C, d'ap. Rec. Conrart, in-4°, XIV, fol. io
Arrêtons-nous sur ces mots. Sans remonter inutilement à des dates éloignées, les Etats de Provence, réunis à A.ix en décembre 1 566, se plaignent des « pilleries, saccagements et ravissements que font tous les ans les Turcs et pirates de mer, le long de la côtière, prenant une infinité de pauvres sujets, femmes et enfants, les conduisant en Turquie ; à la plupart, ils font renier leur foi, et ils mettent les autres à rançon » â. En 1608, il est parlé d'un fort bâti sur une côte que l'évêque de Fréjus avait donnée à bail, par un particulier, contre les corsaires et pirates. Les Etats déclarent qu'il est dangereux de faire sur les rivages de petits forts qui peuvent être facilement surpris, même en temps de guerre ; qu'ils ne servent que de retraites « et spelunques » à ceux qui veulent « faire le mal sur mer » : que les galères royales suffisent pour la sécurité2. Par contre, en 161 9, des pirates ayant paru vers les îles d'Hyères, les Etats demandent qu'on y construise des tours 3. On sait ce que fut la piraterie barbaresque sur nos côtes du Midi 4. En 1626, le Parlement de Provence avait adressé à Louis XIII, à ce sujet, une remontrance que le conseiller Boyer5et l'avocat général P. de Cormis6 présentèrent. En 1627, Richelieu était devenu « grand maître, chef et surintendant général de la navigation et commerce» : d'où les deux ancres qu'on voit soutenir parfois ses écussons. L'un de ses neveux, François de Vignerot, marquis du Pont de Courlay, gouverneur du Havre, avait été nommé général des galères en i635. On connaît les idées maritimes que le cardinal exprima dans son Testament politique qui, composé de 1 635 à i638, ne fut publié qu'en 1688 et a été