se crémoit et douloit
Et en ses cambres se muçoit. (Partonop. de Blois.)
(B) 1380. Douze mille francs que la duchesse auroit de revenu par an pour sa
chambre. (Froissart.)
(G) 1388. A Pierre du Fon, pour iiij males de cnir fanve, garnies de toille par dedans, de courroyes et dp bahus achattées de lui, — pour mettre et porter, c’est assavoir : en l’une, la chambre que l’en porte et tend devant en chemin pour MS. le dite de Thourraine , la seconde, pour mettre et porter les matheras, la tierce pour mettre et porter les couvertures, et la quarte la chambre de relais d’icelui seigneur, pour ce — ixv liv. xij s. p. (Comptes royaux.)
(D) 1407. Tour deux males de cuir, — l’une à mettre et porter la chambre que
l’on porte devant le Roy NS. quant il chevauche, pour dormir le jour, et l’antre à mettre et porter après Ini la chambre où il couche de nuit, pour ce — xj liv. iiij s. (Comptes royaux.)
(E) 1420. Une chambre de veluel vermeil, brodée de bergiers et de brebis et de
herbages, garnie de ciel, dossier, couverture de lit , trois courtines de cendal vermeil et six qnarreaux pareils à la dicte chambre, desquelz les deux sont granset les quatre, antres petiz et dixtapiz parmy la couverture du lit et de la couche et parmy le bancquier taiz de haut te lice, sans or. (D. de B., 4258. Voyez les numéros suivants.)
— Une chambre pour bateau, garnye de ciel, dossier, trois courtines et. ung dosseret tout pareille de drap de Damas blanc, vermeil et blanc. (D. de B., 4265.)
CHANDELLE DE BUEF. Il n’y avait, en 1260, à Paris qu’une corporation de chandeliers , et elle semble n’avoir fait que des chandelles de suif; ses ouvriers allaient chez les particuliers utiliser les restes de graisse et en faisaient des chandelles à domicile. Les chandelles de bougie étaient réservées au service de l’église, et pendant tout le moyen âge on appliqua le mot chandelle imlifféîemment au suif et à la cire; mais au xv® siècle, on fit la distinction, qui s’est maintenue, de chandelles pour le suif , bougie pour la cire, cierge pour l’église. On s’aperçoit de ces nuances dans les variantes de locutions à propos de la chândoille d’Arras , si célèbre sous ce nom au moyen âge , et qui devient, en 1581, dans une inscription gravée sur les boiseries de l’église, le chierge miraculeux d’Arras. Quant à l’usage des chandelles ae suif, il reste général jusques assez avant dans le xvit® siècle, depuis lors elles furent
f>roscrites par les riches , mais elles n’ont cédé le pas aue devant a bougie stéarique , qui n’est plus de la cire. Les habitudes du moyen Age ont permis de faire briller les vêtements d’or surchargés de pierreries à la lueur tremblotante d’une lumière infecte, la
dévotion réservait à l’église les cierges de cire blanche sur lesquels les peintres du plus grand talent peignaient des allusions pieuses et (les devises. Ce genre de décoration s’est conservé en Italie.
(A) . 1260. Quicnnqnps vent estre chandeliers de soif à Paris, estre. le puet. (Liv.
des Mestiers, d’Et. Boileau.) Sus ne puet ouvrer à chandoile. (Idem.)
(B) 1280. Quant la chandoile estait esprisc
Devant la virge débonère. (Rutebeuf.)
(C) 1300. Changer cire pour sui. (Fabliaux.)
(D) 1316. Pour dix livres de chandelle de buef à vcillier de nuit. (C. roy.)
(E) — Pour chandelle de cire et de suif.
(F) 1345. Mais anssl comme les estoiles
Radient plus eler que ohandoilles. (Guil. de Macbanlt.)
(G) 1360. Inventaire du dnc d’Anjou. ChandoiUe de bougie, n° 746.
(H) I3S2. A Jehan Noble, espicier et varlet de chambre du Rov, pour faire
v cierges pour le Roy et nos seigneurs de Berry — xxxvi *. iiij dcn. A Colàrt de Laon, paintre, pour iceulx paindre aux armes desdiz seigneurs et y mettre plusieurs devises, lxiiij s. p. (Comptes royaux.)
(J) — A Gillet Dannyan, paintre, pour xxx escussons des armes de France , achetez de lui a armoier les cierges, ce jour illee, argent— xvis. pariais. (J) 1387. Pour viij livres de cire blanche pour faire les cierges du Roy — ' J xl s. p. (Comptes royaux.)
(jn A Girart (d’Orléans) le paintre, ponrpaindreet armoier lesdiz cierges ’ ' aux armes et devises (lu Roy et de nosdiz seigneurs — iiij liv. p.
(L1 1388 A Jehan de Richebonrt, rhanderonnier, pour un long coffre de boys, ' ferré par dedens, tout au long et par dehors , à un large huisset de.
laitton, à petits tronx pour mettre un cierge ardaut de nuit en la chambre de madame Jelianne de. France ( la 611e nouvellement née de la Reine ) pour oe — lxiiij s. p. (Comptes royaux.)
(M) 1395- Pour chandaillcs de cire à ebierrer les pingnons (de deux étendarts, D. de B. n° 57.)
6. Pour chandelle de sieuf, pour allumer aux lamliroisseures qui ouvroient en la chambre de ladite Dame ( la Royne ) au bois de V incenues, ij s. viij den. (Comptes roy. Hôtel de la Royne.)
2. La livre de chandelles, qui soloit couster xij deniers, cousta iiij s.
~ij deniers. (Lettre de la duchesse de Bourgogne à son fils. — Archives do Dijon, cité par M. Gachard.)
4. Pour xvi livres de bougie — pour lui et madame la duchesse , sa compaigne , pour dire leurs heures. (D. de B. 1164.)
I . Pour xxxvi petits blasons en papier des armes des chevaliers de l’ordre, tant vifs, mors, mis et atacuietsà leurs chandelles de cire. (Ducs de Bourgogne, n» 1462. )
â. Fanlt chacun an environ sept vingt et dix ou xij livres de cire, car il v a une cierge qui art jour et muet devant les same.tes reliques ou millieujln cueur d’iceUe saincte chappelle. Manuscrit de Jean Morti».)
3 A Jehan Guérin — en faveur de ce qu’il a apporté à Madame, des "chandelles de bougye que envoyoit à ladicte daine le Conte de Beauvais. (Ducs de Bourgoguc, n» 7064.)
CHANDELIERS. C’est une des particularités du culte catholimie (tue son goût et sa libéralité pour l’éclairage artificiel. Toute cérémonie notable se faisait à très-grand luminaire. Le fait de ce lu*e noussé jusqu’à la profusion, une fois accepté, le travail cnn-
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sisterait à établir des distinctions claires et précisés entre les lampes et les chandeliers, entre toutes sortes de noms désignant évidemment plusieurs sortes de lampes et de chandeliers, mais 1 espace me
manquerait ici, et ce n’est d'ailleurs pas le lien; qu’il suffise de dire que l’huile pour les lampes et la cire pour les cierges furent exclusivement adoptées, que des chandeliers, d’une formé particulière, étaient placés sur l’autel, toujours au moins au nombre de deux, et, par la suite, au nombre de six, le septième ne trouvant pas sa place dans une disposition régulière. 11 y eut des chandeliers à pointes et à bobèches, les premiers tantùtàbase plate, ainsi qu'il en est parvenu jusqu’à nous en si grand nombre, tantôt à pied et dans mie glande variété de Tonnes. Les extraits de mes lectures valent mieux qu’un commentaire. Je leur cède le pas.
(A) 1240*. Quand se velt al, T concilier.
Le cliandelabre fout drécier
Quil font jusqu’à son lit venir. (Tarthonopeus de Blois.) CB) — Le roy s’en alla vers le tref et tant fist qu’il vint à l’entrée et apperceut que au milieu avo.t un graut chandelier, garni de plusieureehabdelies amans. (Perceforest.)
(C) <310. Pour chandeliers de fust. (Obsèques du roi Jean. Comptes roy )
(11) 1328. IV chan ielliers d'argent à mettre à table, pesant ensemble xi marcs valent ilvuj lib. xix s. (Invent, de la royne Clémence.) ’
(E) 1300. Invent, du duc d’Anjou. 1, 28, 2S0, 743 à 747.
(F) 1372. Deux chandeliers bas, d'argent doré, esmaillez des armes de Francp
pesant n marcs, nj onces, prisé xx francs d'or. (Compte du test de Jeanne dEvreux.) c
(G) 1380. Cn chandelier à trois broches, par manière de lys, pesant j marc
j once et demie d or (Invent. de Charles V.) 1 1 '
ra‘ — Six chandeliers d'or, à pointes, pesant xviij marcs, ij onces.
- Denx chandeliers, en manière de roxe , esmaifliez et dossés par les pommeaux de France, pesant xxi marcs d'or. 1
(Ht
pommeaux de * rance, pesant xxi marcs d’or.
— VI chandeliers d’argent, en manière, d’un olifant, portant un chastel logent' U1K tCraC<1 <'smaUliée de rert> pcsmit cuviron iiijsi ij marcs
— Deux petits chandeliers d’argent blanc, bassets, à broche, pour chanpelte, pesant uj marcs et demy. ^ 1
• - XII chandeliers d’argent blanc, en façon de platz, à pendre aux chanpelles aux bonnes festeset sont à chaînes, pesausenviron ix*a vi marcs - Deux petitz chandeliers, à broche d’argent blanc, et sont les pans ’ six pâtes, pesant nj marcs, iij onces. **
— Du chandelier d’argent blanc, en manière d’esconse, à deux escus au dos, tailliez des amies de France, pesant vii marcs, une once
- Un petit chandelier d’argent blanc et a, on tuyau, une oreille, pour mettre chandelle , pesant vq onces. , pour
(P) 1416. Un petit chandelier d’argent doré, qui fn de feu 1TS. d’Estamnes pour servira la cage d’un pappegail. (invent. du duc de Berry ) ‘ ’
(R) 1420. Denx chandeliers nuefs, d’argent, - desquels les bacins se mettent et
estent a yiz et antre viz qui font bouteille dessoubz, pour mettre ™ lun du vin et en l’autre de 1W, quant on chevauche, pour dire' 1rs messes et se mettent les diz baems dedans les piez qui ont double fous
gÔgue toei r IK)rU‘,1S> I>eSi,DS IÏJ marcs’ 4 <««■ (Ducs de Bour-
(S) UM- iB chandel,e * 4 ,ire sur nn uvre-
(T) 1 49s*Troys chandeliers, dont l’un est à cuvectc et denx à boubesche, pe-
Se'dTÉtfaS Sil d’arSCDt- (InVCm°ire de 13 r“-' ne
U) iuOO.Deux cbandellicrs à la romaine, d’argent tout blanc, pesant ensemble
cinq marcs, sept onces, — xxxvij escus, xij s. (Invent, de Gabrielle d’Estrées.)
(Y) 1599. Beux chandelliers en pointe.
CHANDELIERS* PENDANTS. Lustres. Les églises d’Aix-la- Chapelle, d’Hildesheim, etc., etc., ont de ces lustres du xiu« siècle, que leur grande simplicité, leurs plaques gravées et leurs dimensions rendent très-intéressants. Ils s'étoffèrent plus tard, mais ils perdirent alors une bonne part de leur élégance.
(A) 1365. Item pour trente petits chandeliers pour la dite volte. (Librairie dans
la tour du Louvre.)
(B) — Item pour une poulie de cuivre qui sert pour une lampe' d?argent en
la dite volte. (Comptes des bâtiments royaux.)
(C) 1468. Fist encore, le dit maistre Jehan Scalkin, deux grans chandeliers pen-
dans en la dicte grant salle, fais à cul de lampe et en icelui cul de lamppe avoit vij (les plus grans miroirs qu'on troeuve, ayant chacun viij branches estoffées de feullages pour, au bout de chacune branche, mettre ung llambeau de cirre ardant. (B. de B., 4438.)
(P) 1493. Beux grans chandelliers pendans pour servir en salle, faietz à croisée, avecques les chaynes, — pesans ensemble cinquante-cinq marcs, une once. (Invent, de la Royne Anne de Bretagne.)
CHANFRAIX. C’est la partie de l’armure du cheval qui couvrait sa tète sans se rattacher au frein. Le luxe en avait fait un objet d’art et un travail d’orfèvrerie. Monstrelet nous dit que le chanfrein du cheval que montait le comte de Saint-Pol, en 1449, était prisé trente mille écus. Le comte de Foix , à son entrée dans Bayonne, .en 1451, avait orné la tète de son cheval d'un chanfrein u’acier garni d’or et de pierres précieuses, estimé quinze mille écus.
(A) 1383. Charles, — savoir vous faisons que pour les bons et agréables services
que nous a faiz en la bataille, que nous avons naguières eu à Rosebetb, nostre amé et féal chevalier et chambellan le Baudrain de la Heusel quel fu ordonné pour la garde de nostre corps à la dicte journée et pour tenir le frain de nostre cheval, — avons donné. — (Cabinet généalogiqne, B. de B., IV.)
(B) 1467, Ung chanfrain de cheval sur velours noir, fait à deux CC, de fil d'or
de brodum, garny de huit grans tables de balays et d’un gros cabochon de balay et cent et douze perles branlans, pesans de sept à quatre karas, que grandes que petites. (B. de B., 3000.)
CHANTEPLEURE. Arrosoir, et dans l'origine un robinet quelconque qui laisse écouler l'eau peu à peu. Villars de Honnecourt a donné, dans son livre de croquis, le dessin d'une coupe évasée daus laquelle s’élève une tour qui soutient un oiseau. Par un mécanisme dans le genre du syphon, cet oiseau rejetait par son bec l’eau de la coupe. Ou sait que la duchesse d’Orléans, daus sa douleur de veuve, prit pour devise une chantepleure.
(A) 1180. Or puis avoir nom chante plore
Qui de déni chante et de tristor. (Flore et Blanche flore.)
(B) l245.Vesci une cantepleure con puet faire en j hanap. (Villars de Honne-
court.)
(C 1380. Une chantepleure d’argent verré, esmaillé par la çanse et a, au bout dessus, un esmail (les armes d'Auffemont, pesant vj marcs, iij onces et demie. (Invent, de Charles V.)
(B) 1455. Tour avoir faict une chantepleure d’or, à la devise de ma dicte dam»* (la duchesse d’Orléans), par elle donnée à MS. Alof de Clèves, sou frère, pour porter line plnrne sur son chappeau. (B. de B., 6732.)
CHAPELLE PORTATIVE. Tout l’ameublement d’un autel, y compris les vêtements du prêtre. Je renvoie aux articles Autel ; portatif , Chandeliers, Bénitier, Paix, etc.
CHAPPEL et Chapelet. Couronne, quelle soit cercle simple, couronne fermée et ouverte, couronne d'or ou de roses. C’est aussi l’étoffe qui fait le bonnet dans la couronne fermée , c’est enfin le chapeau. Le bandeau , cercle d’or enrichi de perles et de pierreries, fut le premier diadème , la première couronne des empereurs romains, des empereurs grecs du Bas-Empire et des rois francs; le cercle radié fut aussi en usage aux mêmes époques, mais exceptionnellement. La couronne-bonnet fut introduite par Constantin. Modifiée avec le temps, elle conserva toujours de sa première origine la forme du bonnet, soit pointu comme une tiare , soit écrasé comme les mortieTS des présidents. La couronne fermée, qui aurait dù être réservée aux empereurs, fut portée par les rois d’Angleterre, depuis le couronnement de Heuri IV, en 1399, et en France depuis Louis XII. Le chappel, garniture intérieure de la couronne, appelé aussi Aumuce, semble on avoir été indépendant, car ou le coiffait d’abord et on mettait la couronne par-dessus. Autant les couronnes, attributs de la dignité , étaient réservées avec soin aux empereurs , rois , ducs, comtes, barons, etc., qui successivement obtinrent ou s’arrogèrent le droit de les porter, autant les couronnes de fleurs furent d’usage général, pendant le moyen âge, pour coiffures d’hommes et de femmes. Les tresser avec art était une occupation favorite des nobles dames dans les qfeâteaux, sur les belles pelouses, au milieu des chevaliers , des jofpeurs et des ménestrels qui en prennent sujet des plus galantes "descriptions ; aussi, les ehappelliers de fleurs formaient-ils des corps de métier dans chaque ville; A Paris, cette corporation était riche et puissante. Le chappel de triomphe était une couronne servant, dans les décorations , d’encadrement à un écu , à mie devise. Bien différent du chappel de fleurs , le cliappel de fer était un casque , une armure de guerre. Enfin, le chappel était la coiffure des hommes ; d’abord très-riche, orné d’un enseigne et quelquefois surchargé d’or et de pierreries, mais se simplifiant peu à peu jusqu’à former, en fin de compte, le ridicule chapeau que nous portons. Je n’entrerai pas dans plus de détails. La vingt-quatrième dissertation de Du Gange sur les couronnes est insuffisante; mais, pour la refaire, il faut consulter les miniatures et les monuments, il, faut surtout en reproduire bon nombre. J’y reviendrai, avec ce raifort de preuves, lorsque je pourrai m’assister de la gravure.
(A) 1260. Nul chapelier de fleurs ne peut, ne ne doit cueillir ou faire cueillir au
jour de dùncnche en fies conrtils milles herbes , milles fleurs à chappeauli faire. (Statuts des métiers.)
(B) 1280*. Léans point porter chappel ne gimples. (Hist. des trois Maries.)
(C) 1300*. Chapel flfi, sans cercle
De la fleur qui blanchoie. (Fabliaux.)
(D) — De vers jons faisions capiaux. (Idem.)
(E) — Chapel d’espine. (Idem.)
(F) — IDoit estre le Duc enchapellé d’un très riche chappel d’or et de pier-
res précieuses. (La Salaue.)
(G) — Mais capeaus de roses avoient.
En lor chiés mis, et d’aiglentier,
For le plus doucement flairier. (Lai du trot.)
(H) 1302. Il alla vers les Sarrazins sa curasse vestue, son chappel de fer sur la
teste et son espée sous l’esselle. (Joinville.)
(I) 1320*. Un pigne aiez toudis a l’aventure
Et chapelet pour le vent. (Fabliaux.)
(K) 1322. Stephano de Atrio, esmaillyatori, pro qninque capuciis broudatis cum
pellis de opère Anglie pro regina et de mandato suo — jjc xv liv. (Comptes du trésor.)
(L) 1325. Je n’ai cure de nnl esmay ,
Je vue il cueillir la rose en inay,
Et porter cbappeaux de fleurettes,
, De fleurs d’amours et de violettes.
(Mét. d’Ovide, par J. de Yitry.)
(M) 1345. S’ot un chappelet de rosettes,
De muguet et de violettes,
Par comtise mis en son chief. (Guil. de Machault.)
(N) 1351. Perles rondes, baillées à Guillaume de Vandetar, pour mettre en
l’aumuce qui soutient la couronne du roy, à la feste de l’Estoille. (Comptes roy.)
(O) i — Pour un chappel de bièvre, fourré d’annines, couvert pardessus d’un
rosier, dont la tige estoit gnippée d’or de Chippre et les feuilles d’or sondi , ouvré par dessus d or ae Chippre, de grosses perles de compte et par les costez avoit ij grandes quintefeuilles d’or sondi , semées de grosses perles, de greuas et de pièces esmaillées, et. par dessus le chappel en haut, avoit un dauphin fait d’or nné près du vif, tournant à vis sur un tuyau d’argent, lequel chappel Monseigneur le Dauphin commanda à l’argentier et en chargea faire tel et d’icelle devise, pour donner à maistre Jean, fol du Roy. (Comptes roy. ap. Du Cange.)
(P) 4352. Kathdlot la chapellière , pour un chapel de bièvre à parer, ouvré sur
uu ftjjvelluiaa vermeil de grainne, ouquel chapel avoit enfans fais d’orflué près du vif, qui abatoient glans de chesue dont les tiges estaient de grosses perles de compte et, par dessoubz les chesnes , avoit pors, sengiier, fats d’or nué près du vit, qui mangeoient les glans que lesdiz enfans abatoient et par dessus les chesnes avoit oiseaux de plusieurs et estranges manières, faiz d’or nné près du vif, le niiez que l’en povoit et la terrasse par dessoubz les pors , faicte et ouvrée de fleurettes d’or à un point de perles et de plusieurs petites bestellettes semées paraiy la dicte terrasse. Lequel chapel estoit cointi par dessus de grans quintes feuilles d’or soude, treillie d’or de Chippre par dessus et dessoubz et semé, parmy de grosses perles de compte, de pièces d’esmaux de plicte et de guergnas, garni , avec tout ce, de gros boutons de perles dessus et dessoubz et d’un bon laz de soye. (Comptes royaux.)
(0) 1360. Invent, du duc d’Anjou, 17, 330, 560. Chapel de feutre, 208 , 300, 518.
(R) 1363. Une aiguière d’or longue , enchapellée en v lieux de chapeaux, et y
faut plusieurs perles. (Invent, du duc de Normandie.)
(S) 1364. Charles — nous vous mandons — un bon grant chapel d’or, garny à
gros balaiz, à grosses esmeraudes et à grosses pelles pour donner à ma très chière et amée seur. (Mandement. Ducs ae Bourgogne , t. IY.)
(T) 1380. Une couronne à bacinet, à x gros saphirs, xv ballays , esmeraudes et
perles d’Bscosse pesant deux marcs dur.
(ü) — Une couronne à v gros saphirs, v ballays , rubis d’Alexandre, esmeraudes, perles d’Orîent ou chappel.
(V) — Un chappel à. iiii grandes esmeraudes, xlviij grosses perles , xl ballesseaux en vüi trocheset iiij petites esmeraudes pesant un marc, viij onces, w — Un ehappiau à iiij grands esmeraudes et xx plus menues— duquel chappel ont esté osté, etc, etc.
(Y) — Une coeffe garnie de grosses perles, de saphirs et de doublaiz vermeulz et Yndes et a , ou frontier, xij troches de perles.
(Z) 1380. Le chapelet de fleurs que le connestable avoit sur la teste en servant à la table Au roy. (Boutillier, Somme Rurale.)
(AA)1387. A Denisothomo, chaupellier, pour la garnison de deux chappeaulx de paille, lesquels ont este fourrés aie cendaltiersain, en graine et frangés ae franges de fin or de Ghippre — vj liv. vij s. p. (Comptes royaux.)
(BB) 1300. Pour avoir rappareillié et mis à point le chappel d’or delà Royne que lui donna pieca la Royne Blanche, duquel il a reffait les charnières, lxiiij s. p. (Idem.)
(CC) 1399. La couronne S. Edouard, qu’on mettoit sur la teste des Roys d'Angleterre à leur sacre ou couronnement, estoit archée en croix. (Froissart.)
(BD) — Jeunes pucelles très richement parées en chapelets d’or.
(EE) 1399. Un petit chapeau d’or, où a vingt six œuvres, en façon de marguerites, garny de six balais , sept saphirs et treize perles et le gaigna le Roy à fortjouster unes jonstes faietes à S. Paul l’an 90, pesant sept onces, quinze e6terlins. (Inventaire de Charles VI.)
(FF) 1407. Entour (le) Chastellet vendoit on sel, fruit et herbes et aussi y faisoit ou, tout l’an, chappeanx’de diverses fleurs et verdeurs. (Guillebert de Metz. Voyage à Paris.)
(GG) — Longue et grant chose seroit de raconter des biens que on y véoit, (à Paiis), mesmement quant si pou de chose, comme estoit rimposicion des chappeanx de roses et du cresson , valoit an roy dix mil frans l’an. (Idem.)
Vu il) 1410. Un chappean d’or pour servir à couronne, de huit'grans envres, — (D. de B. no 6198.)
(II) 1453. Viconte de Rouen, baillez et délivrez à Guillaume le Gantier, chappellier, la somme de 400 liv. 10 s. t. pour le nombre et quantité de 60 chappeanx de roses vermeilles et les trousseaux à moy baillez et livrez durant la saison des Roys — le xxii juillet. (Mandement royal et la quittance. I). de B. tome V.)
(JJ) 1461. Haa ! Comte de Dampmartin (disait Charles VII), vous perdez en moy la plus belle rose de vostre chappeau; après ma mort vous aurés bien affaire. (Chroniqne Martiniennc./
(RK) — Le Bue de Bourgongne lui assist en teste son bonnet et puis print la couronne précieuse et riche et levant en haolt à deux mains alfin
3ue tout chascun la veist, la sonstint ung peu longuement an dessus e la teste du roy, et puis après che faict luy assit bien doulchement au cliief, criant à haulte voix : Vive le Roy. (G. Chastellain.)
(LL) 1514. A Loys Deuzan et Pierre Mangot, orfèvres du Roy, — pour faire le travers de dessus de la couronne, d’or entiers, en façon d'empire et garni de fils tors, de crestes et feux, que pour une grant fleur de liz double et ung fleuron. (Comptes dos obsèques de Louis XII.)
(MM) 1531. Une tocque de velours noir sur laquelle estoit le chappeau de Conte qui estoit faict de grosses perles onentalles. (Obsèques de Louis de Brézé.)
(NN) 1570. Les armoiries du Roy — dedans ung grand chappeau de triumphe qui sera au milieu de laditte porte. Lesquelles armoyries seront de sculpture. (Entrée de Charles IX.)
(OO) 1575. Payé à Guillaume Martinet, jardinier, pour les chappeaulx de roses et fleurs qu'il a convenu avoyr pour les processions du jour et octaves du sacrement, tant pour mectre sur le Corpus Domini que pour les gens d’église, portant ledit C. D. (St. Maclou, Àrch. de la Seme-Inf.)
(PP) 1603. Deux parementz de satin blanc à mectre devant des Nostres Dames, ayant de petitz chapeaux d’espines, au poinct de soye rouge et yerd , brodez, estimés douze livres. (Invent, de la Royne Louise douairière.)
(QO) 1606. Chaperon. C’étoit l’atour et habillement de teste d»*s femmes de Frauce, que les damoiselles portent de velours, à queue pendant, touret levé et oreillettes atonrnées de dorures autrement appcllé coquille. (Dict. de Nicot.) #
CHAR branlant. Voiture suspendue sur des courroies et qui dut être légère, au moins en comparaison avec les chars, chariots et charrettes, d'un usage général au moyen âge , d’un usage si général même, que les lois somptuaires du xm® siècle les interdirent aux classes moyennes. Cette charrette suspendue ( les miniatures prouvent que ce n'était pas autre chose ), faisait partie de l’attirail et du cortège d’une reine, d’une princesse, et de tonte femme de distinction , mais néanmoins la haquenée fut jusques assez avant dans le xvi® siècle la monture à la mode, la manière de voyager de celles qui préféraient l’élégance à leurs aises. Le mauvais état des routes avait rendu le perfectionnement des chariots nécessaire , mais il empêchait d’en sentir tout l’avantage. On se rend mieux compte de ces usages en Orient où les mêmes causes les ont maintenus. L’expression de char branlant s’est conservée jusqu’au milieu du xvn® siècle.
