‹ Glossaire FribourgeoisChapitre 148 sur 160 · IS DBC · texte numérisé non relu

IS DBC

DB, prëp. — P. je lui en ai fait de cadeaa, de présents ; D. je 1q! en ai fait cadean, etc.

DÉCOLLETER, v. a. — Ce verbe se coojngne comme acheter. P. elle se décolte ; D. elle se décolleté.

DÉCOUVRIR, V. a. — P. découvrir un lit ; D. faire la couverture d*an lit.

DÉFUNT, s. — P. j'irai an défunt de mon voisin ; D. j'assisterai aux funérailles de mon voisin.

DÉGOLÉE, part. fém. (p. f ) D. décolletée : Elle était trop décolletée.

DÉiQOUTAMMENT, adv. (p.f.) P. if mange dégoûtamment ; D. . . d'une manière dégoûtante.

DÉLIBÉRER , v. a. — P. délibérer de prison ; D. délivrer.

DÉLICES , s. f. çl. - P. cet enfant fait mes plus grands délices ; D. . . mes plus grandes délices, ou mon plus grand délice, ce mot étant (comme amour et orgue]^ masculin an singulier et féminin au pluriel.

DEMEURER, v. n. — P. il a demeuré muet ; D. il est demeuré muet. Demeurer ne prend aroir que dans le sens de tarder^ d'habiter; encore dans ce dernier sens prend-il être, dès qu'on veut marquer une durée, un état permanent: U est parti il y a six mois pour Paris et il y est demeuré (il y est encore).

DEPUIS, prép. — P. elle boîte depuis tout enfant; D. . . depuis qu'elle était enfant , depuis sa plus tendre enfance.

DERBONNIÈRE, s. f. (p. f.) Taupinière ou tanpinée. Nous employons souvent le terme patois derbounaire pour désigner une sorte de beignet. En provençal, darboiM signifie taupe, et darbounièro, taupinière.

DÉROUTE, s. f. ~ P. ce jeune homme est une déroute^ nne franche déroute; D. . . . un libertin, un manvais

sujets 0to. Anoan diotionnaire ne donne à déroute h^ afinn qne nous loi appliquons.

DÉROUTER (SB), v. pron. -* P. son fils se déroptej D. son fils perd le goût du trarail, donner dan» le Vkfettinage, etc.

DÉSATTELER, v. a. (p. f.) D. dételer.

DESSOULER, v. a. (p. f.) P. tiens, avale ce petit Terre de gentiane pour te dessoûler ; D. . . . ponr te désenivrer.

DESSUR, prép. (p. f.) P. dessur la table ; Q. snr la table.

DESSUS, adv. — P. •/ m'a marché dessus; D. il a marche snr ma robe. — P. oela va me tomber dessus; Q. cola va tomber snr moi.

DEUX, adj. — P. noue y irons les deux; D. nous 7 irons ensemble.

* DEVENIR, V. n.— P. la sonpe dément (ni r>ient] froide (germ ); D. la sonpe se refroidit.

DIANSTRE, s m. (pr. vîi.) Rcr. et pr diantre.

*DIRE, V. a. — P. je ne savais pas que me dire; D. j'ëtaîs tont étonné, je n*en revenais paSt etc.

DI8SENCIER et DES8ENCIER, v. a., (p. f,) P. t>n a dissencié les troapes ; D. • . licencié. . .

DIVERS, adj., ne doit pas être confondu avec différent. Diters sign. plusieurs, nombreux ; différent, opposé : J'ai vu diters peuples ; ils avaient des caractères différents.

DJOUME, s. f. (du pat. djoûma). Femme vêtue d'une manière ridicule. De là, endjoumée. P. elle est drôlement endjoumée; D. elle est drôlement fagotée.

DONDAINE, s. f. (p. f.) Dondon : Une bonne grosse dondon.

* DONNER, V. a. — P. il donnera un cours de littérature ; D. il fera un cours de Littérature. — > P. donwns le tour des deux ponts ; D. faisons le tour des deux ponte. -^ P. je m'en suis donné pour finir avant la nuit ; D j'ai dû bien travailler. . .

