Jean-Baptiste Boyer id'Eguilles, reçu en oct. iôo
6. Pierre de dormis, assesseur d'Aix en i6ll, reçu avocat général en octobre 1G18, conseiller d'Etat en 1619, auteur d'un dise. uns sur 1rs galères de foulon qui parut dans le Mrmirr J'rtmntU (Itnisgciim.
cité, cinq ans plus tard, avec admiration, par La Bruyère, quand il prononça son discours de réception à l'Académie française.
Sur la défense des côtes de Provence contre les pirates barbaresques au xvne s., l'audace de ceux-ci, les mesures prises en 1624, par le duc Charles de Guise, alors gouverneur de Provence, et l'inspection faite par le premier consul d'Aix, M. Joseph Fournier a fait une communication au congrès des Sociétés savantes, qui s'est tenu à Alger en avril 1905. Nous y notons que le consul d'Aix s'arrêta en particulier à la Napoule (qui faisait partie du diocèse de Fréjus), — à Cannes, aux îles de Lérins, à Mougins, à Mouans, à Vallauris, à Biot, à Grasse, à Antibes, — à Saint-Laurent-du-Var, à Cannes, à Vence, à Saint Jeannet, à Villeneuve, à Saint Paul. Il examinait, s'il y avait lieu, les fortifications et partout le nombre d'armes (à feu ou autres) disponibles contre les corsaires, la quantité de munitions, etc.. Nous parlerons ailleurs des pirates que Godeau aperçut.
Revenons à sa correspondance. Il dit encore à l'abbé de Cerisy, Germain Habert, dans sa lettre datée d'Aix et du i5juin i638, que M. l'abbé Cognet a fait connaître : « Je n'ose écrire à M. le chancelier dont je révère la vertu avec une passion très ardente ». Le 18, Chapelain plaint notre évêque « de tous ces sermons que le public exige de votre zèle ; je voudrais bien qu'il ne hasardât pas si librement votre santé. Si vous vouliez vous conserver, vous avez assez de justes et péremptoires excuses pour vous dispenser de ce que vous ne devez point. Si je prêchais quelquefois, ce serait au moins dans des vaisseaux proportionnés à mon poumon et à mon organe. Si vous allez en Avignon, ce ne seront encore qu'actions publiques, et j'ai peur qu'à votre retour Grasse ne revoie son évêque muet... M. de Saint-Cyran a repris sa chambre au donjon ». Puis, le 24 : « Vous avez donc trouvé la cour l à i5o lieues de la cour, et votre ville métropolitaine -
1. C'est-à-dire tous les personnages officiels qui vivaient à Aix. a. Erreur : Grasse ne dépendait pas de la province ecclésiastique d'Aix, mais d Embrun.
vous assujettit à des devoirs importuns aussi bien que Paris. . . Vous me parlez de votre salle basse { et de vos rochers, comme si vous ne deviez point voir Avignon et que vous dussiez retourner dans votre Grasse sans avoir salué le cardinal qu'on dit qui vient légat en France et qui est évoque de Garpentras ». Tamizey de Larroque note qu'il s'agit d'Alessandro Bichi "2, qu'Urbain VIII avait créé, le 28 novembre 1 633, cardinal-prêtre de Sainte Sabine et qui était, depuis septembre i63o, évêque de Carpentras, dans les Etats pontificaux du Comtat 3. « Je ne reçois point », ajoute Chapelain, « vos cajoleries sur ma poésie qui s'éclipse toujours devant vos belles inspirations. »
Godeau alla à Avignon et y fut obligé, comme à Aix, de prêcher souvent devant les fidèles désireux de l'entendre. Et Chapelain de recommencer à lui dire de se ménager. « Il ne peut y avoir de cachette pour votre esprit .. vous ne serez jamais seul... si vous souffrez vous êtes utile aux autres », lui écrivait-il le i!\ juin. « ...Ces curieux d'éloquence devraient un peu respecter votre poumon », lui dit-il dans une lettre qu'il lui envoie « en Avignon », le 2 juillet 1 638 4. « Ecrivez-leur tant de sermons qu'ils voudront, mais ne leur en prêchez plus, ou nous vous en ferons une querelle... J'apprends avec déplaisir qu'on vous fait prédicateur ordinaire partout où vous allez... Vous n'avez chaud en Avignon qu'à cause du climat qui, lui, est plus méridional que le nôtre el qui fait que vous vous sentez plus de l'été que nous '. Je ne crois pas que vous soyez là plus regardé du soleil que nous ici, où il y a quinze jours qu'il ne luit qu'à peine ». 11 ajoute