(A) 1398.lPonr la façon d’un cbar braillant qui doit se faire pour Madame la
duchesse d'Orléans. A Girart de Beaumetean , peintre, pour paindre de vert clair le dit char. (Ducs de Bourgogne, n° 5690.)
(B) 1425. Le vendredy après midi la reyne entra à Paris à grandes pompes»
tant de litières, chariots branlans couverts de draps d’or, et nacquem nées, que d’autres divers paremens. (Jnvenal des Ursins.)
(G) 1457. Et avoient amené un chariot branlant moult somptueux et moultriche. (Monstrelet.)
(D) 1461. Charles VII fut porté dans un char de Cuir bouilli qui étoit un cha-
riot branlant. (Math.de Concy.)
(E) 1498. Deux couvertures, pour deux chariotz branslans, qui sont de veloux
cramoisy. (Invent, ae la royne Anne de Bretagne.)
\F) — Une couverture à chariot branlant , de veloux cramoisy, semée de cordelières et de lettres de K et A de drap d’or raz et plat.
(G) 1608. Ung aultre grand char branslant suivoit. (Satire contre Don Pèdre.)
CHARIOT. La carrosserie est retranchée de ce répertoire, mais il n’est pas inutile de faire remarquer ici que les chars et chariots, qui n’étaient que des charrettes, rentraient dans les attiibutions du peintre de la cour, chargé de les peindre, de les dorer et de les embellir de devises, de chiffres et d’arabesques. On sait comment ce luxe s’est continué, jusqu’à la fin du xvm® siècle, sur les voitures et sur les chaises à porteur. Je ne ferai qu’une citation.
(A) 1421. A Hue de Boulogne, varlet de chambre et paintre de MDS. (le duc de Bourgogne ) la somme de xxxi livres six sols trois deniers tournois (pour achat de couleurs). Lesquelles estoffes ont esté mises et emploiées à paindre un charriotpour mesdamoiselles Anne et Agnès de Bourgongne, seurs de MS., les coffres appartenant audit chariot , ensemble les colliers et selles des chevaux, tout paint de vert de macignot fait à huille et semé par dessus de lettres de fin or et d’argent. (Ducs de Bourgogne, 619.)
CHERSIÈRE Charnière.
(A) 1376. Item «ns tableaux d’argent doré, fermans à chemières, où il y a plusieurs reliqnes, aorné de menues pierrerie et de pelles. (Invent, de la Sainte Chapelle.)
crasse et Casse. l)e Capsa, la boite dans laquelle on renferme quelque chose, et plus particulièrement la boite qui contient des reliques. Les corps saints étant des reliques, le cercueil étant une boite ornée , on pourrait citer nombre de textes où tous ces termes sont confondus. Les citations suivantes suffiront.
(A) I 140. Li casse où li saintuaire ert, rendi si grant odor, que il sembla à loue que Paradis fui ouvers. (Le Roman de Turpin )
B) 1426. A maistre Jacques de Hongrie, scolastique de Treguer, pour emploier à parfaire de couvrir d’argent la tombe de Monsieur saint Yves — CC marcs d’argent. (Chambre des Comptes de Nantes.)
(C) 1433. Pour l'ouvrage et facaon d’une chasse et flerte d’argent , verce et on-
vrée à ymages de appoustres, à pinnacles et tabernacles pour mettre les reliques de Monsieur St Mallou, pesant ali marcs, laquelle chasse le duc (de Bretagne) donna à l’église cathédrale de St Mallou, et fut conduite — par l’Orfeuvre Pierre de la Haye. (Idem.)
(D) 1442. A Gillet Barbe pour ccctvi liv. de plom à faire la châsse pour le corps
de MS. le duc ( de Bretagne. ) (Idem).
CHASSOtlÈRE. Fouet, de Chacea, on disait aussi Chasseure.
( Voyez Fouet.)
(A) 1374. Icellui petit jacobin férist ledist Régnault d’une chasseure , antrement dit fouet, (lettres de rémission.)
CHASTONS et Culets. Chaton , en grand usage dans l’orfévrerie du moyen dge, pour satisfaire aux changements fréquents que subissaient les pierreries, passant , suivant les caprices , de la couronne. aux souliers, de la ceinture aux vases de tables. Il y avait pour monter les pierres des chastons à crampons. (Voyez Bastes.)
(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 253.
(B) 1351. Pour l que rubis, que esmeraudes petites, bailliées audit Jehan le
Braitlier pour mettre en 50 chastons d’or; lesquieh chastons furent baillés audit Nicholas Waquier pour mettre en sollers de broudeure qu’il fist pour le Boy à la feste de l’Estoile. (Comptes royaux.)
(C) 1417. Balais yssusde douze chastons ou culez d’or. (Inv. du duc de Berry.)
(D) 1536. Trois petits châtions d’or à queue , où sont deux tables de dyamant
triangles et au troisième est une rosette de dyamant. (Inventaire de Charles Quint.)
(E) 1599. Trois diamants en table qui sont en trois ébattons de plomb, prisés
la pièce quarante esenz. (Invent, de Gabriel d’Estrées.)
CHAUDERON et aussi Chaudière, en diminutif Cauderette. 11 y en avait en argent pour la bouche du Roi , et pour mettre le potage, c’est dans ce cas l’équivalent de la soupière.
(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 753 à 763.
(B) . 1372. q chauderons d’argent blanc, à mettre potaige, d’une sorte, pesant
xix marcs, v onces et demyes, prisé eviij francs. (Compte du testament de la Royne.)
(C) 1397. Poüt avoir fait faire et forgier deui h aulx chauderons d’argent
blanc , à couvercle , pour servir à faire le potaige pour la bouche dn Roy NS. pesant ensemble Ij***, d’argent blanc. (Compt. royaux.) (B) 1401. Julien le Tellier, varletde chaudière, de nostre frère le dücd’Oi*' léans. (Lettres de rémission.)
(E) 1408. Aucun dudit mestier (de chauderonnerie) ne face cauderons, eau de"
rettes ou pos d’arain ae vielle estoffe sans refondre. (Stat. Ordonn. des Rois.)
(F) 1420. Ung grant chanderon d’arain, appellé Belle bouebe, tenant environ
six seaux. (Ducs de Bourgogne, 6280.)
(G) 1580. Un petit cbaulderon d’argent, à troys pieds, pour se pousser. (Invenf.
de Marie Stuart.)
CHAUFFETTE et Chatrfouère, Chaufferette. Vases de métal-fermés, à biberons et à anses , dans lesquels cm mettait de 1 eau chaude soit pour tenir les pieds chauds , soit pour faire 1 offlee de
dos boules à chauffer les plats sur table. (Voy. Escau faite et Bacins.)
(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 99, 100, 457, 477, 478, 594, 595, 681.
(B) 1363. Un bacin d’argent blanc, à la chauffette de meismes et poisefle bacin
xiij mars, ij onces et la chauffette v marcs, v onces. (Inventaire du duc de Normandie.)
(C) 1390. A Guillaume Arode, orfèvre, demourant à Paris, pour avoir rappa-
rcillié et mis à point le bacin et la chaufferette d’argent blanc desert de l’eau de l’hostel du Roy NS. C’est assavoir : ressoudé ledit bacin
{>ar le fons et par les bors tout autour et de la dicte chaufferette l’ance, e clichet et le couvescle , yceuli burnis et redréciez — liij s. p. (Comptes royaux.)
(D) 1391. A Guillaume Ti re verge , bouteillier . pour un estuy pour mettre et porter le bacin à laver les mains duait Seigneur, pour ce, xxiiij s. p.
(E) — A lui pour un antre estny — pour mettre et porter la chaufferte du dit bacin, pour ce — xij s. p.
(F) 1399. Un bassin d’argent doré , à laver, armayé des armes de. la royne de Bourbon pesant quatre marcs six onces. (Invent. de Charles VI.)
— Une chauffete de mesme, à trois fleurs de lys hachées sur le couvescle» pesant trois marcs cinq onces.
(G) 1455. Pour avoir resouldé les deux chaufferetes de Monseigneur et de. Madame (le duc et la duchesse d’Orléans). (Ducs de Bourg., n° 673S.)
(H) 1520. Ung eschauffoir d’argent à eaue. (Invent, de Marguer. d’Autriche.)
— Ung reschauffoir à feu.
CHAUSSEPIED, traineau et traynel. Une corne ou un morceau de peau destinés à faire entrer le pied dans une chaussure.
(A) 1440. Chauncepe, or schoynge horne, parcopollex. (Prompt, parvul.)
(B) 1430*. Parcopolex , traymel pour ayder à chausser soûlez. (Gloss, lat. gall., apud Du Cange.)
(C) 1484. De ma langue sera fait un traineau,
Qui pour chausser ses pantoufles sera.
(Testament de la mulle Barbeau. H. Baude.)
(D) 1588*. Je yoyois — avec une certaine peau, faire entrer justement la chaussure jusques an lieu où elle devoit aller. (LTsle des Hermaphrodites.)
C RAl'SSKS SEMELÉES. Je suis obligé d’introduire dans ce répertoire un terme qui est pris dans la catégorie des vêtements, mais les souliers et les jarretières brodées, qui entrent naturellement dans le cadre de mon travail , ne s’expliquent bien que par l’usage des chausses, et cet usage est généralement mal compris. Les chausses étaient un calecon; on les appelait haut de chausses quand elles n’atteignaient que le genou, la partie qui continuait s'appelait bas de chausses , le pied se nommait chauçon. Ce vêtement était commun aux hommes et aux femmes. Avec le temps le haut de chausse fut séparé et toujours d’une étoffe aussi bien que d’une couleur différente du bas de chausses. Quant à ce bas, il était d’abord sans pied, et rentrait dans un chauçon, puis il eut un pied et fut souvent semelé, de manière à servir" dans les appartements , et à entrer dans de fortes bottes pour sortir.
(A) ti60. Tit. LV. Des chanciers de Paris : Quiconques est chauciers à Paris, il pnet fère chances de soie et de toille sanz chaux et chauçons. (l’s des Métiers recueillis par le prévost.)
(B) 1389. A Jehan de Sanmur, cordonannier, — pour avoir semelé ix iii»« et iij paires de chausses, au pris de vi s. la paire. (Comptes royaux.)
(C) 1390. Pour v quarts d’escarlate vermeille de Brucelles preste, pour faire
ii paires de chausses sans poulaine, à chausser soubz souliers de broderie d’or pour le Roy NS. — vij 1. p. (Idem.)
(D) 1450*. Ghaulses noir de soy ove semeles de cuyr. (Ordre d’admission des
chevaliers du Bain; dans les traductions anglaises on lit: Sollers of black lether called ch assembles.)
(E) 1456. - Bonnets courts, chausses semellées
Taillées chés mon cordouennier
Pour porter durant ces gellées. (Fr. Villon, Test.)
(F) 1490. Un quartier et demj escarlate de Paris, couleur de Fleurance, et
quartier et demy de un drap tanné — pour faire deux haulx de chausses, my partiz desdites couleurs, dont run servira au bas de chausses cidessôs nommé — et l’autre à chausser avec brodequins. ( Compte cité par M. Douet d'Arcq.)
chauves-souris. Ce fut une mode d’orfèvrerie de décorer les plus belles pièces avec la silhouette de ces vilains oiseaux.
(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 140, 369.
(B) 1363. Deux pots dorez et esmaillez aux chauves soriz, pesent xxi marcs.
(Inventaire du duc de Normandie.)
cheminées. Elles étaient garnies de grands chenets, de pelles et de pincettes ; en hiver, on y élevait des monceaux de bûches , en été on les remplissait de feuillages.
(À) 1372. La cheminée estoit housséc comme en esté de fraillons ou de aucune chose vert. (Le Chev. de la Tour. Enseig. des femmes.)
(B) 1580. Par cas c’estoit en été, où l’on avoit mis des branches et feuilles dans la cheminée, ainsi qu’est la coustnme de France. (Brantôme.)
CHEMISES A LIVRES. Enveloppes et sacs dans lesquels on enfermait les livres pour préserver leurs riches reliures. On disait £-
aussi couverture et cnemisette. Le luxe aidant, ces chemises devinrent elles-mêmes très-riches (Voyez Couverture de livre à queue.)
(A) 1360. Pour cendal à doubler la couverture du Messel du Roy.
— Pour la façon de deux envelopes pour le Roy. (Comptes royaux.)
(B) 1463. Pour faire une chemisectes aux petites heures du Roy. (Comptes roy.)
(C) 1492. Ung petit messel, couvert de cuir rouge, garni d’une chemisette de
chevrotin rouge. (Inventaire de Nostre Dame.)
CH ESN E A MESURER. Je laisse l’extrait suivant s’expliquer de lui-mème.
(A) 1492. Pour avoir reffait une chesne d’argent à servir à mesurer le poisson.
(Comptes de la Royne.)
CHESNE DE DIAMANS. Ce que nous appelons une rivière de diamants. *
(A) 1599. Une chesne de diamans, contenant trente deux pièces, scavoir hnict chiffres du Roy et de madame la Duchesse, huict grandes pierres faites en enseigne, an milieu de chacune y a un diamant à seize noeuds aussy garnis de diamans et au milieu de chacun y a un diamant plus grand que les antres, — prisé douze mille escus. (inv. de G ah. d’Éstrées.)
chiennetz, et aussi Cheminés etQueminel. Chenets, presque toujours en fer, de grandes dimensions et ornés de figures souvent d’une très-belle ordonnance. Il s’en est conservé bon nombre. Je les citerai dans un autre travail, en en reproduis;! nt quelques-uns.
(A) 1365. Pour quatre paires de chenetz de fer pour les chambres de la Royne,
une paire pesant ix, xi, xviij livres, — gui font quatre cent cinquante cinqlivres de fer à xvj den. par. — xxvj liv. xiij s. iiij d. p. (Comptes des Bâtiments royaux.)
(B) 1384. Un landier on chienet et un greil de fer. (Lettres de rémission.)
(C) 1418. Pierre Laltbé print en la cheminée illec nn chiennet on chemine! tonl
ardant. (Lettres de rémission.)
(D) 1420. rne paire de rhiennetz de fer, qui estoient à Jargneau, pesant cha-
cnn i. livres de fer,— prisiez par Termite canonnier à la francs les deux.
(Ducs de Bourgogne, n» 6281 .)
chiffre. Je laisse de côté le monogramme du Christ, sur lequel on a assez écrit, et les monogrammes apposés au has de nos actes royaux; je veux parler uniquement des lettres enlacées, syra<bole d’un attachement mutuel. L'idée d’exprimer ainsi le sentiment de deux amants parait si naturelle, qu’elle semble vieille comme le monde, et personne n’aurait lu avec surprise que le démon vint tenter nos premiers pères pendant qu’ils gravaient leurs chiffres dans l’écorce de l’arbre de fa science. Il n’en est rien pourtant, le chiffre amoureux date tout au plus du nve siècle. Ni l’antiquité, ni le moyen âge n’ont eu l’usage de ces lettres enlacées formant un chiffré, qui nous servent à fixer l’âge et la provenance de bon nombre des élégants objets d’art de la fin du moyen âge et de la renaissance. Il y avait bien antérieurement des’ lettres isolées, associées, soit aux armoiries, soit aux devises, comme l’M des Clisson, qu’OÛvier de ce nom apposa avec son signet sur un acte daté du 21 juillet 1370, mais ces lettres, confidents trop discrets de vœut dévots ou galants, ne sont pas des chiffres. Quant à des doubles lettres, comme les mystérieuses SS du collier de livrée du due de Lancastre , adoptées par Henry IV d’Angleterre dès son accession au trône, ce n’est pas non plus le chiffre accouplé tel que nous l’entendons. Le chiffre de Henri II et de Diane de Poitiers , si connu des amateurs, dut la facilité avec laquelle il se produisit partout : i“ à ime passion dominante; 2° à la facilité des mœurs du temps; et 3“ pins que tout, à un équivoque. En effet, quand on étudie ce chiffre, on voit qu'il répond tout aussi bien à im H et un double C, qu’à un H et un double D. Au château d’Auet, au Louvre et partout où la maîtresse du roi pouvait contrôler la forme de ces chiffres, ils répondent à la dernière de ces interprétations, mais au loin, en province, à Dijon, par exemple, où l’on répand le chiffre royal dans les oraev ments d'une nouvelle galerie, on semble n’être plus au fait de ce , qui se passe à la cour, et on allonge si bien les extrémités des C, qu’il ne peut plus y avoir d’autre interprétation de ce chiffre que les noms de Henri et de Catherine. Avec les précédents, que Henri IV trouvait établi, avec le sans-gène de ses façons et la violence de sa passion, toute retenue fat mise de côté , on répéta plus de deux cents fois sur les façades des nouvelles galeries du Louvre le chiffre qu’il composa des initiales de son nom et de celui de sa maîtresse. Il le fit broder sur ses robes, sur son argenterie, sur ses propres habits; il le mit partout. Quelquefois il ajoutait à ce chiffre des S barrées qui , par un jeu d'esprit, exprimaient le nom de famille de la charmante Gabnelle, S, trait, c’est-à-dire Estrées.
(A) 1328. Un fermait en guise d'une M ou U a un ruby parmi et autre menue
perrerie, prisié xxx liv.
— lTn fermaillet en guise d’nn V et y a nn saint Jehan, prisié viÿ liv.
(Inventaire de la Hoyne Clémence.)
(B) 1360. Inventaire dn Dned'Anjou. Une L et nn P enlaciez l’nn dedens l’an-
tre, n» 267. L et M esmaiiUées Tune dedens l'autre, no 788.
(C) 1378. Monile anri, cmn S literà sculpta et amelita in eodem. (Testant ent de
John de Foxle.)
(D) 1380. Une ceinture d’or, en laquelle a iiijxx vj clom de deux façons, c'est
assavoir : en l’un, a une L et un J et un lys au milieu. (Inventaire de Charles Y.)
(E) 1395. Ung bon messel à l’usaige de Paris, — couvert d’une chemise de drap
de Damas blanc semé ne marguerites P etM. (Inventaire du duc de Bourgogne. Arch. de Dijon.)
(F) 1467. Deux CC d’or lassez ensemble .garnys de treze tables de dyamant ,
deux escussons et d'un rubis. (Ducs de Bourgogne, 2976.)
(G) 1485. Pour une saincture semée de lettres de MM esmaillée de rouge et blanc.
(Comptes royaux.)
(H) 1536. Une chappe de coeur de drap d’or, figuré de velonx blancq, les borts
brodés d*angèles, prophètes, fusils, toisons d’or et deux CC lâchiez et noez ensamble, doublée de satin bleu. (Inventaire de Charles-Quint.)
(I) 1599. Une robbe de toille d’argent, chamarrée partout de passement d’ar-
Sent clinquant , large d’un pouce , avec du passepoil de satin incarnaiu, contenant dix lez, le corps et les grands manches à l’espagnole , chamarées de mesme ladite ronbe. Lesdites manches doublées de satin incarnadin, et brodées en broderie d’argent, où sont les chiffres du Roy et de la dicte défunte dame , prisée sept cens escus. ( On trouve ensuite le manteau dont les manches sont à ta bollonnoise, et un autre manteau à manches en pointe à la piedmontoise.) (Invent, de Gabrielle d’Estrées.)
(J) — Une chesne de perles enfilées dans de l’or, avec des chiffres du Roy, esmaillée de gris, prisée cinq cens escus.
(K) — Une bouette de peinture , esmailliée de gris, sur laquelle y a des diamans où est le chiffre du Rov et à costéd'ieeluy quatre S (barrées) et anx quatre petites triangles de aiamans, prisée ciiij** escus.
CHOPINE. Il entrait deux pintes dans la quarte et deux ehopines dans la pinte , voilà pour la contenance ; quant à la forme , îe dessin pourrait seul en donner une idée, et cette ressource me manque ici.
(A) 1353. Une chopine toute esmailliée dedans'et dehors et y faut un biberon , pesant iij marcs, v onces. (Inventaire de l’argenterie du Roy.)
(B) 1380. Une grand chopine d’argent dorée et est le biberon d’une teste qui baille, et l’autre d'une femme et est le fruitelet d’une seraine pesant iy marcs , j once, viij esterlins. (Invent, de Charles Y.)
CHHYSOL1TE orientale. Cymophane. Pierre fine d’un jaune verdâtre, plus dure que les quartz, affectant la forme a’un prisme droit à quatre faces.
(A) 1372. Crissolite est une pierre de Ethiopie qui reluist comme or et estineelle comme feu et a la couleur de la mer qui décline à verdure. (Le propriétaire des choses.)
(B) 1600. La chrysolite a un verd qui la fait riche, autrefois c’estoit la plus prisée des pierreries. Quelques unes tirent au béril verd doré. (Et. Binet. Merveilles de la Nature.)
CHRYSOLITE COMMUNE. Chaux phosphatée. Pierre d’un jaune verdâtre , moins dure que le cristal de roche , cristallisant en prisme allongé, terminé par une pyramide à slx faces.
CHRYSOPRASE, Quartz agathe prase. Pierre fine , d’un vert pomme , moins dure que le cristal de roche , mais assez dure pour rayer le verre. Elles sortent, en de grandes dimensions, des montagnes de Kosemtttz en Silésie.
(A) 1372. Crisopace est une pierre d’Antioche. — Il est une aultre espèce de crisopace en Ynde oui est verde comme ung porret et par nuyt gontte dorées espanduez. (Le propriétaire des choses.)
CHYBOILLE, Ciboire. Employé aussi pour désigner le flacon • au chresme , voyez ce mot et l'article Ciboire.
(A) 1280. Ly donne cil communion
Et puis iy donne la sainte oille
Qn'dlec tenoit en sa cbyboille. (Hist. des trois Maries.)
(B) 1467. Une cybole de cristal, garnye d’or, et à l’entour de cinq balais, cinq
saphyrs et xxv perles, pesant vij m., ij O. (Ducs de Bonrg. , n* 2060.)
CIBOIRE. Ciborium. Le vase dans lequel on conserva les hosties consacrées, lorsqu’une nouvelle forme de la communion eut remplacé, au x» siècle, en Occident, l'usage du pain. Suspendus audessus de l’autel, au nec d’une colombe, ou bien prenant la forme même de la colombe qni semblait planer au-dessous de la crosse qui la retenait, les ciboires allèrent ensuite reposer sur nne table, près de l’autel, et, pour les mieux préserver, dans une niche. De là, avec le développement du luxe, ces meubles qui, sous le nom d’umbraculum,<l'armarium, de tabernaculum , devinrent si immenses, si riches par le fait de l’architecte, du sculpteur, du serrurier et du menuisier. Inutile de citer ces monuments, il y en avait partout aux xiv» et xv« siècles, et on en voit encore en pierre, en bois, en cuivre, en fer, dans plusieurs églises. Quand l’autel eut pris toute son importance , le tabernacle quitta le côté gauche du choeur, et se dressa au milieu même de l’autel. Chercher des dates précises pour ces déplacements ou ces transformations serait facile, s’il s'agissait seulement d’une église, d'une ville, voire même d’une province, mais une règle générale serait impossible à fixer, deux contrées , souvent voisines, différant, sous ce rapport, de près d’un siècle. Quant aux ciboires eux-mèmes. c’est-a-diTe aux calices épatés qu’on enfermait dans ces tabernacles, il s’en est conservé de très-anciens dans plusieurs trésors d’églises, un des plus curieux est décrit dans la première partie de cette notice n° 31. Les colombes, dont le plus grand nombre , parmi celles qui nous sont parvenues, est en enivre émaillé , se réfugièrent dans les tabernacles, ou bien, comme étant hors d’usage, dans les trésors des sacristies.
(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou. 8, 16, 24, 37, 62, 270, 272.
(B) 1363. Une conppe d’argent dorée à porter le corps nostre Seigneur. (Inven-
taire delà Sainte Chapelle.)
(C) 1461. A Jehan Lefèvre et Colin Tonroul, orfèvres, demourans à Rouen,
pour le nouvel vaissel à porter Dieu — xriiij liv. (S. Vincent du Rouen. Archives de la Seine-Inf.)
(D) 1467. Un g grand cyboire d’argent doré, sanB pié, ponr mettre deux corpns
Ilomini, garni de pierres autour et au dessus nng petitcrucifii. (Invent. du duc de Bourgogne, 2041.)
(E) 1346. Deux eyboires : ung de cristal garny d’argent doré, de perles, et
roses de'veraieilfes et l’autre de fonte bien doré. (Invent, des CéJeslins d’Esclymont.)
cimarre. J’ignore quelle était la forme de ce vase, sorte de pot faisant partie de la vaisselle des villes, et qui servait lorsqu’on taisait des présents de vin.
(A) 1420. Ij grans cimarres, à ances d'argent dorées, goderonnées, pesant en-
semble xliiij m. (Dites de Bourgogne, 4195.)
(B) 1511. A lui, la somme de sept sois quatre deniers tournois, pour vin de
présent baillé de par ladicte ville, en poti et cymarres d’icelle, à l’ambassade, de l’empereur, lorsqu’elle passa par ceste dicte ville, au temps de ce présent compte. (Comptes de la Ville de Dijon cité par Monteil.)
(C) 1511. Pour vin de présent , baillié de par la Tille, en pots et eymarres d’ycelle, aux joueurs de ceste dicte ville, lesqneulx dernièrement jouèrent certains miracles de Nostre Dame. (Idem.)
CIRE OUVRÉE. De tous temps, les orfèvres sculpteurs modelaient en cire leurs ébauches. Dès l’antiquité, à l’époque même où l'art avait toute la naïveté de l’imitation complète , on coula des statues en cire qui recevaient, dans leur fraîcheur, tout le velouté des couleurs naturelles. Au moyen âge ? la direction des idées reprit le même cours, et les ex-voto, ainsi que les effigies du mort, donnèrent un aliment continu à ces trompe-l'œil si goûtés. Cet art fut cultivé avec éclat, en Italie surtout, à l'époque de la renaissance, et je citerai, en aécrivant les monuments, les noms des peintres et sculpteurs fameux qui s’y sont appliqués.
(A) 1260 Li regTatier de pain pue en vendre tontes autres manières de denrées,
fors poisson de eaue douce et cire ouvrée. (Statuts des Mestiers.)