Ife DOt

DOUOE, a', f. -^ Oe mot n'est jamaiB sabstantif. P. nous nooB expliquâmes tout à la douce ; D. . . . tout doncement. «— P. je me perte tout à la douce ; D. toat âoacement

IMIAPEÂUX, s. m. pi. — P. des drapeaux d*enfant î D. des langes. — Voyez Faude,

D'UN. — Noas employons souvent mal i propos cette locution devant nn adjectif : Goûtez cette poire ; die est d*un tendre t Je ne ferai plus cette course ; c*est d'un fatigant, etc. ; D. . . si tendre ... si fatigant

DDBÉE, s. f. — P. cette étoffe ne sera pas de durée ;

D. cette étoffe n'est pas d'un bon user.

DZALOTTER, v. a. (du pat. dmlotâ). P. tu as le bas

de ta jupe tout dmlatté (F.) ; D. . . tout crotté. On dît à

E. margalé et à R. enmargalé.

ÉOHÂRPINÉ, adj. (p. f.) Ebouriffé.

ÉCHIRER, V. a. (p. f.) D. déchirer.

ÉCHIRURE, s. f. (p. f.) D. déchirure.

ËCHUTE, s. f. — Ce mot, français dans certains sens, n6 Test pas dans celui à' adjudication. P. le vendeur s'est réservé Véchute; D. . . Tadjadication.

ÉC0UE8SÉ ou *ECUÉCÉ, adj. (p. f.) Cette expression, empruntée au patois, s'emploie aussi en parlant de cette lassitude qu'on éprouve dans les jambes ou dans le dos, après avoir été longtemps dans une position inaccoutumée : Je suis tout écouessé d'avoir été si longtemps accroupi.

EINDALLAHIE, s. f. (T. pat., départ.) A la campagne et même dans nos petites villes, une fille qui épouse an étranger, donne une certaine somme aux jeunes gens de rendroit, et c'est ce qn'on appelle payer la bonne eindallâhie.

BINNONS (m-non), b. m. pi. (T. pai] Ce mot, qai termine ordinairement une rc^tîcence , exprime une envie démesurée de battre ou d'injurier queîqu*un ; Quand îl parle ainsi, vois-tu, il me preud des einnons ...

ÉLEVER, V. a. — P. éteeer les yeux vers le ciel; D. lever les yeux vers le ciel.

EMBARRASSER (S'). -— P. ne rous embarra$se;& pas de moi ; D. ne voue occupez pas de moi.

EMBÊTÈUR, s. m. (p. f.) D. enjôleur^ trompeur.

ÉMODER (8*), V. pron. (do pat. modâ, partir). P. il faut s*émoder pour mieux sauter; D. il faut prendre sou ^lan...

EMPACOTER, v! a. (du pat* pacot, boue), a le même sens que pacoter. (Voyez ce mot*).

EMPEDZER, V. a. (Voyez *pedzer). Coller, poisser. P. empedzer du fil ; D. poisser du fil. Empedzer a absolument le même sens dans le dictionnaire provençal, qui le fait dériver de pegOy poix, lequel dériverait à 49on tour du celtique pegg.

EMPLETTE, s. f. — P. j'ai fait femplette d'un chapeau ; D. j'ai fait emplette d'un chapeau.

EMPOIGNE, s. f. (p. f.) P. Vempoigne de la porte ; D. le bouton, ou (suivant sa forme) la poignée de la porte.

* EN, pron. — P. on éprouve souvent des pertes sans qu'on s'en connaisse ; D. . . sans qu'il s'y connaisse. — P. je ne m'en aperçus de rien ; D. je ne m'aperçus dç rien.

ENCOIGNURE, s. f. — Prononcez encognure,

* ENCORE, adv. — P. ai j'ai le temps, je Iqi écrirai encore aujourd'hui ; D. . . aujourd'hui même. Encore signifierait de nouveau.

EN FIN DE COMPTE . loc. adv. (p. l) P, en fin de compte, c'est encore lui qui a raison ; D. en résumé ou au résumé, c'est encore lui. . .

. ENGRAYER, v. a. (du pat. ingreii, faire endéver). JEngrayer dit moins que ^foutimasser, qui, à part le sçns que*

30 ÉlTO

Doas lai «yons donne, signifie aussi chicaner, faire endëver qnelqa'an» Ini trouver à redire pour des riens : Tu ne fais rien que de me fouHmasser. Qaelqaes-nns disent /îcfctmasser. Fichimassiar signifie, en provençal, mqué^er^ tourmenter^ fatiguer. Il est quelquefois neutre et sigmfie alors s'amuser à des bagatelles.

ENGAGER, v. a. — An lieu de : fai engagé, il vaut mieux dire j'ai retenu ou arrêté un domestique, etc.

ENMARGALEB, v. a. (R.} Voyez margaler, qui a le même sens.

ENNUTËR (S') V. pron. — &' ennuyer après quelqu'un est une expression universellement employée, mais qu'aucun dictionnaire n'a encore recueillie.

EN PREMIER, loc. adv., n'est pas firançais dans le sens de premièrement^ en premier lieu : Nous irons en premier chez le procureur, puis chez l'avocat ; D. en premier lieu...

