‹ Godeau, évêque de Grasse et de Vence (1605-1672) (volume 2)Chapitre 113 sur 192 · Oncle de Sublet des Noyers · texte numérisé non relu

Oncle de Sublet des Noyers

de cette congrégation française d'envoyer '. « Ayant phi à Dieu favoriser nos armes d'un heureux succès en la reprise des îles que nos ennemis avaient surpris et occupé, nous sommes obligés, pour prévenir semblables accidents, de donner ordre qu'il n'y ait dans lesd. îles que des personnes de l'affection et fidélité desquelles nous soyons très certains et assurés. Et comme nous sommes informés que les religieux de Saint-Honorat, qui dépendent de la congrégation du Mont-Cassin composée de monastères étrangers et qui ont une liaison et communication perpétuelle avec les étrangers, peuvent être divertis des sentiments que de vrais et naturels sujets doivent avoir pour leur prince (ce qui a apparu en la surprise et occupation desd. îles, dont nous avons su que les ennemis n'ont formé et exécuté le dessein que par l'intelligence, perfidie et trahison d'aucuns desd. religieux), nous avons estimé nécessaire qu'il soit établi des religieux de l'ordre de Saint-Benoît, mais d'une autre congrégation qui fleurit dans le royaume en piété et vie exemplaire, celle de Saint-Maur et Cluny ». Louis XTÏI donne l'ordre aux deux commissaires d'aller à l'abbaye, d'assembler les Gassinistes"2, de dire aux Français qui y sont et font partie de la congrégation du Mont-Cassin de passer à celle de Saint-Maur pour être ou maintenus dans l'abbaye de Lérins ou envoyés au lieu où les supérieurs de Saint-Maur le jugeront bon, de faire sortir et les étrangers et ceux des Français qui n'obéiraient point, de prendre possession de l'église, des reliques, vases sacrés, argenterie, meubles, d'en dresser un inventaire dont une copie sera déposée au greffe de l'official de Grasse, une autre au greffe du siège de celte ville et une troisième à la Chambre des Comptes de Provence.

Le 26 mars, Louis \I11 écrit de Saint Germain au comte d'Alais, qui venait d'être mis à la tête du gouvernement de

1. Arch. dép, des A -M.. M. 71 (L'inventaire «le celle série a été publié par M Henri Morts, Nice, Ventre, 1893). Voir aussi Morts, Cart. de Lér.t t. II. r.go5, 1» \xxvm, noie 2).

2. Lit plupart 'l'entre eu\ n'y el.iienl p.i> hmiIic-, .»D le \eiT8.

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Provence, et lui enjoint de seconder les deux commissaires et d'employer la force en cas de besoin !.

La congrégation de Sainl-Maur était justement célèbre. Elle avait, au début du xvn" siècle, réalisé chez nous la réforme dont les enfants de saint Benoît avaient, même et surtout dans les pays italiens, quelque besoin. De nos religieux de Saint-Maur « la nationalité exclusivement française fut un sûr garant de leur patriotisme », écrit M. l'abbé Gognet. Mais ce n'est pas parmi eux que Louis XIII songeait à chercher l'abbé de Lérins. Il se proposait de donner lacommende du célèbre monastère, une fois modifié, au cardinal de La Valette 2. En attendant que le nouvel abbé reçût ses bulles, le lieutenant particulier au siège de Grasse devait se transportera Lérins, entrer en possession des biens, fruits et revenus, les confier à la gérance intérimaire d'un religieux profès de Saint-Victor de Marseille, François de Valbelle 3.

Le 28 mars, Louis XIII chargea le maréchal d'Estrées, son ambassadeur à Rome 4, de faire savoir à Urbain VIII pour quels motifs il avait décidé de remplacer les Gassinistes par des Mauristes. « Celui qui est abbé, est considérable dans l'île, tant à cause de cette dignité qu'à cause que tout le domaine de l'île ou la plupart appartient à l'abbé ou à l'abbaye... Il peut beaucoup contribuer à la conservation ou à la perte des îles... Il importe que quelque personne affectionnée à nous servir soit pourvue de l'abbaye ; ce qui m'oblige à reprendre mon droit de nomination, qui m'appartient selon les concordats de toutes les abbayes du royaume ». Mention était faite de la désignation du cardinal

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