(B) 1455. Et de ce, mon Dieu, je t'en appelle à tesmoiog et aussi la benoiste
mère, à laquelle je le voue de cire, armé de son harnois, de son destrier et housse de ses armes, tout pesant trois mille livres. (Ant. de la Salle.)
(G) 1*58. A Jehan de Varsaignes, varlet de pied du duc ( de Bretagne) pour porter, à l’ahbaie de Bosquien, une jambe de cire pour le duc. (Chambre des comptes de Nantes.)
(D) 1466. Pour payer un vœu de cire, pesant 45 livres, de la représentation de
Madame Anne de France, sa fille, qu’il (le Rov) a fait offrir en juin devant l’Image ND. de Cléry. — 11 liv. 15 s. (Comptes royaux.)
(E) 1467. A Guillaume Quétier, marchand cirier à Tonrs, 23 livres, 17 s. 5 de-
niers, pour 80 livres ae cire, ouvrée en ven , pour offrir en mars , au nom de Madame l’Amiralle, pour sa santé , devant l’image Nostre Dame du Chastel de Loches, à 5 s. la livre, en œuvre. (Idem.)
(P) 1510. Maistre Anthoine de Just, ymagier, a eonfeasé avoir eu et receu — la somme de xlii liv. t. — pour avoir par luy fait une bische de cire que ledit Seigneur a ordonnée estre assise et mise au bout de la galiene duArand jardin du chaste&u de Bloys et icelle estoffee et peinte de couleurs necessaires. (Renaiss. des arts àlaCour deFrance, tome II.)
(G) 1564. Robert Gaguin récite en la vie de Louis le Hutin — f comment la * femme d’Enguerrant de Marigny ne pouvant le délivrer de prison , s’entendit avec deux sorciers pour faire mourir Charles de Valois). Pour à quoy parvenir ils feireut une effigie et image de cire par art magique, représantant le roy Charles, laquelle estoit faicte , ayant gestes d’un roy malade, de sorte <jne, si ceste entreprise n’eust esté uescouverte , ilz avoyent délibéré de le faire mourir phthysique et d’une mort lente; car comme ladicte effigie eust esté petit à petit consumée, estant approchée du feu, aussi la vie du Roy ( comme ilz pensoyent) fust terminée et défaillie. De nostre temps l’on a pareillement attenté contre la majesté du Roy François premier de ce, nom,
£ar une effigie faicte à sa semblance et qui le représentoit. (Jean de larcouville.)
CISEAUX et aussi Cizailles. Les inventaires de nos rois en énumèrent quelques-uns en or, mais en très-petit nombre. Il est probable que les ouvriers en avaient de tout aussi simples que ceux dont on use aujourd’hui. (Voyez Forces.)
{A) 1328. Hj paeres de ciseaux — x s. p. (Invent, de la royne Clémence.)
(B) 1352. Gaufridus Boutin pannicisor de cisellis suis, quibus pannos cindebat.
(Lettres de rémission.)
(C) 1380. Uns ciseaux d’or pesans une once, ix esterlins. (Inventaire de
Charles V. )
(D) 1399. Une petite criailles d’or, touttes plaines , pesant , à tous les annelez
une once d’or. (Tnvent. de Charles Vf.)
(E) — Deux cisailles d'argent , dorées, de la forge de Clermont, dont les
bouts des manches sont de deux CC et endroit le clou d’une couronne.
(F) 1599. Deux estuii d’or, à mettre ciseaux, garnis l’un tout de diamans et
l’antre de rubis et diamans , prisées trois cens escus. (Inventaire de Gabrielle d’Estrées.)
CLEF d’un robinet.
(A) 1360. Clef du biberon d’un petit singe. ( N» 429. Invent, du duc d’Anjou.) CLERVOISE , Clair-voyes.
(A) 1510. Une cotippe plate, d’argent doré, à tout son couvercle, dont le pyé est 1 faict à clervotses et lectres, pesant vi“. ij». ijs'. (Invent, du cardinal
d’Amboise, Georges I.)
CLICHE. Claie, peut-être une altération d'éclisse.
(A) 1360. Panier de cliché , n« 996 , en façon de claye. (Inventaire du duc d’Anjou.)
CLIQUETTE. Le Cliquetum , cliquet ou clinquet , était une cloche et, dans les couvents, la cloche du matin ; c’était aussi un instrument fort simple formé de deux bâtons réunis à une extrémité par une charnière, et avec lequel les ladres, ou lépreux, étaient obliges d’annoncer leur redoutable voisinage.
(A) 1245. L°rs s’atorna comme mesiel
, Dont commencha à cliketer. (Roman d'Eust. Le Moine.)
(B) 1530. Faisoyt son , tel que font ladres en Bretaigne avec leurs cliquettes.
1 (Pantagruel. Rabelais.)
CLOCHETTES. 11 y avait de véritables clochettes, qui étaient de sonnettes que Froissart appelle des clochettes sonnantes , et dont on se servait aux offices divins et dans les appartements ; puis il y avait des clochettes d’ornement qu’on portait sur ♦s vêtements, qui tantôt n’en avaient que la forme, tantôt aussi en faisaient éclater le son. Les clarains étaient aussi des clochettes (de clar, clas, dont nous avons conservé glas) qu’on pendait au col des animaux. Les sonnettes, mises en mouvement dans les maisons par des fils d’arclial sont d’invention toute moderne. La nombreuse domesticité qui depuis l’antiquité, s’était perpétuée jusqu’au xviii» siècle et s’est conservée en Espagne et en Orient, rendait moins nécessaire ce si simple perfectionnement.
(Al 1298. Uua campana manualis et unnm tintinabulnm ad elevationem corpo- ' ris Ghristi personandum. (Inventaire de Saint-Paul de Londres.)
(B) 1300*. Jay,beax clareins à mettre à vaches (Fabliaux.)
(C) 1328. Une sonnete d’argent, prisiée xlv s. p. (Inv. de la Royne Clémence.)
(D) 1360.1nventaire du Duc d’Anjou, 59.
(El t364.Maistre Jehan Bernard, charpentier, pour faire un petit clocher en la ' ' grand chapelle (du Louvre) à pendre la clochette à sonner la messe. (Comptes des bâtiments royaux.)
(F) !38Û.Avoit, sur le chef du dit Duc , un drap de soye, de couleur inde et ' 1 quatre clochettes d’or sonnantes et portoyent le dit ciel quatre bourgeois de Douvres. (Froissart.)
(G) 1380. Une clochette d’or dont le tenon est d’une fleur de lis et poise, à tout
v le batant, un marc, une ouce. (Inventaire de Charles V.)
(H) 1383.Gnillemin Chastellain a accoustumé mener un sien chien, an col du-
quel par esbatteraent il pandi une sonnette, ou elare, que ont acconstumé de porter vaches, brebis ou montons. (Lettres de rémission.)
(I) 1399. Une clochette d’or, hachiée à imaigei et est le tenon de déni angeloz
qui tiennent une fleur de lys couronnée pesant, à tout le batant d’or, un marc dix-sept esterlins. (C’est la clochette de la citation G, mais mieux décrite. Inventaire de Charles VI.)
(J) 1410. Une clochette d’argent alayé en mestail. (Ducs de Bourg., no 6205.) (K.) 1511. il ou x jonnes galants déguisés et bien en points, — tout chairgiés de
clochantes et de bixattes. (Philippe de Vigneulles.)
(L) 1586. Une clochette d’argent de sus la table de sa majesté. (Inventaire de Marie Stuart.)
CLOCHETTES DES TRÉPASSES. Dans la nuit qui précédait les grandes fêtes, particulièrement à la Toussaint et à Noël, un homme se promenait lugubrement par les rues de la Ville et s’arrêtait devant les maisons pour chanter d’une mesure traînante : « Réveillez-vous, gens qui dormez, — Priez Dieu pour les trépassez, — Pensez à mort, pensez à mort. » Cet homme , le clocheteur des trépassés, avertissait de son passage au moyen d’une clochette.
(A) 1582.Ceste clochette est faicte des biens de l’hotel Dieu, pou les habitans
de la ville de Pois et me fondit And rien Munier, i582. (Inscript, de la clochette de l’église de Toix dans la Somme.)
(B) 1586. Clocheteur, ou recommandeur des trépassez, pour recommander aux
prières des bonnes gens ceux qui sont déceaez la veille dont lui est baillé mémoire. (Ora. de l’écbevinage d’Amiens.)
CLOITX. Les ceintures et les harnais étaient ferrés de clous, c'est-à-dire traversés par des clous dont les tètes d’or on d’argent, émaillées, gravées ou ciselées, faisaient ornement d’un côté, tandis que la tige était rivée au côté opposé. Les Anglais appelaient ces clous des barres. Les inventaires et les comptes font mention de milliers de clous ornés de la devise du prince ou à la mode du jour. J’ai cru mutile de citer ces passages, dont quelques-uns se trouvent disséminés dans ce Répertoire. (Voyez aussi Bpulons.)
(A) 1430. Zonam barnizatam cum barris argenti rotundis. (Compte de la villë
de Bristol cité par M. A. AVay.) •
(B) 1440. Barre of a gyrdylle or other harneys. Stipa. (Prompt, parvulorum.)
COCHET. Petit coq. et aussi girouette. On le trouve mentionné dans les descriptions tle plusieurs joyaux. Dans l’inventaire du duc d’Anjou, un joyau était orné du coq ae la Fable.
(A) 1450. Tourne souvent
Ainsi que le coichet an vent. (Allain Chartier.)
(B) 1360. Plustost est tournée
Qu’un koquetau vent. (Froissart,parlantdelaFortune.)
(C) — Inventaire du Duc d’Anjou. 210.
CŒUR. Joyau d’orfèvrerie et ex-voto, allusion à l’amour et à la fidélité dans les entrées royales.
(A) 1432. Pour son sallaire d'avoir esté offrir (de la part de la Duchesse de.
Bourgogne) à l’église de Sainct-Esperit-iez-Rue deux cœurs d'or. (Ducs de Bourgogne, 4004.)
(B) 1464. Une josne fille et pncelle notablement vestue, assise dedens ung
chastel fait à ce propos, laquelle tenoit entre ses denx mains nng coer qui se ouvry à mire que le roy entra en ladite porte et dedans ledit coer y avoit une fleur de lis siguittiant la loyaulté de la Cité. (Entrée de Louis XI à Tourna v. Rég. de cuir noir.)
coffre. Le coffrier fournissait bahuts, coffres, malles, escrins, bouges, etc., etc., parce que le luxe nomade du roi, des seigneurs et de tout homme riche exigeait des enveloppes pour toutes choses. S’il s’agissait de donner, par des citations, une idée de ces transports incessants de toutes choses, il faudrait extraire de nos documents tout un volume, et je ne leur prendrai qu’un petit nombre de preuves. Les coffres de voyage devenaient, dès qu'on se fixait, des meubles pour s’asseoir, pour jouer, et ils remplaçaient nos armoires, en conservant , toutefois , cette vertu de mobilité bien précieuse dans l’état aventureux, guerroyant et souvent précaire du moyen âge. Tout l’avoir précieux entrait si complètement dans ces coffres, que les finances du roi etcelîes de l’État étaient synonymes de coffres, et cette manière de s’exprimer s’est conservée très-avant dans le xvu® siècle. Les grands coffres en contenaient de plus petits, et ces coffrets faits d’or, d’argent, de bois précieux, de cuivre doré et émaillé, furent une part élégante du luxe du moyen âge. Je me réfère à mes citations pour les destinations différentes de ces coffrets, les riches matières dont ils furent faits, et les travaux de gravure , peinture ou émaillure qui les ornaient.
(A) 1250*. Sor 1 coffre bendé de coivre
S’est apoié lez Oriant. (Roman de la Yiolette.)
(B) 1250*. Et la royne d’un sien coffre
Fist traire j pourpre que elle offre. (Roman de Perceval.)
(G) 1360. Promis avez, sur le mois de Février,
Que vous serez sa besongne ordonnans
Et le ferez sur les coffres payer. (Eust. Deschamps.)
(D) 1295. 1)ii æ coffræ magnæ eburaeæ, modo vacnæ. (Inventaire de S. Paul de
Londres.)
(E) — Capsula ebumea, in qua coutinentur multæ reliquiæ et depingitur
capsula ilia inultis ymaginibus.
{F) — Coffra uigra, continens multas rotellas aymallatas, in qua reponuntur
multæ reliquiæ.
^0) — Capsa lingnea depicta cum reliquiis.
(H) 1328. ün vies coffre de chambre cloués. (ïnvent. de la royne Clémence.)
(I) 135fc. Pour un coffret couvert de cuir, ferré bien et joliment, — pour mettre
et garder un coffret de cristal. (Comptes royaux. D. de B. nr.)
(J) 1872. Un coffret d’or, pesant v marcs, iij onces, esmaillé de la vie Sainte
Marguerite , prisé iiijcxx fr. d’or. ( Compte du test, de la royne Jehanne d’Evreux.)
(K) 1380. Un coffre d’or esmaillié autour de la vie Ste Marguerite, pesant
v marcs, ij onces, xviij esterlins. (Inventaire de. Charles Y.)
(L) — Un coffre d’argeut, tout esmaillé à couronnes et à mollettes, pesant
xi marcs, vij onces, vij esterlins.
(Mj — Un coffre de jaspre blanc, garny d’or et a, ès iiij coins, iüi y-mages garnis de saphirs et balays , esmeraudos et perles, pesant ij marcs , v onces, x esterlins.
(N) — Un coffre de jaspre ronge, garny d’or, où sont iiij vmages aux coins et
un -saphir au milieu.
(O) — Un coffre d’argent, esmaillié de la vie Nostre Dame et est environné
le couvescle par-dessus de roses enlevées, pesant iiij marcs, vij onces.
(P) — Un petit coffret d’argent doré, néellé de plusieurs ouvrages, pesant nn
marc, trois onces, xv esterlins.
(Q) 1388. A Pierre du Fou , pour un coffre de boys, couvert de cuir, fermant à
clef, ferré et cloué, ainsi qu’il appartient pour mectre et porter les romans du Roy NS, — lxiiij s. p. 'Comptes royaux.)
(R) 1388. A loy, pour deux coffres de boys, couverts de cuir, ferrex et clouez ,
ainsi qu i! appartient, ferraans a clefs, achettés de lui, pour mettre et porter les arbalestres du Roy, — viij s. p. (Idem.)
(S) 1398. Godefroy Le Fèvre, varlet de chambre et garde des coffres de MS. le
duc d’Orléaus. (Ducs de Bourgogne, 5876.)
(T) 1409. A mesdames les duchesses de Guienne et la comtesse de Charrclois, —
la somme de iiijc iiijxx francs, pour mettre en leurs coffres et faire leur voulentez. (Comptes royaui.)
(U) 1432. A Gilles de Willies, coffrier, demonrant à Lille, pour ij coffres de bois
couverts de cuir et ferrez de fer que MS. (le due de Bourgogne) a fait prendre et achetter de lui, l'un pour mettre les ioyanlx de sa chapelle et l’autre ses joyaulx de corps, par marchié à luy fait, xxvij liv. (Ducs de Bourgogne, 1122.)
(Y) 1574. Cela fait, la Royne sa mère, s’asseit sur un coffre, accompaignée de messieurs les cardinaux de Bourbon et d'Est, princes bous et vertueux, comblez de toute tristesse de voir le Roy (Charles IX) en si grande nécessité. (Sorbin, dit de Sainte-Foii.)
(X) 1580. Après envoya (Marie Stuart) quérir sa maison, depuis le pins grand jusquos au pins petit, et fit ouvrir ses coffres et regarda combien elle pouvoit avoir d’argent et leur départit. (Brantôme.)
(T) — Comme aussi fait il bon en la nielle d’un lit — ou assises sur des coffres et lits à l’escart.
cointises. Ajustement, ornement; de là cointir, et cointoiement
(A) 1306. Les atours de diverses guises,
Les pareraens et les cointises. (Guillaume Guiart.)
(B) 1330. Au lignolet le veus cauchier
Et neuve robe li bailler,
Li cointoier de joielles,
w De tabletes, de couteles. (G. Guigneville.)
(C) 1356. (Ordonnance) que d’un an homme ny femme ne porteroit or, argent,
ne perles, ne vert (vair), ne gris, robes ne chaperons découpez, ne autres cointises quelconques. (Chroniques de Saint-Denis.)
COISSINES. Sachets de senteurs, pour mettre dans le linge et l’imprégner de leurs odeurs. Je laisse de côté les autres acceptions.
(A) 1389. Tour deux aunes de drap do soie bandequin, — baillées à Estienne le
Hongre, brodeur et varlet de chambre de Monseigneur le Duc de Thouraine, pour faire vj coissines pour emplir de lavende, c’est assavoir ij grans et iiij petits, — ix liv. xij s. p. (Comptes royaux.)
(B) 1390.Pour une aulne de satin, — baillée à Andriet le Maire, varlet de U
f tarde robe de la Rovne, pour faire coissinez à mectre pouldre de vioette, pour la dicte dame, — xl s. p. (Idem.)
(C) 1391. Pour j quartier de satiu blanc, — pour faire coussines à mettre poudre ‘de violette pour MS. le Duc de Touraine, à mettre entre son linge, ix s. (Idem.)
(D) 1416. Pour avoir de la fleur pour l’atour de la Rovne, iiij s.; et pour un sachet de megis à mettre la fleur. (Comptes royaux.)
COLLECTIONS PARTICULIERES. Les trésors «les églises, les trésors de nos rois, princes et riches seigneurs ont été les musées et les collections du moyeu âge. A l'article Reliques historiques, j'ai cité un véritable musée établi au château d'Amboise à la fin du xv siècle. On trouvera, dans la citation suivante, la description d’une collec-
lion d’amateur disposée avec goût dans une maison de Paris, à la lin du nve siècle. Guillebert de Metz, oui passait dans cette ville au commencement du siècle suivant, la décrit ainsi :
(A) 1407. L’ostel de raaistre Jaques Duchié, en la me des Prouvelles. La porte duquel est entaillié de art merveilleux. En la court estoient paons et divers oyseanx à plaisance. La première salle est embellie de divers tableaux et escriptures d’enseigneuiens atachiés et pendus aux parois. Une antre salle remplie de toutes manières d’instrumens ? harpes, orgues, vielles, guiternes, psalterions et autres, desquels le dit maistre Jaques savoit jouer de tous. Une autre salle estoit garnie de jeux d’eschex, de tables et d’autres diverses manières de jeux, à grant nombre, item, une belle cbappelle où il avoit des pulpitres à mettre livres dessus, de merveilleux art, lesqnelx on faisoit venir à divers sièges loings et près, à dextre et à senestre, item, ung estnde où les parois estoient couvers de pièies précieuses et d’espices de souefve oudeur, item, une chambre où estoient foureures de pluseurs manières, item, pluseurs autres chambres richement adoubez de lits, de tables, engigneusement entailliés et parés de riches draps et tapis à orfrais , item, en une autre chambre haulte estoient grant nombre d’arbalestes dont les aucuns estoient pains à belles figures, là estoicut estandars, banières, haches, guisarmes, mailles de fer et de plont, pavais, targes, escus, canons et autres engins avec plenté d’armenres et briefmént il y avoit anssy comme toutes manières d’appareils de guerre, item, là estoit une fenestre faite de merveillable artifice par laqnele on mettoit hors une teste de plates de fer creux, parmy laouele on regardoit et parloit à ceuli dehors se besoing estoit, sans dounter le trait , item, par dessus tout l’ostel estoit une chambre carrée où estoient fenestres de trois costez pour regarder par dessus la ville. Et, quant on y mengoit, on' montoit et avaloit vins et viandes à une polie pour ce que trop hault eust esté à porter. Et par dessus les piguacles de l’ostel estoient belles vinages dorées. Cestui maistre Jaques Duchié estoit bel homme , de nonneste habit, et moult notable. Si tenoit serviteurs bien moriginés et instruis, d’avenant contenance, entre lesquels estoit l’un maistre charpentier qui continuellement ouvroit à l’ostel. (Description de Paris de Guillebert de Metz.)
COLLIER. Les hommes portaient des colliers aussi bien aue les femmes, même avant l’institution des ordres qu’on y suspendit. Des emblèmes de toutes sortes les ornaient. 11 suffira d’en citer deux ou trois. ( N’ayant pas inséré ici mes recherches sur la fondation des ordres, rai également laissé de côté l’article qui a rapport aux divers colliers de ces ordres.)
(A) 1389. Un collier d’or, à dix neuf turterelles blanches, esmaillées et sur la
plus grant a un rubis, pesant sept onces six esterlins. (Ducs de Bour-
(B) — Un autre colier d’or à cinq liz esmaillés de blanc. (D. de B., 5453.)
(C) 1396. A Hanroy de Mustre , orfèvre , — ponr nn colier d’or ront à petites
cosses esmaillées. (Ducs de Bourgogne, n- 5701.)
(D) 1467. Ung collier d’or, esmaillié de vert, de blanc et de rouge, à»petites
paillectes d’or branlans et est pour servir à femmes en manière d’un poitrail, pesant un marc , vii onces, xii e. demi. (Ducs de Bourgogne, 3074. Pour d’antres colliers, voy. no 3128, 129, 130, etc.)
COLLIER DE CHIEN. Le luxe s’étendait à tout, les colliers de chiens devaient y participer et se ressentir de l’affection qu’on accordait à ces animaux et des sommes exorbitantes qu’ils coûtaient. (A) 1380. Un collier d’un levrier — garny d’argent à cynes. (Inventaire do Charles Y.)
— Un autre collier d’argent, à sonnettes, pour un petit chien.
1380. l’ü petit baslûnnetd’ybowe, garny d’argent, à faire an couple à chiens.
(B) 1412. Un chien blanc marthelet, à tont un colier garni d’argent esmaillié. (Ducs de Bourgogne, n® 146.)
COLLIER DE FOURRURE. Ce qu'on appelle, de nos jours, un Boa. On en trouverait difficilement ae plus élégant que celui qui est décrit dans la citation suivante.
(A) 1467. Une martre crue, pour mectre autour du col, où il a deux rubis qui
font les yeolx. ung cner de dy amant sur le museau et les ongles et les dens garnys d’or. (Ducs de Bourgogne, 3045.)
(B) 1586. Une marte brune, enrichie d’or et pierreries. (Inv. de Marie Stuart.) COLLIER A PRÉLAT. Il y avait aussi les colliers de prélats,
diacres et sous-diacres, formant partie de leurs vêtements sacerdotaux et qu’on trouve, pour ainsi dire, en nature, sur les statues de nos cathédrales. C’était une bande d’étoffe brodée sur laquelle on cousait des perles, des pierres précieuses et des plaques d’émaux.
(A) 1380. Un collier à mettre à prélat , bordé sur champ d’o» trait à A gnns
Dei de. perles, et à maçonnerie et y part un las de soye à deux gros boutons de perles. (Invent, de Charles V.)
(B) — Deux autres colliers, pour diacre etsoubz diacre, sur champ d’or trait,
coca me dessus, brodez à testes d'apostres, dedans compas ue perles et à doublaiz et d’e&maulx d’argent.
COMPAS. Cercle. Fait à compas, c’est-à-dire avec précision, et quelquefois fait en rond. Cette expression se rencontre, à chaque instant, dans les descriptions d’objets d’art. Malherbe l’emploie encore , et nous avons conservé compassé , dans le sens de précis on de sec, comme est la précision. (Voyez Aiguille de mer.)
(A) 1250*. Rondet menton fait à compas. (Fabliaux.)
— Elle a voit front bien compassé. (Idem.)
(B) 1297. Un pot lavoir d’argent à une fuellie desus le couvercle , s'est seraeis
d'escuchons et de compas esleveis. (luvent. d’Edouard l.)
(C) 13l6. Itern j coissin à autel, couvert d’ouvrage en roel, au pris de lx s.
(Inventaire de la comtesse Mahaut d’Artois.)
(D) 1360. Invent, du dnc d’Anjou, 49, 55, 63, 75, 90. 110, 119, 157, ICI, 314
(E) 1395. Pour avoir fait et forgié deux cosses d’or esmaillié — pour mettre et
altachier en un collier d’or à compas pour le Roy, que li donna nagaires MS. de Bourgoingne — Ixxiij s. x. d. p. (Comptes royaux.)
(F) 1422. Et est le pié esmaillé à v rons, dont il y a en chacun iij fleurs do lis.
(Comptes royaux.)
(6) 1529. La ponrtraicttire de l’empereur moderne, Charles V« de ce nom, tirée après le vief et faicte par compas. (Invent, de Marguerite d’Autriche, no 245.)
(II) 1C00. Bornez-vous, croyez-moi, dans un juste compas. (Malherbe.)
COMPOSITIONS. Le moyen âge eut d ms tous les arts, en littérature comme en peinture et en sculpture, une grande activité
Slutôt qu’une grande fécondité, et ce mérite lui assure une place urable dans l’histoire des arts. C’est qu’en effet, ce qui a créé et maintenu dans l'antiquité grecque l’autorité de son école , ce n’est pas .tant sa supériorité que sa ténacité. La plus belle inspiration du génie qui éclate et s’évanouit, éblouit sans éclairer, mais une pensée touchante ou tragique dans son premier rudiment, et successivement développée par les artistes, avec le concours des générations, prend un corps et une individualité qui exerce une domina-
lion invincible et persistante. Le moyen âge a eu cette lenteur précieuse. Les grandes compositions, presque toujours écloses dans l’interprétation droite et naïve des textes précis de l’Histoire Sainte, rarement produites par ces abstractions que la manie du symbolisme y va chercher de nos jours , les graudes compositions, dis-je, se sont formées par des innovations heureuses introduites, avec une sage réserve, dans les innombrables répétitions d’une même donnée à travers les Ages.
confbarik (Escude). Les confréries portaient des écus ou enseignes au chapeau et au col; pour se reconnaître dans les processions et dans la foule, à l’église. Dans les citations suivantes, il est question de la grande confrérie de Notre-Dame de Paris, qui se prétendait instituée par saint Denis lui-mèmc à la Un du il* siècle, mais qui, certainement, était fort ancienne, puisque ses titres authentiques remontaient au règne de Philippe-Auguste.
(A) 1358. (Défgpse est faite : ) de porter fermellez d'argent , mi parti d'esmail
et azur ; au dessoobz , avoit escril à bonne fin et chaperons de drap desdictes couleurs en signe d’alliance de vivre et mourir avec ledit Prévost (Et. Marcel) contre toute personne. (Ord. des Roys de France.)
(B) 1363 L’escu de la contrarie, esmaillée de l’ymage NB. et de S. Denis, pen-
dant à une chaienne d’argent. (Invent, du duc de Normandie.)
