XIV PRÉFACE
négociants à commis, de patrons à ouvriers.
Etant données ces conditions sociales, on peut admettre à priori que le français canadien est entaché d’anglicisme. Mais entendons-nous sur ce point. Plusieurs écrivains ont parlé du patois canadien. Or, il n’y a pas de patois chez nous; nous parlons le français, et nous le parlons mieux, aux intonations près, que Paris, qui a son argot, mieux que la province, qui a ses patois.
Ce qui nous manque, c’est l'articulation, l’accentuation nette, la conduite cle la voix, la manière de dire, qui donnent à la langue française ce charme qui nous éblouit quand elle est parlée par un «français de Fran£e. » On dirait que nous avons peur d’être expressifs, ét voilà la plus déplorable arglicisation que nous ayons subie. Quant à nos anglicismes véritables, on en exagère le nombre ; on met au compte de l'anglais bien des
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