ENSAONOLËR, v. a. (du pat. einsagnold). Ensanglanter, couvrir de sang : J'ai mon mouchoir tout ensa^ griolé; D. . . tout ensanglanté.

ENTRAIN, s. m. — Nous disons, avec tout le monde : Il travaille avec entrain; il y régnait un admirable entrain^ etc. Ne doit-on pas s'étonner qu'un substantif si usité, en France comme chez nous, ne soit pas français ?

ENTREPOSER, v. a., n'a pas le sens que nous lui donnons. P. oh diable ai-je entreposé mon parapluie ? D. . . déposé ...

ENTREHI, adv. et prép. (T. pat.) Entre, parmi. P. la tourbe brûle mieux, quand on^met du bois entremi; D. . . quand on l'entremêle de bois.

ÉPANCHER, V. a. — P. je vais épancher m étendre du fumier ; D. . . épandre. Epancher a plusieurs autres acceptions. Voy. le dictionnaire.

ÉPURER, V. a., signifiant seulement rendre pur, P. mettez épurer (ni *dépurer) ces serviettes ; D. mettes

égoatter œe lerviettea. Dmb le même sens on empirera égouttoir an lien d'épuroir.

ÉREINTÉE, B. f. (T. s. r.) Volée de ooape. Ereinier et s'éreinter sont français, an propre eomme an fignrë.

ET PUIS, loc. oonj. — Il y a des gens qni ne savent pas vous faire le n^oindre rëeit, sans employer àebaqne phrase cette locntion oisense. Qoelqnes-nns y ajontent enoore Tadv. alors : Je rai vu, et puis je Ini ai fait votre oommis* sion ; et puis alors je snis allé chez le bonoher, et puis chez le boulanger, etc., etc.

EXCEPTÉ QUE, loc. conj. — P. excepté quêfj aille moi-même ; D. à moins qne je n*y aille moi-même*

♦FALLOIR, V. împ. — P. il m'a fallu rire en le voyant (germ.) ; D. je n'ai pu m'empêcher de rire en le voyant. Mais on dirait : Il m*a falln rire, quoique j'eusse plutôt envie de pleurer. — P. je paierai ce qui faudra ; D. . . ce qu'il faudra.

FAMEUX, adj., s'emploie souvent impropr. comme adv. dans le sens de tant mieux, très-bien, etc. : Dis toire^ il y aura un tirage à Rneyres le jour du récrotzon. — Fa^ meux ! — Fameux, signifiant déjà insigne dans son genre, ne doit pas non plus précéder un autre adjectif : P. c'est un fameux bon mn, c'est une fameuse grosse bête ; D. c'est un fameux vin, etc«

FAUDE, s. f. (p. f.) P. allez laver ces faudes (ni ces ^drapeaux) ; D. . . ces langes. Nous trouvons dan^ le dictionnaire provençal faudo dans le sens de giron, et faudau dans celui de tablier. Faudau, qui ressemble assez à notre patois faurda (que quelques-uns font dériver de l'allemand f)or Tucli) dériverait, selon ce même dictionnaire, du celtique ffald.

2^ FÂU

FAUX FIL, 8. m. (p. f.) F. passer un faux fil; D. fanfiler.

FSTZEOAN ou PETZEÔAN, s. m. (T. pat.) Fainéant, mauvais snjet : Travaille donc, grand petzegan (E.).

♦FIÈVRE, B. f. — On peut dire fièvre chaude, dans le 8608 de delirium iremens ; mais o^est improprement que nous appelons fièvre froide, la fièvre intermittente.

FIL, 8. m. — P. le fil de la langue ; D. le filet de la langue.

FILLE, 8. f. — Il n'est pas rare de renoontrer encore des gens qui établissent une singulière différence entre les filles et les demoiselles, les femmes et les dames. On entend dire par exemple : Nous étions dix à Voffertoire; mais il n*y avait qu'une dame et une demoiselle : maman et moi ; les autres étaient des femmes et des filles.

FINFARON, s. m. (pr. vie ) Ecr. et pr. fanfaron.

FLAMBÉE, s. f. (p. f ) Ce mot ne saurait être employé substantivement. P. le feu a fait uno flambée et s'est éteint ; li. le feu a flambé un moment . . .

FLANER, V. n — P. flâner les rues ; D. courir les rues, ou flâner (sans rég).