COKIL. Lapin, et aussi connût, de là conninière pour garenne, toutes ces expressions employées souvent dans un sens équivoque. ( Voyez la Î5« nouvelle des Cent Nouvelles nouvelles, et Du Cange, au mot Conillus, à la date 1456.) Les lapins sont fréquemment représentés dans les ornements d’orfèvrerie. Les fourrures de lapins étaient d’un grand usage au moyen âge.
(A) 1332. Pour cil (celui) qui porta les conils et pour aler querre le furet.
(Ducs de Bourgogne, n« 5319.)
(B) 1360. Invent, du duc d’Anjou, 49, 89, 108, 347, 357, 359, 367, 376, 377,
(C) 1530. Gargantua — ainsi maraudant de la bouche et dodeliner, l de la teste,
alloitveoir prendre quelques connils au filletz. (Rabelais.)
copponÉ. Componé, terme qui s’est conservé dans la langue du blason ; et signifie une bordure ou pal divisé par émaux différents, mats de mêmes grandeurs, et chacun de ces émaux ou divisions est appelé compon.
(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 46, 347.
(B) 1380. Une escriptoire de cuir copponnée d'or à fleurs de lys entaillée. (Inv.
de Charles V.)
COQCASSE. Sorte de chaudron, de la famille des coquemarts , et placé comme eux dans les inventaires, sous la rubrique des pots et flacons.
(A) 1467. Une coqnasse d’argent verré , au pié et au couvercle et au-dessus armoyé des armes de MS. de Roubaix , à anses et à manche et poise zii marcs, iij onces. (Ducs de Bourgogne, 2579.)
COQtlELICOQ. Est-ce un coq, un coq d’Inde ou un faisan? Si c’est un coq, pourquoi chercher, pour le désigner, un autre mot que celui qui est dans la langue usuelle du moyen âge? Ce n’est pas un dindon , puisque cet oiseau n’est connu en Europe que depuis l’année 1520. Ce serait donc le faisan ou le coq-Limoges ?
(A) 1399. Un coquelicoq , d'argent doré , dont le corps est d’une coquille de
perle d’Orient, sur entablement à sii pieds, pesant sept marcs et demv. (inventaire de Charles VI.)
(B) 1399. Un coquelicoq, tout droict sur ses piedz, dont le corps est d’une co-
quille de perle, comme dessus, pesant quatre marcz sept onces.
(C) 1451. Le suppliant et Jehan Baudelot dirent qu’ilz iroient véoir dedens le
bois Dessars, du lien de Sorel, se l’on y irouveroit aucuns qui chassaissent aux Cocq-Limoges, autrement nommez faisans. (Lett. de rémiss.)
(B) 1560. Depuis peu d’années , il nous est arrivé en France certains oiseaux étrangers qu’on appelle poules d’Inde , nom qui leur a été donné , je crois, parce qu'ils ont été pour la première fois transportés , dans nos climats, des ües indiennes qui ont été découvertes , il n'y a pas longtemps, par les Portugais et les Espagnols (Ch&mpier.)
(E) 1600. On dit du coq, coqueliquer, pour marquer son ramage. (£t. Binet, les Merveilles de la Nature.)
COQUEMAR, placé par les argentiers tantôt dans le chapitre des pots et pintes et lenrs aiguières , tantôt dans le chapitre des flacons. Ses différents usages expliquent quelle a été sa forme.
(A) 1380. Trois petits coqueraars, à biberon , pareils et au couvescle sont les
armes de Monsr le Dauphin, pesans xvüi marcs, deux onces (d’argent). (Inventaire de Charles V.)
(B) — Deux grands coqueraars, à eaue d’ange, d’argent blanc, pesant
ni marcs , iiij onces t
(C) — Un petit coquemart, d’argent blanc verré et y a, sur le convescle, un
esmail rond, esmaillé de France, pesant vi marcs.
(D) 1391. Deux grans coquemars d’argent blanc, esqueli on met et porte
l’eaue à laver les piezdu Roy — xlviij s. p. (Comptes royaux.)
(E) — Un coquemart à couvescle, d’arain — pour chauffer la lessive à laver
les chiefs de madame la duchesse de Tourraine et des dames et damoiselles de sa compaignie, xv s. p. (Idem.)
(F) 1460. Ung coquemart, d’argent blanc, à mettre eaue pour barbier, qui
poise v marcs et iÿ ouces demie. (Ducs de Bourgogne, n° 577.)
(G) 1467. Ung coquemart, d’argent blanc, à inectre eaue pour barbier qui poise
v marcs, iij onces demie. (Ducs de Bourgogne, 2577.)
COQUILLE DE SAINT JAQUES. Cet attribut de saint Jacques de Compostelle et de saint Sebald a été adopté par les pèlerins. J’ignore quel usage a pu avoir la coquille mentionnée dans la citation suivante. Était-ce une relique?
(A) 1467. Une coquille noire , de saint Jaques , garnie d’or et ung boton de perles au bout. (Ducs de Bourgogne, 3165.)
COR. Instrument de musique. Voyez aussi Oliphant. Les deux cors de l’inventaire du duc d’Anjou semblent avoir été de grandes et magnifiques pièces d’orfèvrerie.
(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 442, 514.
COR. Ce mot signifie plusieurs choses, mais il s’agit ici uniquement de manches d’épées et de couteaux en cor noire. Je ne puis y voir du bois de chêne ou de cormier , bien que je ne refuse pas d’admettre cette acception quand il s’agit d’arbaleste.
(A) 1316. Item ixx arbalestes décor, à ij piez, ou pris de lx lib. (Inventaire de
la comtesse Mahaut d’Artois.)
(B) — Item j arc de cor d’arbaleste ou pris de xx sols. (Idem.)
(C) 1338. Arbalestes de cor et d’if. (Compte ap. Du Cauge.)
(D) 1404. A Jehan Compère, demourant à Paris, pour avoir fait et forgié la
garnison d’or a’one dague de cor noir, pour le Roy NS., — lxiÿ s. id. (Comptes royaux.)
(E) 1404. A George de Rondeville, orfèvre, demourant à Paris, pour avoir fait
et forgié la garnison d’or d’une dague, à manche de cor noir, pour le Roy, hx s. p.
(F) — A Jehan Geinnon , eousteillier, demourant à Paris, pour un grant
COQS tel , appelle bazelaire, à manche de. corne et à gaine noire , poinçonnée de la devise du Roy, c’est assavoir à branches de may et de genestesr — xlviij s. p.
corail. Végétation artificielle produite, sur les rochers et au fond de la mer, par des polypes qui s'eu font une habitation en y ajoutant, chacun à son tour, son alvéole ou sa portion de branche. A mesure mie l’animal se retire de l'alvéole qui ne lui suffit plus, le dépôt qu il forme se durcit et va ainsi se transformant en branchages capricieux, suivant l’animal dans son travail, marquant ses interruptions par ses reprises. J’ai vu à marée basse et par un temps calme, nageant dans la mer Rouge, des forêts de coraux (lui, a travers l'azur de l’eau, semblaient féeriques; la mer Méditerranée offre, sinon en aussi grande abondance et en aussi prodigieuses variétés, au moins en qualités plus précieuses, de superbes coi aux. Les anciens ont non-seulement connu, mais ils out employé souvent le corail. Je ne crois pas que les grands artistes de ce temps aient exercé leur talent sur une matière aussi peu dure, aussi peu franche. Au moyen âge, ‘on l’a recherché et comme objet curieux d’histoire natuieUe et comme pierre à composer des bijoux. Ce goût s’est continué jusqu’à nos jours avec les intermittences propres à la mode. Le mot en lui-même ne doit pas être confondu avec d’autres qui s’écrivent de même ; par exemple , des fustes de corallo ou de comil sont des planches de chêne.
(A) 1322. ij peire de paternoster, l’un de coral, l’autre de geet. (Inventaire du
comte de Hereford.)
(B) 1328. Un arbre de conrail, à langues de serpent, presié xl s. (Inventaire de
la royne Clémence.)
(C) 1372. Conrail ernist en la mer rouge et, tant comme il est couvert d’eau,
c’est bois blanc et mol, mais si tost que il est hors de l’eaue et que il est touché de Uair, il rougist et devient pierre. (Le Propriétaire des choses, trad. de J. Gorbichon.)
(D) 1416. Une branche de corail vermeil, séant snr un pié d’argent doré, en la
quelle a plusieurs langues de serpents et siet le dit pied sur quatre ser* pens volans — xxx liv. t. (Inventaire du duc de Berry.)
(E) — Une grant branche de corail vermeil sur laquelle a un cruceflx d’ar-
gent doré, nostre Dame et saint Jehan aux costés — xxxij liv. t.
(F) 1467. PI liseurs patrenostres de coral vermeil, pesant iiij m. x est. (Ducs de
Bourgogne, 3156.)
— * Une branche de coral assise sur ung pié d’argent doré. (Ducs de Bourgogne, 3206.)
(G) 1487. Pour avoir fait polir et nectoyer, parle commandement DDS., (le roi]
trois grans branches de coural masle; lesquelles branches avoient este apportées au dit S., du pays de Provence, chargées et couvertes de terre de la vase de mer. (Comptes royaux cité par M. Douet d’Arcq.)
CORAIL noir. Je ne connais pas de corail de cette couleur^ et il est évident qu'on a nommé corail noir des pétrifications qui avaient quelque chose du poli et de la dureté du corail rouge.
(4) 1510. Ung petit cru xifie ment, de courail noir avec uostie Dame et sainct Jehan, garnye d’argent doré. (Invent, du card. Georges I d’Amboise.) B) 1692. A l’égard du corail noir, le véritable est si rare qu’il est comme pres-
qn’impossible d'en pouvoir trouver, car tout celuy que nous voyons» n’est qu’une manière de plante pétrifiée dans la mer. (Pomet. Ûist. des Drogues.)
CORBEILLE DE L’AUMOSNE. Cette corbeille recueillait les morceaux solides, le pot à aumosne (voy. ce mot), les liquides, restes réservés aux pauvres par la charité , au milieu même de l’abondance du repas. Avec le temps, l’idée d’aumosne disparut, au moins l’épithète, et on ne trouve plus que cette indication : une corbeille pour tirer le pain. Ces corbeilles, souvent en argent, étaient faites en fils tordus afin d’imiter, par la forme et par le travail, la corbeille d’osier.
(A) 1241.Pro corboliis emptis pro pane eleemosinæ. xvj s. (Comptes royaux.)
(B) 1363. Une grant corbeille d’argent blanc, à iiij pieds et à ij aneaui, à
iüj escuflons des armes monseigneur, poise xlv marcs. (Inventaire dir duc de Normandie.)
(C) — Item le baston à la porter, covert d’argent, esinaillié aux deux boutz
des armes monseigneur, poise tout xij marc, ij onces.
(D) 1372.La corbeille àl’aumosne. (Inventaire de Richard Picque, archevesqne
de Rheirns.)
E) 1380. La grand corbeille de l’aumosne, d’argent blanc, avec le baston et est la dite corbeille ciselée des armes de France, pesant vjxx iij marcs et demy. (Inventaire de Charles Y.)
(F) 1495. A Jehan Gallant, orfèvre du dit seigneur (le Roy), pour — une grande
corbeille servant pour tirer le pain ae dessus la table , qui est faicte de fil d’argent tiré, fous et tout, en laquelle a grans souaiges par dessus et par dessonbz dont, à ceulx du hault, a deux crans hommes et deux femmes sanvaiges à tenir les bances qui sont faictes de gros HT torz et tiennent en leurs mains chacun ung pavoys armoyez etesmaillez aux armes de France et lesdits souaiges garnis à l'entour de fleurs de lis, la dite corbeille poysant vjxx xj marcs, vj onces. (Comptes royaux. Cette même corbeille se retrouve , mais moins bien déente T dans l’un des inventaires de la royne Anne de Bretagne, daté de 1498.)
(G) 1498.11 s’en fuit tant qu’il cheut on dit puis et pour le ravoir Clément
maistre de l’ostel print une conrbille ou chairpaigne et peschoit le dit poullet. (Philippe de Vigneulles.)
CORDON. L’enseigne qui ornait le chapel et le bonnet devint une çance et un cordon sur le chapeau qu’on porta à la fin du xvie siècle. Ce cordon hérita de son élégance, ou plutôt il rivalisa avec elle , car on le trouve inscrit dans les documents simultanément avec les enseignes.
(A) 1599. Un cordon de chapeau, fait en façon de triomphe, où sont représentez
plusieurs figures ae personnages et bestions, contenant seize pièces enrichies (suivent les pierreries), prisé nij«li escus. (Inventaire de Gabrieile a’Estrées.)
(B) 1603. Plus, au grand Chamhelland, une enseigne d'or en forme d’aigrette
enrichie de diamans. (Sully, (Economies royales.)
(C) — Plus, au comte de Rosbroug, une enseigne en forme de nœud tenu par
deux amours, le tout enrichy de diamans.
(B) — Pins, au duc de Lenos, un cordon de chapeau enrichy de chattons de diamans.
CORDOUAN. Cordewan et cuir de Cordoue. On appela ainsi les cuirs dont on se servait au moyen âge, parce que les meilleurs cuirs nous venaient de la ville ae Coitioue , comme les maroquins ont pris ce nom parce qu'ils vinrent primitivement du Maroc. Dès le xi* siècle, on remarque que nous imitons les cordouans.
Cordoannier, dont nous avons fait cordonnier, vient du mot Cordouan. Ce cuir était principalement employé dans la chaussure. Dans cette acception , les citations pourraient être innombrables, mais elles ne seraient pas à leur place ici. J’aurais voulu donner quelques passages sur les cuirs de Cordoue estampés et dorés pour tapis et tentures d’appartement ; je n’ai presque rien trouvé La reine en envoyait chercher six, en 1416, pour s'en servir à Corbeil, et le duc de Berry avait dix-neuf grands cuirs de cette espèce parmi ses meubles. Je parle de ces brillantes tentures, nommées aussi tapisseries, à l'article Maroquin.
(A) 1080. Alutarii dicnntur qui ope.rantur in alluta, qnod est gallice corduan,
alio modo dicitur cordubunum , a Corduba, civitate lüspania ubi fiebat primo. (Dict. Job. de Gailaudia.)
(B) 1260. Chauces de paille, sollers de cordoant. (Le Roman de-.Jordain.)
(C) 1288. Un castiel
A trois étages et qnirée
De cuirs tannés. (Le nouveau Renart.)
(D) 1300. Cordouan de Pronvence. (Dictons populaires.)
(E) 1306. Nus et de chauces descliauciez
Et de soulers et de Cordouan. (Guillaume Guiart.)
(F) 1350. Combien qu’en aucun temps, pour ce qu’en la ville de Paris avoit
fraude abondance de cordoëu d’Espagne, qui est le meilleur courroy es autres, eust esté ordonné que nul cordoéu de Flandre n’y fust vendu, pour ce que ceux de Flandres estaient partie courroyez en tan. (Statuts des Mestiers.)
(G) 1416. A Maunart, pour aler, de Corbueil à Meleun, querre et fere venir vi tappis de cuir, servans par terre, pour la chambre de la Royne, en ce comprins le louage de ij cbevaulx pour j jour qui ont apporté lesdi2 cuirs — viij s. (Comptes royaux.)
(H) — Un grant cuir rouge, armoié à un escu de gueules et trois bendes d ar gent es iiij bouz et au milieu des armes de Castelle, contenant six aulnes et trois quartiers de long et six aulnes de lè ou euviron — xlv liv. t. (Inventaire du duc de Berry .1
(I) 1427. Cuirs à estandre ès chambres en temps d’esté.— Deux grans cnyrs ouvrés à taiuture faiz à bestes sauvaiges — et sont lesdiz cuirs blanch astres. (Ducs de Bourgogne, 6431.)
(J) 1540. A maistre Sébastian Serlio, architecteur du Roy, la somme de 96 liv. 12 s. 6 den., à luy ordonnée, par le Roy, pour achapt de peaux de cuir de Levant et autres pour servir à Fontainebleau. (Reu. des Arts à la Cour de France.)
(R) 1556. Pour une paire de bottes de cordouan pour servir à ung petit nain. (Comptes royaux.)
(L) 1599. Cinq sièges qui se ployent à sçavoir quatre de cuir doré. (Invent, de Gabrielle d’Estrées.j
( A Jehan Foucault et Jehan Louvet, doreurs sur cuirs, demourant à Paris, sur leur payement d’aucunes parties par eulx fournies pour le service de la Royne — xix liv. xi s. (Comptes royaux.)
(N) — A Jehan Fourcanlt, doreur sur cuir, demourant à Paris, en l’hostel de Nesle, sur et en déduction d’une tente de chambre, faicte sur cuir de mouton argentée, frizée de figures de rouge, pour servir en la chambre et cabinet du Roy à Monceaux — iij liv. Pour son payement de neuf peaulx de cuir dorées, argentées et figurées , qu’il a faictes pour servir d’essay à faire tentes de chambre , selon le. portraict et devis de ladicte dame, pour seivir à sa maison du cbateau de Monceaux, dont aucunes sont faictes à personnaiges — iliv. (Idem.)
CORNALINE. Ce quartz agate doit être d’une teinte rouge sang
de bœuf bien égale et, vu à la lumière, se changer en une couleur écarlate pommelée. Les anciens, qui en ont possédé d'une beauté remarquable, s’en sont servis pour graver leurs plus belles intailles ; le moyen âge. la renaissance et nos bons graveurs modernes . l’ont aussi recherché. Une cornaline noire, citée dans l’inventaire au duc de Berry, est peut-être un niccolo.
(A) 1380. Un signet, où il a une corneline en laquelle a un lyon qui mangue
une autre beste, assis sur une verge d’or, néellée à lettres et à deux estoilles, aux deux costez, à jour. (Invent, de Charles Y.)
(B) 1416. Un annel d’or, où il a une grant corneille noire, Où il a une teste
d’omme — xx liv. t. (Invent, du duc de Berry.)
(C) 1539. Un livre d’heures, escript en parchemin, enrichi de rubis et turquoi-
ses, couvert de deux grandes cornalynes et garuy d’un rubis servant à la fermeture d’iceiluy. (Comptes royaux.)
cornaline brulee. C’est un niccolo rouge factice. On l’obtient par le feu qui a la propriété de détruire la couleur rouge de la cornaline et de la faire passer au blanc laiteux. Au moyeu d’tin fer rouge appliqué sur une cornaline et maintenu plus ou moins longtemps , on produit à sa surface cette couche blanche factice assez semblable à la couche d’onyx qui recouvre naturellement la sardoine dont est formé le vrai niccolo, ensuite on grave dans cette cornaline, de manière à obtenir les mêmes effets. Ce procédé me parait être moderne.
CORNE et Cor. Nous avons conservé cette dernière expression en langage de vénerie, un cerf dix-cors. La conte, détachée de la tète d’im animal et bientôt séchée, donne un vase à boire trèscomhtode qui fut en usage dès l’origine du monde. Le souvenir s’en est conservé dans les formes des vases de terre cuite, d’argent et d’or qu’on lui a substitués, ainsi que dans les noms qu’on leur a donnés. Cette substitution de matière, en même temps que le nom de corne était maintenu, jette beaucoup d'indécision dans l’interprétation des textes. Il n’est pas douteux, toutefois, que ces Cornua, cornes, trinckhôrncr, n’aient été exécutes souvent en corne, enrichis de, tout le luxe de l’orfèvrerie. Le cornet, instrument bruyant, fait de la corne d’un bœuf ou de la dent d’un éléphant, s’est appelé, par la même raison. Cor et Oliphant, et ces noms sont demeurés à l’instrument quand il a été exécuté en d’autres matières.
CORNE. La corne et l’écaille, dont l’industrie moderne tire un si admirable parti , ne me semblent pas avoir été employées communément dans les arts avant le xve siècle, n’avoir été fondues qu’au xvie, incrustées , découpées et mises généralement en œuvre qu’au xvne. Je sais qu’il est défendu, dès le vme siècle, d’employer la corue pour faire des calices, je n'ignore pas que les cornets pour mettre l’encre, et les cornets ou petites trompes ont été faits de corne, mais ou ce travail était grossier, ou ces objets étaient pris dans la forme elle-même de la corne et sans la modifier; enfin, s’il est question, dès le xne siècle , d'arcs de cnrnier, ce sont , selon moi, des arcs travaillés en bois de cormier et non pas en corne. (A) 1185. Et tant clavain desronpre, tant aubère desmaillier
Et tant Sarrasin traire à lor ars de comier. (Chanson d’Antioche.)
cornemuse. Je cite cet instrument de musique parce qu’il figure, émaillé, dans un compte de nos rois.
G LOSSAIRE
(A) i34S. A Jehan de Gnu pour une cornemuse esmaillée et un gobelet à couvercle — iiijuuiiij îiv. (Comptes royaux.)
CORNET. En forme de corne, et tantôt une trompette, ce que nous appelons encore im cornet, tantôt im encrier. Il est impossible souvent, dans les brèves descriptions d’un inventaire, de distinguer s’il s’agit de l’un ou de l’autre. (Voyez au mot Escriptoire.)
(A) 1363. Un cornet, garny d’argent, et est ledit cornet de cristal , pesant six
marcs. (Invent, du duc de Normandie.)
— Un autre cornet, d’argent esmaillé, aux armes de France et de Bourgogne, et poise ij marcs, vii onces.
(B) 1380. Un petit cornet d’argent blanc , à mettre encre , pesant ij onces. (In-
ventaire de Charles V.)
— Un vieil cornet d’y vire, à mettre encre.
(C) 1399. Un petit cornet d’or, esmaillé de blanc, pendant à une cliainette d’or,
garny d'nn saphir, trois balaiz et neuf perles. (Etant placé avec les cors, ce doit être également un instrument de musique. Inventaire de Charles VI.)
(D) 1432. A Jehan Pulz, orfèvre, ponr ung petit cornet d’ivoiré, garny d’or fin,
que MS. a fait prendre et achetter de lui pour réclamer son esprivier, lxx s. (Ducs de Bourgogne, 1118.)
(Ej 1467. Ung grant cornet de corne , garny d’argent doré , à une courroye de soye à clous d’argent doré. (Ducs de Bourgogne ,3191.)
(F) — Ung petit cornet, de bois noir aromatique, pendant à ung petit las de
fil d’or, à ung petit bouton de perles au bout et une nonppe de fil d’or. (Ducs de Bourgogne, 3192.)
(G) — Ung petit cornet, garny d’argent. (Ducs de Bourgogne, 3193.) corporalier. Les corporaux, ces linges qu’on étend pendant
le service de la messe sur l’autel et sous le calice, sont renfermés dans un étui ou dans une boite qui se nommait le corporalier . et qui était d’une grande richesse. On suppose, dans la nouvelle édition de Du Cange , que le mot corporalier a aussi la signification de ciboire, où l’on conserve le corps ae Notre-Seigneur.
(A) 1316. Un corporalier broudé.
(B) 1380. Le corporallier, où sont les corporaui du grand calice, brodez de
poinct , à ymages d’or esmailliez sur le plat, (invent, de Charles V.)
(C) 1416. Un corporalier d’y voire, le couvercle de la passion, à ymages de
taille. (Invent, du duc de Berry. Du Cange donne d’écaille*, leçon qui est erronée.)
(D) 1450. Un corporallier d'argent esmaillié, à tout le couvercle. (Comp. roy.) COULEURS. Considéré sous le rapport de l’ornementation et du
costume, le sentiment de l’harmonie des couleurs suit la marche de la civilisation. Il a son enfance, ses développements, sa perfection. Aux débuts de la société , les tons tranchés, la pourpre dans tout son éclat, l’azur dans toute sa pureté, le vert dans sa crudité ; plus tard, une vivacité semblable, mais déjà une tendance vers les teintes neutres, comme le gris et le tanné ; plus tard encore, les tons se rompent dans une heureuse harmonie : avancez vers le xvie siècle, et la moindre crudité choque des yeux devenus susceptibles et qui ne se complaisent plus que dans les tons rompus : de là à l’afféterie il n’y a qu'un pas, et on invente les nuances pain-bis, colombin, cuisse de nymphe émue, etc. Entre la gamme des teintes vigoureuses et tranchées, qui séduit le goût des Osages et la gamme de tons rompus et doux à laquelle sont arrivés les Chinois, il y a tout ce monde de degrés intermédiaires. Le xin* siècle fut simple dans l’emploi des
couleurs et fidèle encore aux belles traditions que l’Orient avait acceptées de l’antiquité. Les couleurs du blason envahirent, à la fin du xive siècle, toutes choses, les vêtements, les meubles, les vitraux et l’architecture. On se costuma comme un écu, mi-parti rouge et bleu, ou bien au premier, qui était l’épaule, d’azur, au second* qui était la jambe, de gueule, et ainsi de suite. Ce fut un bariolage général auquel participèrent la France, l’Italie, l’Angleterre, l’Europe tout entière et l’Orient. J’ai indiqué, dans un petit nombre de citations, quelques couleurs, comme le bleu (inde et pers), le bleuviolet (paonuage, plumage de paon), le rouge (vermeil, incamadin), lé jaune (blaus, couleur de blé, flàvus), etc., etc.
(A) 1 185. La ot maint pavaillons inde, vermeil et blaus. (Chanson d’Antioche.)'
(B) — Le bon destrier Fabur a la croupe tnilée.
(G)4250.Sa blonde chevelure, entre blonde et chasteigne. (Amours de Tristan.)
(D) 131 6. Deux aunes de (drap) fleur de peschier. (Comptes royaux.)
(E) 1352. Drapraié tralant sur fleur de pocher. (Idem.)
(F) 1360. Un esmail d'azur brun. (Inventaire du duc d'Anjou.)
(G) 4380. Une ceinture sur un tissu de soye de couleur de cuir d'abbaye. (In-
ventaire de Charles V.) ,
(H) 1412. Une chambre de sarges de Caen, couleur de vert herbeux. (Ducs de
Bourgogne, 237.)
(I) — Pour xiij aulnes de vert-gay, ponr iiirj aulnes de fin vert perdu, pour
une aulne d'escarlacte vermeille dont on a fait des chapeppnds.
(J) 4416. Une houppelande longue de veluean pers asuré. (D. de B., 425.)
(K) 1508. Leroy marcha oultre vers le pont de Robec et là fut ouverte la der-
nière establye dedans laquelle estoit un cheval de poil que vulguairementon appelle rooen, représentant la ville de Rouen. (Entrée de Louis XII à Rouen.)
(L) 4555. Pour quatre aulnes velours rouge cramoisy brun. (Comptes royaux.)
(M) 1599. Une robbe de toile d’argent, — avec des passe poilz de satin incar-
nadin. (Inventaire de Gabrielle d'J&trées.)
(N) — Une robbe de satin, conteur de pain bis, — avec des passe poilz de satan
incamadin, — doublé de tafetas incarnat.
(O) — Satin jaune paille , — satin gris moucheté , — peluche coulombiue
clair, — deux paremens d’autel de velours couleur zizolin.
(P) — Ponr cinq aulnes de. velours raz, feuille morte , ponr faire habit à Sa
Majesté. (Comptes royaux.)
(Q) — Pour cinq aulnes de velours raz, rose seiche, pour faire autre babil.
(R) 1600*. Si bons ne boulez point discourir de chauses si hautes, bous philo-
sophez sur les vas de chausses de la cour, sur un vlu turquoyse , un oranzé, feuille morte, isavelle, zizoulin, couleur du roy, minime, tris— teamie, ventre de viche (ou de nonoain si bous boulez), uacarade, fleur de seigle , espagnol-malade, céladon, astrée, facegrattée, couleur de rat. verd-naissant , verdgay , verd brun, — merde d’oye, couleur de Judas, couleur d’ormus, cinge mourant, bleue de la febve, vefve resjoule, temps perdu, flaramette, couleur de la faveur, de pain bis, riz de guenon, trespassé -revenu, baize-moy-ma-mignoane. (Les Aventures du baron de Fœnestre.)
COULOUERE. Vase à couler. Dérivé de Colare et de l’ancien colum, pro colon, KtôXov. Ou rejetait dans ce vase tout ce qui restait dans les écuelles faisant fonction d’assiettes, et pour éviter d’en changer. Il faut remarquer qu’on ne se servait de ce vase qu’à l’église, à dé faut des piscines et par respect pour les liquides consacrés, ainsi que dans les intérieurs modestes, par économie ou nécessité..
(A) 1393. Et fineront pour la sale de deux ou trois coulouères pour gecter le gros relief comme souppcs, pain trenché ou brisié , trancbouers, chars et telles choses et deux seanlx pour gecter et recueillir brouets, sausses et choses coulaus. (Le Menagier de Paris.)
COUPE. 11 n'y a pas un métal précieux, pas une pierre dure, pas une matière rare qui n’aient été taillés en coupe; le moyen âge a rivalisé, sauf le talent, avec l'antiquité. Les coupes étaient souvent accompagnées de leur hanap. (Voyez aux mots Reliques historiques, Madré et Ostrusse.)
(A) 1360. Inventaire du due d'Anjon, 344 , 347, 348 , 354, 383, 365, 391, 392,
(B) 1363. Une coupe couverte, dorée et esmaillée et ou fonds de ladicte coupe
a une ymage de St. Martin. (Invent, du duc de Normandie.)
(G) — Une coupe couverte esmaillée et est le hanap de ladite coupe a six cornetes rondes et poise v marcs demie once.
(D) 1380. Une antre couppe, dorée et esmaillée, et dedans a petits esmaux,
pesant viij marcs, iij onces (d’argent). (Invent. de Charles V.)
(E) — Une ancienne couppe, à couvescle, semée de serpentelles enlevés et de
petits esmaux en manière de lozenge, pesant iiij marcs, i once d’argent.
(F) — Une antre couppe, esmaillée par dehors à bestes sauvages et cizelée
dedans, pesant ix marcs, vij onces, quinze esterlins (d’argent).
(G) — Une grande couppe, de vieille façon, à esmaux, en guise de lozenge,
de France et d’Angletene, pesant ix marcs, ij onces et demie.
(H) — Une autre couppe, où il a par dedans une fleur de lys enlevée et est le
couvescle semé d’esmaulx a un clocher pardessus, pesant iiij marcs, vij onces, v esterlins d’argent.
fl) 1453. Une couppe d’argent dorée dedens et dehors, pninssonné dessus, à ung compaignon et une demoiselle , pesant deux marcs , trois onces , ung gros. (Acte de vente des biens de Jacques Cœnr.)
(J) — Une couppe d’argent, dorée par dehors, esmaillée par dedans d'une damoiselle gauderonnée, pesant quatre marcs, une once, trois gros.
Cftl’RGE. Plante cucurbitacée , dont le fruit desséché sert à contenir des liquides.
(A) 1391. Pour ÿ seaulx et une courge ferrez, pourporter l’eane ès chambres de madame Ysabel et madame Jehanne de France — x s. p. (Comptes royaux.)
COUSTEAUX. Coustel, Contai, Coutelet. Comme de nos jours, les forgerons qui fabriquaient les lames de couteaux , dits lebrèscouteliers, et les ouvriers qui les montaient sur des manches de la plus rare élégance, appelés couteliers faiseurs démanchés, étaient distincts , au xm* siècle , et chacune de ces corporations a fait inscrire ses statuts particuliers dans le Livre d’Estienne Boileau. C’étaiunt . à vrai dire, des tabletiers autant que des couteliers, aussi avaient-ils le privilège de faire les peignes d’ivoire. Je n’énumère pas tous les genres de couteaux. Je ferai observer que les couteaux de table se distribuaient tous les ans aux officiers domestiques, comme la livrée , et Olivier de la Marche remarque expressément que « l’écuyer trenchant doibt, à ses despens, faire entretenir nets les couteaux — mais les couteaux se payent par l’argentier soubz la certification de l’écuyer trencliant. » Ces couteaux étaient mis au nombre de trois dans une gaine. D’abord, un grand couteau trèslarge à son extrémité , coupant des deux côtés, et qui servait à découper, mais plus particulièrement à prendre le morceau découpé, comme avec une pelle , et à le placer sur les tranchoirs ou à
le présenter ainsi aux convives. La gaine contenait un autre grand couteau à trancher , et un plus petit qui était placé près du prince ou seigneur. Tous ces couteaux étaient diversement ornes sur les manches, et portaient ou la devise ou les armes du seigneur , et quelquefois tous les deux. 11 y avait aussi le couteau, spécialement destiné à chapeler le pain, j’en parle au mot Parepain.
(A) 1266. Quiconques veut estre coutelier à Paris, c’est à savoir feséeurs de
manches à coutiaux, d’os et de fust et d’y voire, et faisieurs de pignes d’y voire et eninanchenrs de coutiaas , estre le puet. (Livre des Mestiers.)
(B) 1380. Uns cousteaux à clou, à porter en -bois, c'est à scavoir un grand , un
petit, un poinçon avec les forcettes qui sont d’argent et est la gayne estoffée d*or et la chayne à quoy elles pendent d’argent. (Inventaire de Charles Y.)
(C) -* Une paire de consteaux à tranebier , c’est à scavoir ij grands et un
petit, à manche de lignum alloes, garnis d’or esmailliez de France et a, en chacun, une perle au bout
(D) — Un coutel, à manche d’or esmaillié et unes petites forcettes, esmail-
lées aux armes de la reyne Jeanne de Bourbon.
(E) — Un petit coutelet à linge [mince) allemelle qui a le manche d’or, es-
mailliez de France, et ou milieu Karolus, à lettres enlacées, «à unes forcettes d’or.
(F) — Un petit coutel, à manche d’argent, taillé à lys, dont l’alnmeUe se
reboute ou manche.
(G) 1392. Je Guillaume Tirel, dit Taille vent , maistre des garnisons de cuisine
du Roy, certifie à tous que j’ey baillé et fait bailler lxi paires de costeaux aux personnes ci-dessus nommées par la forme et manière que il est acostuiné de faire chacun an — le xx® jour de juillet. (Quittance. Ducs de Bourgogne, vol. IY.)
(H) 1400. A Thomas d’Orgeret, pour une paire de consteaulx camus, à deux
virolles d’argent doré et haichiez aux armes de France, achetés de lui, le derrenier jour de janvier, et délivré à Robinet le Tiraut, premier escuier trench ant (lu Roy NS., pour servir à treucher devant ledit seigneur, duraut sa maladie, pour ce — xxxij s. p. (Comptes royaux.)
(I) 1416. Un coustel, en une vieille gayune, appelle le eoustel d’Onogo ( ou
Donogo) qui trenehe fer, non prisé pour ce qu’il ne vault riens, (lnvent. du duc de Berry.)
(J) — Un petit coustel tournant à vis, prisé x sols U
(K) 1420. Un gros consteaul d’Alemaigne, garni de vi consteaulx, une lvme et
nng poiusson et d’unes forsetes, pendans à nne.courroye de fil blanc, à clouz de letou. (Ducs de Bourgogne, 4214.)
(L) 1457. Ung coustel tnrqnoys, donné par le Roy de Sicille à Monseigneur (le
duc d’Orléans.) (Ducs de Bourgogne, n® 6994.)
(M) 1474. Le vallet servant doibt mectre son pain et les trençoirs sur la table et
puis doibt tirer les cousteaux et doibt asseoir les deux grans cousteaui, eu baisant les manches, devant le lieu où le prince doibt estre assis et doibt mettre les poinctes devers le prince en couvrant icelles pointes de la nappe qui est redoublée et puis doibt mettre le manche vers le prince et les causes sont, que les grans consteaux se doivent retirer par l'escuyer trench ant et pour ce sont les manches devers luy et le petit couteau est tourné au contraire, pour ce que le prince s’en doibt ayder. (Quand l’écuyer tranchant a placé les pilles de tranchoirs d’argent et de pain devant le prince, il découpe la viande. Et Olivier de la Marche ajoute :) Et doibt l’escuyer prendre la chair sur son couteau et le mettre devant le prince. (Estât ae la maison du Duc.)
(N) 1500.11 avoitdeux coutiaulx de bouchier c’on dit rousse, en une gaigne, —
et estoit de ces lairges constiaulx de quoy qu’ils escourchent les bestes c’on appelle rousses. (Philippe do Vigneulles.)
(O) 1536. A Guillaume dn Moussav, constcllier du Roy, pour trois autres gaisncs
garnies — de consteanU à manches de brossin, pour servir à cbappeler le pain. (Comptes de l’hôtel du Roy cité par Monteil.)
(P) — Pour une antre paisne garnie de deux cousteatilx, à manches d’acier,
faits à courbais, pour servir à onvrir lesbuistres en escaille.
COUTEUET. Daus l'acception de curedent’, voyez ce mot.
(A) 1360. Un petit coulelet d’or, à fenrgier dents , et la gaine esmaillëe de France, pendant à un petit lacet vermeil, pe.sant xv esterlius. (.Inventaire de Charles Y.)
COUVERT. Service de table couvert, pour préserver du poison les mets et boissons offerts aux convives. (Voyez Hanap fermé à clef, .Nef fermée, dite Cadenas.) Olivier de la Marche et tons les auteurs qui nous ont donné des descriptions de festins montrent le soin que l’on apportait à laisser tout couvert jusqu’à l’arrivée des convives, de là l’expression de mettre le couvert. C'était donc une nuance d’étiquette très-sensible et une marque d’infériorité que de manger à plats et coupes découverts devant une persomie dont tous les mets étaient couverts.
(A) 1485. Madame ma mère vit que l’on servoil madame la Dauphine à couvert
et madame la duchesse de Bourgogne point. (Alienor ae Poictiers.J
(B) — Qnand madame la duchesse mangeoit là où monsieur le Dauphin es-
toit, l’on ne la servoit point à couvert, et ne faisoit on pas d'essay devant elle, mais benvoit en sa conppe sans couvrir.
COUVERTURE oe LIVRE A QUEUE. Ces sortes de couvertures étaient fixées sur les ais, comme l'étoffe des reliures, seulement elles offraient, par l’appendice ou la queue, qui dépassait du double le format dn livre, le moyen de le porter suspendu à sa ceinture, ainsi qu’on le voit dans plusieurs tableaux duxv» siècle. (Voyez Chemises à livres.)
(A) 1380.LeGouveruement des princes français, couvert de cuir blanc à queue.
(Inventaire de Charles Y.)
(B) — Unes Croniques de France, à deux fermoirs d’argent dores et ont une
chemise de soye à queue.
URAPOUDlbiE, Crapaudine. Cette pierre, qui ornait le bouton du couvercle d’une coupe dans le trésor de Louis d’Anjou, est, selon les uns, une pierre fine, selon les autres, un fossile. Cie qui nous importe, c’e6t qu’on lui attribuait la vertu d'indiquer, en suant, la présence du poison , et cela parce quelle était censée se trouver dans les tètes des crapauds, et même, selon Albert le Grand, conserver, empreinte à sa surface, la figure de cet animal.
(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjoo, 171.
(B) 1416. Une crapaudine assize en un annel d'or — iiij Uv. t. (Inventaire du
duc de Berry.)
(C) — Sept anneaulx, à pierres crapaudines, rvij langues de serpens et nne
pierre de corail qui sont de deux esprenves, tout prisé, vi liv. t.
(I>) 1440. Grepawde or crapawnde, precyons stone. Smaragdns. (Prompt, par.)
(E) 1467. Deux crapandines, l'une en ung anneau d’or, l'autre eu ung anneau
d’argent (Ducs de Bourgogne, 3071.)
(F) 1692. 11 est faux que la crapaudine change de couleur et qu’elle sue quand
on l’approche du gobelet où il y ait dn poison ; quoyque Bnot et quelques autres assurent que la crapaudiue se trouve dans la terre , je ne voudrois pas néanmoins contester qu'il ne s'en trouve dans la teste des
vieux crapaux, mais il est certain que celle que nous vendons ne provient pas de ces animaux. (Pomet. Hist. des Drogues.)
CRASSET. Lampe de nuit.
(A) 1350. A potte of erthe, in which he tath
A Iight brennyng in a cresset. (Gower.)
(B) 1530. Cresset, a lyght, flambeau, fallot. (Palsgrave.)
CRÉDENCE. On appelait de ce nom la table ou le buffet sur lequel on reposait les vases, aussi bien à l’église que dans la maison , et qui servait à faire l’essai, la créance, en italien credenza , en latin credentia. Ensuite on a donné ce même nom aux objets employés dans l’essai et à leur support. Si je n’avais pas exclu de ce glossaire les termes d'architecture , je montrerais ce qui distingue la crédence de la piscine, ce qui les rapproche aussi.
(A) 1536. Ung petit arbre d’or, nommé crédence, garny de sept houppes de grans saphirs et deux petis et de huict langues serpentines. (Invent, de Charles-Quint.)
CRÉMAILLÈRE. La quantité de vaisselle d’argent devait être immense, puisqu’on y comprenait des ustensiles aussi vulgaires et aussi lourds qu’une crémaillère; mais on n’oubliera pas ce que j’ai dit de la nécessité, où Ton était alors, d’avoir à sa disposition toute sa fortune, et de la difficulté de faire valoir des capitaux, en se réservant la possibilité de les réaliser en écus, dans quelque grande et subite nécessité.
(A) 1380. Deux greilz, un trépied et une crémeillie aux armes de Monsr le Dauphin , pesant xxiiij marcs , vi onces d’argent blanc. (Inventaire de Charles Y.)
cresme. Huile consacrée, employée dans les sacrements de l’Eglise. Le vase qui la contenait devait avoir la forme d’un flacon, et s’appelait Crémier. On remarque, dans l’un de ceux qui est décrit dans mes extraits, la disposition d’un pied pour contenir des hosties. (Voyez Ampoulie.)
(A) — Ut presbyteri sine sacro chrismate et oleo benedicto et salubri eueba-
ristia alicubi non proflciscantur ; sed ubicunque vel fortuite requisiti fuerint, ad offleinm snum statim inveniantur parati. (Concil. (£?rm.)
(B) 1295. Unum crismatorium argenteum Gilberti episcopi , interins ligneum.
(Inventaire de Saint-Paul de Londres.)
(C) 1387. Pour un estuy pour mettre et porter le flacon an cresme — xvi s. p.
(Comptes royaux. )
(D) 14l7. Un cresmier d’argent, veré , a trois estuis,pour mectre le saint
cresme. (Invent, du duc de Berry.)
(E) 1492. Ung cresmeau, à trois tournelles, dont le pié est en façon de boette
pour mettre pain à chanter. (Invent, nécrol. de Paris.)
(F) 1503. Quant est de la matière si est assavoir que l’en conflst ycelui cresme
de baulme et d’huyile, par misterial raison. (Durand. Rat. trad.de J. Golain.)
CRISTAL. Quartz hyalin incolore, ou cristal de roche. C'est la plus dure de toutes les variétés du quartz. Elle présente dans sa ■orme primitive des prismes à six pans terminés par deux pyramides Sa pesanteur spécifique est de 2,65. Moins dur que les pierres fines, le cnstal de roche raye le verre et résiste à la lime. Les anciens s’en sont servis; le nom qu’ils lui ont donné vient de KptuEtv, geler, supposant, ce qui s’est confirmé, une sorte de congélation.
On a, en effet, trouvé dans des crevasses de rochers, dites poches à cristaux, des dépôts de silice combiné à la chaux, à l'état mou ou gélatineux. Le grand air les a solidifiés et pour ainsi dire congelés. La superstition avait ajouté nombre de fables à cette première idée oui, comme on le voit, était juste. Chez les Romains, on exécuta des coupes et des vases de cristal de roche de grandes dimensions, et on les gravait pour faire disparaître ou dissimuler les défauts, tels que filets, stries et une sorte de nuée argentine. Au moyen âge, le verre n’atteignant pas à l'éclat du cristal, on n’eut pas besoin de distinguer le cristal de roche ou naturel uu cristal artificiel. On disait simplement cristal et aussi béricle, ainsi que le prouvent les exemples suivants, parmi lesquels on en remarquera où le béricle est distinct du verre. Quant à l’expression de voirre de cristal, elle est prise dans l’acception de vase à boire. Je cite un dragoire dont la coupe de cristal a un émail au fond. Comme le cristal ne supporterait pas la chaleur nécessaire à la fonte de l’émail, il faut supposer que ce morceau de cristal était fixé sur le pied par une virole ciui le traversait, et l’émail était vissé sur la virolle. A l'époque de la Renaissance, quand les verreries de Venise luttèrent avec r éclat du cristal naturel, même avant la fabrication du verre à base de plomb, on distingua soigneusement le cristal de roche du cristallin de verre. On appela ce dernier cristal de Venise, et le prix auquel on l'estimait établissait à lui seul une grande différence.
(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 171.
(B) !363. Deux petits barils, à un entonnoir de cristal, à mettre basme, en no estny
garny d'argent. (Inventaire du duc de Normandie.)
(C) — Un estein de béricle, garni d’argent esmaillé, poise vj marcs, v onces.
(D) 137Î. Cristal est une pierre reluysant et clère , qui a couleur de eaue, car
elle est engendrée de nège ou de la glace endurcie par monltz de temps. (Le Propriétaire des choses. Trad. de J. Corbichon.)
(B) 1380. Un grand estrin de béricle, garny d’argent esmaillé, pesant xyj mares. (Inventaire de Charles V.)
(F) — Une pomme de béricle.
(G) — Deux fourchettes d’argent dont le manche est de cristal.
(H) — Un fonet de cristal garni d’argent.
(I) 1414. Une oonppe et une esguière de béricle, garnie d’or, à deux terfagfes
d’argent ez pattes, esmaillez de vert, à petits conils d’argent. (Inventaire du duc de Bretagne.)
(J) 1416. Une couppe et une esguière de béricle que lo duc donna en la ville
de S. Quentin en Vermandoys à MS. le Dauphin. (Compt. de Bretagne.)
(K) — Une pinte de béricle, garnie de ij m., ij onces d’or, ou environ, et le
fretelet garny de six perles et un balay, — ciiijxx l»v. t. (Inventaire du duc ae Berry.)
(L) — Uns béricles non garnis, toute ronde, prisé lx s. t.
(M) — Un grant pot de cristal , à deux ances de mesmes, garny d’argent
doré, et sur le couvercle a un hanlt tabernacle d’argent doré, fait de maçonnerie, bien déliéement ouvré et siet le dit pot sur un grant pié d’argent doré esmaillé et y a plusieurs yraages de taille qui st> ns tiennent le dit pot, — iiyc iiv. t.
(N) Un petit ànnelet d’or, auquel a une pierre de béricle, prisé xi s. t.
(O) — Un gobelet de cristal, sans couvercle, non garny, — xl s. t.
(p) — Un voirre de cristal, sanz couvercle, non garny, — vj liv. t.
(Q) 1420. Ung hanlt gobelet de cristal , ou de bérique, en manière deconpF, séant sur nn pié d’or cizelé. (Ducs de Bourgogne, 4228.)
(R) 1420. Un porte Dieu, où l’on porte le saint sacrement, fait de deux rons
bériqnes bordez d’or. (Ducs de Bourgogne, 4063.)
(S) — Un porte Dieu, d’argent doré, garni de deux voirres au lieu de béri-
ques, dont l’un est cassé. (Ducs de Bourgogne, 4089.)
— Une petite salière dont le corps est d'une manière de cristal sur le ■vert. (Ducs de Bourgogne, 4190.)
(T) 1455. Unes patenostres de béricle, x liv. t. (Ducs de Bourgogne, no 6783.)
(U) 1467. Unes patrenostres de cristal, à deux boutons d’or, dont aux deux bouts
a des chaynanlx de coral. (Ducs de Bourgogne, 3159.)
(Y) — Ung petit y mage, d’argent doré, de nostreDame, tenant son fils, monstrant sa mamelle qui est de cristal. (Ducs de Bourgogne, 2027.)
(X) — Ung Yoirre blanc , hault , de cristal , garny d’or et de Iviij perles.
(Ducs de Bourgogne, 2339.)
(Y) — Ung voirre cristallin couvert, garny d’or. (Ducs de Bourgogne, 2340.)
(Z) — Gobeietz de verre, de cristal et de terre et autres pièces. — Antre vais-
selle de cristal garnye d’argent doré et autrement. (Voyez Ducs de Bourgogne, du n° 2720 à 2765.)
(AA) — Ung escbequier d’argent — garny d’eschez de cristal. (Ducs de Bourgogne, 3258.)
(BB) 1498. Ung drageouer, d’argent doré, la conppe de cristal et au meleu
d’icefie a ung grant esmail escript et, eu icelluy esmail, a plusieurs personnaiges, arbres et bestes, la couverture aussi dorée à plusieurs esmaulx, le champ cainoisé, le pié et le baston de mesmes, le pommeau d’ieelny faict à maczonnerie et personnaiges, le tout d’argent doré et le pié à jour, pesant onze maTcs, deux onces d’argent. (Inventoire de la Roy ne Anne de Bretagne.)
(CC) 1534. Ung ehapellet de cristal vert, faict en façon de glands garny d’or, avec une houppe d’or et d’argent et six aisneaulx d’or, esmaillez de vert ; ensemble sii rubis, etc., etc. (Comptes royaux.)
(DD) 1536. Une pierre de cristal, où est gravée la bataille de Pavie. aiant ung cercle d’or allentour, reposant sur une aultre pierre de cristal en columne de deux doigta de long, à huict quarrés, plus bas est ung bouton de cristal taillé à losenges, garni en trois lieux d’argent doré, aiant, entre la dite pierre taillé et la colomne, deux lyons d'or et soubz le dit bouton y a une cornaline où est gravé ung lyon passant, l.e tout venant de l’évesque de Trente et mise en une petite custode de velour noir, pesé iiij onces iiij est. (Inventaire de Charles-Qnint.)
(BE) 1560. Ung cristal tout rond, où il y a une monstre dedans, garny d’or et enrichy de petite caralyeux et autres menues pierres, estimé — lxx. (Inventaire an Roy fait à Fontainebleau.)
(FF) — Une petite tour de cristal, assise sur ung pied, où il y a une figure dedans émaillée, — xx.
(GÔ) — üng tableau d’argent doré, garny de cristal painct, où est la passion et ung Dieu au dessus tenant une croix en la main, — iiij**.
(HH) — Ung coffre de cristal, gravé et garny d’argent doré, et de quelques frises émaillées — «je.
(Il) — Ung grand mironer de cristal de roche, garny d’ébène, ayant une aulnisse et ung saphir au dessus, avec quatre amatistres, et quatre camayeux, estime — cl.
(JJ) 1593. Une pièce de cristal, triangle, par laquelle se voyent plusieurs et diverses couleurs de l’arc en ciel. (Inventaire du duc de Lorraine.) (KK) 1599. Une sallière de cristal de roche, garnie d’un couvercle de mesme cristal, enchâssé d’or esmaillé, au bault duquel y a une flambe d or enrichie (le quatorze diamans et quatre rubis; à l’entour du dit couvercle y a quatre rubis et au dedans d’iceluy est taille de relier, en iceluy ert le sacrifice d’ Abraham, avec neuf diamans et deux rubis, — prisé iijc eseus. (Inventaire de Gabrielle d’Estrées.)
(LL) 1599. Un verre de cristal fait en cloche, garny d’or, esmaillé de ronge clair avec de grandes flambes, prisé la somme de deux cens escns.
(MM) — Deux poissons de cristal de roche’, garniz d’or esmaillé, et dedans les yeux aeni rubis, prisés iijc escus.
(NN) — Un petit chanderon de cristalin de verre, prisé xxx sols.
(00) — Un grand mirouer de cristal de Venise, garny d’ébeyne, prisé la somme de sii escus.
(PP) 1603. A la Heine (d’Angleterre) un miroer de cristal de Venise, dans une boete d’or enrichie de diamans. (Sully. (Economies royales.)
cristal lier. Ouvrier pour la taille du cristal de roche.
(A) 1260.11 peut estre cristallier à Paris qui veult, c’est assavoir ouvriers de pierres de cristal et de toutes autres manières de pierres natnrenx. (Statuts des métiers de Paris.)
CROIX. La croix à quatre angles droits, avec le jambage inférieur plus long que les autres, est la croix du Calvaire, la croix chrétienne . la croix de l'église catholique. Le jambage central et
Eendiculaire se nomme la hampe ; on appelle bras de la croix la e ou traverse qui coupe celui-ci à angle droit. la croix à quatre angles droits et quatre jambages égaux est la croix de l’église grecque. La croix en X porte le nom de saint André, parce qu'elle servit a son martyre. La croix en Tau, béquille ou potence, fut adoptée symboliquement par quelques églises a une époque assez ancienne. I.a croix en Y a pour elle aussi quelques autorités. Il y a des ouvrages entiers et d'innombrables dissertations sur l’origine, la for me vraie de la croix du Calvaire et sur ses variétés. C’eut été effleurer ce grave sujet que de l’aborder ici. Je renvoie aux inventaires des églises, aux inventaires royaux et au travail dans lequel, m’appuyant sur les monuments, je ferai usage de ces textes.