. FONCET, 8. m. (p. f.) Sorte de plateau de bois, muni ordinairement d*un manche, le tout d'une seule pièce: Hachez cette viande sar le foncet; laissez le gâteau snr lo foncet. Les Neuchâteloia appellent ce plateau tavelion, f'Duncct, en provençal, est un terme de serrurier. ' FORÈCE, s. m. (T. frib.) Cette expression, employée surtout à Fiibour^;^. désigne le plat le plus indispensable à tout dîner de bénichon bien conditionné : c'est un ragoût composé du poumon, du cœur, des tripes et des autres débris du mouton tué à cette occasion. C'est le papet à la faite de nos villageois. Comme le forèce est le premier plat que Ton sert , ce mot vient évidemment de l'allemand Vor-Essen.

FQB 23

FORTUNE, 8. f. — P. il a fait m foii;aii6 (gtrm.) ; D. il a fait fortuoe.

FOU, s. m. — P. j'ai un mal de tête de fou ; il en demande un prix de fou ; D. j'ai un mal de tête foa ; . . . nn prix foa.

FOUCSE , FOUCSEUR , s. CP. f.) T. de billard. Chez nons , celai qai fait aa billard ane billo qu'il n'a point cherché à faire, fait là un foucse (an raccroc)^ et le joaear lai-même est un foucseur, oa encore un raccrocheur (p. f .)

FOUETTÉE, 8. f. (p. f.) P. ta mériterais ane boune fouettée,pour f apprendre; D. ta mériterais d'être fouetté d'importance.

FOURCHER, V. a. — P. la langue m'a fourchu; D. fourché. Fourchu n'est qu'adjectif.

FOUTAISE, s. f. (p. f. — T. s. r.) Chose mauvaise on de peu de valeur. P. c'est de la foutaise que ce tabac; D. c'est de la drogue . . .

♦FRAPPER, V. a. — P. je l'ai frappé par la fenêtre ; D. je l'ai appelé en frappant à la fenêtre. — P. frapper des pierres ; D, jeter des pierres.

FRAUDÉ, part. —P. du vin fraudé; D. du vin frelaté.

FRÉQUENTATION, s. f. — J'ai défendu à ma servante toute fréquentation^ signifie, dans notre langage, que je loi ai interdit toute amourette on tout autre commerce de ce genre.

FRÉQUENTER, v. a. (voyez le mot précédent). Faire la cour. P. qui fréquente-t-eWe ? D. qui lui fait la conr ?

FRIRE, V. a. — P. vous friere^ {frk*ez>), ni vous friseresi des pommes de terre ; D. vous ferez frire des pommes de terre. Cette même remarque s'applique à *bouillir,

FROIDEUR, s. f., sign. indifférence, insensibilité. P. j'ai supporté la froideur des climats, mais je n'ai pu endurer celle des grands ; D. j'ai supporté la froidure des climats» mais je n'ai pu supporter la froideur des granda*

34 FBU

• FRDITXER, FRUIT^RIB. «— Ces deaz mots, déjà ngnalës dans le glossaire, ont un sens tout antre ohez nous qQ*e]i France, parce qne nons ne le faisons pas dériver de frwi, mais de fre qni signifie (Or.) fromage. De fre on a fait fretiiy fréteri^ que nons avons maladroitement changé en fruUier et fruiterie^ an lien d'employer les mots fromager et fromagerie.

OâBER (SE), V. pron. (dn pat. gabâ). Se vanter.

*6A0ES; s. m. pi. — Il fant donner à chaqne mot son emploi : Gages^ appointements, honoraires, émolûmefiis ne doivent pas se confondre. Gages est le salaire des domestiques ; appointements se dit d'emplois plus relevée, et honoraires, émoluments^ pour les maîtres qui enseignenti poar celai dont on obtient qaelqae conseil, qnelqne service honorable.

OAGUELET, s. m. (T. pat. F.) Fl&nenr , dans le sens le pins vulgaire. C'est , ainsi qne * gâguer, nn dérivé de Tallem. gehen, aller.

OALâNT , s. m., signifie sortent chez nons amoureux, dans le sens le plus vulgaire de ce mot : La servante a nn galant ; elle va danser avec son galant,

6AL0CHER, v. a. (p. f.) Signifie, en terme de cordonnier : entourer de peau une chaussure d'étoffe.

GAMELLE, s. f. •— Sorte de grande écuelle de bois on de fer^blanc qui est en usage sur les vaisseaux et dans les armées , et dans laquelle plnsienrs matelots ou plusieurs soldats mangent ensemble (Acad.) Gamelle n'est donc pas synonyme de soupière. P. il a cassé une belle gameUe de porcelaine ; D. ... une belle soupière de porcelaine.

* GATER (SE), V. pron. — P. je me suis gâté rest<H

Page 1