CROSSES. Crocia, dicta a similitudine crucis — baculus pastoralis — potence. (Voyez ce mot.) La mission pacifique et le caractère de chef du troupeau des fidèles a transformé en bâton de pasteur le lituus des Augures, sanctifié par la mission des nouveaux ovèques. Son usage remonte aux premiers siècles de l’Église. Les archevêques et les évêques eurent des crosses au moyen âge , les abbés et les abbesses eurent la leur, et, dans la rigueur du droit, un abbé , devenu évêque et archevêque à la fois, ce qui s'est vu, aurait pu porter à la main une crosse à triple volute, mais pareil entassement de vanités ne s’est pas produit; au moins sur les monuments, nous n’avons, et très-exceptionnellement, que des crosses doubles , c'est bien assez. Quand je ferai la description des représentations figurées et des crosses conservées dans les musées et trésors d'églises , je donnerai la liste de tous les sujets qui remplissent la volute des crosses. Ce serait ici hors de propos. J’ai dû renoncer à publier in extenso les descriptions de crosses que j'ai trouvées dans les inventaires d’églises et dans les inventaires de toutes sortes, c’eût-été sans grand profit pour l’étude et très-volumineux. Je puis «lire d’avance que les volutes des crosses ont été toujours s’augmentant en dimensions , et qu'ornées d’abord de rinceaux et d’animaux, dans le style d’ornementation de l’époque, elles se remplissent, à la fin du xii* siècle, de sujets religieux, parmi lesquels la salutation évangélique et le Christ sur la croix, entre Marie et saint Jean, sont le plus souvent répétés. On trouvera d’excellentes indications à
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l’article Baculus du Glossaire de Du Gange. Pour le tau, voyez, dans ce Répertoire , au mot Baston de Chantre .
crch’skquix. L'étymologie de ce mot m’échappe. On serait porté à la chercher dans la langue allemande , si même une des citations suivantes ne donnait une indication dans ce sens. C était un gobelet.
(A) 1363. Un crotisequm dp madré. (Inventaire dn duc de Normandie.)
(B) 1380. Six gnobelés, appelles erensequins , du pois d’environ vi mars, d’ar-
gent doré. (Flainoiries civiles. Reg. du Pari.)
(C) 1382. Ung creusequin d’or— avec le couvercle. (Comptes. Pr. île l’hist. de B.) (B) 1397. Un gobelet d’or, en guise, de cousequiu d’A lie inaigue, à un pied et
trois signes d’or. (Apud Du Cange.)
(E) 1416. Un grant creusequin de madré couvert, les bonrs garnis d’argent
doré. (Invent, du duc de Berry.)
(F) — Uu autre creusequin de madré non garni.
(G) 1467. Ung crosequin de serpentine, garnyle pié, la bordure et le couvercle
d’or, j»esant ensemble iij m., ij o. (Unes de Bourgogne, 2360.)
(H) — Ung grousequin de cristal, sans ansse, garny d’argent doré. (2750.)
crucifix. Il y a un livre à écrire sur le crucifix. Faute de pouvoir lui donner l’étendue convenable, je n’aurais pas fait d’article sous ce titre , si je n'avais quelques mots à dire sur la fabrication et le commerce des choses saintes. Athènes, dans l’antiquité, chargeait d’images de dieux les vaisseaux qui sortaient du Pyrée , pour trafiquer avec le monde entier des anciens. Au moyen Age, on hérita de cette façon débonnaire d'envisager les choses saintes, avec d’autant plus de* droit que le catholicisme avait grandi sur les ruines de l’idolâtrie , et devait enseigner le peu de cas qu’il fallait faire de ces images matérielles, destinées à rappeler seulement ou les grandes scènes ou les personnages vénérés de l’Histoire Sainte. Quelques facilités données aux métiers qui exécutaient les images des saints et les ustensiles de l'église, quelques prescriptions saçes pour veiller à leur bonne exécution ; afin d’assurer leur durée, telles sont les précautions et les privilèges , qu’au point de vue industriel , on imagina , et qui établissaient une si faible distinction entre le bahut sculpté et le retable, entre le drageoir et l’ostensoir, entre la statue du chevalier destinée au monument funéraire et le crucifix destiné à la croix.
(A) 1260. Qmconqnes Vent estre ymagiers à Paris, ce est à savoir taillièrres de
croceilz, de manches à coatuns et de toute antre manière de taille, quèle que oie soit, que on face d’os, d’yvoire , de fnst et de toute autre manière d’estoffe. quele que èle soit, estre le pnet franchement, pour tant que il sache ]p mestier et que il euvre ans us et ans coustu mes du mestier devant dit — Li preudome del mestier devant dit sont qui te dn guet, ne ne doivent rien de costume de chose qu’ils vendent ne achatent aparienant à lenr mestier; qnar leurs .mortiers n’apartient à nnle ame, fors que à Sainte Yglise et ans princes et barons et ans antres riches homes et nobles. (Statuts des mestiers.)
(B) 1320*. Et riches croces à evesques,
A abez et à archevesques,
Cniceflz et ymagerie
D’argent et d’yvmre entailhe. (Dict. des raarcheans.)
CRUET. Burette
(A) 1376. Deux croetx, taillez corne deux angèles , pur servir à mesme Tant perpétnelement. (Off. du Prince noir à l’église de Cantcrbnry.)
(B) 1440. Cruett. Ampnlla, pbiola. (Prompt, parvnl.)
CUDE. Ceinture.
(A) 1600. Avec un petit présent d’une ceinture . qne les fllenrs de soye nomment une code , elle reporta la fourchette au bon père , luy disant qu’elle étoit bien tenue à luy. (Le Moyen de parvenir.)
CUILLER. Les cuillers sont vieilles, ie ne dirai pas comme le inonde , mais certainement autant que la soupe, et les textes les plus anciens sont bien moins anciens qu’elles. Comme elles sont citées souvent avec la fourchette, j’ai réuni quelques citations sous ce dernier titre.
CELLIER D’ÉGLISE. Les inventaires des trésors des églises et des princes mentionnent des culliers percées qui peuvent répondre à plus d’un usage sacré et profane. Comme mon but n’est pas de disserter sur les formes successives des différents ustensiles de l’Église, les tms abolis ou hors d’usage, les autres conservés dans les formes actuelles du rit, soit catholique, soit oriental, j’ai réuni sous le titre le plus facilement saisissante ce que je puis en dire ici. Jen’entends pas parlerde la grande cullier, le coehlear, dont les Grecs seuls se servent dans la distribution de l’eucharistie, mais 1° d’une petite cullier dont on s’est servi dans plusieurs églises catholiques, et qui s’est conservée assez tard, avec laquelle on prenait dans le ciboire les hosties consacrées dont on devait se servir à la messe; 2" d’une autre petite cullier destinée à prendre quelques gouttes d’eau pour les mêler au vin du calice ; enfin 3° d’une cuiller percée ou passoire avec laquelle on évitait de laisser entrer dans le caliee aucune impureté. On désigne celle-ci sous le nom de Colum et Colatorium, et dans quelques textes sous celui de Syon et Sium. Quant la passoire des usages domestiques, elle n’a pas besoin d'explication.
(A) 1220. Cap. lvî. De Colatorio. Faciès colatorium aureum sive argenteum
hoc modo. (Après avoir parlé du manche très-omé.) Pelvicuîa rero quæ in summitate est, in medio fundo perforari débet sublilissimis foraminibus per quæ colari debet vinnm et aqna in calice nonenda, per quæ sacramentum dominici sanguinis conflcitur. (Theopnilus.)
(B) 1242. Nec non larga ejns gratia dédit vasculum gemmulis undique septum
nitentibns, acerrae exprimées similifudinem, si non ah inferiori capite modice falcato unci speciem retineret. Per hoc foratum subtilissime vinnm qnandoqnc funditur in calicem ne pili sive quæ aer movet agitabilis, valeant admisceri. Syon anüquorum vocavit douta discretio et a snhdiacwio festive geritnr pro manipule. (Charta Hugonis Cenom. apud Mabillon.)
(C) 1336. Deux calices d’argent, dores dedans et dehors, la cuillier d’argent
avec. (Acte de fondât, de la chap. de Blanville, publié par M. Taniif.)
(D) 1502. Corlear magnum , argenteum , perforatum , qno solet colari vinnm
(ut fertnr) pro celehratione facienda et habet in extremitate canulî magnum aunlum qno deferri consnevit in festis annualibus a snbdiacono. (Invent, de Laon, publié par M. Darras.)
cru. lf.r POUR la LANGUE. Gratte-Laugue.
(A) 1467. Une petite cullier à nectoyer la langue. (Ducs de Bourg , 2538.)
CUIR BOUILLI. Le cuir servait à tant de choses que Froissart disait proverbialement: D’autrui cuir, large ceinture, ou bien: Qui cuir voit tailler, courroies demande. Je ne veux citer qu’un petit nombre de ses applications. Je ne parlerai donc ni des harna-
chements et armures , ni des objets recouverts de cuir en poil , c’est-à-dire préparé avec la fourrure, ni de ceux qu’on rcvètissait de cuir escorché, c’est-à-dire piqué , mais je prendrai dans mes extraits quelques citations de cuir bouilli haché en manière d’en levure , c’est-à-dire taillé au canif et relevé eu relief, qui est le premier genre de travail usité* ensuite de cuir bouilli poinçonné* c’està-dire travaillé au petit fer, qui marquait à froid par pression, et enfin de cuir bouilli estampé, qui fut le dernier procédé, d’abord travaillé avec des fers de petite demension , grandissants ensuite jusqu’à s’appliquer par plaques entières. La dorure, l’argenture et la couleur ajoutaient beaucoup à ces travaux, qui ont leurs monuments : le premier procédé des le ix® siècle, le second dès le xiv®, le troisième dès le xv®. J’ignore comment on obtenait du cuir ces gonflements qui donnent, dans le foulage de l'estampage* des reliefs très-accentués, il est probable que l’ancienne préparation des cuirs s’y prêtait mieux que le cuir actuel ne le ferait , et c’est aussi de cette manière que je m’explique l'emploi du cuir bouilli pour faire les effigies dans les funérailles royales. En même temps que ces impressions se faisaient à froid et au petit fer, gravé en relief et à rebours, on découvrait le secret de l’impression humide. Le lieu qui unit ces deux inventions donne de l’importance aux premiers cuirs bouillis estampés et à leur mention dans les textes.
(A) 1185. Moult fu riches li frains qu'il li a el chief mis
Son poitrail lai laça qui fu de cuir bolis.
(Graindor, Gh. d’Antioche.)
(B) 1190 *. Uu cuir boli a en son dos gité
Par desore ot un clavain afautré.
(Guillaume au court nez.)
(G) 1243. Pro tribus hanaperiis de corio bulito. (Comptes royaux.)
(D) 1250*. La carre du roi Phyon fut de cuir d’éléphant bouilli dont le taber-
nacle et la marcelle fu peint à collors et à vernis. (Poème de la guerre de Troyes.)
(E) 1320. A Nicolas de France pour ij escrios de cuir boulli que il fit à la royne.
l’iin pour une nef d’argent et l’autre pour un eharriot d’argent qui porte une nef. (Comptes royaux, cités par Leber.)
(F) 1330. Un livre — en un fourrel de quir bouli. (Inventaire de la Biblio-
thèque de La Ferté.)
(G) 1380. Un coffin
De cuir bouilli et fin
Avec lettres belles et sages. (Froissart.)
(H) — J'avoie, adont. de cuir bouli
Un coffinet bel et poli Qui estoit longes et estrois Où les balades toutes trois Mis. (Idem.)
(I) 1387. A Perrin Bemart, gaingnier , demeurant à Paris — pour j estuy de
cuir boully, poinçonné et onvré à devises d’enneles entrelenans — ponr mettre et porter une aiguière d’or que MS. le Due de Bourgongne donna ail Roy NS. pour ce — ivj s. p. (Comptes royaux.)
(J) — A Iny, pour un grant estuy de cuir boully, achatté de luy ce jour,
pour mettre et porter ungs tableaux que a faiz Jehan d’Oriéaûs, peintre et varlet de chambre du Roy NS., pour ce — xxxvj s. p.
(K) — A Jaquet aux commis . boieillier, demeurant à Taris, — pour dciu.
grans étuis de cuir boully, poinçonnés et armoiez des armes ne France, garnis chascun de deux courroies de cuir et de cros de fer, — pour
mettre et porter les ÿ grans barils d'argent à porter eaue en l'webançonnerie an Boy, — nxij s. p.
(L) 1388. Coffrerie, males etbahns. A Jaquet, pour un astuy de cuir boully, armoyé des armes de Madame la Itoyne, pour mettre un petit tableau d’ivoire pour la dicte Dame, pour ce — iiij s. p. (Comptes royain.)
<M) i 390. A Guillaume Tireverge, bouteiller, demouraut à Paris, pour un estuy »
de cuir boullt, fauve, poinsouné et armoié des dictes aimes, acheté de lui pour mettre et porter un gobelet d’or de la Rnyne et pour un antre plus petit estuy pour mettre une petite cuitlier d'or de la dicte Dame ,
— si] s. p. (Comptes royaus.)
(N) 1416. Un coffret de cuir ouquel a plusieurs angelt et feuilles en manière
' d’enleveure et aus armes de feu Mds. et est garny. 4‘argeut doré, —
vüj liv. t. (Inventaire du duc de Berry.)
(O) — l'n estuy de cuir noir, où il a quatre compas d'argent, les deux grans
d’argent véré et deui petis d'argent blanc, prisé viij liv. t.
(P) — Un vaissel de cuir tout rond et très bien poly.
(Q) 1443. A Gilles Bonnier, faiseur de coffres de cuir, pour la vendue et déli-
vrance d’un grant coffre, couvert de cuir, ouvre.de vignettes et antres diverses fleurs, garny de bendes de fer, clef et serrure, — xiiij fr., xij sols. (Dues dé Bourgogne, 1381.)
(R) 1453. Ung barnois de cuir boully, pour ung cheval, contenant trois pièces.
(Comptes royaui.)
(S) 1460. Le corps (du roi d’Angleterre , en 1422) fut mis sur nug chariot que
' quatre chevauli blancs menoient et la ftetiou de son imaige firent faire
de cuir boully, vestnc réallement et paincte au vif, couronne d’or ep teste , sceptre en une main et une pomme d'or en l’autre. (G. Chastellain.)
CUin EMPRAINT. Cuir marqueté et martelé. J’appellerai l'attention sur ce procédé qui est l’un des précurseurs de la découverte de l’impression. Je vais citer des relieures de cuir empraint et aussi des relieures de cuir tout plain, c’est-à-dire sans empraintes.
(A) 1380. Un livre couvert de cuir rouge à empraintes. (Invent, de Charles V;)
(B’ 1401 . Un grant livre — couvert de cuir vermeil et empraint de plusieurs fers. (Ducs de Bourgogne, n° 5940.)
(C) 1416. Un livre escript et noté de laia anciens, couvert d'un cuir vermeil ' ‘ tout plain, à deui ferraouers de cuivre. (Invent, du dnc J. de Berry.)
(D) 1420. Le livra de Macomet couvert de ronge plain. (Ducs de Bourgogne,
no 6387.)
(E) — Le service de la chappelle du Roy, couvert de cuir rouge marqueté.
(Ducs (le Bourgogne, n« 6372.)
(Fl 1440 Ung messel, couvert de cuit rouge martellé. (Ducs de Bourgogne, nv 6572.)
CUIR doré. On faisait, au commencement du xvi* siècle, une foule d’ouvrages et d’étuis en cuir doré à la mauresque.
(A) 1528 Pour une boueste aussi de cuir doré, faicte à semblables onvraiges moresques, garuye de bandes de fer dorées, fermaut à deux charnières et serrures à clef — vy liv. vi s. (Comptes royaux.)
CUIR DE LION. Parmi tous les genres de cuirs employés au moyen âge , je citerai celui fait de peau de lion, non pas seulement parce qu il était considéré comme de grande vertu contre la gravelle et le mal de reins, ce dont Guy de Cliauliac se porte garant , mais parce qu’il était très-orné, en raison même de sa rareté et de cette vertu.
(A) 1313. Uue ceinture de quir de lionn, bamessé d’or od camaeux. (bavent, de Pierre de Gaveston.)
(B) 1380. Ung oourroy* de cuir de lyon, sans nulle ferrure, eu laquelle a cousu encontre en ung cendal, troys enseignes d'or qui ont esté faietes pour J* mai des raiu». (lnvent. de Charles V.)
CUIR PEINT. Ce genre de travail a été introduit ou réintroduit en France, à la lin du xv« siècle, par des peintres italiens, et s’est continué pendant tout le xvi® siècle et les premières années duxvn®. La peinture se détache sur des fonds dorés et se conserve bien. Je citerai de ces cuirs peints/.en passant les monuments en revue.
(A) 149$. A Jehan Garnier , sellier, demoorant à Tours, la somme de quatre livres quioxe sols tournoys à luy ordonnée pour ung grant cuir de boeuf blanc, passé par alnng de glaz, par luy baillée et livrée à ung paiptre que le Roy avait faict venir dTtalIre, auquel ladiete Dame (la Royne) a faict faire et paindre le parement de son lict — iiij liv., xv s. (Comptas royaux.)
CUIRET. Bourse de cuir.
(A) 1250*. Ja ne puisse je chanter messe.
Dame se vous n’avez vostre offre.
Je les vois mettre hors du coffre
Et les deniers et le çuiret. (Fabliaux*)
(B) — Quinze livres d'estrelius blans
Estaient en un cuiret confus. (Fabliaux.)
i'UlRiE. Morceau de cuir qu’on portait par-dessus l’armure, qu’on étendait sur les chariots et dont on couvrait les coffres chargés sur sommiers. Dans ce dernier cas, c’était quelquefois une peau, entière de vache ou vachin , de là les mots vache et bâche qui se. sont conservés. On disait aussi des cuerres couverts, mais cuerres et querres ont une autre origine dont je ne puis m’occuper ici.
(A) 1241. Pro saccis ad farinam regis, pru eureis et cotfris ad panem portandum x liv. x il (Comptas royaux.)
{B) 1300*. Li prince* soloient chevauchiez en char cuirez et covers richement par dehors et par dedans de pailes d’or et d’argent. (La Guerre de Troie.)
(€) 1*28. Une cnirie pour le chariot, viij lib. (lavent, de la royne Clémence.) (D) 1353. Pour une grant cnirie à couvrir le chariot de la frueterie du Roy. (Comptas royaux.)
Œ) 1391. A Pierre du Fou, coffrier, pour une couverture noire d# cyirde vache, appellée entrée , pour mettre dessus et couvrir le chariot de la garde rone de NS. — xix 1. iiij s. p. (Idem.)
(F) 1459. Li vachins à faire empaignes et houseaux. (Lettres de rémission.)
(G) 1574. Pour une douzaine de vaches grasses pour couvrir les trois impériales
de ladite cawoche. (Compte de Pénurie de Monseigneur frère du Roy.)
CUL DE VILLAIN. Je n’ai trouvé cette expression vulgaire ni dans les grands lexiques, ni dans le Dictionnaire d’Oudin, ni dans le Glossaire de Rabelais par Le Duchat, deux ouvrages où se sont donné rendez-vous tontes les formes libres du langage. Je propose, à fout hasard, une supposition, et je l’appuierai d’un dessin qui la fera mieux comprendre . lorsque je mettrai des notes illustrées à l’iuyenUue de Charles V. La culotte du pauvre est souvent gercée, et laisse voir le contenu. L’enveloppe de la bourse échancrée à pointe pendante par le bas donnait joui au fond de la bourse , de la l’expression à cul de villain, c’est-à-dire à fond percé.
(A) 1380. Une bourse de satanin , à cnl de villain, i iiij escueons de France. (Inventaire de Charles Y.)
(B) 1380. Une bourse de cuir blanc et rouge, faicte à cul de villain.
(C) — Ils s’étaient mis à porter barbe longue et robes courtes, si courtes qu’ilz
montroient leurs fesses, ce qui causa parmi le populaire une dérision non petite. (Continuateur de G. de Nangis.)
CUREDENT. Voyez Coutelet, Furgette et Esguillette.
(A) 1487. Ung curedent, ouquel est mis en œuvre ung diamant nommé la Lozenge et une grosse pointe de dyamant et une grosse perle. (Ducs de Bourgogne, 7172.) •
CITROREILLE. Cet instrument, ou ustensile de toilette, est beaucoup plus vieux que les citations qui suivent. Voyez Furgette.
(A) 1555. Pour une douzaine de curoreilles d’ivoires à deux sols pièce — 24 s.
(Comptes royaux.)
(B) 1556. A Gilles Suramond, orfèvre dn Roy, pour ung estuif d’or garay d’un
curedans et ung cureoreille, tous tailles d’espargno, enrichy de couronnes esmaillées de rouge et blanc. (Comptes royaux.)
CUSTODE. Dans le sens d’envelopne et de gaine, puis de ciboire qui enveloppe les hosties, enfin de nueau et de voile qui couvre le ciboire aux hosties consacrées. Je laisse de côté ce mot quand il désigne les tours dans le jeu des échecs.
(A) 1160*. Remistle livre etl'estolle en leur custode. (Lancelot du Lac.)
(B) 1460. Lors monta et print congé de lny et se mist au chemin, et le menes-
trier demeura tout seul, si print sa harpe et la mist en sa custode, puis se mist en chemin. (Perce forest.)
(C) 1467. Trois custodes de cuir, paintes d’or, où a. en cbascune custode, deux
fluctes d’yvoire que grandes que petites, aont l’une des deux grosses flûtes est garnye, au sifflet, d’or et par einbas garnye de deux sercles d’or et semées de petites perles, d’émeraudes, grenas et rubis et n'y fault rien. (Ducs de Bourgogne, 3232.)
(D) 1538. Donné à maistre Jehan Gougon (le célèbre sculpteur) pour sa peine
d’avoir faict deux pourtraicts pour faire une custode pour porter le corps de notre Seigneur, pour ce payé — xxvi sols viij den. (S. afaclou, Air h. de la Seine-inférieure.)
(E) 1563. A Marie Poullajp» veufve de deffunct Pierre Cauchoys, en son vivant
orfaive, pour une custode d’argent, xxx liv. xv s. (Idem.)
(F) 1566. A Jehan Aucel, orfebvre, pour une custode de cuivre, xx s. (Idem.)
CUVETTE, de Cuva, cuve, petite cuve ; on disait aussi cuvellette. Lorsqu’à la fin du xvie siècle, la forme ovale devint à la mode, on donna cette courbe aux cuvettes et on commença «à s'en servir comme bassin à laver.
(A) 1363. Deux cuvettes d’argent, une percée et une plaine. (Inventaire du duc
de Normandie.)
(B) 1380. Une cuvette d’argent, dorée, sur iiij roeset a iiij escucons de France,
pesant xvüj marcs, iiij onces. (Inventaire de Charles V.)
(C) 1397. Une cuvette d’argent blanc pour mettre refroidir le vin du Roy NS.
(Comptes royaux.)
(D) 1467. Six gobelet* d’argent, en manière de cuvectes, goderonné et grénetés.
(Ducs de Bourgogne, 2589.)
(E) 1599. Une cuvette d’argent doré, faicte en ovalle, pesant soixante et seize
marcs. (Inventaire de Gabrielle d’Estrées.)
CYVECTE. L'animal , et aussi la liqueur odorante qu’il produit. A) 1467. Une petite boistelecte d’argent à mectre cyvecte. (Ducs de Bourgogne, 3069.)
(B) 1472. Pour une cage pour mettre une civette nouvellement venue de Levant. (Comptes royaux.)
DAMAS (Œuvre de). Damas, Mossoul et Bagdad semblent avoir été, au moyen âge , les villes industrielles qui nous fournissaient d’ouvrages damasquinés, de poteries, de verreries et de parfums. Le long séjour des chrétiens en Orient aurait suffi pour vaincre leurs préventions contre tout ce qui venait des Sarrasins, si même la séduction de leur art n’avait eu libre carrière pour s’exercer à l’abri du droit qu’on avait de se parer de dépouilles glorieusement conquises. Le style arabe devint donc à la mode, et la marine marchande importait avec succès toutes les productions de llndMe orientale. Venise, qui ouvrait son port à ce grand envahissement, était trop industrieuse pour ne pas s’emparer de cet engouement et le faire tourner à son profit; elle fabriqua, à s’y méprendre, des étoffes, des verres, des ciselures, des bijoux, contrefaçons orientales, et les répandit dans toute l’Europe avec un plein ‘succès. Paris, Arras, les Flandres et successivement toutes les villes manufacturières adoptèrent cette mode, et le nom de Damas resta à des produits qui n’avaient plus qu’un faible reflet de l’Orient. Voyez Bagdad, Damasquinure , Oultremer et Sarrasins.
(A) 1180. Sor i pale de soie sunt asis de Damas. Li Romans d’Aliiandrc.)
(B) 1345. Or chevauche le roy de Chippre
Oui n’est pas Testas de drap d’Ippre,
Mais d’un drap d’or fait à Damas. (Gu il. de Machaut.)
(C) 1352. Pour vj draps d’or de damasque, pièce, L escus, et pour xviij antres
draps a’or appeliez macramas et mactabas, portés et délivrés pardevers le Roy. (Comptes royaux.)
(D) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 151, 152.
(E) 1380. Un grand calice d’ancienne façon, d'œuvre de Damas, semé de mesme
pierrerie, pesant v marcs, v onces et v esterlins. (Inv. de Charles V.) — Un long pot de voirre on aiguière, de la façon de Damas , le biberon garny d’argent et semé de fausse pierrerie. *
— Un petit bacin, à biberon, parfond, lequel est de enivre ouvré d’œuvre de Damas.
(F) 1416. Six platelez de bols, l’un dedans l’antre, pains à ouvrage de Damas,
— x liv. t. (Inventaire du duc de Berry.)
(G) — Une escuelle de bois painte par dedans de vermeil et dehors de cou-
leur tannée, prisée ij s., yj den. t.
(H) — Deux cuillers de bois , paintes dedans à l’ouvrage de Turquie , —
v sols t.
(I) 1495*. Laisseras tu en dneil et ennny celles
Que les brandons et vifves estincelles De Cupido atouchent de si près,
Que eaux deDamatz, marjolaines, cyprès De romaraius, verds lauriers et lavandes Ne leur font rien. (Crestin.)
DAMASQUINURE. L’ornementation colorée, quand elle est dans le goût d’un peuple, s’étend à tout. L’antiquité m’en fournirait la preuve , s’il m’était permis de m’occuper d’elle ; les Arabes me serviront d’exemple. Cnez eux l’architecture resplendissait de couleurs, dans la gamme de tons qui s’harmonise avec leur génie ; leurs
vêtements, leurs tentes, leurs harnachements (Vint briller les plus riches nuances. Le métal pouvait-il rester sombre et muet, dans son éclat mouochrôme? La nation arabe ne le pensa pas, et ses artistes découvrirent une palette dans les nuances des differents métaux. Sur une plaque de fer, habilement striée au moyeu de la lime. Us dessinèrent leurs compositions, et ils couvrirent ces dessins de feuilles d’or et d’argent qui , par la pression et le frottement, adhérèrent et s’incorporèrent au fer. Les parties de la plaque non recouvertes furent brunies , et ces métaux , éclatants dans leurs différentes nuances, formèrent une sorte de peinture métallique. Tel pst le procédé que nous adoptâmes le plus généralement , et en décrivant les monuments, j’en distinguerai plusieurs autres non moins ingénieux (Voyez l'extrait de Belon) , atteignant le. même but, et fournissant la preuve qu’un échange de moyens d’exécution eut lieu anciennement entre uos artistes et les artistes arabes. Si Théophile ne parle pas de la damasquinure , il faut en chercher la causp dans les nombreuses lacunes de ses manuscrits ; s’il attribue aux Arabes une supériorité dans cet art , c’est conforme à nos informations, et le nom même que ce procédé a conservé prouve qu'il avait raison.
(A) 1553. Les tares aymenl à avoir leurs espées, qu’ils nomment cimeterres, non pas aussi luisantes comme les noires, mais dainasqninées, c’est à dire ternies de costé et d’autre : par qnov les armuriers scavent détremper du sel armoniac et vertl et avec du vinaigre dedens quelque esc uelle, où ils mettent la poincte du cimeterre : lequel estant tenu debout, laissent couler de ladicte mixture tout le long du jour par dessus, car cela mange un peu le fer ou acier, suivant la veine qu’il trouve en longueur, qui luy donne bonne grâce, d’anlant qn'on le brnnist par après pour estre pins plaisant à la vene. (Belon.)
DAMIEtt. Ce terme date du xvi* siècle. (Voyez Eschiquier et Tablier.)
(A) 1599. Un damier, dont les carrez sont de cristal, soubz lesquels y a des petites Benrs esmaillées et tout à l’entonr des bordeures de'petiz chefs d Vrmais de bois couverts de cristal, le font garni d'argent doré, prisé ce escus. (Inventaire deGabrielle d’Estrées.)
DAMOISELLE A ATOlllNF.il. C’étaicntdcs guéridons ou tables de toilette , dans le genre des torchères du xvu' siècle, qui tenaient dans tme main le miroir, dans l’autre une pelote, et qm pouvaient recevoir sur leurs tètes les atours tout préparés. Le peintre du Roi avait le privilège de cette fourniture.
(A) 132S. Une desvidouère, une damciselic et unes tables et un estui. 'Invent.
la royne Clémence.)
(B) — Une damoiselle d’argent, en iiij pièces, pesant vij mars, xesterlins,
pnsié iiij lit», vïij s. le marc.
(C) 1349. A Hue d’Yverny pour ij chaières de. fust à laver daines et pour une
demoiselle — xi liv. p. (Comptes royaux.)
(D) 1350. Pour une demoiselle à tenir le miroir madame la Reyne. (Idem.)
(E) 1352. A maistre Girart d’Orliens, paintre, pour une demoiselle à attourner
Iis. par. (Idem.)
(F) 1353. Ledit maistre Girart pour la façon de iiij damoiselles de fust, nette-
ment ouvrées et paiutes, à bon ûr bruni, â tenir les miroirs desdietes dames, à cause de leur dict atour, iij escus la pièce — xii escus. 'Idem. )
(G) 1391. A Jehan de Troyes, sellier, pour une damoyselle de bois, peinte fin
vermeil et armoyée des armes de madame la’ duchesse de Tuurraine pour mectre devant lui, pour J’atour de son chief, pour ce, iiij liv. p. (Idem.)
BT RÉPERTOIRB. 245
(H) 1393. Pour une demoiselle de bois, dorée , painte de. vermeil et garnie ainsi qu’il appartient, pour mettra on rairaitde ladicte madame de Tourraine pour servir à soy atoumer. (Idem.)
DANDA1N. Sonnettes qu’on pend an cou des animaux, et qui entraient, par imitation , dans les joyaux et colliers.
(A) 1390. Es quelles bestes à laiues en avoit une qui avoit un dandin ou clo-
chette pendue an col. (lettres de rémission.)
(B) 1393. Pour deui colliers d’or à deuv dandains. (D. de B., no 5556.)
DESMAILLIÉ. Dont le tissu de maille est rompu. On confondrait à tort ce mot avec désesmaillé, qui indique un objet dont l'émail aurait été enlevé.
(A) 1170*. Toas li a l’esen perebié
Et son aubert si desmaillié. (C’est de Troies.)
DESVIDOUERE. Dévidoir. Voyez Damoiselle.
(A) 1338. Une dcsvuidonère. (Inventaire de la Royne Clémence.)
DEUIL. Les Juifs se couvraient de cendres, les Romains endossaient la toga pt Ma pour pleurer et plaindre leurs morts, les chrétiens voulurent que leur croyance dans l’immortalité de l’Ame et dans la résurrection apportât dans leurs cœurs , sinon la joie, au moins un allègement de douleur. De là cette réforme des pleureuses et une lutte ouverte, à laquelle prit part saint Augustin lui-même , contre l’introduction des vêtements noirs en signe de deuil. Le sentiment naturel prit le dessus et, après ces élans puritains des premiers docteurs de l’Église, on vit peu à peu s’établir et s’étendre l’usage des vêtements de deuil noirs. 11 est vrai que la cour introduisit des changements, on peut même dire des excentricités, dans cette forme des manifestations de la douleur; mais le temps, ou la vérité, ont remis les choses à leur place, même à la cour de France. Si le noir est resté le signe dominant de la tristesse du deuil , on en trouve l’explication dans les rapports de cette couleur avec les idées sombres et lugubres qui nous assaillent dans l’obscurité de la nuit; aussi promenait-il son linceul sur toutes choses et jusque sur les manches à couteaux, accompagnement de la vaisselle blanche d’argent niellée, qui est appelée dans les inventaires, dès le xhi" siècle, vaisselle de Kareme. Dans cette marche ou dans ce développement du deuil, il fallut quelque effort d’esprit pour lui consacrer l’argent plutôt que tout autre métal, et je serais disposé à croire que cette consécration fut lente et tardive, puisque dans les grandes cérémonies funèbres, non pas seulement du moyen âge, mais des iv* et xvi° siècles, on voit toujours les draperies noires frangées d’or et tons les ustensiles faits ou recouverts de ce métal. Ainsi le corps du duc de Berry, en 1416, était mis, au jour de ses funérailles, entre deux draps d'or hordes de veluyau vermeil ; le roi Charles VIII fut transporté, du lit de parement, dans son cercueil sur lequel sera mis un drap d’or traisnant en terre, auquel y aura un bort de veloux bleu semé de fleurs de lys d’or et bordé d'ermines. (L’ordre tenu à l’enterrement du roy, 1494). Ces poêles, en général, sont de couleurs très- variées ; on y sent la vanité des armoiries plus écoutée que le cri de la douleur.
(A) 340. Frates nostri non lngendi accersione dnminica de sæculo libcrati, enni seiamus, non eos amitti, sed præmitti, reeedentes præcedere ut prolicisceutcs et navigantes, desiuerari eos debere, non plangi ; nec acci-
pieodas heic atras vestes quando illi ibi tndnmenta alba jam snmserint. (S. Cyprianos , de mortalitate )
(B) 390. Postremo etiam , qua ratione vestes nieras tinprimus, nisi qnod vere infidèles et iniseros, non tantum fletibus, sed etiam vestibus approbemus? Aliéna sont ista, îratres, eitranea sunt; non licenl,et si ueereut, non decent. (S. Augustiuns.)
(G) 1320. Pour une paire de consteaux et nn parepain que ie Roy eut en karesme, à manche, d’ébeinne. (Comptes royaux, cités par Leber.)
(D) 1352. Pour deux paires de couteaux à trancher devant le Roy — l’une paire
à manches dvbeuus pour la saison du knresme et l'autre paire à manches d’yvoiré pour la fesie /le Pasques. — Pour une autre paire de conteatrx à trancher — à manches pseartelpz d’yvoire et d’ibenus — pour la feste de la Tentheconste. (Comptes royaux.)
(E) 1389. Un hanap d’argent blanc pour caresme. (Invènt. de Charles V.) #
(F) 141 G. Draps de laynne noirs livrés — pour faire robes de dueil à cause du
trespassement de feu MDS. (le duc de Berry) à François d’Orléans paintre — ix liv. t. (Invent, et testament du duc de Berry.)
(G) 1485. Madame de Namur disoit à la duchesse Isabelle que les roynes de
France souloient gésir tout en blaneq mais que la mère du roÿ (Charles VII) print à gésir en verd et depuis tontes l'ont fait. (Aliéner de Boictiers.)
(H) — Cnroy de France ne porte jamais noir en deuil , quand seroit de son
père, mais son deuil est d’estre habillé tout eu rouge et manteau ot robbe et cbapperon, mais la royne porte deuil. (Alién. de Poictiers.) (I ) 15S0. Au lien de tètes de morts qu'elles portaient, ou peintes ou gravées et eslevées; an lien d’os de trespassez mis en croix ou en lacs mortuaires, au lien de lannes, ou de jayet ou d’or maillé, ou en peinture, vous les voyez convertis en peintures de lenrs maris , portées an col, accomodées pourtant de tètes de morts et larmes peintes en chiffres, en petits lacs , bref en petites gentillesses , déguisées pourtant gentiment , que les conte inpldns pensent qu’elles les portent et prennent plus pour le deuil des maris, que pour la mondanité. (Brantôme.)
DEVISE. Plan, Dessin, Projet, Description.
(A) 1360. Un fTascon esmaillé de la devise qui s'ensuit, n° 155. (Et ce qui suit
est la description de ses ornements.) (Invent, du duc d’Anjou.)
— Ung flaseon esmaillé de très graut devise, no 457. (C'est-à-dire d’ornements très-développés.)
(B) 1398. A maistre Jehan Lenoir — pour faire les Irez de la devise desdiz oa-
vraiges. (C’est-à-dire pour tracer les épures selon le plan de l'œuvre entreprise. — Chapelle du monastère des Cjilestius.)
DEVISES. Ce que j’ai dit des chiffres peut s’appliquer aux devises, elles sont beaucoup plus modernes qu’on ne le croit. J’oubbe que devant Troie , que devant Thèbes , les héros de l'antiquité avaient sur leurs boucliers des devises complètes, corp6 et lime. Je ne vois aucune suite à cet usage dans l’histoire d’Athènes et de Rome; le moyen Age lui-mème n’en offre que des traces accidentelles, et rien de pareil à ce qui s’établit et se développa à partir du commencement du xiv« siècle. De ce moment l’esprit et Part furent poussés dans le même sens. On voulut d’abord mettre dans la devise l'expression ingénieuse du trait sérieux et dominant de son caractère, de sa passion, de ses inimitiés, de sa politique, puis on y toléra la galanterie ; l’afféterie, et les devises ne furent plus désormais que des puérilités sans signification. On a écrit des ouvrages sur les devises , on en a des collections, mais on a confondu , tout ensemble , devises historiques , devises portées ou appliquées à des monuments , enfin devises , oeuvres poétiques ou
d’imagination , qu'il est libre à chacun de multiplier autant que les rébus de nos confiseurs. Lorsque je m’occuperai des monuments , je citerai , d’après eux et d’après les textes , toutes les devises qui peuvent ;servir de guide aux érudits pour découvrir l'origine et fixer la date d'une infinité d’objets d’art.
DEZ A JOUER. Ces vieux confidents du hasard , après avoir distrait toute l’antiquité , sont devenus une occupation favorite et souvent passionnée du moyen âge. Défendus à plusieurs reprises, ils se jouèrent des défenses , et on peut voir par l’une des citations suivantes qu’il serait possible de marquer l’itinéraire de Charles VI par les traces de ses pertes au jeu de dé. Le corps de métiers qui prenait le titTe de Deycier, faisait en môme temps les échecs et les tables du jeu de dames et de marelles. Je n’appuie jamais sur une étymologie, parce que j’en connais trop la fragilité ; je laisse donc Ménage , les éditeurs du Glossaire de Du Gange et d’autres donner la leur, je me contente de citer celle du traducteur de Guillaume de Tyr.
(À) 1200*. Chap in. Comment le duc Godefroi fu requis de lever le siège de Hasart où le jeu des dez fu trouvez; il advint ne demora guièreff que Rodoans, li sires de lialape (Alep), ol coutenz et guerre à un sue» baron qui es toit chastelein d’un cnastel qui a uon Hasart (El-Azar, ville dont j’ai retrouvé sur place les murs fortifiés), et sachiez que de là vint premièrement li gens de Hasart et fu trovez li gens de dez qui einsint a non. (Guillaume de Tyr, dans la traduction seulement.)
(B) 1260. Tit. UŒ. Des deiciers de Paris. Quiconques veut estre deycier à Paris,
ce est à savoir feseur de dez à tables et à eschiés , d’os et d’yvoire, de cor et de tente autre manière d’estoffe et de métal, estre le puet franchement. — Nus deicier ne puet ne ne doit fere ne achater dez mespoinz, ce est à savoir qui soient tous d'as ou tous de deux poinz. (Us des mestiers de Paris.) — Des deycicrs fesères de dez à dame pour coudre. (Idem.)
(C) 1320*. J’ai dez du plus, j’ai dez du mains.
De Paris, de Chartres, de Bains,
Si en ai denz, ce n’est pas gas
Qui au hocher, chieent sor as. ( Dict. du mercier.)
(D) 1389. Au Roy, à NeveTs, pour jouer auz dez, iij® escus, valent iijcxxxvii fr. — Au Roy, pour jouer ans dez à Parcy le Monial , le v® jour d’icelluy
mois, — Cxv fr.
— An Roy, pour jouer aus dez à Cbarroles , le x® jour d’icelluy mois, — ii«lx fr.
— Au Roy, pour jouer ans dez à Clnny, le xii® jour d’icellny mois , — iiij*xi lr.
— An Roy, pour jouer aus dez à Villefranche , le xv® jour dudit mois, — Cxii fr. et demi.
— Au Roy, pour jouer aus dez à Lyon, le xix® jour dudit mois,— xlv fr. (Comptes royaux.)
(E) — Il prit sa sainture et sa tasse, en laquelle avoit — un del à queuldre.
(Lettres de rémission.)
DIADÈME , dans l’acception de Nimbe.
(A) 1405. Une petite image d’or de saint Jean Baptiste , lequel a tin diadème derrière la teste. (Invent. de la Sainte- Chapelle de Bourges, pnbliè par M. de Girardot.)
DIAMANT, de oSoip.*:, indomptable. Cette pierre, la plus dure, la plus pure et la plus brillante de toutes les pierres , est un car-
hone sans mélange, combustible et non métallique , qui se broie sous le marteau et conserve son poli malgré tous les frottements. Il
La des diamants de plusieurs nuances, il y en a même de noirs.
s plus beaux viennent de l’Inde et du Brésil. Les Grecs appelaient le diamant indomptable pajce qu’ils ne surent pas le tailler, les Romains conservèrent l’expression, même alors que, dans la grande vogue des pierres gravées, leurs habiles artistes eurent découvert la propriété du diamant, non-seulement d'entamer les pierres les plus dures, mais de s’entamer lui-mème. Pline consacre un paragraphe entier de son ravit» livre au diamant, la moitié d’une ligne compense toutes les folies que contiennent les autics. Alio adamante perforari pot est , nous dit le savant encyclopédiste latin. Ainsi donc , si même Pline n’avait en vue qu’un diamant de qualité inférieure , le secret de la taille du diamant par lui-mème était trouvé, au moins dans son principe, au début de 1ère chrétienne. Pourquoi ce secret ne fut-il pas exploité de manière à mettre dès lors le diamant à la portée du luxe ? Ce n'est pas la difficulté du travail qui y mettait obstacle , le diamant, une fois opposé à lui-mème, rendait facile ce qui était impossible; ce ne sont pas les circonstances extérieures qui, dès le ni» siècle, furent médiocrement favorables au luxe, car deux siècles de fabuleuse prospérité suffisaient et au delà pour donner au diamant baillé la vogue et une grande valeur. Mais, il faut le dire, le secret de la taille du diamant ne réside pas seulement dans la découverte des propriétés du diamant à se tailler lui-mème , il est plus encore dans l’invention d’une combinaison mathématique qui donne au diamant taillé tout son éclat. Un diamant en table, dont les tranches sont taillées à pans irréguliers, faisait moins d’effet, après avoir coûté beaucoup d'efforts, qu’un cristal de roche. On dut donc abandonner et laisser sommeiller cet ingrat travail, surtout à une époque où les pierres gravées étaient plus recherchées que les
Cires précieuses, et les pierres colorées plus estimées que les pierres pides. Les grands désastres de l’empire romain passèrent sur ces débuts, et les premiers siècles du moyen âge ne furent capables, en aucun genre, de reprendre et de perfectionner ce que les anciens avaient laissé d’imparfait. Le secret de la taille des diamants se transmit cependant, de générations en générations, avec la taille grossière et le polissage des pierres précieuses. Quand le luxe, faisant appel à l’art et à l’industrie, eut remis en valeur la taille à facettes des pierres fines, qu’on se contentait alors de porter en cabochon, et le diamant qu’on laissait briller par les seules facettes de ses pointes naïves, on reprit toutes les traditions de la taille des pierres et on s’attaqua au diamant, pour ajouter, par des facettes artificielles, à l’éclat que lui donnaient les formes accidentelles de son état naturel. On taillait dès lors les faux diamants, faits de verre ou béricle, à l’imitation des vrais. Et, quant au diamant, on le débita d’abord en tables , à faces bien dressées , à tranches taillées en biseau , ou à pans et facettes. Le diamant avait-il plus d’épaisseur, on comprit l'importance de la régularité des facettes , on tailla la partie la plus large en table à biseau et la partie opposée en prisme régulier formant culasse. C’est ainsi qu’on les trouve ornant encore quelques joyaux d’église, c’est ainsi qu’ils sont décrits dans les documents. De ce moment, leur prix s’élève
avec les progrès dans l’art de les tailler. Vendus d'ÉKird beaucoup moins cher que les autres pierres fines qui, à autant d’éclat, ajoutaient leurs brillantes couleurs, ils prennent bientôt un rang égal et enfin nne valeur supérieure.
Telle est la marche suivie par la taille du diamant, telle n’est pas l’histoire qu’on en a tracée. I.es encyclopédistes sont la plupart du temps de vastes esprits très- ignorants dés choses dont ils parlent. Pline recueillait ses renseignements un peu partout, et après nous avoir donné le vrai principe de la taille du diamant, il : ccepte de sottes traditions; bien plus, il y croit. C’est ainsi qu’il affirme que, pour réduire le diamant en poudre, il faut le tremper dans du sang de bouc encore chaud, et il ajoute que, même après cette préparation, les meilleurs marteaux et les plus fortes enclumes y suffisent a peine. Les encyclopédistes du moyen âge, trop connus pour qu’il soit nécessaire de les citer tons, brodent, sur le canevas de ces fables, d’autres fables plus ineptes encore ; ce n’est donc pas dans leurs ouvrages qn’il iaut chercher la preuve d’un usage constant de la taille du diamant, mais dans les descriptions des inventaires, dans les détails fournis par les comptes, dans l’existence d’un corps de métier tout entier formé, en France comme dans les Flandres, par les tailleurs de diamants, probablement dès le xiii* siècle, et avec certitude dès le xiv* ; enfin dans l’existence d’un tailleur de diamant, nommé Herman, célèbre à Paris dans son art dès 1407. C’est, en effet, à dater de la fin du xui* siècle, et snrtont de la seconde moitié du xiv*, que les diamants à faces ou à côtés, taillés en écu ou en table, prennent, dans les prix des pierres précieuses et dans les montures des riches joyaux, un rang qn’ils n’y avaient pas occupé jusque-là; aussi, lorsque le duc de Bourgogne, en 1403 , donne , dans le Louvre , à dîner au roi et à sa cour, ses nobles convives reçoivent des présents et onze diamants en fout partie; ils valaient 786 écus. Au nombre de ses riches joyaux , le duc de Berry comptait un diamant qu’on estima , en 1416 , cinq mille écus. Le prix très-élevé, mentionné dans ces deux exemples, ne peut s’appliquer à des pointes naïves, autrement dites des diamants non faits, c’est-à-dire polis naturellement.
Ouvrez cependant tous les ouvrages qui traitent des pierres précieuses, ouvrez l’excellent Traité des pierres gravées, de P.-J. Mariette, vous y trouvez celte phrase répétée à pen près mot pour • mot par tons les auteurs : Louis de Berquen, natif de Bruges , décour rit la propriété du diamant de se tailler avec sa propre poudre, et il mit ce secret en pratique dés 1476. Cette erreur fut . introduite dans l’Histoire du diamant, en 1 069, par Robert de Berquen, marchand orphèvre de Paris, un vaniteux, qui cherchait dans ce fait un titre de noblesse. On le crut sur parole, parce qu’il est commode d’avoir une date fixe et une historiette toute faite pour chaque invention. Qn’y a-t-il de fondé dans ces prétentions? C’est que Louis de Berquen, homme ingénieux, qui avait étudié les mathématiques, aurait compris que la taille du diamant, telle qu’on la pratiquait de son temps, était susceptible d’importants perfectionnements, par une plus grande régularité de facettes, disposées dans un ordre symétrique et dans tui accoîd parfait. Sur ces principes, il aurait combiné les dispositions de la rose et du brillant, et
donné an dianrant la valeur qu'il a conservée et une supériorité incontestable sur toutes les pierres précieuses. Tels seraient ses titres, et cependant, même eu les réduismit ainsi , comment expliquer qu’Anselme de Boodt, médecin de l’empereur Rodolphe II, n’ait pas connu Louis de Berquen, n’ait pas revendiqué ses titres dans son histoire Oemmarum et Lapidum, publiée eu 1601 ? comment ne pas s'étonner de l’existence de cette famille de Berquen, à Bruges, tandis que Scourion, dans son immense travail de dépouillement des archives, ne rencontre presque jamais ce nom parmi les habitants de cette ville? comment enfin concilier, avec l’histoire, les détails historiques qu’il ajoute à son récit, tels, par exemple, que ce diamant donné, en 1476, à Louis XI, en signe de bonne amitié : à Louis XI, et en 1476? Je sais bien que, dans les traités sur les pierres précieuses les plus récents, dans les articles de dictionnaire et de biographie, on trouve tout naturel que Charles le Téméraire ait porté, au mois de mars 1475, à la journée de Granson, un diamant, taillé à Bruges, par Louis de Berquen, en 1476, mais c’est un genre de critique historique que je n’ai pas admis dans ce Répertoire.*
En résumé, la taille du diamant par le diamant, connue des anciens, ainsi que Pline nous rapprend, ne redevint point un secret au moyen âge ; seulement, ce n est qu'à partir du xiv» siècle que la disposition régulière des facettes, dans l’ordre le plus propre à faire briller le diamant, reçut de notables perfectionnements et en accrut chaque année la valeur. A Paris, Iferman était renommé parmi les joailliers, en 1407, pour son habileté à tailler le diamant, et Louis de Berquen peut bien avoir obtenu le même genre de célébrité, en 1476, à Bruges.
(A) 1110. Dicitur de arrimante quod nec igné nec aliqna vi frangi nec domari
possit. Per adamautem vero viri fortes intefliguntur. (Saint Brunon a’Asti, de Orn. Ecrl.)
(B) 1261. Unum ürmacnluia cmn duolius diamantibus. (Joyaux de Henry I1T,
roy d’Angleterre , déposés au Temple.)
(C) 1313. Trois grantz mbiz en aneaus, une amiraude, un diamand de grand
pris en une boiste d’argent enamillé, qui fust trové sur ledit Pieres quant il fus! pris. (Invent, de rierre Gaveston.)
(B) 1316. Pour 1 diamant, acheté pour le Roy, de Jaquemin le Lombart, le premier jour de l’an, — 50 liv. t. (Comptes royaux.)
(E) 1352. Des joyaux, apportés de Jeunes par Vincent Loumelin; pour une
couronne d’or à vij très grosses esmeraudes, xxxvij petites, xxxviij rubis balays, vij troebes de perles, chascnne de xiv perles et un dyament en chascnne, vij autres troches des plus grosses parles contenant chascnne iij perles et i petit raby et xiv dyamens , par toute ladite couronne. (Comptes royanx.)
(F) 1355. Nul ne pnet faire tailler diamans de bériclo ne mettre en or ne en ar-
gent. (Ordonnances des Rois de France.)
(G) 1364. Pour un fermail d’or, garny de rubis d’Oriant à balaiz, à safirs, à
gros dyamans et à grosses pelles d’Oriant. (Mandement du Roy.)
(H) 1372. Ceste pierre est si dure que elle n'est despecée ne par fer ne par fed,
ne elle n’est pas eschaufée. Toutesfoys est elle despecée. par le sang du bouc quant il est chault et nouvel. Et des pièces qui en saillent on entaille et perce les aultres pierres. (Le Propriétaire des choses. Traduction de l’onvragc de B. aeGlanviile par J. Corbichon.)
(I) 1372. Un annel d’or à un gros diamant, prisié lx fr. d’or, un reliquaire
d’or auquel a on milieu un camahieu et au dessus un diamant en façon
d’escusson et d’antre part a nn gueraat, prisé xv francs d’or. (Compte du test, de la royae Jehanne d’Ëvreux.) •
( J1 1389. Pour un annel à un rubis ije frans et pour un gros diamant en un ' ' annel C liv. (Mandement du Roy.)
(K) 1480. Deux petis dyamens plaz aus ÿ costei fais à iij quarrez. (Ducs de
Bourgogne, 4170.)
(L) — Une petite salière — et sur le fruitelet nng petit dyament plat, rond,
en façon de mirouer. (Ducs de Bourgogne , 4190.)
(M) 1431. A Jehan Alpins, marchand de joyaux , pour l’achat d'un diamant
que MS. (le duc de Bourgogne) a donné le premier joui de 1 an, a Madame de Namur — lxiv hv. xvi s. (Ducs de Bourgogne.)
(NI 1439. Un gros dyamant pointu à quatre faces. (D. de B. 5123.) — V pampes ' de dyamant. (5126.) Ung diamant en fasson de losange. (5129.) Uu dyamant à trois fasses. (5131.)
(O) 1457. Ung anneau d’or, à nng cueur de dyamant, ix esens (Ducs de Bour-
gogne, 6998.)
(P) 1465. (Dans nue contestation relative à une améthyste vendue comme balays,
a Bruges en Flandres, tlgnrentcommeexperts ou témoins Jean Belamy, Chretienjvan de Scilde, Gilbert van Hitsbergbe et Leonard de Broncltère, dia'mantslvpers, c'est-à-dire tailleurs de diamants, et cesjoailliers se retrouvent dans les comptes des années suivantes, analysés par M. Scounon, et dont je dois la communication àM. K. de Letteuhove.) (Q1 t467. Ung hault gobelet de cristal, à pié et à couvercle, garnv d'or et sur 1 la garnison du pié a une fleur de lys de dyamant et trois antres dya-
mans à fasse, — et sur la garnison du couvercle — deux autres gros dyamans à fasse. (Ducs de Bourgogne, 2336.)
— Une petite gibessière d’or, garnye sur le fer d’nn costé de trois grans tables de dvamant et de l’autre costé de trois escussons de dyamant, et sur la garnison de soye, d’un costé trois frestes de dyamant et de l’autre costé quatre rubis et de cinq perles ès deux costez. (Ducs de Bourgogne, 2975.)
— Déni CC d’or, gamys d’un graut dyamant à huit costei, nus en ung œul d’or esraaillé de blanc. (Ducs de Bourgogne, 2982.)
— XYI dyamans de plusenrs tailles. (Ducs de Bourgogne, 3054.)
— Une pointe de dyamant , non mise en œuvre, estant en une petite boitelecte.
(V) 1407. La Courarie où demeurent les ouvriers de dyamans et autres pierres.
(Description de Paris, de Gnillebert de Metz.)
(XI — Item [dans une revue générale des pins habiles ouvriers de Paris) plu- ' sienrs artificieux ouvriers, comme Herman, qui polissoieut dyamans
de diverses formes. (Idem.)
(Tl 1412. Un gros dyamantplat et roont, en façon de mirouer, qui souloit estre ' ' en un fermai! d’or en façon de rose. (Comptes royanx.) m Deux dyamans fais par manière de fleurs de quatre pierres de dya- 1 mans — vis» escus. (Ducs de Bourgogne, n° 176.)
(AAI — Un annel d’un dyamant gros, de quatre losenges en la face dudit dya- 1 mantet de quatre demies losenges par lescostez dudit dyamant —
l’aotie dyamant plus petit, plat de six costés, — l’autre dyamant uu petit mendre et est en façon d’une fleur de souviengne vous de moy et est de quatre pièces, et l’autre dyamant est un petit mendre sur le ront. (Ducs de Bourgogne, 131.)
f BB1 1414 Un dyamant escarre, assis en un annel d’or, esmaillc de bleu que la V royne (d’Angleterre) envoya au duc de Bretagne. (Invent, du duc de
Bretagne.) .
(CC) 1416. Un gros dyamant , en façon de mirouer, assu en ira annel d or —
vimil liv. t. (Invent, dn duc de Berry.)
*yDD) — Un grant dyamant rond et plat, en façon de miroer, en un annel d or, prise mil esens.
(EE) 1416. Un annelet d’or, auquel a un très petit d y amant pointu — xx s. t.
(FF) — Un dyamant flointu, appelle le dyamant saint Loys, assis en un annel d’or, lequel Monseigneur acheta de MS. de la Rivière — iijcxxxvijliv.xs.
(GG) — Un très bel fermai! d'or garny d’un gros dyamant pointu et de trois grosses perles, l’une branlant, prisé, comme appert ou dit inventoire, c’est assavoir : ledit dyamant v mil esens et lésa iz trois grosses perles ij mil esens , en ce eomprin* le fermait — vij» viijc xxv hv. t.
(HH ) — Un dyamant pointu nayf assis en un annel d’or — xiéj liv. x s. t.
(Il)— Un dyamant pointu, nou fait, en un annel d’or — xx liv. t.
( J J ) — Un dyamant pointu, uon fait, assis en un annel d’or, lequel feu MS. de Bourgongue laissa à MS. en son testament. — G liv. t.
(RK) — Un dyamant pointu, non fait, assis en un annel d’or, — xvi liv. t.
(LL) — Un mby , appellé le cueur de France, assis en un annel d’or que feu MS. de Bourgongne, que Dieu pardoint, laissa et donna en son testament à feu MDS. (duc de Berry ) avecques un dyamant non fait, — viÿc liv. t.
(MM)— Une petite croii d’or, pour pendre à unes patenostres, au milieu de laquelle a un cainahieu taillé en façon d’une y mage de Sainte Katherine et au dessus a un dyamant en manière d’une fleur — Cxij liv. t.
(NN) 1432. A Jeban Fentin, orfèvre et marchant de joyaulx, de mourant à Bruges, pour ung anuel d’or, esmaillé et garny d'un gros dyamant à façon d’oscusson — vu* sains. (Ducs de Bourgogue, 1038.)
(00) — A Hiurt Duvivier, aussi marchant de joyaux, pour ung aultre annel d’or garny d’un dyamant à plusieurs faces — xvi sains. (Ducs de Bour-
(PP) — A lny pour ung aeltre annel d’or garny d’nn dyamant plat à vi coustés — iiij** salua. (Duce de Bourgogne, 1092.)
(QQ) 1467. Ung collier d’or; de feulles branlans, garny de xij pointes de dyamaus naifz, à xxiiij tronses de perles — (Ducs de Bourgogne, 3130.)
(RR) — Ung fermillet, garny d’une pointe de. dyamant bleu et de quatre bonnes perles autour. (Dugs de Bourgogne, '3330.)
(SS) 14S7. Ung dyamant à fasses, deux rubis, une grosse perle, le tout ensemble, nommé Le Loirre. (Ducs de Bourgogne, 7171.)
(TT) 1669. Louis de Berqnen , l’un de mes ayeuls, a désabusé le monde sur cela (les différentes opinions sur la taille du diamant). C’est luy qui le premier a trouvé l’invention , en mil quatre cens soixante et seize , de les tailler avec la pondre du diamant mesme , et en voici l’hystoire à peu près : Auparavant qu’on eut jamais pensé de pouvoir tailler les diamans, lassé qu'on estoit d'avoir essayé plusieurs manières pour en venir à bout , on fut contraint de les mettre en œuvre tels qu’on les rencontrait aux Indes; c’est à scavoir des pointes naïves qui se trouvent on fond des torrens quanti les eaues se sont retirées et dans les pierres à fusil, tout à fait bruts, sans ordre et sans grâce. sinon quelques faces au Lazard, irrégulières et mal polies, tels enfin que la nature les produit et qu’ils se voyent encore» aujourdhny sur les vieilles châsses et reliquaires <je nos églises. Le ciel doua ce Louis de Ber^quen , qui estoit natif de Bruges , comme un autre Betellée , de cet esprit singulier on génie, pour en trouver de lny mesme l’invention et eu venir heureusement à bout. (Je passe toute une page dans laquelle, l’orphèvre parisien veut prouver la noble origine de son ayenl.)Ce Lotus de Berquen fit l'espreuve de ce qu’il s’estoit mis en pensée dès le commencement de ses études , il mit deux diamans sur le ciment et après les avoir égrixez l’un contre l’autre , il vit manifestement que par le moyen de la pouldre qui en tomboit et l’aide du moulin , aveu certaines roues de fier qu’il avoit inventées, il pouroit venir à bout de les polir parfaitement, mesme do les tailler en telle manière qu’il voudrait. En elfect il l'exécuta si heureusement que cette invention, dàp sa naissance, eut tout le crédit qu'elle a eu depuis , qui est l’unique que nous ayons anjourdhuy. Au mesme temps, Charles, dernier duc
de Bourgogne , a qui on en avoit fait récit, luv mit trois grands diamans entre les mains pour les tailler advantagensemeot selon son addresse. Il les tailla des aussitnst , l’un espais , l’autre foible , et le troisième en triangle et il y réussit si bien que le duc, ravy d'une invention si s'irprenanle, luy donna 3000 ducats de récompense. Puis ce prince, comme il les trouvoit tout à fait beaui et rares flt présent de celny qui estoit foible an pape Siite quatriesme et de celny en forme d’un triangle et d’un ctrnr, réduit dans un anneau et tenu de detu mains, pour symbole de foy , au roy Louis XI , duquel il recherchoit alors la Donne intelligence, et quant au troisiesme, qui estoit lalpierre. espoisse , il le garda pour soy et le porta tousjonrs au doigt, en sorte qu’il l’y avoit encores qu’en (quand) il fut tué devant Nancy, un an après qu’il les eut fait tailler , scavoir est en l’année mil quatre cens soixante dix sept. (Robert de Bcrtpien , marchand orpbèvre à Paris. Les Merveilles des Indes , Traité des Pierres précieuses. Paris, 1°, 1669, page i 2.)
DIAMANT ( Pointes de). En architecture, ce terme s’applique aux pierres qui, dans les parements à bossages, sont taillées à facettes comme des diamants. Je le trouve aussi employé dans un menu de dîner au xvi* siècle : Gelée en pointes de diamant.
DIAMENTIER. Celui qui taille les diamants. Je n’ai pas rencontré dans mes lectures ce mot employé avant 1497, mais je ne doute pas qu’il ne le fût depuis longtemps déjà.
(A) 1497. A Jehan Cayon, dyamentier, démontant à Lyon, la somme de cinquante deux livres, dix sols tournoys, pour avoir rabillé et mis sur son molin la belle poincte de dyamant d’icelle dame (la Reine.) (Comptes royaux.)
dinanderie. La chaudronnerie de cuivre rouge et jaune s’ap-
Selait dinanderie, de la ville de Dinant, où elle avait prospéré. On isait, par la même raison, proverbialement: Coivre de Dinant. Les Dinants, potiers d’arain , travaillaient grossièrement an repoussé, mais leur hâtive inhabileté empruntait à l’atmosphère de goûts distingués et de noble style qu’on respirait partout, au XIIIe siècle, quelque chose de sa grandeur et de son charme. C’est ainsi qu’il nous reste des œuvres d’art qui n’étaient que des chaudrons.
diptyque. Deux tablettes réunies par une charnière. Mot grec, appliqué aux tablettes de cire, et que la langue latine a étendu aux tablettes consulaires, épiscopales et mortuaires qui étaient sculptées et ornées à l'extérieur. Ce mot n’est jamais passé dans le français. On a eu le tort de nos jours, en l'adoptant, d’en exagérer le sens, et de le donner aux tableaux ouvrants et cloans, peints ou sculptés à l 'intérieur, les appelant, en outre, triptyque et tétraptyque, selon le nombre des tablettes.
doittier et aussi Doit. Les bagnes, énumérées dans les citations suivantes, étaient-elles mises à un doigt imité en bois, ou enfermées dans un écrin, ou enfilées dans un anneau à coulisses? Je fais cette question même après la définition de Du Cange : Digitale, theca in modum digiti confecta.
(A) 1261 . Dccem baculos, continentes dncentos octo anulos cnm mbetis et balesiis; duos baculos continentes sexaginta sex anulos cum maragdenghus; unum baculum continentem viginti annlos cum saphiris , nnuin baculum continentem decem etseptem annlos cum diversis lapidibnx. (Listede joyaux déposés au Temple, à Paris, et appartenant à Henry Ht, roi d’Angleterre.)
(B) 1328. 1 doit, où il a iij saphirs et une txirqnoise — un antre doit où il a un
gros balois percié, pnsié C Lit. — un autre doit auquel $ un gros diamant en anneau. (lovent, de la royne Clémence.)
(C) 1399. Sia anneaux en un doit. (Invent, de Charles VI.)
(D) 1412. Un doittier de cinq dyamans en aneaulx d’or esraaillex, c’est assa-
voir un annel en façon de rabot, etc. — (Ducs de Bourgogne, n° 131.)
(E) 1434. Le suppliant print furtivement — aucuns annaux ou verges d'argent
estons eu un aoittier. (Lettres de rémission.)
DOMESTIQUE. Rois, princes, seigneurs eurent; au moyen âge comme dans l’antiquité , des partisans qui formaient leur entourage dans la maison, c’est-à-dire qui composaient la domesticité, et qui au dehors leur servaient d'escorte, de garde, d’officiers. Toutes les grandes charges de l’État, les gouvernements les plus considérables, les négociations les plus importantes, étaient confiés, selon le bon plaisir des souverains, à leurs domestiques , j’entends aux plus familière parmi leurs partisans. A la cour de Byzance, U y avait un comte des domestiques, charge que remplissait à la cour de France quelque haut dignitaire, véritable supérieur des officiers domestiques au roi. Il est inutile de faire des citations et d’appuyer sur ce trait caractéristique du moyen âge. On tenait à cette epoque la domesticité en honnenr, parce qu’eue était, pour la jeunesse, Técole des grandes vertus et des bonnes manières , pour l'âge mûr, l’occasion des nobles dévouements et l’entrée dans les avantages dp la vie, poar la vieillesse enfin, un doux refuge, un asile glorieux.
doreur-graveur. Au moyen âge, on donnait aux orfèvres l’or et même le mercure nécessaires à la dorure, et ils comptaient seulement la façon : d’autres lois, ils les fournissaient. A partir de la seconde moitié du xvt» siècle, je vois figurer dans les comptes, et à ctoé des orfèvres, les doreurs-graveurs, qui n’étaient sans doute que des artistes chargés de la ciselure, de la oamasquinure, etc.
(A) 1430. A Jehan Les&ayeur, orfèvre, pour avoir doté, baillé «t livré l’or du
frein do mulet ae MS. et baillé le vif argent à ce faire. (Ducs de Bourgogne, 6721.)
(B) 1597. A Raoul Langlois, dorenr graveur, pour un mord. (Comptes royaux.)
(C) — A Daniel Dumonlin, dorenr graveur, pour deux paires d’e^peroos.
(R) — A Jacques Leblond, doreur graveur, pour des esperoDS.
DOUBLEAU. Paires de vases, de flacons ou de bouteilles.
(A) 1380. Deux doubleaux d’argent blanc, à mectre vin, et a en ohascun un earusaon baebié des armes de France, pesans soixanle-nenf marcs et demy. (Inventaire de Charles V.)
DOUBLES. Doubles de voirines, pierre fine collée sur verre ou sur cristal de couleur, et ainsi doublée d'épaisseur, doublée aussi d’éclat, mais d’une manière factice et quelquefois frauduleuse.
dragée. Sorte de sucrerie, rangée au nombre des épices, et qui a douné son nom au drageoir. Il y en avait d’une autre sorte, semblable à nos nonpareilles, dont ou saupoudrait les mets, tels que viandes et ragoûts, enfin il y en avait de médicinales dites magistrales. On disait aussi de la dragerie, synonyme d’épices.
(A) 1328. ij plis » dragié et iij cmlliors dedens, — valent xliij lib. XIX s. (In-
ventaire de U royne Clémence.)
(B) - A l’espicier, espices de chambre, dragée, snccre ro&at, noisettes con-
fites, chitron et manns christi, — espices de cuisine, — menues espices, dragée blanche et vermeille. (Ménagier de Paris.)
ET niPERTOIBE. 355
G} 1413. Plusieurs parties d’apothicairerie et de dragée magistrale. (Ducs de Bourgogne, n? 6227.)
(B) 1462. Item six livres de dragées pour servir en un drageoir. (Compte de la ville de Tours, cité par Monteil.)
(B) 1485. Auprès du dressoir à un coing, il y avoit une petite tablette basse, là où l'on mettoit les pois et tasses pour donner à boire à eenx irai venoient véoir Madame, après qu’on leur avoit donné de la dragée, mais le drageoir estoit sur le dressoir. (Aliéuor de Poictiers.)
(F) — On leur bailloit de la dragerie et de l'bypocras. (Idem.)
(G) — Les deux drageoirs qui sont sur le dressoir doibvent estre pleins “de * dragerie et couverts oe deux serviettes fines et faut qu’ils soient l’un à
un bout du dressoir et l'autre à l'autre. (Idem.)
DRAGEOIR et aussi Dragier. Dans les documents angLiis : dragenall. Les dragées donnèrent leur nom au drageoir. mais c'était ce qu’on y mettait le moins ; les épices de chambre ( uu’il ne faut pas confondre avec les espices de cuisine), composées de confitures sèches, de bonbons à la mode, le remplissaient. L’Orient a conservé cet usage, et dans les maisons levantines chrétiennes, ce sont les plus jolies filles de la maison qui viennent offrir,, après le café , le plateau à. confitures, à pistaches, à bonbons. L’étiquette s’était emparée du drageoir /de manière à en faire quelque chose de significatif. Les plus grands personnages l’offraient aux princes, et il leur était présenté, à leur Umr? par des gens considérables ; aussi, le dra-
feoir était-il de grand prix. On puisait à même le drageoir avec ses oigts , mais il y avait des cuillers dans le bassin pour prendre les confitnres liquides et les épices poissantes. La forme du drageoir ëst loin d'ètre fixée , et je suis porté à croire qu’elle n’a jamais été fixe. J’eniuge parla variété des descriptions et par les transformations faciles quil subit. Ce qui est constant, c’est qu’il reposait dans un bassin. (Voyez Saccades et Plat à espices.)
(A) 1328. Un dragier de cristal à un pié esraallié — prisié lxxv lib. (Invent, do la royûe Clémence.)
(B) 1360. Invent, du duc d’Anjou, 632 à 643, 652 à 658.
(C) 1363. Un bacin, doré, gmlelé et esmaillé d’environ le bord, et y a des esmianx des armes Monseigneur, poise xvi inares et demy et y a l’en adjousté un grand pié doré, godelé et faict nn grant drageoir et pois») „ rxivi marcs. (Invent, du duc de Normandie.)
(D) — Un drageoir d’or, à ij cuillers d’or, à donner espices.
(E) 1380. Un drageoir d’or, à façon de ro»\ dessus etdessoubz et a un esmail rond de France, ou milieu et en la uate a pièces de boitions de France à viij petits esmanlx des armes de levesqne de Laon, pesant xv marcs d’or. (Inventaire de Charles V.)
(F> — Un autre drageoir d’or, de pareille façon, pesant xij marcs, vij onces d’or. (6) — Un drageoir d’argent, doré, esmaillié sur le bord de plusieurs ymages
à diverses contenances, pesant xi marcs.
(H) — Un grant dragoir d’argent, doré, dont le bacin et la pâte sont en façon de rose, armoyée de France sur les bords et ou bacin nn esmail rond de France et ou pominel du pied a viij petits esmaux de France, ronds, pesant xi marcs, iij onces.
(1) — Un draguer d’argent, doré, et est le pied du dragoer et le dragoer à vi (marrez et sur chacune qnarre a une beste emmautelée et ou milieu dndil dragoer a un esmail rond, pesant iij marcs, j once.
(J) — Un grand dragoer d’argent doré, esmaillé dedans et dehors à tournois de seigneurs et de dames, à un pommeao enlevé de niaçonuene, pesant viij marcs.
(K) 1399. Un grant dragouer d’or, couvert , que ont faict faire les trésoriers des
guerres et sont les boetz de la pâte au bacin et du couvescle à os.'eaux esmaillez de France et est la pâte poinçonnée à donayeraens et la tige esmaillée à royes et le couvescle taillé anx dix preux et ou fons du bacin a un esmail où est le bon connestable Duguesclin qui sert le Roy d’espice et poise vingt six marcs, quatre onces, dix huict esterlins d’or. (Inventaire de Charles VI.)
(L) 1424. Chambre de la Royne : Jehan Burdelot, appothieaire de la Royne ,
pour plusieurs espices de chambre confites et appothicaireries par lui livrées — despensées par ladicte dame, ma damoiselle Jehanne d’Orléans, Madame de Tonnère et autres dames et damoiselles estans en sa compaignie et service — Cviij s. p. (Comptes royaux.)
(M) 1467. (11 est impossible de transcrire les brillantes descriptions des Drageoirs
de Philippe le Bon et de Charles le Téméraire, elles sont trop longues, il faut y renvoyer. Voyez : Les ducs de Bourgogne, 2261 à 2262.)
(N) — Une peslecte d’argent doré, à prandre espices à un drageoir. (Ducs de
Bourgogne, 2654.)
(O) 1474. Le duc a deux espiciers et deux aydes et sont iceux espiciers si privés
du Prince qu’ils luy baillent, sans nuis autres appeller, tout ce que le Prince demande touchant médecine, l’espicier apporte le drageoir du Prince, jusqnes à sa personne, à queloue grand teste ou estât que ce soit et le premier chambellan prend le drageoir et baille l’assay à l’espicier, et puis baille le drageoir au plus grand de l’hostel du Duc qui là soit et sert iceluy du drageoir le rrince et puis le rend au premier chambellan et le premier chambellan à l’cspicier , ledit espicier délivre toutes drageries et confitures. (Olivier de la Marche.)
(P) 1485. Quand l’un des princes avoit servi monsieur et madame ( le duc Phi-
lippe le Bon et la duchesse de Bourgogne) d’espices, l’un des plus grands, comme le premier chambellan ou le chevalier d’honneur de Madame, prenoitle drageoir et servoit messieurs lesnepveiu et niepces, et après ceux qui les avoient apportées les reprenoient et en servoient partout. (Aliénor de Poic tiers.)
(Q) 1549. Epicerie, dragées, ypocras, eyre et autres drogues fournies pour iceluy
festin — vingt quatre basions paincts de vert pour les confitures — 30 s. t. — soixante dix livres dragées de roses , canelat, orangeat, pignollat et girotfiat, à 15 s. t. la livre. (Festin donné à Paris à la Reine.)
(R) 1599. Un grand drajoner qui chemine (c’est à dire roulant), garny de lapiz.
et de cristal, an bas du drajoner il y a une tortue, prisé Cxlj escux. (Inventaire de Gabrielle d’Estrées.)
(3) — Six tasses d’argent doré, ou drajouers, de mesme grandeur, prisés
xij esc us.
(T) — Un grand drajoner de cristal de roche, en ovalle, garni d’un couvercle
et d’un pied d’or esmaillé et enrichi (suit le détail des pierreries) prisé xvic escus( seize cents escus).
dressoir, Dressouer, Dreçouer. C’était l’étagère eut laquelle on plaçait, dans la salle des festins, les grandes pièces d’ortévrerie, dans les autres chambres, toutes choses flatteuses à montrer, et, dans la cuisine, c’était un second dressoir de festin sur lequel étaient disposés les plats et mets , avant de les porter dans la salle. Leur forme était arbitraire, mais le nombre des degrés était fixé par l’étiquette , suivant le rang des personnes ; quant au style , il variait aussi suivant le goût, et d’accord avec tous les meubles sculptés. Les miniatures des manuscrits nous en offrent par milliers. Le buffet était un meuble du même genre , mais plus nsnel, et qui faisait moins fonction de montre.
{A) 136S. Pour déni dweoirs mis ès chambres du Rot (au Louvre), vi iiv. vin s. p. (Comptes des bâtiments royaux.)
(B) 1380. Partie des joyaux du petit mesnage trouvez ou dreçonër, estant en la
chambre du Roy, au Iwis. (Invent, de Charles V.)
(C) 1393. Deux autres escniers convient pour le dressouer de sale. — Deux es-
cniers de cuisine et deux aides pour le dressouer de cuisine. (Ménagier de Paris.)
(I)) 1399 . A Sandoin le buchier, demeurant à Arras, pour ung drechoir fermant à clef, lequel a esté mis en la chambre de notre très chier et trèsamé fils Anthoyne. (Ducs de Bourgogne, 3996.)
(E) 1455. Le dressouer garni de très belle vaisselle à grant largesse. (Ant. de la Salle.)
(P) 1459. Le Duc (de Bourgogne) donna à l’enfant (de Louis XI, alors dauphin) ung dressoir chargé de vaisselle d’or et d’argent, lequel il avoit envoyé en la chambre de la gisante. (Jacq. Du Qercq.)
(6) 1461. Le Duc avoit faict faire, en my le grand salle d’Artois, ung dressoir fait en manière d’ung chasteau rona, à douze degrés de hault, plains de vaisselle dorée , en pots et en tiascous de diverses fâchons , montant jusques à six mille marcs d'argent doré , sans celle qui estoit au plus nault de fin or, chargié de riche pierre, de merveilleux prix , et sans Quattro licornes qui là estoient assises aux Quatre quariés, dont la mainare avoit cincq pieds de hault. (6. Cbastellain.)
(H) 1468. Ou million d’icelle salle a esté fait un grant dreçoir pour parer et aor-
ner de vaisselle — et, pour servir ès autres jours, ont esté fais autres deux dreçoirs à l’un des costez de ladite salle pour semblablement mettre vaisselle de parement. Item ont esté faiz des grans dreçoirs pour drecier la vyanoe (viande prise dalhs le sens de mets). (D. de* B.)
(I) 1474 Le saussier doit aller couvrir le buffet devant le queux d’nne blanche
nappe et puis doit mettre la vaaselle dn Prince par pilles de plats et par pilles d’escnelles. (Olivier de La Marche.)
(J) 1485. En ladite chambre (d’Isabelle, comtesse de Charolais, femme de.
Charles le Téméraire) il y avoit un grand dressoir, sur lequel y avoit quatre beaux degrés aussi longs que le dressoir estoit large et tout couvert de nappes, ledit dressoir et les degrés estoient tout* chargez de vaisselle de cristal , garnies d’or et de pierreries et s’y en y avoit de de fin or, car toute la plus riche vaisselle du dncq Philippe y estoit , tant de pot*, de tasse* , comme de coupes de fin or, outre vaisselles et bassins, lesquels on n’y met jamais qu’en tel cas. Entre antres vaisselle il y avoit sur ledit dressoir , trois drageoirs d’or et de pierreries dont l’un estoit estimé à quarante mil esens et l’autre à trente mil. (Aliénor de Poietiers.)
(K) — Madame de Gharrolois n’avoit que quatre degrez sur son dressoir et
madame la Duchesse, sa fille, en avoit cinq (Idem.)
Oruerie. Cadeau galant, bijoux et ornements de toilette. On se servait du même terme pour exprimer ce qu'on donnait au moment d’une acquisition, espece de faveur en dehors du prix.
(A) M90. Jo sui drnerie
Ne me du nez mie Ri noetre amur deseivre La mort pu (ist ja reccivre].
(Attache d’un sceau avec inscriptiçn tissée, citée par M. L. Delisle.)
(B) 1240*. Se je sospir, il ne l’en cant,
Se jo li envoi druerie
El jure quel n’en prendra mie. (Partonopeus de Blois.)
(G) 1150*. Molt la requist de druerie
Ü li donroit assez joiau»
Je vos otroi ma druerie
Soié* amis e jou amie. (Fabliaux.)